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4 novembre 2007 7 04 /11 /novembre /2007 23:09
Les Très riches Heures, Décembre.



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Cette miniature qui rappelle un dessin de Giovannino dei Grassi (Bibliothèque de Bergame) est sans doute l'oeuvre de l'artiste inconnu des années 1438-1442.
Derrière la forêt épaisse dont les arbres ont conservé leurs feuilles et qui était un des séjours favoris des rois de France (Saint Louis s'y rendait la justice sous un chêne) se dressent les tours carrées et le donjon du du Bois-de-Vincennes, achevés par le roi Charles V. Celui-ci y entreposa une partie de son trésor. Il avait compris que le prestige de la couronne se mesurait à la splendeur des bâtiments où s'exerçait la fonction royale. Au XIVème siècle, il y eut une rivalité entre les constructeurs de châteaux. La hauteur des murs et la forme du donjon traduisaient la puissance du seigneur, au même titre que les trésors qui y étaient entreposés.
Ce château où Charles V aimait à résider et qui clôt la série des douze mois, symbolise la force physique et morale, comme dans la miniature de Jean Fouquet qui, vers 1455, a donné le même cadre à la scène de Job sur son fumier dans les Heures d'Etienne Chevalier.

L'artiste a représenté le terme d'une chasse à courre : l'hallali par terre du sanglier que finit de sonner de son cor un veneur. Comme la quête du sanglier était moins subtile que celle du cerf, on s'attardait surtout sur la mise à mort. C'est une chasse d'hiver. On se servait de l'épieu ou de l'épée pour tuer l'animal. Par rapport à la fauconnerie, la vénerie offrait un plaisir plus sportif, plus violent et plus dangereux. C'était pour l'aristocratie une manifestation de sa force guerrière.
Les chiens s'acharnent sur le sanglier, bête alors redoutée et appréciée pour sa viande.
Le donjon est ressenti comme le coeur du château : y conduire un hôte , c'était lui témoigner confiance et amitié autant que démontrer sa propre puissance. C'est là qu'on enferma les armes des Parisiens quand on les leur confisqua. Si le donjon perd alors de son efficacité militaire, il conserve sa valeur symbolique.

Le veneur devait soigner les chiens, entretenir les chenis, tresser des filets, relever les traces et débusquer le cerf, crier et sonner. Sans son Livre de la chasse, Gaston Phébus s'attarde sur l'éducation du veneur. Un maître, dès l'âge de sept ans, doit lui apprendre à aimer et à soigner les chiens par tous les moyens, y compris le châtiment corporel. L'enfant deviendra successivement valet de chien, puis vers vingt ans, aide ; enfin, il sera veneur, portant cor, couteau, et souvent estortoire, pour écarter les branches. C'est l'homme-clef de la chasse à courre, et son existence est dévouée à son métier.
Gaston Phébus, dans le Livre de la chasse (1387-1391), distingue cinq races de chiens de chasse : l'alant, le lévrier, le courant, le chien d'oiseau et le mâtin. Hormis le lévrier, ce sont des chiens lourds et lents. On choisissait les chiens les plus forts et les plus sauvages pour chasser l'ours, le loup et le sanglier. Le prince place en tête le lévrier pour ses qualités esthétiques et sa sociabilité, et ensuite les chiens courants qui sont la base des meutes.



Iconographies des douze mois ici :

http://vivre-au-moyen-age.over-blog.com/album-1045928.html

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Jehanne - dans L'Art au Moyen âge

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