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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 00:11
Les emblèmes médiévaux.






Emblèmes de Jeanne d'Arc.



De tout temps les troupes se sont regroupées autour d’un emblème signalant la présence du chef de l’armée. Héritier lointain des enseignes carolingiennes, l’étendard de la France capétienne est avant tout le symbole des rois. Les barons se distinguent par leur gonfanon. Au XIIIe siècle, avec la généralisation des armoiries, apparaissent les pennons, réservés aux chevaliers, et les bannières, qui remplacent les gonfanons aux mains des barons.
La première codification parvenue, les “Siete partitas” du roi Alphonse X de Castille (1252-1284), montre une organisation très hiérarchisée :
- Rois et empereurs ont seuls droit à porter l’étendard, pièce de tissu carrée, décorée des armes de leur royaume.
- Les barons suivis de plus de cent chevaliers et les contingents des cités portent l’enseigne capitaine, drapeau carré terminé par trois queues rectangulaires.
- Les barons suivis de 50 à 100 chevaliers portent le “pendon posadero”, drapeau triangulaire qui donnera naissance au pennon.
- Les seigneurs suivis de 10 à 50 chevaliers portent la bannière, rectangle de tissu plus haut que large.
- Les seigneurs suivis de 2 à 10 chevaliers portent une banderole étroite terminée par deux queues rectangulaires. En France, à la même époque, les petits seigneurs royaux portent le pennon ou pennoncel, en forme de bannière coupée en diagonale. Il est à noter que le mot “drapeau” n’a pas, au Moyen Age, le sens que nous lui donnons actuellement, mais celui de pièce d’étoffe.


En 1351, une ordonnance royale établit que le pennon doit être porté par des compagnies de 30 à 35 piétons, ou par un chevalier. L’étendard, désormais également porté par les princes de la famille royale, est reproduit en de nombreux exemplaires et mis à la tête de troupes et des subdivisions de troupes.


En 1444, un chroniqueur, Antoine de la Sale, établit le tableau suivant :
- Rois et princes portent à la fois l’étendard, long triangle fendu de deux queues, la bannière carrée et le pennon.
- Les marquis, comtes, vicomtes, barons et chevaliers bannerets portent la bannière rectangulaire. Comme ils sont également chevaliers, ils portent à titre personnel leur pennon.
- Les chevaliers portent le pennon, triangulaire. On peut passer du rang de chevalier à celui de banneret à condition de posséder un château entouré de 25 feux, et en s’entourant de six bacheliers (c’est-à-dire qu’ils ne portent pas de bannière et ne sont donc pas banneret) ou de 50 hommes d’armes. Le maréchal coupe alors symboliquement la queue du pennon pour le transformer en bannière.


Ce système, dont la décoration est strictement héraldique, est organisé en fonction de la hiérarchie de la noblesse. Il est à noter que sur les bannières les armes sont disposées parallèlement à la hampe, alors que sur les étendards, elles sont disposées de façon transversale, la hampe formant le “haut” de l’enseigne.


A partir de 1384, un nouveau système d’enseigne se superpose au premier : Charles VI fait figurer sur son étendard personnel, un cerf ailé, et des anneaux, sur fond rouge.
A l’exemple du roi d’autres grands seigneurs vont faire peindre ou broder des étendards décorés de leur saint patron. Le choix de la figure est libre, quoique principalement à caractère religieux. Au cours de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, les princes reprendront quelquefois les insignes de parti dont ils ornent leurs palais, leurs livres et les vêtements de leurs partisans. Le duc Louis d’Orléans ayant adopté le bâton noueux, symbole de ses amicales dispositions envers le duc de Bourgogne, ce dernier prit pour emblème le rabot et deux bâtons lisses en forme de croix de saint André. En novembre 1407 le “bâton noueux était plané” : le duc Louis d’Orléans était assassiné sur ordre de son cousin Jean sans Peur. Quatre ans plus tard, avant de se mettre en campagne contre l’assassin de son père, Charles d’Orléans fit peindre des enseignes d’un nouveau type : 4200 pennons “de sable” (noirs) portant le mot “Justice”. Ces pennons avaient pour fonction de signaler à quel camp appartenaient les combattants de son armée.


Ces deux types d’enseignes, à motif religieux et à devise politique, se combinèrent pour donner naissance à des étendards qui sont à la fois des programmes politiques et des insignes de parti. Les chefs secondaires, parfois bien en peine de produire des armoiries authentiques, ajoutent en effet sur les queues de leurs étendards les emblèmes de leur maître. Chaque étendard est doublé d’un pennon, porté par le chef de la troupe, voire par un page, et dont la décoration est pratiquement identique à celle de l’étendard. Visiblement le pennon ne sert plus à indiquer le rang de son propriétaire, mais doit servir à transmettre des ordres de manoeuvre à la troupe.


Chaque compagnie peut ainsi se trouver dotée de trois drapeaux : l’étendard du roi ou du prince, l’étendard de la compagnie, le pennon de son capitaine, ces deux derniers reprenant dans leurs queues les composantes de l’étendard princier.


Au sein de ce système, la hiérarchie est marquée par la taille des enseignes : la bannière impériale mesure ainsi six pieds carré, soit à peu près 2 mètres sur 2,30 mètres.
Celle d’un banneret ne mesure que deux pieds carré, soit un peu plus de 60 centimètres sur 80. Les étendards royaux mesurent cinq aunes de long, soit près de six mètres, alors que ceux des capitaines ne sont que de trois aunes, soit environ 3,50 mètres pour 80 centimètres de haut. Ils sont fendus sur le quart et jusqu’à la moitié de la longueur. Le pennon d’un chevalier est pour sa part plus grand que celui d’une compagnie de piétons. Cette grande disparité de taille et d’organisation facilite évidemment les confusions, les témoins pouvant confondre, à distance, pennons et étendards.


Les motifs et devises se lisent de la hampe vers la pointe. Pour cette raison les enluminures représentent les étendards de face dans la plupart des cas, c’est-à-dire la queue tournée vers la droite de la page. Sur le revers, la devise se lit en effet de droite à gauche, les surfaces peintes devant se superposer dans la mesure du possible. Le motif du revers peut différer de celui de la face, à condition d’occuper à peu près la même surface, et d’être brodé, en effet, la peinture étant bue par le tissu, il n’est pas possible de peindre des motifs différents sur les deux faces.


On verra que l’étendard de Jeanne est conforme à ces dispositions. Au milieu du XVe siècle, le mot étendard est remplacé par celui d’enseigne pour les cavaliers, par celui de guidon pour les gens de pieds, l’appellation étendard étant de nouveau réservée à l’emblème du prince."







Source Colin.








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Jehanne - dans Contexte historique

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