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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 10:52
Le textile au Moyen âge.









Le travail du textile au Moyen Age est pratiquée aussi bien dans les ateliers urbains que de manière courante et individuelle dans les campagnes. Durant toute cette période, la laine reste le textile le plus employé. Viennent ensuite le lin et le chanvre, puis, en dernière position, la soie et le coton.


1. La laine            
L'industrie drapière (drap de laine) remonte au moins à l'Antiquité classique. La draperie renaît dans la seconde moitié du XIe siècle, en particulier dans les Flandres, où la densité de population est très élevée, et où l'on importe de la laine de qualité supérieure produite dans les élevages intensifs anglais, pratiqués par les moines prémontrés et cisterciens. Cette renaissance intervient également à Florence, mais la matière première employée est de moins bonne qualité. Au XIIIe siècle, l'Angleterre s'équipe de moulins à foulon, ce qui entraîne une dispersion de la production, à l'origine urbaine, qui devient alors plus rurale, plus commune. A la même époque, la rupture des relations entre les Flandres et l'Angleterre entraîne l'exportation des laines anglaises vers l'Italie du Nord et le renouveau de l'industrie florentine.



Les opérations de préparation
La qualité de la laine est la condition première de la réalisation d'un bon drap. Jusqu'au début du XIVe siècle, on la prélève sur des moutons adultes. Il faut d'abord laver les bêtes sur pied, puis la tonte intervient au mois de mai. Auparavant, pour la draperie de qualité, les laines mortes sont écartées et réemployées pour la constitution de draps grossiers. On enlève les parties abîmées, puis on passe au battage sur claies, qui sert à dilater la laine. Cette dernière est ensuite désuintée par bains successifs, puis ensimée à l'aide d'une matières huileuse destinée à l'adoucir. Les règlements de métiers conseillent le beurre et le saindoux plutôt que l'huile. On passe après au peignage pour dégager les fibres longues, ce qui facilite la filature (Attention : le cardage ne date que du XIVe s !). La technique de filature à l'aide du fuseau et de la quenouille remonte au Néolithique. Le fuseau sert à tordre et à enrouler le fil, et la quenouille permet de fixer le paquet de laine. On peut employer aussi la fusaïole, disque de pierre épais servant de contrepoids. La laine est tirée en fils et tordue entre le pouce et l'index. L'apparition du rouet est datée entre le XIIe et le XVe siècle. Il semble qu'il soit originaire de Chine. Une poulie avec une corde sans fin est reliée à une grande roue motrice. Mais la quenouille est loin d'être abandonnée.

Les fils sont ensuite mis en écheveaux dévidés sur des bobines et des canettes pour le tissage. L'ourdissage est l'opération qui consiste à préparer la chaîne des tissus par l'enroulement de fils de même longueur avec une tension uniforme, conditions nécessaires pour la solidité du tissage. C'est une opération délicate, car il s'agit de conserver la place respective des fils.




















Le tissage      
Si le filage est un travail exclusivement réservé aux femmes, le tissage, en revanche, est essentiellement masculin. Il consiste en l'entrecroisement de deux séries de fils : les fils de chaîne, tendus sur le métier, et les fils de trame, insérés au fur et à mesure. Les artisans utilisent des procédés similaires à ceux de l'Antiquité.
Plusieurs métiers à tisser sont connus de façon plus ou moins précise par les réglementations, car on n'en a retrouvé aucun. Le métier horizontal (ou basse lice) est maintenu au sol par quatre petits poteaux. Des barres parallèles, les ensouples, portent les fils de chaîne. On travaille accroupi. Le métier vertical (ou haute lice) est constitué d'un cadre de bois plus ou moins incliné. Les fils sont tendus par des poids. La barre de lice, parallèle à l'ensouple, est une amélioration majeure, puisqu'elle permet de soulever en une seule fois les fils de trame, ce qui accélère le travail. Le métier à bras apparaît fin XIIe-début XIIIe siècle. Il est constitué de fils de chaîne tendus horizontalement entre une ensouple et une traverse. Les barres sont levées et abaissées au moyen de pédales. Ce type de métier permet une production à grande échelle.



Les apprêts  
Le foulage du drap est destiné au feutrage. On plonge le drap dans des bains spéciaux pour enchevêtrer les brins. Le tissu est purgé de ses impuretés et dégraissé à la chaux, au sable ou à l'urine. Après rinçage, il est foulé au pied. Il se comprime sous l'action de la chaleur et de l'humidité. La laine bouillie est obtenue par un feutrage à plus haute température. On effectue ensuite une tonte de l'étoffe destinée à réduire l'aspect duveteux. Le ramage est destiné à retendre le tissu et à le faire sécher.


2. Les autres textiles
Le lin demande un sol très riche qui s'épuise rapidement. On le cultive donc dans des jardins clos près des fermes et sur les terres récemment défrichées. Le rouissage, employé aussi pour le travail du chanvre, consiste à plonger la plante dans l'eau plusieurs jours pour décoller la fibre de la tige par fermentation.
L'élevage du ver à soie débute en Europe au VIe siècle grâce à deux moines du Mont Athos, envoyés en Chine par l'empereur byzantin Justinien, avec pour mission de percer le secret jalousement gardé de la sériciculture. Ils rapportent, cachés dans leur bâton de pèlerin en bambou creux, des oeufs de bombyx. La technique se répand dans l'empire byzantin et, lors de la conquête arabe au XIe siècle, passe en Espagne, d'où elle gagne l'Italie puis la France. Les plus anciennes traces françaises d'une activité séricicole remontent au XIIIe siècle, entre autres dans le Gard et à Paris.
Le décoconnage dure huit à dix jours après la fabrication du cocon. Les vers sont enlevés de leur support et triés, après quoi on retire la bourre ou blaze, qui a servi à la fixation du cocon. L'étouffage consiste à placer les cocons dans des étuves de 70 à 80°C, puis à les tremper dans l'eau bouillante afin que le grès se ramollisse. La chrysalide doit être tuée sans abîmer le cocon. Chaque fil étant trop fin, on en réunit une dizaine au moment du dévidage. A l'aide du grès, ces derniers se soudent entre eux en refroidissant. La soie alors obtenue est dite grège. Comme elle manque de résistance, on lui fait subir différentes torsions, en fonction de la qualité du fil que l'on désire obtenir : c'est le moulinage. Vient alors le décreusage : on fait bouillir la soie dans de l'eau savonneuse pour éliminer le grès. Elle prend alors le nom de soie cuite. Cette opération peut être effectuée sur la soie en flotte ou déjà tissée. En revanche, la teinture se pratique toujours sur de la soie décreusée.
Le coton, quant à lui, est apparemment introduit en Europe par les Musulmans au IXe  siècle, mais il n'y est jamais cultivé durant le Moyen Age. C'est un tissu rare, de grande valeur, tout comme la soie.


3. La teinture
La dernière étape de réalisation d'une étoffe est la teinture. On en observe deux types : une teinture domestique rurale, réalisée à l'aide des plantes les plus faciles à obtenir, donc d'un coût moindre, et une teinture professionnelle quasi-industrielle, qui ne concerne qu'une minorité de personnes.
Les analyses physico-chimiques des vestiges textiles découverts lors de fouilles, les inventaires botaniques et les règlements d'activités permettent aujourd?hui de connaître l'art de la teinture à l'époque médiévale.
Ce dernier est complexe. Vient d'abord le morçandage : on fait bouillir la matière dans un bain d?eau contenant un mordant (cendres végétales, alun, rouille, vinaigre? et même urine !). Ce procédé permet de fixer le colorant. Il peut être pratiqué avant, pendant ou après la teinture.
On distingue deux procédés de teinture : par macération à froid ou fermentation, en renouvelant l'opération plusieurs fois afin de renforcer l'adhésion de la couleur, ou par macération à chaud dans un bain où l'on a auparavant fait bouillir les plantes tinctoriales.
Concernant celles-ci, il en existe une multitude. On trouve essentiellement de la garance et du bois de sappan pour le rouge, de la gaude pour le jaune, de la guède (plus connue aujourd'hui sous le nom de pastel) et de l'indigo pour le bleu, de la noix de galle et des racines de noyer pour le noir (en remplacement du noir de fumée, de mauvaise qualité), et diverses variétés de fleurs et de feuilles pour le vert. Les teintes rouge violacé, très recherchées, sont obtenues à partir de lichens (ces derniers peuvent aussi donner, par bain d'ébullition, des teintes jaunes et vertes). La cochenille  est la femelle d'un petit insecte utilisée depuis l'Antiquité pour obtenir des teintes, selon la concentration, d'un rouge rosé à un pourpre bleu, en passant par le rouge vif, pourpre rouge et violet. Sans compter les plantes employées par les gens du peuple, ramassées dans les bois ou cultivées dans leurs jardins : herbe (vert), cerises (rouge tirant sur le vieux rose), mûres (bleu), genêts (jaune et vert), châtaigner et autres, n?offrant qu?une qualité médiocre.
Aucun mélange de couleurs n'est pratiqué afin d'en obtenir une autre, car il semble que ce genre de « bricolage » soit très mal considéré à l'époque.  En général, un teinturier a en charge une couleur principale et une autre, secondaire (ex : rouge et jaune). Un teinturier de rouge, par exemple, ne s'occupe pas du bleu, et inversement.
Attention à une erreur fréquente chez les reconstituteurs : les teintures de mauvaise qualité donnent certes des couleurs passées, mais du rouge mal teint ne donne pas du rose ou de l'orangé. On ne parvient en effet à obtenir ces deux teintes qu'à partir de la fin du XIIIe siècle en Italie et du XIVe siècle en France (voir Michel Pastoureau, Jésus chez le teinturier).













Source les compagnons de valérien.

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Jehanne - dans Divers
8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 20:35
La légende de la licorne.










D'où nous vient cet animal mythique et médiéval, est-ce une réminiscence de la Chimère grecque, monstre à la fois lion et serpent, à corps de chèvre et qui aurait été tué par le héros Bellerophon sur son cheval Pégase.

Est-ce une vue de l'esprit ayant pour origine le rhinocéros vivant dans le mythique royaume du Prêtre Jean (qui se serait trouvé quelque part entre l'Inde et l'Ethiopie...)

Toujours est-il qu'à cette époque médiévale, la croyance populaire affirmait que la Licorne était un superbe cheval blanc, possédant parfois une tête de cerf, tandis que ses pattes étaient celle d'une chèvre ou d'un bouc avec les sabots assortis (nombreux sont ceux affirmant l'avoir vue !). 

La particularité essentielle de cet animal était la corne unique et torsadée qui ornait son front. On disait d'elle : " C'est le plus bel animal, le plus fier, le plus terrible et le plus doux de la terre..." Des auteurs médiévaux assurent également qu'elle était cruelle et redoutable et que personne ne pouvait la tuer, ni la capturer vivante, hormis une vierge pure, car la bête venait se réfugier dans son giron (entre ses jambes !) et s'endormait... Alors le chasseur, le Chevalier pouvait la tuer.

Elle pouvait être féroce, on la représente combattant le lion, symbole de la force (aussi symbole alchimique).

Sa corne était très recherchée (cadeau royal à Charlemagne par exemple !) en effet elle servait d'antidote aux poisons, elle était censée purifier l'eau, et réduite en poudre elle guérissait toutes les blessures... De nombreux guerriers partaient au combat avec un bout de Licorne dans leurs fontes, fragment acheté fort cher chez un homme de l'art, sorcier, aphoticaire... (salut à toi Honorius !) 

Il faudra attendre le XVIII siècle pour qu'enfin on découvre que la fameuse corne n'était rien d'autre qu'une corne de Narval, aussi nommé Licorne de mer !

Reste une belle légende... Et qui sait peut être une réalité d'un autre monde, celui du petit peuple et des animaux légendaires, qui sont retournés de l'autre coté du miroir... Loin de notre monde incrédule...






Source Médiéval et Moyen âge.
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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 16:59

Abbaye St Pierre de Maillezais


 

 


 


Au sud de Fontenay le Comte, à lisière du Marais Poitevin, se dressent dans le ciel lumineux, les ruines de l'abbaye majestueuse de Maillezais. Ce sont les restes d'un très beau monument qui, au XIe siècle, élevait ses deux tours et ses cinq flèches au centre d'une forteresse dont les remparts étaient battus par les flots. Maillezais était alors l'une des nombreuses îles du Golfe des Pictons. L'île de Maillezais, était couverte de bois et recelait de nombreux gibiers. Un château y avait été édifié pour protéger cette région isolée contre les incursions des pirates. C'était le rendez vous de chasse favori du conte du Poitou, Guillaume II, dit Fier à Bras. 

Le premier monastère fut construit à Saint Pierre le Vieux, vers 976. En fait, ce n'est qu'en 989 que treize moines de Saint Julien de Tours, conduits par l'Abbé Gausbert, cousin de la comtesse Emma, s'y installèrent. L'abbatiale fut consacrée en 990. En 1003 - 1004, en accord avec le comte du Poitou, Guillaume le Grand, l'abbé Théodolin, moine de Cluny fit construire un monastère plus important, à l'emplacement de l'ancienne place forte (château fort des ducs d'Aquitaines) de Maillezais . En 1010, les religieux de Saint Pierre le Vieux se transportèrent à l'abbaye Saint Pierre de Maillezais. A partir de cette époque les souverains de ce grand duché vinrent ce faire couronner et s'ensevelir en ce haut lieu.

Elle fut incendié en 1220 par Geoffroy Pouvreau la Grand Dent, fils légendaire de la fée Mélusine, mais réel chef de guerre, l'abbaye subit également les aléas de l'occupation anglaise et des luttes entre les seigneurs fidèles au roi de France et les féodaux partisans des anglais. Geoffroy Pouvreau en fut le premier évêque.

En 1317, l'abbaye devient siège épiscopal.

En 1518, Geoffroy d'Estigniac, abbé de Maillezais, lui donne un nouvel éclat. François RABELAIS, alors étudiant chez les cordeliers de Fontenay le Comte, devient secrétaire du Père Abbé et précepteur de ses neveux. Ce personnage intelligent et déluré séjourne quatorze ans sur les terres du Marais Poitevin et s'imprègne du langage imagé de ces habitants. Plus tard, il en écrira des oeuvres. Geoffroy d'Estigniac fut élus évêque de Maillezais.

Puis durant les guerres de religions, l'abbaye servit tour à tour aux protestants et au catholiques. Henri de Navarre, chef des Huguenots, s'empare de la forteresse en 1587. Agripa d'Aubigné, fut nommé gouverneur de Maillezais par Henri IV, en 1589, Agripa d'Aubigné en fit une citadelle protestante.

En 1610, l'abbaye est vendue au duc de Rohan, qui la remet à la couronne de France. Trente huit ans s'écoulent et le Pape Innocent X supprime l'évêché de Maillezais et transfère son siège à La Rochelle, faisant suite à une requête du clergé de Maillezais et du roi Louis XIV.

En 1791, pendant la Révolution, l'abbaye est vendue comme bien national et son nouveau propriétaire entreprend sa démolition. En 1840, elle fut vendue à des personnes plus conscientes qui décident de conserver et maintenir en état ses vestiges. Classée monument historique en 1923, et restaurée depuis lors, elle obtient en 1964, le 3e pris au concours des chefs d'oeuvres en péril.

Pendants les XIe et XIIe siècles, l'abbaye s'est enrichie de nombreuses donations des fidèles et des seigneurs locaux. En 1197, le pape Célestin III confirme à Maillezais plus d'une cinquantaines d'églises et de nombreux domaines dans le Marais Poitevin. Devenue probablement l'abbaye bénédictine la plus riche du Poitou. A l'instar des abbayes vendéennes de Nieul sur l'Autize, de Saint Michel en l'Herm, et dans les Deux Sèvres de l'abbaye de l'Absie et de Saint Maixent l'Ecole, l'abbaye de Maillezais à participé brièvement au début du XIIe à l'assèchement du Marais Poitevin (percement du Canal des Cinq abbés).











Sources obtenues par le guide lors de la visite de l'abbaye à Maillezais.

 

 

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Jehanne - dans Patrimoine
2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 18:04
Abbaye Saint Vincent de Nieul sur l'Autise.









C'est dans un site desservi par le Chemin Vert et par une voie fluviale, l'Autize, qu'arrivait, en 1068, un groupe de Chanoines génovéfains chargés par le Seigneur de Vouvant d'y fonder un monastère.

L'abbaye se développe rapidement grâce aux nombreux dons et privilèges des fondateurs, des ducs d'Aquitaine et même du Roi de France, Louis VII, qui , de passage à Niort avec sa femme Aliénor d'Aquitaine, née à Nieul sur l'Autize en 1122, confirme les Chanoines dans leurs biens et les prends sous sa protection. Le Concile du Latran de 1139 impose aux moines réguliers de suivre la Règle de Saint Augustin.

Situé non loin du Golfe des Pictons, le monastère participa activement aux travaux d'irrigation de cette région, ce qui donna naissance plus tard au Marais Poitevin. Le premier canal fut creusé en 1217 sur les propriétés des abbayes de Maillezais, Nieul sur l'Autize, St Michel en l'Herm, St Maixent l'Ecole, l'Absie, d'où son nom de "Canal des Cinq Abbés".





Lors des guerres de religions, Nieul sur l'Autize loge le Duc d'Anjou, le Prince de Condé et le Roi de Navarre, (futur Henri IV), envoyés par le Roi Charles IX soutenir le siège contre La Rochelle. Leur présence attire les attaques renouvelées des protestants qui massacrent, pillent et incendient l'abbaye (1568). Pour relever l'abbaye des ses ruines, il faut l'énergie de l'abbé Brisson, qui fait édifier 3 arcs boutants pour renforcer le mur Sud (1630), et revoûter la salle capitulaire 1646).

Prétextant qu'il ne leur est plus possible de vivre dans l'abbaye, les moines consentent à sa suppression et à son rattachement au chapitre de La Rochelle (1715), dès 1718, la vie monastique y était éteinte.

En 1791, l'abbaye est mise en vente par le Département de la Vendée comme bien national. L'abbatiale, devenue entre temps église paroissiale, devient propriété de la commune, et les terres et les bâtiments du Cloître sont vendus en lotissements.

L'ensemble est classé Monument historique en 1862, restauré, à plusieurs reprises, 1910, 1936, 1945, et surtout depuis 1969, date de son acquisition par le département de la Vendée.








Source Vendée touristique.com


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Jehanne - dans Patrimoine
30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 12:47

Le Bochet.







Le bochet était une boisson pour malade.
La mignonnette est un petit sac de mousseline qui renferme de la muscade, de la coriandre, du gingembre, des clous de girofle que l’on plonge dans une préparation et que l’on retire ensuite.






1 Kg de miel
2.5 l d’eau
2 cuil. À café de levure de bière
½ cuil à café de gingembre
Quelques grains de poivre noir (ou de maniguette)
4 clous de girofle


Faites bouillir le miel sans cesser de le remuer.
Ajoutez l’eau, faites de nouveau bouillir en remuant.
Attendez que le mélange ait réduit du quart.
Laissez refroidir.
Mettez dans un grand récipient, ajoutez la levure de bière.
Faites tremper la mignonette d’épice. Couvrez le récipient avec un torchon plié. Conservez-le dans un endroit tiède. Le mélange va fermenter.
Au bout de trois jours, ôtez la mignonnette.
Vous pouvez alors mettre le bochet en bouteille.


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Jehanne - dans Les Boissons
26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 22:07
Parthenay (Deux Sèvres).









Au coeur de la Gâtine, terre de granit et de forêts irriguées de nombreux cours d’eau, Parthenay s’est développée sur un éperon rocheux inscrit dans un méandre du Thouet.

Les environs de Parthenay sont occupés dès la Préhistoire, mais le site même n’a livré aucune trace d’occupation avant le Moyen-Age. L’église Saint-Laurent est la plus ancienne de la ville. Elle conserve des fragments de l’édifice roman, sans doute contemporain du premier château cité vers l’an mil et dont on ne connaît pas l’emplacement.

A l’extrémité du promontoire rocheux qui porte la ville s’élève le château du XIIIe siècle. La boucle de la rivière l’enserre au nord et à l’ouest ; des fossés profonds taillés dans le granit l’isolent sur les autres côtés.
La muraille flanquée de grosses tours rondes domine le quartier Saint-Jacques. Des remparts destinés à porter des canons la renforcent à la fin du Moyen-Age.

Dès le début du XIIIe siècle, trois lignes de fortifications hiérarchisent l’espace urbain : l’enceinte de ville, qui enclôt l’ensemble de l’éperon rocheux, l’enceinte de la citadelle, isolant le quartier politique et religieux de la haute ville, et le château.

Le chemin de Saint-Jacques de Compostelle traverse la ville du nord au sud. Le souvenir du passage des pèlerins, nombreux dès le XIIe siècle, est encore très présent dans le paysage urbain. Avant d’entrer dans la ville, ils pouvaient se recueillir dans l’église Saint-Jacques. Passant le pont Saint-Jacques et la porte de ville du même nom, les pèlerins remontaient la rue de la Vau Saint-Jacques, principale artère de la ville médiévale.
Echoppes et auberges s’ouvraient pour eux au rez-de-chaussée des maisons à pans de bois.

Comme dans beaucoup de villes médiévales, l’activité économique s’organise par quartiers. Du Moyen-Age au XIXe siècle, les tisserands et leurs ateliers s’installent au bord du Thouet, dans le quartier Saint-Jacques.
On y cultive des plantes tinctoriales, comme la guède. Les draps sont vendus sur les étals des maisons à pans-de-bois, et exportés dès le XIIe siècle dans toute la France. Une autre activité artisanale est née de la rivière : les tanneries et les moulins à tan se regroupent dans le quartier Saint-Paul.
Le prieuré de Saint-Paul est fondé à la fin du XIe siècle par le seigneur de Parthenay pour favoriser le développement d’un bourg.

A la fin du Moyen-Age, la ville semble presque figée à l’intérieur de ses anciennes paroisses. Le quartier Saint-Laurent en la haute ville est le cœur de l’activité commerçante.
La basse-ville correspond au quartier Saint-Jacques dont les maisons sont parfois reconstruites au XVIe siècle.
Mais la Renaissance ne laisse pas d’édifice remarquable à Parthenay, et l’urbanisme ne connaît presqu’aucune évolution à l’époque classique.

C'est au XIXe siècle que la ville se développe à l'extérieur de ses anciennes murailles.
Les grands boulevards et les places qui enveloppent le centre ville empruntent le tracé des anciens fossés.
De nouveaux quartiers sont créés, et des activités industrielles se regroupent autour de la gare après 1880.
Les places et avenues sont alors aménagées, les édifices publics reconstruits : hôtel de ville, tribunal de justice, halles, théâtre, kiosque.






Source Association Atemporelle.

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Jehanne - dans Patrimoine
25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 20:42

Le roman de Renart.

 



Le Roman de Renart est un recueil de récits médiévaux français des XIIe et XIIIe siècles ayant pour héros des animaux agissant comme des humains.



Contexte.


Dès le XIIe siècle, la bourgeoisie a sa propre littérature, véritable satire sociale avant la lettre. Elle est par essence malicieuse, pittoresque, parfois grivoise ou, à l'inverse, morale mais le plus souvent réaliste. Il nous en reste essentiellement des fabliaux (Estula - Le lévrier et le serpent - La Farce de Maître Pathelin - Moniage Guillaume - La Mort Artu : Anonyme du XIIIe siècle…) et surtout le Roman de Renart.

C'est une œuvre composée de courts récits indépendants, quelquefois en prose, le plus souvent en vers octosyllabiques. Écrit en français, langue romane d'où le nom roman, il en existe 27 branches rédigées, au cours des temps, par des auteurs différents. Il met en scène des animaux dont les deux principaux : le loup « Ysengrin » et surtout le goupil « Renart », le si célèbre héros. Le Roi-lion, lui, sert d'arbitre. Le récit contient 80 000 vers, à rimes plates pour favoriser la citation de ces récits (ils étaient racontés, sous diverses formes, par les jongleurs à la population, très peu de gens sachant lire et écrire au Moyen Âge).



Interprétations.


Ces textes satiriques ont des fonctions diverses :

- de critique sociale des classes dominantes, incapables de nourrir les petites gens ; de parodie des chansons de geste et romans courtois, mêlée d'anticléricalisme ;

- psychologiques (voire cathartiques) : transgression de tabous religieux (Dieu est absent et les formes sociales de la religion - pèlerinage, croisade et simplement clergé - sont méprisés et ridiculisés) alors que l'antagonisme central entre Renart et Ysengrin fait appel à la scène primitive (le viol de la louve).

Ces textes ont inspiré certains auteurs contemporains comme Carl Gustav Jung, dans la création de son concept d'Enfant intérieur et Paul Radin, dans son étude du Trickster. Ces auteurs furent interpelés par la figure de Till l'espiègle ou celle du renard dans Le Roman de Renart, entre autres, comme modèles de ce qu'ils nommaient le "fripon divin" : un être espiègle, malicieux et facétieux.

Seulement, Renart dénonce (la faim, la violence, la bêtise...) mais ne propose rien.

Les œuvres les plus tardives (Renart le Bestourné (à l'envers) de Rutebeuf, ou l'anonyme Renart le Contrefait, (1319-1342) accentuent encore la satire.

Selon certaines interprétations, Renart représenterait le petit peuple, toujours prêt à mille « jongleries » pour survivre ; Ysengrin : la bourgeoisie, lourde et patentée ; Grimbert, le blaireau : le clergé et Brun, l'ours : la noblesse. Mais dans le texte, tous les personnages sont explicitement présentés comme appartenant à la noblesse. Renart est un chevalier qui vit dans son château de Maupertuis et est le premier à se moquer des vilains et à vivre à leurs dépens en les ridiculisant voire en n'hésitant pas à les tuer.

Pour d'autres interprètes (qui semblent aller encore plus loin), le roman serait une représentation de la cellule familiale primaire. Goupil serait la femme, un peu rusée, un peu sorcière et le loup, l'éternel mari, fort et brutal, toujours prêt à profiter de ses avantages naturels mais finalement toujours berné. Une famille dont le patriarche, serait le lion ; le corbeau, la belle-mère ; l'ours : le beau-père, etc. D'ailleurs, ces rôles « traditionnels », se retrouvent, quasiment à l'identique, dans plusieurs autres cultures européennes (Finlande, Suède, Roumanie, Russie), ou même orientales (Chine, Inuits, Mongolie...).

Les frères Grimm y voient une « épopée animalière (Thiersage) venue de Germanie via Tacite. Ce qui lui confèrerait des racines indo-européennes ».

Alors, les auteurs du Roman seraient-ils, des peintres animaliers ? Non, peu leur chaut ; le monde des animaux, miroir du monde humain, sert avant tout à critiquer celui-ci. Les auteurs se moquent de tout, des chevaliers aux pèlerins, de la justice aux courtisans, montrant partout l'hypocrisie. Successeur d'Ésope, il préfigure les fables de Jean de La Fontaine.

Et si en fin de compte, Renart, dans ce cycle interminable, avait créé un autre univers : le sien ?

Bref, ces récits sont si riches que chacun peut y trouver ce qu'il y cherche. De toute façon, c'est presque toujours Renart qui gagne.



Origines

Origine des noms.
Renard (ou Renart) est un nom de personne d'origine germanique : Raginhard (ragin = conseil + hard = dur). Ne l'oublions pas, le substantif renard est au départ un prénom ; c'est la popularité du goupil prénommé Renart qui en a peu à peu fait un substantif.
Dérivés : Raynard, porté notamment en Vendée, Puy-de-Dôme et en région lyonnaise.
Variantes : Raynart, Rainart (06), Rainard (79, 86). Regnard, porté notamment dans l'Yonne et la Somme ; c'est un nom de personne d'origine germanique identique à Renard.



Variantes
: Regnart (51, 80) ; Réginard, Reynard, porté dans la région lyonnaise et le Vaucluse.

Dans le poème de Nivard de 1148, plusieurs animaux retrouvent un nom fixé, de longue date, par la tradition. Ce sont : Reinardus le goupil, Balduinus l’âne, Bruno l’ours. Le nom des autres animaux ne reparaissent plus... inventés pour la circonstance, ils disparaîtront avec leur auteur.
En Allemagne, de nos jours, Reinhart est un patronyme assez courant. D'ailleurs, nous retrouvons dans le « Glichezâre » : Reinhart pour Renart, Dieprecht pour Tibert, Diezelin pour Ticelin. Par de singuliers échanges, ces termes d'origine mérovingienne (donc germanique) paraissent avoir ensuite été latinisés puis récupérés par le français, avant, d'être de nouveau germanisés puis enfin définitivement refrancisés.
Ainsi goupil vient du latin Vulpes mais les Francs lui préfèrent le terme mérovingien Reinhardt qui sera une première fois francisé en Reynard (ou Reynart), repris en allemand tel quel, latinisé en Reinardus puis en Renardus avant d'être définitivement refrancisé en Renard ou Renart. Il faut l'avouer, c'est assez complexe et on pourrait facilement y perdre son latin.
Quant à Ysengrin, Ysen-grin, il signifie en flamand « féroce comme le fer » ou « casque de fer ».



Origine des textes.

Roman de Renart ; enluminure de manuscritCes textes sont issus d'une longue tradition de récits animaliers en latin, notamment :

L'Ysengrimus, ainsi que des fables ésopiques regroupées au Moyen Âge dans des recueils nommés « Isopets ».
Elle peut se retrouver dans :

des contes populaires, sans doute très anciens pour quelques-uns
des auteurs latins (Ésope)
des poèmes en bas-latin, surtout :
La Disciplina clericalis, recueil « d'exempla » (petits contes moraux) d'origine orientale composée en latin vers 1110 par Pierre Alphonse, médecin sépharade converti au christianisme. On y trouve des récits promis à un succès durable dans la littérature européenne comme la première élaboration connue du « Conte du loup et du renard dans le puits » (branche IV du Roman) ou des récits fournissant l'intrigue d'autres fabliaux célèbres.
l'Ysengrimus : 6 500 vers en distiques latins, où l'on trouve pour la première fois, le personnage de Reinardus) du clerc flamand Nivard de Gand qu'il écrivit en 1148-1149 sous le titre premier de « Renardus vulpes ».
dans les récits de Marie de France, parus en 1152.
Attention : le Roman de Renart n'est pas un roman à proprement parler, mais un ensemble disparate de récits en octosyllabes de diverses longueurs, appelés dès le Moyen Âge « branches » ; on en dénombre 25 à 27 de 300 à 3 000 vers, soit quelques 25 000 vers. La branche I, la plus ancienne (v. 1170) est attribuée à Pierre de Saint-Cloud. Dès le XIIIe siècle, les branches sont regroupées en recueils, apportant une certaine unité.

Si le texte original en français s'est perdu, on en retrouve une première traduction en allemand en 1170, en Alsace, un trouvère nommé Heinrich der Glichezâre » (Henri l’Hypocrite) produisit un « Reinhart Fuchs » qu'il jurait autobiographique. Vers 1250, paraît « Reinaert de Vos », en flamand, composé en deux parties par deux auteurs différents, dont le premier, le trouvère Willem, qui travaillait en Flandre Orientale, était un poète au talent reconnu.




Les textes .


On peut lire plusieurs aventures époustouflantes avec des personnages répétitifs. Dans ce livre, les textes sont écrits en roman (vieux français). Quelques expressions sont parfois dures à comprendre surtout pour les plus jeunes. Ces textes nous éclairent sur le Moyen Âge, la famine et tous les problèmes que l'on peut y trouver.

Les auteurs identifiés
L'un des premiers auteurs connus en est Pierre de Saint-Cloud, érudit, qui fit paraître dans la première moitié du XIIe siècle Les enfances Renart (L'enfance de Renard - Branche II). Tel quel, ce texte de près de 1100 vers est assez difficile à lire, en voici cependant un court extrait :

"Seigneurs, oï avez maint conte
Que maint conteres vos aconte,
Conment Paris ravi Helayne,
Les maux qu'il en ot et la paine, 4
De Tristram qui La Chievre fist,
Qui assez belement en dist
Et fables et chançons de geste,
Romanz de lui et de sa geste,"
8.

Richard de Lison, est le second auteur clairement identifié.

Mais il y a 28 autres auteurs non-identifiés.



Les branches .

Elles ont varié au gré des rééditions.

Branche I ; Si conme Renart manja le poisson aus charretiers, (Comment Renard mangea le poisson des charretiers), Jugement de Renart. Siège de Malpertuis. Renart Teinturier.
Branche II ; Les enfaces Renart, (L'enfance de Renard) de Pierre de Saint-Cloud.
Branche III ; Si conme Renart fist Ysangrin moine, (Comment Renard fit Ysangrin moine).
Branches IV-VI ; le Puits. Chanteclerc. la Mésange. Tibert. les deux prêtres, les Béliers, la Femme du vilain.
Branches VII-IX ; Renart et le corbeau. le Viol d'Hersent. L'éconduit (l'escondit). le Duel de Renart et d'Isangrin. le Pèlerinage de Renart.
Branches X-XI ; Liétard. Renart et la mort de Brun. les Vêpres de Tibert.
Branches XII-XVII ; les Poissons dérobés. Moniage d'Isengrin et la pêche au seau. le Labourage en commun et la collaboration de Renart à l'œuvre du Roi Connin. la Confession de Renart. Isengrin et le prêtre Martin. Isengrin et la Jument. le Bacon enlevé.
Branches XVIII-XIX ; la Mort de Renart. Le Partage du lion. Renart médecin.
Branche XX ; Renart empereur.
Branche XXIV ; La naissance de Renart (seconde version): "Lorsque Dieu eut chasser Adam et Eve du Paradis terrestre, il leur remit une baguette magique. Il leur suffisait d'en frapper la mer pour qu'apparaisse aussitôt un animal, Adam fit sortir de la sorte toutes les bêtes utiles à l'homme, tandis qu'Eve peuplait la Terre d'animaux cruels et sauvages. C'est ainsi que naquit Renart..."




Les personnages .

RenartRenart : le goupil espiègle, personnage principal de ces récits. Complexe et polymorphe, (allant du bon diable redresseur de torts tel Zorro (renard en espagnol), au démon lubrique et débauché) il incarne la ruse intelligente liée à l'art de la belle parole.
Ysengrin : le loup bête et cruel, éternel ennemi de Renart, toujours dupé. Son épouse Dame Hersent la louve, fut jadis « violée » par Renart ; d'où une éternelle rancœur.
Primaut, le damp loup
Noble, le lion : roi
Dame Fière, la lionne
Beaucent, le sanglier
Belin, le bélier :
Baudoin (ou Bokart), l'âne : secrétaire du roi.
Brun (ou Bruno ou Bruin), l'ours (d'après la couleur de sa robe, ou d'après un nom germanique traditionnel)
Chantecler, le coq : il fut emporté par Renart, mais s'en tira sain et sauf.
Chanteclin, le coq : il est le père de Chantecler.
Couard, le lièvre
Eme, le singe : époux de Dame Rukenawe, la guenon
Grimbert, le blaireau : défenseur et cousin de Renart.
Grymbart, la renarde : sœur de Renart.
Hermeline, la renarde : épouse de Renard qui eut quelques démêlées avec Hersent.
Hersent, la louve : épouse d'Ysengrin qui invita Renart à coucher avec elle, un jour ou il vint la voir en l'absence de son époux.
Tibert, le chat : il se fit malgré lui piéger par Renart.
Ticelin, le corbeau : il déroba un fromage à la fenêtre d'une maison de campagne et se le fit voler par Renart.
Blanche, l'hermine
Brichemer, le cerf : sénéchal
Bernard, l'âne
Corbant, le freux
Sharpebek : épouse de Corbant.
Coupée, la geline
Courtois, petit chien
Drouin, le moineau
Hubert, l'escoufle (milan, rapace propre aux régions chaudes et tempérées)
Firapel, le léopard
Jacquet, l'écureuil
Dame Mésange, la mésange dont le fils a Renart pour parrain
Musart, le chameau : légat du Pape
Ordegale, femme castor
Pantecroet, la loutre
Percehaie, Malbranche, et Renardel : Fils de Renard et d'Hermeline
Roonel, le mâtin (gros chien)
Dame Rukenawe, la guenon : épouse d'Eme, le singe.
Tardif, le limaçon
Vader de Lantfert : fils de Dame Pogge de Chafporte et de Macob.
Rohart le corbeau :
Rousse la poule



Recentrer le Roman dans l'histoire .

Selon l'érudit Lucien Foulet, sa composition s’échelonne de 1174 à 1250. Vingt-huit auteurs indépendants y ont collaboré, dont seulement deux ont tenu à nous transmettre leur nom. Ces écrivains ont réalisé une œuvre maîtresse, et à succès.

Rutebeuf écrivit un Renart le bestourné, et Jacquemart Giélée de Lille, un Renart le Nouvel. Le Couronnement de Renart (anonyme) date de la seconde moitié du XIIIe siècle. Maurice Delbouille dans Lettres françaises de Belgique (dirigé par Charlier et Hanse) identifie son auteur par sa langue, "marquée fortement de particularités dialectales picardes et wallonnes", à un clerc vivant à la Cour du Comte de Namur. Le Couronnement de Renart par l'âpreté de son ton, la violence de ses mises en cause, paraît comme détaché du Roman de Renart proprement dit bien qu'il lui doive beaucoup.

Au XIVe siècle, on réécrit deux fois Renart le Contrefait ; la première est l’œuvre d’un commerçant en épices ; la seconde, véritable somme ne compte pas moins de 40 000 vers (produits entre 1319 et 1342).

En 2004, 4 fabliaux renardins ont encore été produits.

Donc 9 siècles après sa naissance, Renart le malin vit toujours, tout au moins dans les livres (et dans les cœurs).



 

sources : Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 21:13
Les légumes en Europe médiévale.









Il ne suffit pas de reconnaître comme comestibles des fruits et des légumes pour qu'ils soient consommés. Ils sont le symbole d'un statut social ou des idées d'une époque sur la diététique : la période médiévale réservait les légumes (trop proche de la terre) à la consommation populaire et préférait la consommation des fruits (plus aériens, donc proche du ciel) pour les élites. D'après Jean Louis
Flandrin, on trouve seulement 9 % de recettes de légumes dans les livres de cuisine du 14e et du 15e siècle, contre 21 % à partir du 18e siècle. On trouve également davantage de recettes de légumes dans les livres du bassin méditerranéen (Italie, Catalogne) : survivance des traditions romaines et influences de la culture arabe pour les pays du sud, influence des traditions germaniques pour les pays du nord ?

La consommation des plantes comestibles dépend également de leur présence dans un lieu donné et à une époque donnée. Lorsqu'on se réfère à la liste des plantes dont la culture est recommandée, vers 800, par le capitulaire de Charlemagne (De villis vel curtis imperialibus : des terres et cours impériales, paragraphe 70), on peut faire des observations très instructives :

- on y trouve des légumes connus actuellement (concombre, pois chiche, céleri, carotte, chou, poireau, pois, laitue, ail, oignon, échalote...), des herbes aromatiques familières (menthe, sauge, cumin, anis, persil, sarriette, coriandre...).


- on y trouve des plantes "oubliées", soit parce que leur fonction alimentaire ou médicinale a disparu au profit de leur fonction ornementale (lis, rose, glaïeul), soit parce qu'on pense maintenant qu'il s'agit d'herbes sauvages et qu'on a oublié qu'il s'agit de plantes comestibles (tanaisie, herbe à chat, maceron, arroche, mauve...), soit parce que ces plantes ne sont plus connues que des seuls spécialistes (la scille, le méum, le séseli, le cabaret, l'épurge...).

- on constate, dans cette liste, l'absence de légumes considérés comme essentiels actuellement : ils étaient alors inconnus en Europe, parce qu'originaire d'Amérique (pomme de terre, tomate, haricot, courgette...) ou parce qu'ils viennent d'Orient et, comme l'aubergine, arriveront en Europe plus tard dans les bagages des arabes.





Légumes en Europe médiévale :
.

* Artichaut
* Aubergine
* Cardon
* Carotte
* Chou
* Courge médiévale européenne
* Melon
* Panais

Classés dans les herbes à porée
:

* Blette
* Epinard
* Poireau




. Artichaut et cardon



Artichaut : famille des composées, genre Cynara scolymus

Cardon : famille des composées, genre Cynara cardunculus

Les chardons épineux du bassin méditerranéen sont à l'origine de 2 plantes comestibles, probablement d'abord consommées à l'état sauvage, puis cultivées et souvent confondues dans le passé : l'artichaut et le cardon. Ces 2 plantes aiment les climats doux, c'est pourquoi l'artichaut est surtout cultivé en Italie, en Espagne et en France (principalement dans le Midi et en Bretagne). Le cardon est surtout cultivé en Rhône Alpes (François Couplan le met dans la liste des légumes oubliés).

Pline l'ancien parle de la culture du "carduus" à Carthage et à Cordoue et Columelle cite le "cynara" cultivé en Andalousie, au 1e siècle après J.C. Apicius donne 7 recettes de "spondili" et 3 recettes de "cardui" (Livre III, XIX et XX). Sfondili et cardui sont traduits par fonds de cardons et par cardons par Jacques André (édition 1987). Mais Michel Pitrat et Claude Foury (Histoire de légumes, INRA, 2003) estiment que sfondilus doit probablement être traduit par artichaut et carduus par cardon. Des mosaïques de Tunisie montrent des capitules d'artichaut, mais le capitule de cardon est étrangement voisin de celui de l'artichaut !


Le mot cynara disparaît du vocabulaire latin alors que le mot carduis devenu carde et cardon en français se maintient pendant tout le Moyen Age. La blette à carde (à larges côtes) n'a aucun rapport avec le cardon et n'est pas connue avant le 17e siècle.

En revanche on est certain de l'existence de l'artichaut en Andalousie à partir du 10e siècle sous le nom d'harschaf. L'artichaut arrive en Navarre et en Italie au 15e siècle. Il s'appelle carcioffola en italien et cachofa en espagnol, carxofa en catalan. Il est cultivé en Languedoc au 16e siècle. Rabelais et Ronsard en parlent et l'appellent déjà artichaulx ou artichôs. L'artichaut a alors la réputation d'être un aphrodisiaque.


Olivier de Serres décrit la culture de la carde et de l'artichaut en Vivarais en 1600. Le cardon est traditionnellement mangé à Noël en Provence et en Dauphiné.




. Aubergine




Aubergine : famille des solanacées, genre Solanum melongena.

Elle s'appelle vatin gana en sanscrit, badindjan en persan, al badin jan en arabe et alberginia en catalan. Car elle vient d'Inde. Les premières recettes de "moussaka" font partie de la gastronomie arabo-persane et les arabes ont acclimaté l'aubergine dans l'Espagne musulmane. Il y a de nombreuses recettes d'aubergine dans les livres de recettes arabo-persanes et arabo-andalouses, en particulier dans le Baghdad Cookery Book (1226) et l'Anonyme andalou (début du 13e siècle). On trouve 4 recettes d'alberginia dès 1324 dans le Sent Sovi, 3 recettes chez Robert de Nola à Naples au début du 15e siècle, mais il faut attendre 1750 pour que le mot aubergine fasse son apparition en français ! En effet, pendant plusieurs siècles, l'aubergine a été essentiellement consommée en Espagne, en Grèce et en Italie du Sud. Les Français s'en méfiaient, car, comme la tomate encore inconnue en Europe et dont on se méfiera longtemps, l'aubergine fait partie de la famille des solanacées et s'apparente à la dangereuse belladone. Le botaniste allemand Leonhart Fuchs dit au 16e siècle : le nom seul d'aubergine doit effrayer ceux qui ont souci de leur santé.


Les aubergines du Sent Sovi sont cuisinées en gratin avec du fromage :

Capitol CLI. Qui parla con se deuen coura albergines en casola

On prend les aubergines et on les pèle et puis on les cuit. Et quand elles sont cuites, les mettre dans l'eau froide et puis les presser entre 2 tranchoirs. Prendre une cassole en terre et y mettre les épices et l'eau; ajouter du bon fromage (blanc ?) et mélanger le tout. Et puis, quand tout est mélangé dans la cassole, prendre les aubergines, les mettre dans la cassole de fromage et la porter au four. Et cuire au four comme pour faire cuire un flan. Et si on ne veut pas les porter au four, les cuire à la braise sur un trépied, et poser dessus un couvercle avec de la braise.




. Carotte

 

Carotte : famille des ombellifères ou apiacées, genre Daucus carota.


La carotte sauvage est présente dans toute l'Europe, une partie de l'Asie et en Afrique du nord. Mais il est difficile de repartir de sa variété sauvage pour aboutir à la carotte potagère, comme l'a prouvé Philippe-André de Vilmorin vers 1830 (cf le Jardin des Hommes, J.B. de Vilmorin, 1991).

La carotte est restée longtemps une racine longue, jaune et ligneuse. Apicius donne 3 recettes de "carotae" (Liber III - XXI - 1 à 3) : frites avec du garum au vin, en vinaigrette, ou bouillies et cuites avec une sauce au cumin. Les carottes (carvitas) figurent dans la liste des légumes dont la culture est recommandée par Charlemagne dans le capitulaire De villis vel curtis imperialibus (des terres et cours impériales). Ibn al-Awwam, dans son livre de l'agriculture, cite au 12e siècle 2 espèces de carottes : la rouge (déjà présente en Syrie au 4e siècle) et une variété plus grosse et moins bonne, vert-jaune. En réalité les occidentaux connaissent une carotte fibreuse jaune ou rouge, jusqu'au 17e siècle, où fut inventé en Hollande la carotte appelée "Longue-Orange", à l'origine des carottes modernes orange que nous connaissons. Il faut attendre le début du 19e siècle pour que la production de carottes modernes se développe en France.


La carotte fut souvent confondue avec le panais. Les recettes d'Apicius sont intitulées "carotae sev pastinacae" (carottes ou panais). La carotte se traduit en catalan par pastanaga, proche de l'espagnol et du latin pastinaca (panais).

La carotte est peu présente dans les recettes médiévales occidentales, plus fréquentes dans le Bagdad Cookery Book ou la cuisine arabo-andalouse. 2 recettes comportant des carottes dans le Liber de Coquina : le composé lombard et le composé teutonique (V, 11 et 12). Le Sent Sovi a une recette de carottes blanches au lait d'amandes (pastenagues blanques : Qui parla con se ffa pastenegua ab let de amelles, CXIII). Le Ménagier de Paris la cite dans la rubrique Autres menues choses qui ne sont pas de nécessité et conseille de la faire cuire comme les navets. Il décrit les carottes comme des racines rouges que l'on vend aux Halles par poignées.





. Chou



Chou : famille des crucifères, genre Brassica oleracea.


Origine : une plante sauvage vivace de 60 cm à 1 m de haut, qu'on trouve habituellement sur les côtes rocheuses et les falaises d'Europe occidentale et méditerranéenne, jusqu'au Proche Orient. Elle est domestiquée et cultivée depuis 5 ou 6 000 ans. A partir du chou sauvage, on recense plus de 400 variétés de choux : chou pommé vert ou rouge, chou frisé, chou-fleur, chou de Bruxelles, brocoli, et de très nombreuses variétés régionales dans chaque pays d'Europe...

Le chou pommé était déjà cultivé à l'époque de Jules César. Le chou-fleur, originaire des bords de la Méditerranée orientale, était appelé chou syrien dans l'Andalousie arabe du 12e siècle. Olivier de Serres en 1600 dans le théâtre d'agriculture et mesnage des champs parle des cauli-fiori, ainsi dicts des Italiens, encore assés rares en France.


Les romains mangeaient déjà l'équivalent du brocoli actuel : Apicius donne plusieurs recettes de cimas et coliclos (brocolis et pousses de choux). Le chou de Bruxelles est apparu au 16e siècle, mais s'est vraiment développé, sous sa forme actuelle, seulement à partir du début du 19e siècle.

Dans la classification hippocratique médiévale, le chou est un aliment humide. Le poète Macer Floridus (10e siècle) dit : Quoique ce soit une plante vulgaire de nos jardins, le chou ne laisse pas d'avoir un grand nombre de vertus salutaires. Suivant Caton, les Romains l'employèrent comme médicament pendant 600 ans. (Cité par Laetitia Bourgeois-Cornu in Les Bonnes Herbes du Moyen Age).


Le chou, légume populaire, ne fait pas habituellement partie des légumes utilisés dans les recettes de porée ou de potage de la gastronomie médiévale. On trouve en revanche, dans le Ménagier de Paris (n° 53) un long paragraphe pour décrire 5 espèces de choux, leur période de récolte et comment les accommoder : Et sachez qu'il faut mettre les choux sur le feu tôt le matin et les cuire très longuement, et plus longuement que nul autre potage, et a bon feu fort; ils doivent tremper en graisse de boeuf et pas une autre - qu'ils soient choux pommés ou une autre variété, sauf les choux de remontée. Sachez aussi qu'un bouillon gras de boeuf et de mouton convient bien mais pas celui de porc qui n'est bon que pour les poireaux.  



. Courge médiévale européenne




Famille des cucurbitacées, genre Cucurbita lagenaria vulgaris siceraria

Michel Chauvet, chercheur à l'INRA de Montpellier fait remarquer que : Il faut éviter à tout prix l'anachronisme, qui consiste à croire que les types modernes existaient de tout temps et que ce sont eux qu'il faut retrouver chez les anciens.


La courge en est un parfait exemple : le Ménagier de Paris explique longuement comment cultiver les courges (Le jardinage II, ii - 19), il donne une recette de courges (autres potages clairs aux épices, 63); la courge s'appelle congorde chez Taillevent et se consomme en potage; la courge se consomme en tarte et s'appelle zucche chez Maestro Martino; le Sent Sovi propose plusieurs recettes de carabaces...

Et pourtant la courge (comme le haricot) est inconnue en Europe au Moyen Age ! Puisqu'elle vient d'Amérique.


Car la courge médiévale européenne n'est pas la courge ou la citrouille que nous connaissons maintenant (Cucurbita pepo), mais la gourde qu'on appelle parfois courge calebasse (au risque de la confondre avec la calebasse africaine) ou cougourde, originaire d'Asie méridionale. D'après Michel Chauvet, les jeunes fruits de la gourde sont parfaitement comestibles comme courgettes. On trouve d'ailleurs encore des graines de Lagenaria chez des grainetiers spécialisés.

La gourde est connue sous le nom de cucurbita depuis l'antiquité : Apicius propose un chapitre spécial avec 8 recettes de cucurbitas (LIII-IV), les cucurbitas font partie de la liste du Capitulaire de Charlemagne De Villis. Linguistique : Cucurbita a été transformé en cohourge qui a donné courde puis, à partir du 13e siècle aussi bien gourde que courge. Pour les gens du Moyen Age, gourde et courge sont le même légume. Pour nous il s'agit de 2 variétés différentes !




. Melon


Melon : famille des cucurbitacées, genre Cucumis melo.

Il est originaire d'Asie ou d'Afrique du Sud. Les variétés actuelles connues viendraient du Caucase et d'Arménie. Le melon était déjà consommé en Egypte ancienne, chez les grecs et chez les romains.

Il y a parfois des confusions de vocabulaire pour désigner l'espèce Cucumis melo. Michel Chauvet, chercheur à l'INRA de Montpellier fait remarquer aussi que : Il faut éviter à tout prix l'anachronisme, qui consiste à croire que les types modernes existaient de tout temps et que ce sont eux qu'il faut retrouver chez les anciens.


En effet, la reproduction de melon du Tacuinum montre un melon d'une forme allongée très différente des melons actuels et confirme les difficultés d'identification rencontrées par les chercheurs. Il y a également confusion de vocabulaire entre concombre, melon, pastèque et courge dans l'antiquité et au Moyen Age.

Michel Chauvet explique : Pour Pline (19, 64-68), quand les "concombres ont acquis un volume considérable, on les appelle pepones." Ce nom a donné un dérivé grec melopepôn (d'où le latin melopepo), signifiant "melon-pomme", dont Pline nous dit qu'il s'agit d'une variété nouvelle ayant la forme d'un coing, qui prend sur le sol une forme ronde et est doré... La seule recette que donne Apicius (recette 85) est intitulée "Pepones et melones", que le traducteur Jacques André a rendu par "Pastèques et melons". Je pense qu'il a choisi "pastèque" parce que "melon" était déjà rendu par "melones". Mais à mon avis, il s'agissait de deux types de melons. En note, André précise que la recette concerne probablement des fruits cuits ("en compote") et non crus, et il ajoute que "on sait qu'on faisait cuire les pastèques (Dioclès de Caryste ap. Athénée, 68e)". Cette affirmation montre qu'il ne s'agissait probablement pas de nos pastèques modernes (rouges et très aqueuses). S'il s'agit d'un type de cultivars de Citrullus lanatus, ce serait plutôt le citre [ou gigerine] (à chair blanche, dont on fait des confitures de nos jours), ou de types récoltés immatures (pourquoi pas ?). Mais je pense que c'était plutôt un type de gros melon inodore.


Apicius propose donc une recette de Pepones et melones (gros melons et melons) : poivre, menthe pouliot, miel ou vin paillé, garum, vinaigre. On ajoute aussi parfois du silphium (III-VII).

Des moines italiens ont cultivé et amélioré le melon, à la Renaissance, dans une résidence papale d'été : Cantalupo. Le melon cantaloup s'est ensuite acclimaté dans la région d'Avignon (melon de Cavaillon). La Quintinie cultive le melon sous serre à Versailles. Au 17e siècle, on distinguait en France les pompons, à gros fruits oblongs sans saveur, et les melons, à fruits ronds sucrés. On comptait 65 variétés de melon à la fin du 19e siècle.




. Panais



Panais : famille des ombellifères ou apiacées, genre Pastinaca sativa.


Comme la carotte, le panais sauvage a une racine blanchâtre et ligneuse. On le consommait déjà 2 000 ans av. J.C. Dans les textes anciens, on ne sait pas toujours s'il est question de panais ou de carotte. Apicius donne les mêmes recettes pour "carotae sev pastinacae" (carottes ou panais). Mais le capitulaire de Charlemagne fait nettement la distinction entre carvitas et pastenacas. On trouve 2 recettes de panais en pâté (escheroy) dans le Ménagier de Paris (161 et 267).

Légume oublié ou dévalorisé en France, le panais est un légume encore très consommé en Grande Bretagne ou dans la péninsule Ibérique. La racine charnue du panais est plus grosse que celle de la carotte. Elle se cuisine comme la carotte.







Source oldcook.com

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Jehanne - dans L'Alimentation
23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 00:51
Le serment d'Hippocrates.








(Bien que très antérieur à la période médiévale, le serment d'Hippocrates a été souvent publié notament sous l'empire byzantin au XIIème siècle, voir image d'illustration, c'est pour cela que je lui consacre un article).




Le serment d'Hippocrate est un serment traditionnel prêté généralement par les médecins en Occident avant de commencer à exercer. Probablement rédigé au IVe siècle av. J.-C., il appartient aux textes de la Collection hippocratique, traditionnellement attribués au médecin grec Hippocrate.

En France, même si les jeunes médecins prêtent obligatoirement serment de respecter le code de déontologie médicale, le serment d'Hippocrate n'a aucune valeur juridique ; cependant le Code de déontologie en question, "émis" par le Conseil national de l'ordre des médecins, (et qui est en réalité le chapitre VII du titre II du livre Ier de la 4e partie du Code de la Santé Publique ayant trait aux professions de santé), s'en est largement inspiré, notamment en ce qui concerne des mesures telles que l'obligation de recueillir le consentement de la personne avant toute opération, ou encore le respect du secret médical.

Le serment que font les médecins et pharmaciens en France n'est pas le serment d'Hippocrate d'origine, même s'il en est inspiré. L'une des principales différences est que le serment d'Hippocrate interdit explicitement de pratiquer l'avortement ; il prescrit aussi des devoirs face à celui qui a enseigné la médecine.




Serment d'Hippocrates d'origine traduit du grec ancien par Emile Littré:

« Je jure par Apollon, médecin, par Esculape, par Hygie et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses, les prenant à témoin que je remplirai, suivant mes forces et ma capacité, le serment et l'engagement suivant :

Je mettrai mon maître de médecine au même rang que les auteurs de mes jours, je partagerai avec lui mon avoir et, le cas échéant, je pourvoirai à ses besoins ; je tiendrai ses enfants pour des frères, et, s'ils désirent apprendre la médecine, je la leur enseignerai sans salaire ni engagement. Je ferai part de mes préceptes, des leçons orales et du reste de l'enseignement à mes fils, à ceux de mon maître et aux disciples liés par engagement et un serment suivant la loi médicale, mais à nul autre. »

« Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je m'abstiendrai de tout mal et de toute injustice. Je ne remettrai à personne du poison, si on m'en demande, ni ne prendrai l'initiative d'une pareille suggestion ; semblablement, je ne remettrai à aucune femme un pessaire abortif. Je passerai ma vie et j'exercerai mon art dans l'innocence et la pureté.

Je ne pratiquerai pas l'opération de la taille (ouverture chirurgicale de la vessie ou cystostomie).

Dans quelque maison que je rentre, j'y entrerai pour l'utilité des malades, me préservant de tout méfait volontaire et corrupteur, et surtout de la séduction des femmes et des garçons, libres ou esclaves.

Quoi que je voie ou entende dans la société pendant, ou même hors de l'exercice de ma profession, je tairai ce qui n'a jamais besoin d'être divulgué, regardant la discrétion comme un devoir en pareil cas. »

« Si je remplis ce serment sans l'enfreindre, qu'il me soit donné de jouir heureusement de la vie et de ma profession, honoré à jamais des hommes ; si je le viole et que je me parjure, puissè-je avoir un sort contraire. »





Serment d'Hippocrates réactualisé en 1996:


« Au moment d'être admis à exercer la médecine, je promets et je jure d'être fidèle aux lois de l'honneur et de la probité.

Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux.

Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leur convictions. J'interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l'humanité.

J'informerai les patients des décisions envisagées, de leur raisons et de leurs conséquences. Je ne tromperai jamais leur confiance et n'exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences.

Je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me le demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.

Admis dans l'intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu à l'intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les mœurs.

Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément.

Je préserverai l'indépendance nécessaire à l'accomplissement de ma mission. Je n'entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui me seront demandés.

J'apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu'à leurs familles dans l'adversité.

Que les hommes et mes confrères m'accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré et méprisé si j'y manque. »





Source Wikipedia.


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Jehanne - dans La Médecine
15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 10:05
Les Horlogers au Moyen âge.






L'Eglise, soucieuse de respecter les heures de prière, confie à quelque moine habile et disposant de compétences en ferronnerie et en serrurerie, la mise au point d'un dispositif pouvant assurer la régularité d'une pratique. La sonnerie des heures canoniales, ainsi appelées, relève, dans un premier temps, d'une activité secondaire. La conception et la réalisation d'une horloge devient pourtant, au cours du XIVème siècle, une affaire de hauts techniciens.


S'il n'existe pas d'"horloger" à proprement parler au moyen âge, la période comprise entre les XIIème et XVème siècles voit se constituer lentement un métier réunissant une multiplicité de compétences techniques. Serruriers, ferronniers, orfèvres, forgerons sont autant de mécaniciens du temps, qui contribuent, au gré de leurs expérimentations et de leurs découvertes ingénieuses, à la spécialisation d'une activité annexe. Certains hommes de talent, savants, pétris d'une culture toute autre, ont besoin, dans le cadre de leur objet d'étude, d'instruments performants. Ils s'intéressent notamment et plus particulièrement aux instruments de mesure du temps. Leur participation est motivée par la volonté, tels des "nains juchés sur des épaules de géants" (dixit Bernard de Chartres), d'aller plus en avant dans la compréhension du monde. Astronomes, médecins, philosophes et géomètres se font ainsi les ingénieurs de nouvelles horloges, dites astronomiques. La réalisation pratique de l'ouvrage demeure toutefois du ressort des travailleurs manuels comme dans le cas du Jacquemart de Romans.


L'ampleur et la rapidité de la diffusion de ces nouvelles machines temporelles contribue, toute proportion gardée, à l'émergence d'une activité astreignante, celle de gardien d'horloge. Nous avons précédemment souligné les multiples failles de l'engin, qui réclame une attention permanente. La maintenance peut être confiée à une personne établie à demeure, avec rémunération fixe mais cette activité est le plus souvent attribuée aux fabricants mêmes. Itinérants, ils se déplacent avec leur atelier au complet, four et forge compris, lors de la fabrication et de l'installation de l'horloge sur les monuments publics des villes, puis des villages, et en assurent par la suite le bon fonctionnement. Leurs services s'appliquent, à la fin du moyen âge, à une région relativement restreinte, d'un rayonnement de deux à quatre jours de voyage.


L'évolution des techniques dans la fabrication des horloges mécaniques ainsi que les outils, illustrent la variété des compétences requises. Jusqu'au milieu du XIVème siècle, si les techniques de fabrication évoluent du fer forgé à la fonte au four, le montage des pièces d'horlogerie se fait essentiellement par rivetage à froid, pour préserver les propriétés du matériau. Ce procédé est réservé, en principe, aux parties du mécanisme (comme la cage de fer) assemblées définitivement. L'assemblage par perçage et vissage tend à se diffuser pour être largement d'usage au XVème siècle, parce qu'il permet un montage et démontage plus pratique. Sont aussi introduits de nouveaux appareils, comme le tour manuel, qui entraîne les pièces pour les rendre parfaitement cylindriques, et la machine à fendre les roues, qui permet de creuser les dents de la roue. Cinq étapes sont nécessaires pour la seule fabrication d'une roue : le forgeage par martelage, le traçage des dents, la fente de la roue à la main ou à la machine sus-mentionnée, le limage et le profilage, soit le travail sur la partie haute de la dent. Le travail des roues ainsi que de leur « dentition » se fait manuellement, après que les roues aient été rendues parfaitement cylindriques par le tour, lui-même actionné manuellement.


L'inventaire complet de l'outillage est difficile à établir : peu d'outils ont été retrouvés en l'état, la plupart ayant subi maintes refontes et transformations. Marteaux, scies, burins, limes ou échoppes et pinces de toutes sortes (plates, coupantes, à profiler, à faire des trous) sont déjà largement utilisées. De surcroît, chaque artisan apporte des modifications de son cru à ses propres outils.


Quant au matériau de construction, l'introduction et l'utilisation du bronze pour certaines pièces permet, à partir de la seconde moitié du XIVème siècle, bien que très rarement encore, d'amoindrir le phénomène d'usure, voire d'écrouissage (soudure) des pièces en fer. "Le bronze, métal cuivreux, et non ferreux, possède un coefficient de frottement plus faible lorsqu?il est mis en relation avec le fer et graissé en continu"


C'est partant de ce constat - et peut être aussi parce que le bronze était le métal le plus courant dans sa région - que Giovanni di Dondi (1330-1389) choisit ce seul matériau pour la construction de son horloge astronomique, dite Astrarium ou Planetarium, en 1364. Fils d'un médecin lui-même inventeur de l'horloge installée à Padoue en 1344, Giovanni di Dondi est professeur de médecine, de philosophie, d'astronomie et de logique.


Bien avant lui, Richard de Wallingford (1291-1336), abbé de Saint-Albans dans le Herefordshire (comté du sud de l'Angleterre), conçoit une horloge astronomique pour l'église de son monastère. Nullement théoricien de l'astronomie, c'est un pragmatique : fils de forgeron, il s'attache sa vie durant à la conception de nouvelles méthodes en trigonométrie ainsi que des outils de calcul, l'albion qui sert à déterminer la position des planètes et le rectangulus, astrolabe amélioré.


Ces deux hommes, tellement différents en apparence, envisagent l'horloge non comme un marque-temps, mais comme un moyen d'améliorer leur machine monumentalement géniale.


Henri de Vic, un allemand, concepteur et constructeur pendant plus de huit années de l'horloge du Palais Royal en 1370, suite à une invitation expresse de Charles V, Giovanni delli Organi, un italien, ou encore le parisien Julien Gouldray, horloger du roi Louis XII, sont quelques uns des horlogers qui, en nombre croissant, acquièrent renommée et confort matériel dans les cours princières et royales. En Allemagne et en Italie, les horlogers se constituent en corporation dès le XIVème siècle.


En France, ce n'est qu'à la fin du XVème siècle, plus précisément en 1483, que Louis XI donne leurs premiers statuts aux horlogers du royaume. L'acquisition d'une légitimité et d'une reconnaissance officielle de leur état ne laisse pourtant pas de garder, aux yeux de la société, une image peu rassurante. Tout travail, et à plus forte raison toute transformation de la matière, est très vite associé, au moyen âge, à des pratiques de magie. L'horloger, "magicien du fer, du métal et du ciel", pour reprendre l'expression de Bernard Seneca, continue d'inspirer, au XVIème siècle encore, crainte et méfiance.


Le caractère itinérant de son activité renforce une telle attitude. À la fin du XVème siècle, l'horloger, figuré en compagnie des fabricants d'orgue, des forgerons d'art et d'armurerie, des maîtres cuisiniers - autrement dit, les Enfants de Mercure - occupe une place ambiguë. Les astrologues attribuent en effet à la planète Mercure deux sortes d'influences sur les individus concernés : la curiosité, l'ingéniosité et l'adresse d'une part, mais aussi le goût pour la magie et la chiromancie, ce qui n'est pas pour plaire à l'Église.


Enfin, la littérature révèle que ce n'est pas tant l'horloger, mais l'horloge, fruit de son travail, qui suscite les plus belles louanges. Froissard, Dante, pour ne citer que les plus connus, se plaisent à décrire la merveille, mais ne font jamais allusion à leur auteur :


L'orloge est, au vrai considérer
Un instrument très bel et très notable
Et c'est aussi plaisant et pourfitable
Car nuit et jour les heures nous aprent
Par la soubtillité qu'elle comprend
En l'absence même dou soleil
Dont on doit mieuls prisier l'appareil



L'orloge Amoureuse, Froissard





Admiration, émerveillement , première ébauche d'un culte de la machine, apparition, surtout, d'une nouvelle profession.


La place de l'horloger dans la société, et la façon dont il est perçu, notamment par les intellectuels, révèle la persistance de la suprématie, n'en déplaise à Hugues de Saint-Victor, mort en 1141, célèbre pour avoir soutenu la nécessité d'enseigner les arts mécaniques dans les universités. Léonard de Vinci, homme de la Renaissance, ne souffre-t-il pas encore du mépris, si ce n'est du peu d'intérêt qu'on accorde à son génie dans les cercles universitaires, ainsi qu'il l'exprime dans ses correspondances personnelles ?






Source cdacm.

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