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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 07:44
William Wallace.




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Sir William "Braveheart" Wallace (1270 - 1305) est l’un des plus grands héros nationaux de l’Écosse et le chef incontesté de la résistance écossaise face à l’Empire Anglais qui prévalait sur l’Écosse à la fin du 13e siècle.  L’importance du rôle qu’a joué William Wallace pour son pays découle de la situation en Écosse à cette époque.

 

Historique de la situation en Ecosse au 13ème siècle.


Le roi d’Écosse à l’époque de William Wallace, Alexandre III, était au pouvoir depuis plus de 20 ans et son règne avait été caractérisé par une période de paix, de stabilité économique et de prospérité. Ce dernier avait de plus repoussé les nombreuses attaques des Anglais dans leur revendication de suzeraineté sur l’Écosse.

C’est en 1274 que le plus grand adversaire de Wallace, Edward I, connu aussi sous le nom de Longshanks, succéda au trône d’Angleterre après la mort du roi Henri III. Le 18 août de la même année, Longshanks, alors âgé de 35 ans, fut couronné à Westminster.




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Une nouvelle lutte pour le contrôle et le pouvoir en Écosse avait débuté lors de la mort d’Alexandre III en 1286.  La seule héritière au trône était la petite fille d’Alexandre III, Margaret, la ‘demoiselle de Norvège’ et fille du roi de la Norvège. Cette dernière fut alors nommée reine d’Écosse par les Seigneurs écossais alors qu’elle n’était âgée que de 4 ans. Un gouvernement provisoire avait été mis sur pied afin de gouverner l’Écosse jusqu’à ce que Margaret soit en âge de prendre le trône. Par contre, le roi Edward Longshanks, ayant ses yeux rivés sur la soumission complète de l’Écosse, a profité de la situation d’incertitude et d’instabilité qui régnait sur la succession de l’Écosse pour la tourner à son avantage. Ce dernier proposa donc aux Seigneurs écossais un mariage entre Margaret et son fils Edward, héritier de Caernarvon (devenu par la suite Edward II d’Angleterre), sous l’accord que l’Écosse serait reconnue comme royaume indépendant et séparé de l’Angleterre.

En 1290, Margaret tomba malade lors de son voyage vers l’Angleterre et mourra subitement à l’âge de 8 ans. Plus de 13 prétendants au trône se sont alors présentés dont la plupart provenait de la noblesse écossaise. À cette période, l’Écosse était alors occupée essentiellement par les anglais et assaillie par ses propres conflits internes. Les différents ‘gardiens’ et aristocrates écossais ne cessaient de comploter les uns contre les autres, tout en jurant loyauté envers le roi Edward Longshanks ou en le défiant lorsque ceci jouait en leur faveur. Au même moment, des troupes anglaises, incluant des mercenaires Irlandais, opéraient librement dans le pays, dévastant et abusant les villageois. Le peuple écossais était confronté à des atrocités et peu d’efforts de la part des nobles et de la bourgeoisie étaient fournis pour faire respecter les lois et protéger les populations.

C’est avec l’absence d’un vrai successeur au trône que les différents prétendants demandèrent à Edward Longshanks de trancher en faveur de l’un des trois principaux candidats. Ceux-ci étaient tous des descendants de David, Compte de Huntingdon et frère de William le Lion, roi d’Écosse de 1165 à 1214; John de Balliol, Robert de Bruce (devenu plus tard le roi d'Écosse) et John de Hastings. En 1292, Balliol fut choisi et se déclara Roi d’Écosse. Le but d’Edward était d’installer une monarchie écossaise qu’il pourrait facilement manipuler. Ce dernier sous-estima par contre la souveraineté de l’Écosse et Balliol ne se laissa pas influencer par le roi d’Angleterre. Il assura à son peuple qu’il ne répondrait qu’à de ce dernier, refusant toutes demandes militaires ou autres provenant d’Angleterre.

Après la signature d
'un premier traité de paix avec les français, Edward Longshanks monta une armée et attaqua Balliol à Dunbar. Balliol avait refusé de céder 3 châteaux sur la frontière écossaise et refusa toute demande provenant des anglais.. Il emprisonna Balliol et se déclara souverain d’Écosse. Il plaça le gouvernement entre les mains de 3 gouverneurs anglais qui gouverneraient sous son nom; John de Warrenne, William Ormsby et Hugh Cressingham.

 


Biographie de William Wallace.


Il existe très peu d’information sur l’historique de la vie de William Wallace et celle-ci est souvent imprécise. Plusieurs faits sur sa ville natale et sur sa famille (tels que le nom des ses parents, ses premières années, etc.) diffèrent d’un auteur à l’autre. Ceci est grandement dû au fait que ses actions héroïques sont majoritairement basées sur des suppositions et qu’à l’époque, il a inspiré une telle peur dans l’esprit des écrivains anglais que ceux-ci ont démonisé ses accomplissements, ses motifs et lui-même. Ces informations ne sont par contre que très peu pertinentes lorsque nous regardons l’importance du rôle qu’a joué William Wallace dans l’histoire de l’Écosse.





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William Wallace est né en 1270 à Ellerslie (Eldersie aujourd’hui) en Ayrshire en Écosse. Deuxième d’une famille de trois garçons, son père était Sir Malcom Wallace, un petit propriétaire foncier d’Eldersie et d’Auchinbothie et chevalier écossais peu connu. Sa mère, Margaret de Crawford, était la fille de Sir Hugh Crawford, le Shérif de Ayr. Étant le deuxième fils de la famille, William n’a pas hérité du titre et des terres de son père. Celles-ci sont plutôt allées à Malcom, le frère aîné de William. 

Les premières années de William Wallace sont très peu détaillées. Il existe peu d’information fiable concernant cette époque et plusieurs disent qu’il passa sa jeunesse à Dunipace, tout près de Stirling, sous la supervision de son oncle qui était prêtre. Wallace grandit en un géant, mesurant tout près de 6 pieds 7 pouces, tout en ayant le physique d’un géant. La taille moyenne des hommes de l’époque ne dépassait que très rarement les 5 pieds. Pendant les trois années d’insécurité qui suivirent la mort du roi Alexandre III, William Wallace développa ses capacités intellectuelles et son éducation avec l’aide de son oncle et s’aligna pour faire carrière à l’Église, une tradition pour les jeunes garçons qui n’avait pas hérité de terres, tout en démontrant ses grandes capacités pour le français et le latin. Son amour et sa passion pour la liberté peuvent en grande partie être créditées à son oncle, qui lui inculqua les vraies valeurs et essence de la liberté.


 

Les débuts de William Wallace.


En 1291, le père de William Wallace, Sir Malcom Wallace, fut tué par un chevalier anglais nommé Fenwick car il refusait de céder à l’autorité du roi Edward Longshanks.  William Wallace prit sa vengeance sur Fenwick en mai 1296 lorsqu’il intercepta le convoi mené par ce dernier en direction du village d’Ayr. William organisa une attaque de guérilla et ses partisans ont alors attaqué le convoi en bordure de ‘Loudoun Hill’, tuant ainsi tous les soldats anglais et Fenwick et vengeant la mort de son père. 

Cette première attaque fut le premier exploit de Wallace, qui lui rapporta plus de 200 chevaux, des armes et armures ainsi qu’un bonne quantité d’or et d’argent. La forte présence d’armées anglaises au Nord de l’Écosse et la croissance du nationalisme chez les écossais ont entraîné le besoin pour de nouveaux leaders écossais. Le jeune Wallace, avec sa haine envers l’occupation étrangère de son pays, s’est alors retrouvé à la tête d’un mouvement, toujours plus grandissant, de résistance nationale.

 

 

La bataille de "stirling Bridge".


L’un des plus grands exploits de Wallace fut sa victoire sur les anglais lors de la bataille de ‘Stirling Bridge’. Presque toute l’Écosse était revenue aux mains des Écossais en août 1297. Seul le Nord était encore occupé par la présence des anglais.  Stirling était la ‘porte’ pour accéder au Nord de l’Écosse et la clé de cette porte était le pont de Stirling. Le 10 septembre 1297, l’armée anglaise, dirigée par John de Warren, rejoignait les garnisons anglaises du château de Stirling et son constable, Sir Richard de Waldegrave, afin de livrer bataille à Wallace et ses hommes et reprendre le contrôle du territoire écossais.

John de Waldegrave avait amassé une formidable armée, de plus de 1000 cavaliers lourds et 50 000 soldats.  Cette armée était la plus réputée en Europe pour sa grande expérience au combat, ses soldats, réputés pour être les meilleurs de l’époque et finalement, elle n’avait jamais connu la défaite. L’armée de Wallace, qui s’était rallié avec Sir Andrew de Moray, était composée tout au plus de  16 000 soldats, incluant 150 cavaliers armés. Ces soldats étaient pauvrement armés et ne détenaient aucune expérience ou formation de combat, ceux-ci étaient dépassés en nombre par 3 : 1. Les écossais avaient par contre un esprit insatiable face combat et la motivation compensait pour le manque d’expérience au combat. Les écossais, principalement poussés par leur sens du patriotisme, étaient prêts à se battre et à mourir plutôt que de supporter la tyrannie de l’occupation anglaise sur leur propre territoire.





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William Wallace avait décidé de se positionner sur la rive opposée du château de Stirling, occupant ainsi le plateau élevé de la plaine sur les pentes des collines d’Ochil. Ceci forçait les anglais à se battre vers le haut sur les collines. John de Warren était alors obligé de traverser la rivière en empruntant  le pont de Stirling. Ce pont en bois était par contre étroit et limitait la traversé des cavalier lourds à 2, côte à côte. Les anglais n’auraient aucun moyen d’évasion rapide en cas d’attaque sur ce pont. La terre sur les rives de la rivière était beaucoup trop molle pour que les soldats ou les cavaliers ne puissent traverser.

Lors de la traversé de l’armée anglaise sur le pont de Stirling, Wallace donna le signal d’attaque à son armée et les rebelles chargea en grand nombre, levant et brandissant leurs lances et épées vers les ciel, et hurlant comme des déchaînés. Les lances en avant, ils foncèrent directement sur les soldats traversant le pont. Les soldats anglais étaient pris au piège car ils se faisaient transpercés par les écossais qui ne pouvaient plus avancés mais qui étaient par contre poussés vers l’avant par les autres troupes anglaises situées derrière eux. Ceux qui sautaient par dessus le pont se noyait avec le poids de leur armure ou étaient transpercés par les lances des rebelles écossais.  Plusieurs soldats et beaucoup d’archers anglais étaient piétinés et tués par les sabots des chevaliers qui traversaient le pont pour livrer bataille aux rebelles. 

La bataille dura un peu plus d’une heure et les rebelles écossais avaient massacré, sans pitié. En un seul coup, les hommes de Wallace avait anéanti la plus part des chevaliers lourds et 5 000 soldats de pied, incluant plus de 300 archers Welsh.  Cette victoire démontra clairement qu’une armée de simple paysans, avec la discipline et le courage de se battre et de mourir pour leur pays, est capable de détruire le mythe de l’invincibilité Anglaise. Pour William Wallace, cette victoire démontra une fois de plus qu’il n’était pas seulement un chef et un guerrier charismatique, mais que ses capacités et tactiques de guerre étaient toutes aussi fortes. Le château de Stirling tomba alors entre les mains de Wallace et l’Écosse était presque entièrement libérée des forces anglaises.

Sous Wallace, les écossais, paysans et chevaliers plutôt que la noblesse écossaise, étaient réunifiés dans le but de libérer l’Écosse de toute occupation étrangère. Contrairement aux nobles écossais qui avaient souvent auparavant juré loyauté et allégeance au roi Edward Longshanks, la force patriotique de Wallace demeura dédié à la lutte pour l’indépendance de l’Écosse.

Wallace envahit par la suite le nord de l’Angleterre et ravagea les comptés e Northumberland et Cumberland. À son retour en Écosse en décembre 1297, il fut promus chevalier et proclamé ‘Gardien’ du royaume de l’Écosse. La noblesse écossaise par contre ne lui accordait qu’un petit support dans sa quête pour l’indépendance.



La fin de William Wallace.


La victoire de Wallace sur le Pont de Stirling fut rapidement oubliée par Edward Longshanks. En 1298, ce dernier envahit le nord de l’Écosse en ayant pour but d’écraser Wallace et tous ceux qui se battaient pour l’indépendance de l’Écosse. Avec plus de 90 000 soldats et une technologie des plus avancée, Longshanks attaqua une plus petite armée écossaise dirigée par Wallace tout près de Falkirk. Lors de cette défaite, plus de 10 000 guerriers écossais avaient perdu la vie. Wallace fut obligé de battre en retraite et sa réputation militaire fut complètement détruite. Il se cacha pendant les années qui suivirent la défaite de Falkirk. Plusieurs historiens croient qu’il serait allé en France pour une mission diplomatique afin de trouver un support militaire auprès du roi Philippe IV.  

En 1304, après avoir signé le Traité de Paris (1303) avec les Français, Edward Longshanks repris sa conquête de l’Écosse. Même si la grande majorité des nobles écossais lui avaient juré allégeance, il continua de poursuivre Wallace sans relâche. Le refus de Longshanks de reconnaître Wallace comme un ennemi d'un pays indépendant de l'Angleterre signifiait que les anglais pouvaient le considérer officiellement comme un traître.

En 1305, Wallace fut trahi par un de ses chevaliers, oeuvrant sous le service d’Edward Longshanks, et fut capturé par les anglais tout près de Glasgow. Il fut par la suite amené à Londres où il subit sont procès pour traîtrise envers le roi d’Angleterre. Wallace répondu seulement qu’il était un Écossais, né en Écosse, et qu’il n’avait jamais juré allégeance au roi d’Angleterre et qu’il ne reconnaissait pas la souveraineté d'Edward sur son propre pays. Le 23 août de la même année, Wallace fut exécuté. À cette époque, le châtiment pour trahison était assez pénible. Wallace fut traîné, en arrières de chevaux, sur une distance de 6 miles dans les rues de Londres jusqu’à Smithfield Elms, l’endroit de son exécution. Il fut par la suite pendu et  éventré avant de mourir. Ses entrailles ont été brûlées devant ses yeux, il fut décapité et son corps a été divisé en 4 parties. Les anglais avaient par la suite exposé sa tête sur le Pont de Londres, celle-ci empalée sur un pique. Son bras droit fut exposé au Pont de Newcastle, son bras gauche à Berwick, sa jambe droite fut envoyée à Perth et sa jambe gauche à Aberdeen.

Edward Longshanks pensait que la capture de Wallace et son exécution auraient détruit l’esprit de liberté chez les écossais. Il était par contre dans l’erreur car l’exécution barbare de Wallace signifiait pour les écossais que les anglais avaient martyrisés un leader militaire écossais très populaire et ceci avait qu’empirer le désir et la détermination des écossais à être libre.

Peu de temps après la mort de Wallace, Robert de Bruce mena une armée d’écossais, plus déterminés que jamais à venger Wallace et a se battre pour leur liberté. Robert de Bruce avait fait revive la rébellion nationale et écrasa les anglais. En 1306, il fut couronné roi d’Écosse. La plus grande contribution de Wallace à son pays est qu’il a sorti de l’ombre Robert de Bruce pour qu’il prenne enfin part à l’indépendance de l’Écosse.


 



 


 

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Jehanne - dans Personnages Historiques

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