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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 00:05
La chevalerie.








Dans le roman de Cligès, Chrétien de Troyes fait un éloge appuyé de la cour d'Arthur en inventant un personnage, le jeune Alexandre, fils de l’empereur de Grèce, qui demande à son père de le laisser aller en Occident au service d’Arthur "en terre étrangère pour voir le roi et les barons dont le renom de courtoisie et de prouesse est si grand" [vv. 138-141]. Le jeune homme ne veut pas devenir chevalier dans son pays, mais auprès d’Arthur afin de faire partie de la plus célèbre chevalerie du monde. Ainsi des chevaliers venus de tous pays, attirés par la largesse du souverain et la gloire de sa cour, se rassemblent autour d'Arthur, à la recherche d’un idéal chevaleresque inégalé. Car la figure même d'Arthur, roi conquérant issu des récits celtiques, participe de l’idéal chevaleresque. Dans le roman de Brut, Wace trace le portait d’un homme qui, comme tous les chevaliers, aime la prouesse, l’honneur, la vertu, mais surtout mérite "prix" et renommée. Peu à peu, dans les romans, la valorisation de la fonction guerrière se déplace du roi vers ses chevaliers : ceux-ci incarnent l’action guerrière et le roi se contente de la contrôler. Ainsi c’est vers la cour que sont envoyés tous les adversaires vaincus et faits prisonniers par les chevaliers et le roi a pour rôle de les réintégrer dans l’ordre social. Arthur laisse agir ses chevaliers : dans le Conte du Graal comme dans le Chevalier de la Charrette, il ne combat pas et n’est plus que le garant de la justice et des lois, tandis que les chevaliers occupent seuls ou dans une relation de compagnonnage, le devant de la scène.



Les chevaliers de la Table ronde.







Dans l'imaginaire du Moyen Âge, les chevaliers de la Table ronde portent en eux toute une part de rêves et de légendes. C'est cet imaginaire, venu de récits celtiques anciens, qui a donné paradoxalement à la littérature romanesque française ses premières lettres de noblesse : les chevaliers arthuriens sont devenus les héros des premiers romans écrits en langue française dans la seconde moitié du XIIe siècle. En inventant le roman de chevalerie dans les années 1170, Chrétien de Troyes donne un "sens" à cette "matière de Bretagne" : il justifie les exploits des chevaliers en proposant une éthique faite de mesure et de charité. Peintre de caractères autant que moraliste, il donne à ses récits une véritable profondeur psychologique, et démontre que, d'épreuve en épreuve, les héros se dépassent.
Tout au long du XIIIe siècle, la littérature arthurienne se développe ensuite en fonction d'un jeu complexe de réécritures successives qui aboutit à la production d'un ensemble foisonnant de textes, d'une longueur extraordinaire, sans cesse complété, enrichi, passant des vers à la prose et surtout de plus en plus tiré vers une interprétation chrétienne.
Les récits sortis de la mythologie celtique sont à cette époque confrontés à une réflexion mystique sur l'existence et la justification de l'ordre de la Chevalerie : le chevalier devient alors un "soldat de Dieu".




La Table ronde : un idéal chevaleresque.






L’invention de la Table ronde est le symbole même de l’idéal de la royauté arthurienne et de la reconnaissance de la chevalerie. En privilégiant ce motif, les auteurs arthuriens rappellent ainsi l’origine ancienne et merveilleuse de la royauté d’Arthur. Selon Wace, il s’agit pour le roi de prévenir toute querelle de préséance entre des chevaliers prêts à s’emporter et à se disputer la première place. La Table ronde institue une relation d‘égalité entre eux, mais aussi entre le roi et la communauté des chevaliers puisque aucune place n’est plus importante qu’une autre autour de cette table. Selon les textes le nombre des places varie : de douze pour Robert de Boron – sans doute influencé par le souvenir de la Cène – jusqu'à 1600 pour Layamon au début du XIIIsiècle ! La Table ronde perpétue l’usage ancien celte selon lequel les guerriers étaient assis autour du roi ; mais les auteurs médiévaux se plaisent à lui donner un caractère universel en expliquant que la table est ronde parce qu’elle signifie la rotondité du monde. Les chevaliers de la Table ronde ont pour mission de rendre à la terre sa prospérité, de faire cesser les enchantements ou les injustices ; la Table ronde devient à elle seule l’expression la plus haute de l’idéal chevaleresque.




En quête de valeurs spirituelles.








D'abord organisée sur le modèle féodal, l'institution de la Table ronde prend sa véritable signification lorsque les chevaliers sont lancés vers la quête de valeurs spirituelles. L'aventure du Graal en est la plus belle illustration. Le but de cette quête, c'est de parvenir à une forme de perfection morale et spirituelle, de renoncer aux valeurs mondaines et d'être parmi les élus qui rejoindront Dieu lors du Jugement Dernier. La chevalerie mondaine s'avère insuffisante pour apporter la paix et le bonheur au monde, et le héros de la Table ronde dans cette littérature médiévale tend à devenir un saint ; seul Galaad, admirable création du XIIIe siècle, y parviendra et, prédestiné entre tous les autres chevaliers, trouvera le Graal.







Source BNF.

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Jehanne - dans Divers
19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 06:06
Arthur est-il mort ?








À la fin des œuvres composées par les premiers chroniqueurs bretons puis par Geoffroy de Monmouth et Wace est contée la bataille de Camlaan au cours de laquelle Arthur, après avoir été trahi par Mordred, est gravement blessé par lui. Les récits s’accordent pour dire que le roi ne meurt pas de ses blessures mais que des fées l’emmènent dans une nef jusqu’à Avalon où il sera soigné. La Vita Merlini de Geoffroy de Monmouth ajoute que c’est la fée Morgane, la demi-sœur d’Arthur, qui emmène le roi dans une île mystérieuse. Il était sans doute difficile de clore le récit et d’affirmer la mort d’un héros devenu légendaire. On raconte alors que le roi Arthur reviendra un jour et que les Bretons doivent espérer son retour.
Les rois de Bretagne du XIIe siècle ont besoin quant à eux d’un héros prestigieux, mais qui ne soit pas susceptible de revenir et de ranimer éventuellement le désir des Gallois, voire des Bretons de Petite Bretagne, de ne pas reconnaître la légitimité des Plantagenêts. Ceux-ci firent tout pour s’emparer de ce mythe arthurien et pour l’exploiter comme mythe familial. Découvrir sa sépulture et exhumer ses restes fut l’un des objectifs de ces rois bretons.



La tombe d'Arthur.







Une histoire de l’abbaye de Glatonsbury, De Antiquitate Glastoniensis Ecclesiae rédigée en 1130 par Guillaume de Malmesbury, mentionne la découverte de la tombe de Gauvain, neveu du roi Arthur, ajoutant que la recherche de celle d‘Arthur était restée vaine. A la même époque une Vie de Gildas d’un certain Caradoc de Llancarfan raconte l’enlèvement de la reine Guenièvre par un roi du Somerset, Melwas, et son emprisonnenment à Glastonbury. L’association de ce site avec la légende arthurienne est donc faite dès le début du siècle.
Mais c’est à la demande du roi Henri II que l’on entreprit des recherches qui aboutirent en 1191, sous le règne de Richard Cœur de Lion, à la découverte des prétendues tombes d’Arthur et de Guenièvre par des moines de cette abbaye de Glastonbury. Cette abbaye est alors en Angleterre la rivale de l’abbaye de Saint-Denis en France. L’abbé de Glastonbury, Henri de Sully, est complice. Les circonstances de cette exhumation sont relatées par un clerc contemporain, Giraud de Barri, chapelain du roi Henri II :

Arthur a été retrouvé de nos jours à Glastonbury, entre deux pyramides de pierre élevées jadis dans le cimetière, gisant profondément en terre dans un tronc de chêne creusé et, solennellement transféré dans l’église, il y a été pieusement déposé dans un tombeau de marbre. Une croix de plomb placée sur une pierre, non pas à l’endroit [comme c’est notre usage], mais à l’envers [je l’ai vue et j’en ai touché l’inscription, taillée non pas en relief, mais en creux, et tournée du côté de la pierre], disait : "Ici gît l’illustre roi Arthur, enseveli avec Wenneveria, sa seconde femme, dans l’île d’Avallonie".

Giraud de Barri, De principis instructione, vers 1193.


Giraud de Barri identifie Glastonbury avec l’île d’Avallon. Située au Sud-Ouest de l’Angleterre, l’abbaye se trouvait sur un lieu marécageux, et aurait tiré son nom d’un ancien toponyme breton "Inis Avallon" signifiant "l’île aux pommes" ou de "Inis Gutrin" signifaint "l’île de verre".

D’autres rois ont plus tard entretenu cette légende : Edouard 1er qui visita l’abbaye en 1275, puis Edouard III qui aurait aimé vers 1331 découvrir à son tour la tombe de Joseph d’Arimathie. Le premier petit-fils d’Henri et d‘Aliénor, né en 1187, il reçut le nom d‘Arthur et fut considéré comme l’héritier futur de la Bretagne jusqu’en 1203, date où il fut assassiné. Quant à Richard Cœur de Lion, lors de la 3e croisade, il portait une épée que certains témoignages présentent comme "l‘épée d’Arthur, l’illustre roi breton des temps anciens, que les Bretons nomment Excalibur" [d’après Roger de Howden], épée qu’il offrit au roi de Sicile Tancrède en échange de l’argent qui lui manquait. Mythe et réalité se confondent désormais et la légende arthurienne est alors complètement assimilée par les rois d’Angleterre et intégrée à leur désir d’exalter un sentiment national.







La cour d’Angleterre au XIIe siècle et au début du XIIIe siècle est puissante. Henri II quand il prend le pouvoir en 1154 est roi d’Angleterre, duc de Normandie et d’Aquitaine, comte d’Anjou ; à partir de 1160 il soumet une partie de l’Irlande, longtemps rebelle. Geoffroy de Monmouth décrit les velléités d’expansion d’Arthur sur toute la Bretagne insulaire, mais aussi comment il partage la Gaule entre ses fidèles, donnant la Neustrie [la Normandie] à son échanson Bédoier, l’Anjou à son sénéchal Keu. Henri pouvait dès lors se servir d’un récit qui faisait remonter ses possessions insulaires et continentales à l’esprit de conquête du roi Arthur. Quant à la cour d’Angleterre, elle attire alors les poètes et les philosophes, les clercs et les romanciers, exaltant un milieu raffiné et cultivé, prônant une idéologie chevaleresque et courtoise qui n’est pas sans rappeler celle qui règne à la cour d’Arthur dans les siècles antérieurs. Le souvenir d’Arthur et de l’histoire de la Bretagne permet ainsi non seulement de réhabiliter les Bretons et leurs exploits passés, mais aussi de justifier une politique d’expansion nécessaire pour garder à l’Angleterre sa puissance.








L’invention littéraire de La Mort le Roi Arthur.


Les textes racontant l’histoire de la Bretagne et le règne d’Arthur au cours du XIIe siècle passent sur le continent où ils inspirent des auteurs qui n’ont pas le même souci d’exalter une idéologie politique, mais pensent d’abord à célébrer la grandeur de la chevalerie occidentale ou à donner au règne arthurien une place de plus en plus grande dans l’histoire de la chrétienté. Les enjeux sont différents. L’un des textes qui réfléchit sur la finalité de ce mythe arthurien est La Mort le Roi Artu.






Composé en France au XIIIe siècle, clôturant le grand cycle du Lancelot-Graal qui rassemble et réorganise l’essentiel de la tradition bretonne et arthurienne, le texte propose une réflexion nouvelle sur la fin du royaume et la mort du roi Arthur, montrant la désagrégation du bel équilibre que symbolisait le royaume d’Arthur. Le roi ne réunit plus sa cour, la quête du Graal a fait périr la plupart des chevaliers, les héros qui survivent ont vieilli, l’atmosphère de la cour est empoisonnée par les rivalités et les jalousies. Lancelot et Guenièvre qui s’aiment toujours sont dénoncés par Agravain au roi Arthur et Gauvain lui-même pousse le roi dans une guerre sans merci avec Lancelot. Quant au roi Arthur, trahi puis blessé par celui qui est reconnu comme son fils incestueux, Mordred, il réalise la prédiction annoncée par Merlin et d’autres prophètes, exécutant son destin lors d’une ultime bataille dans la plaine de Salesbières. Une inscription sur une roche, gravée par Merlin, affirme : "En cette plaine doit se dérouler la bataille mortelle qui laissera le royaume de Logres orphelin." Puis, après avoir rendu son épée Excalibur à l’autre-monde d’où elle venait (une main surgie d’un lac s’en empare), il part sur une nef remplie de dames parmi lesquelles se trouve la fée Morgane et disparaît. Son corps est ensuite apporté par une des dames dans la Noire Chapelle où il repose dans une tombe superbe. Sur celle-ci on peut lire : "Ci gît le roi Arthur qui, grâce à sa vaillance et à sa valeur, conquit douze royaumes". Les éléments principaux de la légende sont conservés, mais l’écroulement du royaume arthurien et la disparition du roi sont admis.
Pourquoi un tel destin pour le roi Arthur ? Faut-il y voir une condamnation d’une royauté trop puissante qui se place au-dessus du monde féodal ? Dans le royaume de France l’affermissement du pouvoir royal voulu depuis Philippe-Auguste aux dépens de la féodalité n’est pas du goût de tous. La Mort le roi Artu est écrite aussi pour dire que la chevalerie terrienne est remise en cause par les passions et la violence des sentiments et que seule mérite d’être exaltée la chevalerie célestielle qui oublie la vaine gloire et les valeurs mondaines pour se consacrer à la quête du Graal et de la sainteté.






Source BNF.

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Jehanne - dans Divers
18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 00:48
L'invention du roi Arthur.








Le personnage du roi Arthur et les principaux éléments qui vont construire la légende arthurienne apparaissent dans les textes à partir du XIIe siècle. Conçu alors comme un personnage historique, Arthur incarne un roi puissant et conquérant, symbolisant la légitimité du pouvoir et la grandeur du passé breton.
Les rois de Bretagne, d’abord les rois d’origine normande au début du XIIe siècle, puis les Plantagenêts quelques décennies plus tard, ont besoin de justifier leur règne, de légitimer leurs conquêtes et de fortifier leur image en face des souverains de France et des autres pays d’Occident.
Jusqu’à cette période, seuls quelques textes, chroniques ou récits hagiographiques, mentionnent le nom d’Arthur ; mais il n’est encore qu’un combattant, un dux bellorum, chef de guerre, qui au début du VIe siècle s’illustre dans les luttes contre les Saxons et défend les terres bretonnes. L’Historia Brittonum, écrite par Nennius au début du IXe
siècle, ou les Annales Cambriæ vers 950, confirment qu’un personnage nommé Arthur a été plusieurs siècles auparavant un chef de guerre important grâce à qui le royaume breton s’est formé et a résisté aux envahisseurs. Cependant ce sont les auteurs bretons du XIIe siècle qui ont fait de lui un souverain prestigieux, conquérant et justicier, champion des combats contre les païens, et qui l’inscrivent dans la succession des rois de Bretagne. Guillaume de Malmesbury, dans les Gesta regum Anglorum vers 1125, puis Geoffroy de Monmouth dans l’Historia Regum Britanniae vers 1138, racontent l’histoire de la Bretagne depuis l’arrivée de Brutus dans l’île d’Albion jusqu’à la mort d‘Arthur et la chute de l’empire breton. Ces textes remplissent une fonction généalogique indéniable et offrent aux souverains contemporains les ancêtres exceptionnels dont ils rêvaient.



L’idéologie politique : la rivalité entre Capétiens et Plantagenêts.


Geoffroy de Monmouth dédie son œuvre à des bienfaiteurs qui sont tous d’origine normande : Etienne, roi d’Angleterre [1135-1154], fils du comte de Blois et petit-fils de Guillaume Le Conquérant, et Robert, comte de Gloucester, deuxième personnage du royaume après le roi. Face à un peuple breton qui n’oublie pas les origines normandes de ceux qui les gouvernent, ces puissants personnages qui dirigent alors l’Angleterre ont besoin de se rattacher à un passé glorieux et à un héros dynastique. Geoffroy de Monmouth le fait en racontant comment autrefois la Bretagne s’est formée par une volonté expansionniste qui a culminé avec Arthur. Il crée ainsi un personnage qui pour les Bretons va être l’équivalent de ce qu’est Charlemagne pour les Français. Entre Capétiens et Plantagenêts il y a en effet une rivalité idéologique. Le rite du sacre et de l’onction qui caractérise la monarchie française, le pouvoir thaumaturgique des rois, l’ascendance exceptionnelle de Charlemagne, empereur d’Occident et lieutenant de Dieu sur la terre, enfin la riche hagiographie et la littérature épique qui existe aux XIe et XIIe siècles autour de la "matière de France" donnent à la monarchie française un passé prestigieux. Les rois de Bretagne, qui tout au long du XIIe siècle construisent un état de plus en plus fort en face des autres royaumes d’Occident, ont besoin d’un héros national qui soit l’emblème de la monarchie insulaire.



Le rôle des clercs : Geoffroy de Monmouth et Robert Wace.





Réinventant le passé à partir de sources légendaires, Geoffroy de Monmouth quitte son rôle de chroniqueur pour entrer dans la fiction, poussé par un désir de légitimer le passé breton pour servir la royauté contemporaine. Après avoir intégré à son récit le mythe glorieux des origines troyennes de la Bretagne en racontant comment Brutus, arrière-petit-fils d’Enée, s’installa dans une île encore sauvage appelée Albion, puis Bretagne, il introduit un autre héros mythique lié à la christianisation de l’île, Arthur, un jeune homme d’une valeur et d’une libéralité exceptionnelles.
Le merveilleux, profane et religieux tout à la fois, entoure le héros : l’emblème d’Arthur est le dragon, ses armes sont d’origine féerique, en particulier son épée Caliburn, son écu porte l’image de la Vierge Marie. La Bretagne est alors encore terre d’enchantements, les lacs et les forêts sont encore soumis à des forces magiques. Arthur est d’abord vainqueur de monstres et de géants, puis des ennemis qui comme les Scots menacent l’intégrité de la Bretagne ; il soumet l’Irlande, le Danemark, l’Islande, la Norvège, la Gaule et est le vainqueur du géant Frollo qui détient la ville de Paris, puis se prépare à marcher victorieusement sur Rome lorsqu’il est trahi et tué par Mordred, son neveu.
Grâce à Geoffroy de Monmouth les rois d’Angleterre disposent à leur tour d’une figure royale mythique et d’un passé prestigieux.




Le Roman de Brut.





Quelques années plus tard, un clerc normand nommé Robert Wace, est chargé par le roi Henri II Plantagenêt de rédiger à nouveau une histoire d’Angleterre, mais cette fois en anglo-normand, langue pratiquée alors à la cour. Wace dédie son œuvre en 1155, à Aliénor d’Aquitaine, épouse du roi. Tout en s’inspirant de Geoffroy de Monmouth, il développe le portrait d’Arthur et la description de sa cour et l’histoire arthurienne occupe un tiers de son récit, qu’il appelle La Geste des Bretons, mais que nous connaissons sous le nom de Roman de Brut. Arthur est désormais le modèle du souverain idéal, homme de guerre capable de soumettre les peuples d’Occident, mais aussi de réunir autour de lui les chevaliers les plus illustres. Wace est le premier à dire que c’est Arthur qui a institué la Table Ronde afin d’éviter les querelles de préséance entre ses chevaliers et à mentionner la légende selon laquelle Arthur, après avoir été blessé par Mordred et emporté en Avallon par des fées, reviendra un jour libérer son peuple.

Ni Geoffroy de Monmouth, ni Wace ne sont les inventeurs de la matière de Bretagne, mais ils ont contribué à sa diffusion et à son rôle politique. La cour des Plantagenêts a été un lieu privilégié pour le développement de la légende arthurienne.







Source BNF.


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Jehanne - dans Divers
16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 00:28
Le pouvoir et la royauté.







Il est impossible de savoir si le roi Arthur a réellement existé. Les plus anciennes chroniques qui racontent l’histoire de la Grande-Bretagne, aux Ve-VIe siècles, ne le mentionnent pas. C'est dans un poème gallois du VIIe
siècle, le Goddodin, qu'un personnage nommé Arthur apparaît pour la première fois. Il y incarne un modèle de bravoure dans une défaite infligée aux Bretons par des Angles qui envahissent la Grande-Bretagne.
Est-ce le même personnage cité vers 800 dans l'Historia Brittonum de Nennius ? Selon ce chroniqueur, un certain Arthur aurait aidé le roi des Bretons à combattre l'invasion des Saxons et aurait remporté une victoire remarquable, tuant neuf cent soixante ennemis. Arthur n'est encore qu'un "chef de guerre" (dux bellorum) breton parmi d'autres, mais il s'impose comme étant chrétien. Dans la huitième des douze batailles où il triomphe, Arthur porte sur ses épaules l’image de la Vierge Marie, "et les païens furent massacrés en grand nombre grâce à Notre Seigneur Jésus Christ et sainte Marie sa mère".



Arthur, roi chrétien.






Dans la seconde moitié du Xe siècle, les Annales Cambriæ mentionne qu'Arthur a battu les Saxons au mont Badon en 516. Au cours de la bataille, il aurait porté pendant trois jours et trois nuits une relique de la Sainte Croix sur ses épaules ainsi que l'image de la Vierge.
Quand le mythe prend forme au XIIe siècle, Guillaume de Malmesbury (vers 1125) revient à l’image de la Vierge qu’Arthur aurait fait coudre sur ses armoiries avant la bataille du mont Badon. C’est également la version de Geoffroy de Monmouth (vers 1155), qui apporte cependant de nouvelles précisions : l’épée d’Arthur, forgée dans l’île d’Avalon, s’appelle Caliburn, sa lance Ron, son écu porte le nom de Prydwen et l’image de la Vierge se trouve à l’intérieur. De plus, Geoffroy raconte que le couronnement d’Arthur est célébré par l’archevêque Dubrice à Silchester.
Ainsi s'est constituée une légende qui fait d'Arthur un héros national et chrétien. Le seul élément vraisemblable est donc qu'au VIe siècle, Arthur aurait été un chef de guerre courageux grâce à qui les envahisseurs de la Bretagne auraient été repoussés.



Hypothèses étymologiques.



Le nom d'Arthur pourrait provenir du latin Artorius, nom d'un officier romain – Lucius Artorius Castus – qui aurait vécu en Angleterre aux IIe-IIIe siècles. Ce légionnaire se serait distingué dans la lutte des Romains contre les Pictes, un peuple autochtone d'Ecosse. Présumé d'origine dalmate, Artorius aurait rapporté avec lui de Croatie l'emblème du dragon.
On évoque aussi une racine celtique pour le nom d'Arthur : art ou ars signifiant "ours", qui est alors le roi des animaux (avant d'être supplanté plus tardivement par le lion), ainsi qu'un animal emblématique celte symbolisant la force et la stabilité.








Source BNF.

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Jehanne - dans Divers
14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 08:46
Le Roi Arthur.




Arthur et les chevaliers de la Table ronde.







La légende du roi Arthur et de ses chevaliers s'est constituée et développée durant des siècles. L'aventure est l'élément essentiel de ce grand mythe qui traverse le Moyen Âge : les chevaliers partent prouver leur courage, et surtout, avec la Quête du Graal, éprouvent leur foi et leur vertu… Les exploits du roi Arthur, de Merlin, de Lancelot ou de Perceval continuent, par-delà les siècles, à fasciner notre imaginaire, et les chevaliers de la Table ronde nous apparaissent aujourd'hui comme des chercheurs de Connaissance, lancés dans une quête initiatique. Mais d'où viennent ces chevaliers mythiques ? Et comment naît l'histoire de la Table ronde ?



La Table ronde.





C'est vers 1150 que la Table ronde est mentionnée pour la première fois dans Le Roman de Brut, œuvre d'un moine anglo-normand, Robert Wace (v. 1110-v.1170). Histoire légendaire de la Grande Bretagne, le récit s’organise en grande partie autour du roi Arthur, fils du roi Uterpandragon, de sa naissance extraordinaire, de ses guerres contre les Saxons et de ses guerres et de ses conquêtes : Arthur s’empare de l’Ecosse, de l’Irlande, de la Gaule et triomphe des Romains. La figure d’Arthur s’impose ainsi comme symbole de puissance et de gloire et, le Roman de Brut, composé pour le roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt, flattait sans aucun doute les ambitions et les rêves de prestige de la cour d'Angleterre d'alors. C'est dans ce contexte que Wace place l'éloge des chevaliers d'Arthur et présente la Table ronde comme un lieu idéal, conçu pour attirer l'élite des chevaliers et aussi ne pas établir de hiérarchie entre eux.



Le symbole de l’idéal chevaleresque.






Peut-on voir dans l’institution de cette Table ronde une allusion d’origine celtique à une ancienne coutume voulant que les guerriers siègent autour de leur chef ? Y a-t-il là le souvenir d’une table de festins ? Wace fait allusion à des récits d’origine bretonne, qui, transmis oralement, auraient circulé en Occident. Leur origine celtique est vraisemblable, mais n’explique pas tous les aspects de la création de la Table ronde. En effet, au moment où Wace rédige son œuvre, la chevalerie constitue au sein de la société féodale un compagnonnage guerrier, marqué par certains rites d’initiation comme l’adoubement, et l'esprit de caste rejoint alors l'exaltation du mérite personnel. L'arrière-plan féodal sur lequel repose la société des XIIe et XIIIe siècles ne doit en aucun cas être négligé quand, dans les textes littéraires, est exaltée la figure du chevalier.






Le témoignage d'un autre moine anglo-saxon, Layamon, auteur lui aussi d'un Roman de Brut à la fin du XIIe siècle, raconte que le roi Arthur, effrayé par une querelle sanglante de préséance entre plusieurs chevaliers, se rendit en Cornouailles pour commander une Table ronde de mille six cents places ; ainsi, plus personne ne pourra se sentir relégué au second plan.
Il est souvent question, dès ces premiers textes, de la bravoure de la "mesnie" du roi, c'est-à-dire de ceux qu'il retient auprès de lui par des dons précieux et à qui il accorde des fiefs lorsqu'ils l'ont bien servi. Élite guerrière, cette "mesnie" constitue une réserve inépuisable de héros jeunes et disponibles, venus de tous les horizons, attirés par le prestige d'une cour puissante. L'expression "cil de la Table ronde" (ceux de la Table ronde) apparaît alors, et les poètes se plaisent à la faire rimer avec le mot "monde".






Par la suite, au XIIIe siècle, l'invention de la Table ronde est attribuée tantôt à Merlin, tantôt Uterpandragon, le père d'Arthur, et la rotondité de la Table est clairement explicitée comme représentation symbolique du monde :
 

Elle est, en effet, appelée Table ronde parce qu'elle signe la rotondité du monde et le cours des planètes et des éléments du firmament dans lequel on peut voir les étoiles et les autres astres. Aussi peut-on à juste titre affirmer que la Table ronde représente le monde.

 La Quête du Saint-Graal, vers 1220-1230





Merlin l'Enchanteur, maître du destin.






C'est grâce à Merlin que le roi Arthur est au cœur de la plus brillante chevalerie. Utilisant ses dons d'enchanteur et de magicien, il préside à la naissance d'Arthur en réunissant son père, Uterpandragon, et sa mère, Ygerne. Réitérant la ruse qui permit à Jupiter de prendre les traits du mari d'Alcmène et de séduire sa jeune femme, Merlin donne à Uterpandragon l'apparence du duc de Tintagel : ainsi Ygerne, femme du duc, accueille sans se méfier Uterpandragon et, au cours de leur nuit d'amour, engendre le futur roi Arthur. Bien plus, en faisant couronner Arthur malgré sa naissance illégitime, Merlin l'impose et l'amène à devenir le plus grand de tous les souverains. C'est lui aussi qui suggère à Uterpandragon de faire réaliser une table et de réunir à Carduel, à la Pentecôte, les cent cinquante meilleurs chevaliers du royaume. C'est du moins la version que développe au XIIIe siècle l'auteur du roman de Merlin, Robert de Boron. Passée dans les mains du roi de Carmélide, Léodogan, père de Guenièvre, la Table ronde devient la dot de celle-ci lorsqu'elle épouse le roi Arthur. Cependant, cette Table ronde n'est pas complète au moment où elle parvient à Arthur, car il y manque cinquante nouveaux chevaliers, forts et vaillants. C'est encore Merlin qui choisit lui-même ces hommes de haut mérite, sans exclure ceux qui seraient de naissance pauvre. Tous sont unis par une amitié sans faille, et une atmosphère d'amour et d'affection règne à cette Table.
Cependant, en son centre, un siège reste vide, le "Siège Périlleux", réservé au "meilleur de tous les chevaliers" et jamais personne ne pourra s'y asseoir sans être tué ou estropié. Par ailleurs, sur chacun des sièges, apparaît soudain, sous forme d'une inscription, le nom de celui qui y a pris place, preuve miraculeuse que Dieu agrée et bénit cette compagnie.



À la cour d'Arthur.

Dans les romans français de la fin du XIIe siècle et du XIIIe siècle, l'expression "chevaliers de la Table ronde" est devenue synonyme de "chevalerie arthurienne". Les auteurs, et tout particulièrement Chrétien de Troyes, reprennent ce motif et l'intègrent dans un univers romanesque nourri de réminiscences de "la matière" de Bretagne. Les sources de Chrétien de Troyes étaient vraisemblablement en grande partie celtiques, contes et récits lointains, circulant oralement et présentant des schémas qui annoncera parfois certains motifs romanesques : enlèvement de reines, voyages dans l'au- delà, quête d'objets merveilleux etc. De ce fonds ancien, imprégné de mythologie, Chrétien de Troyes a tiré des romans structurés, habilement agencés, où la matière arthurienne s'organise selon le modèle féodal.







La cour d'Arthur rallie les meilleurs chevaliers du monde.

Les récits s'ouvrent le plus souvent sur une scène présentant la cour dans toute sa splendeur, symbolisée par l'assemblée prestigieuse des chevaliers de la Table ronde, lors des fêtes solennelles, comme l'Ascension ou la Pentecôte, ou bien lors de mariages ou d'un couronnement. Ainsi, dans Érec et Enide, l'auteur dénombre trente et un chevaliers présents. Quelques-un étaient déjà nommés par Wace, comme Gauvain, Lot, Keu et Bédoier ; beaucoup sont ajoutés par Chrétien de Troyes. Aux plus grands noms portés par des chevaliers issus de haut lignages, tels Erec, Lancelot, Sagremor, Gomemant de Goort, sont mêlés des personnages moins connus, comme Banin, Karados Court-bras ou Bliobléris. Dans d'autres romans, des aventures de premier plan sont réservées à Yvain, Calogrenant ou Perceval. Combien de chevaliers font partie de cette compagnie de la Table ronde ? Le roman de Merlin, dit cent cinquante, mais d'autres texte doublent le chiffre. Les récits jouent de cette imprécision, mais s'accordent sur le fait que la vitalité de la Table ronde est constante et qu'elle concerne uni élite. Douze chevaliers hors de pair son parfois désignés parmi tous comme les meilleurs.







L'honneur d'être admis à cette Table ronde est fort grand et les qualités du chevalier qui mérite d'y prendre plan éclatent aux yeux de tous. C'est tout d'abord sa valeur chevaleresque qui est en cause, et le meilleur moyen pour un jeune homme de montrer ce qu'il vaut est de se mesurer aux compagnons de la Table ronde eux-mêmes. C'est par exemple ce que fait Perceval lorsqu'il arrive pour la première fois à la cour d'Arthur, du moins selon la version racontée par Robert de Boron.
Tous les regards se portent alors sur ce chevalier qui se voit désigné comme "mereoir a toutes gens" : miroir, car il reflète les qualités exigées à la Table ronde et tous se reconnaissent en lui, mais aussi modèle, car il vient d'accomplir un exploit qui le qualifie. Ainsi, le chevalier admis à cette place d'honneur s'identifie-t-il à la gloire de la cour d'Arthur.



Le chevalier errant en quête d'aventures.

Attiré et fasciné par cette société, le chevalier doit l'être aussi par l'aventure. Il n'occupe une place à la Table ronde que pour la quitter à nouveau et retourner à la recherche de l'épreuve qui prouvera sa valeur. C'est auprès de cette Table que s'ouvrent et se terminent les quêtes et les expéditions. De la cour arthurienne partent tous les chevaliers, appelés les uns après les autres à des aventures prestigieuses, non seulement par souci de leur gloire, mais pour obéir à une sorte de mission qui leur est réservée. Soit ils cherchent à sauver l'honneur de la cour, comme Lancelot ou Gauvain s'élançant à la poursuite de la reine Guenièvre enlevée par Méléagant (Le Chevalier à la charrette ou Lancelot de Chrétien de Troyes), ou, comme Perceval partant punir le Chevalier Vermeil d'avoir osé défier le roi Arthur (Le Conte du Graal ou Perceval de Chrétien de Troyes). Soit ils affrontent des coutumes anciennes et merveilleuses comme Erec qui va chasser un cerf blanc (Erec et Enide de Chrétien de Troyes), ou comme Yvain qui assiste aux prodiges de la fontaine de Laudine dans la forêt de Brocéliande (Le Chevalier au lion ou Yvain de Chrétien de Troyes).






L'aventure est alors à chaque fois individuelle, mais lorsque le chevalier vainqueur revient à la cour, la joie collective est telle que le héros rehausse et consacre par sa prouesse l'institution de la chevalerie à laquelle il appartient.
Les romans arthuriens ont créé ainsi le personnage superbe du "chevalier errant", toujours disponible, toujours en quête d'aventures et qui ne songe qu'à partir et à prouver sa valeur avant de revenir à la cour parmi ses pairs de la Table ronde. Son unique souci est de ne pas paraître "recréant", c'est-à-dire qu'on ne puisse l'accuser d'oublier ce qui doit être la justification de l'existence d'un chevalier.
Au centre de cette cour règne donc le roi Arthur, modèle de sagesse et de courtoisie ; par sa générosité et sa détermination, il encourage les chevaliers à prouver leur vaillance. Il distribue présents et richesses avec libéralité et sa royauté est liée à ces dons par lesquels il s'attache ses vassaux, tenus de répondre à ces bienfaits par des exploits qui vont, en retour, rehausser l'éclat de sa cour.



Le roi Arthur cautionne les exigences chevaleresques.

Dans les romans arthuriens et, tout particulièrement dans ceux de Chrétien de Troyes, la Table ronde et la convivialité d'Arthur avec ses chevaliers symbolisent l'équilibre du royaume. Quand il arrive au roi d'oublier ses devoirs, lorsqu'il néglige de distribuer ses biens et d'organiser des fêtes, ses chevaliers se dispersent et la cour sombre dans la tristesse et la décadence. Il faut alors qu'un nouveau venu se manifeste et se lance dans des aventures qui permettront à la cour de retrouver son rayonnement. C'est le cas dans le roman du Conte du Graal où Chrétien de Troyes montre le roi Arthur pensif, au bout de la Table, parce qu'aucun chevalier n'a relevé le défi lancé par le Chevalier Vermeil. C'est Perceval, encore naïf et impatient, qui partira alors à la conquête des armes de ce chevalier.
Ainsi le rôle joué par la cour du roi rythme-t-il les récits arthuriens : les chevaliers de la Table ronde lui procurent tout son dynamisme et sont les garants de sa vitalité, à condition que le souverain les incite à donner toute la mesure de leur valeur, physique et morale.







Pour les aventures que doivent affronter les héros, la vaillance est, certes, indispensable, mais n'est pas seule en cause : les chevaliers agissent aussi selon un code de l'honneur, au nom de la justice et du droit, et mettent volontiers leurs forces et leur épée au service des défavorisés. C'est, en effet, à la cour qu'on vient demander aide ou protection, que des demoiselles réclament vengeance pour la mort de leur ami ou de leurs parents, que des reines assiégées envoient des messagères pour qu'on vienne à leur secours. La cour arthurienne n'est jamais en défaut car il y a toujours un chevalier de la Table ronde pour accepter la mission qui se présente. Les valeurs ainsi exaltées dans ces romans arthuriens ne sont plus seulement liées à la gloire et à la renommée, mais sont fondées sur une exigence éthique et un accomplissement moral indéniables qui rejoignent les valeurs chrétiennes.






Source BNF.


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Jehanne - dans Personnages Historiques
13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 08:41
Le Trébuchet.






Un trébuchet est une machine de guerre du moyen âge destinée principalement à détruire les murs des châteaux forts en martelant systématiquement un endroit précis dans la muraille.

Le mot trébuchet vient de l’occitan " trebuca " (qui apporte des ennuis) mais dans l’Occitanie médiévale la trebuca était aussi une balance de précision.

Contrairement à l’époque romaine où étaient utilisées des catapultes, le moyen âge privilégiait des machines de guerre fonctionnant avec une combinaison d’un système de contrepoids agissant sur un levier à l’extrémité duquel se trouvait un système de fronde avec son projectile. L’efficacité du tout permettait d’obtenir des résultats remarquables pour l’époque : il existait encore des trébuchets pendant les guerres de religions en France c’est à dire fin du 16ème siècle soit plus de trois siècles après l’apparition de l’artillerie à poudre !

Le trébuchet a fonctionné du XIIème jusqu’au XVIème siècle. Sa portée de tir pouvait atteindre 220 m avec des boulets qui pouvaient peser jusqu’à 125 kg mais sa cadence de tir était faible : 1 à 2 coups/h.

Entre sa conception, sa réalisation et son utilisation un trébuchet pouvait mobiliser jusqu’à une centaine d’hommes.

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Jehanne - dans L'Artillerie
12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 09:30
Le Bélier.









Parmi les armes de siège, figure le bélier. Poutre en bois souvent recouverte par un "capuchon" ou cerclage métallique sur sa partie active, elle est parfois protégée par un abris en bois permettant de limiter les risques pour les soldats chargés de l'actionner. Le tout est suspendu à une charpente par des cordages ou des chaînes ou encore monté sur une glissière.
Il servait à défoncer les lourdes portes défendant l'accès aux villes et forteresses assiégées, ils permettait de s'attaquer aux murs des remparts les moins bien protégées.

La première étape, constante dans les techniques d'attaque de place forte au moyen-âge, consistait alors à combler les fossés qui protégeaient les murailles défensives. La principale manoeuvre des défenseurs était alors de projeter sur les assaillants tout ce dont ils pouvaient se débarrasser : plutôt des pierres, des détritus, des excréments que de l'huile bouillante qui pouvait être utilisée ... L'imaginaire collectif et notre enseignement scolaire a souvent contribué à nous faire croire que l'huile bouillante constituait la principale arme des défenseurs. En fait, un état de défense de place forte exigeait une extrême rigueur dans la gestion des ressources disponibles. L'eau, l'huile pouvaient devenir denrée rare. De plus le temps de chauffage n'était guère compatible avec les impératifs de défense.

En revanche, et c'est tout l'intérêt de protéger ce type de construction temporaire grâce à une solide
charpente sur roues, couverte de matériaux peu inflammables (fumier, terre, herbe verte, peaux fraîchement écorchées) et copieusement arrosés, il était fréquent de jeter des bottes de paille enflammées depuis les hourds protégeant les murs.

Une dizaine d'hommes étaient nécessaires au minimum pour manoeuvrer le bélier.

Pour s'avancer jusqu'aux portes ou aux murailles, les assaillants s'abritaient sous une construction mobile, recouverte de matériaux peu inflammables, appelé
chat ou chatte.
Ce système d'abris en bois et peaux de bête pouvait aussi servir de protection pour des sapeurs, dont la mission consistait tout simplement à détruire les murailles en creusant des galeries sous les fondations de celles-ci.










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Jehanne - dans L'Artillerie
11 août 2008 1 11 /08 /août /2008 09:21
La Bricole.










La bricole est une pièce d'artillerie médiévale. Constituée d'un balancier appelé verge au bout duquel est attaché une poche contenant des projectiles, elle était actionnée en tirant sur l'autre extrémité du balancier, la traction étant facilité par l'ajout d'un contre-poids. Ce redoutable engin pouvait ainsi projeter un boulet de 10 à 30 kg par minute. C'est cet engin qui est à l'origine de l'expression s'attirer des bricoles.

Son apparition date du XIIe siècle. La bricole est un perfectionnement de la pierrière puisqu'on rajoute à cette dernière un contre-poids pour faciliter la traction sur la verge qui envoie les projectiles. Cet engin de défense sera utilisé jusqu'au XVe siècle. Le mangonneau sera à son tour un perfectionnement de la bricole qui sera destiné à envoyer des projectiles plus massifs, ce qui en fait alors une arme de siège.

 

 


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Jehanne - dans L'Artillerie
10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 09:04
La Cité des Baux de Provence.










Un refuge millénaire

Riche en grottes, le rocher des Baux domine des marais inhospitaliers et contrôle un passage des Alpilles. D’abord lieu de refuge, puis de surveillance, les Baux constitue un véritable nid d’aigles de tout temps habité et convoité.
De nombreuses traces témoignent en effet d’une présence humaine très ancienne : vestiges de la Grottes des Fées, Oppidium des Bringasses, cimetière celte du Col de la Vayède, sculpture des Trémaïe…


« Race d’aiglons, jamais vassale » (F.Mistral)

A l’époque médiévale, le village se développe à l’abri de la forteresse érigée au Xème siècle par les rudes seigneurs des Baux. Prétendant descendre des Rois Mages, ceux-ci ont comme emblème l’étoile du berger à 16 rais et comme devise « au hasard Balthazard ».
Ces guerriers conduisent la destinée des Baux et de leurs 79 fiefs pendant prés de 5 siècles. Seigneurs orgueilleux et insoumis, alliés aux plus grandes familles d’Europe, ils se heurtent à leurs puissants voisins de Toulouse et de Provence, ainsi qu ‘à l’encerclement progressif du Royaume de France. Ces conflits incessants ravagent la Provence, théâtre de violence, pillages et incendies.
De cette période troublée, émergent quelques personnages emblématiques, comme Hugues 1er, fondateur de la première forteresse, Raymond des Baux qui mène les guerres baussenques, Raymond de Turenne, surnommé le « Fléau de la Provence », enfin Alix des Baux, dernière figure de cette turbulente lignée.


La baronnie des Baux

A la mort d’Alix, en 1426, les Baux sont intégrés à la maison des Comtes de Provence et érigés en Baronnie.
Grâce au bon roi René et surtout à sa femme, la reine Jeanne de Provence, le village connaît une nouvelle période faste, hôtels, belles demeures sont construits sur le rocher et contribuent à son embellissement.
Au milieu du Xème siècle, les Baux sont légués à la couronne de France : l’aventure indépendante et guerrière est finie. Pour réprimer une dernière insurrection, Louis XI fait démanteler le château en 1483 et place ce bastion sous le contrôle des Capitaines Gouverneurs. Le plus célèbre d’entre eux, Anne de Montmorency, favori de François Ier, transforme les Baux en petite capitale de 3000 habitants et fait reconstruire le château.


La décadence de la cité

Dès la fin du XVème siècle, les idées de la réforme gagne les Baux. Les luttes d’influences et conflit familiaux entraînent peu à peu la décadence de la cité, déchirée par l’intransigeance des protestants et des catholiques.
Par ailleurs, les Baux participent activement à une rébellion menée par Gaston d’Orléans contre son frère LouisXII. Assiégés sur ordre du Roi en 1632, la ville doit se rendre après 27 jour de résistance.
Las de ces querelles incessantes, les habitants demandent à Louis XII le démantèlement du Château.





Le marquisat des Grimaldi

Les Baux sont finalement érigés en marquisat en 1639, pour être remis aux Grimaldi, afin de remercier le Prince de Monaco d’avoir chassé de sa ville les espagnols.
La paix revenue, le rocher perd son caractère défensif et la population s’étend au pied du Plateau, à la lisière des marais asséchés.
Réduit à un simple village pastoral, les Baux sont rattachés à la France contre dédommagement pécuniaire, lors de la Révolution en 1791.


« Un lieu où souffle la désespérance »

Appauvri par la pertlus qu’une « cité morte ». Seuls les grands poètes provençaux comme Mistral et Daudet défendent encore ces ruines fascinantes.
En 1821, le géologue Berthier découvre aux Baux la roche rouge permettent la production de l’aluminium qu’il appellera « bauxite ».Les Baux aujourd’hui : restauration du village et renaissance du château
En 1945, l’ouverture par Raymond Thuilier du célèbre restaurant « Oustau de Baumanière » permet d’attirer aux Baux, chefs d’Etats, artistes et personnages célèbres. Leur venue marque la redécouverte des Baux par un large public sensible au caractère unique des lieux.
Le village fait d’abord l’objet d’une politique des restauration, aujourd’hui presque terminée. Depuis 1992, le Château est le cadre d’un exceptionnel programme de fouilles et de mise en valeur.
Depuis 1999, les Baux de Provence font partie des « Plus beaux villages de France ».





Source office du tourisme des Baux de Provence.


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Jehanne - dans Patrimoine
9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 23:23
Petites photos perso.





Histoire de vous faire partager mes balades, j'ai mis en ligne quelques photos prises lors de mes visites des abbayes de Nieul sur l'Autise et Maillezais en Vendée.







http://vivre-au-moyen-age.over-blog.com/album-1186811.html











http://vivre-au-moyen-age.over-blog.com/album-1186803.html








Bonne visite à tous !!!!




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Jehanne - dans Divers

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