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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 03:16
Les routes et les marchandises.








Dès les premiers siècles du Moyen Age l'économie occidentale a produit aussi pour vendre, mais c'est à partir du XIe siècle due le volume de ces produits a sensiblement augmenté. On peut répartir les principaux d'entre eux en sept secteurs :

1) L'alimentation (grains, vins, sel, poissons fumés ou salés) ;

2) L'habillement (laine, lin, fourrures, cuirs, peaux, produits tinctoriaux) ;
3) La construction (pierres et bois d'oeuvre) ;
4) Les transports terrestres (chevaux) et maritimes (goudrons, cordages, toiles à voile) ;
5) L'éclairage (cire) ;
6) La métallurgie (métaux en lingots, armes, orfèvrerie) ;
7) La céramique et la verrerie.

L'importance quantitative du volume des marchandises qui faisaient l'objet de commerce lointain au Moyen Age est impossible à préciser.

Quelques rares indices donnent à penser qu'il n'a jamais atteint un niveau élevé, même si on limite la comparaison au volume dit commerce de l'Europe mercantiliste antérieure aux révolutions du XVIIIe siècle un document douanier de 1293 permet d'estimer à 4 ou 5000 t l'exportation annuelle de fer asturien par les ports de Guipuzcoa et de Biscaye ; dans la seconde moitié du XIIIe siècle, les exportations anglaises de laine auraient monté annuellement à 3 ou 4000 t ; en 1335, le tonnage de la flotte vénitienne ne devait totaliser que 40000 t...

D'autre part l'Occident a longtemps offert des troupeaux considérables debétail humain : c'était un marché où venaient s'approvisionner abondamment les Byzantins et les Arabes. L'esclave était un bien de grande valeur, recherché, et qui se vendait bien. A la suite des interventions de l'Eglise, ces esclaves d'exportation ne furent plus recrutés en pays de chrétienté, mais principalement dans les régions païennes limitrophes au nord (Germains) et à l'est (Slaves). Jusqu’à la fin du Moyen Age la traite des esclaves fut une activité florissante en Méditerranée pour les Vénitiens et les Catalans.


D'Orient, les Occidentaux tiraient surtout des produits alimentaires et pharmaceutiques (épices), des produits textiles (soieries), des produits tinctoriaux, de l'or.


Le commerce médiéval s'est organisé autour de deux grands axes maritimes l'axe méditerranéen (jusqu'en mer Egée et en mer Noire) et l'axe nordique (de la Manche à la Baltique), raccordés entre eux par des routes terrestres, jusqu'à ce que s'établissent des liaisons maritimes régulières entre l'Italie et la mer du Nord, au XIVe siècle.


Pour l'axe méditerranéen, la question célèbre est celle des conséquences de la conquête arabe du VIIème siècle : la Méditerranée a-t-elle été désertée ? Est-ce que la phrase d'Ibn-Khaldoun (Les chrétiens ne peuvent plus faire flotter une planche sur la mer) est une fanfaronnade littéraire ou l'expression de la réalité de la fin du Ier millénaire ? D'après Pirenne, la conquête de l'Afrique du Nord et de l'Espagne par les Arabes aurait effectivement fermé les ports de Gaule, et empêché les relations maritimes séculaires de l'Occident avec l'Orient. Un des arguments majeurs de sa thèse repose sur la disparition du papyrus, de l'huile d'olive, et des soieries en Occident à partir du VIIIe siècle. Cependant, sans méconnaître l'obstacle que dressait l'hostilité des Arabes. R. Doehaerd a souligné que la voie de mer directe entre l'Orient et l'Occident avait été partiellement remplacée alors; par la double voie terrestre, d'une part par l'Espagne musulmane (rôle des Juifs rhadanistes exportateurs d'esclaves occidentaux). Et d'autre part par l'Italie adriatique restée en relations avec Byzance et même Alexandrie (rôle des Vénitiens, également exportateurs d'esclaves occidentaux) : la naissance obscure de Venise, vers 800, correspondrait à l'établissement de ce nouveau circuit. Au XIIe siècle les croisades rouvrirent largement l'Orient méditerranéen aux Vénitiens et aux Génois, qui y trafiquèrent activement jusqu'à ce que les Turcs les en chassent à la fin du Moyen Age.


Quant à l'axe nordique, il fut le domaine des navigateurs frisons et saxons, du VIIe au IXe siècle, puis les Normands les supplantèrent presque partout. La domination des Vikings a créé une succession de marchés, de comptoir en comptoir, reliant l'Atlantique à l'Orient, en passant par les îles Britanniques, la Scandinavie, la Russie des Varègues, d'où ils atteignaient Byzance par Kiev et la mer Noire, Bagdad par la Volga et la mer Caspienne, et peut-être Samarcande. Ce sont les trouvailles monétaires qui ont fait découvrir l'unité, de cet espace économique nord-européen du Xe siècle : près de 100000 dirhems frappés en Iran et au Turkestan ont été retrouvés en Scandinavie, et inversement, quoique en nombre nettement inférieur, des pièces franques et anglo-saxonnes ont été retrouvées en Poméranie et en Russie. Après l'an mille, la Flandre a acquis une place privilégiée sur cet axe nordique, en raison de l'essor du commerce de la draperie. Jusqu'au milieu du XIIIe siècle ce furent des marchands flamands itinérants, surtout de Gand, d'Arras, et de Bruges, qui allèrent vendre leurs draps dans une vaste partie de leur aire de diffusion : en particulier de 1150 à 1250 environ, c'est aux foires de Champagne qu'ils les vendirent à des marchands venus d'Italie avec des cargaisons d'épices. Après 1250 les compagnies italiennes installèrent à Bruges des correspondants chargés d'acheter les draps de Flandre, et de les expédier à Florence où ils recevaient les derniers apprêts. Or d'autre part, les marchands hanséates venaient, depuis le XIIe siècle, s'approvisionner à Bruges en produits exotiques. Bruges devint ainsi le trait d'union de la Méditerranée et de la Baltique.


Enfin, les routes terrestres de raccordement s'établirent le long des voies fluviales (sillon séquano-rhodanien, sillon rhodano-mosan, sillon rhodano-rhénan). Les itinéraires les plus anciens furent les circuits français, reliant la Flandre à l’Italie par les foires de Champagne : ils déclinèrent aux XIVe-XVe siècles, au profit d'un axe maritime atlantique à l'Ouest (liaison Gênes, Bruges, et Londres, par Barcelone, Cadix, et Lisbonne), et d'un axe terrestre germanique à l'est (liaison Hambourg, Milan, par les villes d'Allemagne du Sud où apparut un capitalisme commercial urbain dominé par quelques familles, telles que les Függer à Augsbourg, ou Hompys à Ravensburg).

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