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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 00:30

L'alchimie médiévale.

 





 

 




Buts de l'Alchimie.

Le Grand Œuvre: redonner à l'homme ses caractéristiques de perfection perdue: celle qu'avait Adam lors de l'Âge d'Or. Les alchimistes considèrent qu'un Adam déchu persiste encore dans chacun, ils veulent lui redonner sa pureté. Ils font une analogie entre l'homme et l'or, qui sont les éléments purs et supérieurs respectivement du règne animal et minéral. La quête de la Pierre Philosophale (capable de changer un métal vil en or) est la base du Grand Œuvre, si cette pierre est trouvée, on pourra redonner sa pureté à l'homme.




Le Laboratoire.



L'Agencement du Local.


Les alchimistes désiraient toujours dissimuler leur local aux regards des curieux. On suppose que ceux-ci étaient peu nombreux au XIIe s., et qu'ils se sont multipliés au cours des XIVe et XVe s., période où ils furent un chiffre notable dans les villes. N'importe quel pièce pouvait être un laboratoire, mais les caves étaient préférées, et les cheminées toujours obligatoires. Ces laboratoires se trouvaient aussi bien à la campagne qu'à la ville.




Laboratoire et Oratoire.

Dans le laboratoire de l'alchimiste; il y avait toujours un coin pour la spiritualité: prières, dévotions, etc... Les quelques rares manuscrits (un luxe à l'époque) sont posés sur une étagère.




Appareils et Ustensiles.

Aucune variation de profondeur entre les premiers outils des adeptes d'Alexandrie et ceux utilisés au Moyen-Âge.

Le Grand Œuvre doit se réaliser soit au fourneau soit au creuset :
* le creuset avait généralement une forme de croix.
* le fourneau alchimique se nomme athanor: il doit être chauffé soit au bois, soit à l'huile, jamais au charbon chez les vrais alchimistes. Il avait parfois une forme de tour, et avait un regard ménagé dans sa paroi, afin d'observer l'œuf philosophique (ou aludel), où la matière première subissait ses changements. Ce dernier est une cornue ovoïde en terre cuite, ou plus généralement en verre ou cristal, afin de faciliter l'observation. Ce fourneau devait être parfaitement fermé avec des jointure, dont la clôture est appelée sceau d'Hermès.




Le Pélican était leur appareil de distillation, nom qui venait de sa forme.

Ils disposaient également d'instruments de musique, qui grâce à certaines mélodies pouvaient produire certains effets matériels précis au cours du Grand Œuvre. Mais ils n'utilisaient que rarement des formules magiques, que l'on prête à la magie cérémonielle.

Tous les autres ustensiles étaient les même que ceux des artisans de l'époque (pinces, tisonniers, marteaux, soufflets, récipients de toutes sortes...) et étaient donc faits de grès, métal, cuivre ou verre.

Seule le clepsydre ou le cadran solaire pouvaient être utilisés pour mesurer le temps. Le balancier de l'horloge ne sera découvert qu'à la fin du XIIIème, début du XIVème siècle.

Des petits miroirs étaient également utilisés pour capter les rayons solaires et lunaires.

Leur seul moyen de mesurer la température était des méthodes empiriques (comme l'observation du changement de couleur des métaux)

Technique, Mystique et Magie

Le Grand Œuvre est une activité sacrée (il est basé sur le rythme des saisons et le passage des constellations zodiacales), et dangereuse (explosions possibles).




Ce qui se faisait:
 


Les Opérations de Laboratoire.

Les étapes de la formation de la Pierre Philosophale sont:
-le lion vert: un liquide épais qui fait sortir l'or caché dans les matières ignobles
-le lion rouge: poudre d'un rouge vif qui convertit les métaux en or
-la tête de Corbeau, ou la voile noire du navire de Thésée: dépôt noir qui sert à la décomposition et à la putréfaction des objets dont on veut tirer l'or
-la poudre blanche qui transmue les métaux blancs en argent fin
-l'élixir au rouge avec lequel on fait de l'or et qui guérit les plaies
-l'élixir au blanc ou la fille blanche des philosophes: un onguent qui procure une vie très longue
...



La Matière Première.

Les alchimistes divergeaient quant à la matière première à utiliser: matières organiques diverses, mais plus généralement minérales.

L'utilisation d'apports préliminaires était courante: rosée de mai ou plus sinistrement, le sang des enfants (cas rare, comme ceux qui utilisaient la Magie Noire)

Les Métaux, Corps Composés:
Tout métal est composé de 2 principes: le Soufre, la partie fixe, masculine, et le Mercure, la partie volatile, féminine. L'or était comparé au Soleil (père du Grand Œuvre), et l'argent à la Lune (Mère du Grand Œuvre).

Toutes ces considérations physiques et cosmiques ont amenés des adeptes (de l'alchimie) à utiliser comme matière première soit le cinabre (qui contient du soufre et du mercure); soit la stibine (minéral sulfureux), soit l'or et l'argent, dont l'alchimiste voulait extraire des 2 principes qu'ils contenaient une semence, qui pourrait multiplier par la suite l'or et l'argent.



Voie Humide et Voie Sèche.

La voie humide était celle où la matière première était placé dans l'œuf philosophique de l'athanor. Elle est constituée de 2 étapes: le petit œuvre, ou petit magistère, ou petit élixir, qui constituait à la transmutation en argent, et le grand œuvre, grand magistère ou grand élixir: la transmutation en or. Cette voie avait une durée de 40 jours dans la plupart des cas. Mais cette durée semble courte quand on sait que les diverses opérations préliminaires sur la matière première pouvaient prendre plusieurs années.

La voie sèche était celle faite dans un creuset. Elle ne prenait que 7 ou 8 jours, voire quelques heures, mais était beaucoup plus dangereuse, car plus explosives.

Il aurait même existé une troisième voie, dite directissime, avec une chance de réussite immédiate, mais les risques étaient prodigieux: elle nécessitait la foudre!




"Secrets" Médiévaux.

Malgré l'aspect très artisanal des travaux alchimiques, on accorde à ses adeptes des œuvres, qu'aucun artisans actuels n'arrivent à obtenir: les vitraux rouges de la cathédrale de Chartres, ou le feu grégeois, arme byzantine puis arabe qui était un feu qui s'attisait quand on jetait de l'eau dessus.



Travaux et Veilles.

Vue la longueur des expériences, l'alchimiste devait avoir des capacités de veille extraordinaires, voire inhumaine. C'est pourquoi ils avaient parfois besoin d'aide, qui se manifestait en la personne d'une compagne, avec qui il formait un couple alchimique.

 


Alchimie et Astrologie.

Les alchimistes liaient constamment le Grand Œuvre à l'astrologie: ils devaient le commencer qu'au niveau de l'équinoxe de printemps, et le cycle des saisons ainsi que la position des constellations et des astres de notre système solaire les influençaient énormément.

 


Le "Feu Secret" .

Le Feu Secret des Sages fait partie des mystères inélucidés de l'alchimie, certains pensent que ce serait des résultats découlant de la physique nucléaire, d'autres supposent qu'il s'agirait de l'énergie du cosmos, qu'ils auraient réussi à capter... Ces 2 hypothèses partant de l'idée improuvée que des alchimistes auraient réussi à accomplir le Grand Œuvre.



Rêves et Songes Symboliques.

Dans la littérature alchimique du Moyen-Age, on voit souvent des récits de rêves et songes symboliques, manifestant bien le lien entre l'expérimental et le sacré, entre les activités de laboratoires et celle de l'oratoire:

Exemple: le Récit de l'exil occidental, du Persan Sohrawardi (1155-1191)

Le héros s'embarque. Son navire fait naufrage sur des récifs, près d'une île, l'île redoutable de Gôg et Magôg. Aidés par les génies du feu, le héros y réalisera les 2 étapes successives du Grand Œuvre: l'élixir lunaire (transmutation en argent), puis l'élixir solaire (transmutation en or). L'adepte atteint même le plus grand des mystères alchimiques: "Lorsque tu sais cela de source certaine, tu connais la résurrection des morts." Viens alors l'ascension de quatre montagnes symboliques (Sâd, Nân, Qâf, le Sinaï), puis l'arrivée au pays de la Reine de Saba, où croîtra le germe du corps subtil, celui de la Résurrection céleste.



Témoignages Médiévaux sur les Propriétés Accordées à la Pierre Philosophale.

Aucune preuve certaine de l'existence de la Pierre Philosophale n'a jamais été trouvée, mais considérant la multitude de témoignages, dont beaucoup appartiennent à des érudits importants, et vue les résultats impressionnants qu'on peut obtenir par méthodes artisanales, le doute persiste toujours.

Il existerait trois formes pour la Pierre Philosophale:
Celle que vient juste d'obtenir l'alchimiste, dans son creuset ou dans l'œuf philosophique, qui ressemblerait à une structure mi-liquide, mi-solide, qui se cristalliserait rapidement.

A partir de la pierre des sages décrite précédemment, on pouvait tirer une substance liquide, l'élixir, avec des propriétés médicales fabuleuses.

La forme pulvérisée qui était en 2 étapes: la poudre blanche tout d'abord, celle aboutissant du petit magistère, puis celle résultant du grand magistère, la poudre rouge.

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Jehanne - dans La Médecine

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