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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 10:08

Le potager médiéval.




http://lessecretsdarduinna.blogs.lalibre.be/media/00/00/291158766.jpg





Le potager comportait en général neuf carrés, neuf comme trois fois trois. Le nombre de carrés se réfèrait à la symbolique chrétienne, neuf étant un multiple du chiffre trois représentant la Sainte Trinité. Ces carrés étaient réunis autour d'un puit ou d'une fontaine et on retrouvait le symbole de la croix formé par deux allées principales.


Potager vient de "potage" qui désigne les aliments cuits en pots.


Le potager du Moyen-Âge regroupe tout ce qui était à la portée de nos ancêtres « d’avant l’Amérique » pour se nourrir. Familières de la table des pauvres, les céréales : épeautre, millet et les légumineuses lentilles, fèves, pois chiche, mongette y sont les plus représentées. On y trouvait aussi : le chou bien sûr, les oignons, les poireaux, le concombre, la livèche, le melon, le pourpier ... des herbes à cuire telles les blettes, l'arroche, les épinards, et enfin des légumes–racines, tels les navets, le chervis, le raifort, les carottes, la raiponce et les panais.


On produisait de nombreux condiments et aromates qui remplaçaient , chez les plus démunis, les épices des tables aisées. L’ail y régnait en maître, de même que la moutarde et le raifort. Les ombellifères venaient ensuite : la coriandre, l’aneth et le fenouil ainsi que les labiées : le thym, la sarriette, le basilic et la marjolaine.

La gourde était cultivée dans les jardins de monastère.


Le verger médiéval, c'est le "viridarium".


Les arbres du verger modèle du plan de Saint-Gall sont précisées sur le manuscrit original par leurs fruits, à savoir : pommes, poire, mûre, pêche, prune, pin, sorbier, nèfle, cerise, laurier, chataîgne, figue, coing, noisette, amande et noix.


En climat froid, c’est contre un mur orienté au sud de l’hortus conclusus, ce jardin clos au cœur des monastères, que trouvait place un figuier, également situé près du trou de fumier. 


Les abricotiers étaient palissés au chaud. La mise à fleurs intervient très tôt dans la saison, de ce faite elle est sensible aux gelées printanières. Voilà pourquoi, sous les climats les plus rigoureux, on palisse cet arbre au chaud. Au Moyen-Age, les moines le cultivait ainsi.


Ce sont les Romains qui ont introduit et planté la vigne. Dans leur Hortus conclusus, les moines installaient une treille dans le coin le plus abrité.





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Jehanne - dans La Société
7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 09:59

Les cimetières au Moyen âge.





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Il fut un temps où on allait danser sur les tombes !


Au Moyen Age, le cimetière était un lieu où l'on se réunissait pour des marchés et des foires, pour des spectacles, pour des jeux et des divertissements, pour des assemblées de justice ou pour conclure des accords. Bref c'était un lieu de vie, de sociabilité et de rencontre pour les vivants. On y trouvait même des maisons et des ateliers avec leurs étals (ateliers de bouchers, de potiers, etc.).


Situé au cœur des villes ou des villages, le cimetière du Moyen Age n'était pas ce havre de paix, lieu des seules cérémonies funéraires, qui nous est si familier. Il n'a rien à voir non plus avec les lieux funéraires de l'Antiquité, toujours relégués à l'écart des lieux habités, souvent le long des routes.


Au Moyen Age, le cimetière est un lieu où cohabitent les vivants et les morts. Le mouvement massif des défunts vers les lieux d'activité se produit à partir du VIIe siècle. Plus précisément, les sépultures se concentrent autour des lieux de culte. Puis, au terme d'un long processus, la terre funéraire deviendra, tout comme l'église à laquelle elle est accolée, un espace consacré.


Ce qui est en jeu dans ce mouvement est l'identité de l'institution ecclésiale : en même temps qu'elle renforce son inscription spatiale et son enracinement dans la terre, elle envahit tout le champ de la vie et de la mort, réunissant sous sa coupe vivants et morts.


Mais dès la fin du XIIe siècle, la dynamique change et une pastorale de la mort se développe. L'institution ecclésiale met fin à la cohabitation des morts et des vivants. Elle interdit les jeux, la danse et le commerce dans les cimetières. Elle couvre leurs murs d'images représentant des défunts entraînant avec eux les vivants. « le cimetière fut dès lors moins le lieu où les ancêtres confortaient les actes des vivants que celui, effrayant, où les vivants devaient contempler leur mort future ».

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Jehanne - dans La Société
7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 09:34

Le cheval au Moyen âge.


 



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Au Moyen-Âge, il existait beaucoup de termes désignant différents chevaux. Le mot "cheval" étant un terme générique habituellement employé pour désigner une mauvaise monture.

Le destrier (ou coursier), le cheval de bataille par excellence, pas particulièrement coûteux, mais d'une valeur affective très grande pour le propriétaire. Il n'est monté qu'au moment du combat. On l'appelle ainsi par ce que l'écuyer tenait la bride dans la main droite. Pendant un combat, pour le protéger, il est revêtu d'un carapaçon, une couverture de fer généralement de la même couleur que l'écu.

Le misaudor (milsodor, milsoudor), un destrier de très grande valeur, donc très précieux. Magnifique cheval de bataille.

Le palefroi (ou Ambleur), un cheval de parade essentiellement, qui coûtait très cher et qui devait être le mieux paré possible. C'est la seule monture permise aux nobles dames, qui l'utilisaient pour voyager. Cheval de qualité que monte l'homme d'armes en dehors des charges.

La rosse est un cheval de mauvaise qualité.

Le roussin (roncin), un cheval de trait de peu de valeur, utilisé comme monture par les vilains. Dans Erec et Enide, monté par un nain.
Au XIVe siècle, a donné le cheval de service, puis au XVIe, il désignait un cheval de forte taille monté à la chasse ou à la guerre, par un écuyer. A donné Rossinante, dans Don Quichotte.

Le sommier, un cheval de peu de valeur utilisé, comme son nom l'indique, comme bête de somme, c'est-à-dire pour transporter les fardeaux.

Le cheval a donc divers usages. Au Moyen Age on constate objectivement qu'il fait partie du paysage. Jamais acteur mais toujours présent, au combat, au travail...

Alors que l’Empire romain se désintégrait, plusieurs facteurs contribuèrent à introduire le cheval dans le monde du travail. Le premier fut l’arrivée de chevaux plus lourds. Le cheval de trait fut développé à partir de chevaux introduits en Europe par les tribus germaniques du nord, où les races ont tendance à être plus lourdes que celles de la Méditerranée ou du Proche-Orient. Un deuxième facteur fut l’introduction en Europe du collier d’épaule. On ne sait pas exactement quand cette invention arriva de Chine. Dans les temps anciens, il y avait plusieurs façons d’atteler les chevaux aux charrettes et aux chars, mais le collier d’épaule (ou tout simplement collier) était de loin le plus efficace.

Le collier permit aux fermiers de profiter davantage de la vitesse et de la force du cheval. Avec le cheval, ils purent cultiver des champs plus grands, et tirer des chargements plus lourds jusqu’au marché.

Bien que la cavalerie montée ait été bien établie dans les campagnes militaires européennes depuis 1 500 ans, son utilité était encore limitée. Ceci changea complètement quand les étriers gagnèrent l’occident au VIIIe siècle. Leur introduction causa une révolution de l’organisation sociale. Les étriers permirent au chevalier en armure lourde de délivrer plus efficacement ses attaques à la lance ou à l’épée; le soldat à cheval devint bien plus meurtrier. Le «Grand Cheval», nécessaire au cavalier recouvert d’une armure métallique, remplaça le char léger et le cheval de cavalerie sans armure. Il ouvrit ainsi la voie à l’utilisation du cheval pour d’autres tâches. Le chevalier monté devint si important à la guerre médiévale que la position hiérarchique d’un propriétaire dans le système féodal était mesurée par le nombre d’hommes à cheval et en armure qu’il pouvait prêter à son seigneur. En échange de la protection de son seigneur, le vassal s’offrait lui-même, ou offrait de l’argent ou des terres suffisantes pour subvenir à l’entretien d’un combattant à cheval. Le système féodal était né.

En comptant le poids du chevalier en armure, son bouclier et sa lance, le cheval de guerre médiéval, lui aussi en armure, pouvait être appelé à supporter une charge plus de 100 Kg.

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Jehanne - dans La Société
7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 09:29

La joallerie au Moyen âge.





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Au commencement du IVe siècle, Constantin se convertit an christianisme et fonde, sur les ruines de Byzance, la ville qui porte encore son nom. Ce prince, qui croyait simplement donner une seconde capitale au vaste empire romain, établit, par le fait, un empire nouveau et inaugure, en quelque sorte, une nouvelle civilisation qui atteint son apogée vers le milieu du VIe siècle, sous le règne de Justinien.

Avec l’art byzantin apparaît l’art chrétien. Les empereurs d’Orient font construire des églises qu’ils enrichissent de dons en or, en argent, en pierres précieuses. Les calices, les croix, les reliquaires, les encensoirs, les reliures des évangéliaires sont d’or, enrichis de ciselures, d’incrustations, de gemmes, de perles et de camées composant des dessins dont les éléments sont le plus souvent géométriques.

La plus grande partie de l’ornementation est formée de cabochons, c’est-à-dire de pierres précieuses dont la saillie arrondie est dépourvue de facettes : parfois ils sont évidés en dessous pour donner plus de jeu à la lumière. Le reliquaire de Limbourg, coffret orné d’émaux, de gemmes et de perIes,est une des belles œuvres de cette période.

L’amour du luxe et du faste se manifeste aussi dans le vêtement. Constantin portait un diadème enrichi de perles et de pierreries ; ses successeurs y ajoutèrent des pendeloques en pierres fines, rattachées par des chaînes au bandeau de la couronne. Les chaussures, les vêtements sont couverts de joyaux ; les meubles, les tissus, toutes les pièces d’orfèvrerie sont constellés de pierres polychromes avec une profusion voisine parfois de la barbarie. L’emploi des pierres fines était autrement restreint dans la Grèce antique et en Étrurie, même sur les bijoux.

On sait aujourd’hui, contrairement à une opinion qui régna pendant fort longtemps, que les Huns, les Vandales, les Goths, les Francs, tous ces barbares qui finirent par prendre une si terrible revanche de la Rome qui les avait vaincus, possédaient un art et une industrie propres. L’archéologie moderne a su en découvrir la trace dans les différentes contrées de l’Europe.

L’orfèvrerie des barbares se distingue par l’emploi des pierres en tables, en lamelles, quelquefois même en cabochons, tantôt, simplement enchâssés dans le métal, tantôt fixés par une sertissure. Les grenats y sont particulièrement abondants. Parmi les trouvailles les plus intéressantes qu’on rapporte à l’industrie de ces peuples errants, il faut citer le trésor de Novo-Tcherkask sur les bords du Don, qui comprend un diadème d’or avec pendeloques et cabochons, une fibule d’or incrustée de grenats, etc. ; celui de Petrossa (Valachie), trouvé en 1864, et qui est formé de 22 pièces d’or pur (fibules, anneaux, aiguières, disques, etc.), ornées de grenats en cabochons ou en tables. L’un des plus remarquables est le trésor de Guarrazar, près de Tolède, dont nous reproduisons la plus belle pièce conservée au musée de Cluny : la couronne votive du roi Reccesvinthus (roi wisigoth, mort en 672).

La partie principale de la couronne est un bandeau à charnière formé de deux plaques d’or dont l’extérieure porte trente saphirs cabochons et trente perles d’une grosseur énorme entre lesquels l’artisan a découpé symétriquement des ornements en forme de palmettes dont tous les intervalles sont occupés par des lamelles de grenats. Le haut et le bas du diadème portent des bordures découpées à jour et garnies de grenats et de verres de couleur. Du bord inférieur pendent, rattachées par de petites chaînes, des lettres d’or formant les mots : Reccess inthus rex offeret. Chaque lettre est une petite merveille d’orfèvrerie, à incrustations de grenats cloisonnés et soutenant à son tour une pendeloque en saphir pâle. Un bouton de cristal supporte la couronne ainsi qu’une belle croix d’or ornée de perles et de saphirs.

En France, sous les Mérovingiens, les arts de l’orfèvre et du joailler sont en honneur dès les premiers siècles, Grégoire de Tours raconte que dans une visite qu’il fit à Chilpéric à sa maison royale de Nogent, le roi lui montra un magnifique plat d’or orné de pierreries qui venait d’être fabriqué par son ordre. « J’ai fait cela, ajouta-t-il, pour ennoblir et faire briller la nation des Francs. »

Au XIIe siècle, sous les règnes de Clotaire et de Dagobert, saint Éloi façonne une foule de pièces importantes dont aucune n’est parvenue jusqu’à nous d’une façon bien authentique, mais dont nous avons la description. Charlemagne, simple jusqu’à la rudesse en ce qui concernait sa propre personne, s’entourait de toutes les splendeurs dans les occasions solennelles. Il portait alors sur la tête un diadème constellé d’émeraudes, d’agates et de perles ; ses brodequins eux-mêmes étincelaient de pierreries.

Jusqu’au XVIe siècle, les gemmes sont employées partout ; elles ornent les bijoux, les calices, les croix, elles courent le long de l’autel, on les porte aux vêtements, on en garnit la reliure des évangéliaires et des manuscrits. En Allemagne et en Angleterre, pendant la période antérieure au XIe siècle, la joaillerie et l’orfèvrerie étaient moins développées qu’en France ; elles prirent une grande importance pendant les périodes romane et ogivale.

Un point intéressant à signaler dans la joaillerie du moyen-âge est le fréquent emploi des doublets, c’est-à-dire des pierres fausses formées simplement d’un morceau de cristal ou de verre sous lequel est placée une feuille de clinquant ou une préparation colorée qui lui donnent la nuance et à peu près l’éclat d’une pierre précieuse. Ces imitations qui réussissent souvent à faire illusion, sont de diverses sortes. C’est ainsi qu’on distingue les doublets à deux faces, formés d’une composition colorée comprise entre deux plaques de cristal collées ; les doublets cabochons où une feuille de clinquant sertit un cabochon de cristal qu’elle laisse transparaître, enfin les doublets posés sur une véritable pierre fine qui semble ainsi doublée d’épaisseur.




Le diamant en joaillerie

De nombreux articles ont été déjà publiés par la Science illustrée sur le diamant. Les uns se rapportent aux mines dans lesquelles on recueille le précieux minéral, d’autres à son mode de formation, à sa taille, à sa gravure, à sa fabrication artificielle, etc. Nous y renvoyons le lecteur, voulant nous borner aujourd’hui à un exposé rapide du rôle du diamant en joaillerie à travers les âges.

Les anciens connaissaient cette pierre et savaient qu’elle ne peut se tailler que par le frottement de sa propre poussière, ainsi que le prouve le témoignage de Pline ; mais ils lui préféraient les gemmes colorées, qui leur semblaient plus vives et plus gaies et avaient l’avantage d’être un peu moins dures. Les diamants étaient, malgré cela, utilisés dans la parure à l’état brut, à peine ornés de quelques facettes et présentant, dans leur ensemble, une forme conique.

Vers le XIVe siècle, la mode ayant mis en faveur les pierres incolores, les lapidaires imaginèrent d’augmenter l’éclat naturel du diamant par le jeu de la lumière à travers des facettes artificielles. La taille du diamant était déjà florissante à Paris vers 1407.

Ce n’est donc pas Louis de Berquem, de Bruges, qui a inventé cet art, en 1476, comme on le croit généralement ; il lui fit, sans doute, accomplir quelques progrès. Depuis deux siècles l’industrie de la taille du diamant s’est concentrée à Amsterdam, où elle occupe des milliers de personnes.

L’usage des diamants taillés s’introduisit peu à peu dans la parure, mais ce n’est guère qu’au XVIIe siècle qu’ils supplantèrent presque complètement les pierres de couleur. La bijouterie qui, à l’époque de la Renaissance, se confondait, en quelque sorte, avec l’orfèvrerie et tirait des ciselures ses principaux motifs d’ornementation, se laisse envahir par la joaillerie.

L’amour des diamants n’était pas, au XVIIe siècle, l’apanage exclusif du sexe faible ; des hommes, et non des moindres, partageaient cette passion, qui leur fut d’ailleurs souvent reprochée.

Dès 1636, on. voit Richelieu, pour répondre aux critiques qui lui étaient indirectement adressées sur son faste et ses dépenses, faire au roi la donation de la plus grande partie de ses biens.

On y relève « une grande croix d’or émaillée, enrichie de rubis et diamants, un ciboire d’or avec rubis et diamants, une statue d’or de saint Louis également avec rubis et diamants, un grand diamant en forme de cœur, pesant plus de vingt carats ».

Son successeur, Mazarin, qui accumula une fortune évaluée à plus de 100 millions, légua de même à la couronne « 18 gros diamants, qui reçurent le nom des 18 Mazarins.

La reine mère eut le gros diamant appelé la Rose d’Angleterre, un diamant brut pesant 14 carats et le rubis cabochon.

La reine reçut un bouquet de 50 diamants et le duc d’Anjou 31 émeraudes ».

En 1677, vingt-trois mines de diamants étaient exploitées dans le royaume de Golconde. Vers la fin du règne de Louis XIV, le grand nombre de pierres précieuses rapportées d’Orient par les voyageurs, en amenant une diminution importante de leur prix, produisit une extension considérable de leur emploi.

Tavernier, qui fit six voyages aux Indes et en Perse, vendit pour 3 millions de diamants à Louis XIV.

Les mines du Brésil ayant été découvertes en 1718, la valeur des diamants baissa encore. Malgré cela -ou peut-être à cause de cela, - ils sont moins en faveur à l’apogée du règne de Louis XV.

Le rococo, la rocaille envahissent la bijouterie comme tous les autres arts décoratifs. Sous Louis XVI le diamant et les pierres précieuses eurent une vogue considérable, grâce au goût particulier de la reine Marie-Antoinette pour ce genre de parure. C’est la passion de la reine pour les diamants de choix qui facilita l’intrigue assez obscure du Collier de la Reine.

Pendant la Révolution, la joaillerie se fait humble pour reparaître sous le Directoire avec de curieuses imitations de l’antiquité. On sait quelle est, à notre époque, l’importance du diamant dans la parure. La découverte des mines du Cap et du Transwaal jette chaque année sur le marché des quantités relativement considérables de cette pierre, qui se trouve, pour ainsi dire, démocratisée. Beaucoup de nos modernes lapidaires font preuve d’un goût délicat. Massin, Falize, Boucheron, les Bapst, et bien d’autres, ne le cèdent en rien au point de vue de l’habileté et de la mise en valeur des gemmes à leurs prédécesseurs des XVIIe et XVIIIe siècles. Les diamants font merveille aujourd’hui sur les broches, les diadèmes, les épingles de coiffure et de cravate, les pendants d’oreille et les colliers. L’intensité de notre éclairage, en multipliant leurs feux, leur est essentiellement favorable.




La joaillerie pendant la renaissance

Nous avons vu avec quelle profusion les pierres précieuses étaient employées au moyen âge non seulement dans l’orfèvrerie civile et religieuse, mais encore dans la parure. Pendant toute la première moitié du XVIe siècle, elles sont, au contraire, presque bannies du bijou, orné seulement de ciselures. La matière n’est plus rien, au cours de cette période qui correspond à un si merveilleux épanouissement de l’art sous toutes ses formes ; seul le travail de l’artiste est tout.

La fin du XVIe siècle, avec lequel se termine la Renaissance, est au contraire marquée, sous les derniers Valois, par un engouement inouï pour les pierres précieuses de tous genres.

C’est en Italie qu’eut lieu d’abord cette rénovation qui devait se propager bientôt dans toute l’Europe ; elle se fit sentir dans l’orfèvrerie et la joaillerie comme dans tous les autres arts. Le plus célèbre des orfèvres italiens du XVIe siècle est certainement Benvenuto Cellini. Grand sculpteur, bijoutier incomparable. il excellait aussi dans l’art de monter les gemmes, les cristaux, les vases, coupes et autres objets en matières rares et précieuses. « Le cabinet des gemmes de la galerie de Florence, dit M. Ferdinand de Lasteyrie, a longtemps conservé, comme étant de lui, une ravissante coupe de lapis-lazuli à trois anses émaillées ornées de diamants, et le couvercle émaillé d’une coupe en cristal de roche provenant du trésor des Médicis ... A Munich, on conserve également une coupe de forme très bizarre en corne de rhinocéros, dont la riche monture, toute composée de figurines et d’ornements en or émaillé, passe pour être l’œuvre du grand orfèvre florentin. Notre Louvre lui-même possédait autrefois une magnifique aiguière en onyx à monture du même genre, due à Benvenuto Cellini, qui se trouve actuellement, Dieu sait comment, en Angleterre, dans la collection de M. Beresford Hope. »

Cellini a réuni dans un petit livre toutes les méthodes employées de son temps dans les travaux délicats de la joaillerie. Nul n’en pouvait parler avec plus de compétence que lui.

En France, les débuts du XVIe siècle sont peu favorables aux arts et à l’industrie de luxe. Les guerres lointaines avaient épuisé à tel point les finances de l’État, qu’en 1506, Louis XII interdit aux orfèvres de fabriquer, sans autorisation préalable, la vaisselle en métal précieux et limita à trois marcs au maximum le poids des objets qu’ils pouvaient mettre dans le commerce. Cette ordonnance n’empêcha pas le goût du luxe de se répandre et les expéditions en Italie contribuèrent pour une part notable à son extension.

Le travail des pierres rares atteint sous les Valois une grande perfection ; la plupart des pièces d’orfèvrerie religieuse de cette époque ne sont en réalité que d’élégants joyaux. Après son sacre, Henri II donna à la cathédrale de Reims un beau groupe de la Résurrection, dont les personnages sont groupés autour d’un tombeau creusé dans un magnifique morceau d’agate. L’inventaire des joyaux trouvés à Fontainebleau, après la mort de ce roi mentionne un Ecce homo dont le haut du corps est en nacre, un groupe de figures d’or émaillé fixé sur un grand rocher de corail. Ces objets ont un caractère absolument différent de celui de l’ancienne orfèvrerie religieuse.

Sous le règne des derniers Valois, « l’éclat du diamant et des perles, dit M. de Lasteyrie, éclipsa tout à coup celui de I’or et de l’argent ; l’éblouissante industrie de joailler, si bien appropriée au goût d’une cour efféminée, fit rejeter au second plan l’art exquis de l’orfèvre ».

Les colliers, les bagues, les bracelets, se couvrent de pierres précieuses, de perles ; les perles en poire, en particulier, sont l’objet d’un engouement incroyable. Les hommes portent à l’oreille gauche une boucle d ’oreille, Les portraits de Henri II et du duc de Guise par Clouet (musée du Louvre), mettent en évidence cette mode efféminée. Sur une monnaie du cabinet des médailles, Henri III est figuré avec une boucle d’oreille à deux pierres rondes superposées.

Les épingles garnies de gemmes suspendues, ou ballaux, sont en faveur chez les femmes ; l’inventaire de Gabrielle d’Estrées (1599) en mentionne neuf de diamant avec leurs aiguilles d’or. Cet inventaire récemment mis à jour nous étonne par son incroyable richesse. On y voit deux salières en lapis montées en or émaillé ; une autre de cristal dont la monture contenait quatorze diamants et quatre rubis ; un petit oiseau dont le dos est orné d’un large rubis, etc. La valeur intrinsèque de tous ces objets remporte certainement de beaucoup sur leur valeur artistique.

Pendant la Renaissance, la glyptique fut cultivée par un grand nombre d’artistes de valeur. Les premiers qui vinrent en Italie furent les graveurs de Constantinople après la prise de cette ville par les Turcs. Grâce à leurs indications, la glyptique vit renaître de beaux jours. Le foyer principal de ce mouvement fut la Toscane, sous Laurent le Magnifique et Pierre II, avec des artistes tels que Giovanni delle Corniole (des Cornalines), Domenico de Cammei (des Camées), Michelino, etc.

En France, Julien de Fontenay dit Coldoré, valet de chambre de Henri IV, fut le premier de nos compatriotes dont les œuvres se firent remarquer. Le Milanais Clément Birague, qui vivait au XVIe siècle, passe pour avoir réussi le premier à graver le diamant.




La Science Illustrée N° 565

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Jehanne - dans La Société
7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 09:24

L'ivoire au Moyen âge.





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L’ivoire est une des plus belles matières mises par la nature à la disposition des artisans et des artistes. C’est sur l’ivoire que les graveurs de l’époque quaternaire firent leurs premières reproductions des animaux qui les entouraient. Depuis ces temps reculés, il n’a jamais cessé d’être employé chez tous les peuples, dans les arts et dans l’industrie.

C’est une substance presque exclusivement minérale, riche en phosphate et en carbonate de calcium, qui forme la plus grands partie de la dent chez tous les vertébrés, mais, seules, les dents des mammifères de grande taille sont utilisées. L’ivoire employé pour les arts provient uniquement des défenses de l’éléphant ; l’ivoire industriel a plusieurs autres provenances dont nous parlerons tout à l’heure.

L’ivoire n’est jamais semblable à lui-même ; autant d’éléphants, autant de qualités différentes dans leurs défenses. Les changements dans la nourriture et dans les habitudes, amènent des variations dans la couleur, le grain, la dureté et le plus ou moins de facilité à polir ou à travailler.

L’ivoire d’Afrique est le plus estimé ; au lieu de jaunir, il blanchit avec le temps ; ceux de Guinée et du Cap sont aussi de belle qualité, mais le plus fin et le plus tendre provient de Panguani, sur la côte orientale. L’ivoire vert, d’une belle transparence, est originaire du Gabon ; on le rencontre dans la défense des animaux abattus depuis peu de temps, mais il blanchit, lui aussi, en vieillissant.

Trouvera-t-on encore pendant longtemps, dans le commerce, ces belles défenses de l’éléphant africain qui pèsent parfois près de 100 kilogrammes ? Il est permis d’en douter, à voir l’ardeur avec laquelle sont massacrés ces grands et paisibles animaux. Près de 50 000 d’entre eux sont abattus chaque année pour satisfaire nos goûts luxueux et il n’est pas difficile de prévoir l’extinction prochaine de l’espèce.

On trouvera peut-être un remède efficace dans sa domestication.

Pour l’instant, les seules mesures prises en sa faveur consistent en l’établissement de territoires de réserve sur lesquels sa chasse est interdite.

Parmi les ivoires des Indes, celui de Ceylan est le plus estimé ; il est d’un blanc rosé et plus tendre que l’ivoire africain.

L’exportation de l’ivoire en Europe atteint chaque année, depuis 1895, près de 2500 tonnes, vendues sur les marchés de Londres, Liverpool et Anvers. Une belle défense de 50 kilogrammes vaut de 1500 à 1800 francs. La consommation de l’Asie est presque aussi considérables, les objets en ivoire y étant très recherchés.

En dehors de l’ivoire fourni par les animaux actuels, on rencontre souvent de l’ivoire fossile, non seulement en Asie, mais encore en Allemagne et en Russie. Ce sont de gigantesques défenses de mammouth dont il existe sur certains points des amas considérables.

En dehors des défenses d’éléphant, l’industrie tire partie des molaires du même animal et des dents de l’hippopotame. Elle utilise aussi l’ivoire végétal, qui n’est autre chose que l’albumen corné de la graine du Phytelephas macrocarpa. Cette matière, connue dans le commerce sous le nom de corozo, se travaille aisément au tour et reçoit les colorations les plus variées. On en fabrique une foule d’objets élégants que l’on vend souvent comme ivoire animal. Pasquier a indiqué un moyen simple de distinguer les deux produits : l’ivoire animal ne change pas dans l’acide sulfurique concentré ; l’ivoire végétal prend au bout de quelques minutes, une teinte rose qu’un simple lavage à l’eau fait disparaître.

Le celluloïd, et surtout la viscoïde, nouveau produit obtenu en traitant les fibres de bois ou de coton blanchi par une lessive de soude caustique, puis par le sulfure de carbone remplacent l’ivoire pour les usages communs. La viscoïde, en particulier, lorsqu’elle est changée en baryte de façon à acquérir la densité de l’ivoire, imite ce produit parfaitement. Comme lui, elle se laisse travailler à l’outil, est susceptible de recevoir un beau poli et possède, de plus, une grande élasticité, qui la rend précieuse pour la fabrication des billes de billard.

Un inventeur américain prétend avoir trouvé le moyen de fabriquer l’ivoire avec... les pommes de terre. Voilà un procédé qui va donner un peu de tranquillité au malheureux éléphant d’Afrique. Il consiste à tremper des pommes de terre, pelées au préalable et parfaitement saines, dans de l’eau, puis dans de l’acide sulfurique étendu. On les fait bouillir ensuite pendant longtemps dans de l’acide sulfurique étendu ; on lave ensuite à l’eau chaude, puis à l’eau froide, enfin on procède par un Séchage lent et graduel. Il y a, de plus, un tour de main spécial dont l’auteur garde le secret. Transformer des pommes de terre en ivoire, voilà une opération des plus avantageuses ; nous ne pouvons que la recommander à nos lecteurs.





L’ivoirerie au moyen-âge

L’art de la sculpture sur ivoire remonte aux premiers âges de l’humanité ; il se révèle à nous avec une perfection remarquable dès la fin de l’ère paléolithique ; l’homme des cavernes à sculpté dans l’ivoire du mammouth de petites statuettes, des animaux qui nous surprennent par la vérité du mouvement et des attitudes.

L’ivoirerie était pratiquée chez les peuples de l’antiquité. Le British Museum possède deux tablettes d’ivoire provenant de fouilles pratiquées en Assyrie ; elles représentent deux personnages assis, tenant le sceptre ; on y distingue des traces de vernis bleu et de dorure. En Égypte, chez les Hébreux, en Étrurie, en Grèce, à Rome, on a trouvé également de fort beaux ivoires. L’art byzantin a fourni de superbes pièces dont quelques-unes sont parvenues jusqu’à nous. Le cabinet des antiques de la Bibliothèque nationale possède une plaque d’ivoire datant du XIe siècle et qui est un véritable chef-d’œuvre. Longue de 24 centimètres, large de 15, elle servait de couverture à un évangéliaire. Elle représente un épisode de la vie du Christ ; les mouvements des personnages sont un peu raides, mais leurs visages ont une expression admirable et les draperies sont fort bien traitées.

Les Arabes des VIIe et VIIIe siècles ont sculpté de beaux coffrets d’ivoire. Les artistes de l’Occident ne leur étaient guère inférieurs, si l’on en juge par le coffret du musée de Cluny que nous reproduisons. Il date de l’époque carlovingienne ; il est en marquèterie de bois colorés et d’ivoire, avec des entrelacs et des cadres entourant des animaux fantastiques.



Mais l’ivoirerie du moyen âge a surtout consisté en diptyques et en triptyques.

Un diptyque est une sorte de tablette double dont les composantes sont réunies à charnière. Ce fut, à l’origine, une sorte de carnet dont les feuilles de bois, d’ivoire ou de métal, enduites de cire, servaient à prendre des notes. Puis apparurent les diptyques consulaires, sur lesquels les nouveaux fonctionnaires faisaient part de leur nomination à leurs parents et à leurs amis. Plus tard enfin, l’Église les adopta pour orner ses autels. Consacrés aux saints et aux martyrs, des épisodes religieux étaient sculptés sur les lames d’ivoire qui les formaient.

Les triptyques, avec une forme un peu différente, avaient des usages identiques. Ils se composaient de trois panneaux sculptés ou peints et réunis à charnière. Le panneau central, deux fois plus large que les deux autres formant volets, pouvait être recouvert exactement par eux. Très estimés à Byzance, ils ne pénétrèrent dans l’Europe occidentale qu’après les croisades. L’ivoire a servi à faire des retables de grandes dimensions, c’est-à-dire des sortes de triptyques posés à demeure sur l’autel et ouverts pendant les cérémonies du culte. La collection Sauvageot, au Louvre, en possède un, de deux mètres de côté, qui contient tout un monde de petits personnages sculptés d’un travail achevé.

Au musée de Cluny existent aussi de belles pièces du moyen âge, notamment un diptyque de 3,5 cm sur 4,5cm, sur lequel vingt-quatre sujets ont été travaillés à la loupe avec une minutie extraordinaire ; une châsse gothique a cinquante et un bas reliefs, la châsse de Saint-Yved, datant du XIIe siècle, et des crosses épiscopales en ivoire, dont une se termine en forme de T, en souvenir de la croix, ressemblance d’ailleurs indiquée par l’étymologie du mot (de l’italien croce, croix).

L’art de l’ivoirier s’applique alors aux objets les plus divers ; les hanaps, les vidercornes sont sculptés, fouillés avec une patience admirable. Les mains de justice, sceptres terminés par une main dont les trois premiers doigts sont ouverts, ont l’ivoire pour matière habituelle. Le Louvre en possède une montée en or, et datant du XIIe siècle, qui a figuré au sacre de Napoléon. Les échiquiers et leurs pièces sont à cette époque des œuvres d’art. En 1893, le Louvre a reçu un pion en ivoire provenant d’un jeu du moyen âge. Cette pièce n’a pas moins de 10 centimètres de haut sur 6 de large, et sur ses quatre faces sont sculptés des personnages allégoriques. On se demande quelle taille pouvait avoir le roi dans un pareil jeu.

Le moyen âge est aussi l’époque des olifants, cors employés par les chevaliers. Ils avaient la forme d’une corne d’animal et étaient presque toujours en ivoire avec des scènes de chasse sculptées. Les dimensions de ces instruments sont parfois si considérables - à Cluny il en est un de 95 centimètres de longueur - qu’on est autorisé à croire qu’ils ont été souvent un objet de parade et non d’usage.

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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 10:30

Le sceau.

 

 

 

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Hérité de l’Antiquité, le sceau connaît au Moyen Âge un essor considérable qui touche l’ensemble de la société, depuis les empereurs et les rois jusqu’aux paysans. Signe d’identité, le sceau engage son titulaire lorsque celui-ci l’appose au bas d’un document. Il est « l’imago du sigillant, c’est-à-dire son image personnelle, celle à qui il transmet son auctoritas, celle qui juridiquement le représente et le prolonge, l’emblématise et le symbolise, celle qui est à la fois lui-même et le double de lui-même »

Connu depuis la plus haute antiquité, l’usage du sceau a précédé l’apparition de l’écriture. Ainsi, dans la Mésopotamie de la fin du VIIe millénaire, des sceaux plats ou cylindriques, utilisés comme marques personnelles, garantissent déjà la validité des actes juridiques ou la propriété. Egyptiens, Assyriens et Hébreux l’emploient. A Rome, les anneaux sigillaires permettent de valider et de clore testaments, papiers personnels et certains actes officiels. Empreinte de cire obtenue par l’impression d’une matrice métallique, le sceau (du latin sigillum) est rivé ou appendu au bas d’un acte dont il garantit l’intégrité du contenu et le valide. A une époque où la falsification des actes est fréquente, cette dernière fonction est la plus importante même si le sceau peut lui aussi être l’occasion de manipulations frauduleuses. La chancellerie pontificale ainsi que certaines cités italiennes usent quant à elles d’une bulle pour valider leurs actes. D’origine byzantine, cette empreinte métallique de plomb, occasionnellement d’or, a fini par donner son nom aux documents eux-mêmes.




1. La diffusion du sceau dans la société médiévale

Les rois mérovingiens, à l’imitation du Bas-Empire, conservent l’habitude des anneaux sigillaires. Cependant, alors que leurs actes établis sur papyrus ne comportaient pas l’empreinte royale, l’introduction du parchemin vers le milieu du VIIe siècle entraîne l’apposition systématique du sceau du souverain. Sceller devient un droit régalien tandis que la falsification du sceau royal est considérée comme un crime de lèse-majesté passible d’une punition exemplaire.

Les souverains carolingiens utilisèrent dans un premier temps des intailles antiques représentant une divinité ou bien le buste impérial mais, dans le courant du IXe siècle, ils commencèrent à se faire graver des matrices à leur effigie, laquelle était accompagnée de leur nom ou de leur titulature.

Le monopole royal ou impérial du scellage des actes commença à être mis en cause dans le courant du Xe siècle dans les chancelleries ecclésiastiques de Lotharingie et de Germanie. Dans la France actuelle, les plus anciens témoignages concernent les évêchés de Toul et de Verdun. Il faudra près d’un siècle ensuite pour que l’usage du sceau épiscopal se diffuse des régions rhénanes aux évêchés du Midi et d’Espagne. L’exemple des évêques est bientôt suivi par les grandes abbayes du Nord et de l’Est à la fin du XIe siècle (Fulda, Saint-Mihiel, Saint-Vaast d’Arras) et au début du XIIe siècle dans certains monastères du Sud (Saint-Guilhem, Saint-Victor de Marseille).

L’adoption du sceau par les princes est exceptionnel avant 1100. Comme pour les évêques, la diffusion se fait du Nord vers le Sud : le comte de Flandre scelle en 1065, le duc de Normandie après son accession au trône d’Angleterre, puis viennent les ducs d’Aquitaine, de Bourgogne, de Bretagne, les comtes d’Anjou, de Champagne et de Toulouse. Progressivement, le XIIe siècle voit l’usage de sceller gagner la classe seigneuriale, les sires de Nesle et de Coucy étant les plus précoces (1135-1139). Le sceau féminin, déjà utilisé par la comtesse de Flandre Clémence de Bourgogne (1100-1105), apparaît dans la haute aristocratie à partir du milieu du XIIe siècle avant de connaître une diffusion générale au début du siècle suivant. La période 1170-1180 est marquée par l’émergence du sceau urbain. A l’imitation des cités italiennes, les communautés urbaines d’Arras, d’Arles, de Cambrai, d’Avignon se dotent durant ces années d’un instrument traduisant non seulement leur capacité juridique mais également leur puissance politique.

Le droit au sceau se propage à l’ensemble de la société médiévale au cours du XIIIe siècle. Ainsi, à côté des archidiacres ou des chapitres cathédraux qui scellent parfois depuis le premier tiers du XIIe siècle, les doyens de chrétienté et les curés prennent l’habitude de sceller eux-mêmes leurs actes. Progressivement, les chevaliers, les bourgeois, les marchands, les artisans, les corporations, les universités et même certains paysans normands acquièrent un sceau. Mais l’innovation principale demeure la généralisation du sceau de juridiction apparu dès la fin du XIIe siècle dans les officialités de Beauvais (1189) et de Châlons (1198). Utilisé par une autorité ecclésiastique ou laïque dans l’exercice de ses attributions judiciaires, le sceau de juridiction confère aux sentences, contrats et actes privés qui en sont munis une valeur incontestable et permanente. L’autorité royale, réalisant de façon évidente les ressources financières que le sceau de juridiction pourrait lui procurer, favorisa son apparition, d’abord à la prévôté de Paris (vers 1234) puis dans les prévôtés d’Ile-de-France et les bailliages du Nord du royaume. Par la suite, l’expansion du sceau de juridiction atteignit la France du Midi où les notaires expédièrent leurs actes sous le sceau de l’évêque, d’un seigneur ou d’une ville.




2. Le scellement de l'acte et les usages diplomatiques

L’emploi d’un ou de plusieurs sceaux est presque toujours signalé dans la formule dite de corroboration figurant à la fin de l’acte. L’annonce du sceau, irrégulière avant le dernier tiers du XIIe siècle, révèle la place prise par l’empreinte sigillaire comme moyen de validation. L’énoncé de la formule, qui a évolué au cours des siècles, se présente sous la forme d’une proposition subordonnée expliquant que les signes de validation ont été prévus afin de renforcer l’acte : « In cujus rei testimonium presentes litteras sigilli mei munimine roboravi. » (2). En-dehors des cas de scellement unique où l’empreinte de cire est appendue au milieu de l’acte, la répartition des différents sceaux au bas de l’acte s’organise selon un ordre hiérarchique qu’annonce la formule de corroboration à travers l’énumération des sigillants.

L’opération matérielle du scellement est préparée par un chauffe-cire tandis que le scelleur est l’officier de chancellerie chargé de l’apposition de la matrice au bas du document. Le sceau pouvait être rivé au document ou bien suspendu au bas de l’acte au moyen d’une attache. Sans jamais complètement disparaître, le sceau rivé est peu à peu remplacé par le sceau pendant. Apparu en Angleterre à la chancellerie d’Edouard le Confesseur, ce nouveau procédé progresse rapidement sur le continent, le comte de Flandre et les archevêques de Bourges et de Reims l’utilisant dès le dernier tiers du XIe siècle. Adopté par les rois de France avant 1100, le sceau pendant devient au XIIe siècle d’un usage quasi-exclusif. L’attache, passée à travers le parchemin grâce à une incision, est dans un premier temps une simple courroie de cuir. A partir du XIIIe siècle, les modes attache des sceaux se diversifient tant par la matière (parchemin, soie, chanvre, lin, laine) que par la couleur. Ainsi, à côté des divers flocs, tresses, rubans, cordons et cordelettes, les chancelleries royales, princières ou épiscopales utilisèrent plus volontiers des lacs de soie, réservant la double queue et la simple queue de parchemin aux actes les moins solennels.

Lors des funérailles où le mannequin de cire est l’image du défunt. Les analyses chimiques font défaut pour cerner avec précision la composition de cette cire à sceller à laquelle diverses substances étaient ajoutées pour la durcir et la protéger (craie, poix, résine, cendres). A partir du XIIe siècle, les chancelleries prennent progressivement l’habitude d’utiliser une cire colorée, les usages pouvant cependant varier selon l’époque, la région et le sigillant. Trois couleurs principales dominent la sigillographie médiévale. Une première teinte allant du jaune-beige au brun foncé se rencontre aux XIe et XIIe siècles et semble correspondre en réalité à une cire dépourvue du moindre colorant. Le vert, utilisé dès le XIIe siècle, est la couleur dominante du siècle suivant. Il s’obtient par addition dans la cire d’acétate de cuivre et présente différentes nuances. Le rouge, enfin, connu également au XIIe siècle, a été d’un usage limité jusqu’au XIVe siècle avant de devenir la couleur principale des sceaux de la fin du Moyen Âge et de l’époque moderne. Il est obtenu par addition de minium (oxyde de plomb) ou de cinabre (sulfure de mercure). En général, la couleur de la cire utilisée pour sceller n’a pas de signification particulière et répond souvent à des questions de goûts ou de modes. Certaines grandes chancelleries, notamment celle du roi de France, ont cependant tenté de réglementer l’emploi diplomatique des couleurs. Avec Philippe le Bel (1285-1314), le scellement des actes royaux est soumis à des règles constantes qui ne seront définitivement respectées que sous le règne de Jean II le Bon (1350-1364) : cire verte sur lacs de soie verts et rouges pour les actes solennels à effet perpétuel, cire jaune sur double ou simple queue de parchemin pour les actes à effet transitoire, cire rouge pour les lettres closes.

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Jehanne - dans La Société
6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 10:24

Les couleurs au Moyen âge.

 

 

 

 

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C’est au Moyen Âge que le bleu est peu à peu devenu, à partir du XIIe siècle, la couleur emblématique de l’Occident chrétien. Couleur de deuil éclaircie, égayée, elle est devenue celle de la Vierge. Suger puis saint Bernard, par l’influence qu’ils eurent sur le roi en firent peu à peu, sur un terrain cependant favorable, la couleur royale ; associée au lys, lui aussi marial. Les couleurs ont au Moyen Âge, une valeur ; participant de la lumière elles sont aussi une émanation de Dieu.

Certains théologiens s’en méfient toutefois, car elles représentent pour eux le côté dangereux, séduisant, inutile et vain de la beauté. Saint Bernard associera les couleurs à la beauté féminine, et sera hostile à leur présence sur les vêtements des moines. Une couleur trop riche détourne le fidèle et constitue un obstacle à sa piété. Ainsi la relative rigueur de nos costumes contemporains provient-elle du De vestitu (Du Vêtement) de Melanchthon, et des considérations de Calvin, Luther et Zwingli sur l’immoralité des teintes chaudes ou trop claires.

Avant, les couleurs principales étaient le rouge, le noir et le blanc. Le bleu s’intégrera petit à petit à ces trois pôles, amenant avec lui le vert, le jaune… et révolutionnera un ordre de couleurs existant depuis la protohistoire.

La couleur bleue existait avant le Moyen Âge, mais sans nom particulier, ne comptant pas. Les termes latins ne suffisaient pas à la définir, ni à la conceptualiser, ainsi, les Romains ignoraient cette couleur ou la tenaient pour insignifiante.

L’émergence du bleu, au cours du XIIIe siècle est surtout due à la possibilité nouvelle de teinter efficacement et durablement les tissus en un bleu plus vif que jusqu’alors. Le rouge, qui était plus facile à obtenir, sera alors sérieusement concurrencé. Ainsi tout au long du XIIIe siècle le rouge sera peu à peu remplacé par le bleu dans les vêtements aristocratiques. Ce n’est cependant pas seulement la couleur qui fait le rang social : roi et paysans peuvent tous deux porter du bleu, c’est l’éclat du vêtement qui fera son prix. Une belle couleur étant une couleur franche, presque saturée.

La couleur sert cependant à classer, distinguer ou désigner (les ordres monastiques sont ainsi désignés par la couleur de leur robe). Dans certaines régions, les exclus sont tenus de porter certaines couleurs qui vont les distinguer ; d’autres couleurs leur étant interdites.

Par leur valeur et leur symbolique propre les couleurs seront aussi associées aux caractères, la mode faisant et défaisant les vogues. Ainsi le jaune qui, très recherché dans l’Antiquité, est désormais l’avant dernière de nos couleurs préférées. Au Moyen Age il représente la couleur de la fausseté et de la trahison (Judas est ainsi toujours représenté vêtu de jaune, la barbe et les cheveux roux). L’or, très souvent utilisé à partir du XIIe siècle, sera considéré comme le bon jaune. Quant au vert, s’il est associé au jaune, il sera lui aussi la couleur du désordre et de la folie.

D’autres teintes assumant le rôle de mauvaises couleurs, le noir s’en trouvera moins dévalorisé. D’un noir terne et inquiétant des ténèbres, on passe au bon noir de la tempérance et de la modestie. Le XVe siècle devint partout le siècle du noir, l ’association du noir au deuil étant un phénomène plutôt récent.




La symbolique des couleurs

Argent
(blanc)
Vertus ou qualités : pureté, chasteté, justice, espérance, étérnité
Vices ou péchés : mort, désespoir, ambiguïté

Or (jaune)
Vertus ou qualités : richesse, noblesse, foi
Vices ou péchés : avarice, fausseté, félonie, trahison, paresse, envie

Gueules (rouge)
Vertus ou qualités : force, courage, largesse, charité
Vices ou péchés : orgueil, cruauté, colère

Azur (bleu)
Vertus ou qualités : loyauté justice, sagesse, science, fermeté, amour fidèle
Vices ou péchés : sottise, roture, bâtardise

Sable (noir)
Vertus ou qualités : humilité, patience, tempérance, pénitence
Vices ou péchés : deuil, désespoir, mort

Sinople (vert)
Vertus ou qualités : beauté, jeunesse, vigueur
Vices ou péchés : désordre, folie, amour infidèle, avarice

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Jehanne - dans La Société
6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 10:12

L'éclairage au Moyen âge.

 

 


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Comment s’éclairaient nos ancêtres ? L’histoire nous répond qu’ils adoptèrent d’abord l’usage des lampes à pied ou suspendues à l’imitation des Romains et dans lesquelles ils brûlaient, dans le nord, de l’huile de navette ; dans le midi, de l’huile de noix. Mais l’usage de la cire et surtout du suif était aussi fort répandu sous forme de chandelles.

Ce dernier terme s’appliqua, jusqu’au XIVe siècle, aussi bien pour désigner la chandelle proprement dite, ou de suif que la bougie ou chandelle de cire. A partir de cette époque cependant trois mots sont employés dans un sens distinct : chandelle, pour le suif, cierge pour la cire d’église, bougie pour la cire employée dans les habitations parce que c’était de la ville de ce nom que l’on tirait la cire d’Afrique qui passait pour la meilleure.

La chandelle de suif constituait, alors comme jusqu’à ces dernières années, l’éclairage des classes peu aisées à cause de son prix relativement faible ; la cire était rare même dans les habitations somptueuses .

Dans les fêtes, on ajoutait à cet éclairage des torches de résine que des serfs portaient à la main. Le tragique épisode du Ballet des Ardents prouve que cette coutume, déjà signalée dans Grégoire de Tours, s’était perpétuée jusqu’au règne de Charles VI.

Dès le XIVe siècle, il existait une corporation des chandeliers-ciriers-huiliers rangée sous la bannière de Saint-Nicolas. L’apprentissage était de six ans. Les principales opérations du métier consistaient à clarifier le suif et la cire, à couper et à ajuster les mèches de deux fils de coton et d’un fil de chanvre, à les attacher par rangées à une baguette, à les plonger et à les replonger, jusqu’à ce qu’elles aient acquis la grosseur et le poids convenable, dans le vase qui contient le suif ou la cire en ébullition. Les meilleures chandelles de cire venaient du Mans.

La falsification n’a pas attendu notre époque pour s’exercer aux dépens de l’acheteur ; certains chandeliers recouvraient de bon suif une chandelle formée de mauvaise matière première ; ces chandelles fourrées donnèrent lieu à bien des discussions et aussi à des règlementations. Au XVe siècle, il était interdit aux membres de la corporation de mêler la vieille cire avec la nouvelle, le suif de mouton avec le suif de vache, et de mettre, aux mèches, plus d’étoupe que de coton. Plus tard, on améliora la fabrication en ajoutant une couche de suif à trois couches de cire. On employa le marc d’huile de noix pour faire des chandelles ; on fit la mèche entièrement en coton ; on vendit des chandelles de toutes les couleurs, de toutes les nuances, en cire blanche, bleue, rouge, verte, jaune, jaspée ; « triolé, riolé, comme la chandelle des rois », disait un vieux proverbe.

La chandelle n’était guère perfectible ; malgré les grands progrès de la chimie on n’a pu arriver à combattre complètement la trop grande fusibilité du suif et la combustion incomplète de la mèche ; seule, la bougie stéarique, due aux travaux de Chevreul, a apporté à ce mode d’éclairage insuffisant un remède efficace.

Ce coup d’œil jeté rapidement sur l’histoire de la chandelle, il nous reste à dire quelques mots des ustensiles, flambeaux, chandeliers, bougeoirs destinés à la maintenir et à la transporter.

Au moyen âge, les chandeliers, quelle que fût leur destination, civile ou religieuse, étaient couverts de représentations animales. Ceux d’église portent tous à leur base des dragons qui sont un symbole de la victoire de la lumière sur l’esprit des ténèbres.

Le cétébie, flambeau dit de Glocester, que nous reproduisons et qui flgure au musée de South-Kensington, de Londres, est un exemple curieux de l’orfèvrerie religieuse au début du XIIe siècle. Il est formé d’un alliage d’argent doré. Sa base triangulaire s’appuie sur trois têtes de dragons. Sa tige, son pommeau et son calice supportent quarante-deux monstres tous différents émergeant d’un fouillis de feuillages contournés, de banderoles et d’inscriptions latines portant des devises, le nom du donateur, etc.

Le métal, la faïence, le bois même sont employés alors dans cette fabrication. L’émaillerie y est fort commune ; Limoges, au XIIIe siècle, produisait des chandeliers champlevés.

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Jehanne - dans Divers
6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 09:51

La cheminée au Moyen âge.

 

 

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Les Anciens n’ont pas connu la cheminée d’appartement. Le combustible destiné au chauffage domestique était placé dans un brasier ou dans un chariot à feu plein de braise ardente que l’on transportait dans les différentes salles. Chez les Grecs, ces boîtes en métal plus ou moins décorées et reposant sur quatre pieds qui affectaient le plus souvent la forme de pattes d’animaux, se nommaient escharion. La fumée sortait par les portes, les fenêtres ou par une ouverture pratiquée dans la toiture. Ce procédé primitif était employé à Rome, aussi Vitruve recommandait-il de ne pas orner de peintures les chambres d’hiver parce que la fumée les aurait promptement détériorées. La douceur du climat de la Grèce et de l’Italie explique ce peu de complication dans le mode de chauffage.

Cependant les Romains ont connu aussi des calorifères souterrains ou hypocaustes dont les conduits transmettaient la chaleur à travers l’épaisseur des murs.

Pendant la période gallo-romaine, en Gaule et en Angleterre, les édifices publics et les demeures des riches furent chauffés avec des hypocaustes ; mais les gens du peuple, obligés de passer les mois d’hiver dans des salles closes, furent conduits par les inconvénients de la fumée à lui ménager une issue disposée, de manière que la pluie pût tomber dans le foyer sans inconvénients pour eux. Ces constructions ou cheminée permettaient non seulement de chauffer l’appartement mais encore d’utiliser le foyer pour les besoins domestiques. Au XIe siècle leur usage était général ; elles pénétrèrent peu à peu dans les riches demeures et amenèrent la suppression des hypocaustes. Ces cheminées du début du moyen-âge sont énormes ; elles tenaient presque toute la largeur des salles, on y mettait des bancs, et des escabeaux. pour s’asseoir dedans et dessous, les pieds dans un panier en vannerie servant d’écran. Certaines cheminées dans les habitations actuelles de nos paysans sont construites sur un modèle analogue et c’est sous leur manteau que se passent les longues veillées d’hiver. Elles ne consistèrent d’abord qu’en une simple hotte pyramidale suspendue au-dessus du foyer ; plus tard on les munit d’un chambranle porté sur deux montants appelés jambages ou pieds-droits et d’une frise supportant une tablette horizontale. La pierre, l’albâtre, le marbre, suivant la richesse du propriétaire de l’habitation, servaient à les construire. Beaucoup étaient surchargées d’ornements consistant en peintures, dorures, sculptures. Pendant l’été, on garnissait l’âtre de verdure et de feuillage naturels.

Au XIIIe siècle, les cheminées atteignent leur maximum de largeur ; leur manteau se taille en arc plus ou moins fermé, la forme de la hotte s’arrondit légèrement.

Au XVe siècle les cheminées des châteaux sont de magnifiques monuments. 

Dans la plupart des habitations une seule pièce était garnie d’une cheminée, cependant il y en avait parfois plusieurs dont les conduits se réunissaient tous dans un même tuyau débouchant au-dessus du toit.

Ces cheminées énormes avaient un défaut capital ; la presque totalité du combustible y brûlait en pure perte, le tirage était très défectueux et la fumée Se répandait souvent dans la pièce.

Ce n’est pourtant qu’à la fin du XVIIIe siècle que la construction de ces appareils de chauffage commence à s’améliorer au point de vue du rendement. On diminua la largeur et la hauteur des âtres ; la section des tuyaux de fumée fut réduite. Malgré ces aménagements, le rendement en chaleur est toujours hors de proportion avec le combustible dépensé, c’est ce qui amena l’usage du calorifère.




Les accessoires de la cheminée

Les principaux accessoires de la cheminée sont le soufflet, le chenet, la pelle, la pincette et le pare-étincelles. En dehors de leur utilité évidente, ils contribuent à l’ornement de l’appartement et forment, avec la cheminée, un tout complet.

Le chenet a été connu des anciens ; on en est aujourd’hui certain grâce aux fouilles effectuées un peu partout. Dans les ruines de Pœstum on a trouvé un véritable chenet de fer qui ressemble d’une façon étonnante à ceux que l’on fabrique aujourd’hui. Pompéi, qui nous a tant appris sur la vie des anciens, a fourni des chenets de fer assez grossiers, ce qui ’prouve que les Latins ne les employaient que dans leurs cuisines : ils ont d’ailleurs ignoré l’usage de la cheminée d’appartement.

En France, pendant le moyen-âge, le chenet s’appelait queminel ou chemineau, sans doute parce qu’il était un des ustensiles inséparables de la cheminée. Froissart, au XIVe siècle, le cite souvent sous ce nom dans ses chroniques.

On le nommait aussi chiennet , d’où est venu son nom actuel ; parce que, probablement, la décoration de sa partie antérieure, à droite et à gauche de la chevrette, barre de métal qui empêchait les bûches de tomber consista d’abord en une tête de chien. Cette étymologie semble confirmée par les noms anglais et allemand (firedog, feuerhund) de cet ustensile, mots signifiants l’un et l’autre chien de feu.

En dehors des chenets ordinaires, il y en avait au moyen-âge de plus grandes dimensions, les landiers. Généralement en fer forgé, ils atteignaient parfois plus d’ 1m mètre de hauteur, sans paraitre cependant trop grands dans les cheminées monumentales de cette époque.

Une certaine ingéniosité était apportée à la fabrication de ces ustensiles. Les landiers à crochets ou hatiers, conservés jusqu’à nos jours dans quelques vastes cuisines de ferme, sont pourvus de crochets sur lesquels on peut appuyer des broches ou suspendre des anses de chaudron.

Les landiers rigodets étaient aussi fort répandus au moyen-âge. Leurs montants se terminaient par des corbeilles dans lesquelles on mettait les plats soit pour les empêcher de se refroidir, soit pour les cuire lentement. Le musée de Cluny possède une fort belle collection de landiers qui comprend environ trente numéros.

Au XlVe siècle, les landiers sont ornés de rinceaux, de figures d’animaux, d’hommes d’armes en pied ; on y rencontre fréquemment les armoiries et les écussons de leur propriétaire.

Dès le début du XVIIe siècle, la réduction des cheminées amène celle des chenets. Quant à leur décoration, elle suit les styles. Sous Louis XIV, le chenet est majestueux et froid comme tout le reste ; avec le successeur du grand roi apparaissent la rocaille et la coquille ; sous Louis XVI, la pomme de pin est un ornement commun, ainsi que l’urne ovale entourée de guirlandes tombantes.

Pelle à feu et pincette ont existé dans l’antiquité. Le scaleuthron des Grecs, le sarculum des Latins correspondaient sans doute à notre pelle à feu, mais n’étaient employés que dans les cuisines. Quant au pyragra des Grecs, c’était plutôt une sorte de tenailles utilisée par les forgerons qu’une pincette analogue à la nôtre.

Les accessoires de la cheminée moyen-âge et la Renaissance ont eu des pelles et des pincettes en rapport avec leurs cheminées, c’est-à-dire énormes. Le fer forgé ou ciselé est la matière le plus communément employée.

Au XVIIe siècle, l’usage du cuivre devient fréquent ; plus tard, à mesure que diminue la cheminée, les pelles et pincettes d’argent commencent à se répandre dans les riches habitations.

La décoration suit des transformations de style parallèles à celles qui modifient le chenet.

Le pare-étincelles est une sorte d’écran dont l’utilité est incontestable dans nos appartements actuels si encombrés et si petits. La forme en éventail qu’on lui donne le plus souvent est fort gracieuse, aussi contribue-t-il pour une large part à l’ornementation de nos cheminées modernes. Le pare-étincelles est nécessairement métallique mais l’écran proprement dit, qui a pour mission d’arrêter le rayonnement trop ardent du foyer, est établi au moyen de matériaux divers. Le plus souvent c’est une étoffe tendue sur un cadre approprié.




Le soufflet

Quel fut l’auteur de cet utile autant qu’ingénieux instrument ? Une légende en attribue l’honneur à un Scythe du nom d’Anacharsis qui vivait au VIe siècle avant notre ère. La légende, comme nombre d’autres, est certainement fausse, car Homère, antérieur de beaucoup à Anacharsis, cite fréquemment le soufflet et il y avait sans doute au temps de l’Iliade bien des siècles qu’un avisé forgeron avait eu l’idée de lancer sur la flamme de son foyer, pour obtenir une plus haute température, le jet d’air violent sortant d’une peau de bouc poussée.

Beaucoup d’appareils employés aujourd’hui dans l’industrie résultent de perfectionnements apportés à des objets domestiques ; pour le soufflet l’inverse s’est produit. De la forge du métallurgiste en plein vent il a passé peu à peu dans l’appartement.

On peut définir le soufflet, un instrument qui utilise la compression de l’air à l’allumage du feu en produisant un courant d’air forcé. Il se compose essentiellement de deux surfaces, les ais ou flasques, terminées par deux poignées que l’on nomme aussi les manches ou queues et qui servent à manœuvrer, c’est-à-dire à les écarter et à les rapprocher alternativement. A cet effet les ais sont réunis par un morceau de cuir qu’on nomme aussi peau ou quartier. L’un des ais est muni d’une soupape ou âme s’ouvrant de dehors en dedans. Quand on écarte les ais, la pression diminue à l’intérieur de la caisse du soufflet, l’air se précipite par la soupape et gonfle les cuirs.

Le rapprochement comprime l’air emprisonné et le chasse par une petite tuyère dont le rôle est double : elle augmente la vitesse de sortie de l’air et elle permet de diriger le vent au point précis où il est nécessaire.

Les anciens, n’ayant pas de cheminées d’appartement, n’utilisèrent le soufflet que dans les forges ou dans les cuisines. Il est fort probable qu’ils ne consacrèrent pas beaucoup de soins à son ornementation ; les documents manquent d’ailleurs à ce sujet. Le moyen-âge connut aussi le soufflet que l’on désignait alors sous le nom de buffet, du vieux verbe français buffer signifiant souffler, encore employé dans quelques régions notamment en Poitou et dans les Charentes.

Au XIVe siècle. les matières employées ainsi que la décoration étaient luxueuses ; les inventaires nous parlent de « buffets » d’or ou d’argent avec émaux et pierreries. Pendant la Renaissance, le soufflet grandit, il devient énorme comme le beau spécimen en bois sculpté que reproduit notre gravure. On l’orne de dorures, de personnages fantastiques, d’armoires. Les sujets sont très variés mais, presque toujours, au bas est sculpté Eole, dieu du vent, mordant la tuvère.

Le Musée de Cluny, le Louvre possèdent quelques soufflets de cette époque merveilleusement décorés.

Au XVIIe siècle la sculpture est à peu près abandonnée, les incrustations de nacre, de cuivre, de verroterie sont prédominantes. Chaque époque apportant ses caprices et ses modes, au siècle suivant la marquèterie est surtout employée. Aujourd’hui le soufflet d’appartement porte l’empreinte de la banalité courante qui marque tous les objets usuels et les collectionneurs de l’avenir auront bien peu à conserver de ce qui concerne notre siècle. Si le soufflet d’appartement a peu varié, sauf par la décoration, il n’en est pas de même du soufflet de forge qui a augmenté sa puissance dans des proportions considérables. Le soufflet de forge actuel est disposé de manière à produire un jet d’air continu ; il comprend trois tablettes reliées entre elles par une peau que soutiennent deux ais flexibles. Les deux tablettes inférieures portent chacune une soupape s’ouvrant de bas en haut. Celle du bas, que manœuvre une chaine par l’intermédiaire d’un levier, porte un poids qui la fait baisser quand on cesse de peser sur la chaîne ; la tablette supérieure porte également un poids pour comprimer et chasser l’air emmagasiné en dessous. En tirant la chaine, l’air de la chambre inférieure passe dans la supérieure et est chassé avec force par la tuyère. Quand le forgeron abandonne la chaîne, le poids entraine la tablette inférieure, l’air du dehors pénètre dans la chambre inférieure qui s’emplit pendant que l’autre se vide en partie.

Il faudrait pour être complet décrire les différentes formes de soufflets industriels, parler des soufflets composés de caisses s’éloignant ou se rapprochant, décrire les ventilateurs et parler des machines soufflantes, mais ce serait s’écarter quelque peu du but que nous nous sommes proposé, car l’art est absent de ces applications industrielles ; bientôt même, le modeste soufflet d’appartement, par ce temps de poêles mobiles, de calorifères, de foyers au gaz et à l’électricité, ne laissera plus que le souvenir d’un objet disparu.

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Jehanne - dans Divers
25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 10:58
L'Ordre de l'Hôpital.




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L'Ordre de l'Hôpital St Jean de Jérusalem, plus connu sous le nom d'Ordre de Malte, fut fondé en Palestine, en 1113 par Gérard Tenque. Ils desservent des hospices pour les pèlerins, appelés Hopitot, ils y soignent aussi les gens malades ou blessés. Les hospitaliers ne devinrent un ordre militaire que vers 1140, sans toutefois perdre leur rôle hospitalier et se battent comme les Templiers (L'ordre des Hospitaliers se garda d'intervenir au procès du Temple 1307-1314). Portant la croix blanche sur leur manteau noir, les Hospitaliers luttent sans merci contre les sarrasins, et défendent le territoire chrétien depuis d'inexpugnables forteresses, comme le Krak des Chevaliers en Syrie. Chassés de Terre Sainte par la victoire musulmane par la prise de Saint-Jean-d'Acre en Syrie en 1291, ils se réfugient à Chypre en 1291, Rhodes en 1302 puis Malte qui donna son nom à l'ordre.

Après la prise de Rhodes en 1522 par la puissante armée, forte de 300 000 hommes, du sultan Soliman le Magnifique, qui informé par l'un des assiégés de la situation désespérée dans la citadelle, repris l'assaut jusque là infructueux alors qu'il était en train de lever le siège qui durait depuis six mois , le grand maître des hospitaliers, chassés de l'île le 1er janvier 1523, Villiers de L'Isle-Adam, demanda au pape Clément VII un nouvel asile pour l'ordre et, en 1530, Charles Quint leur céda l'île de Malte en toute souveraineté à la condition de poursuivre leur mission en repoussant les Turcs.



Ils prirent alors le nom de "chevaliers de Malte"

Issus de l'ordre des Hospitaliers-de-Saint-Jean-de-Jérusalem à partir de 1530, les chevaliers de Malte organisèrent la défense de l'archipel de Malte en édifiant plusieurs fortifications (fort Saint-Ange, fort Saint-Elme, fort Saint-Michel, etc.) afin de lutter contre les Turcs. Tous ses membres, des nobles de naissance en général, étaient revêtus d'une cape noire ornée d'une croix blanche.


En 1530 aussi, à la suite de la Réforme, l'Ordre se scinde en deux branches : la branche catholique qui prend le nom d'ORDRE DE MALTE et la branche protestante qui conserve le nom d'ORDRE DE SAINT-JEAN. Les deux ordres adoptent comme emblème la Croix de Saint Jean blanche à huit pointes qui rappelle les huit béatitudes du Sermon sur la Montagne (Mathieu V).



Paradoxalement, cet emblème ressemble à l'étoile du compost alchimique au sortir du Premier Oeuvre !

Aujourd'hui les deux branches de l'Ordre restent en relation à l'intérieur de la communauté chrétienne, comme en témoigne la réunion solennelle tenue tous les cinq ans entre l'Ordre de Malte et les différentes composantes de l'Ordre de Saint-Jean réunis dans l'Alliance des Ordres de Saint-Jean.


Sous le règne du grand maître de l'ordre, Jean Parisot de La Valette, les Maltais résistèrent au Grand Siège des Turcs de 1565. C'est l'année suivante, en 1566, que La Valette, la capitale de l'archipel, fut fondée. Dans les années qui suivent l'héroïque défense de Malte, l'ordre atteint l'apogée de sa gloire; dans toute la chrétienté, les nobles cherchent à en grossir les rangs.


Par la suite, les chevaliers de Malte continuèrent leurs luttes contre les Turcs en s'illustrant notamment à la célèbre victoire de Lépante en Grèce (1571) où la flotte chrétienne de la Sainte Ligue (Espagne, Venise, Saint-Siège et chevaliers de Malte) mit en déroute la flotte turque d'Ali Pacha, celui-ci étant jusqu'alors réputé invincible. Les chevaliers de Malte réussirent à maintenir leur ordre militaire dans une relative indépendance; ils possédaient non seulement leur propre armée et leur marine de guerre, mais ils frappaient monnaie, concédaient des prêts à faible taux d'intérêt, ouvraient des banques et envoyaient des représentants diplomatiques dans toutes les cours d'Europe. En réalité, grâce aux chevaliers, les îles de Malte formèrent un petit État souverain qui, de 1530 à 1798, rendit les plus grands services à la chrétienté et fut la terreur des pirates musulmans.


Au cours des siècles, l'esprit des chevaliers de l'ordre de Malte s'altéra et les chevaliers commencèrent à occuper leur temps pour satisfaire uniquement leurs propres intérêts. D'une part, les guerres contre les Ottomans avaient fini par s'atténuer au point où les chevaliers tissèrent même des liens d'amitié avec les Turcs et autres musulmans; d'autre part, le pape n'avait plus besoin de faire appel régulièrement aux services de ces chevaliers.


En 1798, le 71e et dernier grand maître des chevaliers de l'ordre de Malte sur l'île, l'Allemand Ferdinand von Hompesch, se rendit au général Bonaparte après une résistance symbolique. En 1802, les "chevaliers au blanc manteau" et à la croix de Malte furent expulsés par les Britanniques. Aujourd'hui, l'ordre de Malte continue d'être reconnu par l'Église catholique de Rome, mais il ne s'agit plus que d'un ordre de chevalerie ecclésiastique et strictement honorifique.


Lors de la bataille dite de Waterloo, le 21 juin 1815. Les cavaliers de la division du 6ième corps (détachée du corps de Vandamme 3ème,1 100 hommes.), commandé par le général français Jean-Siméon Domon, hussard avant tout, qui s'était illustré à la bataille du mont Thabor (16 avril 1799), furent soignés à la ferme de Mont-Saint-Jean, vaste quadrilatère en briques chaulées, pierres blanches et bleues, qui appartenait à l'Ordre du Temple depuis 1230, avant d'être reconstruite par l'Ordre de Malte en 1778 et transformée en hôpital militaire suite aux sanglants combat du 18 au 21 juin 1815.


En 1998, le gouvernement maltais a autorisé l'ordre de Malte à reprendre possession du fort Saint-Ange de La Valette, mais l'ordre est resté essentiellement hospitalier; il soigne et vient en aide aux démunis. Par ailleurs, l'actuelle société de l'Ambulance Saint-Jean, arborant la croix de Malte comme logo, provient directement de cet ordre de chevalerie; il en est ainsi pour les Chevaliers de Colomb.
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Jehanne - dans Personnages Historiques

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