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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 01:05
Les fraises au Moyen âge.








Les médecins du Moyen Âge classaient la fraise parmi les aliments chauds et moites comme les dattes et contrairement à beaucoup d'autres fruits jugés froids et/ou putrescibles comme les pêches, les abricots, les cerises, les mûres, le melon, etc., ils recommandaient de la manger en dessert et non en entrée.

Au Moyen Âge, on commença à cultiver la fraise des bois d'Europe, Fragaria vesca, en repiquant des stolons dans les jardins. Elle se transplante facilement dans les jardins si le sol leur convient. Ses petits fruits parfumés étaient très appréciés. On doit l'amélioration du fraisier sauvage à petits fruits aux Anglais qui avaient un faible pour elle et dès le 13e siècle eurent l'idée de la pailler pour la protéger, hâter sa maturation et augmenter sa production. Ils donnèrent d'ailleurs aux fraises le nom de strawberry, " baie de paille ". En France au 14e siècle, Charles V fit planter 1200 fraisiers sauvages dans les parterres du Louvre, mais uniquement à des fins décoratives. Par contre à Versailles, Jean-Baptiste de La Quintinie en cultivait en abondance dans des serres et sous châssis pour Louis XIV qui en raffolait.

On a prêté au fraisier sauvage et à son fruit de nombreuses vertus thérapeutiques, notamment comme astringent contre les diarrhées, comme dépuratif, diurétique et antirhumatismal. Au 17e siècle, on recommandait l'été de se frotter les mains de fraises écrasées pour ne pas avoir à souffrir par la suite de gerçures et d'engelures. Une racine de fraisier appliquée sur une dent gâtée avait la réputation de la faire tomber. Dans le Languedoc, on recommandait pour combattre la jaunisse de porter au cou un petit sachet de toile contenant des feuilles fraîches de fraisier pendant neuf jours et de réciter tous les matins cinq Ave et cinq Pater : le dixième jour le malade devait faire une infusion de feuilles qu'il se passait sur tout le corps.

Linné, le père de la nomenclature de la botanique moderne, affirmait avoir pu échapper aux atteintes de la goutte grâce à une cure de fraises qui favorise l'élimination de l'acide urique et qualifiait le fruit de " bienfait des dieux ". Lobelius à la Renaissance avait déjà souligné ses qualités diurétiques si remarquables " qu'elle est capable de rompre même les plus gros calculs. " Boerhaave au 17e siècle l'utilisait non seulement contre la goutte, mais aussi contre la phtisie.
Fontenelle qui vécut 100 ans lui attribuait son exceptionnelle longévité. Mme Talien s'en faisait préparer des bains pour entretenir la jeunesse de sa peau et l'éclat de son teint. Dix kilos de fraises étaient nécessaires à l'eau du bain, ce qui ne met pas

la beauté à la portée de toutes les bourses !

Avant l'arrivée des Conquistadores dans le Nouveau Monde, les Indiens du Chili cultivaient des fraisiers portant des fruits " gros comme des noix ", rouge pâle avec une chair pâle à l'arôme délicat. C'est en 1713 qu'un officier français au nom prédestiné, Frézier, ramena du Chili cinq plants de cette variété indigène de fraisier à gros fruits, Fragaria chiloensis. Comme il était breton, il en fit d'abord profiter son Plougastel natal. Les fraises actuelles sont des hybrides entre le fraisier du Chili et le fraisier écarlate, Fragaria virginiana, cité pour la première fois dans le Massachusetts en 1621. La paternité de l'hybridation revient au naturaliste Antoine-Nicolas Duchesnes. La culture de la fraise s'est surtout développée à partir du 19e siècle. C'est seulement vers la fin du 19e siècle que l'on réussit à obtenir des fraises remontantes à gros fruits, dites des " quatre saisons ". Un abbé du nom de Thivolet créa la Saint-Joseph, première variété remontante, produisant plusieurs récoltes dans la même saison.


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Jehanne - dans L'Alimentation
30 août 2008 6 30 /08 /août /2008 00:49
L'invention de la poudre.



La généralisation de la poudre a incontestablement modifié l’art de la guerre. Les premières références à un composé explosif à base de salpêtre apparaissent en Chine au IXe siècle. Cependant, la formule de la poudre n’y est donnée qu’au XIe siècle.

La généralisation de l’emploi de la poudre dans l’art militaire s’est généralisée aux XIe et XIIe siècles.
En Occident, la poudre fait son apparition au XIVe siècle.

Jusqu’à cette invention, la guerre était une affaire de métallurgistes, de forgerons et d’ingénieurs. Le nerf de la guerre passait par la fabrication d’armes tranchantes et de machines de guerre.
Avec la poudre, les chimistes, jusque là cantonnés dans la fabrication de poisons, prennent une grande importance.



La découverte de la poudre.

La poudre noire se compose d’un mélange de salpêtre, de soufre et de charbon, finement broyé, qui s’enflamme aisément par friction ou choc et déflagre vivement.

On ne sait pas avec certitude si ce sont les Chinois qui ont inventé la poudre. Par contre, on sait que les propriétés explosives d’un mélange à base de salpêtre sont mentionnées dès le VIe siècle, dans un traité.
Le texte relate une déflagration provoquée par ce mélange lors d’une expérience menée par l’alchimiste Sun Ssu-Mo (Sun Simiao).
La période des Song est parfois qualifiée de « Renaissance chinoise » car cette période connaît de nombreuses inventions et progrès techniques dont la célèbre horloge astronomique inventée par Su Song.

Il est très probable que les alchimistes ont découvert la poudre par accident. En effet, le salpêtre, composé fondamental de la poudre, est connu des alchimistes et des apothicaires chinois depuis longtemps.
Le composé explosif a été perfectionné pendant plusieurs centaines d’années.

La première mention des dangers d’une composition de charbon de bois, de salpêtre et de sulfure se trouve dans un livre taoïste de l’époque Tang (IXe siècle).
Apparemment de nombreux accidents ont dû se produire pendant ces expériences car cette mention est une mise en garde : » ne pas mélanger ces substances, surtout avec une addition d’arsenic, parce que ceux qui le firent virent le mélange exploser, leurs barbes noircir et le feu détruire la maison où ils travaillaient ».

La première mention de la formule de composition de la poudre est contenue dans un traité militaire de 1044, le Wu Ching Tsung Yao, qui donne la formule suivante : salpêtre (75,7%), charbon de bois (14,4%), sulfure (9,9%).

Outre les applications militaires, en Chine, la poudre a été utilisée pour la fabrication de « pétards » qui sont jetés dans le feu pour chasser les démons. Jusqu’alors on se servait de tiges de bambou.
Les applications rituelles passent également par les « feux d’artifice ». On ajoute alors à la poudre des oxydes colorés dont les propriétés sont censées être exorcisantes.

A partir du XIe siècle, les Chinois se servent de la poudre comme explosif avec la fabrication de bombes et de grenades.

A partir du XIIe siècle, ils l’utilisent dans les premiers fusils à canon de bambou.



La poudre en Occident.

Il est fort probable que ce sont les Musulmans qui ont transmis aux occidentaux la formule de la poudre.
On retrouve une mention de cette invention vers 1240 en terre d’Islam, dans un ouvrage de formules médicinales.
On y donne le nom de « neige chinoise » au salpêtre ce qui est très révélateur de l’origine des connaissances.

Son usage militaire est décrit vers 1280 par al-Hasan al-Rammah, dans un livre traitant de la cavalerie et des stratagèmes militaires.

La première mention en latin date à peu près de la même époque. Marcus Graecus donne la formule de la poudre dans son Liber ignium ad comburendos hostes.

Vers 1314-1326, la poudre fait son apparition dans les Flandres, puis à Metz, à Florence et en Angleterre.
Il est probable que la poudre a été employée en 1346 durant la bataille de Crécy.

A partir de 1527, la poudre est utilisée à des fins industrielles dans les mines de Chemnitz.

Entre 1540 et 1556, la formule de la poudre est donnée dans deux ouvrages : la Pirotechnia de Vanoccio Biringuccio. C’est le plus ancien traité de métallurgie en Occident.
Elle apparaît également dans le De re metallica de Georg Bauer, dit Agricola.

En 1775, Lavoisier améliore la formule de la poudre. Cette amélioration fait de la poudre française la plus puissante de son temps.

En 1802, aux Etats-Unis, E.I Du Pont de Nemours, met en place une production commerciale de la poudre.

On peut dire que l’invention de la poudre a marqué le début de la guerre chimique. Bien sûr ce terme, dans le contexte ancien,  ne correspond pas au sens que nous lui donnons habituellement.
Cependant, d’améliorations en améliorations  par les chimistes, ces derniers ont fini par inventer les tristement célèbres gaz de combat.
La pyrotechnie est aujourd’hui devenue une véritable science.

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Jehanne - dans L'Artillerie
29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 00:40
Le concile cadavérique.








En 897, s’est ouvert à Rome le procès le plus macabre de toute l’histoire. Le Pape Etienne VI fait comparaître la dépouille funèbre de son prédécesseur, Formose, pour être jugé.

Devant une assemblée d’évêques, un tribunal bien singulier préside devant un cadavre.



L’origine de ce procès.

Ce sont les prises de position politiques du pape Formose qui sont à l’origine du procès. Alors qu’il aurait du conférer la couronne impériale de l’empire démembré de Charlemagne à la puissante famille italienne des ducs de Spolète, le pape l’attribue à un Carolingien, roi de Germanie.
Ce revirement est purement politique puisqu’il recherchait simplement le protectorat de ce roi.

A la mort de Formose, c’est Etienne VI qui est élu pape. Il se trouve qu’il est un fervent partisan des ducs de Spolète. Il considère donc son successeur comme un traître.



Une parodie macabre.

Poussé par une haine incroyable, Etienne VI donne l’ordre de rechercher le sarcophage du pape Formose. Le cadavre, extrait de son tombeau est dépouillé de son linceul.

On habille le cadavre des habits pontificaux avant de le conduire dans un bâtiment où doit se dérouler le procès.

Le corps est fixé sur le trône pontifical.

Un clerc se tient à côté du cadavre pour répondre aux questions à sa place ! 

Tout au long du procès, le passé de la momie est examiné en détails. Des membres de l’Eglise viennent témoigner pour dépeindre le défunt comme un sombre intrigant.

Le contenu exact de ces dépositions n’est pas connu car tous les actes du procès ont été brûlés par la suite.



La sentence contre un cadavre.

Au terme de cette mascarade, l’assemblée proclame l’indignité de Formose et juge illégitime son accession à la papauté.
Cette sentence annule tous les actes et décisions prises par Formose de son vivant.

Mais cette sentence ne suffit pas à apaiser la haine d’Etienne VI. Il ordonne que les restes desséchés soient dépouillés de leurs habits et insignes pontificaux.
Cependant, les agents ne peuvent arracher de la chair à demi décomposée le cilice, étoffe grossière portée par pénitence qui reste sur la dépouille.

Etienne pousse la folie jusqu’à mutiler le cadavre en amputant les trois doigts qui servaient au pontife à bénir les fidèles.
Le cadavre est ensuite jeté dans une fosse commune.

Puis, le pape se ravise et fait exhumer le corps une seconde fois afin qu’il soit jeté dans le Tibre.



La réhabilitation de Formose.

Quelques mois après la profanation du cadavre, Etienne VI est étranglé par le peuple de Rome en colère.
Peu après, ses successeurs organisent des funérailles solennelles car entre temps le corps avait été récupéré par des pêcheurs.

Le corps est rapporté dans la Basilique Saint Pierre d’où il ne bougera plus.

Un an après ce procès, le concile décide qu’il sera désormais interdit d’intenter des procès contre les morts et de brutaliser les évêques au cours des assemblées.

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Jehanne - dans La Justice
28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 01:00
Les Vikings.




A la mort de Charlemagne, en 814, l’Empire carolingien paraît triompher. Pourtant, des ennemis nouveaux viennent de surgir : les farouches Vikings, dont les drakkars effrayants apparaissent au large des côtes anglaises vers 790.
L'ère Viking va marquer le monde de manière irrémédiable.
Les Vikings sont célèbres pour leur art de la guerre et leur soif de richesses. Cependant, ce peuple nordique était également féru d’art.
La mythologie des peuples nordiques a traversé les siècles. Les Vikings vénéraient des dieux à leur image. Leur panthéon était avant tout dominé par des divinités guerrières.
Réhabilité depuis peu, le nom de Viking évoque toujours le souffle de l’aventure.



Mythes et réalité sur les Vikings.

Aujourd’hui, les historiens ont tendance à nuancer cette « légende noire » des Vikings. Les redoutables Normands « Hommes du Nord » ont effectivement semé la terreur mais ce peuple de conquérants a également été à la source de législations et fondateur de nations.

Une série de découvertes archéologiques a révélé que les Normands étaient de grands commerçants, artisans et gouvernants.



Broche en or trouvée au Danemark et datée de l'an mil (Musée historique national de Stockholm)


Les Vikings étaient avant tout des navigateurs. C’étaient de véritables explorateurs qui ont atteint des terres plus éloignées au nord et à l’ouest que tous les autres peuples européens avant eux.
Ainsi, ils ont établi une colonie sur la côte ouest du Groenland et ont gagné l’Amérique 500 avant Christophe Colomb.


Drakkar en flammes lors du festival de Up-Helly-Aa, dans les îles Shetland 


Féroces, les Vikings l’étaient sans conteste. Mais, leur détermination et leur courage ont permis l’évolution d’un monde figé.
Ils ont apporté le feu et l’acier ainsi que leur ambition.

Il est indéniable que les Vikings ont changé la face du monde à tout jamais.



L’histoire des Vikings.

Le terme « viking » correspond à une activité, non à un nom de peuple. Les jeunes avides d’aventures décidèrent de partir en « viking » c’est-à-dire d’organiser des raids.
Ces hommes venaient des pays nordiques : futur Danemark, Norvège, Suède. Mais, l’idée de nation n’existait pas encore.
Chaque clan était loyal à un chef local.

Ces peuples du Nord avaient cependant des points communs :

  • Le langage (le vieux nordique)
  • Le même panthéon avec des dieux comme Odin ou Thor
  • Une société divisée en trois classes : nobles guerriers, hommes libres et les esclaves

Comment et pourquoi ces peuples se sont-ils transformés en « Vikings ». Les historiens ne le savent pas exactement.
La pression démographique a sans doute joué un rôle ainsi que l’amélioration technique des navires.
Cependant, aucune de ces raisons n’explique vraiment cet exode.

Les premiers à quitter leurs terres furent les Suédois. Ils traversèrent la Baltique et pénétrèrent en Russie.

Les Danois s’intéressèrent à l’Angleterre et à l’Empire franc de Charlemagne.



Fortifications en ruines pour repousser les Vikings, sur la rivière Ulla, en Galice


Les Vikings de Norvège exploraient pendant ce temps des terres peu connues. Ils s’attaquèrent à l’Irlande et à l’Ecosse.

Vers la fin du Xe siècle, un hors-la-loi nommé Erik le Rouge navigua vers l’ouest et découvrit une terre qu’il baptisa Greenland.

En 1001, Leif Eriksson, fils d’Erik le Rouge, eu le premier contact européen avec l’Amérique alors qu’il débarqua près de la point septentrionale de Terre-Neuve.



Camp viking de l'Anse aux Meadows sur la côte de Terre-Neuve 


Cet exploit a couronné une saga pleine d’aventures et d’explorations. En un peu plus de deux siècles, les Normands avaient atteint Bagdad à l’est et le Nouveau Monde à l’ouest. Ce sont les premiers à avoir découvert l’Islande, le Groenland et le nord du continent américain.



Les expéditions guerrières.

En 844, les Vikings pillent la Galice, Lisbonne et Séville. En 859-862, ils ravagent les côtes du Maroc puis gagnent la Toscane.
De là, ils détruisent Pise et remontent jusqu’au Rhône, à Valence où ils sont arrêtés.

Charlemagne avait créé une défense côtière mais ses successeurs, en pleine guerre de partage de l’Empire, ne se soucient pas de la menace des pirates barbares.

A partir de 833, les Vikings découvrent la faiblesse des Carolingiens. Aussitôt, ils multiplient les expéditions. Rouen brûle en 841, Nantes en 843, Paris succombe en 845 et Tours en 853.



Détail d'un drakkar datant du IXe siècle, découvert avec le vaisseau d'Oseberg, près du fjord d'Oslo


Les Vikings établissent alors des têtes de pont permanentes sur les embouchures de la Seine et de la Loire. Ils s’y installent et font de fréquents raids.

Toutefois, en 887, le carolingien Charles le Gros, est déposé. C’est Eudes, compte de Paris, qui est élu roi des Francs pour lutter contre les envahisseurs.
C’est en fait surtout la famine qui, en 892, chasse temporairement les Vikings de France.

De 834 à 850, les Vikings pillent les royaumes anglo-saxons. En 865, une immense armée arrive et occupe York en 866. De raid en raid, ils arrivent jusqu’à Londres en 871.
A la fin du IXe siècle, l’Angleterre est si dévastée qu’il ne reste plus rien à piller. Les Danois s’y installent et fondent le royaume viking d’York dans le Yorkshire.



Proue d'une réplique du vaisseau d'Oseberg, découvert en 1904, dans un tumulus funéraire du IXe siècle


Une société anglo-scandinave naît alors dans cette région que l’on appelle le Danelaw « loi danoise ».

C’est l’avènement du Christianisme qui va marquer la fin de l’ère viking. L’adoption de la nouvelle religion va peu à peu faire tomber la principale barrière entre les pays nordiques et le reste de l’Europe.

Dès la fin du IXe siècle, les rois scandinaves commencent à se convertir pour assurer leur légitimité et battre en brèche les chefs de guerre. Ils tentent également d’unifier leurs pays. A partie de 1016, la Norvège est unifiée.
Mais, ces nouvelles monarchies ressemblent vite à celles de l’Occident chrétien. Elles réduisent la turbulence des grands chefs de guerre.
La source du dynamisme viking se tarit au cours du XIe siècle.



Le drakkar.

Le drakkar (pluriel de dreki « dragon ») est le symbole de l’épopée viking. Cependant, tous les bateaux scandinaves ne sont pas ces grands navires de guerre, à la proue ornée d’une tête de dragon sculptée.

Robustes et rapides, capables de résister aux houles de l’Atlantique et de la mer du Nord, possédant un faible tirant d’eau qui leur permet de remonter les cours d’eau, les drakkars sont un véritable outil tactique.



Drakkar reconstitué


Mus à la rame, jusqu’à 30 rangs de rameurs pour les plus grands, ils sont symétriques, ce qui permet une très grande maniabilité dans les manœuvres.

Pourvus d’une quille, ils sont dotés d’une toile triangulaire (latine). On abaisse le mât pour aller à terre ou naviguer sur les fleuves ; on le redresse pour naviguer en pleine mer.



Proue décorée d'un drakkar (Photo © Viking Ship Museum, Oslo)


Des répliques modernes ont montré que les drakkars dépassaient les dix nœuds à l’heure, soit presque 20 km/h. Ils pouvaient parcourir en moyenne 200 km par 24 h.

Les rois et les nobles de haut rang couvraient leurs plus beaux drakkars de riches décorations. Certains portaient des girouettes de bronze.



Un animal mythique orne le sommet de cette girouette du XIIe siècle, découverte en Norvège (Photo © Historiska Museet, Oslo)


Les drakkars n’étaient pas les seuls bateaux. Les knarrs étaient des navires de transport très larges.



Les armes et les techniques guerrières des Vikings.

Tout Scandinave, de naissance libre, possédait des armes dès le plus jeune âge. Les meilleures et les plus coûteuses étaient les épées longues à double tranchant.
Ces armes précieuses recevaient parfois des noms comme « Mord-la-jambe » ou « Garde d’or ».



L'épée viking était tenue à une main, l'autre portant le bouclier


Ensuite venaient la lance, une arme de poing et le javelot, une arme de jet.

Dans les croyances, il s’agissait des armes d’Odin, connu sous le nom de « Seigneur de la Lance ».
Son arme magique, Gungnir, touchait toujours sa cible.



La lance était constituée d'un fer fixé à une longue perche (Photo © National Museet, Copenhague)


On évoque souvent les Vikings, armés de haches mais ces armes n’étaient utilisées que par les pauvres, qui s’en servaient aussi pour couper le bois.

Enfin, les Vikings utilisaient également des poignards et des arcs, mais ces derniers surtout pour la chasse.

Outre les raids maritimes éclairs, ces guerriers savaient s’adapter à une guerre plus statique. Les Danois menèrent de longues campagnes en Angleterre et en terre franque.



Casque viking découvert à Vendel, en Suède, daté du VIIe ou VIIIe siècle (Upplandsmuseet, Uppsala)


Ils excellaient au corps à corps. Dans le combat rapproché, ils avaient un gros avantage : la taille.
Grâce à un régime hyper-protéiné, ils mesuraient en moyenne 1,72 m contre 1,65 m pour leurs adversaires.

Ils avaient également pris conscience des aspects psychologiques. Ils se rendaient aussi effrayants que possible. L’une de leurs tactiques consistait à faire des bruits terrifiants, en agitant leur carquois ou en poussant des cris.



Casque dit "de Sigurd" découvert en Suède, dans une barque funéraire (VIIe siècle, Upplandsmuseet, Uppsala)


Un groupe particulier atteignait des stades de folie furieuse. Connus sous le nom de berseks, du nom de la peau d’ours qu’ils portaient parfois, ils appartenaient à une confrérie.
Ils devaient frapper d’horreur leurs adversaires en roulant des yeux, en ayant l’écume à la bouche, en mordant leurs boucliers ou en allant se battre nus.



Rites funéraires des Vikings.

Selon les régions, l’au-delà était appréhendé différemment. Parmi ces croyances, la plus connue est celle de Walhalla, la salle de banquet d’Asgardr où Odin recevait les rois et les guerriers morts.

Les Vikings qui mourraient y étaient emmenés par les Walkyries, « celles qui choisissent les morts, des vierges guerrières.

Ceux qui ne mourraient pas au combat étaient condamnés à une triste existence dans les ombres du royaume de Hel.




Cimetière viking à Lindholm Höje, près d’Älborg, au Danemark


Parallèlement aux mythes, les rites funéraires variaient. Les êtres chers étaient parfois enterrés près de leur habitation.

Les fouilles archéologiques montrent que la plupart des morts étaient enterrés avec des objets, armes ou bijoux.

A Lindholm Höje, au Danemark, on a retrouvé dans les années 50 un cimetière viking qui a été recouvert de sable vers l’an 1000.
Les 700 pierres funéraires étaient soit en forme de bateau, carrées, circulaires ou rectangulaires.
Mais, le motif du drakkar semble s’être répandu vers l’an 800. La plupart des cadavres avaient été incinérés.



Les runes.

Les origines de l’alphabet runique demeure un mystère. D’autres peuples germaniques l’utilisaient plusieurs siècles avant l’ère viking.



Stèle gravée de Ahrus. Tête de taureau et entrelacs de serpents, surmontés d'une inscription en caractère runiques (Xe siècle, Musée archéologique de Moesgard, Danemark)


Chaque lettre est faite de lignes simples donc facile à graver. La plupart des 4 0000 inscriptions retrouvées ont été gravées dans la pierre, l’os ou le métal.
Il s’agit souvent de pierres tombales portant le nom du défunt.



Les runes avaient aussi une signification magique. Selon le mythe, c’est Odin qui apprit en premier l’écriture au terme d’une épreuve épouvantable que l’on peut assimiler à la crucifixion du Christ.



Les historiens actuels donnent le nom de « Futhark » à l’alphabet runique. Comme les hiéroglyphes, chaque signe représentait un son et symbolisait un objet ou une notion abstraite.




Par exemple, la première rune de l’alphabet correspondait à la lettre « f » mais aussi au mot « bétail » ou « richesse ».

Le nombre des runes est limité et certaines lettres ne sont pas représentées et certains sons sont dédoublés. Il n’existe pas par exemple de rune propre au « d », « g » ou « p ». La traduction est d’autant plus difficile.





Source terra nova.

 
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Jehanne - dans Contexte historique
27 août 2008 3 27 /08 /août /2008 04:20
La dame blanche du château de Puivert.







" Vers la fin du 13ème siècle, une belle princesse Aragonaise fut invitée par Jean de Bruyères, seigneur de Puivert à séjourner dans son magnifique château. Elle aimait contempler le paysage des collines avoisinantes et surtout méditer au bord du lac, assise sur un rocher en forme de fauteuil sculpté comme par magie.
Mais les soirs d'orages, les rivières gonflaient et les eaux du lac recouvraient son banc.
Notre seigneur, très prénenant (ha, les zommes d'avant l'étaient pensent mes lectrices) s'approcha doucement de la belle et lui dit :  
Mais................                   Mais....... 

  • * Je vous vois triste ma dame.
  • - Non, point Monseigneur. (pas si facile de faire avouer la tristesse d'une femme.......même au 21ème siècle hihihi). 
  • * Mais si princesse, je sais lire dans vos yeux d'habitude si bleus qu'ils en font palir le ciel. (wahou, il sait bien causer aux femmes ce seigneur !).
  • - Ho, une simple poussière dans l'oeil .
  • * Je vais ordonner de construire un mur arrêtant toute poussière fit le seigneur en hélant ces gens.
  • - N'en faite rien Monseigneur, la vérité est autre fit la princesse comprenant que ce seigneur  était prêt à tout pour elle. 
  • * Dites moi princesse, je veux revoir votre sourire.
  • - La pluie a recouvert mon banc, et je ne peux plus entendre les oiseaux, et le souffle léger du vent près de ce lieu.
Voyant la tristesse de la Belle, le seigneur décida d'engager des travaux pour réguler le niveau du lac et ainsi faire retrouver à ce blanc visage l'éclat d'un sourire et le soleil dans ses yeux si bleus.
Et durant de nombreuses semaines, tout rayonnait. La belle et le soleil............ Parfois, une petite pluie gonflait la rivière, mais le barrage régulait le niveau à merveille, et dès les gouttes disparues, la belle retournait dans son lieu de bonheur.
Mais "dame nature" est plus forte qu'un amour platonique. Un soir de juin 1289, la pluie se fit plus violente, le niveau de la nivière enflait et........... les eaux tumultueuses emportèrent les digues du lac, engloutissant toute la vallée et noyant les habitants du petit village en contre bas nommé Mirepoix.
La princesse, voulant voir la gravité des pluies s'approcha trop près et......... elle fut aussi emporter dans le torrent.......
Depuis ce triste soir, dans les veillées, à voix basse, on prétend que ..........les soirs de pluie, une dame blanche erre près du château pour prévenir les promeneurs d'un danger.

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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 03:28
Le chat noir.



Dans les pays européens, le chat noir est toujours marqué par une vieille superstition venue du Moyen Age. Cette superstition est tenace et la vue d’un chat noir est encore aujourd’hui ressentie comme un mauvais présage. Mythes et légendes entourent la couloir noir depuis la nuit des temps. Malheureusement, le chat a été l'une des principales victimes de ces superstitions souvent meurtrières.

Incarnation du Diable, le chat noir a souffert de l'ignorance des hommes principalement au Moyen Age.



Le chat noir : du héros au martyr.

La multiplication du nombre de races de chats domestiques est un phénomène récent qui remonte à peine à une centaine d’années.
L’Européen est une race qui comporte de multiples variétés, résultat d’une sélection, parmi nos chats de gouttières.
L’Européen noir est considéré comme un chat porte-bonheur par les Britanniques. Ce chat a une robe d’un noir profond et possède des yeux orange foncé ou cuivre.
Mais, si ce chat représente parfaitement le malin, ce n’est pas lui qui est l’origine de la légende.






A l’origine, le chat est un félin sauvage. En Europe, le chat sauvage d’Eurasie (Felis sylvestris) était autrefois très répandu.
Les yeux vert-doré du chat sauvage lui ont valu d’être persécuté au Moyen Age, tout comme les hommes ayant des yeux verts et des cheveux roux, signes de relation avec le diable.






Les Romains adoptèrent le chat qu’ils appelaient felis ou catus. Certaines légions romaines arboraient son effigie sur leur bannière, symbolisant l’indépendance.
Ce sont peut-être elles qui introduisirent le chat en Gaule.







Il est probable que les Croisés ont ramené de nombreux chats pour lutter contre les invasions de rats noirs qu’ils avaient eux-mêmes importés sur leurs bateaux en revenant d’Orient.

Le chat se propagea. Il devint alors le protecteur de l’Homme car il décimait les rats porteurs de la peste.
Pendant les grandes épidémies, le chat était un allié précieux. Pourtant, loin d’être adulé, en Europe, il fut assimilé par l’Eglise à des croyances diaboliques.



Croisade contre le chat noir.

Dès le Moyen Age, l’Inquisition et l’Eglise traquèrent le chat noir. Elles l’associaient aux sorcières, elles-mêmes victimes de la persécution chrétienne.

L’Eglise voulait lutter contre les rites païens, encore très ancrés et inventa le chat démoniaque.
Ce chat symbolisait le monde des ténèbres qui éloignait le bon chrétien du droit chemin. On le soupçonnait des pires forfaits. Il participait à des sabbats mystérieux en compagnie du diable. C’était donc la parfaite représentation de Satan.






A cette époque, le chat, surtout noir, était souvent mêlé à des procès de sorcellerie. Dans le procès des Templiers, il est fait mention d’adoration de Lucifer qui apparaissait à ses adeptes sous la forme d’un chat.

En 1561, un procès eut lieu où l’on accusa des femmes de se transformer en chattes pour tenir leurs sabbats.
Ces procès se finissaient toujours par la mort des accusés mais également des pauvres animaux. Ces derniers étaient jugés comme des personnes.



Il est évident que l’Eglise avait trouvé là un bouc émissaire idéal pour lutter contre ses ennemis, et frapper l’imaginaire populaire qui avait besoin d’une victime en chair et en os pour croire au Malin.



Obscurantisme et cruauté.

Le chat, surtout quand sa robe était noire, attira tout au long du Moyen Age un déchaînement de violence.
Il devint la victime de la cruauté collective. Dans de nombreuses villes d’Europe, souvent en période de Carême, on organisait des bûchers pour y sacrifier des centaines de chats.

Les malheureux chats étaient suspendus par la foule en haut d’un mât, sur le bûcher ou jetés dans des paniers d’osier au milieu du brasier.

Quand le rituel était terminé, chacun prenait une poignée de cendres pour la répandre dans sa maison et dans les champs, afin de se préserver de la disette et des épidémies.





La ville de Metz pratiqua ce type d’autodafé pour les feux de la Saint Jean jusqu’en 1777.

Le roi de France, lui-même, participa jusqu’au 18e siècle à ces autodafés de chats qui se déroulaient sur la place de Grève.
Le roi devait enflammer le tas de fagots au-dessus duquel était accroché un sac rempli de chats.
Le martyr public des chats ne fut interdit que sous louis XV.



L’Europe en plein délire.

Cette cruauté stupide envers les chats ne concerne pas que la France. A travers toute l’Europe, des rites sacrificiels étaient organisés.

En Belgique, le sinistre « Kattestoët » ou « jets de chats » s’est poursuivi jusqu’en 1817. Le bourreau jetait du haut de la tour trois chats vivants. Si l’un des chats survivait à la chute, il était poursuivi par la foule hystérique jusqu’à ce que mort s’ensuive.




On a découvert un groupe de chats momifiés, emmurés dans une aile de la Tour de Londres. En effet, on emmurait souvent des chats vivants, dans une maison ou un édifice, pour s’attirer les faveurs de Dieu et conjurer les maléfices.



La réhabilitation du chat.

En Europe, c’est au 18e siècle que les mentalités commencent à évoluer lentement. Cette évolution est sans doute due à l’importation d’Orient de chats Angoras et de chats Persans dont étaient friands les nobles de la cour à Versailles.

Louis XV avait une passion pour les chats et cet engouement s’étendit au royaume.
Le Chat Botté
, conte de Charles Perrault a également favorisé la réhabilitation du chat. Il devient peu à peu un compagnon et n’est plus cantonné aux campagnes.



En 1765, on fonde l’école vétérinaire de Maisons-Alfort. C’est une véritable révolution car l’idée de soigner un animal est tout à fait nouvelle.
L’étude du monde animal marque la fin de plusieurs siècles d’obscurantisme où l’animal était méprisé et sans âme.

Il est amusant de constater que Napoléon détestait les chats. Sous son influence, le code civil définit juridiquement le chat comme un meuble.
Avant une bataille, la vue d’un chat provoquait chez lui une véritable crise d’allergie.





De même, bien avant Napoléon, Jules César ne supportait pas la présence d’un chat.

Le 19e siècle fut l’ère de la rédemption du chat. Tout au long de ce siècle, le chat domestique va conquérir sa place dans les foyers.





C’est un Anglais qui établit la première classification des races connues de chats qui va servir de référence à toutes les expositions à partir de 1925.

Le chat de gouttière, appelé chat européen, s’est vu récemment reconnu comme race à part entière.
Notre chat noir aux yeux orange est aujourd’hui une star.








Source dinosoria.

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Jehanne - dans La Société
25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 00:28
L'animal et la religion.




A travers la religion et les mythologies, l’animal nous a permis d’exprimer nos peurs mais aussi nos espoirs. L’homme a cherché à travers l’animal à exprimer ses fantasmes, sa religiosité et sa face obscure.
Du comportement de chaque animal sont nées des croyances qui varient d’une civilisation à l’autre.
Les animaux, représentant du diable ou du démon, sont nombreux. Tous les animaux ont été accusés à un moment ou à un autre de symboliser le Malin.



L’homme a honte de ses origines.

Le Dieu de l’Ancien Testament, à l’origine des trois grandes religions monothéistes, a donné tout pouvoir à l’homme.
C’est sur ce concept judéo-chrétien que l’homme a légitimé sa férocité à l’égard des animaux.

Pour l’Islam, tous les animaux sont synonymes de souillure, en particulier le chien et le porc.

Pour la religion juive, tous les animaux ne sont pas dignes d’être sacrifiés. Une liste établie les animaux purs et impurs. Cependant, elle reconnaît la sensibilité animale et l’existence de la faune comme une création de Dieu.

Le monothéisme nous a donné le sentiment d’être des individus surnaturels en opposition aux animaux considérés comme des êtres inférieurs.
Les animaux ne parlent pas, n’ont pas d’âme et n’ont pas de droits.
Ce qui n’a pas empêché nos ancêtres de leur attribuer une responsabilité en leur intentant des procès.



Les procès d’animaux.

Du Moyen Age jusqu’au siècle des Lumières, les procès d’animaux ont occupé les tribunaux ecclésiastiques et civils.
On ne jugeait pas l’animal lui-même mais le démon qui vivait en lui. Moïse déjà réclamait que le bœuf qui tue un homme soit lapidé.

Les huissiers battaient donc la campagne pour assigner insectes et rongeurs à comparaître. Comme ils ne se présentaient jamais devant les tribunaux, les animaux était excommuniés. La sévérité du jugement dépendait de l’ordre dans lequel les animaux étaient montés dans l’arche de Noé.

Au 16e siècle, en Espagne, un évêque excommunie du haut d’un promontoire les rats, souris, mouches et autres animaux nuisibles, leur commandant de sortir du pays dans trois heures pour tout délai.
Au 17e siècle, l’Eglise renonce à ses ridicules procédures.





Pour comprendre la mentalité de l’époque, il ne faut pas oublier que les animaux partageaient la vie quotidienne des hommes et vivaient souvent sous le même toit.

L’histoire abonde de procès dans lesquels figurent taureaux, vaches, chevaux, porcs, truies, fourmis, chenilles …
Si l’animal, auteur d’un délit, peut être appréhendé, il est traduit devant le tribunal. Comme on le voit encore aujourd’hui en Asie ou en Afrique, les porcs et les truies, au Moyen Age, couraient en liberté dans les rues. Il arrivait souvent qu’ils dévorent des enfants.





L’animal était alors incarcéré dans la prison du siège. Le juge déclarait l’animal coupable et le condamnait à être étranglé ou brûlé selon le pays.
L’animal comparaissait souvent habillé avec des vêtements d’homme.

A partir de la seconde moitié du 16e siècle, on prend conscience du ridicule et de l’absurdité de ces procès.




Le Chat : Symbole du Malin.

En Occident, du 15e au 17e siècle, les chats ont été tourmentés et torturés de mille façons : jetés du haut des tours, pendus, maçonnés vifs dans les murs des maisons …
Une tradition médiévale a même inventé un instrument de musique sordide : l’orgue des chats. Cela consistait à installer plusieurs dizaines de chats dans une boite percée de trous qui laissaient passer la queue des animaux.
On tirait violemment dessus ou on piquait la queue avec une pointe pour provoquer les miaulements aigus des animaux prisonniers.





A la Saint Jean, on enfermait des chats dans des sacs que l’on enflammait. Les feux de la Saint Jean sont issus de cette sinistre coutume.



Le Serpent : Symbole du Mal.

Dans les civilisations judéo-chrétiennes, le premier animal jugé et assimilé au diable a été le serpent de la Bible qui offrit une pomme à Eve.
Le serpent symbolise la prudence mais est aussi l’une des manifestations favorites du diable.

Le serpent monstrueux, proche du dragon, emblème du vice, est régulièrement vaincu, dans les légendes, par les premiers évêques des villes christianisées.

Notre phobie du serpent est atavique et propre à tous les primates. Dès leur plus jeune âge, les singes eux aussi paniquent à la vue d’un serpent.





Tout ce qui rampe, grouille, ce qui est velu déclanchent chez l’homme des émotions incontrôlables.

Discours sociaux et religieux les ont toujours représentés comme l’horreur absolue. Cette phobie s’est transmise de génération en génération et perdure toujours chez une majorité de personnes.



La Hyène: Symbole de Mort.

La hyène symbolise la mort ou le maléfice. D’anciennes légendes africaines attribuent la forme déprimée de son arrière train au fait qu’il sert de fauteuil aux sorcières.





Dans la civilisation judéo-chrétienne, c’est un animal diabolique qui a la réputation de changer de sexe à volonté. De plus, elle imite à s’y méprendre la voix de l’homme et est donc à ce titre l’incarnation de l’hypocrisie.



La chauve-Souris : Le Comportement Maléfique.

De tous temps, la chauve-souris a été l’incarnation des comportements maléfiques. En Europe, cet animal a longtemps été associé au diable et aux démons.
Dans son tableau, le Triomphe de la Mort, Gustave Doré représente les esprits malins qui accompagnent la mort, par un inquiétant vol de chauves-souris.





Chez les Mayas, le gîte de ces vampires était l’une des étapes obligatoires qui conduisaient les défunts dans les entrailles de la Terre.



Le Crapaud : Un animal diabolique.

Au Moyen Age, le crapaud était considéré comme un représentant du Malin. Il servait dans des breuvages magiques utilisés en sorcellerie. A tel point que la présence d’un crapaud près d’une habitation était une preuve suffisante pour accuser de sorcellerie l’habitant du lieu.
Le mot crapaud vient d’ailleurs du vieux français qui signifie « ordure ».





Le crapaud symbolise la luxure, parce qu’il est « laid » comme elle.



Les animaux mythiques.

Mythiques ou réels, les animaux sont nombreux dans l’art gothique et l’art roman. Ils illustrent des forces naturelles ou des vices humains.
L’homme a inventé des animaux fabuleux dont on croyait d’ailleurs à l’existence.

Par exemple, on a longtemps cru à l’existence du griffon, un mélange d’aigle et de lion. Cet animal satanique, légué à l’Occident par les Byzantins, gardait les tombeaux. Il est souvent représenté sous forme de gargouille sur les églises.





Le Dragon remonte à l’Antiquité. Les Vikings le sculptaient à la proue de leurs drakkars. La chrétienté a assimilé le dragon au diable. Sa gueule, grande ouverte, et lançant des flammes figurait l’entrée de l’enfer.
En lui plantant une épée dans le corps, l’ange ou le héros pouvait acquérir sa puissance brute. A ce titre, il est percé par la lance de Saint Georges, l’archange patron des chevaliers.
Par contre, en Chine, il se révèle comme étant le symbole de la spiritualité.





On peut également citer la chimère qui crache du feu ; monstre diabolique à tête de lion, au corps de chèvre et à la queue de dragon.
Le centaure, mi-homme, mi-cheval, est issu de la mythologie grecque. Il symbolisait la puissance animale liée à l’intelligence humaine.





Le phénix est censé renaître de ses cendres symbolise la résurrection du Christ. Il symbolise aussi la chasteté des femmes.





Les animaux imaginaires ne sont pas tous dépourvus de fondement zoologique. Par exemple, la sirène est née de la découverte de phoques et de lamantins par des marins. Ces animaux vaguement aperçus ont provoqué des recompositions imaginaires.

La découverte des premiers orangs-outans au début du 17e siècle a provoqué la naissance des satyres et des hommes singes.






Source dinosoria.com

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Jehanne - dans La Religion
23 août 2008 6 23 /08 /août /2008 00:08
Le loup au Moyen âge.








Le loup, monstre et démon.


A l’aube du Moyen Age, chez les Celtes, le guerrier enviait aux loups leur puissance et leur adresse. Certains soldats gaulois allaient même jusqu’à recouvrir leur casque d’une tête de loup après avoir mangé leur cœur.

Mais le loup est aussi un animal intelligent et patient. Il est capable d’attendre des heures avant d’attaquer sa proie. Le berger distrait se fait voler ses brebis, le fermier ses volailles. Bien vite naissent de sombres légendes racontées à la nuit tombée. Le loup est rendu responsable de bien des disparitions, de bien des agressions.

Dès le Haut Moyen-Age (en 813), Charlemagne réglementera la chasse aux loups. Le premier, il mettra en place des louvetiers chargés de faire disparaître le loup par n’importe quel moyen.

Les grands défrichements du Moyen Age contraignirent le loup à se rapprocher des humains. Il s’accoutuma aux animaux domestiques. Les premiers ravages sur les troupeaux furent alors constatés. Par temps de famine, les loups poussés par la faim vont même jusqu’à entrer dans les villes et les villages. Très vite la représentation devient celle du loup diabolique et dévoreur d’enfants.

u XIIe siècle, la seule pensée du loup terrifiait le peuple, son image de monstre, de bête était déjà ancrée dans les mentalités. La naissance de l’animal des mains de Eve est décrite dans le Roman de Renard.

A côté de la vision du loup stupide et balourd (Ysengrin) abusé par le malin renard, on pouvait découvrir comment la femme qui avait entraîné l’homme dans sa chute avait également créé la bête démoniaque qui allait hanter ses nuits.





Sans conteste, l’Eglise omniprésente dans le monde médiéval, porte une part certaine de responsabilité dans cette sombre image du loup.
La morale judéo-chrétienne va justifier et expliquer ces peurs qui hantent seigneurs et paysans. Le loup n’est-il pas le Diable ou son serviteur qui en dévorant les corps s’approprient les âmes.
Dans l’iconographie chrétienne, le loup apparaît d’abord comme un symbole des forces diaboliques qui menacent le troupeau des fidèles représentés par des agneaux. Dans le Physiologus des premiers âges de la chrétienté, le loup qui est un animal rusé et malfaisant fait le mort lorsqu’il rencontre un être humain pour mieux l’attaquer ensuite.

Le « loup habillé en berger » symbolise les faux prophètes qui ont pour objectif de « corrompre les innocents ».

Dès le IVème siècle, Saint Ambroise, évêque de Milan affirmait :« Si le loup menace de bondir sur toi, tu saisis une pierre, il s’enfuit. Ta pierre, c’est le Christ. Si tu te réfugies dans le Christ, il ne pourra plus te faire peur. » Le loup était donc bien pour le Chrétien une menace pour son corps mais aussi pour son âme.

Cette image de la pure et innocente brebis mise en danger par le sombre loup restera longtemps dans notre inconscient collectif. Aujourd’hui encore par d’obscures nuits…

Dans les Mystères, pièces jouées sur les parvis des cathédrales, les acteurs incarnant le Diable étaient recouverts d’une peau de loup renforçant la vision populaire de l’animal démoniaque.





On peut lire dans le « Bestiaire de Pierre de Beauvais » daté du XIIIème siècle, une condamnation du loup sans appel. « Le loup représente le Diable, car celui-ci éprouve constamment de la haine pour l’espèce humaine, et il rôde autour des pensées des fidèles afin de tromper leurs âmes. […] Les yeux du loup qui brillent dans la nuit, ce sont les œuvres du Diable, qui paraissent belles et agréables aux hommes dépourvus de raison, et à ceux qui sont aveugles des yeux de leur cœur. […]
Le loup ôte toute force de crier à un homme quand il le voit le premier, et cet homme ne peut recevoir le secours de personnes qui se trouvent loin de lui. »

Au Moyen Age, le loup était donc le bouc émissaire du Malin. Capturé vivant, il était quelquefois jugé et condamné au bûcher. Les commérages sur les pactes avec le Diable, sa présence auprès des sorcières qui les chevauchaient pour se rendre au sabbat, ses attaques contres les enfants apeurés, toutes ces histoires se répandent de village en village.

Les naturalistes de cette époque n’ont guère une meilleure opinion de l’animal que les paysans.
« Le loup est un animal terrible. Sa morsure est venimeuse parce qu’il se nourrit volontiers de crapauds. L’herbe ne repousse plus là où il est passé. »

Les meneurs de loups qui hantaient les sombres forêts accompagnés de leurs sinistres compagnons entretenaient les peurs. De nombreuses histoires, dans toutes les régions de France, les citaient avec crainte ou respect. Ces hommes, disait-on, parlaient aux loups, soignaient de la rage… mais quand ils frappaient à votre porte, à la nuit tombante, il fallait leur donner le gîte et le couvert voire quelques pièces car ils pouvaient aussi ordonner à leurs loups de vous attaquer.

Au XIVème siècle, l’image du loup ne s’améliore guère.
« Le loup aime la chair humaine, et peut-être s’il était plus fort n’en mangerait-il pas d’autres. » disent les Chroniques.






Gaston III de Foix, dit Phébus, énonçait les mêmes certitudes, précisant toutefois la préférence du loup pour les enfants qui « ont la chair plus tendre ».

Au début du XVème siècle, le Royaume de France est déchiré par la guerre de Cent ans et la guerre civile.
En 1421, l’hiver fut si long qu’au mois de juin, la vigne n’avait pas encore fleuri. La famine fauchait la population.
« Les loups déterraient de leurs pattes les corps des gens qu’on enterrait aux villes et aux champs ; car partout où on allait, on trouvait des morts et aux champs et aux villes par la grande pauvreté qu’ils souffraient. »

En juillet 1493… « venaient à Paris les loups toutes les nuits, et en prenait-on souvent trois ou quatre à une fois, et étaient portés parmi Paris pendus par les pieds de derrière. » 

Le Journal d’un Bourgeois de Paris narre de même : « En ce temps (novembre 1438) venaient les loups dedans Paris par la rivière et prenaient des chiens, et si mangèrent un enfant de nuit en la place aux Chats derrière les Innocents ».







La faim avait poussé les loups à s’approcher des hommes. En ces temps de disette, les ruelles sombres jonchées d’immondices où s’ébattaient cochons, volailles et brebis étaient un terrain de chasse inespéré.
Dans les campagnes alentour, les troupeaux sont attrapés. Les loups s’approchaient des fermes afin de s’y introduire dans les poulaillers et les étables. 

Certains ont pensé que le goût du loup pour la chair humaine serait né des festins que les champs de bataille leur offraient. Sur ce sujet, à toute époque, de nombreuses histoires ont abondé. En 1477, le corps de Charles le téméraire sera lui aussi dévoré par les loups sur le champs de bataille. 

Alors que le Moyen Age prend fin, François Ier prenait le loup très au sérieux. En 1520, il fonda l’institution de la louverie, nommant un grand louvetier de France, entouré de ses lieutenant, entretenus par la cour.Le louvetier avait pour mission de contrôler le nombre de loups qui hantaient les domaines royaux – puis communaux et, de ce fait, veiller par tous les moyens à leur destruction.
Mission qu’ils ne rempliront que trop parfaitement…







Source haut koenigsbourg.net

 

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Jehanne - dans La Société
22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 03:39
La bataille de La Forbie.




La bataille de La Forbie, également connue sous le nom de bataille de Harbiyah , s'est déroulée pendant les croisades, les 17 et 18 octobre 1244, près du village de La Forbie au nord-est de Gaza. D'un côté il y a les armées alliées venant du royaume de Jérusalem, des ordres de chevalerie croisés et de troupes venues du territoire de Homs et de la transjordanie tombés sous la domination des Ayyoubides dirigées par Gautier IV de Brienne. En face il y a l'armée égyptienne du sultan As-Salîh Ayyûb, renforcée par des mercenaires Khorezmiens dirigés par le MameloukBaybars. La bataille voit la victoire de Baybars.








Prélude.

La capture de Jérusalem par les Khorezmiens en août 1244 déclenche les hostilités entre les Chrétiens et les états Musulmans. Al-Mansur, l'émir de Homs et An-Nasir Dawud, régnants sur la Transjordanie, se sont alliés aux Templiers, aux Hospitaliers, aux chevaliers Teutoniques, et aux forces restantes du royaume de Jérusalem pour affronter le sultanat Ayyoubide d’Égypte.

Les deux armées se sont rencontrées près de La Forbie, un petit village au nord-est de Gaza. Du côté allié, Al-Mansur commandait une cavalerie d'environ 2 000 hommes et un détachement des troupes de Damas. En dépit de la présence de Philippe de Montfort, le commandement en chef des forces chrétiennes fut donné à Gautier IV de Brienne, comte de Jaffa et d’Ascalon : environ 1 000 cavaliers et 6 000 fantassins. Les forces alliées transjordaniennes étaient constituées d’environ 2 000 cavaliers bédouins sous les ordres de Sunqur az-Zahiri. L'armée égyptienne, en nombre légèrement inférieur, était commandée par le jeune émir Baybars futur sultan d'Egypte.

Al-Mansur conseilla à Gautier IV de renforcer le camp et de rester sur la défensive, en attendant que les Khorezmiens, indisciplinés, se dispersent et laissent les Egyptiens avec un handicap considérable. Cependant, Gautier IV, à qui le commandement avait été donné, était peu disposé à attendre les Egyptiens, surtout avec des forces supérieures. La disposition des forces alliées sur le champ de bataille était comme la suivante : Les Chrétiens sur le flanc droit, près de la côte, l'émir de Homs et les Damascènes au centre, les bédouins d’Al-Mansur sur le flanc gauche.



La bataille.


La bataille débuta le matin du 17 octobre, avec les chevaliers chrétiens chargeant à plusieurs reprises les Egyptiens. Malgré ces tentatives pour briser leurs rangs, les Egyptiens tinrent leur position. Au matin du 18 octobre, Baybars envoya ses Khorezmiens contre les Damascènes. Le centre des troupes alliées fut brisé et les Khorezmiens s'attaquèrent au flanc gauche, formé par les cavaliers bédouins. Seul 280 cavaliers et Al-Mansur survécurent au massacre. Menacés par les Egyptiens au centre et par les Khorezmiens sur leur flanc, les chrétiens ont chargé en vain. Plus de 5 000 d'entre eux périrent, et 800 furent faits prisonniers, dont Gautier de Brienne, et Guillaume de Chateauneuf, grand-maître des Hospitaliers. Des troupes de chevaliers des ordres, seulement 33 Templiers, 27 Hospitaliers, et 3 chevaliers Teutoniques survécurent. Philippe de Montfort et le patriarche de Jérusalem réussirent, quant à eux, à fuir à Ascalon, tandis qu’Armand de Périgord, l'évêque de Lydda et Ramla, Jean et Guillaume les fils de Bohémond d'Antioche, étaient tués.




Conséquences.


Le royaume de Jérusalem a souffert des conséquences de la défaite de la bataille de La Forbie. Depuis la bataille de Hattin aucune armée aussi nombreuse n' avait été envoyé en guerre. Malgré cette victoire, le succès des Ayyoubides n' a pas duré. Les Khorezmiens ont été défaits aux alentours de Homs par Al-Mansur en 1246, et grâce au soulèvement des sultans Mamelouks, Baybars commença son règne sur l'Égypte en 1260 et transforma le royaume de Jérusalem affaiblit en une petite bande côtière. La bataille de La Forbie marque ainsi l’effondrement de la puissance Chrétienne au Proche-Orient.

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Jehanne - dans Les Batailles
21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 00:19
Le chevalier errant et l'aventure.









Le chevalier fait partie d'une élite, mais il part le plus souvent seul, sans compagnon, quittant l’espace social de la cour pour l’inconnu. Il doit faire sans cesse la preuve de sa valeur et le fait de partir à l’aventure lui offre l’occasion, quel que soit l’adversaire qu’il rencontre, de montrer ce qu’il vaut.
Le romancier Chrétien de Troyes a donné à la chevalerie l’une de ses plus belles illustrations en créant le personnage du "chevalier errant". Au début du Chevalier au Lion, Calogrenant part "en quête d’aventure, seul, armé de pied en cap, comme un chevalier doit l’être" [vv. 174-5]. Au paysan qui lui demande qui il est, il répond : "Je suis un chevalier qui cherche l’introuvable. Ma quête a duré longtemps et pourtant elle est restée vaine."[vv. 356-8] Il ajoute qu’il cherche l’aventure pour mettre à l’épreuve sa vaillance et son courage : en fait il s’agit pour le chevalier de justifier son existence et sa place dans la société. Accomplissement personnel, l’aventure permet aussi de servir la communauté.






Parfois l’aventure survient à la cour : un défi [le Chevalier Vermeil insulte le roi dans le Conte du Graal], un enlèvement [Méléagant enlève la reine Guenièvre au début du Chevalier de la charrette], une jeune fille vient implorer secours [la demoiselle hideuse demande à un chevalier de venir au secours d’une jeune fille assiégée au Mont Esclaire dans le Conte du Graal]. Un chevalier alors, avant les autres, se fait le champion de la cause à défendre et part au loin, traversant forêts, landes et plaines, pour accomplir l’aventure qui lui est réservée. Lorsqu’il revient après avoir réussi l’exploit attendu, il contribue à la joie de la Cour en racontant ses aventures avec force détails.






Parfois l’aventure se présente au chevalier sur son chemin : Yvain délivre ainsi les jeunes filles enfermées dans le château de Pesme Aventure.
Quand l’aventure tarde à se manifester à la cour, celle-ci est morne et paralysée, perd son dynamisme et sa force. Le rôle du roi est alors de susciter de nouvelles aventures comme dans Erec et Enide : il suggère d’engager les chevaliers dans la chasse au cerf ou dans Jaufré où il fait monter les chevaliers à cheval afin de partir vers les aventures qui ne viennent pas à la cour.
Invention littéraire superbe, la recherche de l’aventure structure les romans arthuriens et le personnage du chevalier errant incarne un idéal chevaleresque liant la valeur individuelle et les aspirations profondes de la cour.






Source BNF.



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Jehanne - dans Divers

Présentation

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