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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 20:30

Les médecins de la peste.

 

 

 

 

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Le costume du médecin de la peste n’est pas un véritable déguisement mais plutôt un accoutrement porté par les "médecins de la peste", médecins qui allaient visiter les pestiférés, habillés comme décrit sur la photo.

 

En fait il ne s'agissait pas de médecins mais de prêtres, ils portaient une tunique de lin ou de toile cirée et un masque qui les faisaient ressembler à un grand oiseau dans lequel se trouvent des herbes contre l’odeur pestilentielle. Sur le masque, ils portaient des lunettes et ils étaient toujours accompagnés d'une baguette avec laquelle ils soulevaient les
vêtements des pestiférés, imaginant que masqué de la sorte la terrible maladie ne puisse pas l’atteindre.

Dans les hôpitaux les médecins n'approchent donc pas les malades, ils s'aspergent de vinaigre, pendant que les prêtres munis de masques à bec pointus donnent la communion ou l'extrême onction avec des cuillères d'argent fixées à de longues spatules...

Dès l'apparition de la maladie, Philippe VI demande à la faculté de rechercher les remèdes susceptibles de combattre la "pestilence".

Médecins et astronomes remettent bientôt au roi un traité qui recommande d'allumer des feux de bois odoriférants, de se baigner dans l'eau chaude, de ne pas trop manger; les viandes seront de préférence rôties ou accompagnées d'épices si elles sont bouillies. L'eau doit être distillée ou bouillie.

Les médecins recommandent enfin de " faire abstinence de femme..."

Quant aux remèdes, ils se limitent aux laxatifs et aux saignées qui aboutissent, en fait, à affaiblir le patient, plus réceptif encore à la maladie.

 

En fait, les populations luttent essentiellement contre l'épidémie par la fuite, gagnent les campagnes et les forêts où elles se réfugient dans des cabanes. Ceux qui ne s'enfuient pas s'enferment dans leurs maisons, comme l'imposent bientôt les autorités. Si la peste pénètre dans la maison, ces dernières font clouer portes et fenêtres. Seule une fenêtre
reste entrouverte, pour que l'on puisse ravitailler les habitants de la maison, à moins qu'on ne les oublie.

 

Lorsque les morts deviennent trop nombreux, on se contente souvent de les jeter dans les rues où les ramassent les membres des confréries. Les cadavres, entassés dans des charettes, sont ensuite hâtivement enfouis dans des fosses communes, hors des agglomérations.

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Jehanne - dans La Médecine
26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 14:13

Yggdrasil.

 

 

 

 

 

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Rarement mythologie aura autant déchaîné passion et imagination que la religion des vikings. L’univers mythique d’Yggdrasil est à la base de la littérature fantastique de Tolkien et consorts. Le monde, ou plutôt les mondes puisqu’il y en a 9, articulés autour de l’arbre mythique Yggdrassil, forment un ensemble fantastique et complexe, dominé par la figure d'Odin, le Dieu des dieux, et destiné à être détruit durant le Ragnarök.

 

 

Le mythe de la création.

À l’origine, rien. Le vide (ginnungagap), le chaos. Juste le feu (muspellsheimr) et la glace (nilfheirm). Le chaud et le froid vont se rapprocher pour finalement entrer en contact. De ce choc thermique naît un géant hermaphrodite, Ymir. Ymir a un fils, Buri, qui eut à son tour un fils, Borr.


Le monde n’existe pas encore. Mais les trois fils géants de Borr, Óðin, Vili et Vé, tuent Ymir, et de son corps créent le monde. Son sang devient la mer, son crane forme la voûte céleste, ses poumons deviennent nuages, ses os les montagnes, ses cheveux les arbres. Les trois géants sculptent également le premier homme (appelé Ask ou frêne) et la première femme (appelée Embla ou orme) à partir de deux bûches trouvées sur le rivage de la mer primitive. C’est le début de l’humanité.

 

 

 

 

 

 

 

Le monde

Le monde créé, les Dieux vont l’organiser autour de Yggdrassil, l’arbre cosmique, le pilier du monde.


Les Dieux créent d’abord Midgard, la terre des hommes, la terre du milieu. Elle est cernée par cette immense mer dans laquelle se trouve un serpent monstrueux se mordant la queue, Jörmungandr. C’est lui qui assure par son étreinte la cohésion du monde. Lorsqu’il la relâchera, le Ragnarök commencera.


Sur l’autre rive de la mer, les Dieux ont isolé les géant, à Utgard, un monde froid et hostile, et les nains, ou elfes noirs, dans Svartalfheim.


Au nord, dans les profondeurs de la terre, se trouvent Helheim, le royaume de Hel, royaume des morts, Muspeilheim le royaume des géants, et Niflheim le royaume du froid et de la glace.


Enfin, les Dieux peuvent penser à eux. Tout en haut d’Yggdrassil, ils créent Alfheim, la terre des elfes blancs, puis Vanaheim, le royaume des Dieux vanes et enfin Ásgard, le royaume des Dieux ases. D’Ásgard, les Dieux, et Óðin en particulier, dominent le monde et peuvent tout observer.


Pour relier Ásgard et Midgard, les Dieux créent un pont arc-en-ciel, Bifröst, gardé par Heimdall.


Sous les racines d’Yggdrassil coulent également des sources. La source de la connaissance protégée par le géant Mimir le Sage. La source du destin protégée par les trois nornes.


Bien sûr, il est difficile de maintenir la paix entre ces neufs mondes, et régulièrement, des guerres éclatent.


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Jehanne - dans Personnages Historiques
26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 14:00

Les Dieux scandinaves.

 

 

 

Il existe deux catégories de Dieux scandinaves, les Vanes, les plus anciens, hérités sans doute d’une religion indo-européenne antérieure, et les Ases. L’opposition entre ces deux familles, qui ira jusqu’à la guerre, symbolise le fossé entre la paysannerie des Vanes, et l’aristocratie des Ases. Leur réconciliation est gage d’unité.

 

 

 

 

Óðin ou Wotan

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Le Dieu des dieux. Vénéré et craint. À la fois Dieu de la magie, du savoir, de la guérison, de la guerre. C’est lui également qui décide qui doit vivre ou mourir sur le champ de bataille.

Óðin vit à Ásgard, et observe le monde depuis son trône. Ses deux corbeaux, Huginn et Muginn parcourent le monde et viennent lui chuchoter à l’oreille ce qu’ils ont vu. Difficile d’échapper à l’omniscience du Dieu aux 1000 surnoms.


Óðin est surtout prêt à tout pour arriver à ses fins : aux pires fourberies comme aux pires sacrifices.


Pour acquérir la science des runes, il passe neuf jours suspendu la tête en bas à Yggdrassil, transpercé par sa propre lance. Pour boire au puits de la connaissance gardé par Mimir, il accepte de perdre un œil. Óðin est d’ailleurs toujours représenté borgne.

Pour réussir à voler l’hydromel, source de poésie, il n’hésite pas en revanche à se transformer en serpent puis en aigle après avoir séduit la gardienne Gunnlöd. Óðin put boire l’hydromel puis le vola pour l’emmener à Ásgard l’offrir aux Dieux. Une histoire parmi tant d’autres qui illustrent la ruse du père des Dieux.

 

 

 

Þórr (Thor)

 


 

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Fils d’Óðin, Þórr est en revanche apprécié unanimement. Son courage, sa force et sa loyauté sont louées par les anciens scandinaves. Il est là pour protéger les hommes. Sa popularité est d’ailleurs démontrée par la composition de nombre de nom scandinaves, qui commencent par "Þórr".


Þórr est également le Dieux des éclairs. Durant les orages, il traverse le ciel sur son char tiré par deux boucs, et en faisant tourner son marteau Mjöllnir, il crée les éclairs. Mjöllnir est le principal attribut de Þórr. Tellement lourd qu’il lui fallait une ceinture de force pour le porter, le marteau est continuellement porté au fer rouge, et Þórr devait mettre des gants pour s’en servir. Mais une fois lancé, Mjöllnir ne rate jamais sa cible, et revient automatiquement dans la main de son propriétaire.


Le compagnon de route de Þórr est souvent Loki, son meilleur ennemi.

 


 

 

Freyr et Freyja

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Les plus invoqués, tout simplement car ils sont les Dieux de la fécondité. Freyr et Freyja sont jumeaux. Freyr est le Dieu du soleil et de la pluie, patron des moissons, Freyja déesse de la fertilité et de l’amour.


Freyr possède un sanglier d’or conçu par les nains, et un bateau magique, à la fois capable de traverser ciel, terre et mer en transportant l’intégralité de l’armée de Óðin, et si petit qu’il peut se ranger dans une poche.


Freyr et Freyja sont des dieux Vanes.

 

 

 

 

Loki

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Le plus fourbe de tous les dieux. Loki est de tous les mauvais coups. Il est souvent associé à la magie. Il peut changer de forme, et se transformer en animal.


Loki est un Dieu Ase. Il eut trois enfants avec une géante nommée Angrboda : Fenrir, le loup géant, Hel, la déesse des morts, et Jörmungandr, le serpent de Midgard.


La personnalité de Loki est complexe : à la fois toujours prêt à faire de mauvaises farces aux dieux, et disponible pour leur venir en aide si besoin est.


Mais la dernière farce de Loki le condamnera : en manipulant le Dieu aveugle Höðr, il tue Baldr, le plus beau et le plus aimé de tous les Dieux. Puis il empêche sa résurrection. Cette fois, les Dieux sont vraiment fâchés. Ils condamnent Loki à être enchaîné à une pierre dans une grotte. Sur sa tête coule goutte par goutte de l’acide. À chaque goutte qu’il reçoit, Loki trésaille si violemment qu’il crée les tremblements de terre.

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Jehanne - dans Personnages Historiques
24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 14:08

Catherine de Sienne.

 

 

 

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Catherine, benjamine d'une famille très nombreuse (24 frères et sœurs) entend très jeune l'appel à se consacrer à Dieu. A seize ans, elle devient tertiaire dominicaine, tout en vivant sa vie d'austérité et de prière au milieu de sa famille. Elle fait vœu de virginité, mais le petit groupe des amis qui l'écoutent et la soutiennent (les Caterini) l'appelle "maman". Ascèse et oraison la font vivre en étroite union avec la Christ, tout en se préoccupant des réalités de la vie. Elle vient en aide aux pauvres et aux malades de Sienne, elle écrit aux grands de son temps. 


Son principal souci est l'unité de l'Église. Sans complexe, elle écrit au Pape, alors en Avignon, une lettre brûlante où elle le presse de revenir à Rome. Elle ira même le chercher. Lorsque la chrétienté occidentale sera divisée entre plusieurs papes, elle soutiendra Urbain VI et déploiera des trésors d'activité et de diplomatie pour rassembler l'Église autour de lui.


Elle prend aussi partie dans les luttes où s'affrontent les villes italiennes. Elle, la recluse de Sienne, voyage inlassablement comme médiatrice dans le nord de l'Italie et le sud de la France. Pourtant cette activité débordante n'est pas le tout de sainte Catherine. Ce n'est que la face apparente d'une intense vie mystique, avec des extases durant lesquelles ses disciples, émerveillés, copient les prières qui s'échappent de ses lèvres.


Son "Dialogue", qui est aussi un des classiques de la langue italienne, retrace ces entretiens enflammés avec le Christ, qu'elle rejoignit à 33 ans, dans la vision béatifique.
 
Elle a été proclamée docteur de l'Église en 1970.


Elle est co-patronne de l'Europe: "Elle entra avec un regard sûr et des paroles de feu dans le vif des problèmes sociaux et politiques qui ont déchiré l'Europe de son époque." (Jean Paul II 1999)


La figure et la personnalité de Sainte Catherine de Sienne au cœur de la catéchèse du Pape le 24 novembre 2010 à l'audience générale - Radio Vatican - Sainte Catherine de Sienne (1347 - 1380), déclarée Docteur de l'Église par Paul VI et co-patronne de l'Europe par Jean-Paul II. Devenue tertiaire dominicaine à seize ans, Catherine se consacra à la prière, à la pénitence et à la charité, en particulier au service des malades. Sa réputation de sainteté s'étant diffusée, a dit Benoît XVI, elle devint le conseiller spirituel d'une foule de personnes variées, puissants et artistes, gens du peuple et ecclésiastiques, "y compris Grégoire XI, qui résidait alors en Avignon, et qu'elle encouragea vivement à rentrer à Rome". Catherine voyagea beaucoup pour encourager la réforme de l'Église et la paix des peuples, diffusant sa doctrine par son Dialogue de la divine Providence (ou Livre de la doctrine divine), ses lettres et une récollection de prières.
Catherine de Sienne fut une grande mystique, dont on connaît la célèbre vision dans laquelle Marie la présenta à Jésus, et une autre où le Christ lui offrit une splendide bague en échange de son cœur. Au centre de sa religiosité, a souligné le Saint-Père, "il y avait le christocentrisme qui caractérise toute vraie spiritualité. Pour elle, le Christ était comme un époux... A l'exemple de Catherine, tout croyant doit s'unir au cœur de Jésus afin d'aimer Dieu et le prochain comme le Christ. Laissons-nous donc convertir afin que notre cœur apprenne à aimer le Christ, dans la prière familière, dans la méditation de la Parole, dans les sacrements et avant tout dans la communion... Autour de sa forte personnalité -a poursuivi Benoît XVI- une famille spirituelle s'est constituée, faite de personnes attirées par la grandeur morale de cette jeune femme... Ils furent nombreux à considérer un privilège d'être guidés spirituellement par celle qu'ils appelaient maman... Aujourd'hui encore, l'
Église tire grand bénéfice de la maternité spirituelle de tant de femmes, consacrées et laïques, qui alimentent dans les âmes la pensée de Dieu, renforcent la foi et élèvent le niveau de la vie chrétienne".
La spiritualité de la sainte de Sienne "se manifestait aussi par le don des larmes, signe d'une grande sensibilité et tendresse. Nombre de saints ont eu ce don, qui renouvelle l'émotion même de Jésus, pleurant sans se cacher devant le tombeau de l'ami Lazare et partageant la peine de Marthe et Marie... Consciente des manquements des prêtres, Catherine eut néanmoins toujours un grand respect pour qui dispense par les sacrements et la prédication la force salvifique du Christ. Elle invitait les prêtres et le Pape, qu'elle appelait le doux Christ sur terre, à être fidèles à leur responsabilités, dans un constant amour de l'
Église... Catherine de Sienne nous apprend encore aujourd'hui la science la plus sublime, qui est de connaître et d'aimer le Christ et son Église". (source: VIS 20101124 480)
Mémoire (en Europe fête) de sainte Catherine de Sienne, vierge et docteur de l’Église. Admise parmi les Sœurs de la Pénitence de Saint-Dominique, elle s’appliqua à connaître Dieu en elle, à se connaître en Dieu et à reproduire l’image du Christ crucifié. Avec force et inlassablement, elle lutta pour poursuivre la paix, ramener dans sa ville l’évêque de Rome et refaire l’unité de l’Église. Elle mourut à Rome en 1380, laissant de précieux documents de très haute doctrine spirituelle.

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Jehanne - dans Personnages Historiques
22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 21:34

L'éclairage au Moyen âge.

 

 

 

 

 

 

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L'éclairage de la maison est de mauvaise qualité et faisait courir le risque d'incendies de plus il était souvent rare par soucis d'économie. Le plus souvent, comme les cheminées permettaient de grandes flambées, sauf en ville et dans les régions déboisées, l'on se contentait de la lumière produite par le foyer pour les veillées.


Sinon, pour créer un peu de lumière, on utilisait essentiellement des lampes à huile, à suif, des bougies et chandelles, et pour l'extérieur des torches.


Il est d'ailleurs intéressant de noter que cette domestication de la nuit passe par l’organisation de moyens destinés à parer la violence : patrouilles nocturnes, arrestation des sujets en armes et sans torche, guet, arrière-guet et garde dans les villes et non par des moyens d'éclairages publics.


Au XVème siècle encore, il n'y avait que trois points d'éclairage public dans Paris : la porte du tribunal du Châtelet, où Philippe le Bel avait fait placer une lanterne à carcasse de bois garnie de vessies de porc pour déjouer les entreprises des malfaiteurs qui se perpétraient jusque sur la place ; la tour de Nesle, où un fanal indiquait l’entrée de la ville aux mariniers remontant la Seine, et la lanterne des morts du cimetière des Innocents.


Comment s’éclairaient nos ancêtres ? L’histoire nous répond qu’ils adoptèrent d’abord l’usage des lampes à pied ou suspendues à l’imitation des Romains et dans lesquelles ils brûlaient, dans le nord, de l’huile de navette ; dans le midi, de l’huile de noix. Mais l’usage de la cire et surtout du suif était aussi fort répandu sous forme de chandelles.


Ce dernier terme s’appliqua, jusqu’au XIVe siècle, aussi bien pour désigner la chandelle proprement dite, ou de suif que la bougie ou chandelle de cire. A partir de cette époque cependant trois mots sont employés dans un sens distinct : chandelle, pour le suif, cierge pour la cire d’église, bougie pour la cire employée dans les habitations parce que c’était de la ville de ce nom que l’on tirait la cire d’Afrique qui passait pour la meilleure.


La chandelle de suif constituait, alors comme jusqu’à ces dernières années, l’éclairage des classes peu aisées à cause de son prix relativement faible ; la cire était rare même dans les habitations somptueuses .


Dans les fêtes, on ajoutait à cet éclairage des torches de résine que des serfs portaient à la main. Le tragique épisode du Ballet des Ardents prouve que cette coutume, déjà signalée dans Grégoire de Tours, s’était perpétuée jusqu’au règne de Charles VI.


Dès le XIVe siècle, il existait une corporation des chandeliers-ciriers-huiliers rangée sous la bannière de Saint-Nicolas. L’apprentissage était de six ans. Les principales opérations du métier consistaient à clarifier le suif et la cire, à couper et à ajuster les mèches de deux fils de coton et d’un fil de chanvre, à les attacher par rangées à une baguette, à les plonger et à les replonger, jusqu’à ce qu’elles aient acquis la grosseur et le poids convenable, dans le vase qui contient le suif ou la cire en ébullition. Les meilleures chandelles de cire venaient du Mans.


La falsification n’a pas attendu notre époque pour s’exercer aux dépens de l’acheteur ; certains chandeliers recouvraient de bon suif une chandelle formée de mauvaise matière première ; ces chandelles fourrées donnèrent lieu à bien des discussions et aussi à des règlementations. Au XVe siècle, il était interdit aux membres de la corporation de mêler la vieille cire avec la nouvelle, le suif de mouton avec le suif de vache, et de mettre, aux mèches, plus d’étoupe que de coton. Plus tard, on améliora la fabrication en ajoutant une couche de suif à trois couches de cire. On employa le marc d’huile de noix pour faire des chandelles ; on fit la mèche entièrement en coton ; on vendit des chandelles de toutes les couleurs, de toutes les nuances, en cire blanche, bleue, rouge, verte, jaune, jaspée ; « triolé, riolé, comme la chandelle des rois », disait un vieux proverbe.


La chandelle n’était guère perfectible ; malgré les grands progrès de la chimie on n’a pu arriver à combattre complètement la trop grande fusibilité du suif et la combustion incomplète de la mèche ; seule, la bougie stéarique, due aux travaux de Chevreul, a apporté à ce mode d’éclairage insuffisant un remède efficace.


Ce coup d’œil jeté rapidement sur l’histoire de la chandelle, il nous reste à dire quelques mots des ustensiles, flambeaux, chandeliers, bougeoirs destinés à la maintenir et à la transporter.

Au moyen âge, les chandeliers, quelle que fût leur destination, civile ou religieuse, étaient couverts de représentations animales. Ceux d’église portent tous à leur base des dragons qui sont un symbole de la victoire de la lumière sur l’esprit des ténèbres.


Le cétébie, flambeau dit de Glocester, que nous reproduisons et qui flgure au musée de South-Kensington, de Londres, est un exemple curieux de l’orfèvrerie religieuse au début du XIIe siècle. Il est formé d’un alliage d’argent doré. Sa base triangulaire s’appuie sur trois têtes de dragons. Sa tige, son pommeau et son calice supportent quarante-deux monstres tous différents émergeant d’un fouillis de feuillages contournés, de banderoles et d’inscriptions latines portant des devises, le nom du donateur, etc.


Le métal, la faïence, le boismême sont employés alors dans cette fabrication. L’émaillerie y est fort commune ; Limoges, au XIIIe siècle, produisait des chandeliers champlevés.


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Jehanne - dans La Société
22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 21:29

L'amputation au Moyen âge.

 

 

 

 

 

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Dans le cas d'entailles profondes ou de plaies gangrenées (la « pourriture fatale des tissus ») au niveau des membres supérieurs ou inférieurs, le chirurgien est dans l'obligation d'amputer soit dans l'articulation (auteurs Arabes, tel Aboulcassis de Cordoue) soit en dehors (auteurs Européens tel Henri de Mondeville).

 

L'opération se déroule « simplement ». Le patient est solidement maîtrisé. On place un garrot au-dessus de la future découpe. On coupe les chairs avec un couteau à amputer. Sous l'action des muscles, les chairs vont avoir tendance à s'écarter. Pour stopper l'hémorragie, dans la plupart des cas on cautérise au fer rouge. Certains utilisent l'arsenic ou les aluns de roche comme hémostatiques, d'autres comme le Strasbourgeois Hieronymus Brunschwig ligaturent les vaisseaux au lieu d'utiliser le cautère. Néanmoins, cette technique semble avoir été peu utilisée, car il ne faut pas suturer ensemble vaisseaux, peau et muscles. Une fois cette opération terminée, on coupe l'os à la scie.

 

Les esquilles d'os sont éliminées avec une paire de forces. À noter, la pratique de Hans von Gerssdorf, Stadtscherer (barbier de la ville) de Strasbourg. Ce dernier taille un lambeau de chair qui recouvrira la surface sectionnée en permettant la formation d'un beau moignon. Au soir de sa vie en 1517, il résume son expérience dans feldtbuch der wundtartzney, manuel pratique de chirurgie de guerre. Mais tous les chirurgiens ne sont pas d'accord sur l'endroit de la découpe. Les uns préconisent d'amputer dans les tissus gangrenés car cela serait moins douloureux et moins hémorragique, les autres préfèrent trancher en zone saine.

 

Certains conseillent de trancher au niveau de l'articulation, les autres au-dessus ou au-dessous.

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Jehanne - dans La Médecine
22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 21:25

Soigner les blessures par flèches au Moyen âge.

 

 

 

 

 

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Avant l'apparition des armes à feu, les blessures par flèches préoccupent déjà les chirurgiens depuis l'antiquité (Celse).

 

Au XIIIe siècle, Guillaume de Salicet (pour ne citer que lui) y consacre 22 chapitres sur les 26 de son livre ! La diversité des flèches est à la hauteur de l'ingéniosité des praticiens pour les extraire !


Le Byzantin Paul d'Egine (625-690) utilise des repoussoirs pour évacuer les flèches profondément enfoncées. Prenons l'exemple d'une flèche profondément enfoncée dans le bras : le praticien essaie de tirer sur la hampe pour la dégager, mais la plupart du temps seule la hampe, simplement emboîtée, peut être extraite. Le praticien sonde alors la blessure, s'il s'avère que le fer est prêt à sortir du côté opposé, il utilise l'impulsoir. En passant par le trou laissé par la pointe, il vient loger son instrument dans la douille de la flèche et la pousse en avant. Quand cette dernière pointe de l'autre côté, les chairs se déforment, le praticien pratique alors une coupure en croix pour limiter la déchirure des tissus et une dernière impulsion lui permet d'extraire la flèche.


Si le fer dépasse, on utilise des pinces dites à bec d'oiseau pour s'en saisir, mais comme le disait le grand Aboulcassis au XIe siècle : « si elle ne répond pas aussitôt à la traction sur elle, laissez-là en place pendant quelques jours jusqu'à la suppuration des tissus environnants, alors la traction et son ablation seront faciles ». Certains activent le ramollissement des tissus en utilisant une lotion à base d'huile rosat, de jaune d'oeuf et de safran. Pour faciliter l'extraction il est conseillé d'effectuer un mouvement de torsion de la main en tous sens avec la pince.


Si la flèche est profondément enfouie mais pas au point d'utiliser l'impulsoir et encore moins la pince, il n'y a plus qu'une solution : inciser autour de la plaie. Aboulcassis précise « seulement s'il n'y a pas d'os, de nerf ou de vaisseaux sanguins dans le voisinage ». Dès que l'ouverture est assez grande, on utilise la pince pour extraire le fer. Parfois le patient garde le fer fiché dans sa chair tel Guillebert de Lannoy en 1412 : « je fus blessé à la cuisse par un vireton (carreau d'arbalète) et j'ai gardé la pointe dans la cuisse pendant plus de neuf mois ».

 

Au XIe siècle, Aboulcassis parle déjà de cas similaires, de blessures qui cicatrisent par-dessus le fer, qui parfois se rappelle à son malheureux propriétaire après quelque temps. Dans ce cas, il faut inciser ou utiliser des pommades caustiques pour le dégager avant de l'extraire. Une fois le fer extrait, on traite la blessure comme les blessures classiques mais la profondeur des plaies, les fragments de tissus emportés par la pointe souvent rouillée et souillée de terre ou autre, ont une fâcheuse tendance à causer des complications.


Comme tous les blessés le patient est soumis à la saignée, au lavement (clystère), et à la diète pendant deux semaines

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Jehanne - dans La Médecine
22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 21:15

L'ophtalmologie au Moyen âge.

 

 

 

 

 

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Pendant les onze siècles que recouvre le Moyen Âge, les médecins, héritiers des traditions égyptiennes, grecques, latines et arabes, ou leurs compilateurs ont consacré plusieurs chapitres aux maladies des yeux. Les thérapeutiques des Anciens nous ont été transmises dans leur ensemble, mais les copistes y ont souvent ajouté de leur propre initiative d'autres formules plus ou moins empiriques, plus ou moins efficaces. En effet, à une époque où l'imprimerie n'existait pas encore et où les documents transmettant le savoir étaient écrits à la main, cela impliquait de la part des copistes une excellente vue et le souci qu'ils en avaient se traduisait par l'intérêt porté aux affections oculaires et à leur traitement.

 

 

 

Les débuts de l'optique :


Si les problèmes de vision furent évoqués dès l'antiquité par Aristote, dans le problemata, en particulier la myopie et la presbytie, l'invention des lunettes fut bien plus longue à venir. Elle est, par ailleurs, précédée par une foule d'anecdotes concernant l'utilisation empirique de lentilles, ou de verres grossissants - ainsi de l'exemple, rapporté par Pline, de Néron regardant les combats de gladiateurs à travers une émeraude, quoique l'on ignore s'il le faisait réellement pour mieux voir.

Viennent ensuite les premières études à proprement parler du pouvoir optique de certains éléments, études réalisées par Euclide et surtout le scientifique arabe Alhazen, à qui l'on attribue la première description du pouvoir grossissant des lentilles, dans son livre opticae thesaurus ; ces études sont alors purement théoriques, détachées de l'expérience - Alhazen ne parle pas, par exemple, d'une possible utilisation des lentilles pour faciliter la lecture.


 Euclide (280 avant JC) étudia le pouvoir optique de différents éléments, mais on attribue généralement au scientifique arabe Alhazen la première description scientifique du pouvoir grossissant des lentilles; il ne parle pas de leur utilisation possible pour favoriser la lecture. Dans son livre Opticae Thesaurus, il décrit les différentes formes de lentilles.


Le médecin byzantin Paul d'Égine (625-690), maître dans l'art opératoire et dans celui des accouchements, a consigné dans son Épitomé , rédigé en 675, l'existence d'yeux articiels, de type ecbléphari.

 

 

Roger Bacon (1214-1294) reprit ces travaux d’Alhazen et continua à étudier la réfraction à travers verre et cristal de roche. Cet aristocrate dévoua sa vie à la Science et à la Connaissance. Après un doctorat en théologie il étudia les langues, les mathématiques et la physique. Il étudia à Oxford et à l'Université de Paris, avant de devenir moine.

 

C'est en 1267 qu’il fournit la preuve scientifique que l'on pouvait agrandir les petites lettres à l'aide de verres surfacés de manière particulière. Il demandait des réformes dans les sciences et l'Eglise, ce qui lui fallut la prison en 1257 à Paris, et entre 1278 et 1292. Il mourut peu après, mais avait œuvré pour l'usage des sciences expérimentales. Certains historiens lui accordent la paternité des lunettes, avec l'idée d'intégrer deux verres dans des cercles de bois reliés par un clou. Selon d'autres sources, l'inventeur des premières lunettes est beaucoup plus difficile à connaître. On sait seulement que de nombreuses lunettes font leur apparition en Italie à la fin du siècle. Sandro di Popozo détaille d’ailleurs dans son “Traité de conduite de la Famille” le confort apporté par ses lunettes.


Dans un traité nommé Traité de Conduite de la Famille, Sandro di Popozo écrit en 1299 :"Je suis si altéré par l'âge, que sans ces lentilles appelées lunettes, je ne serais plus capable de lire ou d'écrire. Elles ont été inventées récemment pour le bénéfice des pauvres gens âgés dont la vue est devenue mauvaise". C'est Francesco Redi (1626-1694), professeur de médecine à Pise (Italie) qui rapporte ce document.


Vers 1285, les lunettes apparaissent pour la presbytie et l'hypermétropie.

 

La fabrication de verre blanc était à cette époque là une exclusivité des souffleurs de verre de Venise. Les célèbres verreries de Murano peuvent être considérées comme étant le berceau des lunettes: C'est des verreries vénitiennes que vinrent aussi lespremiers vers lunettes surfacés. La fabrication de ces verres fut réglementée en 1300 en définissant les premiers critères de qualité et les conditions de cette dernière. Ces aides visuelles nommées Bril étaient faites d'un verre surfacé convexe, entouré d'un cercle en fer, de corne ou encore de bois, puis équipé d'un manche pour être tenues. La première forme de lunettes, les lunettes clouantes, fut développée grâce au rivetage de deux verres. C'est avec quelque effort que ces lunettes devaient être retenues sur le nez à la main, elles permettaient par contre la lecture et l'écriture jusqu'à un âge avancé.

 

Des rapports chirurgicaux de Bernard Gordon, en 1305, où " un collyre " est préconisé « en remplacement des lunettes ».


 Un dominicain italien appelé Allesandro Spina, mort en 1313, a fabriqué des lunettes qu'il distribuait autour de lui. Un inconnu lui apprit ce qu'étaient les lunettes, et il diffusa son savoir de fabrication à tous ceux qui s'y intéressaient. Il est décrit comme quelqu'un au grand cœur, toujours prêt à aider les autres.

Donc il semble que différents italiens inventèrent les lunettes...

Des discussions se sont engagées pour savoir si la Chine avait utilisé les lunettes avant ces dates, mais aucun document ne l'évoque, pas même les récits de Marco Polo.

 

Le français Bernard Gordon, professeur de chirurgie à Montpellier, parle des lunettes dans son livre en latin, écrit en juillet 1305 : Lilium Medicinae : Il conseillait un collyre "...qui rend la lecture des petites lettres de nouveau possible pour les gens âgés, sans qu'ils aient besoin d'utiliser des lunettes".


Guy de Chauliac (1298-1368), toujours à Montpellier, évoqua, dans son livre Chirurgia Magna de 1363, différents médicaments contre la mauvaise vision mais ajoute :"Si cela ne marche pas, il faudra que le patient utilise des lunettes".


On peut considérer qu'une des premières reproductions de lunettes dans une peinture, est due à Tommaso da Modena en 1352 :

 Le français Pansier cite les poèmes français du XVème siècle, comme la balade de Charles d'Orléans (1391-1463) :"Et maintenant que je deviens vieux, j'utilise des lunettes pour lire. Elles grossissent les lettres..."


En fait c'était surtout les moines qui utilisaient les lunettes pour recopier les manuscrits.

Malgré leur utilité indéniable, les lunettes restent avant tout destinées aux personnes âgées. Avec Gutenberg et l'imprimerie, la lecture se démocratise et les lunettes deviennent indispensables pour certains. Ces “appareils” n’ont alors rien à voir avec les lunettes que nous utilisons aujourd’hui : il ne s'agit que d'un verre fixé devant l'œil, que les anglais appelaient « spectacle », puis de deux verres joints par un clou, d'où le nom de besicles clouantes. Par la suite on monta les verres sur le nez, ce qu'on appelait un 'pince-nez'. L'inconfort fit naître le 'face-à-main', qui permettait de tenir avec une tige les deux verres devant les yeux.


Au XIIIème et XIVème siècle on ne proposait que des lentilles biconvexes, pour corriger la presbytie. Il fallut attendre le XVème siècle pour voir des lunettes corrigeant la myopie, donc avec des verres concaves. Le premier texte qui parle des verres concaves nécessaire pour corriger la myopie, en 1440, est la description du Cardinal Nicolas de Cuse (1401-1464) dans l'ouvrage De Beryllo.

 

 Ce n'est que vers la fin du XV° siècle que les lunettes clouantes furent remplacées par les lunettes à branches ou des montures à arc faites d'une seule pièce. Les matériaux utilisés à cet effet étaient le fer, l'argent, le bronze ou le cuir. Afin d'améliorer le siège sur le dos du nez, on utilisa un pont à ressort, muni d'une lamelle laquelle exerça un effet de serrage sur le nez. Ces lunettes à lamelles munies de branches furent offertes jusqu'au XVIII° siècle.


 Le développement se poursuivit aux XVI° et XVII° siècles en Espagne. Là-bas, le port des lunettes était un signe de richesse et de niveau social: Plus grand les verres, plus cher étaient les lunettes et plus nobles furent leurs porteurs. On développa en Espagne les lunettes à fil sur lesquelles deux nœuds assuraient le maintien autour des oreilles.

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Jehanne - dans La Médecine
22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 21:09

L'hygiène dentaire au Moyen âge.

 

 

 

 

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Dans un passage du " Regimen Sanitatis " de l’Ecole de Salerne on peut lire, en 1239, le passage écrit par le médecin-poète Jean de Milan :


"Frotte tes dents et les tiens nettes
Rien n’est si laid quand tu caquettes
Ou ris, de voir sous ton chapeau
Des dents noires comme un corbeau
Qui te donnent mauvaise haleine."


Pour se blanchir les dents, il fallait se les frotter avec du corail en poudre ou de l’os de seiche écrasé. Jusqu’au moyen-âge, les dents sont rarement frottées mais, quand c’est le cas - dans les milieux nobiliaires -, elles sont nettoyées avec un cordon de soie (esguillette) ancêtre du fil dentaire. C’est au XIVèmesiècle qu’apparaissent les premiers cure-dents fabriqués. On se rince la bouche à l’eau ou avec une soupe de vin, voire de l’urine (son usage, attesté depuis le monde romain est cité dans les recommandations d’usage du médecin d’Henri III et disparaît au XVIèmesiècle) et parfois avec de l’oxymel (mélange de miel, de vinaigre et de sel marin). Les mauvaises dentitions sont donc courantes.

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Jehanne - dans L'hygiène
17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 22:52

Le Scorpion, arme de siège.

 

 


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  Le scorpion (aussi connu sous le nom de baliste quand il lançait des boulets) était une catapulte à flèches, inventée probablement par les grecs puis adoptée et utilisée à grande échelle par les légions romaines.

A la différence d’un arc qui fonctionne grâce à la torsion de ses bras, le scorpion utilisait un système de ressort à torsion permettant d’obtenir une très grande puissance pour les bras et donc une grande vitesse d’éjection pour les flèches. On pouvait régler cette torsion en quatre point de l’arme grâce à une clé spéciale pour augmenter la portée, la puissance ou la précision. Il y avait pendant la période tardo républicaine et sous le Haut Empire, 60 scorpions par légion (un par centurie, il y avait 60 centuries, 5120 soldats en tout), cette catapulte à flèches avait principalement deux fonctions :


* en tir tendu, c’était une arme de tireur d’élite capable jusqu’à une distance de 100 m d’abattre une cible ennemie. César dans sa guerre des Gaules décrit même la précision terrifiante des scorpions lors du siège d’Avaricum, c’était l’ancètre de nos fusil de sniper.


* en tir parabolique, la portée de tir est nettement plus importante probablement jusqu’à 400 m, la cadence de tir est plus élevée (5 à 6 coups par minute, testée par des reconstituteurs) mais la précision est bien moindre. Les scorpions sont utilisés en « batterie » au sommet d’une colline dont le flanc est protégé par la légion. Dans ce cas de figure ce sont 60 scorpions qui peuvent tirer jusqu’à 300 flèches par minute sur l’armée ennemie. Le poids et la vitesse du trait sont suffisants pour transpercer les boucliers ennemis et blesser ou tuer les guerriers qui les utilisaient. Des reconstituteurs ont testé cette puissance sur des mannequins de crash-test, et le pouvoir de pénétration est de trois hommes à 300 mètres...


La complexité de construction et de réglage et la grande sensibilité aux écart de températures et d’humidité ont limité l’utilisation des catapultes à ressort de torsion que les romains appelaient « tormenta ». De plus, ce type de technologie à disparu dès le haut Moyen Age (à l’exception de l’Empire Byzantin) laissant la place dès les premières croisades à un nouveau type de catapulte basé sur un système de fronde et de contrepoids qui donneront naissance aux spectaculaires trébuchet pour la projection de boulets en pierre ou des arbalètes géantes (grâce aux progrès réalisés dans le domaine de la métallurgie) pour la projections de traits géants. Cette arme d’une précision et d’une puissance remarquables était particulièrement redoutée des ennemis de Rome.

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Jehanne - dans L'Artillerie

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