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18 octobre 2007 4 18 /10 /octobre /2007 21:08
Troubadours, trouvères et poésie




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Les troubadours sont à l'origine de la poésie profane en Occident.

Leur nom vient du bas latin trobar, qui signifie trouver ou... composer des vers ou de la musique. Le mot a donné trouvère en langue d'oïl, le français du nord.

En général d'extraction noble ou bourgeoise, ces poètes itinérants originaires pour la plupart d'Aquitaine ou de Provence ont inventé l'«amour courtois», fait de tendresse et de passion.

Ils allaient de château en château et racontaient des épopées en vers qui magnifiaient les vertus chevaleresques.
 
La Chanson de Roland est la plus célèbre de ces épopées ou chanson de geste (du latin gesta qui signifie action et désignait un exploit guerrier).

Le duc d'Aquitaine Guillaume XI fut l'un des plus illustres représentants des troubadours et sa petite-fille, Aliénor, ne manqua jamais de leur témoigner son soutien.




Source hérodote.net
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Jehanne - dans Le Langage
17 octobre 2007 3 17 /10 /octobre /2007 22:48
L'habitat au Moyen âge.







Entre un village fortifié et une ville, la différence ne réside pas seulement dans un changement d’échelle, mais surtout dans la diversification des fonctions urbaines. Cependant, les fortifications monumentales restent l’apanage des villes.

En prévision de son départ en croisade, Saint Louis fait bâtir le port d’Aigues-Mortes et fait commencer les fortifications de cette ville achevées par Philippe le Hardi. Non loin de là, il fait remanier les fortifications de la ville de Carcassonne, qui reste une des plus impressionnantes constructions militaires médiévales conservées en France. Les comtes n’hésitent pas à faire fortifier le plus puissamment possible leur ville, comme en témoignent encore de nos jours les murailles entourant Provins, qui jouent sur toutes les gammes possibles de plan défensif pour s’adapter aux progrès de la poliorcétique.


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Un château urbain domine souvent la ville ; sa garnison vient compléter le dispositif défensif des murailles. La population peut se réfugier dans sa basse-cour en cas de danger. Au XV
e siècle, de nouvelles fortifications apparaissent, comme celles encore conservées en Avignon. En période de troubles, certaines églises sont fortifiées. Les progrès de l’art militaire imposent des nouveautés dans l’édification des murailles : de hautes courtines courent entre des tours rondes dotées d’une base trapue, tandis que les mâchicoulis et les créneaux aux formes savantes se multiplient. La porte de la ville est précédée d’un pont-levis flanqué de deux grandes tours aux toits en tabatière couverts d’ardoise. Ces dernières disposent d’une salle de garde pour abriter une garnison et accueillir des réunions de milices urbaines armées (les sociétés des Portes du Midi). Au nord de l’Europe, les enceintes urbaines sont très vastes : plus de 600 hectares pour Gand, plus de 400 hectares pour Louvain, Bruges et Bruxelles. Ces villes nordiques intègrent de vastes espaces agricoles. Dans les villes méditerranéennes beaucoup plus denses, ces enceintes sont plus modestes et l’absence de zone rurale en ville impose des relations encore plus intenses avec la campagne environnante.



Le temps des cathédrales.




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L’autre symbole de la ville, souvent représenté sur son sceau, est la cathédrale. Les cités, chefs-lieux de diocèse, rivalisent pour avoir la cathédrale la plus haute et la plus belle, au prix de lourds investissements financés par des impôts extraordinaires et des dons et legs des fidèles et des chanoines. L’évêque célèbre le culte dans la cathédrale (où se trouve la cathèdre, siège épiscopal), entouré de chanoines qui forment le chapitre cathédral. Il a la responsabilité de la vie religieuse de son diocèse et donc de l’orthodoxie des fidèles. À ce titre il est chargé de la recherche des hérétiques, avant d’être relayé par l’Inquisition confiée aux ordres mendiants à partir de 1231. Il doit également veiller à la bonne formation du clergé, qu’il doit visiter une fois par an et qu’il réunit en synode annuel. Sa fonction lui impose de rendre la justice dans un tribunal spécifique (l’officialité) pour les cas relevant de sa compétence. On comprend dès lors l’importance de la chancellerie de l’évêque, en général réunie à son palais. La cathédrale n’est donc pas seulement un monument isolé, elle s’intègre dans tout un quartier aux fonctions diversifiés comprenant un palais épiscopal avec sa propre chapelle, les maisons particulières des chanoines distribuées autour d’un cloître commun, une école et parfois un hospice.




D'immenses chantiers.


Le Moyen Âge est souvent assimilé au “temps des cathédrales”. Effectivement, ces immenses chantiers ont mobilisé les efforts des architectes et des artistes en tout genre (tailleurs de pierre, sculpteurs, peintres, maîtres verriers) pour produire des chefs-d’œuvre, inspirés par l’art roman d’abord puis par l’art gothique.

L’architecture des églises rend compte des évolutions religieuses et culturelles de la société médiévale. Le développement du culte des reliques entraîne par exemple la multiplication des cryptes. Ainsi, la réforme grégorienne, en rendant sa dignité au clergé, le coupe de la masse des fidèles : le jubé et les clôtures de chœur permettent la célébration en toute sérénité des multiples offices des chanoines, tandis que les fidèles sont cantonnés dans la nef.


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L'art roman.

De la fin du Xe siècle au milieu du XIIe siècle s’épanouit l’art roman en Europe avec des variations de style (du plan, des clochers, des portails) selon les régions. Cet art bénéficie de la stabilisation des Normands, de l’affermissement de la dynastie capétienne, de l’aventure des croisades, de la ferveur des pèlerinages et de l’essor du monachisme. Les églises conservent un plan basilical en croix latine hérité de l’art chrétien primitif, avec une nef et une croisée du transept surmontée d’un clocher (sauf en Normandie, où on lui préfère la façade à deux tours). Lorsqu’une église est également lieu de pèlerinage, un déambulatoire à chapelles rayonnantes est construit afin de faciliter la circulation des fidèles (Chartres, Rouen et Auxerre dès le XIe siècle). Les façades peuvent être dépouillées comme l’abbaye aux Hommes de Caen ou entièrement sculptées comme Notre-Dame-la-Grande à Poitiers. Les derniers feux de l’art roman brillent dans la magnifique église de Moissac (1120) et la cathédrale d'Autun (1135).


La période gothique.


À partir de 1140 s’ouvre la période dite gothique ; ce style est appelé alors
opus francigenum (art français), car né au cœur de l’Île-de-France. Suger (v. 1081-1151), abbé de Saint-Denis, pose les principes de cette nouvelle architecture. Selon lui, Dieu, lumière créatrice, doit être loué par un édifice également pétri de lumière. Les murs s’évident alors pour s’ouvrir sur d’immenses verrières, les voûtes s’allègent (voûtes sur croisées d’ogives). En 1140, Suger reconstruit son église abbatiale de Saint-Denis sur ce nouveau modèle qui est repris à Sens la même année, puis à Notre-Dame de Paris à partir de 1163. Les principales cathédrales sont renouvelées dans des dimensions considérables. Les voûtes gagnent des hauteurs vertigineuses qui atteignent leurs limites à Beauvais en 1284. Les architectes comme Villard de Honnecourt jouent un rôle majeur dans ces nouvelles techniques de construction très élaborées. Pour la cathédrale de Noyon (1150-1235), on met au point une quadruple élévation : arcades, tribunes, arcatures aveugles et fenêtres hautes. Celles de Reims et d’Amiens marquent l’apogée du style gothique dit rayonnant. Après 1260, les innovations architecturales se déplacent vers le Midi (Narbonne, Clermont-Ferrand, Limoges, Toulouse), la Bourgogne, l’Est (Metz) et la Normandie (Saint-Ouen de Rouen), avec une préférence pour les églises à nef unique. Au début du XIVe siècle, le gothique se fait flamboyant avec un décor extérieur exubérant proche de la dentelle de pierre (Saint-Urbain de Troyes, Saint-Séverin et Saint-Germain-l’Auxerrois à Paris).

 
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L'habitat urbain.


À partir du XIII
e siècle en France (plus tôt en Angleterre), les constructions étagées en pierre remplacent les édifices en bois ou en torchis trop fragiles face aux incendies (Chartres en 1134 et Dijon en 1137 sont entièrement ravagées par le feu). Un souci d’urbanisme se fait jour dans les règlements pour espacer les îlots bâtis, faire paver les rues et gérer la distribution de l’eau et l’enlèvement des ordures.


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Une nouvelle esthétique urbaine.


Une véritable esthétique urbaine préside à la distribution des monuments et à leur mise en valeur, que ce soit des monuments religieux (église, palais épiscopal, couvents) ou monuments profanes (beffroi, hôtel de ville, places publiques). L’habitat des classes supérieures comprend plusieurs étages avec des pièces spécifiques (cuisine, garde-robe, salle d’étude), des écuries, des jardins et tous les raffinements du confort (cheminées, vitres) et de l’hygiène (puits filtrants, évacuation des eaux usées et latrines). Cet habitat aristocratique conserve le souvenir du château rural avec une grande salle de réception (
aula), une chapelle privée et une tour. Il adopte les dernières modes venues d’Espagne et d’Italie dans la décoration de ses demeures : pavements multicolores, fresques, peintures sur les plafonds et les meubles, reproduisant souvent le blason familial.


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L'habitat populaire.

En revanche, l’habitat populaire reste à la limite de l’insalubrité avec des pièces exiguës, peu aérées et mal éclairées par de modestes lampes à huile ou des chandelles de graisse animale. Chez les artisans, le rez-de-chaussée est occupé par l’ouvroir ou la boutique donnant directement sur la rue et par une pièce pour la vie familiale, tandis que les étages abritent des chambres et l’atelier de certaines professions (tisserands, orfèvres).




Source Bibliothèque Nationale de France.

 

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Jehanne - dans La Société
17 octobre 2007 3 17 /10 /octobre /2007 18:14
 
Tarifs de bourreau



D
'après les registres de la mairie d'Amiens, détails des salaires et avantages attachés à l'emploi des sergents de la Haute Justice, les bourreaux:


60 écus par an, dont 25 sur le roi et 35 sur la ville, payables de mois en mois par avance. En outre, de la ville 5 aunes de drap pour qu'il en fasse sa robe. Un logement. Un septier de blé à Noël et un autre à Pâques.

Pour fustiger une personne sur la courtine, il touche 15 sols.

Pour battre et fustiger par des carrefours, 20 sols.

Pour pendre et étrangler, 60 sols.

Pour couper un poing, 40 sols.

Pour trancher la langue, 40 sols.

Pour trancher la tête, 1 écu et 20 sols.

Même salaire pour mettre la tête en un lieu éminent, porter et pendre le corps hors de la ville.

Pour rompre sur la roue, 1 écu et 40 sols, et le double s'il met le corps en quartiers et les porte en divers lieux de la ville.

Pour bouillir une personne en eau chaude, vive ou étranglée, 1 écu et 20 sols.

Pour chaque personne brûlée et consumée en cendres, vive ou étranglée, 1 écu et 20 sols.

Moyennant lesquelles sommes le bourreau est tenu de fournir et livrer les cordes, épées, couteaux et autres outils. Par contre échelles, potences, bois ainsi que leurs ajustements et leurs déplacements incombent à la municipalité.


En plus de celà, le bourreau bénéficie du droit de havage
qui lui donne la possibilité de prendre chez tous les marchands et forains, des grains ou des fruits, ou toute autre marchandise, autant que sa main peut en prendre. Les commerçants ainsi ponctionnés sont marqués d'une croix à la craie.


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Jehanne - dans La Justice
17 octobre 2007 3 17 /10 /octobre /2007 16:56
Tortures et  supplices au Moyen âge.




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Durant le haut Moyen Âge les procédures archaïques du droit féodal punissaient les crimes de manière peu efficace.
La torture fut pratiquée pendant tout le Moyen Âge mais c'est surtout au bas Moyen Âge, à partir du XIIIième siècle, qu'on l'utilisa dans le but de contrôler les vices et les travers de la société.
 
Officiellement la torture est justifiée pour rechercher la preuve criminelle (l'aveu ou la dénonciation de complices), officieusement les méthodes sont souvent excessives et injustifiées.
 
Aujourd'hui notre droit français mélange deux types de procédures judiciaires qui nous viennent de diverses périodes du Moyen Âge, la procédure accusatoire et la procédure inquisitoire.

La procédure accusatoire   pratiquée durant le haut Moyen Âge consistait à placer deux adversaires face à face comme dans un combat singulier, l'accusé devant se défendre face à son accusateur dans un débat oral et public statué par un juge . La preuve est essentiellement faite par le serment purgatoire " par lequel l'accusé jure qu'il est innocent, serment qu'appuie celui   d'un nombre variable, parfois important de co-jureurs".  Mais comme la preuve par le serment purgatoire ne peut s'appliquer qu'aux hommes libres, les cours féodales utilisaient souvent outre les duels judiciaires, les ordalies ou les jugement de Dieu. Le principe de l'ordalie par exemple consiste à soumettre l'accusé à une épreuve physique, qui, s'il en sort indemne prouvera sa bonne foi. Dieu l'aura innocenté. Il s'agissait le plus souvent de tenir un fer rouge dans sa main pendant un long moment ou de plonger le bras dans de l'eau bouillante. Les innocents étaient donc rares.

A partir du XIIième siècle l'Eglise va considérer que la lutte contre la criminalité religieuse est désormais sa priorité. Elle institue pour cela le tribunal inquisitoire chargé de réunir les preuves essentiellement par l'aveu. En effet au Moyen Âge c'est l'autorité qui régit tout. L'autorité suprême étant celle des Ecritures, l'Eglise est idéalement placée pour fournir une interprétation des Evangiles faisant donc autorité. L'Eglise voyait dans les Evangiles des références claires à l'aveu, c'est comme ça que la procédure inquisitoire s'est développée . Car selon le droit médiéval l'aveu rend la chose notoire et manifeste, il devient la preuve incontestable de la culpabilité de l'accusé. L'Eglise précise que l'aveu doit être spontané et non extorqué ou proféré sous la colère. Mais la justice laïque accordera la même importance à toutes les formes d'aveu. C'est pourquoi la pratique de la torture (violence physique pour arracher une vérité) avec tous ses excès s'organise et se généralise. Cependant l'aveu ne pouvait à lui seul emporter la condamnation. Il devait être accompagné d'indices annexes et de présomptions. Mais il l'emportait tout de même sur n'importe quelle autre preuve. C'est pourquoi un juge ne pouvait pas condamner à mort un suspect qui n'aurait pas avoué même sous la torture. Le suspect n'était pas innocenté par sa résistance mais il ne pouvait plus être condamné à mort. " De là la recommandation souvent faite aux juges de ne pas soumettre à la question un suspect suffisamment convaincu des crimes les plus graves, car s'il venait à résister à la torture, le juge n'aurait plus le droit de lui infliger la peine de mort, que pourtant il mérite ".


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Il existait une législation sur l'usage de la torture même si elle n'est pas souvent respectée. En était dispensé les femmes enceintes, les mineurs de moins de 14 ans et aurait dû l'être selon Saint-Louis toute personne honnête et de bonne volonté même les pauvres.
Il faudra attendre de nombreux abus avant que certains aveux obtenus par la force ne soient refusés et que les méthodes ne soient codifiées. La fin du Moyen Âge notamment montre une volonté de contrôler les dérives et voit la mise en place de la question préparatoire. C'est une forme de torture psychologique pour éviter de passer à la torture physique qui consiste à effrayer le condamné en lui présentant les différents instruments et techniques qu'il va subir s'il n'avoue pas, puis à le lier nu et le laisser seul face à sa peur. Cela a permi généralement d'éviter de passer à la torture physique ou question définitive. On appliquait notamment cette méthode pour les enfants ou les vieillards.
Les supplices sont nombreux et le plus souvent adaptés à une situation précise. Les supplices variaient selon le criminel et la nature du crime commis sur le principe qu'il faut payer par là où on a péché (couper le poing pour les parricides…).

Mais on peut néanmoins distinguer trois catégories de supplices :

L
a question ordinaire qui regroupe les tortures les plus supportables, qui n'ont pour objectif que d'obtenir l'aveu .

-
La question extraordinaire qui regroupe les tortures les plus insupportables, qui constituent généralement la première étape de la peine de mort .

- Les tortures additionnelles (arrachage des chairs à l'aide de pinces rougies…). Le plus grand sadisme vient cependant des soins prodigués entre chaque séance. Le prisonnier est nourri, rafraîchi, frictionné voir même complimenté sur son courage. Ce moment le fragilise considérablement au point de le faire fléchir et avouer son crime.


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Parmi les tortures et les exécutions les plus courantes ou les plus connues on trouvait l'élongation (qui consistait à étirer la personne sur une longue table de bois, les tortionnaires n'hésitant pas à couper les muscles pour éviter une trop rapide dislocation).


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La roue qui consistait à attacher le supplicié sur une croix de Saint-andré creusée d'encoches profondes de façon à ce que certaines parties des membres soient placées sur ces vides, le bourreau frappait alors à ces endroits de manière à briser les os à l'aide d'une barre de fer.
Bras, avant-bras, tibias et fémurs étaient tour à tour fracassés, pour finir il défonçait la cage thoracique. Le supplicié, hurlant de douleur, cassé de partout était alors attaché sur une roue fixée en haut d'un poteau, bras et jambes brisés pendant dans le vide, la face tournée vers le ciel pour y faire pénitence, tant et si longuement qu'il plaira à notre Seigneur les y laisser ainsi que le proclamait l'édit de François Ier du 4 février 1534 qui concernait essentiellement les voleurs de grands chemins) .


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La chaise à clous.


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Le garrot (qui a beaucoup servi pour les exécutions finales).


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Le gril.


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L
a torture de l'eau (qui consistait à attacher la personne sur un support avec un centre surélevé puis à lui faire absorber de grandes quantités d'eau de manière continue pour qu'elle ne puisse pas respirer normalement), l'eau pouvait également être salée ou remplacée par du vinaigre.


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L'empalement (qui consistait à enfoncer un pieu de bois par le fondement du condamné jusqu'à environ soixante centimètres puis à le redresser et le planter en terre et le laisser s'empaler tout seul au gré des convulsions qui l'agitaient).


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Le bouc des sorcières (qui est un supplice qui part du même principe que l'empalement mais qui ne donnait pas la mort directement).


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L
a cuisson ou l'ébullition (réservée aux faux-monnayeurs qui étaient jetés ligotés dans l'huile ou l'eau bouillante),la flagellation (qui pouvait se donner à mort avec des lanières équipées d'objets propres à déchirer les chairs, les muscles alors, traversés, mâchés sous les coups répétés, partaient en lambeaux laissant apparaître les os).

L'écartèlement (cette peine en France était réservée aux criminels de lèse-majesté, après avoir tenaillé la victime au gras des jambes, des bras et des mamelles on versait sur ces plaies ouvertes du plomb fondu, de la poix mêlée de cire et de résine enflammées, et de l'huile bouillante. Puis on brûlait la main droite au souffre avant de la couper, et on attachait les quatre membres du supplicié à des chevaux qui le démembraient. Pour faciliter l'opération le bourreau cisaillait parfois les muscles et les tendons) .


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L
a décapitation (peine de mort réservée aux nobles), la pendaison ou la hart (peine de mort donnée aux non nobles. Un vieil adage de droit français dit la hache au noble, la hart au vilain), l'enfouissement vivant (pour vol un homme était pendu mais considérant qu'une femme au bout d'une corde aurait offert un spectacle bien indécent l'enfouissement vive leur était réservé pour des condamnations similaires), les peines sont infinies on pourrait encore citer l'écorchement, la longue traîne, la massole...


Le bûcher.


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Le supplice des brodequins.


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L
es immersions, les fers brûlants,les mutilations diverses, l'estrapade, les grésillons, les rouleaux à épines, le masque de la faim, la poire d'angoisse, la vierge de Nuremberg...


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Les tortures se développent particulièrement dans les villes médiévales et sont exercées par un unique homme, le bourreauDans les villes les bourreaux apparaissent à partir du XIIIième siècle. Quand il n'y en avait pas on faisait appel au boucher. Le métier de bourreau était très difficile à vivre car le bourreau et sa famille étaient mis au banc de la société. Ils vivaient généralement à l'écart, en dehors de la ville et le bourreau devait porter des signes distinctifs. La répulsion qu'il inspirait le retranchait de la société. Il était le seul à pouvoir exécuter les jugements. C'est lui qui détenait non seulement le droit mais aussi le devoir de torturer et de tuer.

 

Une peine pour être un supplice doit répondre à trois critères principaux :

- Elle doit produire une certaine quantité de souffrance, différente selon le supplice (de la décapitation, degré-zéro du supplice, jusqu'à l'écartèlement qui les porte presque à l'infini) ;

- La production de la souffrance est réglée, il y a un code juridique de la douleur, la peine est calculée selon des règles détaillées (nombre de coups de fouet, emplacement du fer rouge, longueur de l'agonie, type de mutilation…), elle ne s'abat pas au hasard ou en bloc sur le corps ;

- Le supplice fait en outre partie d'un rituel. Il doit être marquant pour la victime de manière à la rendre infâme, et, du côté de la justice qui l'impose, il doit être éclatant, un peu comme son triomphe.

Ainsi beaucoup des persécutions avaient lieu en public et le divertissement devait satisfaire l'assemblée avide de sensations fortes. La qualité du spectacle résidait dans la résistance du supplicié à une peine longue et douloureuse. Tout contribuait à rassurer la population qui attendait que justice soit faite et bien faite. Et la justice pouvait aussi être rendue sur des animaux coupables d'avoir attaqué des hommes, comme le montre le procès à une truie.
( Le 10 janvier 1457, une truie et ses six cochons, qui sont présentement prisonniers,
ont été pris en flagrant délit de meurtre et d'homicide sur la personne de Jehan martin. La truie a été mise en justice et au dernier supplice, menée en charrette pour être pendue par les pieds de derrière jusqu'à ce que mort s'en suive).


M
ais " entre cet arsenal d'épouvante et la pratique quotidienne de la pénalité, la marge était grande. Les supplices proprement dits ne constituaient pas, loin de là, les peines les plus fréquentes. […] Les tribunaux trouvaient bien des moyens pour tourner les rigueurs de la pénalité régulière, soit en refusant de poursuivre des infractions trop lourdement punies, soit en modifiant la qualification du crime. […] De toute façon, la majeure partie des condamnations portait soit le bannissement soit l'amende ".






Sources bibliographiques :

Michel Foucault, Surveiller et punir, naissance de la prison, Gallimard, 1975.

Charles Le Brun, Les peines de mort, Actualité de l'Histoire, mars 2001.

Karine Trotel Costedoat, La torture dans la justice criminelle médiévale, Histoire Médiévale, n°18, juin 2001.


 

 


 


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Jehanne - dans La Justice
17 octobre 2007 3 17 /10 /octobre /2007 15:17
Robin des Bois.


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Robin des Bois est un archétype du héros folklorique du Moyen Âge. Son nom anglais Robin Hood, signifie littéralement « Robin la Capuche », et non pas « Robin des Bois », comme la similitude phonétique de « hood » avec « wood » l'a souvent laissé penser.

Selon la légende, telle qu'elle est perçue aujourd'hui, Robin des Bois était un hors-la-loi au grand cœur qui vivait caché dans la forêt de Sherwood et de Barnsdale. Habile braconnier, mais aussi défenseur des pauvres et des opprimés, il détroussait les privilégiés (nobles, fonctionnaires - par exemple, le Shérif de Nottingham et surtout le prince Jean Sans Terre qui utilisaient la force publique (de l'État) pour accaparer illégitimement les richesses produites par les citoyens. Avec ses nombreux compagnons, il redistribuait ensuite le butin aux victimes de la clique étatique.



Histoire et légende.

La première mention manuscrite de Robin des Bois se trouve dans Pierre le Laboureur (
Piers Plowman) de William Langland (1377), où Sloth, un prêtre paresseux, déclare : « Je connais des rimes de Robin des Bois. » Trois ans plus tard, le chroniqueur écossais John Fordun écrit que le personnage de Robin des Bois dans les ballades « plait mieux que tous les autres. »

De nombreuses versions imprimées de ces ballades apparaissent au début du XVIe siècle au moment où l'imprimerie en Angleterre connaît ses premiers essors. Robin y est qualifié de gentleman, ce qui à cette époque signifie un commerçant ou un fermier indépendant. Ce n'est qu'à la fin du siècle qu'il acquiert un titre de noblesse et prend le nom de « Robin de Loxley », ou encore de « Robert Fitz Ooth, comte de Huntington ».

Son association romantique avec Marianne (ou « Marion », parfois appelée « Mathilde ») date de cette période tardive. Le nom de « Marion » provient d'une pastourelle lyrique du poète français Adam de la Halle, le Jeu de Robin et Marion (vers 1283). À part les noms, rien cependant ne permet d'établir une correspondance entre les deux personnages.

À la fin du XVIe siècle, l'histoire de Robin des Bois recule dans le temps pour se situer vers les années 1190 au moment où le roi Richard Cœur de Lion part pour la troisième croisade. Au XVIIe siècle, Robin des Bois figure dans The Sad Shepherd (Le Triste Berger, 1641) de Ben Jonson. Puis, au XIXe siècle, Robin des Bois devient un des héros du roman Ivanhoe (1819) de Walter Scott. L'idée que Robin est un rebelle saxon combattant les seigneurs normands date de cette époque.

Autour du personnage de Robin, de nombreuses incohérences se sont introduites au fil du temps. Il est dit que Robin le Seigneur de Loxley (chef lieu du comté de Hallamshire) fut dépossédé de ses terres par le Shérif de Nottingham et déclaré hors-la-loi. Le shérif apparaît en effet dans les premières ballades, où Robin finit par le décapiter, mais il n'y est pas question de ses terres. Ses autres ennemis sont un chasseur de primes du nom de Guy de Gisbourne, ainsi que de riches abbés, lesquels sont également tués par Robin. Mais si les anciennes ballades font mention d'un prêt accordé par Robin à un chevalier malchanceux, elles ne disent rien d'une redistribution des rapines aux pauvres. Il est dit encore que Robin réside dans la verte forêt de Sherwood, dans le comté de Nottingham, alors que les ballades le font évoluer à Barnsdale, dans le comté de York, soit à près de 80 kilomètres au nord.

Du Moyen Âge à nos jours, chansons et ballades, pièces de théâtre et comédies musicales, films et séries de télévision ont façonné un mythe en résonance avec leur époque, soumis au passage à de nombreuses manipulations idéologiques, comme le montrent par exemple le personnage de Marianne, qui joue tantôt le rôle d'une guerrière, tantôt celui d'une jeune fille passive, ou celui de Robin des bois lui-même, présenté tantôt comme un vulgaire bandit, tantôt comme un résistant qui combat pour une juste cause.

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15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 18:11
Cathares, Albigeois, boulgres,...



croix-cathare.gif


On appelle communément cathares les adeptes d'une secte religieuse née vers l'An Mil en Italie du nord et répandue jusqu'aux Pyrénées.

Au XIe siècle, cette secte bénéficie d'une diffusion croissante dans le Midi toulousain en raison d'une doctrine simple et exigeante, fondée sur l'opposition entre le Bien et le Mal, dans le droit fil du manichéisme.

Ses adeptes se qualifient eux-mêmes de "vrais chrétiens» et s'opposent avec vigueur à l'Église catholique. Leurs chefs sont appelés avec respect Bonshommes et Bonnes Femmes.



– Parfaits et parfaites

Les inquisiteurs catholiques qui pourchassent ces hérétiques
préfèrent les qualifier de parfaits et parfaites, au sens de  parfaitement hérétiques.



– Cathares

Le terme cathare est une expression injurieuse inventée vers 1165 par le clerc rhénan Eckbert Schinau pour désigner les adeptes de cette secte. Il fait référence au grec katharos, qui signifie pur, et peut-être aussi au mot chatiste, qui désignait au Moyen Âge un adorateur du chat !

Depuis le spectaculaire retour en vogue de l'histoire de cette secte au XXe siècle, les mots cathare et catharisme se sont curieusement substitués à toute autre dénomination pour qualifier ses adeptes et leur idéologie.


– Patarins et bougres


Le peuple, quant à lui, appelle les bonshommes de différents noms :  patarins, poplicains, publicains, piphles, tisserands ou encore  boulgres (à l'origine du mot bougre en français). Le mot «boulgre» rappelle l'origine bulgare et balkanique de l'hérésie cathare.


– Albigeois

Les hérétiques sont aussi appelés albigeois, par référence à Albi, une ville située au nord-est de Toulouse.

Cette appellation trouve son origine dans le concile qu'a tenu la secte en 1165 dans le château de Lombers, sur les terres du vicomte de Trencavel, pas très loin d'Albi. C'est la première de ses assemblées qui ait laissé une trace écrite.



Frédéric Donnarel
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Jehanne - dans Le Langage
15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 17:54
16 mars 1244: Le bûcher de Montségur.






Le 16 mars 1244, au pied de la forteresse de  Montségur plus de 200 hérétiques  qui ont refusé de renier la foi cathare montent volontairement sur le bûcher. Leur martyre marque la fin de la croisade des Albigeois.

 

Résistance

Après vingt ans de violents combats, la croisade contre l'hérésie cathare avait abouti en 1229 à la soumission du comte de Toulouse.

Mais les exactions des croisés venus du Nord suscitent la rébellion de nombreux chevaliers du Midi, les faidits. Ces seigneurs dépossédés par les croisés entrent en résistance au côté des hérétiques cathares. Bonshommes et faidits trouvent refuge auprès des forteresses comme Montségur, dont le seigneur est acquis à leur cause.


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Fatal débordement

A 1207 mètres d'altitude, sur un piton rocheux au milieu des forêts de l'actuel département de l'Ariège, la forteresse de Montségur a été renforcée dès 1204 par le seigneur du lieu, Raymond de Péreille, à la demande de la communauté cathare.

A l'intérieur de son enceinte vivent une centaine d'hommes d'armes (des faidits), leurs familles, ainsi que le seigneur du lieu, Raymond de Pareille. A l'extérieur, au pied des murailles, s'est constitué un véritable village cathare de 600 habitants avec son évêque, ses diacres et ses fidèles.

Le roi de France, qui n'est autre que Louis IX (plus tard Saint Louis), n'a aucune envie d'user son armée dans la conquête de Montségur aussi longtemps que celle-ci ne lui cause aucun tort. Chacun s'accommode donc du statu quo... jusqu'à un jour de mai 1242 où les chevaliers de Montségur apprennent que tous les inquisiteurs de la région ont fait halte dans un village voisin pour y passer la nuit.

Ces chevaliers ont tous des comptes à régler avec l'Inquisition et, à la différence des cathares, ne se dispensent pas de tuer quand l'envie leur en vient. Le 29 mai 1242, une trentaine d'entre eux, sous le commandement d'un seigneur dont la femme et la fille ont été torturées et brûlées par l'Inquisition, se ruent sur le village d'Avignonet, près de Castelnaudary. Dans la nuit, ils massacrent les onze inquisiteurs dont leur chef, le tristement célèbre Guillaume Arnaud.

Le pape exige aussitôt qu'il soit mis fin à l'impunité de Montségur, qualifiée de «synagogue de Satan». S'ouvre le dernier acte de la croisade des Albigeois.


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Un siège de dix mois

Le roi de France envoie à Montségur une armée de 4.000 hommes sous le commandement du sénéchal Hugues des Arcis.

Mais la citadelle, sur son piton calcaire, est remarquablement défendue et n'est accessible que par un étroit sentier (celui qu'empruntent aujourd'hui les touristes).

Elle ne peut non plus être atteinte par les pierres propulsées du bas de la colline par les catapultes.

Après plusieurs mois d'un vain siège, le sénéchal choisit d'attaquer la citadelle à l'endroit le plus difficile d'accès... et donc le moins défendu. Pour parfaire la surprise, il n'hésite pas à s'y prendre pendant l'hiver 1243 (la nuit même de Noël, assurent les croisés !).

Une quinzaine de Gascons, sans doute conseillés par un habitant de la région, escaladent la falaise à l'endroit dit «Roc de la Tour». Ils amènent bien évidemment avec eux leurs armes. Pour juger de l'exploit, il faut savoir que cette falaise est aujourd'hui classée hors-catégorie par les spécialistes de l'escalade !

Les grimpeurs arrivent à une barbacane, un petit poste de défense avancé situé sur la crête à 1500 mètres du château proprement dit. Après avoir égorgé les sentinelles, ils font monter des menuisiers et sans attendre assemblent des machines de jet. La citadelle et ses dépendances ne tardent pas à être bombardées de pierres. Les combats au corps à corps se multiplient par ailleurs aux abords des murailles.

Les effectifs des défenseurs fondent si bien que le 1er mars, après une ultime tentative de sortie, le seigneur du château, en accord avec les chefs cathares, décide d'entamer les négociations. Hugues des Arcis, homme du roi, homme d'honneur (rien à voir avec un Simon de Montfort), accorde aux vaincus des conditions généreuses. Elles tiennent en quatre points:

– liberté pour tous les défenseurs catholiques,
– vie sauve pour les hérétiques qui se convertiront sincèrement,
– pas de pillage,
– délai de deux semaines avant la mise en oeuvre des précédentes conditions.

Le délai accordé aux assiégés va exciter plus tard la curiosité des chercheurs de trésor : les cathares en auraient-il profité pour mettre à l'abri un hypothétique «trésor» ? L'hypothèse s'appuie sur une chronique de l'époque faisant allusion à quatre cathares s'étant enfuis avec un sac. On peut cependant penser que le sac contenait tout simplement des provisions pour une longue période de clandestinité...

Comme prévu, la citadelle se livre le 16 mars 1244 après un siège exceptionnellement long de dix mois. Plus de deux cents cathares, hommes et femmes, refusent de renier leur foi (leur nombre exact demeure inconnu). Ils sont menés vers un bûcher géant aménagé au pied de la forteresse, en un lieu aujourd'hui connu sous le nom de «Prats dels Crémats» (Champ des Brûlés). Selon d'autres hypothèses, ils auraient été suppliciés à 60 kilomètres de là, dans le village de Bram...



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Épilogue

Avec la chute de Montségur, il ne subsiste pratiquement plus rien de l'hérésie qui avait pendant quelques décennies menacé l'unité de la Chrétienté occidentale. Un demi-siècle plus tard, les inquisiteurs auront raison de ses derniers fidèles dans quelques villages reculés des Pyrénées comme Montaillou, devenu célèbre avec le livre que lui a consacré en 1975 l'historien Emmanuel Leroy-Ladurie.

La France de langue d'oc se rallie sans réticence à la monarchie capétienne. Le temps de la réconciliation arrive et les seigneurs méridionaux suivent avec dévouement le roi Louis IX dans ses folles croisades à Damiette, en Égypte, puis à Tunis.


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Hérodote.net

 

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Jehanne - dans La Religion
15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 17:43
Les Cathares.



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Pendant la première moitié du XIIIe siècle, le Midi toulousain, de la Garonne au Rhône, endure une succession de tragédies qui vont conduire à sa ruine et à la perte de son autonomie. Le motif en est la guerre contre les hérétiques aujourd'hui connus sous le nom de cathares, nombreux dans la région.

Dénommée croisade des Albigeois, cette guerre bénéficie de l'onction du pape. Elle va avoir raison de l'hérésie mais son effet le plus tangible sera l'annexion de la région au domaine capétien (ce qui deviendra la France).


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Une hérésie enracinée dans le Midi

Originaires de l'Italie du nord, les cathares recueillent depuis un demi-siècle un succès croissant dans le Midi toulousain en raison de leur doctrine simple et exigeante, fondée sur l'opposition entre le Bien et le Mal. Elle s'inspire de l'enseignement d'un prédicateur perse du nom de Mani (ou Manès) qui a vécu mille ans plus tôt (d'où le nom de manichéisme donné aux différentes doctrines issues de sa pensée).

Les cathares considèrent que l'Église officielle a trahi sa mission dès le pontificat de Sylvestre 1er, sous le règne de l'empereur Constantin le Grand, 900 ans plus tôt ! Ils ne reconnaissent pas le dogme et les enseignements de l'Église catholique mais se revendiquent eux-mêmes chrétiens et se désignent sous cette appellation ou encore sous celle d'amis de Dieu. Mais ils condamnent l'Ancien Testament ) et tout ce qui concerne la création du monde terrestre, attribués à une puissance néfaste, le diable.

Ils voient dans le Nouveau Testament l'oeuvre du véritable Dieu parce que, par la voix de Jésus-Christ, il annonce le «Royaume de Dieu», lequel n'est pas de ce monde. Pour eux, Jésus ne peut pas être Dieu fait homme ni avoir de nature humaine comme le prétend l'Église catholique car cette nature est mauvaise comme le créateur qui en est à l'origine. Ils tiennent pour indigne de considérer qu'il ait pu en tant que Dieu subir le supplice de la croix. Jésus est un ange ou un fantôme (en grec phantasma), sans véritable enveloppe charnelle.

Pour les cathares, les hommes sont des âmes que le diable a emprisonnées dans une enveloppe charnelle. Après la mort, les bienheureux ont le privilège de voir leur âme réunie à leur «corps glorieux» qui est resté au ciel, auprès de Dieu.

Les cathares ne reconnaissent qu'un seul sacrement, le «consolamentum», qui efface toutes les fautes passées et garantit la vie éternelle. Celui-ci n'étant donné qu'une fois, seuls les Bonshommes et les Bonnes Femmes (appellation usuelle des prédicateurs cathares) se sentent assez fermes dans leur foi pour le demander en pleine force de leur âge. Les fidèles d'un naturel peu religieux, quant à eux, font en sorte de l'obtenir seulement dès qu'ils sentent venir la mort, afin de ne pas mourir en état de péché.



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Avantage aux cathares

Les prédicateurs cathares du Midi sont servis par l'image déplorable que donne du catholicisme le clergé local. Prélats et curés se vautrent volontiers dans la luxure mais ne s'en montrent pas moins exigeants à l'égard de leurs ouailles en termes de morale.

Au contraire, les parfaits (nom usuel que les inquisiteurs donnent aux Bonshommes et Bonnes Femmes) affichent une austérité irréprochable, empreinte de douceur et de sérénité mais témoignent d'une grande compréhension envers les écarts de conduite de leurs fidèles. Ils vivent chastement et s'interdisent toute nourriture carnée, prenant au pied de la lettre le commandement biblique : «Tu ne tueras point».

Contre eux, Saint Bernard de Clairvaux, conseiller des rois et prédicateur de la deuxième croisade en Terre sainte, tente sans succès de réveiller les consciences catholiques. Lui-même se plaint de trouver des églises désertées par les fidèles.

Le concile oecuménique Latran III, en 1179, prend acte des progrès de l'hérésie dans le canon 27 que cite l'historien Michel Roquebert dans son Histoire des cathares : «Dans la Gascogne, l'Albigeois, le Toulousain et en d'autres lieux, la damnable perversité des hérétiques dénommés par les uns cathares, par d'autres patarins, publicains, ou autrement encore, a fait de tels progrès...».

En 1206, suite à une rencontre inopinée avec les représentants du pape sur une route du Languedoc, l'évêque castillan Diego d'Osma et son chanoine Dominique de Guzman (ou de Caleruega) tentent à leur tour de remettre les hérétiques dans le droit chemin.

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Le futur Saint Dominique donne l'exemple de la pauvreté évangélique. Comme les parfaits, il parcourt pieds nus les campagnes. Il fonde dès 1206 à Fanjeaux, petite ville du Lauragais, un monastère avec d'anciennes hérétiques converties puis à Toulouse, en 1216, une communauté de frères prêcheurs dont les membres sont aujourd'hui connus sous le nom de dominicains.

Mais ses prédications se révèlent impuissantes à éradiquer l'hérésie. Celle-ci attire tant les paysans que la bourgeoisie des villes. Elle bénéficie de la protection bienveillante des seigneurs. Elle arrive même à se structurer en Église véritable, avec quatre évêchés : Albi, Agen, Toulouse et Carcassonne. C'est en définitive la croisade qui en aura raison.


André Larané.

 

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Jehanne - dans La Religion
15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 17:36
Le pays cathare.



1208 - 1244.

Les murailles de Montségur, dans les contreforts des Pyrénées, à quelques kilomètres au sud de Lavelanet, ont baigné dans un oubli presque total pendant plus de six siècles, jusqu'à leur redécouverte par un érudit passionné de catharisme, Napoléon Peyrat, à la fin du XIXe siècle.


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Depuis lors, le grand public et les historiens ont redécouvert l'histoire des cathares et la croisade des Albigeois, ainsi que le dernier et plus tragique épisode de celle-ci : la reddition de Montségur, haut lieu du catharisme pendant 40 ans, après dix mois de siège acharné.

Comment ne pas être ému par les 200 religieux cathares qui, refusant de renier leur foi, marchent volontairement au bûcher ?

Montségur est situé à la lisière du comté de Foix. Plus à l'est, dans le rude massif des Corbières, d'autres forteresses ont aussi résisté, quoique de façon moins dramatique, aux croisés venus du nord de la France. On peut encore admirer les vestiges impressionnants de Peyrepertuse et de Quéribus, sur des crêtes rocheuses de part et d'autre du village de Cucugnan.



Source Hérodote.net

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Jehanne - dans La Religion
15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 14:23

Herbes à porée


Soupe, potage, porée, herbes à porée, soupe de légumes ...
La "porée", véritable plat identitaire de toute une époque, se présente comme une soupe épaisse de feuilles vertes, d'oignons, de pain, que l'on fait cuire longuement dans un chaudron posé sur un lit de braises. Il en existe de plus raffinées, au lait d'amandes ou à la viande; on en trouve de vertes, noires ou blanches, pour les palais délicats. Le terme est parfois même synonyme de repas, tout simplement. (Les Bonnes Herbes du Moyen âge, Laetitia Cornu, Publisud 1999).

Le mot de porée, utilisé entre le 12e et le 16e siècle est dérivé du latin porrum qui donne aussi poireau. Porée ou poirée désigne également la blette. Le poireau et la blette étant les 2 légumes de base de la porée. On trouve déjà ensemble poireaux et blettes chez Apicius, dans la catégorie Pulmentarium ad ventrem (Liber III - II, potage pour le ventre).
Porée et potage ne sont pas des mots synonymes : la porée est soit une soupe ou un potage (au sens actuel du terme), soit une purée, alors que le potage médiéval est une appellation plus générique pour désigner (principalement) une viande ou un légume cuit dans le pot. Les recettes de porée du Ménagier de Paris sont classées dans la rubrique "Potages ordinaires sans épices et clairs", alors que le brouet de cannelle (102) ou le civé de lièvre (116) sont des "Autres potages épaissis gras".

Bien que tous les hachis d'herbes ne s'appellent pas porée (Menestra d'herbette, Martino 146), la porée est donc un hachis de légumes verts. Sa composition varie selon le milieu social : mélange de légumes verts du jardin et d'herbes sauvages avec du pain trempé, pour les plus pauvres, mélange plus sophistiqué avec charcuterie ou viande, lié au pain ou au lait d'amandes, additionné d'épices pour les plus riches. La couleur varie en fonction de la composition de la porée : elle sera blanche quand elle est confectionnée avec du blanc de poireaux, elle sera verte quand elle est confectionnée avec des feuilles de blettes, d'épinards et autres herbes (il est alors recommandé d'esverder les feuilles, c'est à dire de les hacher, puis de les tremper dans l'eau froide, pour que la porée soit plus verte), elle sera noire quand on y met des lardons frits.
La porée est plus ou moins épaisse selon la recette, elle va de la soupe à la purée. Le Ménagier de Paris précise dans une de ses recettes de porée blanche (50) : Nota que aucunement a poreaulx l'en fait lyoison de pain (Nota qu'on fait parfois une liaison à base de pain pour les poireaux). Ce qui sous entend que la recette sans liaison au pain doit être relativement liquide. Le traité toscan Ricette d'un libro di cucina del buon secolo della lingua propose une porrata bianca (21) qui précise : questa vivanda vuol esere bianca et bene spessa (ce met doit être blanc et bien épais). La liaison est obtenue cette fois-ci par 2 livres d'amandes pour 4 bottes de poireaux.
Etablir une liste exhaustive des herbes à porée est un peu illusoire. Le Ménagier de Paris parle de la porée de choux alors que nous avons classé le chou dans les légumes. Le nombre de légumes classés dans les herbes à porée est variable. Lorsque la ménagère prépare actuellement une soupe de légumes, elle n'indique pas forcément tout ce qu'elle y met. Cela sous entend une base classique (poireau, pomme de terre à notre époque) à laquelle se rajoute des légumes de saison. Il semble qu'il en soit de même pour la porée médiévale. Quelques légumes de base sont mentionnés dans certaines recettes : poireau, blette, arroche ou épinard, parfois bourrache ou cresson. Mais la porée est ouverte à toute une gamme d'herbes sauvages ou de légumes verts. Plusieurs de ces herbes sont des cousines de l'épinard, de la famille des chénopodes, peu à peu délaissées au profit de l'épinard. Arroche, bourrache et chénopode bon-henri sont actuellement des "herbes oubliées" qu'on redécouvre chez les grainetiers spécialisés.
Tractatus de Modo propose une recette de porée commune réduite à sa plus simple expression : il ne propose qu'une technique, sans prendre la peine de donner les légumes correspondants, dont la liste doit être évidente pour le cuisinier de l'époque.


Toute porée commune :
On coupe en petits morceaux (Laetitia Cornu : les feuilles choisies) et on lave à l'eau chaude et on fait bouillir un peu. Puis on essore bien et on pile au mortier, ou on hache au couteau, puis on ajoute de la graisse animale et on cuit.

 

Certains cuisent au lard. Certains ajoutent de la farine de gruau ou de gâteau dont on se sert en Gaule dans chaque brouet carné.(V-4, traduction Laetitia Cornu).

 

Le Taillevent (édition imprimée du 15e siècle) propose également une recette de porée sans mentionner les légumes choisis :

 

Pour faire poirée, soit faire bouillir en eau bouillante et puis la mettez sur un ays et hachez menu.


Les herbes à porée
* Arroche
* Blette
* Bourrache
* Chénopode bon-henri
* Cresson
* Epinard
* Poireau


Arroche


 Attriplex : arroche du Platearius,
le livre des simples médecines (extrait), manuscrit français 12322 de la Bibliothèque nationale de Paris.

 

L'arroche : famille des chénopodiacées, genre Artiplex hortensis.

L'arroche est originaire du centre de l'Asie, elle s'est ensuite disséminée dans toute l'Europe, où on la rencontre à l'état sauvage. Elle était connue des romains, mais il n'y a pas de recette chez Apicius. L'arroche est une des herbes à porée qui a finalement été supplantée par l'épinard. On la retrouve dans la liste des légumes du capitulaire de Charlemagne (à une époque où l'épinard est encore inconnu dans l'Occident chrétien). Dans le Liber de Coquina, elle est associée à l'épinard dans une recette commune : De spiniargiis et atriplicibus (épinards et arroche). C'est également, au Moyen Age, une plante médicinale pour traiter la jaunisse et l'épilepsie.

On a pratiquement oublié l'arroche depuis cent ans. C'est une plante complémentaire de l'épinard : on récolte les feuilles d'épinard au printemps et à l'automne (il supporte mal le chaud) alors que l'arroche se récolte tout l'été à partir de mai. On consomme l'arroche de la même manière que l'épinard.



Blette


 Bleta : blette ou bette du Platearius,
le livre des simples médecines (extrait), manuscrit français 12322 de la Bibliothèque nationale de Paris.

 

La blette : famille des chénopodes, genre Beta vulgaris.

Appelée blette, bette, bette à cardes, poirée, ce légume a pour origine la bette maritime (Beta vulgaris maritima) qui pousse spontanément en bord de mer dans les régions méditerranéennes. La blette (Beta vulgaris cicla) a des cardes peu développées pendant toute l'antiquité et le Moyen Age. C'est essentiellement un légume feuille, qui peut avoir des nervures blanches ou rougeâtres. Apicius donne plusieurs recettes de betas (Liber III - II, Potage pour le ventre), et utilise les blettes en accompagnement de plusieurs recettes (patina au lait, crème barrique ou porcelet à la jardinière). Les betas figurent dans la liste du capitulaire de Charlemagne. La blette ou becte est au centre des recettes de porée du Ménagier de Paris :


La porée blanche de bettes se fait comme ci-dessus (Oldcook : comme la porée de poireaux) dans un bouillon de mouton et de boeuf, mais sans porc; et les jours maigres avec du lait d'amandes ou de vache (50).


Par sélections successives, la blette a donné la betterave (Beta vulgaris hortensis, origine vraisemblable, l'Allemagne du 15e siècle). Mais Olivier de Serres en 1600, dans le théâtre d'agriculture et mesnage des champs en parle de la manière suivante : une espèce de pastenade est la bette-rave, laquelle nous est venue d'Italie n'a pas longtemps. Puis 3 sortes de betteraves ont été développées : la betterave fourragère (réservée à l'alimentation du bétail), la betterave potagère (la betterave rouge : un légume racine d'hiver qu'on achète, en général déjà cuit, au supermarché) et la betterave sucrière. Les qualités sucrières de la betterave avaient déjà été découvertes par Olivier de Serres, mais il faut attendre 1745 pour que le chimiste allemand Marggraf réussisse à extraire le sucre de la betterave et à le solidifier. C'est le Blocus continental en 1806, privant la France de ses approvisionnements antillais en canne à sucre, qui favorisa le développement de la culture de la betterave à sucre dans le nord de la France.



Bourrache


 crédit photo : François Couplan
Retrouvez les légumes oubliés
Flammarion / La Maison Rustique, 1986

 

La bourrache : famille des boraginacées, genre Borago officinalis.

La bourrache est originaire d'Asie Mineure. On la trouve à l'état sauvage principalement dans les régions méditerranéennes et l'Europe du Sud. Elle s'est acclimatée jusqu'en Europe centrale et elle peut être cultivée dans les jardins jusqu'en Grande Bretagne. La plante est couverte de poils. On consomme les jeunes feuilles qui sont récoltées du printemps à l'automne. Les feuilles de bourrache peuvent être ajoutées à la salade ou cuites en porée, en beignet. En Grèce, elles étaient utilisées autrefois pour envelopper les boulettes farcies. Robert de Nola mélange épinards, blettes et bourrache dans son "potatge modern" et Maestro Martino utilise feuilles de blette et bourrache, avec un peu de persil et de menthe pour sa "Menestra d'herbette".



Chénopode bon-henri

 

Le chénopode bon-henri : Famille des chénopodiacées, genre Chenopodium bonus-henricus.

Le mot chenopode vient du grec patte d'oie. C'est une plante sauvage des terrains vagues, également appelée épinard sauvage ou toute-bonne (elle a toujours été fortement appréciée pour ses qualités nutritives). On récolte les jeunes feuilles du printemps à la fin de l'automne. On peut les consommer crues en salade ou cuites, préparées comme les épinards. Les graines peuvent également être grillées, moulues et mélangées à de la farine de céréales pour préparer des bouillies ou des galettes.



Cresson


Le cresson : famille des crucifères.

On trouve 3 variétés appelées cresson, qui ne sont pas du même genre : le cresson de fontaine (Nasturtium officinale qui pousse dans les lieux humides), le cresson de terre (Barbarea verna) et le cresson alénois ou passerage (Lepidium sativum), ces 2 dernières variétés poussent dans les lieux secs. Le mot cresson vient du francique kresso, qui devient kerson en ancien français.

Le cresson de fontaine est une plante sauvage des eaux peu profondes. On le trouve sur tous les continents. C'est à lui qu'on pense habituellement quand on parle de cresson. Le mot cressonnière date de 1286, ce qui sous-entend que la culture du cresson de fontaine existait à cette époque.

Le cresson alénois, appelé au Moyen Age cresson des jardins, est originaire du Moyen Orient, mais on le trouve à l'état sauvage dans toute l'Europe. On l'appelle actuellement alénois car il était particulièrement cultivé dans la région d'Orléans autrefois. On l'appelle aussi passerage, car il était censé guérir de la rage. Le cresson alénois était déjà consommé par les grecs et les romains.
D'après Jean Bottéro, une recette mésopotamienne tardive utiliserait du cresson. Dioscoride, au 1e siècle, lui trouve des vertus aphrodisiaques et au Moyen Age, on pense qu'il agit comme antidote des philtres.

Le Ménagier de Paris donne une recette de porée au cresson (50), sans préciser de quel cresson il s'agit :


En carême, cresson au lait d'amandes. Prenez votre cresson et mettez le à bouillir avec une poignée de blettes hachées et faites frire dans l'huile; puis mettez à bouillir dans du lait d'amandes. En jour gras faites frire au lard et au beurre jusqu'au bout de la cuisson, puis détrempez dans du bouillon au fromage et servez aussitôt, sinon le plat roussirait. A noter que si on met du persil, il ne doit pas être éverdé (Oldcook : blanchi ?).

 


Epinard


L'épinard : famille des chénopodiacées, genre Spinaccia oleracea

Origine : Turkestan et Afghanistan. De là l'épinard s'est diffusé en Perse. Il était inconnu des grecs et des latins. On retrouve sa trace en Syrie au 4e siècle, puis il se développe dans tout le monde arabe avant d'arriver en Occident via l'Espagne arabe. Les arabes l'appellent isfanakh ou isbinakh, qui donne espinaca en espagnol.

Plante médicinale pour les arabes, l'épinard était très utilisé dans la cuisine arabo-persane et arabo-andalouse. L'épinard ne fait pas partie de la liste des légumes du capitulaire de Charlemagne, mais on trouve fin 13e siècle une recette de spinargia dans le Liber de Coquina et début 14e siècle 3 recettes avec des espinachs dans le Sent Sovi. La cuisine italienne du 14e siècle comporte également plusieurs recettes d'épinards. Le Ménagier de Paris recommande de semer les espinars en février ou en juillet et dit que leur feuille est longue et dentelée comme feuille de chêne.


De spiniargiis :
Liber de Coquina, I.11 (Traduction Laetitia Cornu)

Les épinards sont bien lavés dans l'eau chaude, bien égouttés et frits avec de l'huile et des oignons. Puis on met sur une soucoupe et on asperge d'épices et de sel.

Et si tu veux le faire avec du lard, mets du safran et des épices et des oignons, et si tu veux du vinaigre.

 


Poireau


 Le poireau : famille des liliacées, genre allium porrum

Sur 25 recettes de bouillon de viande ou de légumes, trouvées sur une tablette cunéiforme de Mésopotamie (tablette A de Yale), on trouve 20 recettes utilisant le poireau, généralement en association avec ail, oignon et herbes aromatiques. Cette tablette daterait d'environ 1700 av. J.C, selon Jean Bottéro. Ail (allium sativum), oignon (allium cepa) et poireau (allium porrum) sont tous issus de l'ail sauvage amélioré et différencié depuis la Préhistoire, peut-être l'ail d'orient (allium ampeloprasum) ou poireau des vignes, qui pousse spontanément dans le bassin méditerranéen. Apicius donne plusieurs recettes de poireaux, qui peuvent être de grosse taille ou à bulbes (porrus capitatus). Le poireau fait partie, naturellement, de la liste des légumes du capitulaire de Charlemagne et il est, avec la blette, le légume central de la porée.
Voici une recette du Ménagier de Paris (50) :

La porée blanche est dite ainsi parce qu'elle est faite avec du blanc de poireaux, avec de l'échine de porc, de l'andouille et du jambon, en automne et en hiver, les jours gras. Sachez qu'aucune autre graisse que celle du porc ne convient. Premièrement on trie, coupe, lave et éverdit (Oldcook : blanchir ?) les poireaux qui sont jeunes, à savoir en été; mais en hiver, quand ils sont vieux et durs, il faut les faire bouillir au lieu de les éverder. Un jour maigre, après avoir fait ce qu'on a dit, il faut les mettre dans un pot avec de l'eau chaude et les faire cuire. Et après, il faut faire frire des oignons coupés et les cuire. Et après, il faut frire les poireaux avec les oignons déjà frits, puis mettre le tout à cuire en un pot avec du lait de vache si c'est jour gras. Un jour maigre ou en carême, on y met du lait d'amandes. Et si c'est un jour gras, une fois les poireaux d'été éverdés ou les poireaux d'hiver bouillis, comme on vient de dire, on les met dans un pot à cuire avec le bouillon de viande salée ou de porc, en ajoutant du lard. Nota qu'on fait parfois une liaison au pain pour les poireaux.

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Jehanne - dans L'Alimentation

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