Samedi 3 octobre 2009
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Les femmes et les
croisades.
La direction et le fonctionnement de la société n'est-elle pas plus une
affaire d'hommes que les croisades. Et ce, contrairement aux récits qu'en ont fait les historiens. Une multitude de femmes se sont engagées dans les rangs des croisés, souvent aux côtés de leur
chevalier de mari. Anne Comnène, fille de l'empereur Alexis, relate l'arrivée des premiers croisés à Byzance. Elle décrit un certain nombre de femmes nobles à cheval ou en litière et d'autres
cheminant à pied avec les hommes. Loin d'être des épouses faibles et soumises entraînées malgré elles par leur mari, certaines vont au contraire jusqu'à combattre auprès des soldats, équipées comme
eux. Ainsi les épouses des Normands de Sicile, ou Ida d'Autriche qui se joint à Guillaume le Troubadour pour la première croisade, ou encore Florine, fille du duc Eudes I" de Bourgogne qui aurait
combattu et rendu l'âme aux côtés de son fiancé Suenon, fils du roi de Danemark. Anne Comnène est frappée en particulier par la Normande Sichelgaïte, épouse de Robert Guiscard, capable de combattre
comme un soldat, allant même jusqu'à poursuivre les déserteurs pour les ramener sur le champ de bataille.
Lors du siège de Saint-Jean-d'Acre en 1191, le chroniqueur Jordan Fatosme raconte que les femmes «montèrent aux remparts et portèrent les munitions; il n'y avait aucune fille ni femme qui ne portât
sa pierre jusqu'au rempart pour la jeter». Cela dit, la plupart d'entre elles assument plutôt un rôle actif de soutien et d'encouragement, participant aux travaux des hommes, leur apportant l'eau
et les vivres et soignant les blessés. Mais elles ne sont pas plus épargnées qu'eux par les combats ou par les famines. Elles sont tuées ou faites prisonnières par centaines, voire réduites à
l'esclavage lors de la chute des Etats de Terre sainte.
Par Jehanne
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Publié dans : La Société
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