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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 10:38
Les redevances seigneuriales.



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Les redevances que doit un paysan à son seigneur sont doubles : foncières et banales.
Les redevances foncières sont en quelque sorte le prix de la location des terres cédées aux paysans ; elles sont payables en argent, c'est à proprement parler le cens, ou en nature. Elles comprennent également un certain nombre de journées par an, voire même par semaine, réservées au travail des terres non affermées de la seigneurie.
Les redevances banales sont variées : obligation, pour les paysans, d'utiliser, en payant, le moulin banal, le four banal, le pressoir banal ; "corvée", c'est-à-dire réquisition des paysans pour l'entretien du château, des routes, l'abattage des forêts, etc. Et souvent, sous prétexte de se faire aider, le seigneur exige le paiement arbitraire d'une "taille".


Les principales ressources nobiliaires sont les suivantes :

- la taille : impôt direct sur les roturiers,
- la gabelle : impôt sur le sel,
- les fouages : redevance par maison ou par feu,
- les taxes sur le fonctionnement du four banal, du moulin, sur le travail du bouilleur de cru,
- les droits de passage sur les ponts,
- les jours de corvée.

Aucun noble ne pouvant se payer le prix d'une jacquerie, pour que les manants ne soient pas enclins à la révolte face à ces impots, les seigneurs, en accord avec l'Eglise, accordent de nombreux jours fériés où le peuple fête ses saints patrons, la venue du printemps ou la salaison du cochon.


Revenus royaux


1179 : 20.178 livres pour 41 prévotés

1180 : 20.000 Livres Tournoi
1185 : 24.607 Livres pour 52 prévotés
1200 : 35.000 Livres Tournoi
1203 : 34.719 pour 62 prévotés

1355 : octroi spécial accordés par les pays du nord et du sud : 5.400.000 livres de subsides pour une armée de 30.000 hommes pour un an. (= 5% des transactions nationales).
1360 : 1.500.000 Ecus
1423 : octroi spécial accordés par les pays du nord et du sud : 1.300.000 livres tournois.
1426 : octroi spécial accordés par les pays du nord et du sud : 1.182.000 livres tournois.
1439 à 1444 : octroi spécial : 2.698.000 livres tournois (oil : 918.000, oc : 1.800.000).
1460 : 1.800.000 Livres Tournoi
1461 : 1.800.000 Livres Tournoi dont 1.200.000 pour la Taille
1481 : 4.600.000 Livres Tournoi pour la taille
1483 : 100.000 Livres Tournoi pour le domaine (5.500.000 Francs de 1914)

655.000 Livres Tournoi pour aide et gabelle (36.000.000 Francs de 1914)

3.900.000 Livres Tournoi pour la taille (214.500.000 Francs de 1914)
1490 : 3.900.000 Livres Tournoi pour la taille (214.500.000 Francs de 1914)


Voirie

"Denier de la chaussée" : impot pour l'entretien de la voirie à Troyes dès 1270.

"Droit de Chaussage" : impot pour l'entretien de la voirie à Reims.


Impots pour la voirie à Dijon en 1428 :

16 deniers tournois par mine de blé à moudre,

20 sous par queue de vin déchargée dans l'agglomération.
6 deniers par boeuf entrant ou sortant,
3 deniers par vache entrant ou sortant,
2 deniers par porc entrant ou sortant,
1 denier par ovin/caprin entrant ou sortant,
et sur les chariots en fonction du nombre de roues et du ferrage.


Impots pour la voirie à Dijon en 1374 :

1 gros tournoi d'argent par an par toise de mur ou jardin de la maison au propriétaire (devant, derrière ou sur les cotés).

1 gros viez d'argent/an au locataire.
1 denier tournoi / roue ferrée.
1 obole tournoi / roue non ferrée.
1 denier tournoi par cheval, jument, mule, mulet, ane, anesse, boeuf, vache, porc ou truie qui entre dans la ville.
1 obole (1/2 denier) pour les autres bêtes à 4 pattes.


Impots pour la voirie à St Omer depuis 1320 :


2 deniers par chariot à 4 roues,

1 denier par charrette à 2 roues,
1 maille par cheval de bat.


Les impots ne taxent pas beaucoup les riches en ville :

0,4% des revenus des riches

1% des revenus des moyennement aisés
0% des revenus des pauvres


Amendes

Pour vendre son vin en dehors des périodes permises : 60 sous d'amende

On a une amende si on utilise un four personnel au lieu du four seigneurial.
Pour avoir fait du mauvais platre : 5 sous d'amende (2 à une chapelle, 2 au maitre du métier, 1 à celui qui aura mesuré le platre).
Si un marchand veut quelquechose de mauvaise qualité, il risque une amende de 5 à 20 sous sous St Louis.
A Nantes en 1468, si on jette ses ordures là ou c'est interdit :

prison + 60 sous au chef de famille,

prison + 7 sous 6 deniers aux autres.

A Nantes en 1468, si on ne nettoye pas devant chez soi : 60 sous d'amendes.

A Troyes, au 15eme, si on a une arme sur soi, elle est confisquée et on a 10 sous d'amende.


Rançons
Rançons du roi Jean Le Bon :


1ere : le Sud-Ouest (le Poitou), l'hommage de Bretagne, 4.000.000 Ecus

2eme : Touraine/Anjou/Maine/Normandie
3eme : Aquitaine/Loire au Massif Central/Pyrenees (1/3 du royaume), Calais + marches, Ponthieu + Guines, 3.000.000 d'Ecus payés en 3 ans (13,5 Tonnes d'or)

Rançon de Du Guesclin : 100.000 F

Rançon de Charles d'Orléans en 1440, 400.000 écus d'or
Rançon d'une noble dame en 1438, 1400 écus.

Louis XI paie à Edouard IV 75.000 écus pour qu'il ne fasse pas la guerre en France, avec une rente de 50.000 écus.



Taxes

Pour faire du pain : sous St Louis un boulanger paie 43 deniers par an pendant 4 ans.

En Septembre 1436, un hotteur paie une taxe de 2 blancs pour entrer dans Paris, une charette de cuves de vignes : 8 blancs, 2 charettes : 16 blancs ; 3 charettes : 8 sous parisis.
Vers 1436, les garnisons au alentour de Paris taxent les vignerons de 8 à 10 queues de vin pour la saison.
Taxe de pont en Mai 1441 à Paris : une charette pleine paie 6 doubles, un chariot plein paie 12 doubles.
La taxe sur la bière rapporte 26400 F en Janvier 1429 à Paris.
La taxe sur le vin rapporte 2200 F en Janvier 1429 à Paris.

La douane des ports Carolingiens (Dorestad, ...) taxe de 10% toute marchandise qui y transite (avec des exceptions pour certain).


La location d'un étal à la foire de Reims, coute 6 deniers à partir de 1345 ; rien si l'étal est mobile.

En 1411, il coute 2 à 16 sous, à la tête.
En 1412, à Reims, un étal de 7 pieds de long paie 12 deniers. Plus de 7 pieds de long paie 2 sous parisis. Si on refuse de payer, l'amende est de 40 sous parisis.
L'amende pour un étal non autorisé est de 22 sous 6 deniers en 1428 à Reims.
En 1428, à Reims, un étal portatif ne paie pas de taxe ;
un étal de cordonier, retingotier, quincailler, de moins de 7 pieds de long, paie 6 deniers parisis ; plus de 7 pieds de long, paie 12 deniers parisis ;
un étal de boucher de moins de 7 pieds, paie 12 deniers ; un étal de boucher de plus de 7 pieds de long paie 24 deniers.

Au 12ème siècle, à Cologne, un paysan paie 6 marks à l'intendant et 3 au prieur de la cathédrale comme taxes annuelles.


Au 12ème siècle, sur le domaine de Rommersheim, les taxes annuelles à l'abbaye sont par manse :


1 porc de 20 pfennigs

1 livre de lin
3 poulets
18 oeufs
1/2 chargement de vin en Mai et en Octobre
5 charretées de fumier
5 javelles d'écorce d'arbre
12 charretées de bois
du travail au fournil et à la brasserie
le transport de 50 planches ou 100 bardeaux à l'abbaye pour le toit de l'église
garder les cochons 1 semaine dans la forêt
travailler 3 arpents de terre 3 jours par semaine
livrer 5 boisseaux de grains de 40 km de distance
surveiller la grange
entretenir une plate bande du jardin
les femmes doivent coudre les culottes Lorsque l'abbé vient en visite, les paysans doivent fournir collectivement 4 boeufs et 1 chariot pour les déplacements.


Taxe sur les juifs par Philippe Auguste :
en 1202, elles rapportent 1200 livres

en 1217, elles rapportent 7550 livres
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Jehanne - dans La Société
25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 10:00


L'hygiène dentaire.



Dans un passage du " Regimen Sanitatis " de l’Ecole de Salerne on peut lire, en 1239, le passage écrit par le médecin-poète Jean de Milan :


"Frotte tes dents et les tiens nettes
Rien n’est si laid quand tu caquettes
Ou ris, de voir sous ton chapeau
Des dents noires comme un corbeau
Qui te donnent mauvaise haleine."


Pour se blanchir les dents, il fallait se les frotter avec du corail en poudre ou de l’os de seiche écrasé. Jusqu’au moyen-âge, les dents sont rarement frottées mais, quand c’est le cas - dans les milieux nobiliaires -, elles sont nettoyées avec un cordon de soie (esguillette) ancêtre du fil dentaire. C’est au XIVèmesiècle qu’apparaissent les premiers cure-dents fabriqués. On se rince la bouche à l’eau ou avec une soupe de vin, voire de l’urine (son usage, attesté depuis le monde romain est cité dans les recommandations d’usage du médecin d’Henri III et disparaît au XVIèmesiècle) et parfois avec de l’oxymel (mélange de miel, de vinaigre et de sel marin). Les mauvaises dentitions sont donc courantes.
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Jehanne - dans L'hygiène
3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 16:31
La femme en ville au Moyen âge.








Les femmes se passionnent rapidement pour le jeu de cartes dont la grande vogue date du règne de Charles VII. La chose s'explique aisément.
Exclues dans une large mesure des jeux d'exercice, ne pouvant jouer aux dés sans être mal vues si elles occupent un certain rang, elles trouvent dans les cartes l'occasion de mêler hasard et réflexion. Il s'agit, en outre, d'un jeu d'intérieur, ce qui leur convient parfaitement. Dans cet intérieur où elles se retrouvent pour bavarder, en particulier le soir à la veillée. Une habitude que n'apprécient guère les autorités ecclésiastiques qui redoutent des indé­cences. Un mandement de 1493 relatif au diocèse de Saint-Brieuc rappelle l'interdiction de tenir de telles réunions «dans notre cité et le diocèse entier».

Si les femmes n'ont pas le droit d'exercer la médecine, quelques-unes pourtant réussissent dans ce domaine, telle Jacqueline Félicie de Almania, connue par le procès que lui intentent les régents de la Faculté de Paris. Elle agit en vrai médecin, mirant les urines et prenant le pouls. Plusieurs patients viennent témoigner en sa faveur, affirmant qu'elle les a guéris, alors que d'autres médecins n'y parvenaient pas. L'un d'eux affirme qu'il a fréquemment entendu l'accusée dire qu'elle s'y connaît davantage en matière de médecine et de chirurgie que les praticiens parisiens les plus renommés. Jacqueline elle-même déclare que l'ordonnance qui est à l'origine du procès a pour but d'empêcher les ignorants d'exercer la médecine; elle ne la concerne donc pas puisqu'elle possède savoir et expérience. En outre, les doctoresses, ajoute-t-elle, sont nécessaires parce que de nombreuses femmes éprouvent de la honte à montrer à des hommes leurs organes intimes.Des femmes travaillent le cuir, d'autres le métal. En 1415, à Toulouse, les balles des boursiers (fabricants de bourses) poursuivent le ceinturier Hélie Olivier et son épouse Agnès, accusés d'exercer le métier de boursier de façon illégale. Agnès déclare qu'elle est demeurée plus de douze ans en ce métier et le connaît. Une transaction intervient. Moyennant le paiement des frais du procès, des droits d'entrée et l'exécution d'un chef-d'œuvre, Agnès est autorisée à travailler comme boursière, avec un seul apprenti, sans que son mari puisse l'aider. La place des femmes dans l'artisanat est donc loin d'être négligeable. A en juger par les sources, la condition de la femme est pourtant loin d'être toujours agréable. Au cours du Moyen Age, sa condition a d'ailleurs évolué, se détériorant à la fin de cette période. Ainsi, la veuve de l'artisan suscite des réticences, car on voit en elle une concurrente, alors que l'épouse se borne à aider son mari. Pourtant, la situation des femmes médiévales pourrait être enviée par leurs semblables du XIX' siècle. Il faudra d'ailleurs attendre ces dernières décennies pour qu'elles retrouvent dans certains domaines la situation qu'elles occupaient alors.
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Jehanne - dans La Société
3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 16:24
La symbolique des gisants.



gisant de Du Guesclin à Saint Denis.



Alors que les gisants du XIIIe siècle sont quelques peu hiératiques, les gisants de Philippe III le Hardi, de Philippe IV le Bel et surtout celui d'Isabelle d'Aragon, belle-fille de Philippe III le Hardi, développent une image plus réaliste qui, peu à peu s'imposera.

Aux pieds des gisants de femme, le plus souvent, on trouve fréquemment des chiens, signe de fidélité. Mais cette fidélité représente plutôt celle du chien-guide dans les royaumes souterrains de la mort. Le lion, souvent aux pieds des hommes, représente la puissance, la force, mais aussi la Résurrection, car une légende assurait que le lionceau n'ouvrait les yeux que trois jours après sa naissance.

Au Moyen Âge, on réalisait généralement trois gisants : un gisant d'entrailles, un gisant de cœur et un gisant de corps. Le roi était ainsi honoré par trois tombeaux.

Cette multiplication des sépultures résulte des difficultés de conservation des corps lors de leur transport. Après le décès, on ouvre le ventre du défunt et on en retire les viscères. Puis on procède à l'ablation du cœur.

On identifie un gisant de cœur par la présence d'un petit cœur sculpté dans la main gauche du personnage et un gisant d'entrailles par la présence d'un petit sac dans une main. A Saint-Denis, se trouvaient les gisants les plus nobles, les gisants de corps.

Les techniques de conservation des corps étaient rudimentaires au Moyen Âge. Pendant le transport, on le recouvrait de sel, d'aromates et de vin qui jouait alors un rôle d'antiseptique. Plus surprenante fut la coutume, notamment utilisée pour Saint Louis, qui consistait à faire bouillir le corps afin de séparer les chairs et les os. Lorsque le souverain mourut de la dysenterie à Carthage, les chairs du saint roi furent enterrées à la cathédrale de Monreale, en Sicile et les ossements transportés à Saint-Denis.

Du col de la Chapelle, située au Nord de Paris, jusqu'à l'abbaye royale, Philippe III le Hardi transporta sur ses épaules les cendres de son père ; un parcours qui sera plus tard jalonné de sept stations de pèlerinages identifiées par des croix et des sculptures royales, les Montjoies.
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Jehanne - dans La Société
3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 16:17
Les femmes et les croisades.






La direction et le fonctionnement de la société n'est-elle pas plus une affaire d'hommes que les croisades. Et ce, contrairement aux récits qu'en ont fait les historiens. Une multitude de femmes se sont engagées dans les rangs des croisés, souvent aux côtés de leur chevalier de mari. Anne Comnène, fille de l'empereur Alexis, relate l'arrivée des premiers croisés à Byzance. Elle décrit un certain nombre de femmes nobles à cheval ou en litière et d'autres cheminant à pied avec les hommes. Loin d'être des épouses faibles et soumises entraînées malgré elles par leur mari, certaines vont au contraire jusqu'à combattre auprès des soldats, équipées comme eux. Ainsi les épouses des Normands de Sicile, ou Ida d'Autriche qui se joint à Guillaume le Troubadour pour la première croisade, ou encore Florine, fille du duc Eudes I" de Bourgogne qui aurait combattu et rendu l'âme aux côtés de son fiancé Suenon, fils du roi de Danemark. Anne Comnène est frappée en particulier par la Normande Sichelgaïte, épouse de Robert Guiscard, capable de combattre comme un soldat, allant même jusqu'à pour­suivre les déserteurs pour les ramener sur le champ de bataille.

Lors du siège de Saint-Jean-d'Acre en 1191, le chroniqueur Jordan Fatosme raconte que les femmes «montèrent aux remparts et portèrent les munitions; il n'y avait aucune fille ni femme qui ne portât sa pierre jusqu'au rempart pour la jeter». Cela dit, la plupart d'entre elles assument plutôt un rôle actif de soutien et d'encouragement, participant aux travaux des hommes, leur apportant l'eau et les vivres et soignant les blessés. Mais elles ne sont pas plus épargnées qu'eux par les combats ou par les famines. Elles sont tuées ou faites prisonnières par centaines, voire réduites à l'esclavage lors de la chute des Etats de Terre sainte.
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Jehanne - dans La Société
2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 09:22
Le Mont Saint Michel.






"Merveille de l'Occident", le Mont-Saint-Michel se dresse au coeur d'une immense baie envahie par les plus grandes marées d'Europe.

C'est à la demande de l'Archange Michel, "chef des milices célestes", qu'Aubert, évêque d'Avranches construisit et consacra une première église le 16 octobre 709. En 966, à la demande du Duc de Normandie, une communauté de bénédictins s'établit sur le rocher. L'église préromane y fut alors élevée avant l'an mil.

Au XIème siècle, l'église abbatiale romane fut fondée sur un ensemble de cryptes, au niveau de la pointe du rocher et les premiers bâtiments conventuels furent accolés à son mur nord.

Au XIIème siècle, les bâtiments conventuels romans furent agrandis à l'ouest et au sud.

Au XIIIème siècle, une donation du roi de France Philippe Auguste à la suite de la conquête de la Normandie, permit d'entreprendre l'ensemble gothique de la Merveille : deux bâtiments de trois étages couronnés par le cloître et le réfectoire.

Au XIVème et XVème siècle, la guerre de cent ans rendit nécessaire la protection de l'abbaye par un ensemble de constructions militaires qui lui permit de résister à un siège de plus de trente ans.
le choeur roman de l'église abbatiale, effondré en 1421 fut remplacé par le choeur gothique flamboyant à la fin du Moyen-Age.

Ce grand foyer spirituel et intellectuel fut avec Rome et Saint-Jacques de Compostelle l'un des plus importants pèlerinages de l'Occident médiéval. Pendant près de mille ans des hommes, des femmes, des enfants sont venus, par des routes appelées "chemin de Paradis", chercher auprès de l'Archange du jugement, peseur des âmes, l'assurance de l'éternité.

Devenue prison sous la Révolution et l'Empire, l'Abbaye nécessitera d'importants travaux de restauration à partir de la fin du XIXème siècle. Elle est confiée depuis 1874 au service des monuments historiques.

La célébration du millénaire monastique en 1966 a précédé l'installation d'une communauté religieuse dans l'ancien logis abbatial perpétuant la vocation première de ce lieu ; la Prière et l'Accueil. Les Frères et les Soeurs des Fraternités Monastiques de Jérusalem assurent cette présence spirituelle depuis 2001.

Parallèlement au développement de l'abbaye un village s'organise dès le Moyen-Âge . Il prospère sur le flanc sud-est du rocher , à l'abri de murailles remontant pour la plupart à la guerre de Cent ans .Ce village a depuis toujours une vocation commerciale.

Inscrit au "Patrimoine Mondial" par l'Unesco en 1979, ce haut lieu touristique reçoit aujourd'hui plus de trois millions de visiteurs par an.



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Jehanne - dans Patrimoine
1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 19:13
Château de la Guyonnière (Deux Sèvres).








La Guyonnière, terre de Haute Justice, édifiée au XIV ème siècle,est un ensemble bâti et paysager typique du Moyen age, qui se compose de deux iles installées dans un marécage d'où partent plusieurs sources alimentant les fossés et donnant naissance à un ruisseau. La forteresse , flanquée de quatre tours et d'une porte fortifiée à double pont-levis, a gardé tous ses éléments ( logis, tour escalier, écuries, grenier, fours, colombier…) malgré quelques remaniements au Xvème et XVIème siècles. Un jardin a été recréé sur le lieu d'origine, une ile à laquelle on accède par un pont-levis.

Sur l'emplacement de « l'ouche » du XIV ème siècle, une ile entourée de profonds fossés, alimentés par des sources, le paysagiste Alain Richert a recréé dans l'esprit médiéval un jardin contemporain (1987) divisé en 9 clos. Pour y accéder,on doit franchir les fossés au moyen d'un pont levis piéton, en état de marche, depuis un passage entre le château et ses écuries. Chaque clos se compose d'un mélange subtil de végétaux différents : fruits, fleurs,plantes à potage,herbes, plantes à poison, plantes mellifères, petits fruits, rosiers anciens et botaniques, arbres fruitiers anciens,…On y trouve :
-un clos des abeilles (mouches à miel) avec ses 4 ruches refaites à l'ancienne (sans hausses) d'après une enluminure du XV ème , et ses plantes mellifères.
- un clos des fêtes (paradis)avec un bassin, une banquette couverte d'aspérule , de violette et de serpolet,autour d'un très vieux poirier, et une estrade végétale ombragée par de vieux arbres qui supportent des rosiers, destinée à accueillir les musiciens , comédiens ou autres artistes venant proposer concerts, poésies,mimes,contes,… au long des beaux jours et soirées de mai à septembre. - un clos des petits fruits,deux clos d'arbustes de collection , un clos des papillons. … - trois clos de plantes médiévales à utilisations variées : -clos des véroniques ( avec tanaisies, pimprenelles, euphorbes, brizes, etc)- clos du saule (avec pivoines, acanthes, muguets, bourraches, iris etc) – clos des choux ou clos des poisons, selon les saisons (avec crambes, calaments, aconits, centaurées, ancolies, anthémis, camomilles,etc). Ces clos sont reliés entre eux par deux tonnelles en bois tordus au feu, recouvertes de vignes et de rosiers.





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Jehanne - dans Patrimoine
30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 11:35

La Bonneterie.








Ouvrages que comprend la Bonneterie.

On appelle ouvrage de Bonneterie, les Bonnets, les Bas, les Gants, les Camisoles, les Chaussons, les Caleçons, et autres ouvrages semblables, faits au métier, au tricot ou à l'aiguille, soit avec de la soie, de la laine, du fil de chanvre et de lin, du poil de Chameau et de Castor, du coton, et d'autres matières semblables.



Bas d'autrefois.

Les Bas portoient autrefois le nom de Chausses, et n'étoient faits que de Drap, ou de quelque autre étofe de laine drapée, dont le trafic se faisoit à Paris par des Artisans qui se nommoient Drapiers-Chaussetiers. Mais depuis qu'on s'est attaché à faire des Bas au tricot, et qu'on a trouvé la manière d'en fabriquer sur le métier avec de le soie, la laine, le coton, etc. la mode des Bas d'étofes s'est presque entièrement perdue.

Ces deux sortes de Bas, qui sont aujourdhui en usage par toute l'Europe, sont des espèces de Tissus formés d'un nombre infini de petits nœuds, ou manières de bouclettes entrelacées les unes dans les autres, auxquelles on donne le nom de Mailles. La Maille est une très belle invention, et dont le travail est fort simple et fort commun, parce qu'on trouve partout des mains prêtes à en montrer l'assemblage.



Bas brochés ou au tricot.

Les Bas qu'on nomme au tricot, à l'aiguille, ou Bas brochés, se sont avec un jeu de longues aiguilles d'argent, de léton, ou de fer, bien polies, qui en se croisant les unes sur les autres, entrelacent les fils, et forment les Mailles dont les Bas sont composés. C'est ce qui s'appelle tricoter, brocher, ou travailler les Bas à l'aiguille. Quelques-unes prétendent que les François doivent l'invention du tricot aux Ecossois, parce que les prémiers ouvrages au tricot, qui se sont vus en France, venoient d'Ecosse. Mais ce qu'on avance pour le prouver n'est qu'une simple conjecture, un fait qui n'est pas averé.



Bas au métier.

Quand aux Bas au métier, il se manufacture à l'aide d'une Machine de fer poli, très ingénieuse, mais dont il n'est pas possible de bien décrire la construction, à cause du nombre et de la diversité de ses parties. On doit cette invention à un François, qui n'ayant pu obtenir un privilège exclusif, qu'il demandoit pour s'établir à Paris, passa en Angleterre, où il fut magnifiquement récompensé. La prémière Manufacture de Bas au Métier, qui se soit vue en France, fut établie en 1656, dans le Chateau de Madrid, au Bois de Boulogne, près de Paris. On prétend qu'en 1740 il se fabriquoit par jour dans la seule Ville de Nismes, environ 2000 paires de Bas de soie, et 5000 de laine. On compte qu'il y a dans Paris 2500 Métiers de Bas, dans Lyon 1300, et dans la Ville et Jurande de Nisme 4500.
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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 14:42
Christine de Pisan.







Christine de Pizan nous a laissé environ quatre cents poèmes en tout genre, ballades, rondeaux, virelais, complaintes. Elle écrivait ces poèmes “d’amant et de dame” sur commande des particuliers, car elle entendait vivre de sa plume.

En effet, son père, Thomas Pizzano, venu en France comme astrologue de Charles V, l’avait mariée avant de mourir à un seigneur français, qui la laisse veuve en 1390. Jeune, intelligente, ayant une bonne éducation, elle se rend compte que la dédicace des écrits peut rapporter assez d’argent. En 1399 elle publie une Epître au dieu d’Amour. En 1401, avec le Dit de la Rose, elle déclenche la fameuse Querelle du Roman de la Rose, en dénonçant la misogynie grossière de Jean de Meung. A la querelle se sont mêlés des personnages très sérieux, parmi lesquels le chancelier de l’Université de Paris, le théologien Jean Gerson. Le Livre des faits et bonnes moeurs de Charles V est une biographie de ce roi sage et prévoyant. La Cité des Dames paraît en 1405.

Christine sera le seul lettré contemporain qui ait salué par ses écrits l’épopée de Jeanne d’Arc; elle publia son Dittié de la Pucelle en 1429. Quoique son style soit fluet et
banal, elle a le grand mérite d’avoir pris la parole au nom des femmes, contre le flot de méchancetés que déversaient les écrivains du temps.

Sous le titre Les Quinze joies de mariage, nous avons un texte en prose, qui peut dater des dernières années du XIVe siècle, et qui est une satire énergique des relations conjugales. L’auteur laisse entendre qu’il est homme d’Eglise (l’une de ses identités possibles est Gilles Bellemère, évêque d’Avignon), mais sa connaissance des réalités matrimoniales, fût-elle médiate, par l’entremise des confessions, est extrêmement détaillée. Il n’est pas impossible que la méthode de l’auteur ait été à l’origine une sorte d’anthologie des thèmes qui revenaient dans les conversations du temps, à une époque et en un pays où l’on est très au courant des affaires de son voisin. Mais il déploie un style précis, coloré et abondant, qui trahit l’expérience de la plume autant que celle du colloque médisant. Parmi les griefs majeurs du mari il y a la dépense occasionnée par les robes, les fards et les atours; un autre est l’hypocrisie de la femme qui se sert de ses atouts naturels pour embobiner son homme et lui faire prendre les vessies pour des lanternes.

Voici un tableau du mari qui trotte de l’aube jusqu’au soir afin de gagner assez pour satisfaire les caprices de sa femme et de sa fille:

Il est si mat, si las, si dompté du travail et tourment de mesnage, qu’il ne lui chault plus de chouse que sa femme lui die ne face, mès y est adurci comme un vieil asne qui par accoustumance endure l’aguillon, pour lequel il ne haste gueres son pas qu’il a accoustumé d’aller....Il a unes botes qui ont bien deux ou trois ans, et ont tant de foiz esté reppareillées par le bas, qu’elle sont courtes d’un pied, et sans faczon, car ce qui soulloit estre au genoil est maintenant au milieu de la jambe. Et a ungs esperons du temps du roy Clotaire, de la vieille façon, dont l’un n’a point de molete... Et quelque jeu ou instruments qu’il voie, il luy souvient tousjours de son mesnage, et ne peut avoir plaisir en chose qu’il voye....

Les quinze “joies” du mariage sont certes des malheurs, comme les escapades de l’épouse en compagnie de ses cousines, les caprices de la grossesse, le refus de la maîtresse de maison d’accueillir les amis du mari, ses insatisfactions intimes qui se traduisent par des scènes de ménage, le mariage des filles pour lequel il faut se mettre en frais. La femme prétend imposer son point de vue en toute chose, et elle va jusqu’à suborner le fils aîné pour le déterminer à mettre son père en curatelle. L’adultère, parmi toutes ces catastrophes, n’est que peu de chose; pourtant, l’auteur suggère aux maris de se garder de constater le flagrant délit, car, comme la ruse de la femme finira toujours par l’emporter, le mari aura travaillé à sa propre ruine. Heureux encore celui, de retour de la croisade, ne trouve sa femme mariée à un autre, ou celui qui n’aura pas à soutenir en champ clos les prétentions de sa femme à la préséance sur telle ou telle autre dame, car dans ces cas on en arrive d’ordinaire à mort d’homme.

Pour finir, l’auteur déclare qu’il est prêt, si le public le lui demande, à écrire un autre ouvrage sur les malheurs des femmes, à savoir sur les grans tors, griefs et oppressions que les hommes font aux femmes en plusieurs lieux, generalement par leurs forses, et sans raison, pource qu’elle sont febles de leur nature et sans deffense, et sont tousjours prestes à obeir et servir, sans lesquelles ilz ne sauroient ne pourroient vivre.
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Jehanne - dans Personnages Historiques
27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 14:31
Le géôlier médiéval.







Le geôlier responsable de la bonne marche d'une prison veille d'abord à ce que les prisonniers qui lui sont confiés ne s'évadent pas. À cette fin, il place les plus dangereux dans des cachots sécuritaires, puis il enchaîne les autres. Les peines d'incarcération sont d'ordinaire très courtes : quelques jours ou quelques mois ; l'emprisonnement à vie équivaut à une condamnation à mort, tellement est pénible la vie dans les prisons. Les autorités demandent au geôlier de traiter « doucement et humainement » les prisonniers : ne pas les maltraiter physiquement en leur infligeant des coups ou des blessures, ni moralement en les humiliant de quelque façon que ce soit.

 

Le geôlier a encore le devoir de traiter chaque prisonnier selon sa condition. À cette fin, il tient le « registre d'écrou », dans lequel figurent la date d'entrée, le nom, l'âge, le statut social et les motifs de l'incarcération. La première différence de condition est liée au sexe. Comme la manière de faire la plus répandue consiste à laisser les détenus ensemble, le jour et la nuit, on ne place pas les hommes et les femmes dans une même salle. La garde des femmes est confiée, d'ordinaire, à des femmes, qui ne doivent jamais enchaîner les prisonnières ni les jeter dans un cachot. De plus, le geôlier doit tenir compte du statut social du détenu. À tel endroit, par exemple, les bourgeois et leurs enfants occupaient la partie de la prison qui donnait sur la rue. À défaut de télévision, la rue procure un divertissement...

 

Et nous arrivons à des coutumes fort différentes des nôtres. Le prisonnier n’est pas entretenu aux frais du justicier ; il défraie les dépenses que son incarcération occasionne. C'est pourquoi les prisons rentables — à cause du nombre des détenus — sont mises aux enchères, et l'administration en est confiée au plus offrant qui se procure un revenu de la différence entre l'argent dépensé pour administrer la prison et les droits prélevés aux détenus ; dans les prisons non rentables, le geôlier est un fonctionnaire salarié. Le prisonnier pour dette constitue une bizarre exception : le créancier qui l'a fait incarcérer est contraint de le nourrir... S'il omet de le faire pendant trois jours, son débiteur est libéré.

 

Le minimum qu'un geôlier doit assurer à un prisonnier, c'est du pain et de l'eau. Sur la table des criminels, normalement, rien d'autre n'est servi, mais cette rigueur connaît des adoucissements. Par exemple, les criminels nobles ont droit à une double ration. À certains endroits, le geôlier, avec le consentement des autorités, permet aux criminels de se payer une meilleure nourriture ou de s'en faire apporter par des parents ou des amis.

 

De plus, c'est la coutume que les personnes charitables, les institutions ou les corporations aient pitié des prisonniers et leur fassent parvenir de la nourriture : du pain, de la viande et même du vin. Le jour de Pâques, les orfèvres de Paris offraient à dîner aux prisonniers. Un article du statut des poulaillers (marchands de volailles) prévoit qu'une partie des marchandises confisquées dans les rôtisseries ira aux prisonniers. Il va de soi que les boulangers leur font porter du pain. De plus, on organise dans la ville des quêtes à leur profit.

 

La personne qui a « loué » une prison et qui en devient le geôlier ou l'administrateur tire son revenu, comme j'ai dit, de l'excédent des droits que versent les prisonniers sur les sommes dépensées pour exploiter la prison. Il y a d'abord les droits d'entrée et de sortie, qu’on appelait encore droit de guichet ou de clavage (de clavis, clef). Ces droits variaient suivant le rang occupé par les prisonniers dans l'échelle sociale. Surprenant, mais c'est pour les juifs qu’il était le moins élevé. Il y avait ensuite les frais de garde, les frais de logement et de nourriture. Si un prisonnier se fait apporter un lit par des parents ou des amis, il paie seulement la place que le lit occupe dans la pièce. De même qu'il y a dans nos hôtels des chambres plus recherchées et plus chères, de même il y avait dans les prisons des pièces plus intéressantes ; il coûtait plus cher d'y louer une place pour un lit. Ceux qui ne disposaient pas d'un lit venant de l'extérieur louaient non pas un lit, mais une place dans un lit de la prison. Pour faire plus d'argent, le geôlier était tenté de corder les prisonniers comme des saucissons ; les règlements mettaient un frein à sa convoitise : deux prisonniers par lit, tout au plus trois, et rarement. Certains prisonniers couchaient sur des nattes ou de la paille ; le loyer était réduit en conséquence.

 

Ces différents droits ne sont exigibles que si les services sont effectivement rendus. Par exemple, le prisonnier autorisé à se faire nourrir par sa famille ou ses amis ne débourse rien pour ses repas. En outre, à bien des endroits, les prisonniers dont l'innocence est par la suite établie sont remboursés des frais qu'ils ont encourus. Sauf pour la nourriture, qu'ils auraient dû payer même en liberté, et qui leur aurait sans doute coûté plus cher.

 

La politique carcérale du Moyen Âge pourrait nous être utile sur quelques points. Tout d'abord, que l'incarcération soit l'exception au lieu d'être la règle ; puis, que l'incarcération ne remplace jamais le paiement d'une amende ou le remboursement d'un vol ou d'une fraude.






Source texte "Sacré Moyen âge" Martin Blais; Photo: "Les voyageurs du temps".
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Jehanne - dans La Justice

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