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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 08:12
La banque au Moyen âge.



C'est entre les XIème et XVème siècles que se sont mises au point en Europe occidentale nombre de méthodes de la banque telles qu'elles subsistent jusqu'au tournant du XXème siècle. La France n'est pas leur lieu d'invention, puisqu'elles proviennent d'Italie, mais elle accueille une communauté bancaire nationale ou Européenne active et souvent ouverte aux innovations.

  

"Pecunia pecuniam non parit". "L'argent ne fait pas d'argent".

Cette formule illustre bien pourquoi au moyen âge un puissant obstacle se dresse devant l'épanouissement des banquiers français : l'église tient pour suspect l'enrichissement trop vif dû au maniement de l'argent. C'est à cette époque que s'est constituée cette croyance que le métier de la banque est "improductif", voire parasitaire, par rapport à la production agricole. Le prédicateur Jacques de VITRY déclare au XIIIème siècle : "Dieu a ordonné trois genres d'hommes : les paysans et les autres travailleurs pour assurer la subsistance de tous, les chevaliers pour les défendre, les clercs pour les gouverner. Mais le diable en a ordonné une quatrième : les usuriers. Ils ne participent pas au travail des hommes. Ils ne seront donc pas châtiés avec les hommes mais avec les démons". Thomas D'AQUIN condamne lui aussi l'usure. "Recevoir un intérêt pour de l'argent prêté est en soi une chose injuste : on vend ce qui n'existe pas".

Ainsi, le concile de Trèves de 1227 interdit tout dépôt rémunéré chez les banquiers, et le concile de Lyon de 1274 prive de sépulture chrétienne les usuriers qui ne répareraient pas leurs tords.

Pourtant, le développement de la profession bancaire est nécessaire puisqu'il accompagne l'essor du grand commerce : La renaissance de l'économie entre les VIIème et XIème siècles s'est renforcée par la diffusion du crédit. Aussi, dans ce Moyen-âge qui s'ouvre peu à peu au commerce, les banquiers exercent une fonction indispensable, mais on la juge malsaine. Ainsi, on comprend mieux pourquoi, sur le territoire de la future France, les juifs sont les seuls à pratiquer le métier de banquier jusqu'au XVIIème siècle (les syriens ont pratiqué le métier de banquier jusqu'au IXème siècle avant de céder la place aux juifs).

Cependant, parmi les banquiers précurseurs, figure paradoxalement un ordre religieux : Celui des templiers, ordre fondé en 1128 pour protéger les pèlerins qui se rendent à Jérusalem. Les templiers se sont peu à peu transformés en quasi-banquiers. En effet, ils pratiquaient le change et faisaient des avances aux rois pour l'organisation des croisades du XIIIème siècle. Ils contribuent ainsi au développement de la comptabilité à partie double, inventent le terme de "grand livre" et le système de paiement par virement. Mais Philippe le Bel, entre 1307 et 1314, prend ombrage de leur puissance et confisque leurs biens.

Ainsi, au fur et à mesure de la montée en puissance de l'économie d'échanges, l'église assouplit sa doctrine vis à vis du métier de banquier, et, en 1515, un concile du Latran légitime le taux d'intérêt sur les prêts sur gages.

Pour désigner les banquiers au moyen-âge, on emploie le terme de "Lombards" car les italiens sont la clé de voûte du métier. En effet, les marchands italiens sont devenus dès le XIème siècle les principaux intermédiaires entre l'orient et l'occident méditerranéen. Ainsi, le banco di scritta, le tréteau qu'ils dressaient dans les foires, est à l'origine du mot banque.

A cette époque, le banquier est d'abord un changeur. Il évalue les monnaies sur les places commerciales où se côtoient des négociants de tous pays et effectue le change. Il spécule en achetant la monnaie qui baisse sur une place et en la vendant sur une autre où cette même monnaie monte. Il fait crédit aux négociants. Il accepte les dépôts. Ainsi, les banquiers acquièrent une bonne notoriété et développent leur réseau de correspondant. C'est ainsi que la lettre de change devient un véritable instrument de paiement. Mais son acclimatation est lente aux XVème et XVIème siècles, où son utilisation est réservée aux grandes places comme Paris.

Mais si le métier de changeur est assez largement accepté par l'opinion publique, celui de prêteur reste considérablement suspect, et ce sont ces usuriers qui, pour racheter leurs fautes, "achètent" à l'église des années de purgatoire, évitant ainsi la damnation éternelle.

Banque et Politique ont toujours été intimement liés. Que ce soit pour financer les armées (Pecunia nervus belli) ou pour satisfaire à des besoins d'argent souvent disproportionnés avec les ressources des princes, les banquiers sont présents, et ils affichent leur réussite par cette position proche du pouvoir. Mais cette position est instable : certains banquiers sont ruinés, subissant les aléas des combats et de l'alternance politique durant la guerre de Cent Ans.

 

 

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Jehanne - dans La Société
14 janvier 2008 1 14 /01 /janvier /2008 07:27
La bataille de Courtrai (11 juillet 1302).




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Le contexte historique.

A la fin du XIIIème siècle, le comte de Flandre Guy de Dampierre, rencontrant la double hostilité du patriciat des villes flamandes et du roi de France, Philippe le Bel, choisit de s'appuyer sur l'élément populaire des villes, les gens de métiers, et de faire alliance avec Edouard 1er, roi d'Angleterre, lui-même en conflit avec Philippe le Bel .



Les prémices.

Le 9 Janvier 1297, Gui de Dampierre, Comte de Flandre, las de l'attitude de Philippe le Bel qui ne cesse de rabaisser son autorité, lui fait envoyer son défi par les abbés de Gemblours et de Floreffe, deux jours après avois signé le traité d'alliance avec le roi d'Angleterre. Six mois plus tard, l'armée française, commandée par Charles de Valois, entre dans Lille.
Puis, ce sont les villes de Courtrai, Ypres, Béthune, Cassel, puis Furnes qui leur ouvrent leurs portes ; Guy de Dampierre et Edouard d'Angleterre se réfugient à Gand, et ce dernier finit par signer une trêve de deux ans avec Philippe le Bel, sans même s'être concerté avec son allié le Comte de Flandre.

Début 1300, à la fin de la trêve, Charles de Valois s'empare de Douai, et quelques temps après parait devant Bruges et prends toute la Flandre. Sur ses conseils, Guy de Dampierre va à Paris demander pardon à Philippe le Bel ... qui l'emprisonne. Cette arrestation provoque la rédition de nombreuses villes ...
La Flandre est annexée de fait au royaume de France, et Philippe le Bel décide de visiter sa nouvelle conquête. Ce voyage se fait durant les mois de Mai-Juin 1301, et le 29 Mai, le cortège se trouve à Bruges, où l'accueil des flamands est plutôt réservé.



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A peine le roi et sa suite ont ils quitté la ville qu'un tisserand nommé Pierre de Coninck harangue la foule et accuse les échevins brugeois de pactiser avec les français. Il est arrété, mais la foule le libère aussitot. Jacques de Saint-Pol, gouverneur de Flandre, vient alors au secours des "léliaerts" (partisans français), et après négociations autorise les émeutiers à quitter la ville.
Il commet par contre la maladresse de supprimer les droits et libertés de Bruges. Tout le peuple se soulève alors ; Pierre de Coninck revient à Bruges et fait cesser les travaux de démolition des remparts commandés par Saint-Pol. Les fils de Guy de Dampierre, Jean de Namur et son frère Guy ainsi que leur neveu Guillaume de Juliers sont appelés ...

La résistance flamande s'organise. Mais, l'armée française se rassemblait déjà à Arras pour dompter l'orgueil flamand. Les bourgeois de Bruges pris de panique refusent alors l'entrée dans leur ville de Guillaume de Juliers et de Pierre de Coninck, et ouvrent leurs portes à Saint-Pol et son armée. Celui-ci déclare ne vouloir châtier que les fauteurs de trouble, mais sa monumentale escorte effraie les brugeois qui, secrètement refont appel à Pierre de Coninck et à ses partisans.



Les matines de Bruges (18 Mai 1302).


Les partisans de Pierre de Coninck reviennent pendant la nuit et entrent dans la ville. Les français sont alors tirés de leurs lits et tués sauvagement ; quartier par quartier, maison par maison, l'extermination se propage ... A la pique du jour, Saint-Pol arrive à fuir avec une poignée de survivants ; 200 français sont morts.

Cet événement stimule les flamands, et la révolte gronde à nouveau. Bientôt, Ypres, Furnes, puis Bergues reconnaissent l'autorité de Guillaume de Juliers. Il met le siège devant Cassel alors que Gui de Namur établit le sien devant Courtrai.
Robert d'Artois, qui vient d'arriver à Arras avec l'armée française, donne rendez vous au connétable de Nesle pour tenter de sauver le châtelain de Lens, occupé à défendre Courtrai. Le siège de Cassel est alors levé, et Guillaume de Juliers fonce vers Courtrai pour unir ses forces à celles de Gui de Namur .



Déroulement de la bataille dite des éperons d'or.


L'armée flamande se compose de toutes les milices communales, entourées de quelques chevaliers et écuyers, qui répondent, eux aussi, à l'appel de la patrie. Elle s'est positionnée sur un plateau dominant la plaine de Groeninghe, bordé par la Lys, les douves du château et des marécages.



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L'armée française, quant à elle, a établi son camp sur la colline de Mossemberg ; sa supériorité numérique est indéniable, 10 000 “armures de fer” (à cheval), 10 000 arbalétriers, plus les gens de pied. Les français, méprisants, sont surs de ne faire qu'une bouchée de cette armée de tisserands, foulons et autres drapiers.

Le matin du 11 Juillet 1302, les français se rangent en bataille sur la route de Tournai.
Ce ne sont pas moins de dix batailles qui se forment, chacunes d'elles étant commandées par un grand seigneur ; le connétable Raoul de Nesle, le Comte d'Aumale, le Comte d'Eu et biens d'autres encore.
Quand à Guy de Namur et Guillaume de Juliers, ils rangent leur armée en forme de croissant derrière un ruisseau bien connu par Robert d'Artois, qui a vécu à Courtrai dans son enfance.

Puis, les français se regroupent en trois corps ; l'un est commandé par Robert d'Artois, le second par le connétable et le troisième par le Comte de Saint-Pol. Ce sont les arbalétriers qui engagent le combat, et avec tant de violence que les arbalétriers flamands reculent. Alors, les piétons Français commencent à avancer.

Robert d'Artois voyant cela lance alors la chevalerie, commandée par le connétable, alors qu'au même moment, le châtelain de Lens, toujours enfermé dans la forteresse de Courtrai fait une sortie.

Les flamands tiennent. Les français s'embourbent, et sont tués le connétable de Nesle, Jacques de Chatillon, frère du Comte de Saint-Pol et le garde des sceaux Pierre Flote. Ne distinguant pas trop ce qui se passe, Robert d'Artois lance ses chevaliers ... droit vers les fossés flamands.

A peine les chevaux basculent-ils que les chevaliers sont tués, sans même pouvoir se relever. Robert d'Artois a beau se rendre, il est tué par les flamands, de même que son escadron et celui du connétable. Le Comte de Saint-Pol, voyant cette écrasante défaite, tourne bride avec sa bataille encore intacte, et fonce vers le royaume de France pour y trouver refuge.


Reste aux flamands de poursuivre les fuyards et de les massacrer ... Sur la plaine du Groeninghe, ils ramassent par milliers les épées, lances, écus, bannières. Les éperons et bannières des chevaliers français sont ramassés et posés en l'église Notre Dame deGroeninghe , des murs entiers en sont couverts.
La bataille aux éperons d'or est terminée, les pertes françaises sont considérables : peut être la moitié des présent trouvèrent-ils la mort, y compris quatres comtes (Artois, Aumale, Eu, Grandpré). Le châtelain de Lens et la garnison du château de Courtray du se rendre, suivi par presque toutes les garnisons françaises installées en Flandres.
Philippe le Bel n'a plus ni armée ni trésor ... il devra attendre le 18 Août 1304 et la bataille de Mons en pevèle avant de pouvoir prendre sa revanche et rétablir son honneur.


Une anecdote historique.

Les vainqueurs ramassèrent sur le champ de bataille quelque 500 éperons d'or appartenant aux chevaliers français tombés au combat. Ceux-ci furent offerts à l'église Notre-Dame de Courtray où ils furent exposés, des murs entiers en furent couverts.




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Jehanne - dans Les Batailles
13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 09:53
L'Ordre de la Jarretière.





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L’Ordre très Noble de la Jarretière (en anglais : The Most Noble Order of the Garter) est un ordre de chevalerie anglais, fondé par Edouard III en 1348. Selon la légende, la comtesse de Salibury, maîtresse d’Edouard III, laissa tomber sa jarretière lors d’un bal de la cour. Le roi la ramassa vivement et la rendit à la comtesse ; devant les plaisanteries des courtisans, il s’écria : " Honi soit qui mal y pense " (devise de l’ordre). Il promit alors à sa favorite de faire de ce ruban bleu un insigne si prestigieux que les courtisans les plus fiers s’estimeraient trop heureux de le porter. Les premiers membres furent Edouard III lui même, le prince de Galles (Edouard, le Prince Noir), ainsi que 24 compagnons. Ces " chevaliers fondateurs " étaient des hommes d’armes, entraînés aux batailles et aux tournois, dont certains n’avaient pas plus de vingt ans.

. L’ordre de la Jarretière est le plus important ordre de chevalerie britannique, et l’un des plus prestigieux au monde. L’admission en son sein donne à ses membres le droit au titre de " Sir ". Les bannières et armoiries des compagnons chevaliers sont suspendus dans la chapelle de l’ordre : la chapelle St. George à Windsor. Chaque stalle est munie d’une plaque montrant le nom et les armes de l’occupant. Les bannières et armoiries restent en permanence au dessus de la stalle du chevalier, et ne sont retirées qu’à sa mort. St. George, patron des croisés, connu pour son combat face au dragon, est aussi le patron de l’ordre (tout comme de l’Angleterre). Le 23 avril, " St. George's Day ", est par conséquent, le jour anniversaire de l’ordre.

. Durant le Moyen Age, des femmes étaient associées à l’ordre, et, sans être membres à part entière, assistaient aux différentes réunions et fêtes. Mais, après la mort en 1509 de la mère d’Henry VII (Lady Margaret Beaufort), l’ordre devint exclusivement masculin, à l’exception des reines en tant que souveraines ; jusqu’à 1901 où le roi Edouard VII fit de la reine Alexandra une " Lady " de l’ordre. A partir de ce moment, d’autres femmes furent admises dans l’ordre, et, en 1987, la reine Elisabeth décida que leur éligibilité serait la même que celle des hommes.

. L’ordre a pour grand maître le roi ou la reine, et comprend, en outre 3 chevaliers royaux (le prince de Galles, le duc d’Edimbourg, le duc de Kent), 3 dames, 24 chevaliers anciennement choisis dans la plus haute noblesse, et 7 " extra knights " (dont les rois de Belgique, de Suède, d’Espagne et le grand duc de Luxembourg). Il est parfois conféré à des personnalités étrangères. Pendant la majeure partie de son histoire, l’Ordre de la Jarretière fut exclusivement réservé aux personnes de l’aristocratie, mais aujourd’hui, en cas de places disponibles, les membres recrutés peuvent être d’origines diverses.






Source Laurent Lamôle.

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Jehanne - dans Personnages Historiques
12 janvier 2008 6 12 /01 /janvier /2008 06:25
Château de Crèvecoeur en auge.





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Entre le XI° siècle et le XVI° siècle, le chateau de Crevecoeur a été la place forte essentielle de la défense du pays d'Auge. Jean de Crèvecœur est le plus ancien propriétaire connu, en 1195. Un seigneur de Crévecœur est cité pour avoir participé à la bataille d'Hastings aux cotés de Guillaume le Conquérant. Pendant la guerre de Cent Ans, le chateau sera tantôt entre les mains des anglais, tantôt entre les mains des français. Il sera ensuite l'un des enjeux locaux entre les seigneurs qui l'occupent et le pouvoir royal.

Il est aujourd'hui la propriété de la Fondation Schlumberger, et abrite plusieurs musées dont l'un est dédié à l'aventure industrielle des frères Schlumberger, puis du groupe Schlumberger, leader mondial de la prospection pétrolière. La Fondation Schlumberger y conduit une politique remarquable de restauration et d'animation culturelle, que l'on peut citer en modèle.

Ce chateau est l'exemple unique d'une petite seigneurie miraculeusement conservé. L'enceinte bien que partiellement restauré n'a pas encore été remise dans son état original. Les parties en bleu de la maquette (ci dessous) correspondent aux parties "manquantes".

A l'intérieur de l'enceinte se trouve la demeure seigneuriale, datant du XV° siècle, constituée principalement d'une vaste salle à manger. Un décor reconstitue intelligement l'époque : sur la table sont posés des couverts et des mets d'époque, cruches à eau et à vin, plateaux et coupes de fruits, miches de pain ... Dans la cheminée ont été disposés quelqeus outils permettant de faire du feu et de l'entretenir. Une armure complète rapelle que la taille des hommes au Moyen Age était en moyenne d'à peine 1.60 m.

Contrairement aux habitudes de l'époque qui voulait que la chappelle castrale se trouve à l'intérieur de l'enceinte, celle-ci se trouve à l'extérieur de l'enceinte, cette particularité s'expliquant par l'exhiguité du chateau proprement dit. Elle a été construite en pierre de Caen. La porte d'entrée se caractérise par un arc en cintre à décor en dents de scie. La charpente à la forme d'un berceau renversée. Dans le choeur, on peut encore voir quelques restes de peintures murales datant du XIII° siècle.

A l'extérieur de l'enceinte se trouve trois autres batiments du XV° siècle remarquablement restaurés, dont un colombier du XV° siècle et la ferme du chateau. Ce batiment contient le miusée consacré aux techniques d'architectures à pan de bois dites "à colombages" traditionnellement utilisées dans tout le pays d'Auge.






Source chateauxfortsnormands.fr

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Jehanne - dans Patrimoine
11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 10:08
Château de Chillon  (Suisse).




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Les Alpes enneigées et les flots du Léman servent d'écrin au château de Chillon. Bâti sur un îlot rocheux, face au défilé de l'ancienne route d'Italie, ce site d'une beauté exceptionnelle montre deux visages : une forteresse imprenable côté montagne, et une résidence princière côté lac.


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Le château est formé d'un ensemble unique au monde de quelque 25 corps de bâtiments, dont les plus anciens remontent au premier millénaire. Complètement transformé et considérablement agrandi au XIIIème siècle par Pierre II de Savoie, Chillon a été soigneusement restauré et se visite des sous-sols au sommet du donjon, sans oublier la prison, dont l'histoire de Bonivard, prisonnier de 1530 à 1536, inspira à Lord Byron son célèbre poème "The prisoner of Chillon" (1816).



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Source www.chillon.ch
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Jehanne - dans Patrimoine
10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 08:36

Compote de pommes aux amandes.





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selon Ung emplumeus de pomes (Une bouillie sucrée de pommes), Maître Chiquart, Du fait de cuisine, 1420.

Il s'agit d'une recette pour malades. C'est pourquoi la recette comporte du sucre et les proportions d'ingrédients sont précisées.

Choisir de préférence des pommes acidulées.

1 - Recette contemporaine simplifiée (excellente)
Ingrédients
800 g net de pommes (1 kg brut)
80 g d'amandes en poudre
100 g de sucre
200 g d'eau

Epluchez les pommes et coupez-les en morceaux. Faites-les cuire à feu doux pendant 10mn avec l'eau. Ajoutez les amandes en poudre et le sucre, mélangez bien et faites cuire à nouveau 10mn. Mixez le tout pour faire une purée de pommes.
Servez froid.

2 - Recette historique au lait d'amandes
Ingrédients
800 g net de pommes (1 kg brut)
150 g d'amandes en poudre
100 g de sucre
250 g d'eau
sel

Choisir des pommes à cuire, les éplucher et les couper en morceaux.
Faire bouillir l'eau, ajouter les pommes et les faire cuire à couvert (10mn ou plus selon variété). Puis, égoutter les pommes en conservant l'eau de cuisson.
Monder (enlever la peau) et broyer de bonnes amandes douces, ou tout simplement utiliser de la poudre d'amande ("grant quantité"). Délayer les amandes avec l'eau de cuisson des pommes pour faire un lait d'amande bien épais. Laisser reposer 1h et filtrer le lait d'amande à l'étamine (bien presser la pulpe d'amande). Puis, le faire bouillir avec une pincée de sel et ajouter les pommes finement hachées et le sucre ("grant foison").
Servir froid.


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Jehanne - dans Recettes Médiévales
9 janvier 2008 3 09 /01 /janvier /2008 08:26

Chausson de pommes, figues, raisins et épices.




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selon Tartres de pommes, Viandier de Taillevent, édition du 15e siècle.

Ingrédients (1 cfé = cuillère à café rase)
Pâte brisée : 500 g de farine, 1 œuf, 180 g de beurre, 10 g sel et eau

Garniture :

1 kg net de pommes acidulées
120 g de figues
80 g de raisins secs
1 oignon
1 cuillère à soupe de vin
70 g de sucre
1/2 cfé de cannelle
1/2 cfé de noix de muscade
1 pointe de cfé de clou de girofle
2 pincées de safran
1 pincée de sel

Recette (cuisson = 3/4 h)
Faire la pâte brisée. Mélanger les pommes, pelées et coupées en morceaux, avec les figues hachées en petits morceaux et les raisins secs. Ajouter l'oignon émincé frit au beurre ou à l'huile et déglacé au vin. Saupoudrez de sucre mélangé aux épices (safran, cannelle, noix de muscade, clou de girofle pilé).

Garnir bien épais le chausson. Dorer de safran. Cuisson 3/4h à four chaud (7 - 8, 240 °C).


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Jehanne - dans Recettes Médiévales
8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 06:33
La légende de Mélusine.




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L'origine de Mélusine est royale. En effet, sa mère, la fée Présine, avait charmé son père Elinas, le roi d'Ecosse, non sans lui avoir fait promettre, avant leur mariage, de ne jamais chercher à la voir pendant qu'elle accoucherait. Elinas, oubliant sa promesse, enfreint l'interdit. Présine dut alors se réfugier avec ses trois filles, Mélusine, Mélior, et Palestine, dans l'Ile perdue (Ile d'Avalon).

Lorsqu'elles devinrent grandes, celles-ci, usant de leurs pouvoirs de fées, décidèrent d'enfermer leur père dans la montagne magique de Northumberland. Cela parut trop sévère à Présine qui jeta un sort sur ses filles.

Elle dit à Mélusine : " Tous les samedis tu seras serpente du nombril au bas du corps. Mais si tu trouves un homme qui veuille bien te prendre pour épouse et promettre de ne jamais te voir le samedi, tu suivras le cours normal de la vie. Toutefois si ton mari vient à percer ton secret, tu seras condamnée à retourner au tourment jusqu'au jugement dernier".

Mélusine
rencontre Raymondin dans la Forêt de Cé près de Lusignan. Ce dernier, revenant d'une chasse au sanglier aucours de laquelle il a tué par accident son oncle Aimeri, comte de Poitiers tombe amoureux de Mélusine et la demande en mariage.

Grâce à ses pouvoirs, Mélusine réussit à faire innocenter Raymondin. La fée, accepte de l'épouser et lui fait promettre de n'avoir aucun doute sur son origine et de ne jamais chercher à la voir le samedi. En échange, elle offre à Raymondin sa fortune ainsi qu'une nombreuse et longue descendance.

Durant la première année de leur mariage, Mélusine entreprit la construction de Vouvant, de Mervent et de la tour de Saint-Maixent: autant de places fortes qui contribuèrent à l'immense puissance de la famille Lusignan. Une seule nuit lui suffisaient pour édifier les plus imposantes forteresses (Tiffauge, Talmont, Partenay), des églises comme Saint-Paul-en-Gâtine, surgi au milieu des champs, les tours de la Garde à La Rochelle et celles de Niort, et même la ville de Lusignan.

Un samedi poussé par la jalousie de son frère, le comte de Forez, Raymondin transgressa la règle de fit avec la pointe de son épée un trou dans la solide porte en fer qui gardait le chambre de sa femme. Et voici ce qu'il vit:

"Mélusine se baignait dans une moult grande cuve de marbre, en signe de femme jusqu'au nombril, et se peignait les cheveux; et, du nombril en bas, en signe de queue d'une serpente, grosse comme une quaque à hareng, et moult longuement débattait sa queue en l'eau tellement qu'elle en faisait jaillir jusqu'à la voûte de sa chambre"

Mélusine trahie s'enfuit dans un cri par le fenêtre et plus jamais son mari ne la revit sous forme humaine. Toutefois, la légende nous enseigne que Mélusine revint pendant trois jours, à chaque fois que l'une des forteresses qu'elle avait construites changea de maître, et qu'elle apparut toutes les fois que l'un de ses descendants fut sur le point de mourir.

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7 janvier 2008 1 07 /01 /janvier /2008 06:13
Le traité de Meaux.




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Le 12 avril 1229, à Meaux, près de Paris, le comte de Toulouse Raimon VII se réconcilie avec le jeune roi de France Louis IX (15 ans).

Leur réconciliation annonce la fin de la croisade des Albigeois par laquelle, vingt ans plus tôt, des armées venues du nord de la Loire ont envahi et saccagé le Midi toulousain.



Vers la réconciliation.
Le roi Louis VIII Le Lion est mort le 8 novembre 1226 au retour d'une ultime campagne dans le Midi toulousain, dans le cadre de la croisade destinée à éradiquer l'hérésie cathare.
Cette campagne ayant entraîné la soumission des seigneurs locaux, il revient à sa veuve Blanche de Castille, mère du nouveau roi Louis IX, futur Saint Louis, d'engager les négociations de paix. Celles-ci sont menées par Thibaud de Champagne, qui est apparenté à elle-même ainsi qu'au comte de Toulouse.
C'est ainsi qu'est signé le traité de Meaux (aussi appelé traité de Paris). Par ce traité, le comte met la plupart de ses terres à la disposition du roi et cède le marquisat de Provence au Saint-Siège (les papes le conserveront sous le nom de Comtat-Venaissin jusqu'à la Révolution française).
Raimon VII promet surtout de donner sa fille unique, Jeanne, en mariage à l'un des frères du roi (peu importe lequel !). Il est conscient que cela signifie la fin de sa dynastie et de l'autonomie de son comté...
Quelques années plus tard, le comte de Toulouse tente une dernière fois de se libérer de l'étreinte capétienne. Il apporte son appui au roi d'Angleterre Henri III, et au comte de la Marche, beau-père du roi anglais, dans leur révolte contre la régente Blanche de Castille. Mais les coalisés sont battus par le jeune roi de France à Taillebourg puis à Saintes.


Le traité de Lorris : la France réunie.
Raimon VII n'a plus d'autre solution que de se soumettre sans réserve au roi de France. Le 30 octobre 1242, à Lorris, près d'Orléans, il signe la paix avec Louis IX, futur Saint Louis. Les deux hommes renouvellent le traité de Meaux (ou Paris).
À Lorris, Raimon VII donne en mariage sa fille Jeanne à Alphonse, frère du roi de France. Le couple n'aura pas d'enfant et à sa disparition, le comté de Toulouse tombera dans l'escarcelle des Capétiens. Le Midi toulousain perdra définitivement son indépendance.
Deux siècles plus tard, c'est le Midi qui sauvera la dynastie capétienne en conservant sa fidélité au «petit roi de Bourges» dépouillé de ses droits au profit de l'Anglais.






Source Hérodote.net

 

 

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Jehanne - dans Contexte historique
6 janvier 2008 7 06 /01 /janvier /2008 08:37
Château de Josselin.





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La fondation du château.

L’histoire du château de Josselin (Morbihan) remonte au début du XIème siécle.
En 1008, Guéthenoc, Vicomte de Po rhoët, de Rohan et de Guéméné, décide d’édifier sur ce promontoire rocheux dominant la vallée de l’Oust une enceinte urbaine, ainsi qu’un château.
Son fils, Goscelinus, donne son nom à cette place forte ainsi qu’à la ville qui vient se développer tout autour. Au XIIème siècle s’ouvre une grave crise historique, lorsque le roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt tente de s’approprier le duché de Bretagne.
En 1168, pour se venger des féodaux bretons qui lui tiennent tête, parmi lesquels Eudon de Porhoët, propriétaire de Josselin, il fait raser le château. Puis, il s’empare de la fille du châtelain, la déshonore et la tue. Quelques années plus tard, Eudon de Porhoët fait construire un nouveau château.
En 1351, un épisode historique mémorable se déroule non loin de Josselin, près de Ploërmel, le fameux «Combat des Trente». Au soir du combat, le capitaine de Beaumanoir, vainqueur, ramène à Josselin les prisonniers et les fait exécuter.



Le château d’Olivier de Clisson.

En 1370, à la suite d’un échange avec son cousin le comte d’Alençon, Olivier de Clisson, Connétable de France, devient propriétaire de Josselin.
A partir du château existant, Clisson fait édifier une véritable forteresse. Trois tours, coiffées de mâchicoulis et de parapets, sont bâties au–dessus de la rivière, ainsi qu’une quatrième tour, appelée aujourd’hui  « tour isolée ». Il fait aussi construire un donjon, qui lui sert de résidence. Avec un diamètre de 26 mètres, c’était une des modèles les plus importants de ce type d’architecture. Il s’élevait à l’extrémité de la terrasse et communiquait avec les trois tours. Enfin, Clisson fait bâtir un châtelet, ou logis - porte, à l’emplacement de l’actuel pont–levis, ce qui constituait au total un ensemble de neuf tours et un donjon.
A la mort d’Olivier de Clisson, en 1407, Josselin est une splendide forteresse, ainsi qu’une vaste résidence somptueusement meublée.




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Source chateaujosselin.fr




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Jehanne - dans Patrimoine

Présentation

  • : Vivre au Moyen âge
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  • : Le blog vivre au Moyen âge a pour but de renseigner le lecteur sur les us et coutumes du Moyen âge. Les articles et iconographies publiées dans ce blog sont le fruit de mes recherches sur internet et dans les livres . Je ne suis pas auteur des textes publiés qui sont des citations extraites de mes trouvailles. Bon voyage dans le temps !!!!
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