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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 09:28
Le prisonnier de la tour d'Aquin.



Il était une fois, un seigneur ayant eu un fils.....
Comme tous les seigneurs du Moyen Age, avoir un héritier était important pour la lignée et pour la conquête de nouveaux territoires, mais notre héro n'était point un combattant. Il maniait l'épée bien sur, mais il préférait manier les mots........

..... Oui, notre héros avait comme amies, non pas de rudes gaillards costauds et bagarreurs, mais des muses inspiratrices. Ces heures à noircir d'encre des parchemins étaient plus nombreuses que ces moments d'entraìnement aux armes.
Son seigneur de père était désespéré......

Il ordonna à son fils de ne plus écrire. Mais il n'obéit pas.

De rage, le seigneur déchira tous les parchemins vierges du château; Mais son fils en trouva toujours.....

Ne voyant aucune solution, le seigneur enferma son fils dans l'imposant donjon sans fenêtre. Il pensa qu'un petit séjour de sevrage redonnera..... 

.... le goût des armes et des beuveries entre chevaliers.
Mais non loin de là, muses et fées n'étaient pas d'accord avec cette décision parentale. Elles se pâmaient, à lire au dessus de son épaule, les proses de notre héro littéraire. Elles se régalaient à déguster les poèmes de ce jeune damoiseau. Que faire ? ..... 

....Normalement, les fées n'avaient pas le droit d'intervenir directement avec leur magie dans les problèmes des hommes terrestres. Mais il était si mignon ce héro.
Une fée eut l'idée de se transformer en .... cygne géant. Par cet acte, elle n'enfreignait pas la règle puisque la magie était pour elle et non pour ce bellâtre.

La fée-cygne survola la tour et avec son puissant bec, troua la paroi et fit évader le jeune poète.
On ne sut jamais ce qu'il devint, mais certains prétendent que le vent inspire parfois les hommes de cette vallée....... Est ce le fantôme du Damoiseau ?

C'est depuis ce jour que les habitants de Saint Pierre d'Allevard voient cette curiosité, en regardant vers la pente de Brame-Farine.

 

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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 09:10
Château de Castelnaud.





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La première mention connue du château de Castelnaud date de 1214 : Bernard de Casnac, puissant seigneur de Castelnaud, est un fervent défenseur de la foi cathare. Simon de Montfort qui mène la croisade contre les Albigeois s'empare de Castelnaud en 1214. En 1215, Bernard de Casnac reprend le château qui est finalement brûlé quelques mois plus tard sur l'ordre de l'Archevêque de Bordeaux. Le ton est donné ! Le château est reconstruit dans le courant du XIIIe siècle : il en subsiste le donjon carré et la courtine. Le site continue à s'imposer comme l'une des principales puissances du Périgord.
Une rivalité s'installe avec Beynac, son voisin et frère ennemi, mais les deux monstres de pierre ne s'affrontent pas directement.

En 1337, la guerre de Cent Ans éclate. Le château, par le mariage de Magne de Castelnaud avec Nompar de Caumont, entre dans la famille de ce dernier qui soutient les Anglais, alors que les barons de Beynac sont favorables aux Français. En un peu plus d'un siècle, le château change sept fois de camp. En 1442, les Français l'emportent définitivement, après un siège de trois semaines ordonné par Charles VII.

Le conflit terminé, les Caumont reprennent le château et le reconstruisent. Les impératifs de défense demeurent. La basse-cour est protégée par deux tours semi-circulaires percées de canonnières. On construit un pont-levis et une nouvelle barbacane. Par ailleurs, un vaste corps de logis est édifié à côté du donjon. Castelnaud reste le centre du pouvoir de la seigneurie et c'est la tour d'artillerie construite en 1520 qui symbolise le mieux la puissance des lieux.

Les Caumont choisissent la religion réformée. Le capitaine Geoffroy de Vivans, né au château de Castelnaud, défend la place et s'emploie à combattre ardemment les catholiques. Il est craint de toute la région. Pour preuve, personne n'a osé s'en prendre à Castelnaud pendant les guerres de Religion. Les Caumont restent donc maîtres des lieux mais ils n'habitent plus le château, trop inconfortable.

Après la Révolution, la végétation envahit les lieux. Castelnaud devient une carrière de pierres : en 1832, lorsque le trafic fluvial et l'émancipation du village de Castelnaud exigent la construction d'une cale pour le port, les maçons trouvent plus facile de faire dévaler les pierres de la partie sud du château plutôt que de les tailler. Les blocs de pierres arrivent rapidement et sans effort sur le lieu du chantier et. à bon port !

Le château est classé Monument Historique en 1966 à la demande des nouveaux propriétaires, Philippe et Véronique Rossillon. Il est aujourd'hui la propriété de leur fils, Kléber Rossillon, président de la FNASSEM (Fédération Nationale des Associations de Sauvegarde des Sites et Ensembles Monumentaux).




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Source casteland.com
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Jehanne - dans Patrimoine
30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 13:33
La géographie d'Idrîsî.




La Géographie d'al-Idrîsî propose, au milieu du XIIe siècle, une exploration du monde par un savant arabe vivant à la cour cosmopolite du roi normand Roger II de Sicile. C'est un atlas qui décrit de manière très codifiée les pays, leurs villes principales, leurs routes et leurs frontières, les mers, les fleuves et les montagnes. Al-Idrîsî commente ces cartes en suivant des itinéraires, comme un véritable guide. Il livre des informations de toute nature, géographiques bien sûr, mais également économiques et commerciales, historiques et religieuses. Outre la compilation des connaissances déjà pratiquées par ses prédécesseurs, al-Idrîsî s'est doté d'une méthode pour compléter et vérifier ses informations.



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Le livre du roi.


Appelée aussi Livre de Roger, la Géographie est un livre à la gloire de Roger II de Sicile. Le sens et le but de l'œuvre se rattachent à la mission dont le roi, selon la tradition arabe et byzantine, se sent investi. Une mission qui fait du prince un sage, serviteur du savoir, et invite Roger II à tenter la synthèse des connaissances du monde tout en exposant sa politique. Établissant une concordance entre les savoirs, la Géographie se présente comme une tentative de maîtrise intellectuelle du monde.
La Géographie connaît un certain succès dans le monde arabe. Le livre est cité, copié, repris, augmenté, réduit, traduit... En Occident, il est imprimé pour la première fois en caractères arabes à Rome en 1592, partiellement traduit et publié en latin en 1619. Il tombe ensuite dans l'oubli et il faut attendre le XIXe siècle pour connaître une traduction française complète du livre.


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Il reste aujourd'hui dix manuscrits de la Géographie, réalisés entre le début du XIVe siècle et la fin du XVIe siècle. La Bibliothèque nationale de France en possède deux. Celui présenté ici est le plus ancien, copié autour de 1300 sur papier en écriture maghrébine. Il provient de la collection de 1515 manuscrits arabes rapportés par Asselin de Cherville, agent consulaire en Égypte, acquise par la Bibliothèque en 1833. Ce manuscrit très stylisé comprend trois cent cinquante-deux folios et rassemble soixante-neuf cartes, peintes chacune sur une pleine double page dans un cadre d'or. Sa gamme de couleurs est étendue et variée. Les noms des pays et des régions sont tracés en rouge. La mer est de couleur bleue avec un filet ondulé blanc, les lacs d'eau douce et les fleuves sont en vert, très rarement en bleu. Les montagnes sont représentées avec de nombreuses nuances, allant de l'ocre au violet. Les villes sont signalées par des rosettes rehaussées d'or.






Source BNF.
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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 10:15
Les gaufres au Moyen âge.




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On fait les gaufres de 4 façons différentes :

Première manière : battre des œufs dans une jatte, saler et ajouter du vin; saupoudrer de fleur de farine et laisser macérer le tout. Ensuite remplir petit à petit deux fers de cette pâte, pas plus que l'équivalent d'une lamelle de fromage à la fois, puis serrer entre les deux fers, et cuire de part et d'autre. Si la pâte ne se détache pas facilement du fer, l'enduire au préalable avec un morceau de linge qu'on a imbibé d'huile ou de graisse.
La deuxième manière ne se distingue de la première que dans la mesure où on ajoute du fromage, c'est à dire que l'on étend la pâte comme pour faire une tarte ou un pâté, puis l'on met des lamelles de fromage au milieu et on rabat les deux bords pour l'en couvrir. Le fromage reste entre les deux pâtes, et c'est ainsi qu'on le met entre les deux fers.
La troisième manière donne des gaufres coulisses, ainsi appelées parce que tout simplement la pâte est plus fluide; elle est faite comme ci-dessus mais à la consistance d'une bouillie liquide. Y mélanger du fromage finement râpé.
La quatrième manière consiste à pétrir de la fleur de farine avec de l'eau, du sel et du vin, sans œufs ni fromage. Item, les gaufriers connaissent une autre recette appelée gros bâtons à base de farine pétrie avec des œufs et du gingembre en poudre battus ensemble; ils ressemblent à des andouilles par la taille et l'aspect; on les cuit entre deux fers.


Yves Pinard, cuisinier du Grand Louvre, donne les proportions suivantes dans Les Fêtes Gourmandes au Moyen Age : 250 g de farine, 4 œufs, 150 g de gruyère râpé, 10 cl de vin blanc, 1 pincée de sel, pour les gaufres et 100 g de farine, 2 œufs et gingembre en poudre selon votre goût pour les gros bâtons. Il recommande de cuire les bâtons comme des gaufres et de les rouler sur un bâton de 3 cm de diamètre, pendant que la gaufre est chaude.
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Jehanne - dans Recettes Médiévales
22 janvier 2008 2 22 /01 /janvier /2008 10:16
La Cervoise.



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La cervoise est une bière faite avec de l'orge ou d'autres céréales comme le méteil ou le pois sec et peut être parfumée avec des herbes aromatiques. Elle est fabriquée par le cervoisier. D'abord appelée cerveise, cette boisson, tient son nom du gaulois qui a donné le mot latin cervesia. Elle faisait partie intégrante de l'alimentation gauloise. Sa popularité s'explique en partie par des raisons sanitaires car elle pouvait présenter moins de risque que l'eau.

L'introduction du houblon ne date que de la fin du XIVe siècle. L'aire de consommation de la cervoise se réduit à mesure que se répand, dans les villes et hors des régions viticoles, la consommation du vin. Au XVe siècle, la cervoise est surtout la boisson du menu du peuple du nord de la France.
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Jehanne - dans Les Boissons
20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 13:20
Le fromage au Moyen âge.




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Presque aussi vieux que la domestication des animaux laitiers par l'homme, le fromage est sans doute le fruit du hasard. Le lait oublié dans un coin, coagule et fermente... pour donner du fromage. C'est ainsi que l'un de nos lointains ancètres a découvert l'une des merveilles de nos tables. Au moyen-age on mangeait donc du fromage.




Au Moyen âge  trois grands évènements bouleversèrent l'histoire fromagère:

-  tout d'abord, l'invasion sarrasine  introduisit les chèvres du même nom  dans le Poitou. Grâce à ce "nouveau" lait, quantités de  fromages furent créés.
-  ensuite, découverte de la présure, enzyme contenue dans l'estomac des veaux, permit de faire cailler le lait plus rapidementet donc, de mieux conserver le fromage.
-  Mais, surtout, l'histoire riche du fromage  ne serait pas ce qu'elle est sans l'influence monastique. en effet, de nombreux moines mirent au point des recettes de fromages dans toutes les régions de France et de Navarre, en inventant, dans le même temps, les premières techniques d'affinage. Même s'ils sont fabriqués aujourd'hui industriellement, beaucoup de fromages que nous avons sur nos plateaux sont d'origine monastique.



Quelques exemples:

. Maroilles : créé en 960 par les moines de l'Abbaye du même nom. On l'appelait alors "craquegnon".
. Munster : fabriqué par des moines retirés des forêts vosgiennes. Célèbre partout en France dès le XIVe siècle.
. Cantal : Pline en parle avec respect dans son fichier d'histoire naturelle. Sans doute un des plus vieux fromages Français.
. Roquefort : Pline en parlait aussi ! C'est en 1411 que Charles VI donne aux habitants de cette ville, le monopole de la fabrication.

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Jehanne - dans L'Alimentation
19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 03:48
"L'habit ne fait pas le moine".




Signification:
L'apparence peut être trompeuse.


Origine:
Proverbe dont on trouve les premières traces au XIIIe siècle et qui serait tiré du latin médiéval.

Selon certains, ce proverbe viendrait d'une déformation progressive de la traduction de l'expression latine de Plutarque 'barba non facit philosophum' qui signifiait 'la barbe ne fait pas le philosophe'.

D'autres disent qu'il aurait pour origine un fait historique : en 1297, pour réussir à s'emparer par la ruse de la forteresse bâtie sur le rocher monégasque, François Grimaldi et ses compagnons d'armes se sont déguisés en moines franciscains, fait rappelé sur les armoiries de Monaco.

Enfin, peut-être faut-il simplement voir une certaine ironie dans cette expression.
En effet, lorsqu'elle est apparue, les moines de l'époque étaient bien loin de suivre leurs préceptes. N'hésitant pas à accumuler des biens, à ripailler, à courir la gueuse ou à trucider à tout-va dans les batailles, ils avaient un comportement très éloigné de celui que leur tenue aurait pu laisser supposer.
Ainsi, un brigand désireux de détrousser un moine en le supposant faible, pouvait tomber sur bien plus fort et rusé que lui.
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Jehanne - dans Le Langage
18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 07:44
William Wallace.




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Sir William "Braveheart" Wallace (1270 - 1305) est l’un des plus grands héros nationaux de l’Écosse et le chef incontesté de la résistance écossaise face à l’Empire Anglais qui prévalait sur l’Écosse à la fin du 13e siècle.  L’importance du rôle qu’a joué William Wallace pour son pays découle de la situation en Écosse à cette époque.

 

Historique de la situation en Ecosse au 13ème siècle.


Le roi d’Écosse à l’époque de William Wallace, Alexandre III, était au pouvoir depuis plus de 20 ans et son règne avait été caractérisé par une période de paix, de stabilité économique et de prospérité. Ce dernier avait de plus repoussé les nombreuses attaques des Anglais dans leur revendication de suzeraineté sur l’Écosse.

C’est en 1274 que le plus grand adversaire de Wallace, Edward I, connu aussi sous le nom de Longshanks, succéda au trône d’Angleterre après la mort du roi Henri III. Le 18 août de la même année, Longshanks, alors âgé de 35 ans, fut couronné à Westminster.




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Une nouvelle lutte pour le contrôle et le pouvoir en Écosse avait débuté lors de la mort d’Alexandre III en 1286.  La seule héritière au trône était la petite fille d’Alexandre III, Margaret, la ‘demoiselle de Norvège’ et fille du roi de la Norvège. Cette dernière fut alors nommée reine d’Écosse par les Seigneurs écossais alors qu’elle n’était âgée que de 4 ans. Un gouvernement provisoire avait été mis sur pied afin de gouverner l’Écosse jusqu’à ce que Margaret soit en âge de prendre le trône. Par contre, le roi Edward Longshanks, ayant ses yeux rivés sur la soumission complète de l’Écosse, a profité de la situation d’incertitude et d’instabilité qui régnait sur la succession de l’Écosse pour la tourner à son avantage. Ce dernier proposa donc aux Seigneurs écossais un mariage entre Margaret et son fils Edward, héritier de Caernarvon (devenu par la suite Edward II d’Angleterre), sous l’accord que l’Écosse serait reconnue comme royaume indépendant et séparé de l’Angleterre.

En 1290, Margaret tomba malade lors de son voyage vers l’Angleterre et mourra subitement à l’âge de 8 ans. Plus de 13 prétendants au trône se sont alors présentés dont la plupart provenait de la noblesse écossaise. À cette période, l’Écosse était alors occupée essentiellement par les anglais et assaillie par ses propres conflits internes. Les différents ‘gardiens’ et aristocrates écossais ne cessaient de comploter les uns contre les autres, tout en jurant loyauté envers le roi Edward Longshanks ou en le défiant lorsque ceci jouait en leur faveur. Au même moment, des troupes anglaises, incluant des mercenaires Irlandais, opéraient librement dans le pays, dévastant et abusant les villageois. Le peuple écossais était confronté à des atrocités et peu d’efforts de la part des nobles et de la bourgeoisie étaient fournis pour faire respecter les lois et protéger les populations.

C’est avec l’absence d’un vrai successeur au trône que les différents prétendants demandèrent à Edward Longshanks de trancher en faveur de l’un des trois principaux candidats. Ceux-ci étaient tous des descendants de David, Compte de Huntingdon et frère de William le Lion, roi d’Écosse de 1165 à 1214; John de Balliol, Robert de Bruce (devenu plus tard le roi d'Écosse) et John de Hastings. En 1292, Balliol fut choisi et se déclara Roi d’Écosse. Le but d’Edward était d’installer une monarchie écossaise qu’il pourrait facilement manipuler. Ce dernier sous-estima par contre la souveraineté de l’Écosse et Balliol ne se laissa pas influencer par le roi d’Angleterre. Il assura à son peuple qu’il ne répondrait qu’à de ce dernier, refusant toutes demandes militaires ou autres provenant d’Angleterre.

Après la signature d
'un premier traité de paix avec les français, Edward Longshanks monta une armée et attaqua Balliol à Dunbar. Balliol avait refusé de céder 3 châteaux sur la frontière écossaise et refusa toute demande provenant des anglais.. Il emprisonna Balliol et se déclara souverain d’Écosse. Il plaça le gouvernement entre les mains de 3 gouverneurs anglais qui gouverneraient sous son nom; John de Warrenne, William Ormsby et Hugh Cressingham.

 


Biographie de William Wallace.


Il existe très peu d’information sur l’historique de la vie de William Wallace et celle-ci est souvent imprécise. Plusieurs faits sur sa ville natale et sur sa famille (tels que le nom des ses parents, ses premières années, etc.) diffèrent d’un auteur à l’autre. Ceci est grandement dû au fait que ses actions héroïques sont majoritairement basées sur des suppositions et qu’à l’époque, il a inspiré une telle peur dans l’esprit des écrivains anglais que ceux-ci ont démonisé ses accomplissements, ses motifs et lui-même. Ces informations ne sont par contre que très peu pertinentes lorsque nous regardons l’importance du rôle qu’a joué William Wallace dans l’histoire de l’Écosse.





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William Wallace est né en 1270 à Ellerslie (Eldersie aujourd’hui) en Ayrshire en Écosse. Deuxième d’une famille de trois garçons, son père était Sir Malcom Wallace, un petit propriétaire foncier d’Eldersie et d’Auchinbothie et chevalier écossais peu connu. Sa mère, Margaret de Crawford, était la fille de Sir Hugh Crawford, le Shérif de Ayr. Étant le deuxième fils de la famille, William n’a pas hérité du titre et des terres de son père. Celles-ci sont plutôt allées à Malcom, le frère aîné de William. 

Les premières années de William Wallace sont très peu détaillées. Il existe peu d’information fiable concernant cette époque et plusieurs disent qu’il passa sa jeunesse à Dunipace, tout près de Stirling, sous la supervision de son oncle qui était prêtre. Wallace grandit en un géant, mesurant tout près de 6 pieds 7 pouces, tout en ayant le physique d’un géant. La taille moyenne des hommes de l’époque ne dépassait que très rarement les 5 pieds. Pendant les trois années d’insécurité qui suivirent la mort du roi Alexandre III, William Wallace développa ses capacités intellectuelles et son éducation avec l’aide de son oncle et s’aligna pour faire carrière à l’Église, une tradition pour les jeunes garçons qui n’avait pas hérité de terres, tout en démontrant ses grandes capacités pour le français et le latin. Son amour et sa passion pour la liberté peuvent en grande partie être créditées à son oncle, qui lui inculqua les vraies valeurs et essence de la liberté.


 

Les débuts de William Wallace.


En 1291, le père de William Wallace, Sir Malcom Wallace, fut tué par un chevalier anglais nommé Fenwick car il refusait de céder à l’autorité du roi Edward Longshanks.  William Wallace prit sa vengeance sur Fenwick en mai 1296 lorsqu’il intercepta le convoi mené par ce dernier en direction du village d’Ayr. William organisa une attaque de guérilla et ses partisans ont alors attaqué le convoi en bordure de ‘Loudoun Hill’, tuant ainsi tous les soldats anglais et Fenwick et vengeant la mort de son père. 

Cette première attaque fut le premier exploit de Wallace, qui lui rapporta plus de 200 chevaux, des armes et armures ainsi qu’un bonne quantité d’or et d’argent. La forte présence d’armées anglaises au Nord de l’Écosse et la croissance du nationalisme chez les écossais ont entraîné le besoin pour de nouveaux leaders écossais. Le jeune Wallace, avec sa haine envers l’occupation étrangère de son pays, s’est alors retrouvé à la tête d’un mouvement, toujours plus grandissant, de résistance nationale.

 

 

La bataille de "stirling Bridge".


L’un des plus grands exploits de Wallace fut sa victoire sur les anglais lors de la bataille de ‘Stirling Bridge’. Presque toute l’Écosse était revenue aux mains des Écossais en août 1297. Seul le Nord était encore occupé par la présence des anglais.  Stirling était la ‘porte’ pour accéder au Nord de l’Écosse et la clé de cette porte était le pont de Stirling. Le 10 septembre 1297, l’armée anglaise, dirigée par John de Warren, rejoignait les garnisons anglaises du château de Stirling et son constable, Sir Richard de Waldegrave, afin de livrer bataille à Wallace et ses hommes et reprendre le contrôle du territoire écossais.

John de Waldegrave avait amassé une formidable armée, de plus de 1000 cavaliers lourds et 50 000 soldats.  Cette armée était la plus réputée en Europe pour sa grande expérience au combat, ses soldats, réputés pour être les meilleurs de l’époque et finalement, elle n’avait jamais connu la défaite. L’armée de Wallace, qui s’était rallié avec Sir Andrew de Moray, était composée tout au plus de  16 000 soldats, incluant 150 cavaliers armés. Ces soldats étaient pauvrement armés et ne détenaient aucune expérience ou formation de combat, ceux-ci étaient dépassés en nombre par 3 : 1. Les écossais avaient par contre un esprit insatiable face combat et la motivation compensait pour le manque d’expérience au combat. Les écossais, principalement poussés par leur sens du patriotisme, étaient prêts à se battre et à mourir plutôt que de supporter la tyrannie de l’occupation anglaise sur leur propre territoire.





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William Wallace avait décidé de se positionner sur la rive opposée du château de Stirling, occupant ainsi le plateau élevé de la plaine sur les pentes des collines d’Ochil. Ceci forçait les anglais à se battre vers le haut sur les collines. John de Warren était alors obligé de traverser la rivière en empruntant  le pont de Stirling. Ce pont en bois était par contre étroit et limitait la traversé des cavalier lourds à 2, côte à côte. Les anglais n’auraient aucun moyen d’évasion rapide en cas d’attaque sur ce pont. La terre sur les rives de la rivière était beaucoup trop molle pour que les soldats ou les cavaliers ne puissent traverser.

Lors de la traversé de l’armée anglaise sur le pont de Stirling, Wallace donna le signal d’attaque à son armée et les rebelles chargea en grand nombre, levant et brandissant leurs lances et épées vers les ciel, et hurlant comme des déchaînés. Les lances en avant, ils foncèrent directement sur les soldats traversant le pont. Les soldats anglais étaient pris au piège car ils se faisaient transpercés par les écossais qui ne pouvaient plus avancés mais qui étaient par contre poussés vers l’avant par les autres troupes anglaises situées derrière eux. Ceux qui sautaient par dessus le pont se noyait avec le poids de leur armure ou étaient transpercés par les lances des rebelles écossais.  Plusieurs soldats et beaucoup d’archers anglais étaient piétinés et tués par les sabots des chevaliers qui traversaient le pont pour livrer bataille aux rebelles. 

La bataille dura un peu plus d’une heure et les rebelles écossais avaient massacré, sans pitié. En un seul coup, les hommes de Wallace avait anéanti la plus part des chevaliers lourds et 5 000 soldats de pied, incluant plus de 300 archers Welsh.  Cette victoire démontra clairement qu’une armée de simple paysans, avec la discipline et le courage de se battre et de mourir pour leur pays, est capable de détruire le mythe de l’invincibilité Anglaise. Pour William Wallace, cette victoire démontra une fois de plus qu’il n’était pas seulement un chef et un guerrier charismatique, mais que ses capacités et tactiques de guerre étaient toutes aussi fortes. Le château de Stirling tomba alors entre les mains de Wallace et l’Écosse était presque entièrement libérée des forces anglaises.

Sous Wallace, les écossais, paysans et chevaliers plutôt que la noblesse écossaise, étaient réunifiés dans le but de libérer l’Écosse de toute occupation étrangère. Contrairement aux nobles écossais qui avaient souvent auparavant juré loyauté et allégeance au roi Edward Longshanks, la force patriotique de Wallace demeura dédié à la lutte pour l’indépendance de l’Écosse.

Wallace envahit par la suite le nord de l’Angleterre et ravagea les comptés e Northumberland et Cumberland. À son retour en Écosse en décembre 1297, il fut promus chevalier et proclamé ‘Gardien’ du royaume de l’Écosse. La noblesse écossaise par contre ne lui accordait qu’un petit support dans sa quête pour l’indépendance.



La fin de William Wallace.


La victoire de Wallace sur le Pont de Stirling fut rapidement oubliée par Edward Longshanks. En 1298, ce dernier envahit le nord de l’Écosse en ayant pour but d’écraser Wallace et tous ceux qui se battaient pour l’indépendance de l’Écosse. Avec plus de 90 000 soldats et une technologie des plus avancée, Longshanks attaqua une plus petite armée écossaise dirigée par Wallace tout près de Falkirk. Lors de cette défaite, plus de 10 000 guerriers écossais avaient perdu la vie. Wallace fut obligé de battre en retraite et sa réputation militaire fut complètement détruite. Il se cacha pendant les années qui suivirent la défaite de Falkirk. Plusieurs historiens croient qu’il serait allé en France pour une mission diplomatique afin de trouver un support militaire auprès du roi Philippe IV.  

En 1304, après avoir signé le Traité de Paris (1303) avec les Français, Edward Longshanks repris sa conquête de l’Écosse. Même si la grande majorité des nobles écossais lui avaient juré allégeance, il continua de poursuivre Wallace sans relâche. Le refus de Longshanks de reconnaître Wallace comme un ennemi d'un pays indépendant de l'Angleterre signifiait que les anglais pouvaient le considérer officiellement comme un traître.

En 1305, Wallace fut trahi par un de ses chevaliers, oeuvrant sous le service d’Edward Longshanks, et fut capturé par les anglais tout près de Glasgow. Il fut par la suite amené à Londres où il subit sont procès pour traîtrise envers le roi d’Angleterre. Wallace répondu seulement qu’il était un Écossais, né en Écosse, et qu’il n’avait jamais juré allégeance au roi d’Angleterre et qu’il ne reconnaissait pas la souveraineté d'Edward sur son propre pays. Le 23 août de la même année, Wallace fut exécuté. À cette époque, le châtiment pour trahison était assez pénible. Wallace fut traîné, en arrières de chevaux, sur une distance de 6 miles dans les rues de Londres jusqu’à Smithfield Elms, l’endroit de son exécution. Il fut par la suite pendu et  éventré avant de mourir. Ses entrailles ont été brûlées devant ses yeux, il fut décapité et son corps a été divisé en 4 parties. Les anglais avaient par la suite exposé sa tête sur le Pont de Londres, celle-ci empalée sur un pique. Son bras droit fut exposé au Pont de Newcastle, son bras gauche à Berwick, sa jambe droite fut envoyée à Perth et sa jambe gauche à Aberdeen.

Edward Longshanks pensait que la capture de Wallace et son exécution auraient détruit l’esprit de liberté chez les écossais. Il était par contre dans l’erreur car l’exécution barbare de Wallace signifiait pour les écossais que les anglais avaient martyrisés un leader militaire écossais très populaire et ceci avait qu’empirer le désir et la détermination des écossais à être libre.

Peu de temps après la mort de Wallace, Robert de Bruce mena une armée d’écossais, plus déterminés que jamais à venger Wallace et a se battre pour leur liberté. Robert de Bruce avait fait revive la rébellion nationale et écrasa les anglais. En 1306, il fut couronné roi d’Écosse. La plus grande contribution de Wallace à son pays est qu’il a sorti de l’ombre Robert de Bruce pour qu’il prenne enfin part à l’indépendance de l’Écosse.


 



 


 

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Jehanne - dans Personnages Historiques
17 janvier 2008 4 17 /01 /janvier /2008 08:25
Crimes et Châtiments au Moyen âge.



Une exécution capitale au Moyen Age  est un spectacle d'une rare intensité. C’est un grand moment de la vie médiévale, d'autant plus qu'elle est rare. Une fois la sentence de mort prononcée, l'exécution capitale a lieu de façon quasi immédiate et elle se déroule en suivant un rituel très strict. Le mode d'exécution varie selon le statut social ; en général les nobles sont décapités avant d'être pendus et ils gardent effectivement leurs vêtements distinctifs, fourrures et éperons, alors que les roturiers sont déshabillés et pendent, en chemise, au gibet 

Le mode d'exécution capitale varie aussi selon la nature du crime commis. Les auteurs de meurtres sont traînés sur une claie avant de subir la pendaison qui, en général, est réservée aux larrons. Les criminels de lèse-majesté sont décapités. En revanche, les faux-monnayeurs sont en principe bouillis dans un grand chaudron, les sorciers et sorcières, comme les hérétiques, sont brûlés, les auteurs de crimes sexuels comme la bestialité, l'homosexualité ou l'inceste sont aussi brûlés. Les femmes sont plus facilement enfouies vivantes dans une fosse au pied du gibet ou brûlées comme les hommes, mais certaines peuvent aussi être pendues. 

La peine de mort la plus répandue est la pendaison, à laquelle n'échappent pas ceux qui sont décapités, y compris quand une partie de leurs membres restent fichés sur des lances pour être présentés sur des places publiques ou aux portes de la ville. Ce qui subsiste de leur corps est pendu au gibet où il est parfois mis en sac. 

Le cheminement vers le lieu d'exécution et l'exécution elle-même sont l'objet d'une cérémonie dont tous les moments ont un sens. La rue qui conduit au supplice est, dans chaque ville, toujours la même et elle doit être peuplée par un abondant public : le cortège passe donc de jour, à une heure d'activité, si possible un jour de marché. La foule peut aussi être sollicitée lors des arrêts du cortège, en général aux carrefours, pour insulter le condamné ou lui jeter des pierres et de la boue. "Battez fort et n'épargnez point ce paillart, car il a bien pis desservi !", crie encore le public sous le règne de Louis XI. Le condamné est mis dans une charrette, la charrette d'infamie qui est aussi celle de la boue des rues et des ordures. Au moment de l'exécution, un responsable de la justice crie l'acte d'accusation, le dictum, au peuple qui l'écoute. Puis le bourreau fait son office. Les gestes et les cris qui scandent ces cérémonies ont un sens symbolique. La peine doit prendre une valeur exemplaire et le pouvoir affirme ainsi sa force. Il manifeste aux yeux de tous qu'il peut être pouvoir de mort. Et le roi lui-même disait qu' "on ne punit pas le malfaiteur pour le méfait mais pour l'exemple". 

Enfin, à partir du XVI siècle, l'éclat des supplices devient un spectacle terrorisant, en particulier quand il s'agit de lèse-majesté. D'ailleurs les gibets, placés en dehors des villes et à proximité des murailles, ont un effet dissuasif. A Arras ou à Amiens, la ville se trouve ainsi ceinturée de cadavres qui participent à l'expression de son autorité. La foule est donc là pour prendre exemple et, parce qu'elle est terrorisée, pour être dominée. Mais la foule est aussi là pour participer à l'exécution et sa présence est nécessaire à l'accomplissement de la peine. Elle est témoin de l'infamie qui, peu à peu, au cours du rituel judiciaire, rejette le condamné hors du monde des vivants, l'exclut comme inutile au monde et irrécupérable. Tout concourt à construire l'infamie du condamné dont l'honneur doit être bafoué pour qu'il y ait mise à mort La présence du public garantit l'efficacité de la honte et du souvenir de la peine. 

A une époque où l'honneur se manifeste plutôt par la renommée, c'est-à-dire par le regard et le jugement que les autres portent sur l'individu, ces cérémonies créent une infamie irréversible. Certains demandent à être condamnés de nuit, et si possible à être noyés plutôt que d'être pendus tant le déshonneur du gibet retombe sur l'ensemble de la parenté. Car le souvenir de la peine perdure au-delà du temps du châtiment. Les corps pendus restent parfois plusieurs années au gibet, jusqu'à tomber en poussière, et il faut une autorisation spéciale de la justice pour que les parents puissent les retirer et les faire enterrer. 

Le rituel de la peine de mort, tel qu'il est installé à la fin du Moyen Age, montre bien que la condamnation est vivement ressentie comme une atteinte à l'honneur personnel et familial. Mais le peuple est aussi là pour être actif. Comme nous l'avons vu, il intervient par des gestes et des cris qui rappellent le lynchage. A l'inverse, sa présence peut se révéler bénéfique. En effet, jusqu'à la dernière minute, la foule peut intervenir pour faire en sorte que le condamné soit gracié. 

Le fou, comme l'enfant mineur ou la femme enceinte, ne peut pas être condamné à mort. D'autres peuvent arguer du statut de clerc. En principe jugé par des tribunaux ecclésiastiques, le clerc coupable ne peut pas être condamné à mort car la justice d’Eglise ne répand pas le sang, en vertu de la loi divine " Tu ne tueras point ". Les représentants de la loi ont beau dire qu'il est interdit d'empêcher une exécution capitale, la résistance reste vive. Parfois, une simple jeune fille du peuple peut se précipiter pour obtenir la grâce du condamné en promettant de l'épouser si celui-ci est jeune homme à marier. 

Enfin le peuple guette les moindres signes qui peuvent prouver une intervention divine avant l'exécution : la corde qui se casse au moment du supplice, l'échelle du bourreau qui se révèle trop courre ou qui se brise, les liens du supplicié qui tombent d'eux-mêmes. Si le bourreau a un geste malheureux et rate une première fois sa victime, la preuve peut être faite que Dieu a arrêté son bras. Ces miracles n'existent que par le public qui les décèle et qui les interprète. Alors des cris s'élèvent pour sauver le supplicié car Dieu a parlé par la bouche du peuple. 
  
C'est dire que, jusqu'à la fin du Moyen Age, la condamnation à mort suppose l'assentiment d'une foule unanime dont l'accord tacite vient compléter la décision prise par les juges. La cérémonie du parcours rituel est là pour créer cette unanimité, pour discipliner ce qui pourrait n'être qu'un simple lynchage. Exclure est un acte grave, contre nature, et pour le mener à bien, il faut encore l'accord de tous. 

Dans ces conditions, la peine de mort reste rare. Pendant le Haut Moyen Age, si on considère la loi salique, les exécutions capitales ne sont pas prévues. Les auteurs d'homicides ou de vols sont condamnés à des compositions financières. Les rois mérovingiens affirment bien le principe de la peine de mort, mais ils l'exercent surtout en cas de crimes politiques ou de crimes de mœurs, en particulier en cas d'adultère, après que l'accusé eût été soumis à l'ordalie. La décision n'est prise qu'après recours à la volonté de Dieu qui se manifeste par la preuve ordalique. En revanche, les auteurs de crimes de sang ne font pas l'objet de poursuites publiques systématiques ; la résolution des conflits se fait sur un mode privé, selon les lois de la vengeance Celui qui a été tué trouve dans sa parenté un vengeur qui rend le sang pour le sang. Une amende peut alors venir limiter la vengeance, ou alors celle-ci s'arrête d'elle-même car son déroulement est, lui aussi, soumis à des lois tacites. Seuls les auteurs de parricides peuvent être condamnés à des peines spectaculaires. Des pèlerinages pénitentiels très rigoureux les conduisent, avec des chaînes et en chemise, jusqu'à des sanctuaires lointains où ils viennent prier pour expier leur faute et espérer leur délivrance. 

Les actes de la pratique montrent que le vol peut faire l'objet d'un nombre infini de décisions judiciaires. Il est totalement excusé en cas de pauvreté, selon l'excuse d'extrême nécessité, elle-même reconnue par le droit de l’Eglise ; il est le plus souvent soumis à des amendes soigneusement tarifées. Enfin, surtout s'il s'agit de larrons inconnus, le coupable peut être seulement essorillé ou encore battu de verges puis banni. Les coupables peuvent être emprisonnés quelques jours ; ils sont très vite relâchés. Rares sont les condamnations à mort. 

Le bannissement intervient aussi très rarement, en principe en cas de récidive. La justice frappe de temps en temps, dur et fort, en accord avec la communauté qui cherche à expulser ceux qui lui nuisent. Mais le plus grand nombre des conflits continue à relever des résolutions privées, y compris pour les crimes les plus graves qui auraient dû déboucher sur la peine de mort. Punir pour l'exemple a donc comme corollaire l'existence de ces transactions dont le but est de faire la paix entre les parties adverses plutôt que de clamer aux yeux de tous la vérité du cas et la puissance coercitive du souverain. 

La mise à mort reste un phénomène marginal et inquiétant. En règle générale la présence du gibet inspire à la fois fascination et répulsion. Au début du XV siècle le prévôt de Paris, fut obligé d'interdire la fréquentation des gibets parisiens car les os et le sang des suppliciés servaient à confectionner des poudres utilisées en sorcellerie. 

L' « éclat des supplices », existe bien dès le Moyen Age, mais il est lié à certaines exécutions capitales, en général de type politique, et son usage ne doit donc pas conduire à des généralisations hâtives : la peine de mort reste finalement exceptionnelle et elle est quantitativement et sociologiquement limitée. Dans une société qui reste encore largement traditionnelle, la violence a des formes telles que les parentés peuvent et savent s'accorder pour résoudre les conflits. Enfin et surtout, l'exercice de la justice est limité par la nature du pouvoir royal, qui à l'image du pouvoir divin est fondé sur la miséricorde plus que sur la rigueur de la justice.
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Jehanne - dans La Justice
16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 08:19
Les usuriers au Moyen âge.



Si le profit acquis par le travail est tout à fait louable, le prêt à intérêt s'apparente au vol. A la fin du XII et au XIII siècle, la chrétienté atteignait l'apogée d'un essor qui avait commencé aux environs de l'an mil et emportait tous les domaines : l'agriculture, les techniques, les circuits commerciaux, l'art (architecture et littérature), la politique (l’état moderne se dessinait). 

Le contexte religieux se modifiait aussi, on abordait différemment la question du péché. Les prêtres ne se limitaient plus à considérer la faute objective pour lui appliquer une pénitence, ils s'interrogeaient sur l'intention qui l'avait guidée, On ne
recherchait plus seulement le rachat formel, mais la contrition sincère. Au lV concile de Latran (1215), l’Eglise imposa au moins une fois l'an, à Pâques, la confession. Elle amenait à l'examen de conscience : le prêtre ne se contentait plus d'appliquer un barème, mais réfléchissait au cas par cas. La méthode inquisitoire s'est instaurée à ce moment, au départ dans le souci de mieux rendre la justice mais ses dérapages conduiront aux abus, à la torture. Par ailleurs la justice civile se modifiait. Le tribunal royal s'affirma sous le règne de Saint Louis, tout sujet pouvait désormais faire appel à son Parlement d'un jugement seigneurial. 

Le plus souvent, l'emprunteur allait le trouver dans sa demeure. Tous deux convenaient de la somme, de la durée du prêt, des gages et du taux d'intérêt. Les prêteurs ne se regroupaient pas en tant qu'usuriers, mais en tant que marchands et changeurs. Dans toutes les villes, chacun savait fort bien dans quelles rues se rendre pour effectuer un emprunt. Tout le monde, un jour ou l'autre, recourrait aux prêteurs sur gages, le riche et le pauvre, le prince et le prêtre. Il n'existait pas encore de banques, l'usurier en faisait office. L'usure se pratiquait également à la campagne, dans les villages. 

Contrairement à ce que l'on imagine, l'usurier est toujours un gagne-petit, principalement lorsqu'il est juif, mais ce constat vaut également pour les chrétiens, et ce jusqu'à une époque très récente (gardons-nous de considérer l'usurier comme un personnage typiquement médiéval. Cela n'empêche pas l'usure d'être un fléau et de réduire des familles entières au désespoir. Telle un chancre, l'usure rongeait la société médiévale. 

Durant des siècles la faiblesse des échanges commerciaux ne suscita aucun besoin d'investissement économique, et l'on recourait au prêt à intérêt pour les besoins de la vie quotidienne, les sommes restaient minimes Le réveil du commerce international, l'essor urbain s'accompagnèrent d'une diffusion croissante de l'argent. Les paysans qui jadis n'en voyaient pratiquement jamais de leur vie en utilisaient désormais presque tous les jours. La France médiévale, comme beaucoup de sociétés anciennes, s'est beaucoup endettée, les besoins croissants de la population firent apparaître l'ébauche d'une société de consommation, et la demande d'argent accrut la pratique de l'usure.

Les usuriers diversifiaient leurs activités, ils étaient généralement marchands et pratiquaient le prêt à intérêt comme source de revenu supplémentaire. Le commerce à long rayon d'action présentait des risques (naufrages ou attaque des bateaux, des caravanes de marchands) et le marchand se garantissait, avec la pratique de l'usure, un secteur de gins plus sûrs (car il prêtait sur gages). Au début du XIII siècle, les ordres mendiants (principalement les Franciscains et les Dominicains), apôtres de la pauvreté évangélique, se constituèrent en réaction à cette invasion d'argent et de richesses. Ils pourfendaient la cupidité, saint François d'Assise préconisait à ses frères de ne pas porter plus de considération aux pièces de monnaie qu'aux cailloux des chemins. L'argent est donc, au XIII siècle, un problème économique, social et religieux. L’Eglise mena contre les usuriers une campagne spectaculaire, en particulier par le biais des images. Les sculptures figurent souvent un usurier portant au cou une bourse dont le poids l'entraîne vers les profondeurs de l'enfer. Les prêtes, les prédicateurs, commentaient ces représentations aux fidèles. 

Le pouvoir politique n'intervenait pas. Contre l'usurier, personne ne pouvait rien. L'argent échappait aux règlements. Aucune instance n'avait encore institué de mécanismes de contrôle, car on ne comprenait pas bien le fonctionnement des lois de l'économie, l'expérience du développement était trop récente. Sous Saint Louis, on commençait tout juste à poser des bases théoriques, à codifier les choses en posant les notions de juste prix, juste salaire. Mais, le vocabulaire le montre bien, ce sont des notions plus morales que proprement économiques. Cependant les ordres mendiants, en quelque sorte la nouvelle Eglise de la nouvelle société, ont élaboré des règles, adoptées par les tribunaux ecclésiastiques, sur la restitution des biens à la mort de l'usurier.

Du vivant du personnage, nous l'avons vu, personne n'avait prise sur son activité. A son décès en revanche, il était possible d'inventorier ses possessions et de rendre aux débiteurs leurs gages et leur argent (cela ne pouvait s'appliquer de manière systématique, notamment pour les créances très anciennes ou celles dont les débiteurs étaient morts). Mais cette mesure soulevait une question : en punissant post mortem le pécheur l’Eglise infligeait une peine injuste à la veuve et aux enfants. 

Le prêt à intérêt s'apparentait au vol, l'usurier s'enrichissait en dormant, en vendant du temps, or le temps n'appartient qu'à Dieu. Sur le chantier du progrès humain, il faisait figure de déserteur. 

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