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6 décembre 2007 4 06 /12 /décembre /2007 08:25
Le renouveau du commerce et de l'artisanat.



La révolution commerciale.

Les campagnes produisent des surplus agricoles (essentiellement le vin et les céréales) et artisanaux (le plus souvent textiles) qui sont échangés dans des foires locales, puis acheminés vers des foires plus importantes. Les villes constituent un foyer de demande et d’échanges très actif.


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Vers l’an mil, le grand commerce se limitait au trafic de produits de luxe réservés à une infime minorité de puissants (l’aristocratie foncière) ; en l’espace de trois siècles, il s’est ouvert à des matières premières, des denrées alimentaires et des produits fabriqués devenus indispensables à des groupes sociaux plus larges (la bourgeoisie urbaine). Le terme de “révolution commerciale” n’est pas exagéré pour décrire cette évolution fondamentale pour l’ensemble de la vie économique.



De nouveaux intermédiaires.

Les agents de cette activité se diversifient ; ce ne sont plus quelques spécialistes juifs et italiens, mais des intermédiaires chargés par les seigneurs d’écouler des surplus agricoles, des fils de paysans, des bateliers et des débardeurs prêts à toutes les aventures pour sortir de leur modeste condition. De plus, l’Orient musulman aux grandes villes luxueuses (Bagdad, Alexandrie, Damas) manque de matières premières : bois, fer, étain et main-d’œuvre. Cette demande incite l’Occident à exporter ces produits et des esclaves. Les Italiens prennent la place d’intermédiaires entre l’Orient et l’Occident, en fondant des comptoirs sur tout le pourtour de la Méditerranée et au débouché des voies caravanières.


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Les institutions urbaines.

Quelle que soit la taille de la ville, les habitants ont un sentiment d’appartenance à une communauté originale, qui se traduit par des institutions communales, une religion civique ancrée sur les mêmes fêtes et le culte collectif d’un saint patron qui donne en général son nom à la plus grande église de la ville.



"L'air de la ville rend libre".

Des paysans quittent leur village pour s’installer en ville. Les notions de profit, d’ascension sociale et de liberté, propres à la ville, exercent une attraction certaine sur les paysans plus strictement encadrés dans les contraintes de la seigneurie, lieu de pouvoir et de prélèvement seigneurial. Un proverbe allemand du XVe siècle affirme que “L’air de la ville rend libre”, ce qui explique l’attrait qu’elle exerce sur les paysans étroitement surveillés dans le cadre seigneurial.
En ville, les bourgeois se créent de nouveaux réseaux de solidarité qui s’entremêlent : la paroisse, la confrérie et le métier, où se retrouvent des compagnons de la même profession. Une véritable culture urbaine voit le jour. La fierté citadine s’affiche au travers de la cathédrale et des symboles des institutions communales : le beffroi et le palais communal.


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La constitution des communes.


Les institutions communales sont le fruit d’un compromis, plus ou moins pacifique, entre le seigneur et une conjuration d’habitants pour obtenir des privilèges : droit de se réunir, de délibérer et de juger. Le mouvement d’affranchissement touche les campagnes comme les villes, qui obtiennent, soit par négociation (Bourges en 1181), soit par la violence (Laon, 1111), des “libertés urbaines”. L’emprise des seigneurs sur les villes est limitée, et ces derniers reconnaissent la montée en puissance (économique et politique) des bourgeoisies marchandes et artisanales. Le plus souvent, contre le paiement annuel d’un cens au seigneur, les habitants de la ville échappent aux multiples redevances et services que ce dernier est en droit d’exiger d’eux. L’association jurée des habitants, qui aboutit à la constitution d’une commune, obtient la confirmation écrite de ses usages et coutumes, le droit de choisir en son sein des magistrats, chargés de défendre ses privilèges et d’exercer en son nom une juridiction plus ou moins étendue. Ces franchises urbaines permettent aux marchands, majoritaires dans le mouvement communal, d’échapper aux tracasseries féodales et d’exercer leur métier en toute sécurité. Dans ce sens, ce mouvement prolonge celui de la paix de Dieu, apparu dès la fin du Xe siècle. Dans un premier temps (au XIIe siècle), les Capétiens tolèrent ces franchises urbaines, puis, au cours du XIIIe siècle, ils reprennent en main les villes du royaume (la commune de Laon est cassée par Philippe Auguste dès 1190), exigeant une aide militaire et financière de ces “bonnes villes” placées sous leur protection.



Le temps des marchands.

Il serait anachronique de confondre ce mouvement municipal avec une pré-démocratie urbaine, dans la mesure où il est rapidement confisqué au profit d’une élite constituée de nobles résidant en ville et de grands marchands ou maîtres de métiers les plus prestigieux (merciers, pelletiers).


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Ce nouveau corps politique crée ses propres institutions : conseil d’échevins ou de consuls, dirigé parfois par un magistrat élu pour une année (maire ou bourgmestre). En Italie du Nord et du Centre, ce mouvement aboutit à la création de quasi-républiques urbaines qui imposent durement leur domination aux campagnes environnantes (contado). Ailleurs, le mouvement établit une autonomie très inégale selon les régions et les périodes, en matière de fiscalité, de droit, de défense et d’esprit public. Les monuments emblématiques du mouvement communal sont l’hôtel de ville avec son beffroi, dont les cloches rythment “le temps du marchand” par opposition au “temps de l’Église” (J. Le Goff). Ces institutions produisent leurs propres archives authentifiées par leur sceau et conservées avec le trésor dans la salle du conseil. Des chroniques urbaines transmettent la mémoire propre à la ville. Celle-ci se mobilise dans des grandes cérémonies collectives : processions liturgiques et entrées royales (souvent mises en images) ; on a pu évoquer à ce sujet une véritable “religion civique”.






Source BNF.

 

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