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5 janvier 2008 6 05 /01 /janvier /2008 09:05
L 'Eglise et les procès d'animaux.




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Les auteurs mettent l’accent sur le fait que les procès d’animaux rapportaient énormément à l’Église. La majorité des habitants qui avaient recours à la justice ecclésiastique croyait avoir été victime d’une punition de Dieu, il était donc normal de faire appel à l’Église pour délivrer les gens du mal qui les entouraient. En fait, cela débutait toujours avec la croyance que le malin, le démon, etc. habitait les corps des animaux en question. Que se soit des insectes ou des rongeurs, il fallait exorciser ce mal.


Pendant ce temps, on profitait de la situation pour sermonner la population et rappeler leurs péchés à l’ordre du jour; qu’ils devaient prier, effectuer des processions et surtout, ne pas oublier de payer la dîme! On dit que l’Église, sans nécessairement en connaître toutes les explications, savait que les insectes étaient fragiles aux changements climatiques et qu’elles ne vivaient pas très longtemps. Elle s’organisait pour faire coïncider les excommunications avec le départ de celles-ci afin d’assurer le succès de leurs incantations. On aurait orchestré les jugements en fonction de ces phénomènes. Les procès se révélaient souvent donc très long et, selon Dreszder, auraient été voulu et imposé par l’Église. L’excommunication était précédée d’un grand cérémonial qui avait pour but de montrer la puissance de l’Église et rassurer le peuple. Tout en utilisant les superstitions des habitants, l’Église contrôlait et élargissait son pouvoir. Elle accroissait son emprise dont la base était l’exploitation de l’animal et le peuple.

 
Dans le cas où l’excommunication n’aurait pas d’effets, et cela était aussi vrai dans de nombreux cas de prononciation de malédictions ou d’exorcismes, on retournait la culpabilité vers l’homme. C’est en ce sens que Dietrich doute de la sincérité de ces actions ecclésiastiques car il est convaincu qu’il s’agissait « d’un stratagème habilement combiné pour agir encore mieux sur le corps des fidèle. L’Église prétendait donc défendre les intérêts moraux et matériels des gens tout en s’assurant des rentrés d’argent appréciables. Selon Vartier, « …ils faisaient de l’acquittement ponctuel des redevances ecclésiastiques la condition de base du rétablissement de la situation ». Dans cette perspective, Il y a quelque chose d’assez hypocrite sous le respect de ces formes de procès. De plus, l’Église pouvait toujours se sauver honorablement des subterfuges en accusant les hommes d’avoir péché et devaient donc subir la loi de Dieu : « …C’est que votre âme est trop noire, que la dîme ne rentre pas assez vite dans les coffres de l’abbaye, repentez-vous, jeûnez, faites l’aumône. L’Église ne perdait donc pas une once de prestige lorsque la sentence prononcé n’avait pas d’effets, c’est à dire qui ne coïncidait pas avec le départ naturel des animaux.

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Jehanne - dans La Justice
4 janvier 2008 5 04 /01 /janvier /2008 08:26
Exemples célèbres d'animaux condamnés.





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Le premier cas est cité chez tous les auteurs étudiés ainsi que dans La bête singulière. La raison pour laquelle on l’invoque souvent en exemple est simple : c’est l’affaire la mieux documentée sur les procès des animaux. Il s’agit de la pendaison d’une truie à falaise en 1386 que l’on a peint dans l’église de la Trinité, située dans une ville de Normandie. D’ailleurs, il est important de souligner que la représentation que l’on en voit aujourd’hui n’est pas la reproduction fidèle de la fresque originale. Il y a eu un siège imposé par le roi d’Angleterre en 1417 dans cette ville et une partie de l’église a été détruite. On a ensuite reproduit la fresque mais en 1820, l’église fut blanchie à la chaux et c’est grâce aux auteurs anciens que la description de l’événement est parvenue jusqu’à nous. Cette truie aurait perpétré un homicide à l’endroit d’un enfant de trois mois, dont le bras et une partie de la figure furent dévorés. En plus de pendre la truie, on lui a tailladé une cuisse et coupé le groin. On l’avait habillé d’une veste, d’un haut de chausse et on l’avait aussi ganté. De plus, on l’a recouvert d’un masque à figure humaine, ce qui signifie bien le souci de mettre les animaux sur le même pied d’égalité que les hommes. Cependant, on l’a pendu à l’envers, par les pieds et elle fut longtemps exposée à la vue des passants. Lors de l’exécution de la sentence, on avait exigé la présence du propriétaire de la truie, pour lui faire honte, ainsi que du père de l’enfant victime, qui n’avait pas veillé sur lui.

L’ouvrage de Fabre-Vassas, démontre que plusieurs juifs ont été condamné de la même façon. On considérait que la truie était la mère des juifs, que ceux-ci étaient donc des porcs et c’est pourquoi ils devaient mourir comme eux. Fabre a d’ailleurs démontré que cela s’est produit plusieurs fois. On voit bien ici en réalité que l’accoutrement de l’animal humanise ce dernier tandis que le juif est animalisé lorsqu’on le condamne. L’exemple suivant parle de lui-même : Jean Allard est un homme qui vivait à Paris au XVIe siècle avec une femme juive et sept enfants sont nés de leur union. Puisqu’on considérait la femme juive comme une truie et que le coït chez cette bête s’effectuait de la même façon qu’avec les chiens, on accusa Allard de sodomie. La preuve résidait dans le fait qu’il avait eu des enfants avec cette femme. La sodomie étant criminalisée et punissable de mort, on le condamna donc au bûcher. Le cœur du livre de Fabre-Vassas est constitué par la reconstruction des racines de l’antisémitisme et les situations qui impliquent les juifs et le porc ou la truie sont innombrables.

 Nous avons pu remarquer de nombreux procès qui impliquaient les porcs. Il faut noter qu’ils étaient plusieurs et vagabonds. Malgré la relative protection de Saint-Antoine, on les considérait comme de véritables éboueurs puisqu’ils auraient aussi chercher à déterrer les cadavres des cimetières. La parenté entre le porc et l’homme soulève de nombreuses ambiguïtés et Fabre-Vassas les soulignent amplement à travers son ouvrage. Notez aussi que jusqu’au XVIIe siècle, on étudiait la médecine du corps humain à partir de la dissection des porcs.

Nous avons abordé plus tôt la question de la superstition par rapport à la sorcellerie. Le type le plus révélateur d’un humain possédé par le démon est spécifique à la croyance des loups-garous, c’est à dire la lycanthropie. Selon Vartier, il existe beaucoup d’archives qui réfèrent à des habitants ayant organisé des battus afin de les chasser. Plusieurs chrétiens auraient péri sous l’accusation de lycanthropie qu’on associe directement à un acte précédent la transformation du loup-garou, c’est à dire la bestialité. 
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Jehanne - dans La Justice
3 janvier 2008 4 03 /01 /janvier /2008 01:40
La galette des rois.




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Les origines.

  • La galette dite des Rois est le gâteau servi traditionnellement pour la fête religieuse de l'Epiphanie, laquelle célèbre la visite des rois mages à l'enfant Jésus. Dès le Ve siècle, l'Eglise donna une importance considérable à cet événement. La galette était partagée en autant de portions que de convives, plus une. Cette portion supplémentaire, appelée "part du Bon Dieu" ou "part de la Vierge", était destinée au premier pauvre qui se présenterait.
  • Au XIe siècle les chanoines du chapitre de Besançon se mirent à désigner leur futur dirigeant en cachant une pièce d'argent dans un pain. Peu à peu d'autres congrégations adoptèrent cette coutume. Le pain se transforma en brioche, sorte de pâte à pain "améliorée". Ainsi, on servait la fougasse ou fougaço dans le Languedoc, la coque en Ariège, parfois garnie de fruits confits comme le royaume provençal ou de grains d'anis comme le garfou du Béarn. On trouvait aussi des fouaces ou fouées dans le Perche. Le gâteau servi en Bresse était une flamusse à la farine de maïs ou de sarrasin; en Normandie on servait des garots. Enfin, dans le Périgord certaines familles ne mangeaient pas la brioche mais une grande quantité de beignets appelés crépeaux ou pâtissous.

La fève.

  • Elle doit son nom à la légumineuse (sorte de haricot) placée dans la galette, remplacée par une pièce d'argent, voire d'or chez les plus fortunés. En 1870 la première fève en porcelaine fait son apparition, puis des petits objets en plastique hétéroclites sont confectionnés et plus récemment des santons, ou même des héros de dessins animés! en céramique. On est désormais bien loin de la fête religieuse !
  • Autrefois, la fève désignait le "Roi du jour" ou "Roi de la Fève"et celui qui l'avait reçue devait rendre la galette le dimanche suivant. Ainsi les gourmands pouvaient-ils se régaler plusieurs semaines ou la totalité du mois de janvier !
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Jehanne - dans Divers
2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 10:56
Les procès d'animaux au Moyen âge.




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Il y avait d’abord les crimes des animaux domestiques individuels qui relevaient de la justice civile. Ensuite il y avait les délits commis par des groupes d’animaux, surtout perpétrés par des insectes ou des petits rongeurs et qui étaient jugés par l’Église. Enfin, il y avait les animaux accusés de complicité aux crimes de bestialité, donc à caractère sexuel, et qui étaient accompagnés de l’homme ou la femme ayant commis l’acte en question. Ce dernier genre de délit était souvent associé à la sorcellerie. Dreszder divise cela plutôt par rapport à deux grands chefs d’accusation. La première catégorie comportait l’atteinte à l’intégrité physique de l’homme et trois sous-catégories : c’est à dire les homicides, les crimes de bestialité et de sorcellerie. Deuxièmement, il s’agissait de l’atteinte au droit moral, c’est à dire les ravages matériels des animaux sur les propriétés des hommes.

            En ce qui concerne les actes de bestialité, la responsabilité incombait toujours en premier lieu à l’humain tandis que l’animal était considéré comme son complice. C’est d’abord celui-ci que l’on tuait pour que l’homme ou la femme souffre et voit ce qui l’attend. C’est à partir des écrits de la loi de Moïse (l’exode et le Lévitique qui est, selon J.Vartier, l’inspirateur de la justice au moyen-age) qu’on condamnait un homme ou une femme avec la bête en question. En dernière instance, ils devaient périr par le feu, car on croyait que lui seul était capable de purifier et d’effacer toutes les traces du délit. D’ailleurs cette peur de la contagion des âmes ou de la maladie à travers les restes des condamnés est manifeste. À titre d’exemple, on a souvent remarqué, dans les registres comptables, l’achat de nombreux gants qui étaient utilisés par les bourreaux. Celui-ci cherchait à s’abstenir de tout contact direct avec les coupables et, lorsqu’on brûlait ceux-ci, les gants étaient aussi jetés dans le bûcher. Pour chaque condamnation, il faisait acheter des nouveaux gants. Même la dispersion des cendres avait procuré des vives discussions. On craignait qu’en les jetant au vent ou dans l’eau, les traces du mal puissent êtres ramenés au village et rendre les gens malades.

            Que se soit des tribunaux ecclésiastiques ou civils, les procédures étaient fondamentalement les mêmes. On commençait par établir la signalisation des malfaiteurs et la description complète de ceux-ci et on effectuait ensuite l’ordonnance de comparution. Pour la justice de l’Église, les suspects étant insaisissables, on répétait trois fois les ordonnances et on les déclarait ensuite coupable pour avoir refuser de se présenter au tribunal. C’est après cela que l’on commençait à établir les exorcismes, malédictions et l’excommunication. Rappelons que dans les procédures civiles, on enfermait carrément les accusés dans des vrais prisons humaines. Il était fréquent que plus de deux ans s’écoule entre l’accusation et l’exécution des sentences. 

            Pour que la justice soit bien appliquée, il fallait que les bêtes soient représentés et les avocats recherchaient ce genre de procès car, même s’ils savaient d’avance que la cause était perdue, c’était l’occasion d’étaler leur savoir-faire, leur éloquence et leur talent d’érudit. Il semblerait d’ailleurs qu’ils étaient davantage soucieux d’effectuer une belle plaidoirie que de faire preuve de logique. Toutefois, la défense des animaux que l’on accusait de sorcellerie était difficile à justifier. Paraître éloquent est plutôt mal vu lorsqu’il s’agissait de défendre quelqu’un ou une bête qu’on soupçonnait de s’enticher du diable, on risquait d’être davantage suspecté du même délit. 

Certains avocats se distinguaient particulièrement. Prenons le cas de Barthélemy de Chassannée (1480-1541) qui aurait été rendu célèbre pour avoir défendu la cause des rats d’Autun. On peut voir un plaidoyer original de celui-ci en appendice dans le volume de Evans.

Il faut voir aussi la description des lieux, de la nature des dommages et de la signalisation des malfaiteurs sous un autre angle que l’hypocrisie. L’idée de respecter à la lettre les procédures au Moyen-Age était une attitude courante. En fait, il s’agissait de décrire les choses simples de façon compliquée. Par conséquent, cela devenait imperméable au commun des mortels et contribuait, sans l’ombre d’un doute, à accroître l’influence des jugements portés par les tribunaux. Toutefois, on a observé que certaines causes, qui relevaient normalement de l’Église, ont été menées devant la juridiction civile parce que justement, les paysans s’impatientaient devant la lenteur des procédures. Voilà donc une preuve qu’ils étaient moins crédules qu’on l’a prétendu.

Le respect des formes judiciaires était aussi observé scrupuleusement chez les avocats. Plusieurs d’entre eux recherchaient les procès des animaux parce qu’il était noble de se pencher sur des causes difficiles et cela permettait aussi de se faire connaître, d’acquérir une certaine notoriété en effectuant une belle plaidoirie. Comme nous l’avons souligné, il s’agissait davantage de paraître érudit que de se soucier de la logique des propos. C’est le cas de Chassanée envers les rats d’Autun. Sa plaidoirie peut paraître comique mais il fait preuve d’une originalité hors du commun et ce n’est certainement pas plus burlesque que les sentences prononcées par l’Église : Chassanée affirmait que la poursuite avait accusé tous les rats. Il se révélait donc injuste d’en assigner seulement quelque uns devant la cour. Qui plus est, Chassanée soutenait que les délais imposés, afin que ceux-ci se présentent au tribunal, n’étaient pas assez longs. Il avait mis en relief le fait que la distance, pour leurs petites pattes, soit grande et pleine de périls. Par exemple, il avait cité les prédateurs, tels que les chats, qui se révélaient des obstacles dangereux et les rats, pour les éviter, devaient effectuer de nombreux détours. Il obtint gain de cause et on aurait prolongé le terme de la comparution. On peut voir que ce Chassanée obscurcissait admirablement bien la question. D’ailleurs, il manipulait les textes bibliques et les auteurs latins avec aisance et esquivait bien les objections des poursuivants. 

J.Vartier a remit en question la cause des rats d’Autun qu’aurait défendu Chassanée. D’ailleurs, il consacre un chapitre entier sur cet avocat et démontre que cette histoire a été monté de toutes pièces par un chroniqueur protestant. Toutefois, c’est effectivement le premier jurisconsulte qui a compris et proclamé que l’excommunication ne pouvait s’appliquer aux animaux. Outre le fait qu’il ne manquait pas de rappeler que les bêtes soient dépourvus de raison, il était impossible d’excommunier des animaux qui n’étaient même pas chrétiens. De plus, il s’était servi du droit canonique pour affirmer ses propos et soulignait, à juste titre, que l’excommunication n’était valable que lorsqu’on la prononçait individuellement et non de façon collective. Par exemple, il aurait fallu excommunier individuellement tous les insectes qui ravageaient les récoltes et c’était impossible. Ainsi, Chassanée privait le juge ecclésiastique de son arme la plus terrible et devait se résigner à l’utilisation de la malédiction, l’exorcisme ou l’anathème.   

Souvent, on tentait d’effectuer des ententes à l’amiable. Les plaignants offraient une parcelle de terrain, par exemple, aux insectes, mais dans la plupart des cas les avocats s’opposaient à ces dons car ils affirmaient que le terrain était stérile. De toute façon, les insectes n’obtempéraient jamais et on finissait toujours par les condamner. Dietrich a même relevé dans son ouvrage des cas où les curés ne suivaient pas les procédures judiciaires et prononçaient des excommunications. Il affirme aussi que c’était beaucoup plus fréquent qu’on pourrait l’imaginer. Ceci n’a rien d’étonnant dans le sens où ces curés étaient proches du peuple et faisaient directement face au mécontentement de la population. Ils étaient relativement instruits mais pas plus en mesure d’expliquer les catastrophes naturelles. Il est donc possible que leur sincérité soit réelle lorsqu’ils prononçaient diverses condamnations, du moins beaucoup plus que celle du haut clergé.

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Jehanne - dans La Justice
30 décembre 2007 7 30 /12 /décembre /2007 07:19
Le Caroubier.




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Le caroubier (Ceratonia siliqua) est un arbre de la famille des légumineuses, cultivé essentiellement dans le bassin méditerranéen. La caroube, est le fruit du caroubier. L'algarve, au portugal, est parsemé de caroubiers.

Cet arbre, cultivé depuis l'antiquité, a une propriété mathématique extraordinaire, qui a longtemps servi aux hommes.
En effet, les gousses des caroubes, à l'état mûr, contiennent des graines ( noyaux) de couleur marron, dont la forme et le poids, sont d'une étonnante régularité.

Du fait de cette constance dans le poids, on a utilisé les graines de la caroube en tant qu'unité de mesure.


Le carat est né ! Le mot "carat" est donc né ! Les graines de caroube ont donné le nom au carat (du grec kération). Un carat correspondait donc au poids d'une graine de caroube. ( 1 carat = 200mg ). Le poids des pierres précieuses s'est donc exprimé en carats. Au vu du poids étonnamment constant de ces graines, elles servaient donc de base, et furent longtemps utilisées dans le commerce de pierres précieuses et de diamants.






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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 10:07
Les secrets de l'histoire naturelle.




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Rédigée en français entre 1371 et 1428, l'œuvre est une compilation à caractère géographique chargée de divertir autant que de moraliser.

À l'instar des "encyclopédies" du XIIIe siècle, il s'agit d'une mise en ordre des connaissances selon un classement alphabétique, procédé déjà utilisé par Barthélemy l'Anglais. Se succèdent ainsi depuis l'"Affrique" jusqu'à l'"Ululande" cinquante-six chapitres qui traitent de "géographie" et décrivent l'Asie, l'Europe l'Afrique, les "pais", les provinces, les îles... L'auteur anonyme, sans doute un clerc, s'appuie sur les Écritures, recourt à des exempla et cite les auteurs profanes, tel Pline ou Ovide.
Une peinture ouvre chaque chapitre qu'elle résume ou dont elle présente l'une des caractéristiques principales. Enluminé vers 1480 par Robinet Testard, cet exemplaire est le plus récent des quatre manuscrits connus. Davantage préoccupé de transmettre un message que de suggérer une réalité objective, Testard peint des figures sans relief sur un fond plat. Cette démarche s'accorde parfaitement au caractère merveilleux du texte dont l'aspect didactique est mis en valeur par la lisibilité de la composition.




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Source BNF.
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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
27 décembre 2007 4 27 /12 /décembre /2007 16:54
Le jeu d'échec dit "de Charlemagne".




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Charlemagne, qui régnait autour de 800, n'a pas connu le jeu d'échecs, introduit en Occident par les Arabes deux siècles plus tard. Mais l'abbaye royale de Saint-Denis a longtemps conservé dans son trésor de spectaculaires pièces en ivoire dont la légende voulait qu’elles aient été offertes à l’empereur par le calife de Bagdad Haroun al-Rachid à l'occasion de son couronnement. En fait, ces échecs ne datent pas de l'époque carolingienne mais de la fin du XIe siècle. Ils ne proviennent pas d'Orient mais d'un atelier d'Italie méridionale, probablement Salerne.

De dimension inhabituelle, ces échecs sont trop imposants pour être manipulés sur un plateau de jeu : ce sont des pièces d'apparat, faites pour être thésaurisées et prendre place dans un trésor, royal ou ecclésiastique. Leur fonction n'est pas ludique mais symbolique. Le jeu lui-même constitue pour la société médiévale un système symbolique exemplaire permettant d'appréhender la place de chacun.


C'est à la suite des confiscations révolutionnaires que le jeu "de Charlemagne" est entré dans les collections de la Bibliothèque nationale de France, en 1793. Œuvre emblématique du musée des Monnaies, Médailles et Antiques, il compte parmi les plus beaux objets en ivoire que le Moyen Âge nous ait transmis.







Source BNF.

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Jehanne - dans Les Jeux
22 décembre 2007 6 22 /12 /décembre /2007 09:39
Les monnaies avant le franc.



Différentes monnaies d'or, d'argent et de cuivre circulaient en Gaule à la fin de l'Empire romain. Au temps des rois mérovingiens, descendants de Clovis, ne subsiste guère que la monnaie d'or, sou et surtout tiers de sou, appelé aussi triens ou tremissis (à peine 1 g), imitations plus ou moins réussies des pièces impériales romaines. Le triens d'or devient quasiment espèce unique au début du VIIe siècle.



Du tiers de sou d'or au denier d'argent.





L'or provient principalement de la Méditerranée, en particulier des monnaies de l'Empire byzantin. Mais vers 650, la géographie économique et monétaire se modifie au profit du Nord d'où viennent des monnaies d'argent anglo-saxonnes et frisonnes (des Pays-Bas), les sceattas. En outre, l'or se fait plus rare et plus cher après la chute de l'Afrique byzantine et la prise de Carthage. Vers 675, le sou d'or est complété puis remplacé par une pièce d'argent : le denier, du nom de l'ancienne monnaie romaine d'argent. Douze deniers font un sou. Les pièces sont produites un peu partout et revêtent de multiples aspects. Le contrôle des monnaies semble échapper en grande partie au pouvoir royal mérovingien. Les réformes monétaires byzantines et arabes, le succès des monnaies anglo-frisonnes, l'exploitation de nouveaux gisements argentifères et des circonstances politiques internes pérennisent l'adoption de l'étalon argent sous l'égide d'une nouvelle dynastie royale : les Carolingiens.




Le denier d'argent, monnaie unique de l'Empire carolingien.


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Tandis qu'ils réunifient et étendent à leur profit le royaume des Francs, Pépin le Bref (741-768) et son fils Charlemagne (768-814) reprennent le contrôle de l'activité monétaire. Le pouvoir royal sur la monnaie est réaffirmé par un ensemble de règlements et de contrôles organisant sa fabrication et sa mise en circulation. En 754-755, l'édit de Ver est une première tentative d'uniformiser le poids et l'aspect du denier d'argent franc. En réalité, la marque de l'autorité royale ne figure systématiquement sur la monnaie qu'avec Charlemagne en 793-794.
"Monnaie unique" de l'Empire carolingien, le nouveau denier au poids unitaire d'environ 1,70 g est le modèle, direct ou indirect, du monnayage occidental produit du IXe au XIIIe siècle. La réglementation carolingienne insiste sur la qualité de la monnaie, et cherche à éviter la "fausse monnaie" (en fait, des pièces de moindre qualité produites frauduleusement dans les ateliers officiels), et la thésaurisation ou la transformation en argenterie.
En prescrivant de tailler 240 deniers dans 1 livre d'argent, Charlemagne jette les bases d'un système monétaire et comptable qui persistera en France jusqu'à la Révolution : 1 livre = 20 sous ou 240 deniers ; 1 sou = 12 deniers. En outre est frappée une division du denier, l'obole d'argent, qui correspond à sa moitié.







Du denier carolingien aux deniers féodaux.






Principal agent administratif local, le comte surveille et contrôle au nom du souverain l'activité monétaire dans le royaume. Dans la seconde moitié du IXe siècle, les usurpations des comtes se multiplient. Le phénomène s'amplifie à la faveur des problèmes de succession au trône, des conflits intérieurs, puis des raids sarrasins, vikings et hongrois : le pouvoir royal perd peu à peu le contrôle effectif et l'exclusivité de la frappe des deniers. Les comtes commencent d'exercer les pouvoirs régaliens à leur propre profit. Par ailleurs, le souverain concède une part des revenus d'un atelier, parfois sa gestion, à des évêques ou des abbayes. La féodalisation du denier se concrétise au Xe siècle alors que les Robertiens, ancêtres des Capétiens, s'opposent aux Carolingiens. L'aristocratie profite de l'occasion pour se rendre plus indépendante. Le pouvoir affaibli multiplie les concessions officielles, notamment en faveur d'ecclésiastiques. La monnaie est désormais affaire de prélats, de ducs et de comtes, voire de vicomtes, qui peuvent changer titre et poids à leur guise.




Une multitude de monnaies.


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Entre les XIe et XIIIe siècles, dans un contexte d'essor économique et commercial tant dans les campagnes que dans les villes, une multitude de derniers féodaux sont frappés régionalement, voire localement, par des seigneurs plus ou moins importants. La monnaie du roi est devenue une monnaie parmi d'autres. Du point de vue du seigneur émetteur, la monnaie constitue une importante source de revenu, un moyen de financer son train de vie et sa politique. Un profit est en effet réalisé sur la frappe de chaque pièce : c'est le droit de seigneuriage. Pour augmenter ce revenu, le seigneur peut procéder à une mutation de sa monnaie, c'est-à-dire modifier certaines conditions d'émission : poids du denier, titre ou teneur en argent fin, cours officiel. La pratique alors la plus courante dans le royaume de France consiste à affaiblir la monnaie en titre de métal fin, une préfiguration des dévaluations contemporaines. Elle engendre de grandes disparités de valeur entre les différentes pièces en circulation et concourt localement à une certaine instabilité monétaire. Les élites féodales et les bourgeoisies urbaines montantes protestent et négocient, obtenant de limiter ces mutations à une seule par règne, ou la stabilisation de la monnaie en contrepartie d'une taxe (monéage).




Restauration de la monnaie du roi.






À la faveur des guerres, des mariages et des héritages, Philippe Auguste (1180-1223) étend progressivement son autorité, y compris dans le domaine de la monnaie. Le denier "parisis", est d'abord diffusé dans le nord du royaume, puis à l'est et quelque peu au sud. Après la conquête de la Normandie, de l'Anjou, du Maine et de la Touraine (1204-1205), le roi impose une nouvelle pièce : le denier "tournois". Cette politique volontariste est poursuivie par Saint Louis (1226-1270) au seul profit du tournois et au détriment des monnayages féodaux. À l'exemple des cités italiennes qui frappent de "gros" deniers valant entre 20 et 30 deniers locaux, Louis IX crée un gros tournois, première monnaie de bon argent produite en France, valant 12 deniers. Le gros tournois rencontre un tel succès qu'il est frappé abondamment, rapidement imité, notamment en Provence, et diffusé largement en Italie. Dans le même temps est créé l'écu d'or, première monnaie d'or capétienne. Mais il s'avère un échec commercial et est vite abandonné. Saint Louis laisse à ses successeurs une monnaie apparemment stable.






Source BNF.








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Jehanne - dans Divers
21 décembre 2007 5 21 /12 /décembre /2007 09:14
Le franc, en bref.




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Le franc est créé le 5 décembre 1360, les premières pièces sont émises à partir de février 1361. Ce premier franc que les contemporains appelèrent rapidement franc "cheval" ou à cheval se présente comme une pièce d'or à 24 carats pesant 3,88 grammes.
La législation royale qui accompagne cette création s'engage à défendre la stabilité de la monnaie royale. Après une longue période où les souverains modifièrent à répétition leur monnayage, Jean le Bon dut le promettre en contrepartie des 3 millions d'écus d'impositions destinées à financer le paiement de la colossale rançon qui le libérait des geôles du roi d'Angleterre.
Par la suite, chacune des "renaissances" du franc, sous la Révolution ou sous Poincaré par exemple, semble matérialiser le désir de renouer avec la stabilité d'une monnaie forte, le défi relevé vis-à-vis d'une monnaie étrangère, l'annonce de réformes économiques et financières plus globales dans un contexte politique apaisé.
Très vite identifié à la France et aux Français comme symbole d'identité nationale, il porte aussi le symbole de la "franchise" d'un roi et de son peuple, le symbole de la liberté.






Source BNF.
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Jehanne - dans Divers
20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 09:16
L'hémostase.




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Le problème majeur à l'époque médiévale est l'hémostase (processus physiologique au cours duquel le saignement est arrêté). Il faut trouver différents moyens pour venir à bout de cette difficulté. Henri de Mondeville préconise, dans les cas de saignée ayant du mal à coaguler, de faire un point de compression et de le maintenir à l'aide d'un poids positionné sur la saignée. Une autre façon de juguler les saignements est le tamponnement avec de la charpie de coton.

Dans quelques traités de chirurgie, il est fait allusion à la ligature des vaisseaux et ce bien avant Ambroise Paré. Henri de Mondeville et Guy de Chauliac en parlent dans leurs livres respectifs, mais il est à noter que cette technique ne fut guère employée car les chirurgiens qui s'y essayeront, ligatureront vaisseaux, muscles et peau en même temps. Les résultats ne sont pas ceux escomptés.

Le moyen qui le plus employé reste la cautérisation à chaud ou chimique. La cautérisation ignée se pratiquait avec des fers rougis. La cautérisation chimique se faisait à l'aide de sulfate de cuivre par exemple.






Source ars medicinae.
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Jehanne - dans La Médecine

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