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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 14:25
Les prisons au Moyen âge.






Un ardent défenseur des droits des prisonniers avait un jour qualifié de moyenâgeux notre système carcéral. Avait-il raison ? Il sera en mesure d'en juger un peu plus objectivement après les considérations qui vont suivre sur les prisons des derniers siècles du Moyen Âge.

 

Il existe alors deux sortes de prisons : la prison « fermée » et la prison « ouverte ». La prison « fermée » correspond à ce que nous appelons prison, sans qualificatif, ou incarcération ; la prison « ouverte » n'est pas, à nos yeux, une prison, car ses murs coïncident avec les murs d'une ville, les frontières d'un duché ou d'un royaume. Certains auteurs qualifient de « courtois » l'emprisonnement en prison « ouverte ». De nos jours, quand la justice demande à une personne de ne pas quitter le pays, personne ne dit qu'elle est en prison.

 

On pratiquait l'emprisonnement préventif, en prison « fermée » ou en prison « ouverte ». Préventif, dérivé de prévenir, au sens où l'on prévient une maladie, c'est-à-dire qu’on l'empêche d'éclore. Par l'emprisonnement préventif, on voulait s'assurer que l'accusé ne fuie pas ; qu'il soit disponible à l'ouverture de son procès ; qu'il attende le prononcé du jugement ou l'exécution de la sentence. S'il s'agit d'un criminel condamné à mort, il serait imprudent de le laisser en prison « courtoise » en attendant que le bourreau le pende ou lui tranche la tête. L’emprisonnement préventif en prison « fermée » était réservé aux grands criminels, peu nombreux. La grande majorité des accusés étaient en prison « ouverte ».

 

On témoigne d'une préférence marquée pour la prison « ouverte » ; quant à la prison « fermée », elle suscite une répugnance générale, et l'on cherche des moyens d'y soustraire même les grands criminels. Le responsable de la prison est tenu de veiller à ce que les auteurs d'infractions légères ne demeurent pas incarcérés. Souvent, il s'agit de pauvres diables qui n'ont pas trouvé de caution.

 

Étant donné ces principes et cette mentalité, la plupart des prisonniers du Moyen Âge sont en prison « ouverte », tenus seulement de se présenter devant le juge au jour fixé. À nos yeux, ce sont des prisonniers en liberté. Dans les prisons « fermées », on trouve quelques grands criminels, de pauvres diables sans caution et des vagabonds. Souvent, la détention préventive se prolonge, et le roi se sent obligé d'intervenir pour que les responsables de la justice se hâtent de rendre leur jugement.

 

Nous trouvons normal l'emprisonnement préventif de l'accusé, en prison « fermée » ou en prison « ouverte ». Mais, tenez-vous bien, le Moyen Âge emprisonnait parfois l'accusateur avec l'accusé... Étrange coutume, direz-vous. Pas bête, au fond, quand on en connaît les motifs. On voulait par là diminuer le nombre des accusations sans fondement ou fondées sur des motifs inadmissibles. Si, en accusant autrui, on risque de prendre soi-même le chemin de la prison, on réfléchit avant d'accuser. Dans ce cas également, l'emprisonnement s'effectue en prison « fermée » ou en prison « ouverte », mais c'est le même genre d'emprisonnement pour l'accusateur et pour l'accusé : il n'y en pas un en prison « fermée » et l'autre en prison « ouverte ». Si le crime est grave, c'est la prison « fermée » pour les deux.

En emprisonnant ainsi l'accusateur avec l'accusé, on s'assurait de la disponibilité du premier : un accusateur de mauvaise foi aurait pu prendre la fuite et entraîner de longues et coûteuses recherches. De plus, il y avait des sanctions, surtout pécuniaires, contre l'accusateur convaincu du caractère erroné de son accusation : dédommagement de l'accusé ; amende pour l'ennui causé à la société ; paiement des dépens du procès. Enfin, la peine encourue par l'accusé risquait d’être prononcée contre l'accusateur. Par exemple, si l'accusé était acquitté d'un crime qui méritait — supposons-le — l'amputation d'une oreille, l'accusé risquait d'en perdre une... Cependant, la plus grande indulgence régnait de ce côté-là.

 

Quand un accusateur et un accusé prennent ensemble le chemin de la prison, ils peuvent ensuite bénéficier d'un élargissement sous caution, passer de la prison « fermée » à la prison « ouverte ». Mais la règle du maintien de l'égalité exige que les deux soient traités de la même manière. La bonne réputation morale de l'une des parties peut tenir lieu de caution. Parfois, on confie à des personnes fiables les deux prisonniers. Enfin, dans certains cas, ce sont les amis qui veillent sur le prévenu incapable de fournir une caution.

 

Bref, la prison « ouverte » constitue, sans le moindre doute, le mode d'emprisonnement préféré au Moyen Âge. C'est la règle, alors que l'incarcération est l'exception. Dans le cas des petites infractions, le prévenu est immédiatement mis en prison ouverte ; dans le cas des infractions graves, il est d'abord incarcéré, puis remis, sous caution, en liberté limitée : limitée à une ville, à une ville et sa banlieue, à une province, à un royaume, au jour et non à la nuit, à quelques jours de la semaine. Parfois, on autorise le prévenu à se rendre où il veut — jusqu'au bout du monde —, à condition de rester disponible pour une convocation de la cour, ce qui constitue une sérieuse contrainte à une époque où le cheval est le moyen de transport le plus rapide.

 

L’emprisonnement préventif prend normalement fin après une sentence qui acquitte l'innocent ou condamne le coupable ; il prend fin également quand le prisonnier s'évade. Mais, s'il a été imposé comme une peine pour l'infraction, l'emprisonnement se poursuit. Il change alors de nature : de préventif qu'il était, il devient pénal. Ce genre d'emprisonnement n’a pas occupé au Moyen Âge la place prépondérante qu'il occupe maintenant, mais il a été pratiqué, et il était toujours une incarcération, c'est-à-dire un séjour dans une prison fermée. Aucun juge n'imposait comme sentence à l'auteur d'une infraction de ne pas quitter la ville pendant un mois.

 

L’incarcération pouvait être imposée comme peine principale, comme peine complémentaire ou comme peine de remplacement. Comme peine principale, l'incarcération punit les auteurs d'infractions légères. Un mal engueulé de Senlis, qui avait proféré un blasphème, fut condamné à un mois de prison au pain et à l'eau. Et le roi Charles VI émet, en mai 1397, une ordonnance à l'encontre des blasphémateurs pour qu'ils « soient corrigés et punis par détention de leurs personnes en prison fermée ». L’incarcération est rarement infligée aux auteurs d'infractions graves, mais on en trouve des cas. Par exemple, le meurtrier d'un avocat avait été condamné, en 1341, à la prison perpétuelle.

D'ordinaire, l'incarcération s'ajoute à une autre peine : peine corporelle comme la fustigation — du latin fustis, bâton ; peine pécuniaire, dans la majorité des cas ; peine professionnelle : interdiction d'exercer une profession ; bannissement, parade pieds nus, amende honorable à la victime. Parfois, la peine infligée est triple : incarcération, amende et châtiment corporel. Le Canada n'a pas connu tout l'éventail des peines corporelles infligées au Moyen Âge, mais il a connu le fouet que, pour certains crimes, on ajoutait à l'incarcération.

 

Enfin, l'incarcération est imposée comme peine de remplacement dans les cas où les contrevenants sont trop pauvres pour payer l'amende. L’obligation d'en arriver là déplaisait souverainement aux justiciers du Moyen Âge : au manque à gagner — l'amende non payée — s'ajoutaient les dépenses occasionnées par l'entretien d'un prisonnier incapable de défrayer le coût de son séjour en prison. Vous sursautez avec raison ; nous y reviendrons.

 

Après avoir parlé de l'emprisonnement préventif et de l'emprisonnement pénal, un mot de l'emprisonnement « coercitif ». Les deux premières formes d'emprisonnement se pratiquent toujours ; la troisième n'est plus qu'un souvenir. L’adjectif coercitif vient du latin coercere, contraindre. Si, par exemple, un contrevenant solvable refusait de payer l'amende imposée par le tribunal, on l'emprisonnait pour l'y contraindre. L’incarcération ne remplaçait pas le paiement de l'amende : elle avait pour but de le provoquer. Comme le prévenu défrayait déjà le coût de son séjour en prison, le refus de payer une amende coûtait cher. De plus, la vie dans les prisons faisait plier les volontés les mieux trempées. Allons y faire un tour.

 

Les prisons du Moyen Âge ne ressemblent pas du tout aux nôtres. Pendant la féodalité, le pouvoir judiciaire est éparpillé. Beaucoup de gens exercent la justice : seigneurs, évêques, abbés, rois. Chacun de ces justiciers a sa prison, et ce n'est pas le « fédéral » qui l'a construite. Peu soucieux des « droits » de la clientèle qui va s'y retrouver, c'est avec parcimonie qu'on investit dans ces HLM. De plus, la surveillance laisse beaucoup à désirer, car personne ne recherche cet emploi, occupé, d'ordinaire, par des hommes qui n'ont reçu aucune formation.

 

Pour prévenir les évasions faciles, on enchaîne les prisonniers par les jambes, les bras, parfois le cou. De plus, on prévoit de sévères peines pour le bris d'emprisonnement, perpétré avec ou sans effraction. Si l'emprisonnement est une simple assignation à résidence — prison ouverte —, l'effraction est impossible. Le prévenu en prison ouverte qui manque à sa parole est tout simplement incarcéré. Quant au prévenu incarcéré, il peut difficilement s'évader sans effraction, ne serait-ce que le bris de sa chaîne. Son évasion est alors considérée comme une présomption de culpabilité et un aveu. Si on parvient à lui mettre la main au collet, il est condamné à la peine du crime dont il était accusé.

 

Mais, pour le condamner, il faut le rattraper. Et il existe un privilège qui a nom « droit d'asile ». Ce petit mot, asile, est formé de deux racines grecques : un « a » privatif et « sulê », arrêt, saisie. Le droit d'asile, c'est la possibilité d'échapper à la justice en se réfugiant dans des endroits où il est interdit à la police d'accéder pour appréhender même un criminel. Un condamné à mort qui franchit la clôture du monastère le plus proche peut y finir ses jours en toute sécurité ou le quitter quand on l'aura oublié, s'il n'a pas développé de goût pour la vie monastique...

 

 

 





Source : « Sacré Moyen âge » de Martin Blais.

 

 

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Jehanne - dans La Justice
16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 09:54
Durée de la journée de travail au Moyen âge.






En matière de durée de la journée de travail, l'idée qui paraît animer les règlements du XIIIe siècle et qui se justifie par des considérations de bon sens, d'humanité et d'intérêt professionnel sainement entendu, est la suivante : il n'est ni juste, ni avantageux de surmener l'ouvrier ; la fixation de la journée de travail ne doit donc pas être abandonnée à l'arbitraire des patrons, mais doit au contraire être réglementée par les statuts de chaque corporation, conformément à l'équité et aux usages.

Cette idée admise, il restait à déterminer les limites de la journée de travail. La presque unanimité des statuts en fixe le commencement au lever du soleil ou à l'heure qui suit ce lever. Pour beaucoup de métiers, le signal précis de la reprise du travail était donné par le son de la corne annonçant la fin du guet de nuit. En revanche, le travail ne finissait pas à la même heure pour tous les métiers. Parfois, il ne se terminait qu'à la tombée de la nuit, c'est-à-dire à une heure variable selon les saisons. Parfois, au contraire, le signal de la cessation du travail était donné par la cloche de l'église voisine sonnant complies, ou par le premier crieur du soir comme pour les batteurs d'archal ou les faiseurs de clous. D'autres métiers quittaient l'ouvrage plus tôt encore, à vêpres sonnées : ainsi des boîtiers et des patenôtriers d'os et de corne.


Le motif le plus souvent donné pour justifier cette limitation de la durée du travail est la crainte que la fatigue de l'ouvrier et l'insuffisance de la lumière n'exercent une influence fâcheuse sur la qualité de la fabrication. « La clarté de la nuit, dit le statut des potiers d'étain, n'est mie si souffisanz qu'ils puissent faire bone œuvre et loïal ». Mais l'intérêt de l'artisan lui même n'est évidemment pas étranger à l'adoption de cette mesure. D'après le statut des baudroiers, la limitation de la journée de travail a été instituée « pour eux reposer ; car les jours sont loncs et le métier trop pénible » (Livre des Métiers).

Par exception, quelques rares corporations autorisent le travail de nuit (ouvriers de menues œuvres d'étain et de plomb, teinturiers, tailleurs d'images, huiliers, boursiers). Chez les foulons, le travail finissait au premier coup de vêpres (en carême, à complies), ce que les statuts expriment en disant que les valets ont leurs vesprées (leurs soirées). Mais si le maître avait métier (besoin d'eux), il pouvait les allouer par contrat spécial pour la durée de la vêprée, après s'être entendu avec eux sur le prix. Toutefois cette vêprée ne pouvait se prolonger au delà du coucher du soleil, ce qui signifie sans doute ici : jusqu'à la disparition complète du soleil. La journée ouvrable était ainsi, moyennant un salaire supplémentaire, allongée de deux ou trois heures.

Les règles qui précèdent permettent de déterminer assez exactement la durée de la journée normale de travail dans les corps de métier. La journée, commençant presque uniformément avec le jour (ou tout au moins dans l'heure qui suivait le lever du jour) et se terminant le plus souvent au soleil couchant, sa durée était évidemment variable selon les saisons. Théoriquement, cette durée de la journée de travail eût dû varier d'un minimum de 8 heures 1/2 en hiver à un maximum de 16 heures en été. Mais ce maximum de 16 heures n'était jamais atteint, et le travail effectif ne devait dépasser en aucune saison 14 heures à 14 heures 1/2. En effet, les règlements ou la coutume accordaient à l'ouvrier deux repos d'une durée totale d'environ 1 heure 1/2 pour prendre son repas (chez les ouvriers tondeurs de drap, au XIVe siècle, il était accordé une demi-heure pour le déjeuner et une heure pour le dîner) ; en outre et comme il vient d'être dit, dans un grand nombre de métiers, le travail se terminait en toute saison à complies (7 heures), ou même à vêpres (4 heures du soir).

Quelques statuts renferment des dispositions spéciales. Ainsi, les statuts des foulons du 24 juin 1467 paraissant constater un ancien usage, fixent la durée du travail en hiver à 11 heures (de 6 heures du matin à 5 heures du soir) ; et en été à 14 heures (de 5 heures du matin à 7 heures du soir) ; mais il y a lieu de déduire de cette durée au moins 1 heure 1/2 pour les repas, ce qui suppose une journée de travail effectif de 9 heures 1/2 en hiver, à 12 heures 1/2 en été. Chez les ouvriers tondeurs de drap, la journée d'abord fixée en hiver à 13 heures 1/2 avec travail de nuit fut réduite en 1284 à 9 heures 1/2 par suite de la suppression du travail de nuit ; en été, ces ouvriers commençaient et finissaient le travail avec le jour.

En résumé, dans les métiers où le travail commençait et finissait avec le jour, la journée variait, déduction faite du temps des repas, de sept à huit heures en hiver à environ quatorze heures en été. Pour d'autres métiers en assez grand nombre, la journée de travail effectif évoluait entre huit à neuf heures en hiver et dix à douze heures en été.

La journée de travail de l'artisan du Moyen Age telle qu'elle vient d'être évaluée paraît au premier examen plus longue que celle de l'artisan moderne : elle était surtout plus irrégulière. Mais pour se faire une idée de la somme de travail fournie annuellement par l'ouvrier, il ne suffit pas d'apprécier la durée de la journée de travail, mais il faut tenir compte du nombre de jours de chômage consacrés au repos ou à la célébration des fêtes. Si l'on prend en considération cet élément d'appréciation, il devient évident que l'on n'exigeait pas de l'ouvrier du Moyen Age un travail sensiblement supérieur à celui de l'ouvrier du XIXe siècle : l'artisan du XIIIe siècle paraît même avoir été sous ce rapport plus favorisé que celui du XIXe siècle. L'énumération suivante des chômages obligatoires démontrera cette proposition. Le chômage est partiel ou complet selon les circonstances.



Chômage complet .


Le travail est entièrement suspendu à certains jours consacrés au repos et à la célébration de cérémonies religieuses. Il en est ainsi :

1° Tous les dimanches de l'année. L'interdiction du travail se retrouve dans tous les registres des métiers et est sanctionnée par de sévères pénalités. On lit notamment dans les Registres du Châtelet, à la date du 17 mars 1401 : « Condémpnons Jehan le Mareschal esguilletier en 10 sols tournois d'amende pour ce que dimanche passé il exposa esguillettes en vente ».
2° Les jours de fêtes religieuses. Ces fêtes étaient alors très nombreuses, et le statut des talemeliers les énumère. La liste en est longue :

Les fêtes de l'Ascension et des Apôtres, le lundi de Pâques et la Pentecôte, Noël et les deux jours qui suivent Noël

Janvier. - Sainte Geneviève et l'Epiphanie
Février. - La Purification de la Sainte Vierge
Mars. - L'Annonciation
Mai. - Saint Jacques le Mineur et saint Philippe ; l'Invention de la Sainte Croix
Juin. - La Nativité de Saint Baptiste
Juillet. - Sainte Marie Madeleine ; Saint Jacques le Majeur et Saint Christophe
Août. - Saint Pierre ès-Liens ; Saint Laurent ; l'Assomption ; Saint Barthélemy
Septembre. - La Nativité de la Sainte Vierge; l'Exaltation de la Sainte Croix
Octobre. - Saint Denis
Novembre. - La Toussaint et les Morts ; la Saint Martin
Décembre. - Saint Nicolas
Au total 27 fêtes auxquelles il faut en ajouter sans doute encore, si l'on veut tenir compte des chômages collectifs ou individuels, une demi-douzaine d'autres : la fête du saint patron de la confrérie, celle des saints patrons de la paroisse, de chaque maître en particulier, de sa femme, etc. En somme le travail était complètement suspendu chaque année pendant environ 80 à 85 jours.



Chômage partiel.


L'ouvrier bénéficie d'une réduction de la journée de travail :

1° Tous les samedis, soit 52 jours par an
2° Les veilles ou vigiles de fêtes religieuses communément chômées « que commun de ville foire ». Ces veilles de fêtes représentent un nombre de jours sensiblement moindre que les fêtes elles-mêmes, car on ne compte qu'une vigile pour Noël contre trois jours fériés (Noël et les deux jours suivants) ; qu'une vigile contre les deux fêtes consécutives de la Toussaint et des Morts, etc. Les vigiles de certaines fêtes comme celles du patron de la confrérie, du patron de l'église paroissiale, etc., n'étaient pas chômées. Il n'en reste pas moins une vingtaine de vigiles de fêtes pendant lesquelles on chômait une partie de la journée. Il s'ensuit que pendant 70 autres journées environ le travail quotidien était sensiblement diminué.

Mais ici se pose une question très délicate. Dans la majorité des métiers le travail doit cesser le samedi au premier coup de vêpres ; dans certains autres à none ou à complies ou à tel signal donné par les cloches d'une église voisine. Parfois la cessation du travail à lieu : en charnage après vêpres ; en carême à complies. A quelles heures correspondaient ces offices et quel temps désignent ces dénominations charnage et carême. On est d'accord pour admettre que none correspondait à trois heures de l'après-midi. Mais en ce qui touche l'heure réelle de la célébration des vêpres et des complies au Moyen Age, de sérieuses divergences se rencontrent entre les érudits.

D'après de Lespinasse, l'heure de vêpres était au Moyen Age six heures du soir environ et celle de complies neuf heures du soir. La même opinion est adoptée par Eberstadt et par Alfred Franklin (Dictionnaire des corporations des arts et métiers, 1906). En revanche, Fagniez (Etudes sur l'Industrie à Paris au XIIIe siècle) émet cette opinion que vêpres se chantaient à quatre heures et complies à sept heures. Sans prétendre apporter ici une affirmation qui ne pourrait s'appuyer sur des preuves catégoriques, la fixation proposée par. Fagniez semble la plus conforme à la vérité, et nous pourrions même dire que vêpres se chantaient entre 3 et 4 heures (peut-être avec un changement d'horaire selon la saison).

En faveur de ce système milite tout d'abord un argument de bon sens. La disposition des statuts qui ordonne de cesser le travail le samedi à vêpres ou à complies a évidemment pour but, en abrégeant la durée du travail quotidien la veille du dimanche, de permettre à l'artisan d'assister ce soir là aux offices religieux ; c'est une mesure de faveur. Où serait la faveur si le travail ne devait cesser l'hiver pendant les jours les plus courts qu'à 6 heures du soir et l'été pendant les jours longs qu'à 9 heures ? Cette disposition serait alors non plus une réduction, mais plutôt une prolongation de la durée habituelle du travail quotidien qui doit finir normalement avec le jour. Car le jour finit en hiver bien avant six heures et même en juin et juillet, pendant la saison des jours les plus longs, avant neuf heures !

Par exemple, le statut des garnisseurs de gaines et des faiseurs de viroles (titre LXVI) renferme cet article 4 : « Nus du mestier ne doit ouvrer en jour de feste que commun de vile foire ne au samedi en charnage (de) puis vespres, ne en samedi en quaresme (de) puis complies, ne par nuit en nul tans ». Il est clair que cette prohibition de travailler la nuit en nul temps eût été violée chaque samedi en plein hiver si les ateliers étaient demeurés ouverts jusqu'à six heures et chaque samedi d'été où la nuit tombe avant neuf. Si au contraire on fixe vêpres à 4 heures environ et complies à 6 ou 7, il en résulte une abréviation notable de la durée du travail chaque samedi, surtout l'été en ce qui touche ceux des métiers où ce travail du samedi finit en toutes saisons à vêpres.

La tradition ecclésiastique est du reste favorable à cette interprétation. Selon l'abbé Martigny dans son Dictionnaire des Antiquités chrétiennes, « tous les témoignages prouvent que la psalmodie de vêpres - vespertina - avait lieu (dans la primitive église) après le coucher du soleil. Aussi soit en Orient soit en Occident, l'heure de vêpres fut-elle appelée lucernarium parce qu'on allumait les flambeaux pour cet office. On continua à chanter vêpres après le coucher du soleil chez les Grecs comme chez les Latins jusqu'au VIIIe et au IXe siècle. Ce n'est qu'à partir de cette époque que s'introduisit en Occident l'usage de l'Eglise de Rome qui récitait vêpres immédiatement après nones, avant le coucher du soleil ». Nones est fixé d'un avis unanime à trois heures du soir. Il n'est donc pas téméraire de conclure que vêpres devaient être chantées vers 4 heures, peut-être même plus tôt en hiver vers 3 heures ou 3 heures 1/2. La même cloche aurait alors sonné none et vêpres qui suivaient immédiatement none.

Nous disposons à cet égard d'un témoignage fort intéressant. En ce qui touche au moins le XVIe siècle, l'heure de la célébration de vêpres à Paris est fixée par un texte précis. « Tous compagnons apprentys du-dit métier (portent des lettres patentes de Charles IX de juin 1571 confirmant les statuts des patenôtriers d'os et de corne) seront tenuz de laisser besognes les quatre festes annuelles... après le tiers coup de vêpres qui est à trois heures après midy » Le texte cette fois est formel ; il date, il est vrai du XVIe siècle et non du Xllle ; mais dans cet intervalle la fixation de l'heure des vêpres avait-elle changé à Paris ? A priori non. En 1514 en effet, une sentence du prévôt de Paris rendue à la demande des cordonniers, vise une requête de ces derniers disant que par les anciennes ordonnances du dit métier « avait été ordonné que nuls cordouenniers de Paris ne pourront ouvrer le jour du samedi depuis que le dernier coup de vêpres serait sonné en la paroisse ». Ces anciennes ordonnances sont le titre LXXXIV du Livre des Métiers dont le texte est expressément visé dans la sentence de 1514.

Or si l'heure à laquelle vêpres étaient sonnées avait été avancée ou reculée de 1268 à 1514, il paraît presque certain que les cordonniers en requérant en 1514 toute liberté de travailler désormais de nuit comme de jour et le samedi même après vêpres eussent fait mention de ce changement d'horaire ; ils insistent en effet avec détail sur les modifications survenues dans la technique de leur métier (plus grande difficulté dans la façon des souliers), alors qu'ils présentent la réglementation du temps de travail comme demeurée invariable depuis deux cents ans. « Lorsque icelles ordonnances avaient été faites ne y avait à Paris grand nombre de cordouenniers-varlets ne serviteurs et que de présent audit métier l'on ne se réglait sur lesdites ordonnances parce que deux cents ans et plus avaient été faites... » Nous conclurons donc qu'au XIIIe siècle les vêpres devaient être chantées entre 3 et 4 heures. Quant à complies, l'heure de neuf heures paraît également beaucoup trop tardive ; les données précises d'une fixation manquent encore plus que pour vêpres ; mais 6 à 7 heures paraissent bien correspondre à l'esprit des statuts qui font finir le jour ouvrable à complies en charnage pendant les jours longs.

Que faut-il entendre maintenant par charnage et par carême, termes que les statuts de métiers opposent l'un à l'autre pour faire finir le travail du samedi et des vigiles à vêpres en charnage et à complies en carême ? « Le temps du charnage ou carnaval qui précède le carême a été, dit de Lespinasse, employé chez les gens de métier pour désigner les jours courts depuis la saint Rémi (9 octobre) jusqu'aux Brandons, premier dimanche de Carême, comme l'ont dit quelques-uns. Puis le carême et le dimanche des Brandons qui coïncident avec les premiers jours de printemps ont été le point de départ de la saison des jours longs ». L'explication est certes séduisante, certains textes établissant en effet la division de l'année en deux saison: de la Saint-Rémi aux Brandons ; des Brandons à la Saint-Rémi suivante. Mais aucun de ces textes n'identifie clairement les deux termes de cette division avec le charnage et le carême. L'opinion qui considère le mot carême comme comprenant dans le langage des métiers environ six mois de l'année - avril à octobre - la saison des jours longs, cette opinion paraît néanmoins assez vraisemblable ; car il serait étrange que le carême fini, et pendant toute la belle saison (d'avril aux premiers jours d'octobre), on fût revenu à des règles qui ne conviennent qu'à la saison d'hiver. Toutefois on ne peut ici apporter aucune certitude.

En définitive et tout compte fait, il résulte de ce qui précède que l'ouvrier du Moyen Age : 1° commençait et finissait son travail avec le jour. La journée était donc parfois plus courte, parfois plus longue que la journée du XIXe siècle ; 2° l'ouvrier fournissait dans une année un nombre de journées et d'heures de travail plutôt inférieur à celui que l'on exige de l'artisan du XIXe siècle. La moindre activité de la production, l'absence de toute spéculation, la régularité de la demande permettaient au maître de prévoir la quantité et la nature des objets qu'il devait fabriquer sans être obligé d'imposer à l'ouvrier des efforts extraordinaires. L'ouvrier travaillait donc moins longtemps, mais aussi son travail mieux équilibré, moins nerveux, moins surmené était plus soutenu, plus appliqué, plus consciencieux.
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Jehanne - dans La Société
16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 03:37
L'Ordre du Saint Sépulcre.










L'ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem est un ordre de chevalerie militaire et religieux, dont la fondation est attribuée à Godefroy de Bouillon, le vainqueur de la première croisade en 1099 à Jérusalem. Depuis 1847, l'ordre est une association de fidèles catholiques reconnue par le Saint-Siège et qui œuvre pour aider la communauté chrétienne installée en Terre Sainte, aujourd'hui territoire d' Israël, de la Palestine, de Jordanie et de Chypre. Sa devise est Deus Lo Vult (Dieu le veut).



Histoire.


Dès son installation à Jérusalem pendant la première croisade, le duc de Basse-Lotharingie, Godefroy de Bouillon, s'attache à structurer autour du Tombeau du Christ appelé « Saint-Sépulcre », une communauté mixte, composée de chanoines séculiers et de chevaliers, croisés restés en Terre sainte. Ces derniers constituaient un groupe appelé milites sancti Sepulcri (Chevaliers du Saint-Sépulcre). Cette milice avait pour mission de protéger la sépulture sacrée et ses biens. Parmi ses chevaliers, se trouvait en 1115, un seigneur du nom de Hugues de Payens qui sera en 1129 le premier maître d'un nouvel ordre religieux, l'ordre du Temple.


Les chanoines du Saint-Sépulcre assuraient la vie liturgique du sanctuaire. À partir de 1114, ils devinrent des chanoines réguliers, en respectant la règle de saint Augustin. Les chevaliers du Saint-Sépulcre étaient au service des chanoines et devaient obéissance à leur doyen ou prieur.


Par la suite, profitant des différentes conquêtes des croisés sur les musulmans, l'ordre put se développer en étendant sa mission de protection des lieux saints, sur l'ensemble du Royaume latin Franc de Jérusalem, et ce, jusqu'à la -perte finale du royaume en 1291. À cette date, les chanoines du Saint-Sépulcre s'installent au prieuré de Saint-Luc à Pérouse, en Italie. Le grand prieur prend alors le titre de maître de l'ordre.


À la fin des croisades, l'ordre subsiste et au XVe siècle, les souverains pontifes donnent aux chevaliers un véritable caractère d'ordre chevaleresque, tout en conférant à la Custodie de Terre Sainte (confiée aux moines franciscains) le privilège de créer les chevaliers.


Lors de la Révolution française, les monastères du Saint-Sépulcre sont détruits ou vendus.


En 1847, le pape Pie IX rétablit le patriarcat latin de Jérusalem, qui avait été supprimé au XIVe siècle. Par le bref Nulla celebrior, il réorganise l'ordre du Saint-Sépulcre et le nouveau patriarche devient le grand prieur de l'ordre rénové. Les statuts permettent alors d'adouber de nouveaux membres de l'ordre hors de Jérusalem.


Mgr Valerga est adoubé le 15 janvier 1848. Léon XIII et Pie X signent les documents Venerabilis frater et Quam multa te ordinemque dans le but d'organiser l'ordre. La dernière modification statutaire a été accomplie par le pape Paul VI en 1977.




Buts de l'ordre.



Définis par ses statuts, les buts de l'ordre sont :



d'accroitre au sein de ses membres la pratique de la vie chrétienne, en fidélité absolue au Pontife romain et d'après les enseignements de l'Église catholique, en observant comme base les principes de la charité ;

de soutenir et d'aider les œuvres et institutions cultuelles, caritatives, culturelles et sociales de l'Église romaine en Terre Sainte, particulièrement celles du Patriarcat latin de Jérusalem, avec lequel l'ordre entretient des relations privilégiées ;
d'encourager la conservation et la propagation de la foi dans ces régions, en y intéressant les catholiques répandus dans le monde entier [...] ;
de maintenir les droits de l'Église catholique en Terre Sainte.
Concrètement, l'ordre soutient matériellement et spirituellement les œuvres (petit et grand séminaire, écoles, hospices pour personnes âgées ou handicapées) du patriarcat latin de Jérusalem, autrement dit, la communauté chrétienne installée en Terre Sainte (Israël, Palestine, Jordanie et Chypre).

Les Chevaliers et Dames se réunissent régulièrement pour des veillées, retraites et récollections, sources d'approfondissement de la foi. Tous doivent s'engager bénévolement dans les œuvres de charité de l'ordre. La récitation régulière du rosaire est recommandée aux membres.



Organisation
.

L'ordre du Saint-Sépulcre est une « personne juridique de droit canonique », selon le droit de l'Église catholique, composée essentiellement de membres laïques et d'ecclésiastiques. Les « Constititions de l'Ordre Équestre du Saint-Sépulcre », qui régissent actuellement l'ordre, ont été approuvés le 8 juillet 1977 par le pape Paul VI.





Gouvernement de l'ordre.



Saint Onuphre au janicule, siège de l'ordreBénéficiant du statut de droit pontifical, il est placé sous la protection du Saint-Siège et le gouvernement d'un cardinal Grand maître, charge actuellement occupée par le cardinal John Patrick Foley[1] depuis le 27 novembre 2007.


Le grand-maître donne ses directives et dirige l'ordre. Il assure les rapports de l'institution avec le Saint-Siège et les hautes autorités ecclésiastiques et civiles internationales. Au niveau national, il délègue généralement ses fonctions aux lieutenants ou aux délégués magistraux sur le territoire de leur compétence.


Le grand magistère de l'ordre assiste le grand-maître en organisant et coordonnant ses activités à travers le monde et plus particulièrement en Terre Sainte, ainsi que la gestion et l'administration du patrimoine de l'ordre. Il est composé par :


le lieutenant-général, choisi parmi les membres laïcs de l'ordre, qui représente le grand-maître ;

le gouverneur général, également choisi parmi les membres laïcs, qui supervise les activités du grand magistère, de la Consulta et des commissions, étudie des besoins des œuvres en Terre Sainte et des lieutenances et organise l'administration courante ;
le chancelier, secrétaire du grand magistère et de la Consulta, supervise les nominations et promotions dans l'ordre ainsi que le renouvellement des charges des lieutenances ;
le cérémoniaire, choisi parmi les membres ecclésiastique organise les cérémonies religieuses et traite des questions concernant la vie spirituelle de l'ordre ;
une dizaine de membres de l'ordre, choisis et nommés par le grand-maître, dont les deux tiers sont des laïcs.
Deux assemblées se réunissent pour assister le grand-maître :

le Conseil du grand magistère est l'organe exécutif du grand magistère. Il rassemble le gouverneur général, le chancelier et les membres éventuels du grand magistère ;

la Consulta, convoquée et présidée par le grand-maître qui en détermine l'ordre du jour, réunit le patriarche grand-prieur, l'assesseur, les lieutenants et délégués magistraux, un représentant de la Secrétairerie d'État et un représentant de la Congrégation pour les Églises orientales.



Grand magistère.


Grand-maître : Cardinal John Patrick Foley[2]

Grand-maître émérite : Cardinal Carlo Furno
Grand prieur : Patriarche Michel Sabbah
Assesseur : N. (fonction vacante en janvier 2007)
Lieutenant-général : Comte Peter Wolff-Metternich
Gouverneur général : Chevalier de collier Pier Luigi Parola
Vice-gouverneur généraux : Chevalier Grand-croix Baron Hubert Simonart
Vice-gouverneur généraux d'honneur : George T. Ryan
Chancelier : Mgr Juan José Dorronsoro
Chevaliers Grand-croix : Jean-Marc Allard, Robert Hugh Benson, Philippe Husson, Otto Kaspar
Cérémoniaire : Francis D. Kelly



Les lieutenances.

L'ordre est organisé en lieutenances, nationales ou régionales. Une ou plusieurs lieutenances existent dans tous les pays où l'ordre possède une organisation structurée. Actuellement, on en compte une cinquantaine, réparties dans 32 pays.

Les lieutenances assurent l'exécution des directives du grand -maître dans la limite de leur compétence territoriale. Elles informent chaque année le grand magistère de toutes les activités développées localement. Chaque lieutenance est responsable de son administration et de sa gestion financière.


La lieutenance est dirigée par un « lieutenant », désigné par le grand-maître. Il est assisté d'un grand prieur, membre ecclésiastique le l'ordre nommé par le grand maître et choisi parmi les évêques. Il dirige les activités religieuses de la lieutenance.




Comme le grand-maître, le lieutenant est assisté d'un Conseil, généralement composé :


du chancelier,

du secrétaire,
du trésorier,
du cérémoniaire ecclésiastique,
du cérémoniaire laïc,
de quelques conseillers.

Afin de décentraliser son action, la lieutenance peut instituer des délégations régionales, dirigées par un commandeur -ou délégué magistral- laïc, assisté par un prieur ecclésiastique.







Source la curieuse histoire du monde.

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Jehanne - dans Personnages Historiques
15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 00:11
Les emblèmes médiévaux.






Emblèmes de Jeanne d'Arc.



De tout temps les troupes se sont regroupées autour d’un emblème signalant la présence du chef de l’armée. Héritier lointain des enseignes carolingiennes, l’étendard de la France capétienne est avant tout le symbole des rois. Les barons se distinguent par leur gonfanon. Au XIIIe siècle, avec la généralisation des armoiries, apparaissent les pennons, réservés aux chevaliers, et les bannières, qui remplacent les gonfanons aux mains des barons.
La première codification parvenue, les “Siete partitas” du roi Alphonse X de Castille (1252-1284), montre une organisation très hiérarchisée :
- Rois et empereurs ont seuls droit à porter l’étendard, pièce de tissu carrée, décorée des armes de leur royaume.
- Les barons suivis de plus de cent chevaliers et les contingents des cités portent l’enseigne capitaine, drapeau carré terminé par trois queues rectangulaires.
- Les barons suivis de 50 à 100 chevaliers portent le “pendon posadero”, drapeau triangulaire qui donnera naissance au pennon.
- Les seigneurs suivis de 10 à 50 chevaliers portent la bannière, rectangle de tissu plus haut que large.
- Les seigneurs suivis de 2 à 10 chevaliers portent une banderole étroite terminée par deux queues rectangulaires. En France, à la même époque, les petits seigneurs royaux portent le pennon ou pennoncel, en forme de bannière coupée en diagonale. Il est à noter que le mot “drapeau” n’a pas, au Moyen Age, le sens que nous lui donnons actuellement, mais celui de pièce d’étoffe.


En 1351, une ordonnance royale établit que le pennon doit être porté par des compagnies de 30 à 35 piétons, ou par un chevalier. L’étendard, désormais également porté par les princes de la famille royale, est reproduit en de nombreux exemplaires et mis à la tête de troupes et des subdivisions de troupes.


En 1444, un chroniqueur, Antoine de la Sale, établit le tableau suivant :
- Rois et princes portent à la fois l’étendard, long triangle fendu de deux queues, la bannière carrée et le pennon.
- Les marquis, comtes, vicomtes, barons et chevaliers bannerets portent la bannière rectangulaire. Comme ils sont également chevaliers, ils portent à titre personnel leur pennon.
- Les chevaliers portent le pennon, triangulaire. On peut passer du rang de chevalier à celui de banneret à condition de posséder un château entouré de 25 feux, et en s’entourant de six bacheliers (c’est-à-dire qu’ils ne portent pas de bannière et ne sont donc pas banneret) ou de 50 hommes d’armes. Le maréchal coupe alors symboliquement la queue du pennon pour le transformer en bannière.


Ce système, dont la décoration est strictement héraldique, est organisé en fonction de la hiérarchie de la noblesse. Il est à noter que sur les bannières les armes sont disposées parallèlement à la hampe, alors que sur les étendards, elles sont disposées de façon transversale, la hampe formant le “haut” de l’enseigne.


A partir de 1384, un nouveau système d’enseigne se superpose au premier : Charles VI fait figurer sur son étendard personnel, un cerf ailé, et des anneaux, sur fond rouge.
A l’exemple du roi d’autres grands seigneurs vont faire peindre ou broder des étendards décorés de leur saint patron. Le choix de la figure est libre, quoique principalement à caractère religieux. Au cours de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, les princes reprendront quelquefois les insignes de parti dont ils ornent leurs palais, leurs livres et les vêtements de leurs partisans. Le duc Louis d’Orléans ayant adopté le bâton noueux, symbole de ses amicales dispositions envers le duc de Bourgogne, ce dernier prit pour emblème le rabot et deux bâtons lisses en forme de croix de saint André. En novembre 1407 le “bâton noueux était plané” : le duc Louis d’Orléans était assassiné sur ordre de son cousin Jean sans Peur. Quatre ans plus tard, avant de se mettre en campagne contre l’assassin de son père, Charles d’Orléans fit peindre des enseignes d’un nouveau type : 4200 pennons “de sable” (noirs) portant le mot “Justice”. Ces pennons avaient pour fonction de signaler à quel camp appartenaient les combattants de son armée.


Ces deux types d’enseignes, à motif religieux et à devise politique, se combinèrent pour donner naissance à des étendards qui sont à la fois des programmes politiques et des insignes de parti. Les chefs secondaires, parfois bien en peine de produire des armoiries authentiques, ajoutent en effet sur les queues de leurs étendards les emblèmes de leur maître. Chaque étendard est doublé d’un pennon, porté par le chef de la troupe, voire par un page, et dont la décoration est pratiquement identique à celle de l’étendard. Visiblement le pennon ne sert plus à indiquer le rang de son propriétaire, mais doit servir à transmettre des ordres de manoeuvre à la troupe.


Chaque compagnie peut ainsi se trouver dotée de trois drapeaux : l’étendard du roi ou du prince, l’étendard de la compagnie, le pennon de son capitaine, ces deux derniers reprenant dans leurs queues les composantes de l’étendard princier.


Au sein de ce système, la hiérarchie est marquée par la taille des enseignes : la bannière impériale mesure ainsi six pieds carré, soit à peu près 2 mètres sur 2,30 mètres.
Celle d’un banneret ne mesure que deux pieds carré, soit un peu plus de 60 centimètres sur 80. Les étendards royaux mesurent cinq aunes de long, soit près de six mètres, alors que ceux des capitaines ne sont que de trois aunes, soit environ 3,50 mètres pour 80 centimètres de haut. Ils sont fendus sur le quart et jusqu’à la moitié de la longueur. Le pennon d’un chevalier est pour sa part plus grand que celui d’une compagnie de piétons. Cette grande disparité de taille et d’organisation facilite évidemment les confusions, les témoins pouvant confondre, à distance, pennons et étendards.


Les motifs et devises se lisent de la hampe vers la pointe. Pour cette raison les enluminures représentent les étendards de face dans la plupart des cas, c’est-à-dire la queue tournée vers la droite de la page. Sur le revers, la devise se lit en effet de droite à gauche, les surfaces peintes devant se superposer dans la mesure du possible. Le motif du revers peut différer de celui de la face, à condition d’occuper à peu près la même surface, et d’être brodé, en effet, la peinture étant bue par le tissu, il n’est pas possible de peindre des motifs différents sur les deux faces.


On verra que l’étendard de Jeanne est conforme à ces dispositions. Au milieu du XVe siècle, le mot étendard est remplacé par celui d’enseigne pour les cavaliers, par celui de guidon pour les gens de pieds, l’appellation étendard étant de nouveau réservée à l’emblème du prince."







Source Colin.








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Jehanne - dans Contexte historique
14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 00:13
Les alphabets de calligraphie médiévale.





alphabets contenus dans le livre histoire de la calligraphie française de Claude Médiavilla aux éditions Albin Michel.




CAPITALE ROMAINE.
Le E est une lettre essentielle dans la construction de la capitale romaine. En effet, certains de ses traits peuvent bâtir des lettres tels que les F, L, C, S et Z.






RUSTICA du Ier siècle.
La rustica du Ier siècle est tracée à l'aide d'un roseau sur papyrus. Ce principe d'exécution explique la robusteste de ces pleins. Notons que le A et le I dépassent la ligne supérieure.

RUSTICA du Ve siècle.
Cette rustica du Vè siècle, tracée sur parchemin, possède des signes plus étroits et des empattements plus souples. Les lettres B, F, L et Y dépassent toujours la ligne supérieure.






CURSIVE ROMAINE du Ier siècle.
La cursive romaine du Ier siècle présente un aspect capitalisé. Elle semble avoir été tracée à la hâte, tantôt sur papyrus, tantôt sur des tablettes de cire.

CURSIVE ROMAINE du IVe siècle.

Cette cursive romaine, appelée "cursive récente", s'avère d'une lecture difficile en raison des ligatures fréquentes et de la forme spécifique de certains de ces signes. La cursive récente est le modèle le plus originel des écritures précarolines et de la caroline classique.







ONCIALE ROMAINE du IVè siècle.
Ce type d'onciale romaine date de la fin du IVe siècle. Les traits sont calligraphiés sans fioritures. L'ensemble de l'alphabet possède une proportion très ronde qui s'étale majestueusement sur la ligne. C'est l'écriture monastique par excellence. Les ligatures et les lettres accolées sont peu nombreuses, il faut cependant noter le R final, les ligatures UNT, RIS et AE. Le P et le R dépassent légèrement la ligne d'éciture inférieure.






TYPE DE LUXEUIL.
L'écriture mérovingienne du type Luxeuil est d'une lexture difficile du fait de la grande fréquence et de la complication de ces ligatures et des lettres accolés.






CAROLINE.
Cette planche représente le type de caroline classique mise au point à l'école de Tours. Les lettres de l'alphabet, en règle générale, montrent une légère inclination vers la droite. Le fût verticale est formé de deux traits, l'un montant, l'autre descendant. Le g est ouvert, le i ne possède pas de point diacritique. Le s est médian, le t de forme onciale, le u et le v sont confondus, et le y conserve un signe de ponctuation.






TEXTURA du XIVe siècle.
Ce type de gothique du XIVè siècle, dite textura quadratus, fut très usité en Ile de France. A noter les deux formes de a, le r normal et le demi-r, le s médian et le s final, et enfin le y pointé. La morphologie générale de l'alphabet est plus simple et les empattements sont moins accusés et rigides que dans la gothique textura du XVe siècle.







TEXTURA du XVe siècle.
On peut noter la formation très rigoureuse des empattements en forme de losange. La quatrième ligne présente une série d'abréviations latines.






La TOURNEURE.
Alphabet de capitales touneures du XVè siècle. L'appellation "tourneure" vient du verbe "tourner", qui évoque clairement la formation de la lettre par l'action du pinceau.






CURSIVE GOTHIQUE.
Cette planche présente un alphabet des années 1410. On remarque notamment la formation du s médian en deux traits de plume, le e ouvert, les g, h, x, y et z très bouclés. Ces boucles sont un important élément d'identification de ce style gothique.






GOTHIQUE BATARDE.
Bâtarde dite "flamande", utilisée à la cour des ducs de Bourgogne. L'alphabet se caractérise par des s médians très épais.






CANCELLARESCA.
Ce modèle de minuscule cancellaresca est calligraphié d'après l'écriture des maître Palatino et Francisco Lucas.









Source Laea d'Avalon.

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Jehanne - dans L'Art au Moyen âge
13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 00:10
L'escrime médiévale.










Repères chronologiques:


1280 : manuscrit dit « I33 » traitant de l’escrime a l’épée et a la targe
1410 : ouvrage du maître Fiore dei Liberi
1444-1467 : Fechtbucher des Maitres Allemands (Talhoffer, Lichtenhauer, Meiers)




L’escrime étant un art martial, c’est un sport qui exige une grande maîtrise de soi, un respect de son adversaire, et une technique irréprochable.
De nos jours, les combats de reconstitution se font bien sur avec des armes émoussées, mais cela reste des armes malgré tout. Il n’est pas bon de confier une épée a une personne qui n’est pas capable de s’en servir, un entraînement de longue durée et quotidien est indispensable pour arriver a une bonne maîtrise de l’arme.


L’escrime est réellement apparue dans l’antiquité, les Grecs proclamaient que le soldat n’est pas celui qui porte l’épée, mais bien celui qui sait la manier, cependant, il n’existe aucune trace de maîtres d’armes professionnels et d’académie d’armes.
Pendant le siècle de Périclès, jusque la période Hellénistique, des maîtres d’armes de métier, qui, le plus souvent, font partie du personnel chargé de l’éducation des enfants citoyens. La différence avec le Maître d’armes est qu’il est, a l’inverse du pédagogue, du musicien et du gymnaste, un homme libre qui monnaye ses services. Ce qui rend son savoir uniquement accessible aux familles fortunées.
Le glaive grec ou romain est fait de bronze, les romains frappent essentiellement d’estoc, interdiction formelle leur est donnée de frapper de taille, sauf en cas d’absolue nécessité, car ils savent que le coup d’estoc est bien plus meurtrier. Le but étant de tuer en faisant le moins de geste possible.
Les peuples dits barbares utilisent des armes de même style ou parfois légèrement plus longue, mais l’utilise de façon plus désordonnée. Seuls les celtes se distinguent, ils frappent de taille avec de véritables épées en fer, métal bien plus solide que le bronze des armées méditerranéennes, ce qui permet d’abord aux celtes de mener une politique agressive puis de se défendre longtemps contre les envahisseurs.

Le glaive romain va peu a peu s’allonger au fur et a mesure de l’affaiblissement de l’empire romain, en effet, on incorpore de plus en plus aux armées romaines des mercenaires venus du nord, adeptes du meme genre d’épées que les celtes.
Dans la fin de l’empire romain, on utilise de plus en plus les armes des peuples germaniques.

Dans le haut moyen age, l’épée devient la compagne la plus sure d’un homme qui désire survivre a un pillage ou in voyage. C’est l’époque ou les exploits individuels sont loués par les poètes et chanteurs, c’est l’époque du roi Arthur et d’excalibur.
Il ne subsiste cependant aucune trace des instructeurs romains de jadis, c’est le père qui apprend a son fils a manier l’épée, et ce, dans la résidence seigneuriale. De plus, la féodalité naissante réduit considérablement le nombre de personnes autorisées et aptes a porter l’épée, arme par excellence du chevalier.

Les maîtres d’armes reviennent au XIIIe siècle, on reconnaît que manier l’épée nécessite un entraînement aussi bien théorique que pratique, cet enseignement est beaucoup recherché par la noblesse, qui risque fréquemment sa vie sur le champs de bataille. Le développement de l’ordalie, duel judiciaire tout a fait légal et même d’usage courant au moyen age, précipite aussi un certain engouement à apprendre l’escrime. il est décrété lorsque les juges ne peuvent déterminer la culpabilité ou l’innocence de chaque partie, et fait appel au jugement de Dieu. On se rendra néanmoins vite compte que l’homme qui sait manier l’épée est souvent le favori de notre bon Dieu.
Contrairement aux idées reçues, le guerrier du moyen age est assez rapide et plus libre de ses mouvements qu’on ne le pense, car il n’est pas encore enfermé dans des armures de plaques d’acier. Il est primordial de savoir se battre avec et contre n’importe quoi. Cependant, malgré la grande diversité des armes de cette époque, l’épée reste l’arme la plus noble. A cette époque, on se fixe principalement sur la pratique, les attaques de bases étant principalement de taille. La force brute porte encore un rôle important dans l’escrime médiévale, d’une part a cause du poids de ces armes, qui pèsent en moyenne 1kg, et d’autre part a cause du soin porté a la protection du chevalier.
Il faut attendre l’arrivée de maîtres germaniques pour assister a un développement sans précédant de la technique de l’escrime. Cette évolution est considérée comme l’acte de naissance de l’escrime en tant que science du maniement de l’arme.






Source Heinrich.

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Jehanne - dans L'Artillerie
11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 03:52
L'organisation de l'Eglise.





Parmi les chrétiens, certains se consacrent entièrement à l'Eglise : ce sont les clercs.


Clercs séculiers et réguliers.


Le clergé séculier.

Evêque : Dirige le diocèse, l'ensemble des paroisses d'une région (l'archevêque dirige, en plus, un groupe de diocèses).

Prêtre : Administre la paroisse, communauté des fidèles d'un village ou d'un quartier d'une ville.


Le clergé régulier.

Abbé : Dirige la communauté des moines.

Moine : Vit dans un monastère et suit une règle de vie.



Le Pape, chef de l'Eglise.

Depuis le début du Moyen Age, l'autorité du Pape ne fait que grandir. Elu par les cardinaux dès 1059, il s'impose peu à peu comme le chef de l'Eglise catholique. Il s'entoure de bureaux spécialisés (la curie), contrôle le clergé grâce à ses envoyés (les légats), convoque des assemblées d'évêques (les conciles) et fait connaître ses décisions par des lettres (les bulles).





Les ordres religieux se développent.

L'action des papes a été soutenue par deux groupes de moines, organisés en ordres ; les moines de Cluny redonnent à la prière et aux belles cérémonies la meilleure place ; les moines de Cîteaux veulent rétablir à la lettre la règle de Saint Benoît : prière, vie austère à l'écart du monde, travail manuel intense.






Au début du XIII° siècle apparaissent l'ordre des Franciscains fondé par François d'Assise (1182-1226) et celui des Dominicains, fondé par l'Espagnol Dominique (1170-1221). A la différence des moines, ces Frères Mendiants ne s'enferment pas dans un monastère ; ils vivent de la mendicité et parcourent les villes pour dire la parole de Dieu et enseigner.
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Jehanne - dans La Religion
10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 03:39
Lieux de vie d'un château fort.




Le château fort est constitué de plusieurs pièces très froides ayant de petites fenêtres pour empêcher les attaques.


Le donjon.

Le plus souvent, il est rond. Il constitue la demeure seigneuriale et comprend chambres, salles communes, bibliothèque et salle de travail. Aucun mur ne mesure moins de 2.80 m d'épaisseur, les plus massifs dépassant 5 m, et même 7.50 m à la base.






La chapelle.

Une petite chapelle était souvent placée à côté de la chambre du seigneur. Elle était décorée de fresques, de vitraux et d'une croix d'or posée sur l'autel. Chaque matin, le seigneur et son épouse venaient y prier et assister à un office. Les autres personnes se rendaient dans une chapelle plus grande située dans la cour du château .



La cuisine.

En l'absence du seigneur, la cuisine était très calme. C'était une immense pièce où la cheminée occupait une grande place. Les cuisiniers disposaient de différents ustensiles : le mortier (1) qui servait à écraser les herbes et les épices, l'agitateur (2), un pilon (3) pour la viande, une écumoire (4) en métal et différents couteaux (5) pour découper la viande et les légumes.




La grande cheminée en était le seul moyen de chauffage.

Le cuisinier donnait des ordres à ses aides qui coupaient les légumes, plumaient les volailles et frappaient la viande pour l'attendrir. Un jeune marmiton, "le tournebroche", devait tourner la grande tige sur laquelle cuisait la viande. Le pauvre devait rester à côté de l'âtre qui dégageait une chaleur insupportable. Pour cuire le pain, un four en coupole était aménagé dans le coin de la cheminée. Une grande table occupait tout le milieu de la salle. Dessus, toutes les aides préparaient le repas.




La grande salle et les repas.

Les jours de fête, le seigneur organisait de grands banquets. Plusieurs tables étaient donc installées dans la grande salle. La famille du seigneur et les hôtes de marque mangeaient sur la table d'honneur plus haute que celles des autres convives. L'arrivée des serviteurs était toujours précédée d'une sonnerie de trompettes. Les invités de marque étaient alors servis dans des assiettes d'or ou d'argent, tandis que les autres mettaient leurs aliments sur de grandes tranches de pain rassis. Chacun possédait un couteau mais mangeait avec les doigts. Tout comme aujourd'hui, il était fort mal élevé de faire du bruit en mangeant, mais certains seigneurs se moquaient pas mal du savoir-vivre. Les restes du festin étaient distribués aux pauvres qui attendaient à la porte du château.


L'hygiène.

Les latrines (WC) se trouvaient à chaque étage, les unes au-dessus des autres. Les plus hautes débouchaient à l'air libre. Elles étaient composées d'un siège en pierre recouvert d'une bande de feutrine verte pour protéger du froid. Les excréments tombaient soit dans les douves, soit dans une fosse prévue à cet effet. Le seigneur disposait parfois de toilettes privées, appelées aussi garde-robe. Des bandes de toile faisaient office de papier et, afin d'empêcher les mauvaises odeurs, des herbes odorantes étaient jetées sur le sol.




Seuls les gens les plus riches pouvaient s'offrir le plaisir d'un bain chaud et parfumé car cela coûtait extrêmement cher. Pour en prendre un, le seigneur dépensait l'équivalent du salaire hebdomadaire d'un manoeuvre. Le savon à l'huile d'olives parfumé aux herbes fut utilisé dans le sud de l'Europe dès le VIII° siècle. Dans le nord, où l'on se servait d'un produit local fait à base de graisse animale, de cendre et de soude, le savon ne fut introduit que beaucoup plus tard.

Les vêtements sales étaient placés dans un tonneau où on les imprégnait de savon liquide, puis on les battait avec un battoir en bois.

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Jehanne - dans La Société
9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 03:28
Le berger.









Le berger assurait la conduite et la surveillance d’un troupeau d’ovins et lui dispensait des soins si nécessaire,
pour le compte d’un ou plusieurs éleveurs. Il réalisait éventuellement la transformation fromagère.


Les bergers surveillaient et conduisaient les troupeaux :
•Ils observaient l’état général et les comportement du troupeaux.
•Ils organisaient, puis empruntaient et adaptait les parcours aux cours de l ’estive (période de présence en hautemontagne,
l’été).
•Ils dressaient et utilisaient le ou les chiens pour la conduite du troupeau.
•Exceptionnellement,ils pouvaient être amenaient à assurer l’agnelage (mise bas des brebis).
•Ils apportaient les soins aux bêtes (plaies,sutures,piqûres …).

Les bergers entretenaient les équipements de l’estive et organisaient sa vie quotidienne :
•Ils prévoyaient et commandaient l’outillage pour les travaux de maintenance.
•Il exécute les travaux de réparation.
•Il nettoie le matériel et les équipements.
•Il prévoit son équipement personnel et son alimentation.

Le berger produit le fromage :
•Il assure la traite des brebis.
•Il réalise la transformation fromagère.
•Il nettoie le matériel de traite et de transformation.
•Il affine et conserve le fromage.
•Il prépare le fromage pour le transport.


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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 03:20
Les forgerons et les taillandiers.









Les forgerons étaient souvent dans les villages, alors que la plupart des autres métiers, comme les tisserands ou les meuniers, étaient plutôt à l'extérieur des villages.

Le métier de forgeron se décline en différentes spécialités : maréchal ferrant, serrurier, faiseur de cercles, faiseur de charrue, maréchal, chaudronnier, maréchal des forges...
Certaines personnes ont plusieurs de ces métiers, comme par exemple forgeron et serrurier. Il est difficile de dire, s'il n'est que serrurier, ou forgeron avec une spécialité reconnue de serrurier.

Le fer est la matière principal des forgerons. L'acier et la fonte sont semblables. Ils sont principalement le mélange de fer et de carbone à base de charbon.

Entre le XIe siècle et le XVe siècle, il était rare que la forge appartienne au forgeron ; elle appartenait au seigneur local, qui en possédait les droits, et en récupérait les bénéfices en y plaçant un forgeron salarié.

Les activités du forgeron:
• ferrage des chevaux, et donc fabrication des fers,
• fabrication des cerclage des roues des charrettes,
• fabrication des cercles pour le tonnelier,
• serrures et quincaillerie,
• fabrication des divers araire, ainsi que tous les outils des champs : faux, faucille, râteau, houes, ...
• fabrication des divers outils pour les jardins : pelle, pioche, fousou, bêche, fourches, ...
• crémaillères, broches, tisonniers, moines, ...

En fait dans la nature les chevaux n'ont pas besoin de fer, la corne du sabot poussant de manière constante à raison de près d'un centimètre par mois. Mais les chevaux utilisés dans les champs et plus encore ceux qui servent aux transports (des personnes et des biens) sur les routes, voit l'usure des sabots se faire plus rapidement que le remplacement naturel. Le ferrage des chevaux devient indispensable sinon celui-ci doit être inemployé le temps que la corne se refasse. Mais à l'inverse, comme la corne continu à pousser, il faut régulièrement remplacer les fers, les pointes le fixant, se trouvant dans les parties fragilisés et anciennes du sabots, c' est aussi pour cela que les fers étaient régulièrement perdu par les animaux.



Au Moyen Âge le taillandier est un forgeron qui travaille en finesse. Il est chargé de la production de tout ce qui a tranchant, de ce que l'on appelle les outils à taillants.

La matière première du taillandier est l'acier. Il était souvent fourni en barre de plusieurs mètres de long, que le taillandier coupait à la longueur voulue. Dans les temps de pénurie, ou pendant les guerres, le taillandier récupérait tout le métal qu'il pouvait afin de le « recycler ». Parfois le taillandier fournissait aussi les manches des outils qu'il fabriquait lui-même en châtaignier ou en frêne.

Les outils du taillandier sont les mêmes que ceux du forgeron. Il utilise bien sûr une forge pour chauffer le métal. Celui-ci est ensuite aplati au marteau par plusieurs ouvriers. Plus tard, ils seront remplacés par un marteau-pilon (ou martinet) qui fonctionnait au gaz ou à l'électricité. Le taillandier utilisait également, comme le forgeron, une gamme de marteaux et de pinces de forge.

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