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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 13:38

Les corps d'armée au Moyen âge.

 

 

 

 

La cavalerie

 

Généralement, il y avait trois divisions de cavalerie, la première vague devait enfoncer l'ennemi, le gêner et le disperser, pour que les deux suivantes vagues puissent le mettre en déroute. Les chevaliers, qui étaient l'élite de l'armée obéissait rarement aux ordres, ils combattaient uniquement pour leur gloire personnelle, la victoire n'était qu'au second plan. Parfois, les stratèges mettaient leurs cavaliers à pied à combattre avec les fantassins en renfort, on se plaçait derrière des dispositifs (pieux, tranchées) pour contrer des charges. La bataille de Crécy (1346) montre bien l'indiscipline des chevaliers, les Français qui étaient bien plus nombreux se sont butés face aux archers Anglais qui se retranchaient derrière des pieux, ils étaient appuyés par des chevaliers à pied, et vainquirent les Français. Mais à la fin du Moyen Âge, le rôle de la cavalerie lourde était beaucoup plus réduit, les stratèges avaient compris qu'il ne suffisait pas de charger des troupes d'infanterie bien disciplinées. Les charges dévastatrices étaient encore possible, mais lorsque l'ennemi était en fuite et désorganisé.

 

Les archers

Pendant le Moyen Âge, il y avait toute sorte d'armes de jet (arc court, arc long, arbalète), l'avantage des archers était de pouvoir tuer l'ennemi sans engager de combat individuel. Très pratiqué dans les temps anciens, l'arme de jet s'oublia au début du Moyen Âge où les chevaliers dominaient les territoires. Le code d'honneur rejetait l'arc, qui est considéré comme l'arme d'un lâche. Mais les archers demeuraient utiles pour les sièges et batailles, ils furent déterminant au cours des batailles d'Hastings (1066) et Crécy (1346). Les archers étaient en formation compacte, leurs flèches pouvaient percer une armure à moins de cent mètres. Les Anglais utilisèrent beaucoup les archers car ils étaient désavantagés lorsqu'ils se battaient hors de leur île. Ils développèrent la tactique du tir de barrage, plutôt que de viser une cible individuelle, ils visaient la zone qu'occupait l'ennemi. Ils pouvaient en outre tirer six flèches à la minute. Les arbalétriers devinrent incontournables dans les autres armées d'Europe, qui bénéficient d'une meilleure précision. Vers le XIVe siècle, les premières armes à feu de poing apparurent aux champs de bataille.

 

L'infanterie

Pendant l'Âge sombre, les fantassins étaient prédominant dans les armées, la tactique était simple, on s'approchait de l'ennemi et on lui donnait de grands coups d'épées. Les Francs lançaient leurs haches avant de se précipiter sur l'ennemi pour briser leurs rangs. L'arrivée des chevaliers éclipsa l'infanterie, qui manquait de discipline et d'entraînement, il s'agissait souvent d'une milice de paysans. Les Saxons et les Vikings utilisaient leurs bouclier en avant pour se protéger des archers et des cavaliers. Les pays vallonnés (Écosse, Suisse) apprirent à utiliser l'infanterie contre l'ennemi, les lanciers et piquiers armés de lances et de pointes pouvaient ainsi mettre en déroute une cavalerie. Les Écossais plaçaient un cercle de lanciers pendant leurs guerre d'indépendance (comme dans le film « Braveheart »). Les Suisses se spécialisèrent avec l'utilisation des piques en réadaptant les formations de phalanges grecques. Pour contrer ces lourdes formations serrées, les Espagnols eurent l'idée d'utiliser l'artillerie, puis chargeait avec une infanterie équipés d'armes légères.

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Jehanne - dans L'Artillerie
16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 20:59

Dún Aengus (Irlande).

 

 

 

 

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Dún Aengus a été appelé « le monument barbare le plus magnifique d'Europe ».

 

Ce ...nom signifie « le fort d'Aengus », dieu éponyme pré-chrétien décrit dans la mythologie celtique irlandaise.

 

Le fort se compose d'une quadruple enceinte en pierres sèches, le mur le plus interne enserrant un espace de quatre hectares. Certaines parties de la maçonnerie subsistante font quatre mètres de hauteur. Comme une partie de la falaise et du fort s'est depuis effondrée dans la mer, on ne sait pas si la forme originelle était ovale ou en forme de D.

 

À l'extérieur du troisième mur d'enceinte, de très nombreuses pierres dressées, bien conservées, forment des chevaux de Frise, dont le rôle défensif était d’empêcher les attaques d’assaillants, principalement de cavaliers.

 

Il y a aussi à l'intérieur des ruines une énorme dalle rectangulaire, dont la fonction nous demeure inconnue. Étonnamment vaste pour une ruine préhistorique, le mur le plus externe enferme une surface d'environ 6 hectares.

 

Bien que d'apparence nettement défensive, l'emplacement particulier de Dún Aengus suggère que son usage premier était religieux et cérémoniel plutôt que militaire.

 

Il peut avoir été utilisé par les druides pour des rites saisonniers, comportant des feux cérémoniels, visibles depuis la côte irlandaise.

 

L'emplacement procure aussi une vue sur pas moins de 120 km de côtes, ce qui pouvait permettre de contrôler une importante voie commerciale côtière.

 

Selon la mythologie celtique, cette forteresse aurait été édifiée par le peuple légendaire des Fir Bolg réfugiés dans l'île après leur défaite, dans la guerre qui les opposa aux Tuatha Dé Danann (voir Lebor Gabála Érenn).

 

Le nom viendrait de leur chef qui se nommait Aengus ou Aonghus (à ne pas confondre avec le dieu Oengus) et le mot dun signifie « forteresse » en gaélique.

 

Les murs de Dún Aengus ont été reconstruits à une hauteur de 6 m, avec des chemins de ronde, des salles et des escaliers.

 

L'usage du mortier permet de distinguer aisément la restauration de la construction originelle.

 

Explorer Dún Aengus demande un peu d'escalade, et il n'y a pas de garde-fou au bord de la falaise, aussi ce n'est pas l'endroit à visiter avec de jeunes enfants ou avec des personnes à mobilité réduite.

 

Il existe un petit musée illustrant l'histoire du fort et ses fonctions possibles.

 

Il y a également à proximité une tombe néolithique et un centre du patrimoine exposant une chaumière et une distillerie illégale de Poitín.

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Jehanne - dans Patrimoine
15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 21:51

Traité de Saint-Clair-sur-Epte 911.

 

 


 

Le traité de Saint-Clair-sur-Epte est conclu à l'automne de l'année 911   entre Charles III le Simple et Rollon, un chef viking. Il permet l’établissement des Normands en Neustrie à condition qu’ils protègent le royaume de Charles III de toute nouvelle invasion des « hommes du Nord ».

 

Depuis le règne de Charlemagne, les abbayes de la chrétienté font l'objet de raids vikings. La mise en place de commandements militaires (notamment la marche de Neustrie) et l’établissement de ponts fortifiés (comme à Pont-de-l'Arche sur la Seine) par les rois carolingiens n’arrêtent pas ces expéditions.

Vers 910-911, un chef scandinave du nom de Rollon entreprend une expédition à travers la marche de Neustrie mais il est battu sous les murs de Chartres par une coalition d’aristocrates francs. C’est le moment que choisit Charles le Simple pour négocier. Une négociation d’autant plus urgente que le roi voudrait mettre la main sur le royaume de Lotharingie sans être menacé par les Vikings.

 

Nous n’avons pas le texte du traité mais un historiographe du début du XIe siècle, Dudon de Saint-Quentin, nous explique son contenu. Quelques doutes subsistent toutefois sur la véracité totale de son récit. Les clauses sont les suivantes :

  • Charles III concède à Rollon la région comprise entre « l’Epte et la mer ». Les historiens ne sont pas d’accord sur l’exacte étendue de la concession. En majorité, ils considèrent que la donation concernait les comtés ou évêchés de Rouen, Évreux et Lisieux. Ce qui correspond à l’actuelle Haute-Normandie, augmentée du Pays d'Auge. Pierre Bauduin émet l’hypothèse d’une concession encore plus réduite. Ce n’est pas la première fois qu’un roi cède une partie de son territoire aux Vikings pour avoir la paix. À la fin du IXe siècle, l’Angleterre du roi anglo-saxon. Alfred le Grand avait ainsi accueilli plusieurs États scandinaves constituant ainsi le Danelaw.
  • Rollon accepte de recevoir le baptême.
  • Il doit assurer la protection du royaume, notamment contre ses compatriotes vikings qui seraient tentés de remonter la Seine. Le chef normand prête hommage au roi. Sur ce dernier point, Dudon de Saint-Quentin, prompt à flatter les Normands, raconte l’anecdote suivante : Rollon refusant de s’agenouiller devant le roi en signe d'hommage, afin de lui baiser le pied, un compromis est alors trouvé. Un des proches de Rollon doit effectuer le geste à sa place. Mais le Normand, sans s’agenouiller, lève si haut le pied du roi que ce dernier perd l’équilibre et tombe à la renverse.

 

L’acte est primordial puisqu’il donne naissance au futur duché de Normandie. Rollon, puis son fils Guillaume Longue-Épée, s’attacheront à étendre la concession originale, notamment à l’ouest (la Basse-Normandie et la Bretagne).

Rollon respectera les clauses du traité et se gardera d’envahir les terres du royaume. Après l’emprisonnement de Charles le Simple, il lancera toutefois des raids en Picardie.

 

 

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Jehanne - dans Contexte historique
15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 21:08

Charles III le Simple.

 

 

 

 

 

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Né le 17 septembre 879, mort le 7 octobre 929.

 

Surnommé le Simple (pour son franc parler), fils posthume de Louis le Bègue et petit-fils de Charles le Chauve, il naquit le 17 septembre 879, et ne fut point appelé à partager le royaume de France, dont une partie fut divisée entre Louis III et Carloman, ses frères, tandis que l’autre partie était envahie par les grands de l’Etat.

Après la mort de Louis III et de Carloman, il semblait que Charles dût monter sur le trône ; mais les seigneurs alléguèrent sa jeunesse, jetèrent des doutes sur la légitimité de sa naissance, et disposèrent de la couronne en faveur de Charles le Gros, sous prétexte que la France, de toutes parts attaquée par les Normands, avait besoin d’un prince puissant pour la défendre. La France fut mal défendue, et Charles le Gros périt victime des factions qui l’avaient appelé.

 

Le seul moyen de chasser les Normands du royaume était de se presser autour du monarque légitime : mais ce moyen ne fut pas employé. Pour se faire une juste idée de la confusion qui régnait alors, il suffit de remarquer qu’il y avait un régent pour Charles le Simple, tandis que Charles le Gros gouvernait sous le titre de roi. Après la mort de Charles le Gros, arrivée au commencement de 888, Charles le Simple fut encore éloigné du trône à cause de son jeune âge. Eudes, comte de Paris, fut élu roi ; ce qui n’empêcha point de sacrer Charles le Simple le 29 janvier 893 : il touchait alors à sa quatorzième année.

 

La France eut donc deux monarques rivaux, quoique son territoire se trouvât beaucoup diminué par l’usurpation des seigneurs. Eudes étant mort le 3 janvier 898, Charles se trouva seul roi de France, mais avec si peu de pouvoir, qu’il fut réduit à donner a Rollon, chef des Normands, l’ancienne Neustrie en toute souveraineté, et sa fille Giselle en mariage ; Rollon demanda de plus le duché de Bretagne, et le roi y consentit, parce qu’il n’était ni assez puissant pour le refuser, ni assez maître de la Bretagne pour croire donner quelque chose.

 

Le désordre qui régnait en France s’était étendu sur toute l’Europe ; partout la féodalité s’armait contre le pouvoir royal ; partout les trônes étaient ou vacants, ou occupés à la fois par plusieurs souverains. Charles était parvenu à ressaisir la Lorraine, qui avait été séparée de la France. C’est le seul titre qu’il ait à sa gloire ; et cependant cette action glorieuse réveilla les factions, parce que les factions ne craignaient rien autant qu’un roi qui serait assez puissant pour se faire obéir ; aussi n’osa-t-il pas faire valoir les droits qu’il avait à la couronne impériale.

 

Charles connaissait sa faiblesse, et n’ignorait pas que les seigneurs étaient presque tous voués à Robert, frère d’Eudes, qui aspirait à la royauté. Ne voulant pas choisir un ministre parmi les grands, il donna toute sa confiance à Haganon, simple gentilhomme, qui avait toutes les qualités nécessaires pour gouverner et la France et son roi. Le seul tort de Charles fut de ne pas cacher assez l’ascendant qu’il avait accordé à son favori, ascendant tel, que, sans sa permission, personne n’approchait plus du monarque ; ce qui fit dire au duc de Saxe, choqué de n’avoir pu être présenté au roi : « Ou Haganon sera bientôt roi avec Charles, ou Charles ne sera bientôt plus qu’un simple gentilhomme avec Hagamon. »

 

En effet, Robert, profitant du mécontentement des seigneurs, sut les engager dans une assemblée tenue à Soissons, à déclarer qu’ils ne reconnaissaient plus Charles pour roi. Cette révolte prit bientôt les caractères d’une guerre civile, et Robert fut sacré en 922.

 

Il était dans la destinée de Charles le Simple de n’être jamais seul roi en France. Il ne perdit pas courage ; car, l’année suivante, il livra aux factieux une bataille dans laquelle il tua Robert de sa propre main ; mais les chefs de parti se reproduisent aisément dans les temps de discorde ; Hugues, fils de Robert, ranima le courage des soldats à la vue du cadavre de son père, et poussa si vivement Charles, qu’il l’obligea à prendre la fuite.

Ce prince chercha un asile près d’Herbert, comte de Vermandois, qu’il était autorisé à regarder comme le plus chaud de ses partisans. Herbert le tint prisonnier à Château-Thierry, puis à Péronne, et traita avec le parti opposé, d’autant plus à son avantage, qu’il lui suffisait, pour se faire craindre, de menacer de rendre la liberté à son roi ; ce qu’il fit en effet, mais pour peu de jours.

 

La couronne fut déférée à Raoul ou Rodolphe, duc de Bourgogne, qui fut sacré le 13 juillet 923, dans l’église de Saint-Médard de Soissons. Hugues le Grand, fils de Robert, eut la sagesse de résister au parti qui voulait le choisir pour roi. Charles le Simple ne cessa de vivre que le 7 octobre 929, dans la 50e année de son âge, la 37e de son règne, et la 7e de sa captivité. Il laissa de la reine Ogise, sa quatrième femme, un fils, que cette princesse emmena en Angleterre, et qui est connu sous le nom de Louis d’Outremer.

 

 

 

 

 

 

Source iconographique: histoire.fr

Source texte: encyclopédie universalis

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Jehanne - dans Personnages Historiques
4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 21:33

Le livre de Kells.

 

 

 

 

 

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Le Livre de Kells n'est pas simplement un manuscrit religieux. Bien sûr, le texte est celui des quatre évangiles de Marc, Matthieu, Luc et Jean et ceci est l'unique sujet du livre. Mais son âge et sa facture, même si il est abîmé, nous permet de découvrir pleinement l'art et le style médiéval de l'Irlande. Ce livre est tout simplement considéré comme une œuvre suprême de l'art celte ainsi que l'un des plus importants trésors de l'Europe occidentale.



L'histoire du Livre de Kells nous ramène quelque 1500 ans en arrière au 6ème siècle de notre ère. Certains disent que Saint Columba lui-même a participé à son écriture, mais la plupart estime qu'il est l'œuvre de scribes qui ont marché dans sa trace. Le Livre est l'œuvre d'au moins deux mains différentes d'après les experts qui estiment qu'il a été copié peu de temps après la mort de Saint Columba.



Les experts ne sont pas tout à fait sûrs de l'origine du Livre de Kells mais certains indices pointent vers l'île de Iona, où Saint Columba établit son monastère et d'où son influence se répandit. Plus tard, durant les raids vikings du 9ème siècle, le livre a été emporté au monastère de Kells (comté de Meath, Irelande) afin de le protéger. Il y est resté pendant au moins deux cents ans, jusqu'en 1007, année durant laquelle il fut volé. La couverture en or, probablement incrustée de pierres précieuses, fut arrachée et le manuscrit jeté dans un fossé. Il fut bientôt retrouvé mais il avait subi ses premiers dommages : l'eau avait abîmé les pages du début et de la fin. La couverture, elle, ne fut malheureusement jamais retrouvée…



Le Livre de Kells revient à Kells où il est gardé jusqu'en 1541, lorsque l'Eglise catholique romaine le prend sous sa protection. En 1661, le Livre est rendu à l'Irlande et donné au Trinity College de Dublin par l'archevêque Ussher. Il est resté à l'université depuis et constitue l'œuvre la plus importante dont dispose la bibliothèque.



Avec les années, environ trente pages du manuscrit ont été perdues, les trois cent quarante restantes contenant les quatre évangiles, une liste de noms en Hébreu et les tables d'Eusébie ('Eusebian cannons'). C'est le travail artistique présenté sur ces pages en parchemin qui ont fait la renommée de cette œuvre.



Le Livre présente un registre complet d'enluminures et de dessins, couvrant à peu près tous les styles connus à cette époque. On estime que la création de ce chef d'œuvre a occupé une poignée de scribes pendant... trente ans ! Un travail réalisé à la main, avec des entrelacs (NDLR : union de plusieurs courbes fermées) de lignes et de couleurs époustouflants. Les pages les plus admirables préfacent les quatre chapitres avec des illustrations des Saints. D'autres pages remarquables proposent des scènes de la vie du Christ.



Les détails du Livre de Kells sont d'une minutie incroyable, chaque motif étant original. Sur une page, 158 lignes figurent dans un entrelacs blanc de 3 cm2 et aucune erreur n'a pu être repérée même avec l'aide d'une loupe. Pendant des années, on a pensé que seuls des anges avaient pu écrire le Livre de Kells.



Le fameux Book of Kells d'Irlande, le plus beau manuscrit enluminé du monde, est aussi l'une de nos plus belles énigmes. Aujourd'hui, grâce à une superbe reproduction (fac-similé), chercheurs et étudiants de l'Université du Texas et du Collège Austin peuvent l'étudier page par page à la recherche de nouvelles réponses.

 

 

 

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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 21:23

Invention de la brouette.

 

 

 

 

 

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L’origine de la brouette est obscure. En Europe, une des plus anciennes représentations de la brouette, en usage sur le chantier des cathédrales, date du XIIe siècle. Mais elle devait déjà être utilisée en Asie et plus précisément en Chine. Ce dernier pays offre d’ailleurs une étonnante variété de véhicules sur le modèle de la brouette, dont le point commun toutefois est de posséder, à l’instar de toutes les brouettes, une roue unique. La brouette à deux roues (en réalité, une chaise à porteurs montée sur roues) est due à Blaise Pascal.

 

Etymologiquement, une brouette est un véhicule à deux roues.  Le terme, qui apparaît au XIVe siècle, serait un diminutif de beroue, lui-même venant du bas latin birota, véhicule à deux roues.

 

Selon Robert Temple, la brouette aurait été inventée dans le Sud-Est de la Chine, un siècle avant J.-C., par un personnage semi légendaire nommé Ko Yu. Il est supposé avoir fabriqué une sorte de mouton en bois et l’avoir monté à travers la montagne. Les brouettes ayant longtemps été décrites comme des « bœufs de bois » ou des « chevaux glissant, » il est probable que l’invention de ce personnage légendaire soit la brouette. Selon ce même auteur, les premières représentations de l’engin dateraient du Ier siècle après J.-C.

 

Jusqu’à présent, il n’était jamais question de brouette dans les textes latins ou grecs, que ce soit chez les géomètres, les agronomes, les mécaniciens ou les architectes. Cependant, une étude a récemment mis en évidence la mention de ce qui pourrait bien être une brouette dans deux inventaires grecs datés de -408/-407 et de -407/-406, ce qui ferait que la brouette aurait été inventée par les grecs plus de trois siècles avant son apparition en Chine, et aurait été utilisée dans la Grèce antique pour transporter des charges sur les chantiers.

 

La première représentation date du milieu du XIIIe siècle et nous ne disposons ni de représentations figurées ni de textes précis antérieurs à cette date. La relative abondance des représentations dans la seconde moitié du XIIIe siècle laisse supposer une apparition dans la première moitié de ce siècle.

Dans aucune scène agricole, domaine où les miniatures sont nombreuses, on ne voit de brouettes. Les représentations de travaux miniers, où la brouette tiendra une place importante, sont inexistantes avant le XVIe siècle. Il existe des légendes qui attribuent l’objet à un certain Dupin voire à Pascal, tous deux vers 1650. En fait on nommait « brouette » ou « vinaigrette » une chaise à porteur à deux roues apparue à cette époque et l’invention en a été effectivement attribuée à Pascal, même si aucune source sérieuse ne le confirme. 

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Jehanne - dans Divers
29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 21:53

La prière journalière des Templiers.

 

 

 

 

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La desserte de l'office du divin est exercée dans un premier temps par des prêtres autres que ceux de la communauté, puis par ceux de la communauté qui ont le titre de chanoine prêtre. Eugène III accorde aux Templiers par une bulle appelée " Omne datum optimum ", le droit d'avoir des prêtres pour l'office divin dès 1145.



Reprenant une pratique des Juifs, les templiers observent la prière des Heures. Elle consiste en synaxes ou réunions quotidiennes ; un le matin puis à midi, une autre le soir pour achever sa journée. Dans les synaxes, le rituel est le même, c’est-à-dire des psaumes, des hymnes, des prières, des Notre Père dont " XIII pater noster por matines de Notre Dame, XIII fois por cele dou jor si li plaist ". Réciter treize Notre Père pour la Vierge Marie, et treize autres pour le Saint du Jour si la volonté ne lui manque sinon il peut les écouter celles de ses frères.



Selon son rang auquel on appartient à savoir, la sphère des chanoines ou la sphère des convers, le repas ne se déroule pas dans le même lieu, il y a deux pièces où réfectoires pour déjeuner puis souper, notons que ceux-ci se jouxtent.



Étant donné que c'est un ordre canonial, les Templiers suivent le cursus romain, en l'occurrence un office canonial à neuf leçons, six de jours et trois de nuit, cependant la règle permet de regrouper ces leçons afin de pouvoir vaquer aux tâches communes. Le chanoine prêtre dit une messe quotidienne, les Heures restantes sont réalisées par les chanoines-diacres ou sous-diacres si ceux-ci existent dans la préceptorie.



L'office du matin et du soir est quasi similaire à la différence que le soir est ajouté un hymne à la lumière hérité d'un usage juif. Ce dernier est de mise dans le patriarcat de Constantinope cela consiste en une prière au moment de l'illumination par le feu du cierge ou du candélabre. Le martyrologe de la fin du XIIIe nous délivre les manières " d'encenser, d'illuminer, la maison du temple ". Nous apprenons par l'intermédiaire de frère Robert la quantité de cierge nécessaire, la manière de les disposer pour les offices du soir et dominicaux. La liturgie de la lumière a une place essentielle, elle renvoie au passage des ténèbres à la vie, au Christ fils de Dieu venu délivrer le monde par sa mort et sa résurrection, cette liturgie donne à l'homme qui le respecte le salut christique. L'eulogie ou consécration de la lumière renvoie au caractère sacro-saint de l'élément qui génère et accompagne la vie selon la doctrine chrétienne médiévale. Ce martyrologe contient également les messes anniversaires des chanoines du Temple de Reims et du comte troyen Henri III le " XVI kalendas aprilis obit comes Henri III Trecensis " . Le fait de rendre grâce au comte Henri et Thibaut témoigne du respect des templiers à leurs bienfaiteurs mais aussi pour leurs confrères morts dans l'espérance du salut chrétien.



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Jehanne - dans Contexte historique
29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 21:37

Guy de Lusignan (1129 - 1194).

 

 

 

 

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Guy de Lusignan est né en 1129 à Lusignan. Il est le fils du seigneur Hugues VIII de Lusignan (v.1110-v.1165) et de Bourgogne de Rançon ( morte en 1169). On ne sait que peu de choses sur le début de sa vie, excepté le fait qu'en 1163 il accompagne son père et ses frères en Terre Sainte, où il va vivre à la cour du roi Amaury de Jérusalem.

 

A la mort du roi, en 1174, son fils Baudouin IV lui succède. Cependant, étant trop jeune, un régent est mis en place : Millon de Plancy en 1174 puis Raymond III de Tripoli de 1174 à 1176, année de la majorité du roi. Mais, atteint de la lèpre depuis son jeune âge, il ne fait aucun doute qu'il ne vivra longtemps. Le problème de sa succession se pose donc dès son accession. C'est la raison pour laquelle, la même année, il marie sa sœur Sybille à Guillaume, fils du marquis Guillaume V de Montferrat. Malheureusement, il meurt trois mois plus tard de la malaria, laissant son épouse enceinte d'un fils, Baudouin (né en 1177).

 

En 1179 ou 1180, le roi remarie sa sœur à Guy de Lusignan, qui devient alors Comte de Jaffa et d'Ascalon. En 1183, devenu aveugle et paralysé, il abdique en faveur de son neveu, tout en gardant son titre de roi. Il confie d'abord le gouvernement à Guy mais, constatant son absence de sens politique, il lui ôte ses titres et nomme régent Raymond de Tripoli. La situation ne change pas lorsque le roi meurt deux ans plus tard. Guy ne devient réellement important qu'en 1186, quand son beau-fils, le jeune Baudouin V, décède à Acre. En effet, il destitue immédiatement le régent et, en septembre, se fait discrètement couronner avec son épouse par le patriarche Héraclius.

 

La situation du royaume est alors des plus graves. Si la courageuse lutte de Baudouin IV, vainqueur de plusieurs batailles contre Saladin, le sultan d'Egypte, a permis de sauver l'état croisé, Renaud de Châtillon, ancien prince d'Antioche, a plusieurs fois attaqué et pillé des caravanes, au détriment des trêves, ce qui a fortement dégradé le fragile équilibre entre les musulmans et les chrétiens. De plus, ayant appris le couronnement de Guy, Raymond, déçu et outré, a refusé de lui prêter hommage et a fait alliance avec le sultan, étant sûr de son soutien.

 

Fin 1186, Châtillon, reprenant ses pillages, attaque une caravane de Damas, s'empare du butin, et jette les voyageurs et les marchands en prison, rompant ainsi la trêve signée par le régent en 1185. Saladin demande immédiatement la restitution des biens à Guy. Mais ce dernier, faible et dénué d'autorité, ne parvient pas à faire plier le brigand. Le sultan mobilise alors ses troupes de Syrie et d'Egypte afin d'envahir le royaume. Faisant une nouvelle fois preuve de sa faiblesse politique, Guy, ne se rendant que peu compte du danger, ne pense alors plus qu'à aller attaquer Raymond, pour le forcer à combattre à ses côtés. Ses barons parviennent heureusement à empêcher une guerre intestine, qui n'aurait que facilité l'entreprise de Saladin.

 

En mai 1187, 150 templiers, dirigés par leur grand-maître, Gérard de Ridefort, sont défaits par plusieurs milliers de musulmans à Séphorie, près de Nazareth. Peu de temps après, les forces musulmanes, envahissant la Galilée, assiègent et prennent rapidement la basse ville de Tibériade, laissant encore la forteresse aux francs . Suite à ce désastre, Raymond décide de rejoindre Guy, afin de combattre ensemble l'immense armée qui envahit le royaume.

 

Ainsi, réunissant 2 000 chevaliers, dont 1 200 templiers et hospitaliers, 13 000 fantassins et 40 000 mercenaires musulmans, Guy, malgré les réticences de Raymond, se dirige vers l'armée de Saladin, composée de plus de 60 000 soldats. Souffrant de la chaleur, assoiffés et harcelés par les archers montés musulmans, les forces franques tentent, le 3 juillet, de rejoindre le point d'eau de Hattin, au nord-ouest du lac de Génésareth. Saladin, comprenant leur projet, leur coupe l'accès et les force à camper sur le sable et les pierres brûlantes, tout en continuant de les harceler. Raymond, depuis longtemps hostile aux plan d'attaque du roi, tente alors d'apaiser les esprits, maintenant qu'une attaque serait de la folie, et qu'une paix, même désavantageuse, serait meilleure. Mais Guy, suivant les mauvais conseils de Renaud de Châtillon et du grand-maître des templiers, rescapé de la bataille de Séphoris, choisit d'engager le combat. Le 4 juillet, alors que Saladin l'a déjà partiellement encerclé durant la nuit, il fonce tête baissée dans la mêlée, avec des troupes assoiffées et fatiguées. Raymond, comprenant vite que la bataille serait perdue, parvient à s'enfuir vers Séphorie avec le fils du prince d'Antioche, quelques barons et leurs chevaliers.

 

En effet, le sultan donne bientôt l'ordre d'incendier les herbes sèches pour affoler les chevaux francs : en peu de temps, toute la chevalerie de Terre Sainte, repoussée, est décimée. Il y a plus de 30 000 morts, la majorité du côté franc, et autant de blessés. Guy de Lusignan, ses frères Amaury, devenu connétable, et Geoffroy, Renaud de Châtillon, Gérard de Ridefort, Onfroy IV de Toron, mari d'Isabelle, la sœur de Sybille et de Baudouin IV, et Guillaume V de Montferrat parviennent à se réfugier dans la forteresse de Tibériade. Cependant, assiégés et sans espoir de secours, il se rendent le 5 juillet, contre la promesse d'épargner la population. Saladin les fait alors prisonniers et les emmène dans ses prisons de Damas, à l'exception de Renaud, de 300 templiers et des mercenaires musulmans, qu'il exécute sur place.

 

Les mois suivants sont terribles pour les chrétiens : en juillet, Saladin emporte Acre, Jaffa, Césarée et Sidon, puis, le 6 août, il prend Beyrouth, suivie de peu par Ascalon et Gaza, le 5 septembre. Enfin, le 20 septembre, il met le siège devant Jérusalem, défendue uniquement par 6 000 soldats. Le 2 octobre, après quelques négociations, les chevaliers chrétiens parviennent à négocier la reddition de la ville : ainsi, comme il l'avait déjà fait pour ceux d'Acre et d'Ascalon, Saladin laisse sortir les soldats francs, qu'il escorte jusqu'à Tyr, et épargne la population chrétienne. Il veut ainsi démontrer la supériorité des musulmans sur les chrétiens, qui, eux, n'avaient pas hésité à faire des massacres lors de la prise de Jérusalem, en 1099.

 

Poursuivant sa conquête du royaume franc, il assiège Tyr, défendue par Conrad de Montferrat, frère du défunt Guillaume, en novembre 1187. Mais, la ville étant considérablement renforcée par les milliers de soldats épargnés venus s'y réfugier, il lève rapidement le siège, après avoir perdu une partie de sa flotte. Puis, l'hiver approchant, il démobilise son armée, emportant encore Lattaquié, Tartous et Safed en rentrant en Syrie.

 

En 1188, il libère Guy de Lusignan, contre la promesse qu'il n'attaquera plus les musulmans. Mais ce dernier, à qui Conrad a refusé d'ouvrir les portes de Tyr, ignore bientôt sa parole, assiégeant Acre avec ce qu'il lui reste d'armées dès août 1189.

 

Pendant ce temps, le pape Grégoire VIII a lancé un appel à la croisade pour reconquérir le royaume de Jérusalem. Il a rapidement emporté l'adhésion des trois principaux souverains d'Europe occidentale : le roi Philippe II de France, le roi Richard Ier d'Angleterre et l'empereur germanique Frédéric Barberousse. Ce dernier, le premier parti, se noie en Asie Mineure le 10 juin 1190, après avoir pris Iconium aux turcs seldjoukides. Le gros de son armée se dissout rapidement et ce qu'il en reste, dirigé par le duc Léopold V d'Autriche, est vaincu dès son arrivée en Syrie.

 

Richard, tout comme Philippe, fait le voyage par la mer. Mais, tandis que le roi de France gagne Tyr sans problèmes, Richard est pris dans une tempête et se réfugie en Crète et à Rhodes. Gagnant ensuite Chypre, territoire byzantin dirigé par l'usurpateur Isaac Doukas Comnène, il est outré par l'accueil offert par les habitants et par le maître des lieux, qui n'hésite pas à insulter la sœur du roi et à faire piller un de ses navires. Demandant des dédommagements, il essuie un refus. Ainsi, en mars 1191, Richard entreprend la conquête de l'île, qu'il voit déjà comme un poste avancé pour la reconquête des Etats latins d'Orient.

 

Face à des soldats mal équipés, il n'a aucune difficulté à vaincre Comnène avec ses chevaliers en armure et ses archers longs. Attaquant le camp ennemi par surprise, il met Isaac en fuite, puis reçoit l'hommage des nobles chypriotes. Quelques jours plus tard, Guy et quelques uns de ses barons, dont le prince d'Antioche, viennent rencontrer Richard, laissant le soin de mener le siège d'Acre au roi de France. Isaac, s'avouant vaincu, envoie alors une ambassade, promettant de verser 20 000 marks d'or et d'envoyer des troupes en Terre Sainte. Il vient alors rendre hommage au roi mais s'enfuit peu après. Guy est chargé de poursuivre et de capturer celui qui s'intitulait « empereur de Chypre ». Il est capturé dans l'abbaye du cap Saint Andrea et sera emprisonné en Syrie jusqu'à son assassinat, en 1195.

 

Le roi part alors pour la Palestine mais, peu de temps après, les chypriotes se soulèvent et proclament empereur de Chypre un simple moine. Le lieutenant du roi, Robert de Tornham, sentant venir le danger à temps, défait alors rapidement les insurgés, capture leur chef et le fait pendre. Apprenant cela, Richard se rend compte qu'il va être difficile de tenir l'île une fois la croisade finie. C'est pourquoi, toujours en 1191, il la vend aux Templiers pour la somme de 100 000 besants. Cependant, confrontés à une rébellion des habitants le 5 avril 1192, les Templiers en massacrent un grand nombre à Nicosie mais réalisent qu'ils ne peuvent tenir l'île. C'est pourquoi, cette même année, ils la rendront à Richard.

 

Pendant ce temps, en Palestine, Philippe avait fait alliance avec Conrad de Montferrat, qui convoitait la couronne de Jérusalem. En effet, depuis la mort de Sybille, en 1190, sa sœur Isabelle et son mari contestent la légitimité du titre porté par Guy, plongeant ainsi ce qu'il reste du pauvre royaume dans des luttes intestines. Richard arrive peu de temps après et, aidé du reste des forces allemandes et du roi de France, il prend Acre le 12 juillet 1191. Ne parvenant pas à s'entendre, les trois chefs chrétiens entrent bientôt en désaccord et, lassés de ces luttes, Léopold V d'Autriche et Philippe II repartent pour l'Europe, laissant Richard seul à la tête des armées croisées.

 

Début 1192, il parvient à trouver un terrain d'entente entre Guy de Lusignan et Conrad de Montferrat : Guy renonce officiellement à la couronne de Jérusalem en échange de Chypre, qu'il achète au roi, et Conrad reçoit la couronne tant convoitée. Ceci fait, Richard, ayant pris Jaffa mais ne parvenant pas à s'emparer de la Ville Sainte, signe un traité de paix le 2 septembre 1192 avec Saladin. Il quitte ensuite à son tour la Terre Sainte pour regagner son royaume.

 

Quand il arrive à Chypre avec ses trois cent chevaliers et leurs deux cents écuyers, Guy trouve un pays ravagé par la tyrannie d'Isaac, la conquête de Richard et les massacres des Templiers. Son premier objectif est donc de le reconstruire et, surtout, de le réorganiser. Tout d'abord, il offre à tous les hommes qui l'ont suivi, pour leur grande majorité des anciens nobles du royaume de Jérusalem dépossédés par la conquête de Saladin, de nouvelles terres héréditaires. Ainsi, il redistribue les domaines confisqués par Isaac en échange d'un serment de vassalité, comme il est de coutume dans la féodalité.

 

Comprenant également qu'il est nécessaire de gagner rapidement la sympathie de ses sujets, Guy fait de son mieux pour remédier à la dépopulation dont a souffert l'île les dernières décennies. Pour cela, il lance un appel aux anciens chypriotes exilés et leur promet de rendre les domaines qui leur ont été confisqués. Il fait également appel à des colons venus de Syrie et des zones environnantes.

 

Guy recompose ainsi la noblesse de l'île, à présent composée de 300 chevaliers et de 200 châtelains, assistés de nombreux paysans. D'autres habitants, marchands, citoyens et artisans, viennent bientôt rejoindre le nouveau royaume. Seule sa paysannerie demeure inchangée et peut alors se diviser en cinq classes : les Parici, les plus nombreux et les plus pauvres, obligés de rester sur les terres de leur seigneur et n'ayant aucun droits ; les Perpiriarii, moins nombreux, attachés à leur terre mais libres ; les Lefteri, des Parici émancipés et libres après un paiement ou par la bonne volonté de leur seigneur ; les Albanais, des descendants de soldats venus d'Albanie pour défendre l'île ayant un salaire mais aucune valeur militaire ; les Vénitiens, descendants de soldats croisés menés par le doge de Venise qui se sont établis à Chypre en 1123, devant verser une somme d'argent à leur seigneur mais relevant légalement d'un noble vénitien résidant à Nicosie avec le titre de consul.

 

Guy met également en place une sorte de constitution, modelée sur celle du royaume de Jérusalem. Le royaume de Chypre devient officiellement une monarchie limitée, où les pouvoirs royaux se limitent théoriquement à la direction militaire. Malgré cela, Guy n'a toujours été que seigneur de Chypre ou roi en Chypre et non pas roi de Chypre puisque le titre royal ne sera accordé qu'en 1195, à son frère Amaury.

 

Cette constitution met en place deux cours : la Haute-Cour et la Cour des Citoyens. La première, présidée par le roi et composée de la noblesse, des propriétaires de fiefs et des ministres civils du royaume, traite les affaires d'Etat importantes. Sans son consentement, aucune loi ne peut être décrétée. Quant à la seconde, elle prend en charge les affaires impliquant directement les citoyens de l'île et est présidée par un fonctionnaire appelé vicomte. Il s'agit en réalité d'un simple tribunal, qui n'a donc aucune puissance législative réelle.

 

Quant aux anciennes coutumes locales, elles demeurent la plupart du temps en place, à condition qu'elles ne soient pas opposées à la loi féodale. Ce système, nouveau pour les chypriotes, est donc similaire à celui des cours occidentales du Moyen-Age.

 

Guy de Lusignan meurt sans descendance en 1194, laissant le royaume de Chypre à son frère Amaury. Malgré son absence de sens politiques et militaires, il ne s'en est pas moins montré comme un brillant administrateur, fondant l'organisation d'un royaume qui subsistera trois siècles.

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Jehanne - dans Personnages Historiques
26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 10:17

Château de Sailhant.

 

 

 

 

 

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La vision que l’on a du château de Sailhant reste presque irréelle. Accroché au sommet d’un piton volcanique triangulaire, il domine de plus de trente mètres le petit village de Sailhant. Il surplombe une cascade de vingt mètres de haut qui se jette dans un lac rond situé dans un cratère volcanique. Accessible que d’un côté, le château de Sailhant a toutes les apparences d’une forteresse imprenable et pourtant.

Le Sailhant se compose d’un corps de logis rectangulaire flanqué de sept tours et d’une enceinte. L’enceinte est appuyée sur des contreforts et des arceaux. Au Sud on remarque une tour carrée. Dans le prolongement de la muraille, on voit une tour carrée au Nord-Est. Il possède un belvédère avec créneaux. A l’angle Nord -Ouest du corps de logis se trouve une tour ronde avec chemin de Ronde en encorbellement sur mâchicoulis. Au centre de la façade principale, deux grosses tours rondes encadrent une porte dépourvue de son pont-levis. Au Nord-Ouest une tour ronde flanque le château sur son angle extérieur. Elle possède aussi un chemin de Ronde en encorbellement sur mâchicoulis. Enfin une échauguette à l’Ouest flanque l’angle intérieur de l’édifice.

On accède au château par une immense porte. Elle ouvre sur une cour intérieure plantée de tilleuls.

La famille du Sailhans, la première mentionnée dans les documents, a remplacé les abris en bois par une tour carrée en pierres, indépendante et à plusieurs niveaux. Elle était séparée de la partie principale de l’éperon par un fossé à sec. A la fin du X siècle, de retour de Terre Sainte, le croisé Etienne Sailhans consigna avec d’autres seigneurs, un acte pour la fondation d’un monastère à Indiciac, qui fut ensuite nommé Saint-Flour.

En 1285, par le mariage d’une fille de la famille du Sailhans avec Bertrand I de Rochefort d’Aurouze, le Sailhant passa à cette famille. La même année, le seigneur de Sailhans souscrit un traité entre le vicomte de Murat et le comte de Rodez à St Flour. Au début du XIV siècle, le Sailhant était constitué de hauts murs entourant une cour intérieure. Le vieux donjon à plusieurs niveaux renfermait une oubliette creusée dans le roc. Elle ne recevait le jour que par une ouverture de cinquante centimètres carrés faite à la clé de voûte. La chapelle du château était à l’invocation de St-Fréval dont le corps y est déposé.

A l’avènement de la guerre de Cent Ans, on construisit deux tours du côté Nord. La construction de ces tours peut-être datée grâce au type de meurtrières. Ces meurtrières étaient pour les arcs, plus tard on a ajouté les meurtrières pour les canons. Bien qu’il semble tout à fait imprenable, le Sailhant fut pris plusieurs fois au cours de la guerre de Cent Ans.

En 1359, les Anglais ayant envahi l=Auvergne, ils s=emparèrent du château de Sailhant et le conservèrent plusieurs années. Ils en furent chassés avant 1380, mais ils le prirent de nouveau après la mort du connétable Du Guesclin, alors que les pillards pouvaient exercer impunément leurs rapines et destructions. Les Anglais y résidèrent encore pendant cinq ans. On l=évacua seulement après le paiement du patis.


En 1398, Béraud Dauphin I de Saint-Ilpize, devint sire de Sailhant. Béraud fut nommé seigneur de St-Ilpize, Combronde, Auroze, et de Sailhant. Il alla avec ses deux fils, Béraud II et Robert, à la bataille d=Azincourt en 1415 où tous moururent. Passé d=un Dauphin à un autre, le Sailhant fut pris en 1436 par un brigand espagnol nommé Rodrigue de Villandrando. On le racheta en 1438.

La fenêtre Est du premier étage de la façade fut installée par les Dauphin, elle y est toujours. La porte principale du château, construite en pierres de lave grise foncée, date aussi de cette époque. Au milieu du XIV siècle, un des Dauphin reconstruisit le donjon en remplaçant la structure antérieure. On peut la dater grâce aux « archères-canonnières », qui étaient les ouvertures de tir les plus courantes au XV siècle. Le donjon, reconstruit, avait quelques niveaux de plus que la structure actuelle. On trouve encore des cheminées aux deux étages et il y a encore les restes d’une latrine au quatrième étage.

La terre de Sailhant passa ensuite à Jacques d’Amboise en 1503. Antoinette d’Amboise la vendit à Anne Hénard, veuve d’Antoine Dubourg, chancelier de France et tutrice de ses enfants. Le montant de la vente fut de 200 écus d’or et de 30 000 livres tournois, payés en vaisselle d’argent au prix de 14 livres et 6 deniers le marc. Son fils Charles-Antoine Dubourg lui succéda dans la baronnie de Sailhant, il épousa Nicole d’Endredieu. Les Dubourg, qui étaient protestants, ont maintenu une garnison dans le château, ce qui provoqua la colère des autorités catholiques.

François de Montmorin, seigneur de St-Hérem, gouverneur de l’Auvergne pour le roi, chercha à s’emparer de Sailhant que tenait Charles-Antoine et l’assiégea. Charles-Antoine était malade et alité. Sa femme Nicole soutint le siège avec énergie. Elle réussit même à blesser le gouverneur à la main. Irrité, le gouverneur redoubla d’efforts puis fini par pénétrer dans la place. On se vit réduit à cacher Charles-Antoine dans un des fours. Malheureusement le four se trouvait être encore chaud. Le pauvre homme mourut asphyxié. Cela fit dire que M de St-Hérem l’avait brûlé vif. Sa veuve fut conduite à la prison de St-Flour d’où elle obtint la liberté en 1567. Les Catholiques reprirent possession du Sailhant en 1576.

En 1594, le château de Sailhant fut pris par M d’Enghien et le duc de Genevois. La mère de Jean de Lastic et Christophe de Chavagnac le reprirent au moyen d’une pièce d’artillerie, glissée dans une canonnière de la tour Nord. Le capitaine Castel-Viel, qui défendait la place, fut tué pendant l’attaque. Ces seigneurs le gardèrent quelque temps et l’abandonnèrent en emportant deux canons que le comte d’Apchier y avait fait placer.

Le fils de Charles-Antoine, Louis Dubourg, soldat intrépide qui combattit le chef des Catholiques de la région de St-Flour, Jean de Lastic, épousa curieusement, le 21 juillet 1616, Jeanne, la soeur de Jean de Lastic et repris de ce fait le château de Sailhant.

Contrairement aux propriétaires antérieurs du Sailhant, la famille Dubourg utilisa le Sailhant en tant que résidence principale. Ils ajoutèrent au donjon une tourelle avec son escalier à vis, ce qui le rendit encore plus habitable. Durant le dernier tiers du XVI siècle, les Dubourg ajoutèrent une aile entière sur le coté Est de l’enceinte. Cette dernière fut détruite en 1830. Seule une portion du côté Nord et la cave demeurent. Il y a deux cheminées monumentales dans le château datent de l’époque des Dubourg.

Au début du XVII siècle, la fille de Louis Dubourg et de Jeanne de Lastic, Catherine épousa Jacques d’Estaing et ramena le Sailhant à un descendant de l’ancienne famille de Sailhans.

Bien qu’il possédât d’autres seigneuries, Sailhant fut le fief de Jacques d’Estaing et sa résidence principale. Le fils de Jacques, Jean d’Estaing, épousa Claude-Marie de Terrail, fille de Jean de Comboursier. Lieutenant-général du roi en basse Auvergne, il lui apporta les seigneuries de Ravel et de Moissac. Le château de Ravel devint la résidence principale de Jean d’Estaing. Ils louèrent le Sailhant à des fermiers et des marchands de St-Flour.

Au temps des fermiers de la famille d’Estaing, à la fin du XVII siècle, on a utilisé l’ancienne chambre du seigneur sur le coté Est du premier étage pour stocker du grain pour les animaux qui étaient abrités juste au-dessous, au rez-de-chaussée. Dans la tradition des fermes Auvergnates, il y avait une passerelle pour les charrettes, conduisant au premier étage. Les vestiges d’une voûte en demi-cercle d’une large porte sont visibles sur le mur extérieur du premier étage, avec des pavés situés à la base de chaque jambage. Le côté Ouest de la résidence du seigneur resta comme espace résidentiel.

Au début du XVII siècle, on a démoli les deux niveaux supérieurs du donjon en on l’a transformé en pavillon. A la même époque, les murailles ont été arasées.

A la fin du XVII et au début du XVIII siècle, Joachim-Joseph d’Estaing était évêque de St-Flour. La proximité du Sailhant et de St-Flour conduisit l’évêque à utiliser le château de son frère en tant que maison de campagne. La présence au-dessus de la porte d’un écusson daté 1710 atteste de la restauration faite par l’évêque.

La succession Estaing était criblée de dettes par le créditeur principal, le fameux écrivain, Voltaire. Les dettes ont mené à une vente aux enchères en 1753. Elle fut adjugée par François-Jean Roger, écuyer, seigneur de Colombelle, conseiller financier et secrétaire du roi, notaire au Châtelet à Paris.

La principale transformation au XVIII siècle fut l’ouverture des fenêtres sur la façade de la cour.
Etienne de Serre de St-Roman acheta le Sailhant en 1753. Le domaine resta dans la famille de Serre de St-Roman jusqu’en 1789. Après la révolution, le bailleur Jean-Baptiste Rongier, acheta le château et une partie des terres. Le Sailhant était en mauvais état, il n’offrait que peu de confort et n’avait pas souffert de destructions directes durant la révolution. Quand Rongier mourut en 1816, sa famille le vendit à Pierre Laurier, un fermier résidant près de Sailhant. En 1881, les Laurier vendirent la propriété à Hippolyte-Mary Raynaud.

Né de parent fermier en 1844 au pied du château, Hippolyte-Mary Raynaud fut un aventurier ayant de grandes ambitions. En 1873, il fonda une banque à Paris nommée : Banque d’Etat. Il acheta une maison sur l’avenue du Bois de Boulogne et épousa une actrice du Palais Royal.

En 1888, Raynaud fut l’heureux élu à la direction locale et commença une restauration spectaculaire. Mais en 1890, sa faillite fut découverte et Raynaud fut violemment attaqué par la presse. En 1891, les travaux du Sailhant furent suspendus et le château fut vendu aux enchères à sa propre femme. En 1896, Raynaud semblait avoir surmonté ses difficultés. Il ouvra une nouvelle banque à Paris nommée Crédit International, mais au début de l’année 1904 cette banque fit faillite. Raynaud s’enfuit en Angleterre et y mourut vers 1920.


Les travaux de Raynaud comprennent l’addition des deux tours du côté de la façade Nord. L’une à l’Est de l’entrée, réplique de tour médiévale et l’autre à l’extrémité Ouest de l’entrée. En même temps Raynaud surhaussa les deux grosses tours médiévales de la façade Nord au-dessus du toit afin que les quatre tours aient toutes la même hauteur.
Le redan du XVI siècle entre le corps de logis et l’aile en retour d’équerre qui a disparu fut rehaussé pour avoir l’allure d’une tour carrée couronnée d’un belvédère à créneaux. Raynaud ajouta aussi à la demeure seigneuriale quatre baies pour donner une certaine unité au bâtiment derrière le mur Nord. A l’intérieur, Raynaud ajouta des salles de bain, une cuisine, et subdivisa de nouveau la grande salle du premier étage en trois chambres à coucher avec des plafonds bas. Une chapelle fut construite à l’extrémité Ouest du rez-de-chaussée.
Les intérieurs furent peints. On recouvra les murs de papiers peint et l’on meubla le château dans le style le plus populaire de la fin du XIX siècle.

Lors de la vente aux enchères du château de Sailhant en 1904, le Docteur Paul Delbet remporta la vente. Le Docteur Delbet était un parisien dont la famille était originaire de Joursac près de Neussargues. Il eut quatre enfants et mourut en 1924. Sa veuve, Antoinette, épousa le comte Claret de Fleurieu qui décéda en 1945. Antoinette mourut en 1961.

L’unique fils de Paul Delbet hérita du château et décéda en 1996.

Durant le XX siècle, les Delbet portèrent les dernières touches au château. Ils gardèrent la plupart des décorations intérieures et des meubles du XIX siècle.

En 1997, Joseph Pell Lombardi acheta le château de Sailhant. Il a passé 2 années à faire des recherches sur l’histoire de la construction du château, suivi par cinq années de travaux de restauration qui ont été terminées en 2004.

 

 

 

 

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Jehanne - dans Patrimoine
26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 09:43

Le Beffroi d'Ault.

 

 

 

 

 

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Reconnu, en 2010, comme l'un des 3 beffrois ecclésiatiques de France, Dunkerque & Cambrai étant les deux autres. Le Beffroi d'Ault a cette particularité exceptionnelle, sur ses deux confrères, c'est qu'il est plus ancien, ce qui en fait donc à ce jour LE PLUS VIEUX BEFFROI ecclésiastique de FRANCE et l'un des plus VIEUX au Monde !



LE BEFFROI ECCLESIASTIQUE D'AULT, HISTOIRE :

C'est en 1340 que Mathieu de Trie, maréchal de France et Ide de Rosny, comtesse de Dreux, confirmèrent une charte de commune octroyée en 1206 par Thomas de Saint Valéry aux habitants d'Ault.

La population augmentant sans cesse grâce au port très florissant, Mathieu de Trie fit construire à ses frais, l'église Saint Pierre d'Ault.
Mais la guerre de 100 ans sévissait, ainsi qu'une épidémie de peste noire, et les pauvres aultois ne purent construire le beffroi auquel ils avaient droit du fait de la charte communale.

C'est en 1382 que Jean d'Artois, confirma et modifia la charte communale existante: il donna:

- le droit au maire, échevins et bourgeois d'avoir un beffroi avec grandes et petites cloches et de les sonner toutes les fois qu'il leur plaira...( les cloches du clocher de l'église)

- Lesdits maire et échevins peuvent mettre un clerc dans l'église... (un clerc n'étant pas un religieux, mais un laïc lettré)

Dans le contexte de la guerre de 100 ans, le comte d'Artois a permis juridiquement par charte aux aultois d'utiliser le clocher de l'église Saint Pierre comme beffroi. Dans cette condition juridique spéciale, il n'y en a que trois en France: Dunkerque, Cambrai et Ault. Mais pour Ault, c'est la noblesse qui , en payant la construction de l'église, a payé le beffroi de la commune.

L'existence juridique du beffroi a été découverte par Sylvette MATHIEU et figure en un article publié dans QUADRILOBE

Pour accéder à la première salle, il y a 30 marches

Pour accéder à la seconde salle, il y a 36 marches, donc 6 de plus.

Pour accéder à la dernière salle, il y a 42 marches, encore 6 de plus qu'au précédent palier.

Quand on fait le total des marches, il y en a 108. Le nombre 6 omniprésent est celui du destin mystique, c'est une perfection en puissance. C'est aussi le macrocosme ou l'homme universel.

108 marches = 6x18......La Divine Proportion......

 

 

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Jehanne - dans Patrimoine

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