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2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 21:33
Le jeu de dés au Moyen âge.



                        

                         Les dés que les déciers ont fait

                         M'ont dépouillé de mes habits

                         Les dés m'occient

                         Les dés me guettent et m'épient

                         Cela m'accable.

                                                             Rutebeuf (XIIIe siècle)

                   

il a exercé au Moyen Âge une influence profonde sur les comportements, et sa place dans la société médiévale est loin d’être anecdotique. Ainsi de nombreuses fortunes ont été brisées par une trop forte passion du « geux de dez ».
Le dé médiéval, appelé « alea », « taxillus », « madame », « decius » ou « dez », est fabriqué par les « deiciers » en os, corne, bois, argile ou cire pour les exemplaires communs et ivoire, or, argent, pierre et pâte de verre pour les plus prestigieux. Ce sont les accessoires les plus personnels au Moyen Âge.
Le marquage (« pointure ») des dés du Moyen Âge est identique à celui de notre époque : le total de deux faces opposées est toujours égal à sept. Un dé ne respectant pas cette règle est dit « mespoinz ».
En outre il est très petit (1 cm maximum) du fait de la matière utilisée.


Le jeu se prête à nombre de tromperies du fait de la petitesse des pièces :

               " dez longuez" pour qu'ils ne soient plus cubiques.

               " dez plombez" avec ajout de matière.

               " dez vuidez" légèrement creusés...

                     

La passion du jeu est tellement forte qu'elle se termine souvent par des altercations. L'Eglise lance l'anathème contre les joueurs de dés (à la fin du Moyen-Age, le dé est un instrument maléfique !) St Louit interdit même les écoles de dés. Rien n'y fit.



Quelques jeux :

On utilise un "berlenz" (table à rebords) et un "girestum" (gobelet à dés).

La raffle ou poulain : 3 dés. On ramasse tout en accumulant le plus de points possible ou en sortant une tierce.

La griesche : on en connaît très peu les règles.

Le hazart : 3 dés, 1 joueur contre 2 autres.

Le ludus regularis : jeu de clercs permettant 56 combinaisons pour s'élever dans la hiérarchie des 56 vertus.

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Jehanne - dans Les Jeux
2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 21:16
La Choule.






Le jeu de la choule, qui réunit parfois plusieurs dizaines de participants, ne s'accomode pas d'espaces restraints. Ces caractéristiques suffisent à faire entrevoir un jeu minutieusement organisé, dans un lieu précis. Le toponyme de «chol» ne correspond pas à un ancien champs de choux, mais à un lieu où de tout temps on a joué au jeu de la choule. Les localisations montrent aussi que la hiérarchie ecclésiastique participait à l'organisation et à l'encadrement de nombreuses parties : la partie de choule se déroulait parfois sur la place de l'église. Enfin la choule se tient souvent à la limite de deux villages ; cette caractéritique tient à la nature du jeu.


Les historiens ont montré que la choule se jouait souvent à la limite géographique des deux paroisses qui s'affrontaient. La choule était en effet un jeu d'appropriation ou de défense territoriale, figuré par la balle que l'on devait mettre dans le camp de l'adversaire. La choule, ancêtre du football serait ainsi née des contestations à propos de la propriété du sol ou à propos de droits d'usage. Il apparaît comme la forme sublimée des violences rurales qui ponctuaient la vie quotidienne.
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Jehanne - dans Les Jeux
2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 15:09
Le chat au Moyen  âge.



Ignoré,  puis adulé voilà maintenant que notre chat est malmené!
Dans l'Europe du Moyen-Âge, le chat connut une véritable période noire.... surtout s'il avait le malheur d'être de cette couleur! Comment le chat a-t-il pu devenir ainsi une véritable malédiction?


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Le haut Moyen-Âge ne fut pas si hostile au chat dont les talents de chasseur attiraient la sympathie des paysans. Ceux-ci ignoraient le jugement de l'Église, qui dès le début, considéra le chat comme une créature démoniaque!

Et pourtant, couvents et monastères en hébergèrent plus d'un, les utilisant contre les rongeurs et plusieurs saints médiévaux en firent leur ami. Hélas, le renouveau de certains cultes païens, au milieu du XIVe siècle, signa la perte de notre petit félin.





En fait, le chat avait conservé cette réputation surnaturelle et païenne héritée des cultes égyptiens.  Ses qualités mystérieuses et sa beauté, qui avaient tant impressionné les Égytiens, furent interprétées différemment par l'Église qui le proclama la réincarnation vivante du diable. On en brûla, noya ou crucifia des cents et des milles, quelquefois même avec leur propriétaire!
Cette réputation de malignité faite aux chats n'est pas expliquée. Sans doute leur caractère secret, leur regard intense et pénétrant, leur sortie nocturne ont favorisé cet état d'esprit. On peut croire que certains se sont facilement apeurés en croisant le regard phosphorescent d'un chat, se croyant confronter une force maléfique... Le chat devint ainsi doté de pouvoirs occultes.
L'Inquisition, avec le Pape Innocent VIII et sa bulle de 1484, encouragea les sacrifices de chats à l'occasion de fêtes populaires.... ce qui devint une véritable maladie sociale!



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Durant ces fêtes, le feu était sans contredit le moyen prilégié de la populace. Et chacun y allait de son bûcher... À Paris, le roi servait de bourreau. En Picardie, on allumait un bûcher circulaire; les chats étaient au centre avec, pour seul refuge, un arbre planté au milieu... Dès que les flammes les gagnaient, ils grimpaient dans l'arbre en masse pour retomber dans le brasier.


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En Bourgogne, les enfants étaient mis à contribution. Ils allaient de ferme en ferme transportant un chat fixé au bout d'une perche de bois de manière "à bien faire griller le chat"! Et quand il ne s'agissait pas de sorcellerie, on les brûlait sous prétexte de favoriser les récoltes ou éloigner les épidémies... Quelle folie!



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Ironiquement, c'est la Peste noire qui sauva le chat... Au retour des croisades, l'Europe, envahie par les rats rapportés par les croisés, fut frappée par la peste.  Comme on le sait, la grande majorité de l'Europe fut alors décimée. Ceux qui avaient, à leur risque et péril, conservé des chats dans leur ferme s'en sortirent généralement indemnes, ayant pu se tenir loin des rats.
Et enfin, les autorités finirent par entrevoir la lumière... et mirent fin aux persécutions. Il était temps! Certaines traditions, toutefois ont été longues à mourir. Par exemple, en Bretagne, la coutume de jeter des chats du haut d'un beffroi existe toujours.  Rassurez-vous toutefois, on ne précipite que des chats en peluche!



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Saviez vous que ...

Le Moyen-Âge a exterminé une grande partie de la population féline ce qui causa le fléau de la peste noire qui décima les deux-tiers de l'Europe... Au Moyen-Âge, les dépouilles des chats étaient enselevies dans les fondations des maisons afin d'apporter richesse aux occupants. On croyait également chasser ainsi les rats. Une croyance moyenageuse prétendait qu'une femme ayant un accouchement douloureux avait été ensorcelée et portait dans son ventre des chatons qui lui griffaient les entrailles.



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Jehanne - dans Divers
30 octobre 2007 2 30 /10 /octobre /2007 13:59
La pierre d'alun.



L'alun (du grec als, alos : le sel) est un sel à base de sulfate de potassium. Il est extrait dans diverses régions, notamment en Asie Mineure et en Amérique du Sud.






Dès le Moyen-Age, l’alun est employé entre autres comme “mordant” pour la teinture du tissu. Au XVIIème siècle, on revêtait les maisons à pan de bois d'un crépi composé de chaux additionnée de lait et d'alun, formant ainsi une couche durable et imperméable.

Utilisé en assez grande quantité dans les conserveries de morues (séchage du poisson), il est aussi employé pour clarifier l’eau potable boueuse : les impuretés suspendues dans l'eau sont enveloppées par l’alun qui précipite. Le liquide est ainsi clarifié.

La pierre d’alun est aussi renommée pour son usage corporel grâce à ses propriétés astringentes, antiseptiques et anti-transpiration.

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Jehanne - dans L'hygiène
30 octobre 2007 2 30 /10 /octobre /2007 13:29
Les Ustensiles et la pratique de la cuisine.




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Quelques lieux célèbres et conservées, tel le Palais des Papes en Avignon, nous aident à connaître très précisément la disposition, l'usage et les principes d'utilisation des ustensiles qui permettent aux queux du Moyen Age de pratiquer leur Art. Mais c'est principalement grâce à l'iconographie, que l'on détermine les moyens et les modes de cuisson, ainsi que l'usage que l'on fait des vestiges archéologiques retrouvés.




Le foyer

Il existe, une fois de plus, une différence entre les foyers des maisons populaires et des maisons bourgeoises ou des châteaux.

Dans le premier cas, on retrouve un foyer unique, généralement délimité, soit par une bordure de pierres, soit creusé dans le sol, de petite taille qui sert à la fois à la cuisson des aliments, mais aussi à chauffer l'unique pièce composant l'habitation. Quant à la cheminée, apanage des maisons seigneuriales et bourgeoises, elle reste exceptionnelle dans les habitations populaires.

A l'inverse, dès que l'on étudie les lieux de vie des classes aisées, on note qu'un espace plus grand, pouvant atteindre deux mètres et plus de long, est réservé au foyer culinaire. De plus, d'autres pièces servant au coucher ou à vivre, possèdent dans certains cas des foyers, là aussi circonscrits et dotés le plus souvent d'une cheminée, dont l'usage est exclusivement réservé au chauffage.

Le four est quasiment inexistant dans les maisons, à l'exception de très grandes bâtisses seigneuriales ou rurales. La plupart des paysans font usage du four banal pour faire cuire leur pain, et les citadins achètent le leur chez le boulanger, le panetier ou font appel au fournier pour cuire la pâte qu'ils ont eux-mêmes préparés.



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Les ustensiles

De nombreux inventaires testamentaires précisent les ustensiles de cuisine que le défunt transmet à ses héritiers et dans bien des cas la forme, le poids et l'usage de l'objet sont minutieusement décrit. On retrouve également lors de fouilles, divers instruments servant à la cuisine, autour des foyers. Mais, une fois de plus, l'iconographie nous apporte les informations indispensables à la compréhension de l'usage des ustensiles quand ils nous sont inconnus, la plupart ayant encore cours dans les régions rurales.

Parmi les instruments les plus couramment utilisés, on trouve en premier lieu les trépieds, généralement en fer et de divers diamètres et de différentes hauteurs, qui permettent de soutenir les pots. Dans le cas où le foyer possède une cheminée, on peut aussi remarquer l'usage fréquent de la crémaillère. Dans tous les cas, ces instruments permettent une cuisson plus ou moins forte des mets préparés, le feu étant constamment gardé à puissance égale.

Dans certain cas, on peut aussi remarquer une sorte de cercle de fer, suspendu au toit par trois chaînes, qui remplace à la fois la crémaillère et le cercle du trépied.

Enfin, les chenets sont réservés aux bâtisses pourvus de cheminée et la maîtrise du foyer est tel qu'il est très rare de trouver des pelles ou des piques feux.

Le pot, sous toutes ses formes, est l'ustensile le plus fréquemment utilisé : qu'il soit sphérique ou cylindrique, quelle que soit sa contenance, il sert à la fois à la cuisson des aliments, à la conservation des mets préparés et au stockage des matières premières. Souvent fabriqué en terre, matière peu onéreuse et donc facilement renouvelable, il peut être pourvu d'un bec et par conséquent servir à la conservation des liquides, eau, huile, vin.

Dans certains cas, on note que les inventaires précisent l'existence d'instruments en métal. Il peut s'agir simplement de fer, de cuivre, plus rarement de bronze, mais très souvent décorés.
Dans le cas des pots, ils servent aux cuissons longues ou aux premières fritures. Mais il peut s'agir de poêles, ou paelle, à longues queues, de petits poêlons servant à la préparation de sauces ou de mets en petite quantité.

Dans les maisons possédant une cheminée, on trouve les tournebroches, servant à la cuisson des pièces de viande ou de poisson, généralement pourvus de lèchefrites qui permettent de recueillir les graisses animales.

D'autres ustensiles, moins souvent utilisés sont parfois notés dans les inventaires ou décrits dans les textes : les moules à pâtisseries, à tarte ou à dariole, les fers à gaufres ou à oublies, spécialité urbaine des oubloyers, parfois de grilles servant à " haler " le pain. On trouve aussi des passoires, des écumoires servant à filtrer et à égoutter et de longues cuillères à servir.

La pierre est très peu utilisée pour la fabrication des ustensiles, car ce matériau est lourd et dans bien des cas peu résistant, à l'exception des mortiers lorsqu'ils ne sont pas réalisés dans un métal noble. Cet instrument, que l'on trouve dans toutes les maisons, sert à broyer les plantes aromatiques, l'ail, l'échalote ou les épices, pour ceux qui peuvent en acquérir.

Quant au bois, il ne sert qu'à la confection de récipients destinés à la conservation des aliments, au mortier ou à la réalisation de cuillères permettant de remuer, l'usage de ce matériau au feu étant proscrit.



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L'espace culinaire

Extrêmement variable d'une habitation à une autre, les lieux qui servent à l'élaboration des mets dépendent de l'importance du repas dans le groupe social.

En milieu rural ou pauvre, l'unique pièce chauffée, qui sert à la fois à la préparation et à la cuisson des plats, à la prise des repas et au coucher ne comporte que très rarement de réserve alimentaire séparée, quelques étagères disposées dans la même pièce tenant lieu de réserve.

A l'inverse, certaines grandes demeures seigneuriales possèdent de nombreuses pièces, dont les caractéristiques de température, d'hygrométrie et de luminosité sont telles, qu'elles permettent, à chaque ingrédient, des conditions optimales de conservation.

Plus généralement, attenant au lieu où la cuisson des aliments est effectuée, on trouve une pièce tenant lieu de réserve où sont stockés à la fois les matières premières et les instruments servant à l'élaboration des plats. De temps en temps, une cave sert à la conservation du vin, mais aussi de l'huile et des graisses.

Dans certains cas, particulièrement en milieu urbain, on trouve une deuxième réserve servant à stocker les instruments les moins utilisés, telles les tréteaux et les tables de fêtes, parfois même une troisième resserre où sont stockés les ingrédients de valeur tels les épices rares et la vaisselle de table.



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La vaisselle

Avant même de débuter le repas, l'usage veut, quel que soit le milieu social, que l'on se lave les mains. L'ablution, qui précède les bénédictions, se fait selon son statut, soit dans un baquet commun, pour les plus démunis, soit à l'appel du serviteur préposé à cette fonction, qui utilise une aiguière, sorte de cruche à long col et un bassin servant à recueillir l'eau.

La table servant au repas est constituée le plus fréquemment de tréteaux et d'une planche, et ce jusqu'à la fin du 15ème siècle, époque à laquelle correspond l'apparition de la table moderne à quatre pieds. Dans les populations rurales où un lieu unique sert à la confection, à la prise des repas et au coucher, il est fréquent que l'on mange sur ses genoux, dans les meilleurs cas sur un petit meuble tenant lieu de rangement ou un coffre.

On ne trouve que peu de traces, en milieu rural, de sièges ou de bancs. Ceux-ci sont par contre très fréquemment utilisés en milieu urbain, et les plus riches disposent de fauteuils à accoudoirs.

Les nappes, faites généralement en lin et parois brodées, sont l'apanage des classes aisées, et la serviette de table, même si son usage se répand plus rapidement dans la bourgeoisie que dans la noblesse, est réservée au nanti.

Les ustensiles individuels sont peu nombreux ; le couteau qui tient éventuellement lieu d'arme permet de couper le pain et les viandes, la cuiller sert à manger les potages et tous deux se retrouvent dans toutes les classes sociales. La fourchette est inexistante, même si l'on trouve quelques traces d'instruments y ressemblant avant la fin du Moyen Age.

Le gobelet ou la coupe à boire est aussi très répandu, présentant un caractère individuel dans les couches les plus aisées, les plus pauvres partageants une coupe pour toute la famille. Les matériaux qui composent cet ustensile sont très variés : du simple bois creusé dans les campagnes au gobelet en étain ou en argent serti de pierres précieuses dans la haute noblesse.

Les tranchoirs, servant à découper les aliments présentés sur la table, sont en étains, en argenterie ou plus simplement en bois, voire d'une sorte de pain à croûte dure et sans mie que les convives se partagent à deux comme le gobelet.

Lors des repas, il est d'usage de présenter les aliments sur des plats, en métal ou en bois. La plupart sont simples, de diverses formes s'adaptant au nombre de convives et aux mets servis, mais dans certains cas, ils sont assortis à l'ensemble de la vaisselle ou prennent diverses formes, tel des nefs ou des animaux à plumes tels que hérons, paons ou grue.

L'importance des instruments liés à la cuisine, à son élaboration ou la consommation des aliments est telle, que l'on peut très précisément déterminer les différents modes d'alimentation des classes sociales quelles se situent en milieu rural ou urbain.

Quelle que soit sa place dans la société, les individus se retrouvent autour du foyer, qu'il serve à la cuisson ou uniquement à réchauffer pour partager ensemble les mets restaurateurs.




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Olivier Smadja



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Jehanne - dans L'Alimentation
30 octobre 2007 2 30 /10 /octobre /2007 01:12
L'art médiéval.



L'enluminure est l'une des formes les plus caractéristiques de l'art médiéval, mais il en existe bien d'autres. Le terme d'"art" possède d'ailleurs un sens différent de celui que nous lui donnons aujourd'hui. En effet, il n'y a pas, durant le Moyen Âge, de distinction entre l'artiste et l'artisan.


1 - Le travail artistique.



Des œuvres de commande
Une bonne partie de la production artistique du Moyen Âge est constituée d'œuvres de commande : commandes privées émanant de rois, princes, seigneurs, riches bourgeois ou ecclésiastiques, commandes collectives émanant essentiellement de l'Église ou des confréries. Ces dernières ont, durant des siècles, fourni du travail aux architectes, sculpteurs, orfèvres ou verriers engagés dans la construction d'église ou de cathédrales et dans la fabrication des objets du culte.
Du fait de ce rapport économique le plus souvent formalisé par un contrat, l'artiste doit tenir compte des exigences du commanditaire, de ses désirs autant que de ses possibilités financières. De plus, donateurs ou commanditaires laissent souvent leur marque sur l'œuvre dont ils sont fiers d'avoir rendu possible l'exécution. C'est ainsi que sur les façades des églises figure souvent le nom des commanditaires aux côtés de celui des artistes. De même, les manuscrits enluminés portent, à partir du Xe siècle, le nom de leur commanditaire.






Des maîtres d'ouvrage
Un autre aspect du travail de l'artiste est la nécessité de se procurer lui-même les matières premières. Ainsi certains artistes doivent-il organiser, avant le travail en atelier, un véritable chantier pour extraire la pierre des carrières ou les métaux de la mine. Les architectes étaient, à l'époque, des maîtres d'ouvrage tout autant que des concepteurs.

L'apprentissage du métier se fait souvent en famille. À partir du XIIIe et surtout du XIVe siècle, des corporations se forment réunissant tous les membres d'un même métier : maîtres, apprentis, salariés. L'artiste du Moyen Âge ne se définit donc pas par son statut puisqu'il peut être aussi bien maître d'un atelier que salarié. Il est, avant tout, un professionnel qui maîtrise une technique.






L'artiste de cour
Ce n'est qu'à la fin du Moyen Âge qu'apparaît un autre genre d'artiste : l'artiste de cour.
Le plus souvent poète, musicien ou enlumineur, il est au service exclusif d'un roi et de sa cour. Il jouit d'une plus grande sécurité que l'artiste indépendant, dont il ne connaît pas les difficultés économiques.


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2 -  La production.



Pendant des siècles, et notamment tout au long du Moyen Âge, la production artistique a été profondément marquée par le christianisme.


L'Antiquité tardive (IIIe-Ve siècles)
À cette époque sont surtout fabriqués des objets funéraires – sarcophages au décor représentant des thèmes de la foi – et des lieux de culte. Parmi ceux-ci figurent les fameuses basiliques, notamment romaines, ornées de mosaïques : Saint-Jean-de-Latran, Sainte-Sabine, Sainte-Marie-Majeure.


Le Haut Moyen Âge (Ve-IXe siècles)
C'est l'époque des grandes invasions barbares dont on retrouve l'influence sur la production artistique, peu abondante. Les Saxons et les Vikings excellaient dans le travail des émaux, de l'or et des métaux, notamment du bronze, avec lesquels ils fabriquaient armes et bijoux.
L'influence anglo-celtique, aux entrelacs caractéristiques et aux décors d'animaux, se retrouve sur les sculptures de pierre, notamment les croix, et sur les enluminures. Le Haut Moyen Âge marque d'ailleurs les débuts de l'enluminure irlandaise et italienne.






L'époque carolingienne (IXe-Xe siècles)
Le rayonnement de l'Empire de Charlemagne entraîne un regain d'activités artistiques, après l'appauvrissement de la période précédente.
L'architecture connaît une très grande activité : cloîtres, chapelles et cathédrales (notamment celles de Reims, de Noyon, de Cambrai) sont édifiés d'un bout à l'autre de l'Empire.
La production de livres enluminés, rehaussés de reliures de grande qualité, s'accroît avec le développement de l'écriture.
L'orfèvrerie, la sculpture sur bronze et surtout la sculpture sur ivoire fournissent une abondante production d'objets profanes ou religieux : croix, bijoux, autels, statuettes, coffrets, reliures.





L'art roman (XIe-XIIe siècles)
Toute la production artistique de cette époque tend à inciter les fidèles à vivre, au quotidien, selon les principes de l'Évangile. Ceux-ci doivent donc être largement diffusés.
La construction d'églises se multiplie. Les églises romanes, accueillantes, sont caractérisées par leurs voûtes en pierre et leurs arcs en plein cintre (en demi-cercle), par un chevet (extrémité extérieure de l'église) à déambulatoire (galerie en demi-cercle permettant aux fidèles de circuler), par des ouvertures en forme d'arcs offrant des jeux d'ombre et de lumière.
La sculpture monumentale apparaît : les chapiteaux (partie élargie au sommet d'une colonne) des églises sont largement décorés, notamment d'animaux et de personnages le plus souvent bibliques, les portails sont sculptés.
L'art du vitrail, représentant des scènes de la Bible, et la peinture murale d'inspiration paléo-chrétienne font leur apparition.
Les objets liturgiques (reliquaires, calices, encensoirs) brillent de tout leur or tandis que le marbre, la pierre ou le bois sont utilisés pour fabriquer le mobilier d'église.


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L'art gothique (XIIIe-XVe siècles)
Avec l'essor des universités et la diffusion des connaissances, notamment par le biais des encyclopédies, on assiste à un renouveau intellectuel et culturel qui s'exprime également sur le plan artistique.
De nouvelles formes architecturales apparaissent dont l'Abbaye royale de Saint-Denis en est la plus célèbre représentation. L'arc brisé remplace l'arc en demi-cercle. La croisée d'ogives (partie de la voûte où se croisent deux arcs brisés) et l'arc-boutant (maçonnerie en forme d'arc soutenant une voûte de l'extérieur) sont les techniques caractéristiques de l'architecture gothique. Elles permettent d'élever les voûtes des cathédrales à des hauteurs jamais atteintes. Le portail à statues-colonnes apparaît.
Le vitrail, dont les couleurs influencent les enluminures de cette époque, devient un art majeur. La peinture sur bois et la fresque, d'inspiration religieuse, se développent surtout en Italie, avec des artistes comme Giotto, peintre des fresques de la Basilique Saint-François d'Assise, et Cimabue.
À la fin du Moyen Âge, l'art gothique se fera flamboyant : des décors de flamme viendront s'ajouter à la grande richesse des décors.



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Source bibliothèque Nationale de France.






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Jehanne - dans L'Art au Moyen âge
29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 14:05
Le château de Chinon.




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Dominant la Vienne, le plateau de Chinon finit en éperon, presque à toucher la rivière. Cet éperon, fortifié dès les Romains, connaît pendant dix siècles une histoire confuse et tragique.
Trois maîtres dans l'art des fortifications ont surtout laissé leur empreinte sur le château fort actuel : deux rois d'Angleterre, Henri II et Richard Coeur de Lion, un roi de France, Philippe Auguste. C'est en 1205, après un siège de huit mois, que ce dernier a enlevé la place aux Plantagenêts.


La Cour du "roi de Bourges" (début du 15ème s.).

Avec Charles VII débute, pour Chinon, une page d'histoire. La France est dans une situation très grave. Henri IV, roi d'Angleterre, est aussi "roi de Paris", Charles VII n'est que le "roi de Bourges" quand, en 1427, il installe sa petite cour à Chinon. L'année suivante, il y réunit les États Généraux des provinces du Centre et du Sud encore soumises à son autorité. Les États votent 400.000 livres pour organiser la défense d'Orléans, assiégée par les Anglais.


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Jeanne d'Arc à Chinon (1429).

Jeanne, escortée de six hommes d'armes fait le voyage de Lorraine à Chinon, sans rencontrer une seule des bandes armées qui désolent le pays. Le peuple y voit un signe manifeste de la protection divine. En attendant d'être reçue par le roi, Jeanne reste deux jours dans une hôtellerie de la ville basse, jeûnant et priant.
Quand la petite paysanne de 18 ans est introduite dans le palais, on essaye de lui faire perdre contenance. La grande salle est illuminée de 50 torches ; 300 gentilshommes en riches costumes sont réunis ; le roi se dissimule dans la cohue un courtisan a revêtu son habit.
Jeanne avance timidement, distingue aussitôt le vrai Charles VII et va droit à lui. Bien qu'il prétende ne pas être le roi, elle lui embrasse les genoux : "Gentil Dauphin, lui dit-elle, (Charles n'ayant pas été sacré, il n'est pour elle que le Dauphin) j'ai nom Jehanne la Pucelle. Le Roi des Cieux vous mande par moi que vous serez sacré et couronné en la ville de Reims et vous serez lieutenant du Roi des Cieux qui est roi de France".
Charles est assailli par des doutes: il se demande si Charles VI était bien son père (sa mère est Isabeau de Bavière, dont l'inconduite a fait scandale). Quand la Pucelle lui déclare: " Je te dis, de la part de Messire le Christ, que tu es héritier de France et vrai fils de roi", il se sent réconforté et bien près d'être convaincu de la mission de l'héroïne.
L'entourage de Charles VII lutte encore. On fait comparaître la jeune fille devant la cour de Poitiers. Un aréopage de docteurs et de matrones doit décider si elle est sorcière ou inspirée. Pendant trois semaines, on la questionne. Ses réponses naïves, ses vives réparties, sa piété, sa confiance dans l'assistance de Dieux triomphent des plus sceptiques. Elle est déclarée "envoyée de Dieu".
Revenue à Chinon, on l'équipe. on lui donne des hommes d'armes et elle part le 20 avril 1429 pour accomplir son miraculeux et tragique destin.


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Le divorce de Louis XII (fin du 15ème s.).

Chinon reste le siège de la cour jusqu'en 1450, puis on l'abandonne. Toutefois, le château retrouve un éclat fugitif en 1498, quand le roi Louis XII y reçoit le légat du pape, César Borgia, venu lui porter la bulle de son divorce.
Louis XII se sépare sans regret de Jeanne de France, la fille de Louis XI. Il n'avait que 14 ans quand ce dernier la lui a fait épouser. Une double bosse, la hanche coxalgique, un aspect simiesque expliquent le peu d'empressement de son époux durant les vingt-trois années de leur union. Quand meurt Charles VIII, Louis XII doit, selon le testament du défunt, épouser sa veuve Aune de Bretagne. Il a pour elle une vive inclination et ce nouveau mariage conserve la Bretagne à la couronne; double raison pour que le roi célèbre par des fêtes magnifiques l'arrivée de la bulle libératrice.


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Le déclin.

Richelieu, le grand cardinal, jette son dévolu sur Chinon et, non sans peine, en devient possesseur. Le château reste dans sa famille jusqu'à la Révolution. II est très mal entretenu: fortifications et bâtiments commencent à s'effriter. Sous Napoléon Ier la ruine s'accentue . Devenu propriété du département, Chinon a été l'objet de réparations et de consolidation des ruines.
C'est depuis la rive sud de la Vienne que la vue sur le château est la plus belle. Placez vous près du pont et vous pourrez admirer l'envergure du chateau médiéval de Chinon.
Cette forteresse médiévale remarquable dans ses dimensions domine l'ensemble de la ville sur toute sa longueur (environ 500m de long sur 100m de large).les murailles suivent le contour de l'éperon rocheux au nord de la Vienne.
Le chateau se décompose en trois parties: le Fort du Coudray, le Chateau du Milieu et le Fort Saint Georges.


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Le Fort du Coudray.

Il contient le donjon ou tour du Coudray qui occupe la partie Ouest de la construction. Il a été bâti au 13ème siècle sous Philippe Auguste. Il fait 25 mètres de hauteur et 12 de diamètre. Il compte trois étages dont les deux inférieurs sont voutés, les étages sont reliés par un escalier. Jeanne d'Arc habitait le premier étage pendant son séjour à Chinon. Dans cette tour, Philippe IV le Bel y fit emprisonner les Templiers en 1308 (et notamment le Grand Maitre Jacques de Molay) avant le jugement qui devait les condamner à mort. On leur attribue les graffiti de l'étage moyen.
Le fort du Coudray comporte deux autres belles tours d'enceinte; La tour de Boisy et la tour du Moulin.
Sur le coté Nord du Donjon on peut toujours observer les fondations de l'ancienne chapelle Saint Martin. Dans la cour se trouve un puits qui a une profondeur de 95 mètres. De nombreux souterrains partaient du Fort du Coudray les accés en sont toujours visibles au bas du Donjon et de la Tour de Boisy.
La Tour du Moulin est située à l'angle Sud-Ouest de l'édifice. Elle fait vingt mètres de Haut et huit mètres de diamètre. Elle domine la vallée d'une cinquantaine de mètres. On attribue son origine à l'époque de Henri II Plantagenet. Elle comporte trois étages et est particulièrement bien protègée par plusieurs lignes de défense ce qui ajouté à sa position la rendait quasiment inexpugnable.
La Tour de Boisy se situe à l'angle Sud-Est du Fort du Coudray et domine la ville. A l'origine elle s'appelait Tour du Beffroi. Elle fait trente mètres de haut et a la forme d'un rectangle de quinze mètres de long sur dix de large. L'épaisseur moyenne des murs est supérieure à trois mètres. La Tour de Boisy commmuniquait avec le Donjon au niveau des étages supérieurs. La salle du niveau supérieur était une des plus belles du château avec sa hauteur de 6,5 mètres.


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Le Château du Milieu.

Ce château forme la partie centrale de l'ensemble. Le fossé qui sépare le fort St Georges du château du Milieu était enjambé par un pont de bois aboutissant à un pont-levis. Un pont en pierre l'a remplacé. L'entrée du château se fait par la tour de l'Horloge (à l'intérieur, intéressant musée Jeanne d'Arc). Cette tour est curieusement plate : 5 m d'épaisseur pour 35 m de hauteur. Vue de profil, de la ville, elle donne l'impression d'une colonne. Une cloche, la Marie Javelle, placée dans un lanternon sur la plate-forme, sonne toujours les heures. Elle est actionnée à la main dans les grandes occasions. Sur la gauche, se trouvent les restes des Logis Royaux le long de la courtine Sud avec en particulier la Grande Salle. La partie Nord des Logis Royaux a disparu, et notamment la chapelle Sainte Melaine, l'extrémité Ouest des Logis Royaux communiquait par un pont-levis avec le Fort du Coudray. Les Logis Royaux ont été construits du 12ème au 15ème siècle. Ils formaient un U, il ne reste que la partie Sud qui donne sur la ville. De ce coté ils comprenaient la Grande Salle et des pièces d'habitation dont la chambre du Roi. Coté Nord se trouvait en particulier la Chapelle Sainte Melaine qui était la chapelle Royale du chateau. Elle a été fondée au Xème siècle par les moines de l' Abbaye de Bourgueil et sa construction a été achevée au 11ème siècle, elle se situait entre la Grande Salle et la Tour des Chiens. C'est dans cette chapelle que mourut Henri II Plantagenêt le 7 juillet 1189. Son corps fut laissé à l'abandon par ses serviteurs, recouvert d'un simple manteau. Il fut ensuite transporté à Fontevraud.
A l'époque de Charles VII les Logis Royaux ont été le théatre de nombreux épisodes marquants, et notamment l'enlèvement de Georges de La Trémoille à l'instigation du Connétable de Richemont.
La Grande Salle venait d'être construite quand a eu lieu le 8 mars 1429, à cet endroit, la présentation de Jeanne d'Arc à Charles VII.
La Courtine Nord est constituée de trois tours: d'Argenton, des Chiens et de l'Echauguette.
La Tour d'Argenton, a été construite à la fin du 15ème siècle par Philippe de Commynes Seigneur d'Argenton. Elle a servi de prison, c'est la que là que les célèbres cages de Louis XI étaient utilisées.
La Tour des Chiens a été construite à l'époque de Philippe-Auguste au début du 13ème siècle. Son nom vient de ce qu'elle servait d'abri pour les meutes royales. Elle fait 23 mètres de hauteur et comporte trois étages. L'étage supérieur est un peu en contrebas du sol du chateau, l'ensemble des niveaux est relié par un escalier.
La Tour de l'Echauguette permettait de controler les murailles Nord et Est du château.


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Le Fort St-Georges.

Aujourd'hui démantelé, il a été construit après les deux autres châteaux par Henri II Plantagenêt. La Vienne et des ravins protégeaient le château au Sud, à l'Ouest et au Nord, mais le côté oriental restait accessible à l'assaillant arrivant par le plateau. St-Georges renforçait la défense à cet endroit. Le nom du fort venait de sa chapelle, consacrée au patron de l'Angleterre.



Quelques photos de plus ....



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Anecdotes (Tirées de l'ouvrage de Monsieur Henry Brocourt)

  • Comment la pluie sauva Chinon...
    "Au Vè siècle, Aegidius Afradius, chef des milices romaines dans les Gaules, connaissant l'importance de Chinon, en raison de sa situation aux portes du Poitou, rassembla ses troupes pour en faire siège. Face à la résistance de la population, il dut détourner la source du seul puits qui assurait l'eau aux Chinonais assiégés, croyant ainsi les faire capituler. Mais l'abbé Maxime, appelé plus tard Saint-Mexme, implora tellement les dieux qu'un orage éclata, suivi de torrents d'eau qui rendirent confiance aux assiégés prêts à se rendre. Les troupes d'Aegidius saisies d'épouvante levèrent le siège et se replièrent sur la commune de Ginais, suite aux violences de l'ouragan."


  • La mort d'Henri II Plantagenêt.
    "Délaissé, abandonné de tous, trahi, Henri II Plantagenêt s'éteint dans la chapelle Saint Melaine le 7 juillet 1189. A peine eût il rendu le dernier soupir que ses serviteurs pillèrent tout ce qui se trouvait dans les lieux, le laissant nu à gésir sur une table où un jeune page le couvrit de son manteau.
    Repentant, le nouveau roi d'Angleterre, Richard Coeur de Lion, voulut se prosterner devant le cercueil de son père mais vit un mauvais présage dans une giclée de sang partie à cet instant du corps d'Henri.
    Des recherches furent effectuées sans succès pour retrouver le trésor caché au château de Chinon par Henri II d'une valeur considérable. Celui-ci n'étant pas retrouvé, Richard vint à la forteresse en 1190 et fit emprisonner Etienne de Tours, alors Capitaine Gouverneur de la ville, le rendant coupable de malversations."
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Source Office du tourisme d'Indre et Loire.


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Jehanne - dans Patrimoine
29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 13:52
La Baliste.



La baliste (ou caable ou pierrière) est un engin militaire offensif du Moyen Âge, mu par des ressorts et des cordes bridées, propres à lancer des pierres.


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La pièce principale est la verge A, dont l'extrémité inférieure passe dans un faisceau de cordes tordues au moyen de clefs B et de roues à dents C, arretées par des cliquets. Les cordes sont passées dans deux anneaux tenant à la tige à laquelle la roue à dents vient s'adapter, ainsi que l'indique le détail D. Ces cordes ou nerfs tordus à volonté à la partie inférieure de la verge avaient une grande force de rappel (On sait que les menuisiers
tendaient les lames de scie au moyen de cordes ainsi tordues et bridées par un petit morceau de bois qui fait absolument l'effet de verge de notre engin..).

Mais pour augmenter encore la rapidité de mouvements que devait prendre la verge, des ressorts en bois et nerfs entourés de cordes, formant deux branches d'arcs E attachées à travers la traverse-obstacle forçaient la verge à venir frapper violemment cette traverse F, lorsqu'au moyen du treuil G on avait amené cette verge à la position horizontale. Lorsque la verge A était abaissée autant que possible, un homme tirant sur la cordelette H, faisait échapper la branche de fer I (cf. détail K), et la verge ramenée rapidement à la position verticale, arretée par la traverse-obstacle F, envoyait au loin le projectile placé dans la cuillère L.

On réglait le tir en ajoutant ou supprimant des fourrures en dedans de la traverse F, de manière à avancer ou à reculer l'obstacle, ou en attachant des coussins de cuir rembourrés de chiffons à la paroi antérieure de l'arbre de la verge. Plus l'obstacle était avancé, plus le tir était élevé; plus il était reculé, plus le tir était rasant. Le projectile obéissait à la force centrifuge déterminée par le mouvement de rotation de la cuillère, et à la force d'impulsion horizontale déterminée par l'arret de la traverse F. La partie inférieure de la verge présentait la section M, afin d'empêcher la déviation de l'arbre qui, d'ailleurs, était maintenu dans son plan par les deux tirages des branches du ressort E.

Les crochets O servaient à fixer le chariot en place, au moyen de cordes liées à des piquets enfoncés en terre, et à attacher les traits et palonniers nécessaires lorsqu'il était besoin de la trainer. Quatre hommes pouvaient abaisser la verge en agissant sur le treuil G. Pour qu'un engin pareil ne fût pas détraqué promptement par la secousse terrible que devait occasionner la verge en frappant sur la traverse-obstacle, il fallait nécessairement que cette traverse fût maintenue par des contre-fiches en charpente et par des brides en fer, ainsi que le
montre la figure.

Le profil géométral ci-dessous fait voir la verge abaissée au moyen du treuil, et la verge frappant la traverse-obstacle, ainsi que le départ du projectile de la cuillère, les ressorts tendus lorsque la verge est abaissée, et détendus lorsqu'elle est revenue à sa position normale.






Source wapédia.
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Jehanne - dans L'Artillerie
28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 19:43
Le Couillard.



Le couillard est un engin militaire offensif, utilisé au Moyen-Âge pour détruire les fortifications.


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Cet engin est composé d'une longue perche placée sur un axe. A l'une de ses extrémités, on trouve deux huches ou bourses (d'où son nom) servant de contre-poids. Les projectiles sont placés à l'autre extrémité de la perche, dans un réceptacle rappelant une fronde.



Fonctionnement.


On abaisse l'extrémité où se trouve le réceptacle au moyen de cordes, puis on place le projectile dans la fronde et on relâche le tout. La portée d'un tel engin dépassait la centaine de mètres.

Entre 8 et 16 personnes étaient nécessaires pour assurer le bon fonctionnement de cette arme de siège, avec une cadence de tirs pouvant atteindre les 10 coups/heures

De nos jours, quelques couillards ont été reconstruits pour des reconstitutions, en France, à Larressingle dans le Gers ou au Château de Calmont d'Olt dans l'Aveyron, à Provins en Seine-et-Marne, et aux châteaux des Baux-de-Provence et de Tiffauges où le couillard effectue quotidiennement de véritables tirs de démonstration.






Source wapedia.
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Jehanne - dans L'Artillerie
28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 18:19
Les heures canoniales.


Les heures canoniales sont des offices liturgiques, en plus de la messe quotidienne, consacrés à la prière au sein des ordres religieux et le clergé séculier.

Traditionnellement, la journée comporte sept heures canoniales et la nuit une :

  • Matines ou vigiles : dans la nuit.
  • Laudes : à l'aurore.
  • Prime : première heure du jour (vers 7 heures du matin).
  • Tierce : troisième heure du jour (vers 9 heures du matin).
  • Sexte : sixième heure du jour (midi).
  • None : neuvième heure du jour (vers 15 heures).
  • Vêpres : le soir (entre 17 heures et 19 heures).
  • Complies : avant le coucher.
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Jehanne - dans La Religion

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