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14 janvier 2008 1 14 /01 /janvier /2008 07:27
La bataille de Courtrai (11 juillet 1302).




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Le contexte historique.

A la fin du XIIIème siècle, le comte de Flandre Guy de Dampierre, rencontrant la double hostilité du patriciat des villes flamandes et du roi de France, Philippe le Bel, choisit de s'appuyer sur l'élément populaire des villes, les gens de métiers, et de faire alliance avec Edouard 1er, roi d'Angleterre, lui-même en conflit avec Philippe le Bel .



Les prémices.

Le 9 Janvier 1297, Gui de Dampierre, Comte de Flandre, las de l'attitude de Philippe le Bel qui ne cesse de rabaisser son autorité, lui fait envoyer son défi par les abbés de Gemblours et de Floreffe, deux jours après avois signé le traité d'alliance avec le roi d'Angleterre. Six mois plus tard, l'armée française, commandée par Charles de Valois, entre dans Lille.
Puis, ce sont les villes de Courtrai, Ypres, Béthune, Cassel, puis Furnes qui leur ouvrent leurs portes ; Guy de Dampierre et Edouard d'Angleterre se réfugient à Gand, et ce dernier finit par signer une trêve de deux ans avec Philippe le Bel, sans même s'être concerté avec son allié le Comte de Flandre.

Début 1300, à la fin de la trêve, Charles de Valois s'empare de Douai, et quelques temps après parait devant Bruges et prends toute la Flandre. Sur ses conseils, Guy de Dampierre va à Paris demander pardon à Philippe le Bel ... qui l'emprisonne. Cette arrestation provoque la rédition de nombreuses villes ...
La Flandre est annexée de fait au royaume de France, et Philippe le Bel décide de visiter sa nouvelle conquête. Ce voyage se fait durant les mois de Mai-Juin 1301, et le 29 Mai, le cortège se trouve à Bruges, où l'accueil des flamands est plutôt réservé.



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A peine le roi et sa suite ont ils quitté la ville qu'un tisserand nommé Pierre de Coninck harangue la foule et accuse les échevins brugeois de pactiser avec les français. Il est arrété, mais la foule le libère aussitot. Jacques de Saint-Pol, gouverneur de Flandre, vient alors au secours des "léliaerts" (partisans français), et après négociations autorise les émeutiers à quitter la ville.
Il commet par contre la maladresse de supprimer les droits et libertés de Bruges. Tout le peuple se soulève alors ; Pierre de Coninck revient à Bruges et fait cesser les travaux de démolition des remparts commandés par Saint-Pol. Les fils de Guy de Dampierre, Jean de Namur et son frère Guy ainsi que leur neveu Guillaume de Juliers sont appelés ...

La résistance flamande s'organise. Mais, l'armée française se rassemblait déjà à Arras pour dompter l'orgueil flamand. Les bourgeois de Bruges pris de panique refusent alors l'entrée dans leur ville de Guillaume de Juliers et de Pierre de Coninck, et ouvrent leurs portes à Saint-Pol et son armée. Celui-ci déclare ne vouloir châtier que les fauteurs de trouble, mais sa monumentale escorte effraie les brugeois qui, secrètement refont appel à Pierre de Coninck et à ses partisans.



Les matines de Bruges (18 Mai 1302).


Les partisans de Pierre de Coninck reviennent pendant la nuit et entrent dans la ville. Les français sont alors tirés de leurs lits et tués sauvagement ; quartier par quartier, maison par maison, l'extermination se propage ... A la pique du jour, Saint-Pol arrive à fuir avec une poignée de survivants ; 200 français sont morts.

Cet événement stimule les flamands, et la révolte gronde à nouveau. Bientôt, Ypres, Furnes, puis Bergues reconnaissent l'autorité de Guillaume de Juliers. Il met le siège devant Cassel alors que Gui de Namur établit le sien devant Courtrai.
Robert d'Artois, qui vient d'arriver à Arras avec l'armée française, donne rendez vous au connétable de Nesle pour tenter de sauver le châtelain de Lens, occupé à défendre Courtrai. Le siège de Cassel est alors levé, et Guillaume de Juliers fonce vers Courtrai pour unir ses forces à celles de Gui de Namur .



Déroulement de la bataille dite des éperons d'or.


L'armée flamande se compose de toutes les milices communales, entourées de quelques chevaliers et écuyers, qui répondent, eux aussi, à l'appel de la patrie. Elle s'est positionnée sur un plateau dominant la plaine de Groeninghe, bordé par la Lys, les douves du château et des marécages.



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L'armée française, quant à elle, a établi son camp sur la colline de Mossemberg ; sa supériorité numérique est indéniable, 10 000 “armures de fer” (à cheval), 10 000 arbalétriers, plus les gens de pied. Les français, méprisants, sont surs de ne faire qu'une bouchée de cette armée de tisserands, foulons et autres drapiers.

Le matin du 11 Juillet 1302, les français se rangent en bataille sur la route de Tournai.
Ce ne sont pas moins de dix batailles qui se forment, chacunes d'elles étant commandées par un grand seigneur ; le connétable Raoul de Nesle, le Comte d'Aumale, le Comte d'Eu et biens d'autres encore.
Quand à Guy de Namur et Guillaume de Juliers, ils rangent leur armée en forme de croissant derrière un ruisseau bien connu par Robert d'Artois, qui a vécu à Courtrai dans son enfance.

Puis, les français se regroupent en trois corps ; l'un est commandé par Robert d'Artois, le second par le connétable et le troisième par le Comte de Saint-Pol. Ce sont les arbalétriers qui engagent le combat, et avec tant de violence que les arbalétriers flamands reculent. Alors, les piétons Français commencent à avancer.

Robert d'Artois voyant cela lance alors la chevalerie, commandée par le connétable, alors qu'au même moment, le châtelain de Lens, toujours enfermé dans la forteresse de Courtrai fait une sortie.

Les flamands tiennent. Les français s'embourbent, et sont tués le connétable de Nesle, Jacques de Chatillon, frère du Comte de Saint-Pol et le garde des sceaux Pierre Flote. Ne distinguant pas trop ce qui se passe, Robert d'Artois lance ses chevaliers ... droit vers les fossés flamands.

A peine les chevaux basculent-ils que les chevaliers sont tués, sans même pouvoir se relever. Robert d'Artois a beau se rendre, il est tué par les flamands, de même que son escadron et celui du connétable. Le Comte de Saint-Pol, voyant cette écrasante défaite, tourne bride avec sa bataille encore intacte, et fonce vers le royaume de France pour y trouver refuge.


Reste aux flamands de poursuivre les fuyards et de les massacrer ... Sur la plaine du Groeninghe, ils ramassent par milliers les épées, lances, écus, bannières. Les éperons et bannières des chevaliers français sont ramassés et posés en l'église Notre Dame deGroeninghe , des murs entiers en sont couverts.
La bataille aux éperons d'or est terminée, les pertes françaises sont considérables : peut être la moitié des présent trouvèrent-ils la mort, y compris quatres comtes (Artois, Aumale, Eu, Grandpré). Le châtelain de Lens et la garnison du château de Courtray du se rendre, suivi par presque toutes les garnisons françaises installées en Flandres.
Philippe le Bel n'a plus ni armée ni trésor ... il devra attendre le 18 Août 1304 et la bataille de Mons en pevèle avant de pouvoir prendre sa revanche et rétablir son honneur.


Une anecdote historique.

Les vainqueurs ramassèrent sur le champ de bataille quelque 500 éperons d'or appartenant aux chevaliers français tombés au combat. Ceux-ci furent offerts à l'église Notre-Dame de Courtray où ils furent exposés, des murs entiers en furent couverts.




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Jehanne - dans Les Batailles

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