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17 septembre 2007 1 17 /09 /septembre /2007 18:30
 

 

 

 

SAVIEZ-VOUS QUE…




Un préjugé… moyenâgeux
Les habitants de l’époque médiévale auraient été bien étonnés d’apprendre qu’ils vivaient à un « âge moyen » selon l’expression inventée par les humanistes du XVIe siècle. Ces derniers considéraient comme obscure, barbare, ignare et, pour tout dire, très « moyenne » la période de temps médiane située entre ce qu’ils considéraient comme deux ères lumineuses de l’histoire : l’Antiquité grecque et latine et, bien entendu, leur propre époque. Cette attitude réductrice et injuste dure encore de nos jours. Ne dit-on pas d’une façon de penser ou d’agir arriérée qu’elle est moyenâgeuse?


Reposer en terre chrétienne
Le cimetière tel qu’on le connaît aujourd’hui est une invention qui nous vient du Moyen Âge. Avant l’ère médiévale, les morts étaient ensevelis hors des villes, le long des routes. Aux VIe, VIIe et VIIIe siècles, on continue à tenir les défunts à distance et on les dispose en rangées dans des nécropoles aménagées en pleins champs. L’habitude de plus en plus fréquente de les rassembler près d’une chapelle annonce déjà le cimetière paroissial, mais il faut attendre le XIIe siècle pour que les morts réintègrent la ville et le village pour être regroupés autour de l’église.


Fêter
Le début des saisons et les anniversaires des saints sont l’occasion de faire la fête dans les villages du Moyen Âge. On marque un temps dans le dur labeur des champs, on se réunit dans l’église et alors commencent les réjouissances. Le printemps et l’été sont propices aux rassemblements de la communauté : Pâques, la Saint-Jean. À la Pentecôte, on tient le banquet de la fabrique et, à l’Ascension, se déroulent les Rogations, ces cérémonies et processions qui attirent sur les récoltes la divine protection. Ces fêtes ont pour but de célébrer Dieu et les saints, mais surtout la solidarité villageoise.


La bonne odeur de la maison…
La maison paysanne du Moyen Âge baigne dans un cocktail d’effluves qui heurterait à coup sûr nos narines de petits délicats modernes. Dans la chaumière règne en tout temps l’odeur fauve des bêtes et des hommes, se mêlant aux relents de la paille qui jonche le sol, tantôt fraîche, tantôt pourrissante. Aux heures des repas, la fumée du foyer se mélange au fumet de la nourriture qui mijote et des jambons qui sèchent, suspendus çà et là. Pour un habitant du Moyen Âge, c’est la bonne odeur de la maison.


Un pastel si bleu
On ne fait d’ailleurs pas que se nourrir, mais on s’habille aussi à même les cultures, au Moyen Âge. Le lin et le chanvre sont les fibres végétales les plus courantes dans la fabrication des tissus. À partir du XIVe siècle, une nouvelle plante habillera de couleurs chatoyantes les étoffes et les vêtements : la guède ou, si vous préférez, le pastel. Moulues, pétries, fermentées, broyées et tamisées, les feuilles du pastel produisent une teinture allant du mauve au bleu-noir.


Paysan, rustre, vilain!
Des insultes? Pas du tout. Ce ne sont là que des termes courants, au Moyen Âge, pour désigner les frustres, mais honnêtes campagnards. Paysan vient du latin paganus, qui signifie habitant du pagus, du pays. Quoi de plus normal, dans une société où tout le monde, ou presque, vit de la terre. Mais du latin paganus dérive aussi le mot païen, car les campagnes se sont christianisées bien plus lentement que les villes. Dans l’esprit des évêques, le paganus était tout à la fois un paysan et un mécréant qui n’entend pas grand-chose à la religion, plus ou moins païen.


Bourgeois et fier de l’être
Au Moyen Âge, se faire traiter de bourgeois ne fait sourciller personne, puisque le mot, issu du latin burgensis, signifie habitant du bourg. Toutefois, le terme bourgeois ne s’applique pas au premier manant venu s’établir au bourg. Pour prétendre à cette qualité, il faut être libre et habiter le bourg depuis un an et un jour. Serfs, pèlerins et artisans itinérants n’ont pas droit au titre de bourgeois et aux privilèges qu’il confère; mais si l’on possède des maisons dans plusieurs villes, on peut se dire bourgeois dans chacune.


« Tenir le haut du pavé »
Cette expression désignant une condition sociale élevée provient d’une caractéristique de la rue médiévale. Les systèmes d’égouts étant à peu près inexistants, les immondices et les eaux de pluie se déversent dans les rues. Les porcs laissés en liberté s’occupent des « vidanges » de leur mieux, mais un excédent de déchets s’amasse dans la partie centrale de la rue, creusée en sillon pour laisser couler les eaux usées. Il était de coutume de laisser la partie haute de la chaussée aux personnes les plus riches, afin qu’elles évitent de souiller leurs vêtements. Elles tenaient donc « le haut du pavé ».


Gratte-ciel médiévaux?
Si vous parcourez la Toscane, entre Florence et Sienne, vous serez surpris de rencontrer, au détour d’une colline, les hautes tours du village de San Gemignano. De loin, vous aurez cru avoir affaire à des buildings modernes et pourtant, il s’agit bel et bien de constructions médiévales. Les tours de pierre ou de brique apparaissent en Italie et en France méridionale au XIIe siècle. Les plus hautes peuvent atteindre une centaine de mètres. Elles ne servent pas tant au logement qu’à démontrer à quel point le maître de céans est prospère et puissant. Forts de leur nouvelle position dominante, les riches marchands cherchent à gagner le ciel, à dépasser les clochers et à « damer la tour » de leurs rivaux. Le « Manhattan médiéval » est déjà fondé sur le commerce et le pouvoir.


Vanité des vanités
Le travail du verre s’affine et se répand au XIVe siècle, puis le tain métallique est inventé au XVe siècle. Ces deux éléments combinés donnent naissance à une nouvelle invention qui ravira la bourgeoisie : le miroir, ou, pour dire mieux, le miroir tel que nous le connaissons aujourd’hui, reflet fidèle et sans distorsion de celui – et surtout celle – qui s’y contemple. Cette glace à l’irrésistible image devient l’apanage, l’emblème de la bourgeoise. Il signifie le luxe, la volupté, le plaisir de parfaire sa beauté. Pour l’Église, le miroir est vanité et luxure, aussi tente-t-elle de le condamner. En vain. Les discours des prédicateurs et le châtiment qui attend « la Belle au miroir » n’impressionnent guère, du moins pas assez pour chasser les miroirs des maisons.


Foire, fair, feria, c’est la fête, quoi!
Comme au Moyen Âge les foires se tenaient les jours de fête, on a pris l’habitude d’utiliser le même mot pour désigner un jour de congé et un jour de fête. Le mot latin feriæ qui désigne les jours consacrés au repos et dont dérive notre expression " jours fériés " est aussi à l’origine des mots « foire » en français, « fair » en anglais, « ferie » et « fiera » en italien, « feria » en espagnol, et « feier » en allemand.


Un ducat, ça vaut de l’or
Au Moyen Âge, l’argent est… en argent. C’est en effet de ce « vil métal » que sont constituées les pièces de monnaies les plus courantes. La monnaie d’or ne réapparaît en Occident qu’au XIIIe siècle, sous la forme de florins ou ducats d’or frappés par les marchands de Florence et de Sienne, ou encore d’écus et de louis d’or émis par les rois de France. Ces pièces prestigieuses et convoitées servent surtout aux échanges internationaux.


Les « pots de vin » et l’argent « liquide »
Au Moyen Âge, lorsqu’on versait un « pot de vin », on ne le faisait pas autrement qu’en « liquide ». L’expression qu’on utilise aujourd’hui pour décrire une somme illégalement perçue par une personne influente était courante dans le vocabulaire médiéval. Mais elle s’entendait alors dans son sens littéral, puisqu’on corrompait son dignitaire avec des cruches ou des jarres de bon vin.


Trafic de reliques
Aux IIIe et IVe siècles, d’étranges rumeurs circulent. On raconte que des miracles se produisent sur la tombe de vertueux personnages ayant consacré leur vie à défendre l’Église. Des aveugles retrouvent la vue, des membres tordus se redressent, des morts sont ressuscités… Seulement voilà, aller prier sur les dernières demeures des saints n’est pas toujours aisé. Aussi établit-on bientôt qu’il n’est pas indispensable de se rendre sur la tombe d’un saint pour bénéficier de sa protection et de ses bienfaits. Le seul contact physique, ou mieux encore, le contact visuel avec une partie de son corps est suffisant. Ainsi naît le culte des reliques. Les saints sont déterrés, et des fragments de leur squelette sont dispersés aux quatre coins de la chrétienté.


Le chevalier et son joual
La langue romane parlée au Moyen Âge a une parenté certaine avec le joual qui s’est, dans le Québec des années soixante, démarqué comme une langue distincte. Les fiers chevaliers, parlant les langues romanes considérées vulgaires par rapport au latin, ont décidé de leur donner leurs titres de noblesse en les plaçant au cœur d’une littérature à leur propre usage. C’est ainsi que furent écrits les premiers romans… en roman, cette langue snobée par les ecclésiastiques.


Baiser de paix et d’amitié
Vous êtes-vous déjà demandé d’où venait la coutume russe du baiser sur la bouche entre deux hommes politiques importants? Du Moyen Âge, bien sûr, période où deux hommes n’avaient pas peur de s’embrasser en public. Le baiser sur la bouche, loin de se limiter à la sensualité, constitue dans l’univers social médiéval, un geste aux fonctions multiples. Il se pratique surtout entre hommes de la haute société, les laïcs comme les ecclésiastiques.


Le purgatoire
Au XIIe siècle, l’Église invente le purgatoire. C’est un lieu intermédiaire qui sert aux pécheurs, comme son nom l’indique, à purger leurs fautes. Les peines sont les mêmes qu’en enfer, version adoucie. Tout le monde devra y passer, sauf les saints qui gagneront le paradis directement. Le purgatoire laisse une chance à tout le monde d’accéder au ciel malgré de mauvaises actions, mais la « purge » peut être longue, dix ans, cent ans, voire mille ans. Cela laisse le temps à vos descendants de prier pour vous ou, mieux encore, de faire des dons à l’Église pour accélérer la manœuvre. On raconte que les âmes des défunts viennent hanter les vivants pour leur rappeler de contribuer à leur salut. Ces pratiques constituent peu à peu un « commerce » très lucratif pour le clergé.


Centre et périphérie
Au Moyen Âge, on se représente le monde en paires d’opposés : le haut, le centre, le spirituel, le bien faisant face au bas, à la périphérie maléfique, au matériel, au charnel, au mal. Cette vision du monde conditionne l’occupation du territoire. Le village, centre de la vie sociale, constitue un lieu positif. Autour, la forêt est le domaine du sauvage, de l’obscur, de l’inconnu redouté. Dans les villes, les églises constituent des centres. Les activités salissantes et malodorantes, comme les tanneries, sont reléguées à la périphérie, où vivent marginaux et miséreux.


Maîtres du temps
Jusqu’aux années 1100, une journée compte huit heures. L’Église a ainsi divisé l’horaire journalier selon les huit prières récitées par les moines. Au XIIe siècle, d’autres acteurs cherchent à « découper » le temps à leur convenance. Les marchands et les savants tentent de graduer les heures de la journée en parties égales. Leurs efforts aboutissent à la création d’un appareil qui bouleversera, et pour longtemps, la perception du temps, l’organisation du travail, voire la conception du monde en Occident : l’horloge mécanique dont le cadran gradué est conçu pour égrener deux cycles de douze heures. À partir de ce moment, une féroce concurrence s’engage. Qui deviendra maître du temps? Les hommes d’Église et leurs huit heures monastiques ou les tenants de la journée de 24 heures?


Tour du propriétaire
Le mobilier de la maison paysanne est plutôt sommaire. On s’assied sur des bancs ou des tabourets à trois pieds obliques, on range ses possessions dans un coffre de bois et on dort sur un matelas de chaume inséré, chez les plus aisés, entre des planches. De temps en temps, on fait le lit en changeant les bottes de paille. Les ustensiles sont rangés à même le sol, dans des niches murales ou accrochés à des clous. Le plancher est le plus souvent en terre battue, occasionnellement recouvert de paille.


Jouter
La joute la plus emblématique des communautés villageoises médiévales est la soule. Deux équipes pouvant compter plusieurs dizaines de participants s’efforcent de s’emparer d’une balle faite de cuir ou de bois et de la conduire au but constitué par une porte, un arbre, un mare ou une marque imprimée au sol. Tous les coups sont permis et le terrain n’est généralement pas délimité. On projette la balle avec les pieds ou les mains ou encore à l’aide d’une crosse. La soule oppose deux communautés voisines, une fois l’an, au moment de Noël ou du carnaval, sur un terrain situé à la limite des paroisses. C’est le moment de régler par le jeu les rivalités et rancunes qui n’ont pas manqué de sourdre durant l’année.


Ravers et chevaliers, même combat
Comme les parties raves du XXIe siècle, les tournois des chevaliers du XIIe siècle sont des événements subversifs dont on décide du lieu et du jour au dernier moment. Aujourd’hui, quelques heures suffisent pour battre le rappel des troupes par téléphone ou sur courrier électronique. Au XIIe siècle, il faut tout de même compter quelques semaines. Comme pour les parties technos, on choisit les lieux de l’événement pour échapper aux cadres traditionnels de l’espace et du temps. L’endroit du tournoi se trouve dans un espace non conforme, entre deux localités, un peu à l’écart des villages ou des villes : de préférence sur un vaste champ sans clôture.




Renseignements :
Serge Poulin/Agnès Dufour, [418] 643-2158
Relations publiques et communications

Émis le : 20 mai 2003

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Jehanne - dans La Société

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  • : Le blog vivre au Moyen âge a pour but de renseigner le lecteur sur les us et coutumes du Moyen âge. Les articles et iconographies publiées dans ce blog sont le fruit de mes recherches sur internet et dans les livres . Je ne suis pas auteur des textes publiés qui sont des citations extraites de mes trouvailles. Bon voyage dans le temps !!!!
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