Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 20:29
 Dénomination des monnaies



Dans son traité sur la numismatique , J. Adrien Blanchet(1) introduit ainsi sa nomenclature des monnaies anciennes :

« Les appellations ont été très diverses à toutes les époques. Tantôt les monnaies ont pris le nom des personnages qui les faisaient frapper, tantôt le nom de la localité ou elles étaient émises. Certains noms sont venus des types empreints sur les monnaies ou des titres portés par les seigneurs qui avaient émis le numéraire. Enfin il y a un grand nombre de dénominations particulières qui échappent à l'analyse ».

Que cela soit pour les reconstitutions historiques, ou pour l’écriture d’un ouvrage, se retrouver parmi la diversité des monnaies n’est pas simple. Surtout que pour une même époque, plusieurs pièces différentes circulaient sous des dénominations très différentes, ce qui obligeait souvent nos aïeux à extrapoler la valeur d’une pièce par son poids et son métal (or, argent, cuivre, billon).

Voici une liste non exhaustive du nom des monnaies ayant eu cours en France au Moyen Age et pendant les deux siècles qui suivirent (elles sont également dans cette liste, car elles font souvnt références à des monnaies qui circulaient au Moyen Age) :

AGNEL, AGNELET, AIGNEL
Nom donné à des monnaies d'or qui portent l'agneau comme type. « L'agnel est créé le 10 mai 1417. Dès le 21 octobre 1417, une seconde émission est ordonnée avec des agnels d'or au titre réduit d'un carat. Cette seconde émission fut notamment accompagnée par la création du heaume et du demi-heaume d'or, et par la seconde émission d'une florette et une 6e émission du guénar et du demi-guénar. Les monnaies royales françaises passèrent d'un pied 40e à un pied 60e. » (2)


ALBUS
Monnaie du XVIIe siècle. En français blanc, en allemand weisspfennig.

ANGELOT
L’Ange ou Angelot  tire son nom de l'archange saint Michel terrassant le démon (dragon) qui s y trouve figuré. L'angelot valait un écu d'or ; il fut émis en 1340.

ANGEVINS
C'est la monnaie d'Angers qui eut cours du Xe au XIVe siècle. Les pièces postérieures à 1266, représentant Charles Ier portent le titre de « Roi de Sicile ».

ARNAUDINS
On donnait ce nom à la monnaie d'Agen, parce que l'évêque Arnaud avait commencé à la frapper au XIIe siècle.

ASSIS
Nom latin du schilling, notamment sur des monnaies de Strasbourg.

ASPRE
Monnaie de compte de Turquie dont la valeur a beaucoup varié (En moyenne, 2 centimes). On donnait ce nom à diverses monnaies de l'Orient latin. XIIIe siècle.

AUGUSTALE
Monnaie d’or frappée en Italie par l'empereur Frédéric II, en imitation des anciennes monnaies romaines. Elle portait son buste et au revers un aigle.

BAUDEQUIN
Monnaie du XIIIe siècle, valant 6 deniers, qui représentait le roi assis sous un baldaquin.

BATZ
Monnaie de Berne, tire son nom de l'ours, bœtzen, armes de la cité. XVIIe siècle.

BERNARDINS
Monnaie de la seigneurie d'Anduze (Languedoc) portant un grand B dans le champ, émise sous Bernard II, seigneur d'Anduze, au XIIè siècle.

BESANT
Cette appellation venue de Byzance, paraît avoir servi à toute sorte de pièces d'or.

BLANC
Sous Philippe de Valois, le grand blanc valait 10 deniers et le petit blanc 6 deniers. Charles V, Charles VII, Louis XI et Louis XII rendirent au grand blanc sa valeur de 12 deniers.

CARLIN
Monnaie d'argent sur laquelle est figuré le prince assis sur un siège dont les bras sont des lions. Cette monnaie fut importée d'Italie par les comtes de Provence.

CAROLUS
Le Carolus, marqué d'un K, valait 10 deniers sous Charles VIII. Monnaie d'or d'Angleterre qui valait 13 livres 16 sous de France.

CHAISE
Monnaie d'or frappée depuis le règne de Philippe le Bel, sur laquelle est représenté le roi assis sur un trône.


COQUIBUS
Les évêques de Cambrai frappaient une monnaie qui portait un aigle. Le peuple considérant cet oiseau comme un coq, appela la monnaie Coquibus. Des Coquibus étaient également émis à Elincourt et à Wallincourt. Ceux de cette dernière localité, en 1306, devaient avoir cours pour une maille tournoye.

COURONNE
Monnaies d'or ou d'argent portant une couronne dans le champ, qui parurent sous Philippe de Valois.

CORONNAT
Sols et deniers de cuivre, monnaies frappées par les comtes de Provence et imitées par Charles le Mauvais.

DENIER
Monnaie de compte et monnaie réelle. Le denier valut approximativement 2 fr. 23 sous la première race, 2 fr. 52 et 3 fr. 49, sous Pépin et sous Charlemagne. Il y avait aussi le denier d'or à l'agnel, à l'écu, aux fleurs de lis, etc.

DOUBLE
Pièce valant deux deniers (double parisis, double tournois) qui parut en 1295.

DOUBLON
Monnaie d'or d'Espagne, frappée depuis 1497, qui valut environ 21 fr. 64, jusqu'en 1796. Il y a aujourd'hui plusieurs espèces de doublons.

DRIELANDERS
Jean IV, duc de Brabant, comte de Hainaut et de Hollande, créa le 17 février 1420, des espèces d'argent qui devaient avoir cours dans ces trois provinces. C'est de là que vint ce nom de Drielanders. Le Drielander valait 16 deniers tournois et avait des divisions de 12, 8, 6 et 4 deniers(3).

DUCAT
Monnaie étrangère à laquelle François Ier donna cours en France, en 1546, pour une valeur de 46 sous et quelques deniers. Le ducat d'Espagne ou double ducat valut, sous Henri III, 6 livres 4 sous de monnaie française. Sous Louis XIII, le double ducat d'Espagne et de Flandre, appelé aussi ducat à deux têtes, valait 10 livres.

ECU
Les écus d'or commencent en 1336, et valaient alors 25 sous. On les appelait ainsi parce que le roi y était représenté tenant un écu. Il y a eu des écus au soleil ou écus-sol, des écus à la couronne, des écus heaumés, des écus à la salamandre, au porc-épic, suivant les différents emblèmes qui accompagnèrent l'écusson. Depuis Louis XIII, on frappa des écus de 6 livres et de 3 livres (Demi-écus).

ENGROIGNE
Petite monnaie de Bourgogne (4).

ESTERLING
Monnaie d'origine anglaise, qui portait une tête couronnée et au revers une croix cantonnée généralement de douze besants. Ces pièces furent copiées presque dans toute l'Europe (5).

FLORIN
La monnaie d'or au type d'une fleur de lis très ornée tire son nom de Florence où elle fut frappée pour la première fois. Cette monnaie a eu une très grande vogue au XIVe siècle(6). Plus tard, le nom de florin a été donné à des monnaies d'argent.

FRANC
Les francs d'or qui remontent à 1360, représentaient le roi armé de toutes pièces et à cheval (franc à cheval). Charles V frappa des francs à pied sur lesquels le roi est représente debout sous une arcade gothique. On nomma aussi ces pièces francs de lis d'or, parce que le champ en était semé de lis. - Des francs d'argent portant la tête du roi et la légende Sit nomen Domini benedictum, parurent sous Henri III, Charles X, Henri IV et Louis XIII.

FLORETTES
De grands blancs valant 20 deniers tournois ou 16 deniers parisis, sous Charles VI, ils reçurent le nom de florettes à cause des lis qui en formaient le type principal.

GROS
Monnaie créée par saint Louis et valant 12 deniers ; appelée quelquefois gros blanc ou gros denier blanc. Henri II créa une pièce de monnaie appelée gros, qui valait 2 sous 6 deniers ou 6 blancs (les demi-gros valaient 3 blancs). On appelait aussi ces pièces gros et demi-gros de Nesle, parce qu’Henri II avait établi à l'hôtel de Nesle (dans les dépendances de l'hôtel actuel des monnaies) un atelier spécial pour la fabrication de ces nouvelles espèces de billon (1550).

HARDI
Ce mot vient de l'anglais farthing ; par changement de ing en in, de th eu d, en Angleterre ; de in en ii ou y et F en H en Gascogne, farthing devient fardin, puis hardy. Le farthing est précisément le quart du penny, comme le liard (li ardit) est le quart du sol(7)

HELIENS
Deniers du Périgord qui tiraient leur nom du comte Hélie II.

KOPEK
Monnaie russe, de cuivre, valant le centième du rouble (c'est-à-dire 4 centimes).

KREUZER
De l'allemand kreuz, croix. Monnaie qui est généralement la soixantième partie du gulden ou florin, C'est aussi une monnaie de compte.

LIARD
Monnaie du XVIe et XVIIe siècle. Ce mot vient de li ardit (v. Hardi). Le liard valait 3 deniers. Des lettres patentes du 4 juillet 1658, réduisirent la valeur de cette monnaie à 2 deniers, mais l'ancien cours fut repris en 1694.

LION
Monnaie d'or portant un lion, émise en 1338.

LIVRE
Le franc d'or de Jean et de Charles V valait 20 sous ou 1 livre, comme plus tard le franc d'argent de Henri III. C'est pour cela que les mots franc et livre ont été souvent synonymes. Comme monnaie de compte(8), la livre valait 20 sous, dans les systèmes tournois et parisis. La livre parisis valait un quart de plus que la livre tournois (c'est-à-dire 20 sous parisis ou 25 sous tournois).

LOUIS
Monnaie du XVIIe siècle. Le louis d'or et ses multiples ont été fabriqués en vertu de l’édit du 31 mars 1640. La valeur du louis, primitivement de 20 livres, a beaucoup varié depuis Louis XV jusqu'à la Révolution. Les louis d'argent, de 60, 30, 15 et 5 sous datent de la même époque ; on a donné aussi à ces pièces le nom d'écu, parce qu'elles portent l'écusson de France.

MAILLE
Ce mot (latin medalea, medalia) viendrait de media, avec le sens de demi(9). Cette étymologie s'accorde fort bien avec la valeur de la maille qui a généralement été considérée comme la moitié du denier.

MANCUSE
Monnaie d'or d'origine arabe ; on en frappa à Perpignan.

MARABOTIN
Nom donné aux dinars d'or des Almoravides d'Espagne, qui eurent cours dans le midi de la France au XIIe siècle (Almoravides, de l'arabe al morabeth). Alphonse VIII les imita et fit des marabolins alfonsins. Raimond-Bérenger, comte de Barcelone, copia également les dinars arabes(10).

MARAVEDI
Nom qui semble venir aussi des Almoravides. Maravédi de Vellon, trente-quatrième partie du réal ; maravédi de plata, double du précédent. Ce n'est plus qu'une monnaie de compte.

MARK
Monnaie allemande divisée en 16 schillings de 12 deniers (pfennige).

MELGORIENS
Les deniers de Melgueil.

MOUTONS
Monnaie d'or à la grande laine, à la petite laine (v. Agnel).

NOBLES
Les nobles à la rose étaient des monnaies d'or anglaises ainsi nommées parce que leurs types étaient gravés au milieu de lignes ondulées imitant les pétales d'une rose. Les nobles représentaient généralement le roi armé, dans une nef voguant sur la mer. Les nobles valaient d'abord 6 sous 8 deniers. Lorsque Rouen capitula le 13 janvier 1419, la ville dut payer 100.000 écus d'or, dont deux égaleraient un noble d'Angleterre. Les nobles Henris, autre monnaie anglaise, pesaient 14 grains de moins que les nobles à la rose.

PARISIS
De 1330 à 1336, on frappa des monnaies appelées parisis d'or, qui valaient une livre parisis, et des parisis d'argent, valant 12 deniers ou un sou parisis. Plus tard, les parisis redevinrent une monnaie de compte plus forte d'un quart que la monnaie tournois.

PATARD ou patar
Monnaie frappée sous Louis XII valant à peu près le liard. Les patards furent très répandus en Flandre.

PIASTRE
Monnaie espagnole valant environ 5 francs, en 1722 ; fut nommée piastre forte lorsque sa valeur eut un peu augmenté.

PISTOLE
Monnaie d'or d'Espagne de la même valeur que les louis d'or, qui devint au XVIIe siècle une monnaie de compte représentant 10 livres.

PITE ou Pougeoise
Monnaie qui valait la moitié de l'obole ou maille.

RAIMONDINS
Deniers frappés par les comtes de Toulouse du nom de Raimond.

REAL
Monnaie d'Espagne et de Portugal.

RIXDALE
Terme corrompu de Reichsthaler. Monnaie d'argent usitée en Allemagne, en Hollande, en Suède, en Danemark. Sa valeur a beaucoup varié.

ROUMOIS
En Normandie, roumois et angevins étaient pris les uns pour les autres. Les roumois étaient probablement les monnaies frappées à Rouen ou ayant cours dans cette ville (11).

ROYAL
Nom donné à des monnaies d'or présentant la figure du roi sous un dais gothique.

RYDER
Monnaie de Hollande, appelée ainsi du cavalier qui y était représenté. Le Ryder d'or valait 14 florins ; le Ryder d'argent est appelé aussi ducaton.

SAIGA
Nom donné à la monnaie mérovingienne d'argent qui s'est substituée au triens.

SALUT
Les saluts d'or qui paraissent sous Charles VI, Henri V et Henri VI, valaient 25 sous. Ces pièces représentaient la salutation angélique.

SEQUIN
En italien zecchino (de zecca, atelier monétaire). Monnaie d'or émise d'abord à Venise, a une valeur approximative de 12 francs. Ce nom est donné à une monnaie d'or turque.

SIX BLANCS
Autre nom des gros de Nesle ; ces pièces et celles de 3 blancs correspondaient au sou et au double sou parisis. Louis XIV frappa également des pièces de 6 blancs (édit d'août 1656).

SOU
A l'époque mérovingienne, le sou d'or valait 40 deniers et le sou d'argent 12 (12), Louis XIV fit fabriquer des sous et des doubles sous (19 novembre 1657) ; les émissions se succédèrent depuis cette époque. La refonte de ces espèces eut lieu en 1853. Comme monnaie de compte, le sou était le vingtième de la livre.

TESTONS
Les testons, portant la teste du prince, commencèrent à paraître en Italie, au XVe siècle. Louis XII en fit frapper en France en 1513. Sous le règne de Henri III, on remplaça les testons par les pièces de 20 sous.

THALER
Monnaie d'argent allemande, divisée en 20 gros (autrefois en 24), valant de 3 fr. 70 à 3 fr. 90.

TOURNOIS
Monnaie tirant leur nom de la ville de Tours. Monnaie de compte employée concurremment avec la monnaie parisis, jusqu'à Louis XIV. Ce prince ayant aboli l'usage de compter par parisis, les comptes en tournois furent seuls admis.

VIERLANDER
Monnaie qui se divisait en demis et en quarts, créée par Philippe le Bon (1430-1467) pour le Hainaut, le Brabant, la Flandre et la Hollande (13). En 1470, les virelans de Flandre avaient cours en France pour 12 deniers (14).




Abréviations courantes

Voici quelques abréviations courantes des inscrïptions sur les monnaies.

D. G. : Dei Gratia
F. R. : Francorum Rex
CAL ou KOL : Charles
XPC : Christ




Notes

(1) J. Adrien Blanchet, Nouveau manuel de numismatique du Moyen Age et Moderne, 1890, p. 29
(2) CGB – Compagnie Générale de Bourse : http://www.cgb.fr/
(3) Robert, Numismatique de Cambrai, Paris 1861, p. 138.
(4) In, Revue numismatique, 1843, 1845.
(5) V. J. Chautard, Imitations des monnaies au type esterlin, in-8, 1871-72
(6) Dannenberg, Numismatique Zeitschrift, Vienne, 1880, p. 146-185.
(7) Adrien de Longpérier, Revue numismatique, 1884, p. 108).
(8) In, Revue numismatique, 1888, p. 34
(9) L. Blancard, Ordonnance de 1315, 1883, p. 56
(10) In, Revue numismatique, 1844, p. 278 ; 1856, p. 64, etc.
(11) L. Delisle, Revenus publics en Normandie, Bibliothèque de l’Ecole des Chartes, 1848-49, p. 186
(12) Guérard, Prolégomènes du polyptique d'Irminon, p. 114
(13) Chalon, Recherche sur les monnaies des comtes de Hainaut, p. 116
(14) F. Le Blanc, Traité historique des monnoyes de France, Paris 1690 ; Amsterdam, 1692 (avec la dissertation historique sur les monnaies de Charlemagne). Page 309.

Partager cet article

Repost 0
Jehanne - dans Le Langage

Présentation

  • : Vivre au Moyen âge
  • Vivre au Moyen âge
  • : Le blog vivre au Moyen âge a pour but de renseigner le lecteur sur les us et coutumes du Moyen âge. Les articles et iconographies publiées dans ce blog sont le fruit de mes recherches sur internet et dans les livres . Je ne suis pas auteur des textes publiés qui sont des citations extraites de mes trouvailles. Bon voyage dans le temps !!!!
  • Contact