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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 02:52
Les tissus au Moyen âge.




A cette époque, nombre de tissus précieux provenaient d'Orient ou étaient fabriqués dans certaines régions d'Italie, plus particulièrement celles de Gênes et de Venise ainsi qu'en Espagne. Cependant, ce sont les étoffes de laine qui tinrent la première place durant tout le Moyen-Age : leurs qualités étaient très variables ainsi que leurs prix.

Les italiens produisaient en quantité toutes sortes de tissus tels que velours, satin ou taffetas qui faisaient le bonheur de toutes les classes favorisées de l'Europe.

Venise devint un important producteur de soie grâce à l'installation des Lucquois sur leur territoire. Elle devint également le plus grand fournisseur et importateur du marché mondial.

L'Espagne était également très friande de soie dont les fabriques survécurent après le départ des musulmans.

Une large gamme de couleurs nouvelles fit son apparition grâce aux teintures et aux mélanges de fils de teintes différentes. De plus, les couleurs perdirent le caractère symbolique qu'elles avaient auparavant, ce qui permit à chacun de porter les teintes de son choix quelle que soit sa classe sociale. Cependant, le vert était plutôt réservé aux jeunes.

Les tissus de soie étaient réalisés à partir d'armures variées : rayures, damiers, figures...

Cependant, cette soie tant prisée ne fut jamais aussi prépondérante que les draps de laine fabriqués par l'industrie flamande. Contrairement à la soie, ils étaient toujours de colori uni.

Les habits de luxe étaient agrémentés de broderies et d'applications représentant toutes sortes de sujets : animaux, végétation, figures diverses.

La fourrure avait un rôle important et restait un signe de luxe. Elle était utilisée plus particulièrement en bordure, en doublure, sur les chapeaux. Celles qui plaisaient le plus étaient le renard, la létice qui ressemblait à l'hermine, le castor, le gris, le vair et l'hermine. Ces trois dernières fourrures étaient destinées aux vêtements de cour.

L'écureuil, la loutre, le lièvre... étaient plutôt réservés aux bourgeois et à la petite noblesse.

Le vair désignait la fourrure de l'écureuil du nord. Celui-ci pouvait être dit "menu vair" lorsque le dos de l'animal gris et son ventre blanc étaient employés successivement pour former un damier à deux couleurs. Le "gros vair" quant à lui, était d'une qualité inférieure. C'était une fourrure couramment utilisée durant tout le Moyen Age.

Les tissus d'Orient eurent, eux aussi, beaucoup de succès, dans les vêtements de luxe.

L'Europe se fournissait en mousseline de soie et d'or venant de Mossoul, de damasquins aux motifs tissés venant de Perse ou de Damas, de soies à décor de figurines nommées "baldacchino", de draps à fond rouge ou noir ornés d'oiseaux bleus et or, venant d'Antioche, etc...

Tous ces motifs typiquement orientaux furent largement copiés par les européens. Pourtant, peu à peu, les goûts se transformèrent et les thèmes occidentaux se libérèrent de l'influence orientale. L'Italie, par exemple, donna la primauté au décor floral stylisé. La mode des semis de fleurs s'étendit principalement à Florence et à Gênes.

Les velours ou satins façonnés cramoisis pouvaient atteindre des prix considérables lorsqu'ils étaient colorés grâce au kermès. Cette teinture, la plus couteuse de toutes, était extraite des oeufs d'un insecte originaire de la Méditerranée.

Le violet n'avait pas cette connotation de tristesse et de pénitence qui sera réservé au Carême et à l'Avent. Le noir n'était pas non plus destiné à représenter le deuil mais seulement l'influence des modes mondaines. D'ailleurs, les vêtements noirs étaient souvent doublés de tissus aux couleurs vives.

Le camocas était un riche tissu de soie souvent agrémenté de rayures d'or ou d'argent fabriqué en Terre Sainte. Il était courant surtout aux XIVe et XVe siècle.

Le cendal était un tissu de soie très utilisé au Moyen-Age et qui ressemblait au taffetas. Il en existait de toutes sortes allant de l'étoffe de luxe jusqu'au tissu de doublure très ordinaire.

Le dabiky était un tissu très léger fabriqué au XVe siècle dans les faubourgs de Damiette. On en faisait des turbans brodés et des robes.

Le camelot était un tissu fabriqué avec du poil de chameau originaire d'Asie Mineure. Il fut importé en Occident dés le XIIIe siècle par les français et les Italiens.

La futaine était un tissu très courant en France depuis le début du XIIIe siècle. Il s'agit d'un tissu de coton ou un mélange de coton et de chanvre ou de lin. Il était fabriqué à l'origine à Fustat, faubourg du Caire, ce qui explique son nom. Cette étoffe était utilisée pour fabriquer des vêtements de dessous ainsi que des doublures. Le nom de "bombazin" pouvait désigner un vêtement de dessous fait en futaine ou bien une futaine à deux envers.
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Jehanne - dans Divers
6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 02:48
Les chaussures médiévales.










Au XIVe siècle, les femmes portaient des bottes mais nous ne sommes pas certain que ce terme ait la même signification que de nos jours.

Au XVe siècle, elles portaient des poulaines, tout comme les hommes, mais aussi des patins dont la destination était de protéger les chaussures légères et fragiles lorsqu'elle sortaient.


Les patins ou les galoches étaient des souliers munies d'une épaisse semelle en bois ou comportant des talons hauts et fabriquées en velours ou cuir gravé et décoré. Habituellement, elles étaient portées sur des chaussures légères. Parfois articulées, elles pouvaient être maintenues par des lanières de cuir sur le dessus du pied. Ce type de chaussure fut porté au Moyen-Age et au XVIe siècle.


Le bois était parfois remplacé par le liège. L'utilisation de ferrures pour protéger la semelle était inconnue.


Les souliers pouvaient être décorées de toutes sortes de manière : peinture, gravure, découpes ou estampage.


Les bottes à armer étaient armées de tiges et de mailles d'acier. Elles sont sans doute à l'origine des bottes de cuir portées aux XIVe et XVe siècles par les deux sexes. En porter une seule était d'un grand raffinement.

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Jehanne - dans La Société
4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 02:45
Les coiffes médiévales.









A la fin du XIVe siècle, une coiffe de soie ou une résille perlée recouvrait l'ensemble des cheveux. Dessus était posé un voile qui formait sur la tête une sorte d'auvent, la huve. Celle-ci était maintenue par de longues épingles. Elle pouvait être bordée de plis ou de ruchés.

A la fin du XVe siècle, cette coiffe était surmontée d'un fin bourrelet. Rapidement, il augmenta de proportion et devint plus haut.


Les coiffes à corne comme leur nom l'indique étaient constituées de cornes pouvant varier dans la forme et les dimensions. La coiffe en "pain de sucre" est du même genre mais formée d'une seule pointe. Elles étaient souvent ornées d'un long voile. Toutes ces coiffes furent à la mode jusqu'en 1480. Il faut savoir que le terme de "hennin" couramment utilisé à notre époque ne désigne absolument pas l'une de ces coiffes car il s'agit en réalité d'une dénomination qui pouvait avoir une connotation satirique dans certains cas. En effet, les milieux religieux étaient fermement opposés au port de ce genre de couvre-chef en raison de leurs dimensions excessives et, pour les coiffes à corne, pour leur ressemblance avec les cornes du diable. Cependant, on ignore la signification exacte du mot hennin dont on ne trouve trace nulle part. Le "hennin" apparaît vers 1430 et pouvait atteindre un mètre de haut. Réalisé en papier rigide ou en toile empesée, il était recouvert de soie ou d'une autre étoffe précieuse. Un voile transparent pouvait le recouvrir ainsi que le visage et tomber jusqu'au sol. Ce voile pouvait aussi être fixé sur la pointe du "hennin". Les cheveux qui dépassaient de la coiffure étaient rasés sauf un petit triangle au milieu du front.


Les italiennes ne portèrent pas les coiffes à corne mais plutôt des bourrelets superposés.


A la fin du XVe siècle, les vénitiennes suivirent une mode qui consistait à avoir des cheveux blonds, ramenés en chignon au sommet du crâne.


Les femmes de la noblesse portaient aussi des serre-têtes en or ou en argent.


L'atour de tête est le nom donné aux coiffes volumineuses des femmes de la fin du XIVe siècle au dernier tier du XVe siècle.


La barbette est un voile fixé soit au dessus des oreilles, soit aux cheveux, soit au chapeau. Il cachait le menton et le cou. La barbette et le couvre-chef constituaient ensemble la guimpe qui était portée par les femmes d'âge mûr et les veuves du XIIe au XVe siècle. Une variante de la barbette, qui recouvrait le front et le menton, était surtout portée en France et en Bourgogne par les femmes en deuil.


La barrette est une coiffe souvent confondue avec l'aumusse et utilisée de la fin du XIIIe au début du XIVe siècle. C'était un capuchon plat qui tombait sur les épaules. Elle était portée par les hommes comme les femmes.


Le fronteau est un bandeau d'or ou de soie utilisé comme coiffe par les femmes au XIVe siècle et au début du XVe. On l'appelait aussi chapel d'orfèvrerie.


La huve est une coiffure en forme de cornette évasée en auvent. Elle était maintenue de chaque côté de la tête par de longues épingles. Les pans retombaient sur le cou. Elle fut portée plus particulièrement de la fin du XIVe siècle au début du XVe siècle.


La templette ou templière est une décoration utilisée au XVe siècle, faite en métal sur laquelle s'enroulaient les tresses de la chevelure placées au-dessus des oreilles.


Le touret utilisé du XIIIe au XVe siècle, est constitué d'un voile qui recouvre le front.


Le tressoir est une coiffe constituée d'une tresse d'or ou de soie ornée d'orfèvrerie.

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Jehanne - dans La Société
3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 02:38
Le costume féminin au Moyen âge.









Le concept de la beauté parfaite se définit au XIIIe siècle, plus particulièrement en France et en Italie. La perfection du corps féminin devint plus important. L'apparence extérieure pris également de l'importance. La femme idéale devait porter la tête inclinée vers l'avant, la poitrine aussi plate que possible, le ventre et les hanches mis en évidence et avancés vers le devant.


Vers 1467, les robes se bordèrent de fourrures.


Le costume féminin au Moyen Age présentait certaines caractéristiques générales : le haut du corps était gainé tandis que le bas était allongé par la traîne, la silhouette cambrée au niveau des reins, large sur les hanches, ajusté sur le buste.


Au XIIIe siècle, la mode du ventre arrondis était obtenue grâce à de petits sacs rembourrés.


Les coutures cintrées affinaient la taille. Petit à petit, les détails se multiplièrent : décolleté, coiffure, coudières et découpures...


L'agrandissement du décolleté était une nouveauté.


Les femmes portaient une chemise ainsi que le blanchet en guise de sous-vêtements. La chemise était décolletée et comportait des manches.


Elle était réalisée dans une toile fine ou en soie. Le blanchet, lui, était un costume long, qui pouvait servir de robe de chambre. Il était parfois doublé et fourré, parfois en toile.


La cotte fut remplacée par le corset. Il était constitué de manches courtes qui laissaient passer la chemise. Il était ouvert par une fente lacée.


Habituellement, il était porté sous la robe mais pouvait aussi la remplacer.


Le surcot ouvert était un costume du Moyen Age dont l'usage durera pendant près de deux siècles. Le corsage était fendu et largement échancré des hanches aux emmanchures, il laissait apercevoir la cotte, tandis que le devant formait une espèce de gilet recouvert d'hermine le plus souvent tout comme l'était la bordure des emmanchures.


Le décolleté, d'abord largement arrondi, devint triangulaire au cours du XVe siècle. A la fin du XVe siècle, le col carré plat devint à la mode sous l'influence de l'Italie. Le décolleté triangulaire pouvait atteindre la taille sur le devant et être bordé d'un tissu souvent noir, nommé tassel dont la présence permit de diminuer la profondeur du col et de le transformer en carré. Le touret de col dit aussi gorgias ou gorgerette était un tissu de gaze qui en recouvrait les bords.


Les deux sexes portaient la longue houppelande, boutonnée sur le devant avec de grandes manches serrées au niveau du poignet ou, au contraire, évasées.


Le terme de robe était moins employé que celui d'habit de femmes. On utilisait également celui de cotardie. Il s'agit d'un costume long avec le col pour seule ouverture, dont on relevait le bas pour marcher. Il pouvait être maintenu grâce à une agrafe nommée "troussoir".


Le banolier était une ceinture large qui était placée sous les seins.


Dés le XIVe siècle, une ceinture nommée demi-ceint, était utilisée par les femmes. Elle était constituée par une chaîne en argent sur laquelle il était possible de suspendre divers objets d'usage courant.


Une mode venue d'Allemagne consistait à décorer le bas des robes, les extrémités des cornettes, de déchiquetures en lambeaux feuillus nommés "à la façon d'Allemagne". Cette nouveauté arriva en France vers 1430.


Une autre mode allemande vint en France et également à Venise dés le début du XVe siècle : des manches fermées en forme de sac ballonné remplacaient les manches largement ouvertes.


En Angleterre, ces deux modes furent utilisées dans les vêtements de luxe.


En Espagne, la mode du début du XVe siècle se caractérisait par un détail typique, le vertugo. C'est en Castille, vers 1470 que nacquit l'usage de ces cercles rigides qui deviendront au XVIe siècle le vertugadin français et le farthingale anglais. Cet élément vestimentaire fut utilisé jusque vers 1490 en Castille. C'est la reine Jeanne de Portugal qui en lança l'usage afin de donner suffisamment d'ampleur à ses jupes et cacher à son époux une grossesse dont il n'était pas responsable.


Les dépenses vestimentaires des femmes, même celles concernant les reines et les princesses étaient toujours moins importantes et moins fréquentes que celles des hommes du même rang social.

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Jehanne - dans La Société
2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 00:56
La pierre philosophale.











La Pierre Philosophale (ou Pierre des Sages), centre d'intérêt de l'alchimie représente l'aboutissement de ce qui était appelé le Grand œuvre. Cette « pierre » serait une substance capable de réaliser la transmutation des métaux « vils » - il faut comprendre non-précieux - en or. On pourrait également en extraire la Panacée ou Élixir de Longue Vie, qui aurait le pouvoir de guérir tous les maux et rendrait immortel celui qui le boit. Pour les alchimistes du Moyen Âge, la Pierre était le « cinquième élément », nommé alkahest (les quatre éléments connus étant la terre, l'eau, l'air et le feu). Dans un sens métaphorique, la Pierre Philosophale représenterait l'Amour, puisque « tout ce qui est touché par l'amour devient de l'Or » et cet or essentiel serait donc synonyme du bonheur que recherche tout être humain.




La recherche de la pierre.

Au fond des creusets et des athanors, les alchimistes mélangeaient les ingrédients qui devaient permettre l'obtention de la Pierre Philosophale. Celle-ci devait permettre de transformer en or pur un métal en fusion dans lequel on la jetterait.

Certains, comme Nicolas Flamel, un alchimiste renommé, prétendirent avoir réussi à fabriquer la Pierre. Jan Baptist van Helmont prétendit également avoir obtenu quelques résultats lors de ses expériences et décrit la pierre ainsi :

« J'ai vu et j'ai touché plus d'’une fois la pierre philosophale ; la couleur en était comme du safran en poudre, mais pesante et luisante comme du verre pulvérisé. Ce produit, dont un quart de grain (13 mg environ) fournit huit onces (245 g environ) d'or manifestait une énergie considérable : environ 18 470 fois l'unité. »

Une description qui correspond à l'idée que l'on peut se faire de la pierre philosophale à travers les traces laissées par les alchimistes. Elle est en effet généralement décrite comme une pierre rouge, dure, lourde, sans odeur, liquide à l'état pur (alkahest pur).




Extraits d'oeuvres de Nicolas Flamel.

Nicolas Flamel (1330-1418) est connu pour avoir prétendu avoir réussi à produire la Pierre Philosophale. On trouve de nombreux écrits dans lesquels Nicolas Flamel explique comment créer la Pierre :

« Donc, la première fois que je fis la projection, ce fut sur du Mercure dont j’en convertis une demi-livre environ en pur argent, meilleur que celui de la minière, comme j’ai essayé et fait essayer plusieurs fois. Ce fut le 17 de janvier, un Lundi, environ midi, en ma maison, présente Pernelle seule, l'an de la restitution de l'humain lignage mille trois cent quatre vingt deux. »

« Et puis après, en suivant toujours de mot à mot mon livre, je la fis avec la pierre rouge sur semblable qualité de Mercure, en présence encore de Pernelle seule, en la même maison, le vingt cinquième jour d’Avril suivant de la même année, sur les cinq heures du soir, que je transmutai véritablement en quasi autant d’or pur, meilleur très certainement que l'or commun, plus doux et plus ployable. »

« Adonc si tu prends désir de faire moult d’or, cher neveu, ce que ne faudrait pourtant mie, pour ce que peut en advenir incongruité dommageable, mets mille onces de vif argent en grand chaudron de fer à feu fort, et quand sera chaud que fumera, aie une once de poudre cramoisie de la quatrième imbibition, inclus icelle en cire comme boulette, jette icelle sur ledit vif argent fumant et icelui sera arrêté soudain : Vigore le feu et lors sera mué, partie en masse et partie en poudre d’or jaune que fuseras en creuset et feras masse ou lingots et auras de tout icelui mercure à l'environ de 997 onces d'or pur au dernier point de fin. »

« Jetez donc de l'élixir un poids sur cent parties de mercure lavé et ce sera lune pure meilleure que de minière et aussi si vous faites projection. Un poids sur cent de corps imparfait il les transforme en vraie lune. »

« Jetez donc un poids d'élixir sur mille parties de lune ou de mercure lavé. Et ce sera soleil très vrai en toute examination moult meilleur que celui qui vient des minières. Car l'or et l'argent faits par le dessudit elixir passe l'or et l'argent de ladite minière en toutes propriétés. Et pour ce disent les Philosophes que leur or et argent ne sont pas or et argent vulgals, car il leur est ajouté une grande adjonction de teinture. »

Certains éléments désignés de manière déguisée ci-dessus sont connus, comme la lune qui désigne l'argent. Certains scientifiques pensent d'ailleurs que si Nicolas Flamel n'a pas pu produire la Pierre des Sages, il a peut-être pu obtenir de l'argent.



La recette de la pierre philosophale.


L'alchimie de façon générale, et la création de la Pierre Philosophale en particulier, se décomposerait en quelques étapes essentielles :

  • Liquéfaction
  • Fusion
  • Distillation
  • Dissolution
  • Évaporation
  • purification

La matière ainsi purifiée est nommée œuf philosophique. Voici ce qui en serait la recette simplifiée, telle que décrite par Nicolas Flamel (1330-1418) :

  • L’œuvre au noir, du nom de la couleur que prend la préparation : on calcine la matière pour la purifier (du grec pura, le feu) et ainsi atteindre l’état de putréfaction, dans lequel la matière est débarrassée de ses impuretés.
  • L’œuvre au blanc, ou petit-œuvre ou petit-magistère : on ne connaît pas le déroulement de cette opération, qui donne la Pierre Blanche, capable de transformer les métaux en argent. L’opération est symbolisée par un arbre portant des lunes.
  • L'œuvre au rouge, ou grand-œuvre ou grand-magistère : là aussi, nous n’avons aucune information, si ce n’est que cette étape transforme la Pierre Blanche en Pierre Philosophale, représentée par l’arbre solaire.

Il y aurait trois étapes principales pour créer une pierre philosophale :

  • Tout d’abord extraire un ferment particulier appelé « mercure des philosophes ».
  • Faire réagir ce ferment sur de l’or et sur de l’argent pour obtenir deux ferments supplémentaires.
  • Mélanger le ferment créé à partir de l’or à celui créé avec l’argent et le mercure des philosophes dans un matras en verre, le fermer de manière hermétique et mettre le tout à cuire dans un athanor.

C’est pendant cette cuisson que tout se passe. Tout d’abord, le mélange devient noir, et semble en état de putréfaction. Cette état est appelé par les alchimistes « phase du corbeau » ou « œuvre noire ». Puis, subitement, la couleur vire au blanc étincelant « œuvre blanche ». À ce moment, la pierre est capable de transformer le plomb en argent. Mais si on laisse la cuisson du mélange se poursuivre, le blanc cède la place au rouge (on reconnaît là la couleur de la pierre philosophale parfaite) « œuvre rouge » Mais notre cuisson (qui a déjà duré un an) n’est pas encore finie, car la pierre ne transmute en or que deux fois son poids. Il faut donc continuer à faire chauffer le mélange (en y rajoutant un peu de mercure des philosophes) pendant trois mois. À ce stade la pierre transmute dix fois son poids. On recommence une troisième puis une quatrième fois cette cuisson (on appelle cela la « multiplication de la pierre ») et enfin la pierre philosophale parfaite est créée, et permet de créer dix mille fois son poids en or !


La recette de la pierre philosophale est aussi décrite dans le Zohar, " livre de la splendeur ".




Interprétation philosophique.


L'alchimie ne se limiterait pas à son apparence matérialiste ; Les manipulations chimiques seraient essentiellement symboliques de la transformation psychique, menant l’individu à une évolution spirituelle.Carl Gustav Jung notamment voit dans la lapis philosophicae (Pierre Philosophale) la métaphore culturelle du processus d'évolution psychique de tout être humain, la force le poussant vers davantage de différenciation.
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Jehanne - dans Divers
1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 00:41
Le composé des composés d'Albert le Grand.










Je ne cacherai pas une science qui m'a été révélée par la grâce de Dieu, je ne la garderai pas jalousement pour moi seul, de peur d'attirer sa malédiction. Une science tenue secrète, un trésor caché, quelle est leur utilité ? La science que j'ai apprise sans fictions, je vous la transmets sans regrets. L'envie ébranle tout, un homme envieux ne peut être juste devant Dieu. Toute science, toute sagesse vient de Dieu ; c'est une simple façon de parler que de dire qu'elle vient de l'Esprit-Saint. Nul ne peut dire : Notre-Seigneur Jésus-Christ sans sous-entendre : fils de Dieu le Père, par l'opération du Saint-Esprit. De même cette science de vérité ne peut être séparée de Celui qui me l'a communiquée.

Je n'ai pas été envoyé vers tous, mais seulement vers ceux qui admirent le Seigneur dans ses œuvres et que Dieu a jugé dignes. Que celui qui a des oreilles pour entendre cette communication divine recueille les secrets qui m'ont été transmis par la grâce de Dieu et qu'il ne les révèle jamais à ceux qui en sont indignes.


La nature doit servir de base et de modèle à la science, aussi l'Art travaille d'après la Nature autant qu'il peut. Il faut donc que l'Artiste observe la Nature et opère comme elle opère.



DE LA FORMATION DES MÉTAUX EN GÉNÉRAL PAR LE SOUFRE ET LE MERCURE.

On a observé que la nature des métaux, telle que nous la connaissons est d'être engendrée d'une manière générale par le Soufre et le Mercure. La différence seule de cuisson et de digestion produit la variété dans l'espèce métallique. J'ai observé moi-même que dans un seul et même vaisseau, c'est-à-dire dans un même filon, la nature avait produit plusieurs métaux et de l'argent, disséminés ça et là. nous avons en effet démontré clairement dans notre Traité des minéraux que la génération des métaux est circulaire, on passe facilement de l'un à l'autre suivant un cercle, les métaux voisins ? ont des propriétés semblables ; c'est pour cela que l'argent se change plus facilement en or que tout autre métal.

II n'y a plus en effet à changer dans l'argent que la couleur et le poids, ce qui est facile. Car une substance déjà compacte augmente plus facilement de poids. Et comme il contient un soufre blanc jaunâtre sa couleur sera aussi aisée à transformer.


Il en est de même des autres métaux. Le Soufre est pour ainsi dire leur père et le Mercure leur mère.


C'est encore plus vrai, si l'on dit que dans la conjonction le Soufre représente le sperme du père et que le Mercure figure un menstrue coagulé pour former la substance de l'embryon. Le Soufre seul ne peut engendrer, ainsi le père seul.


De même que le mâle engendre de sa propre substance mêlée au sang menstruel, de même le Soufre engendre avec le Mercure, mais seul il ne produit rien. Par cette comparaison nous voulons faire entendre que ; l'Alchimiste devra enlever d'abord au métal la spécificité que lui a donnée la Nature, puis qu'il procède comme la nature a procédé, avec le Mercure et le Soufre préparés et purifiés toujours en suivant l'exemple de la nature. Le Soufre contient trois principes humides.


Le premier de ces principes est surtout aérien et igné, on le trouve dans les parties extérieures du Soufre, à cause même de la grande volatilité de ses éléments, qui s'envolent facilement et consument les corps avec lesquels ils viennent en contact.


Le second principe est flegmatique, autrement dit aqueux, il se trouve immédiatement placé sous le précédent. Le troisième est radical, fixe, adhérent aux parties internes. Celui-là seul est général, et on ne peut le séparer des autres sans détruire tout l'édifice. Le premier principe ne résiste pas au feu ; étant combustible, il se consume dans le feu et calcine la substance du métal avec lequel on le chauffe. Aussi est-il non seulement inutile, mais encore nuisible au but que nous nous proposons. Le second principe ne fait que mouiller les corps, il n'engendre pas, il ne peut non plus nous servir. Le troisième est radical, il pénètre toutes les particules de la matière qui lui doit ses propriétés essentielles. Il faut débarrasser le Soufre des deux premiers principes pour que la subtilité du troisième puisse nous servir à faire un composé parfait.


Le feu n'est autre chose que la vapeur du Soufre ; la vapeur du Soufre bien purifié et sublimé blanchit et rend plus compact. Aussi les alchimistes habiles ont-ils coutume d'enlever au Soufre ses deux principes superflus par des lavages acides, tels que le vinaigre des citrons, le lait aigri, le lait de chèvres, l'urine des enfants. Ils le purifient par lixivation, digestion, sublimation. Il faut finalement le rectifier par résolution de façon à n'avoir plus qu'une substance pure contenant la force active, perfectible et prochaine du métal. Nous voilà en possession d'une partie de notre Œuvre.




DE LA NATURE DU MERCURE.

Le Mercure renferme deux substances superflues, la terre et l'eau. La substance terreuse a quelque chose du Soufre, le feu la rougit. La substance aqueuse a une humidité superflue.


On débarrasse facilement le mercure de ses impuretés aqueuses et terreuses par des sublimations et des lavages très acides. La nature le sépare à l'état sec du Soufre et le dépouille de sa terre par la chaleur du soleil et des étoiles.


Elle obtient ainsi un Mercure pur, complètement débarrassé de sa substance terreuse, ne contenant plus de parties étrangères. Elle l'unît alors à un Soufre pur et produit enfin dans le sein de la terre des métaux purs et parfaits. Si les deux principes sont impurs les métaux sont imparfaits. C'est pourquoi dans les mines on trouve des métaux différents, ce qui tient à la purification et à la digestion variable de leurs Principes. Cela dépend de la cuisson.




DE L'ARSENIC.


L'Arsenic est de même nature que le Soufre, tous deux teignent en rouge et en blanc. Mais il y a plus d'humidité dans l'arsenic, et sur le feu il se sublime moins rapidement que la Soufre.


On sait combien le soufre se sublime vite et comment il consume tous les corps, excepté l'or. L'Arsenic peut unir son principe sec à celui du soufre, ils se tempèrent l'un l'autre, et une fois unis on les sépare difficilement ; leur teinture est adoucie par cette union. " L'Arsenic, dit Geber, contient beaucoup de mercure, aussi peut-il être préparé comme lui. " Sachez que l'esprit, caché dans le soufre, l'arsenic et l'huile animale, est appelé par les philosophes Elixir blanc. Il est unique, miscible à la substance ignée, de laquelle nous tirons l'Elixir rouge ; il s'unit aux métaux fondus, ainsi que nous l'avons expérimenté, il les purifie, non seulement à cause des propriétés précitées, mais encore parce qu'il y a une proportion commune entre ses éléments.


Les métaux diffèrent entre eux selon la pureté ou l'impureté de la matière première, c'est-à-dire du Soufre et du Mercure, et aussi selon le degré du feu qui les a engendrés.


Selon le philosophe, l'élixir s'appelle encore Médecine, parce qu'on assimile le corps des métaux au corps des animaux. Aussi disons-nous qu'il y a un esprit caché dans le Soufre, l'arsenic et l'huile extraite des substances animales. C'est là l'esprit que nous cherchons, à l'aide duquel nous teindrons tous les corps imparfaits en parfaits. Cet esprit est appelé Eau et Mercure par les Philosophes. " Le Mercure, dit Geber, est une médecine composée de sec et d'humide, d'humide et de sec. " Tu comprends la succession des opérations : extrais la terre du feu, l'air de la terre, l'eau de l'air, puisque l'eau peut résister au feu. Il faut noter ces enseignements, ce sont des arcanes universels.


Aucun, des principes qui entrent dans l'Œuvre n'a de puissance par lui-même ; car ils sont enchaînés dans les métaux, ils ne peuvent perfectionner, ils ne sont plus fixes. Il leur manque deux substances, une miscible aux métaux en fusion, l'autre fixe qui puisse coaguler et fixer. Aussi Rhasès a dit: " II y a quatre substances qui changent dans le temps ; chacune d'elles est composée des quatre éléments et prend le nom de l'élément dominant. Leur essence merveilleuse s'est fixée dans un corps et avec ce dernier on peut nourrir les autres corps. Cette essence est composée d'eau et d'air, combinés de telle sorte que la chaleur les liquéfie. C'est là un secret merveilleux. Les minéraux employés en Alchimie doivent pour nous servir avoir une action sur les corps fondus. Les pierres, que nous utilisons, sont au nombre de quatre, deux teignent en blanc, les deux autres en rouge. Aussi le blanc, le rouge, le Soufre, l'Arsenic, Saturne n'ont qu'un même corps. Mais en ce seul corps, que de choses obscures ! Et d'abord il est sans action sur les métaux parfaits. "


Dans les corps imparfaits, il y a une eau acide, amère, aigre, nécessaire à notre art. Car elle dissout et mortifie les corps, puis les revivifie et les recompose. Rhasès dit dans sa troisième lettre : " Ceux qui cherchent notre Entéléchie, demandent d'où provient l'amertume aqueuse élémentaire. Nous leur répondrons : de l'impureté des métaux. Car l'eau contenue dans l'or et l'argent est douce, elle ne dissout pas, au contraire elle coagule et fortifie, parce qu'elle ne contient ni acidité ni impureté comme les corps imparfaits. " C'est pourquoi Geber a dit: " On calcine et on dissout l'or et l'argent sans utilité, car notre Vinaigre se tire de quatre corps imparfaits ; c'est cet esprit mortifiant et dissolvant qui mélange les teintures de tous les corps que nous employons dans l'œuvre. Nous n'avons besoin que de cette eau, peu nous importe les autres esprits. "


Geber a raison ; nous n'avons que faire d'une teinture que le feu altère, bien au contraire, il faut que le feu lui donne l'excellence et la force pour qu'elle puisse s'allier aux métaux fondus. Il faut qu'elle fortifie, qu'elle fixe, que malgré la fusion elle reste intimement unie au métal.


J'ajouterai que des quatre corps imparfaits on peut tout tirer. Quant à la manière de préparer le Soufre, l'arsenic et le Mercure, indiquée plus haut, on peut la reporter ici.


En effet, lorsque dans cette préparation nous chauffons l'esprit du soufre et de l'arsenic avec des eaux acides ou de l'huile, pour en extraire l'essence ignée, l'huile, l'onctuosité, nous leur enlevons ce qu'il y a de superflu en eux ; il nous reste la force ignée et l'huile, les seules choses qui nous soient utiles ; mais elles sont mêlées à l'eau acide qui nous servait à purifier, il n'y a pas moyen de les en séparer ; mais du moins nous sommes débarrassés de l'inutile. Il faut donc trouver un autre moyen d'extraire de ces corps, l'eau, l'huile et l'esprit très subtil du soufre qui est la vraie teinture très active que nous cherchons à obtenir. Nous travaillerons donc ces corps en séparant par décomposition ou encore par distillation leurs parties composantes naturelles, et nous arriverons ainsi aux parties simples. Quelques-uns, ignorant la composition du Magistère, veulent travailler sur le seul Mercure, prétendant qu'il a un corps, une âme, un esprit, et qu'il est la matière première de l'or et de l'argent. Il faut leur répondre qu'à la vérité quelques philosophes affirment que l'Œuvre se fait de trois choses, l'esprit, le corps et l'âme, tirées d'une seule. Mais d'autre part on ne peut trouver en une chose ce qui n'y est pas. Or, le Mercure n'a pas la teinture rouge, donc il ne peut, seul, suffire à former le corps du Soleil ; il nous serait impossible avec le seul Mercure de mener l'Œuvre à bonne fin. La Lune seule ne peut suffire, cependant ce corps est pour ainsi dire la base de l'œuvre.


De quelque manière qu'on travaille et transforme le Mercure, jamais il ne pourra constituer le corps, Ils disent aussi : " On trouve dans le Mercure un soufre rouge, donc il renferme la teinture rouge. " Erreur! le Soufre est le père des métaux, on n'en trouve jamais dans le mercure qui est femelle.


Une matière passive ne peut se féconder elle-même. Le Mercure contient bien un Soufre, mais, comme nous l'avons déjà dit c'est un soufre terrestre. Remarquons enfin que le Soufre ne peut supporter la fusion ; donc l'Elixir ne peut se tirer d'une seule chose.




DE LA PUTRÉFACTION.

Le feu engendre la mort et la vie. Un feu léger dessèche le corps. En voici la raison : le feu arrivant au contact d'un corps, met en mouvement l'élément semblable à lui qui existe dans ce corps.


Cet élément c'est la chaleur naturelle. Celle-ci excite le feu extrait en premier lieu du corps ; il y a conjonction et l'humidité radicale du corps monte à sa surface tant que le feu agit au dehors. Dès que l'humidité radicale qui unissait les diverses portions du corps est partie, le corps meurt, se dissout, se résout ; toutes ses parties se séparent les unes des autres. Le feu agit ici comme un instrument tranchant. Quoiqu'il dessèche et rétrécisse par lui-même, il ne le peut qu'autant qu'il y a dans le corps une certaine prédisposition, surtout si le corps est compact comme l'est un élément. Ce dernier manque d'une mixte agglutinant, qui se séparerait du corps après la corruption. Tout cela peut se faire par le Soleil, parce qu'il est d'une nature chaude et humide par rapport aux autres corps.




DU REGIME DE LA PIERRE.

Il y a quatre régimes de la Pierre: 1° Décomposer ; 2° laver ; 3° réduire ; 4° fixer. Dans le premier régime on sépare les natures, car sans division, sans purification, il ne peut y avoir conjonction. Pendant le second régime, les éléments séparés sont lavés, purifiés, et ramenés à l'état simple. Au troisième on change notre Soufre en minière du Soleil, de la Lune et des autres métaux. Au quatrième tous les corps précédemment extraits de notre Pierre, sont unis, recomposés et fixés pour rester désormais conjoints.


Il y en a qui comptent cinq degrés dans le Magistère : 1° résoudre les substances en leur matière première ; 2° amener notre terre, c'est à dire la magnésie noire à être prochaine de la nature du Soufre et du Mercure ; 3° rendre le Soufre aussi prochain que possible de la matière minérale du Soleil et de la Lune ; 4° composer de plusieurs choses un Elixir blanc ; 5° brûler parfaitement l'élixir blanc, lui donner la couleur du cinabre, et partir de là, pour faire l'Elixir rouge.


Enfin il y en a qui comptent quatre degrés dans l'Œuvre, d'autres trois, d'autres deux seulement. Ces derniers comptent ainsi : 1° mise en œuvre et purification des éléments ; 2° conjonction.


Remarque bien. ce qui suit : la matière de la Pierre des Philosophes, est à bas prix ; on la trouve partout, c'est une eau visqueuse comme le mercure que l'on extrait de la terre. Notre eau visqueuse se trouve partout, jusque dans les Latrines, ont dit certains philosophes, et quelques imbéciles prenant leurs paroles à la lettre, l'ont cherchée dans les excréments.


La nature opère sur cette matière en lui enlevant quelque chose, son principe terreux, et en lui adjoignant quelque chose, le Soufre des Philosophes, qui n'est pas le soufre du vulgaire, mais un Soufre invisible, teinture du rouge. Pour dire la vérité, c'est l'esprit du vitriol romain. Prépare-le ainsi : Prends du salpêtre et du vitriol romain, 2 livres de chaque ; broye subtilement. Aristote a donc raison quand il dit en son quatrième livre des météores. " Tous les Alchimistes savent que l'on ne peut en aucune façon changer la. forme des métaux, si on ne les réduit auparavant en leur matière première. " Ce qui est facile comme on le verra bientôt. Le Philosophe dit qu'on ne peut pas aller d'une extrémité à l'autre sans passer par le milieu. A une extrémité de notre pierre philosophale sont deux luminaires, l'or et l'argent, à l'autre extrémité l'élixir parfait ou teinture. Au milieu l'eau-de-vie philosophique, naturellement purifiée, cuite et digérée. Toutes ces choses sont proches de la perfection et préférables aux corps de nature plus éloignée. De même qu'au moyen de la chaleur, la glace se résout en eau, pour avoir été jadis eau, de même les métaux se résolvent en leur première matière qui est notre Eau-de-vie. La préparation est indiquée dans les chapitres suivants. Elle seule peut réduire tous les corps métalliques en leur matière première.




DE LA SUBLIMATION DU MERCURE.

Au nom du Seigneur, procure-toi une livre de mercure pur provenant de la mine. D'autre part, prends du vitriol romain et du sel commun calciné, broye et mélange intimement. Mets ces deux dernières matières dans un large vase de terre vernissé sur un feu doux, jusqu'à ce que la matière commence à fondre et à couler. Alors prends ton mercure minéral, mets-le dans un vase à long col et verse goutte à goutte sur le vitriol et le sel en fusion. Remue avec une spatule de bois, jusqu'à ce que le mercure soit tout entier dévoré et qu'il n'en reste plus trace. Quand il aura complètement disparu, dessèche la matière à feu doux pendant la nuit. Le lendemain matin, tu prendras la matière bien desséchée, tu la broyeras finement sur une pierre. Tu mettras la matière pulvérisée dans le vase sublimatoire nommé aludel pour la sublimer selon l'art. Tu mettras le chapiteau et tu enduiras les jointures de lut philosophique, afin que le mercure ne puisse s'échapper. Tu placeras l'aludel sur son fourneau et tu l'y luteras de façon qu'il ne puisse s'incliner et qu'il se tienne bien droit ; alors tu feras un petit feu pendant quatre heures pour chasser l'humidité du mercure et du vitriol ; après l'évaporation de l'humidité, augmente le feu pour que la matière blanche et pure du mercure se sépare de ses impuretés, cela pendant quatre heures ; tu verras si cela suffit en introduisant une baguette de bois dans le vase sublimatoire par l'ouverture, supérieure, tu descendras jusqu'à la matière et tu sentiras si la matière blanche du mercure est superposée au mélange. Si cela est, enlève le bâton, ferme l'ouverture du chapiteau avec un lut pour que le mercure ne puisse s'échapper et augmente le feu de telle sorte que la matière blanche du mercure s'élève au-dessus des fèces, jusque dans l'aludel, cela pendant quatre heures. Chauffe enfin avec du bois de manière à obtenir des flammes, il faut que le fond du vase et le résidu deviennent rouges ; continue ainsi tant qu'il restera un peu de substance blanche du mercure adhérente aux fèces. La force et la violence du feu finiront par l'en séparer. Cesse alors le feu, laisse refroidir le fourneau et la matière pendant la nuit. Le lendemain matin retire le vase du fourneau, enlève les luts avec précaution pour ne pas salir le Mercure, ouvre l'appareil ; si tu trouves une matière blanche, sublimée, pure, compacte, pesante, tu as réussi. Mais si ton sublimé était spongieux, léger, poreux, ramasse-le, recommence la sublimation sur le résidu en ajoutant de nouveau du sel commun pulvérisé ; opère dans le même vase sur son fourneau, de la même manière, avec le même degré de feu que plus haut. Ouvre alors le vase, vois si le sublimé est blanc, compact, dense, recueille-le et mets-le soigneusement de côté pour t'en servir quand tu en auras besoin pour terminer l'Œuvre. Mais s'il ne sa présentait pas encore tel qu'il doit être, il te faudrait le sublimer une troisième fois jusqu'à ce que tu l'obtiennes pur, compact, blanc, pesant.


Remarque que par cette opération tu as enlevé au Mercure deux impuretés. D'abord tu lui as ôté toute son humidité superflue ; en second lieu tu l'as débarrassé de ses parties terreuses impures qui sont restées dans les fèces ; tu l'as ainsi sublimé en une substance claire, demi fixe. Mets le de côté comme on te l'a recommandé.




DE LA PRÉPARATION DES EAUX D'OU TU TIRERAS L'EAU-DE-VIE.

Prends deux livres de vitriol romain, deux livres de salpêtre, une livre d'alun calciné. Ecrase bien, mélange parfaitement, mets dans un alambic en verre, distille l'eau selon les règles ordinaires, en fermant bien les jointures, de peur que les esprits ne s'échappent. Commence par un feu doux, puis chauffe plus fortement ; chauffe ensuite avec du bois jusqu'à ce que l'appareil devienne blanc, de telle sorte que tous les esprits distillent. Alors cesse le feu, laisse le fourneau refroidir ; mets soigneusement cette eau de côté, car c'est le dissolvant de la Lune ; conserve-la pour l'Œuvre, elle dissout l'argent et le sépare de l'or. Elle calcine le Mercure et le crocus de Mars ; elle communique à la peau de l'homme une coloration brune qui s'en va difficilement. C'est l'eau prime des philosophes, elle est parfaite au premier degré. Tu prépareras trois livres de cette eau.




Eau seconde préparée par le sel ammoniac.

Au nom du Seigneur, prends une livre d'eau prime et y dissous quatre lots de sel ammoniac pur et incolore ; la dissolution faite, l'eau a changé de couleur, elle a acquis d'autres propriétés. L'eau prime était verdâtre, elle dissolvait la Lune, était sans action sur le Soleil ; mais dès qu'on lui ajoute du sel ammoniac, elle prend une couleur jaune, elle dissout l'or, le mercure, le Soufre sublimé et communique une forte coloration jaune à la peau de l'homme. Conserve précieusement cette eau, car elle nous servira dans la suite.




Eau tierce préparée au moyen du mercure sublimé.

Prends une livre d'eau seconde et onze lots de Mercure sublimé (par le vitriol romain et le sel) bien préparé et bien pur. Tu verseras peu à peu le Mercure dans l'eau seconde. Puis tu scelleras l'orifice de la fiole, de peur que l'esprit du Mercure ne s'échappe. Tu placeras la fiole sur des cendres tièdes, l'eau commencera aussitôt à agir sur le Mercure, le dissolvant et se l'incorporant. Tu laisseras la fiole sur les cendres chaudes, il ne devra pas rester un excès d'eau et il faudra que le Mercure sublimé se dissolve entièrement. L'eau agit par imbibition sur le Mercure jusqu'à ce qu'elle l'ait dissous.


Si l'eau n'a pu dissoudre tout le mercure, tu prendras ce qui reste au fond de la fiole, tu le dessécheras à feu lent, tu pulvériseras et tu le dissoudras dans une nouvelle quantité d'eau seconde. Tu recommenceras cette opération jusqu'à ce que tout le mercure sublimé se soit dissous dans l'eau. Tu réuniras en une seule toutes ces solutions, dans un vase de verre, bien propre, dont tu fermeras parfaitement l'orifice avec de la cire. Mets soigneusement de côté. Car c'est là notre eau tierce, philosophique, épaisse, parfaite au troisième degré. C'est la mère de l'Eau-de-vie qui réduit tous les corps en leur matière première.




Eau quarte qui réduit les corps calcinés en leur matière première.

Prends de l'eau tierce mercurique, parfaite au troisième degré, limpide, et mets-la putréfier dans le ventre du cheval en une fiole à long col, propre, bien fermée, pendant quatorze jours.


Laisse fermenter, les impuretés tombent au fond et l'eau passe du jaune au roux. A ce moment tu retireras la fiole et tu la mettras sur des cendres à un feu très doux, adaptes-y un chapiteau d'alambic avec son récipient. Commence la distillation lentement. Ce qui passe goutte à goutte est notre eau-de-vie très limpide, pure, pesante, Lait virginal, Vinaigre très aigre. Continue le feu doucement jusqu'à ce que toute l'eau-de-vie ait distillé tranquillement ; cesse alors le feu, laisse le fourneau se refroidir et conserve avec soin ton eau distillée. C'est là notre Eau-de-vie, Vinaigre des philosophes, Lait virginal qui réduit les corps en leur matière première. On lui a donné une infinité de noms.


Voici les propriétés de cette eau : une goutte déposée sur une lame de cuivre chaude la pénètre aussitôt et y laisse une tache blanche. Jetée sur des charbons, elle émet de la fumée ; à l'air elle se congèle et ressemble à de la glace. Quand on distille cette eau, les gouttes ne passent pas en suivant toutes le même chemin, mais les unes passent ici, les autres là. Elle n'agit pas sur les métaux comme l'eau forte, corrosive, qui les dissout, mais elle réduit en Mercure tous les corps qu'elle baigne, ainsi que tu le verras plus loin.


Après la putréfaction, la distillation, la clarification, elle est pure et plus parfaite, débarrassée de tout principe sulfureux igné et corrosif. Ce n'est pas une eau qui ronge, elle ne dissout pas les corps, elle les réduit en Mercure. Elle doit cette propriété au Mercure primitivement dissous et putréfié au troisième degré de la perfection. Elle ne contient plus ni fèces ni impuretés terreuses. La dernière distillation les a séparées, les impuretés noires sont restées au fond de l'alambic. La couleur de cette eau est bleue, limpide, rousse ; mets-la de côté. Car elle réduit tous les corps calcinés et pourris en leur matière première radicale ou mercurielle.




Lorsque tu voudras avec cette eau réduire les corps calcinés prépare ainsi les corps.


Prends un marc du corps que tu voudras, Soleil ou Lune ; lime-le doucement. Pulvérise bien cette limaille sur une pierre avec du sel commun préparé. Sépare le sel en le dissolvant dans l'eau chaude ; la chaux pulvérisée retombera au fond du liquide ; décante. Sèche la chaux, imbibe-la trois fois d'huile de tartre, en laissant chaque fois la chaux absorber toute l'huile ; mets ensuite la chaux dans une petite fiole ; verse par-dessus l'huile de tartre, de façon que le liquide ait une épaisseur de deux doigts, ferme alors la fiole, mets-la putréfier au ventre du cheval pendant huit jours ; puis prends la fiole, décante l'huile et dessèche la chaux. Ceci fait, mets la chaux dans un poids égal de notre Eau-de-vie ; ferme la fiole et laisse digérer à un feu très doux jusqu'à ce que toute la chaux soit convertie en Mercure. Décante alors l'eau avec précaution, recueille le Mercure corporel, mets-le en un vase de verre ; purifie le avec de l'eau et du sel commun, dessèche selon les règles, mets-en un linge fin et exprime-le en gouttelettes. S'il passe tout entier, c'est bien. S'il reste quelque portion du corps amalgamé, venant de ce que la dissolution n'a pas été complète, mets ce résidu avec une nouvelle quantité d'eau bénite. Sache que la distillation de l'eau doit se faire au bain-marie ; pour l'air et le feu, on distillera sur les cendres chaudes. L'eau doit être tirée de la substance humide et non d'ailleurs ; l'air et le feu doivent être extraits de la substance sèche et non d'une autre.
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Jehanne - dans La Médecine
30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 00:34
Les Alchimistes.







Comment devenait-on Alchimiste ?

N'importe quel couche social pouvait contenir de futurs alchimistes: des nobles, des bourgeois, des illettrés... Mais pour quitter les simples essais empiriques aidés de manuscrits souvent codés et devenir un véritable adepte, il fallait rencontrer un maître, qui apprendrait à l'adepte comment comprendre les manuscrits, quelles sont les bonnes matières premières, etc... Ce maître devait en principe avoir réussi lui-même le Grand Œuvre.

Pour se rencontrer et s'aider, les alchimistes devaient avoir des lieux de rencontres: les églises la plupart du temps, ou la demeure du plus riche d'entre eux. Il arrivait que les alchimistes se réunissaient en sociétés, afin de mieux partager leurs secrets (il y en avait une près de Naples, ou dans l'église de l'abbaye de Westminster). Mais certaine de ces sociétés codaient même leurs écrits, afin que seuls leur membres ne puissent les comprendre. L'autre solution était le voyage, en recherche d'un maître, de manuscrits... 



Du Haut en Bas de l'Echelle Sociale.

Les trois Etats: clergé, noblesse et tiers-état possédaient chacun leur part d'alchimistes. Par exemple le pape Sylvestre II (999-1003), né en 938 et connu avant son élection papale comme un moine d'Aurillac, il alla étudier en Espagne, chez les Arabes, pendant sa jeunesse. Il y eut également des grandes figures de la noblesse, des bourgeois et des roturiers. Mais il est important de distinguer les charlatans, les faiseurs d'or, des vrais alchimistes: les premiers ne pensant qu'à monter ostensiblement leurs subterfuges afin de se remplir la bourse, tandis que les seconds essayaient de garder leur travaux secrets, travaux qui avaient un but non pas mercantile, mais mystique, sacré. 



Couples d'Alchimistes.

Il arrivait aux alchimistes de se mettre en couple, mais il y avait 2 formes de couple alchimique: pour les uns, ce n'était qu'une banale union, où la femme aidait son mari dans les plus longs moments de veille, ou pour d'autres tâches; pour les autres, c'était une prise en charge commune de leurs travaux, ils formaient un véritable couple hermétique. Cette forme d'alchimie est rapprochable du tantrisme orientale dit "de la main gauche": une voie très spéciale qui préconise l'union concrète avec un partenaire prédestinée, pour la réussite du Grand Œuvre. Cette théorie est basé sur l'androgynat initial d'Adam, et sur la dualité des principes (Soufre et Mercure) qu'il faut rassembler pour obtenir la Pierre Philosophale. Le principe de cette voie serait de parvenir à retourner l'énergie sexuelle dans le corps de l'adepte pour réaliser les conséquences thaumaturgiques d'une remontée de l'homme et de la femme (redevenus uns) capables de retrouver la source perdue de l'immortalité. Cette deuxième catégorie n'avait que très rarement des enfants, contrairement à l'autre, qui était plus proche d'un couple traditionnel.

Figures d'Adeptes Médiévaux:
Albert le grand (1193-1280)De son vrai nom, Albert de Bollstädt (famille noble souabe), entre en 1222 dans l'ordre des dominicains. Il fut certainement le plus célèbre des docteurs scolastiques: il enseigna à l'université de Cologne, puis celle de Paris, mais ces cours étaient si populaires qu'il devait les faire en extérieur, sur une place, où l'on disposait de la paille pour permettre à ses auditeurs de s'asseoir.

La pratique de "Maître Albert" de l'alchimie et de l'astrologie lui a valu une réputation suspecte de magicien, avant mais surtout après sa mort.

Ainsi il aurait réussi à redonner vie à un petit environnement naturel, pour accueillir le comte Guillaume II d'Hollande et sa suite dans un jardin printanier, alors que le couvent dominicain de Cologne était plongé dans un hiver très rude.

Son disciple, le futur Saint Thomas d'Aquin (1226-1275) aurait brisé un androïde, que son maître aurait créé, androïde qui aurait ressemblé parfaitement à un humain, et qui aurait servi de serviteur au Maître.raymond lulle (1235-1315)

Né dans une famille de très haute noblesse (descendante en droite ligne des rois de Majorque, son île natale), il fut un coureur de jupons insatiable, dont l'adultère de ses compagnes ne le gênait outrement. Mais un jour, il tomba follement amoureux d'une femme mariée, qui résistait à ses avances. Après de multiples poursuites spectaculaires (jusque dans la cathédrale de Palma) et essais infructueux, il réussit à défoncer la porte du logis de la cause de son désir fou. Celle-ci, désirant totalement se débarrasser de son courtisan, déboutonna son corsage, afin de lui montrer sa poitrine rongée affreusement par un cancer. Le choc fut si dur pour lui que, non seulement il abandonna tout désir pour cette femme, mais fit vœu de chasteté, distribua tous ses biens aux pauvres et donna un grand dessein spirituelle à sa vie: convertir les musulman à la foi chrétienne.

Il devint le docteur illuminé, un érudit autant passionné par la théologie, que par la philosophie, la poésie, et l'alchimie. Cette dernière lui aurait été apprise par Arnauld de Villeneuve, qui lui aurait enseigné le secret de la Pierre Philosophale, lors des études à Montpellier de cet ancien coureur de jupons.

Il mourut lapidé par les habitants du port algérien de Bougie (aujourd'hui Annaba), après avoir trop intrépidement prêché la conversion au christianisme.nicolas flamel(1330-1418) et dame pernelle(1310-1415)

Né à Pontoise de parents appartenants à la petite bourgeoisie, qui lui donnèrent le privilège d'avoir une bonne instruction, il devint ainsi escrivain à Paris et gagna bien sa vie en recopiant des manuscrits, servants de secrétaire pour noter la correspondance de riches illettrés, etc...

A vingt ans, il épousa Dame Pernelle, une deux fois veuve qui en avait déjà 40. Malgré la différence d'âge, son mariage se révéla heureux. Son commerce lui rapportait de bons revenus, si bien qu'ils quittent son échoppe exiguë attenante à l'église Saint-Jacques-la-Boucherie pour se faire construire une maison, à l'angle de 2 étroites venelles: la rue Mariveaux et la rue des Escrivains, maison qui se trouve en face de sa nouvelle échoppe un peu plus spacieuse, à l'enseigne de la Fleur de Lys.

Sa vie est alors bouleversée, une nuit, par un rêve ou une vision: l'apparition d'un ange qui lui tient ce discours:

"Flamel, vois ce livre, tu n'y comprends rien, ni toi ni bien d'autres, mais tu y verras un jour ce que nul ne pourrait voir."

Nicolas étend les bras pour saisir le livre, mais ange et ouvrage disparaissent dans des flots d'or. Il se réveille alors brusquement, tout excité. Un peu plus tard, il trouve un exemplaire du livre vue en rêve dans une librairie: le Livre d'Abraham le Juif. Il se lance alors dans la quête du Grand Œuvre.

On rapproche cet Abraham le Juif d'un kabaliste d'Espagne, né à Tolède, Abraham ben Ezra (1089-1167), celui que les auteurs chrétiens connaissent sous le nom d'Avenare, Avenarius ou Abraham Judaeus. Ce livre décrivait les opérations du Grand Œuvre, mais sans en préciser la matière première.

Flamel raconta son aventure à son épouse, et ils se lancèrent tous deux dans cette quête. Pendant 21 ans, ils ne connurent que des échecs, malgré les conseils que des relations de l'escrivain lui fournirent. Nicolas décida donc d'aller faire un voyage en Espagne pour 2 raisons: un pélerinage sur la tombe de saint Jacques de Compostelle (saint patron des alchimistes chrétiens) à l'extrême Nord-Ouest du pays, et la rencontre avec un Juif, formé aux arcanes de la kabale, qui pourrait lui enseigner le sens caché des figures du livre d'Abraham ainsi que la lecture des caractères hébraïques.

En 1378, il partit accomplir ce pélerinage à pied, ne rencontrant son Juif kabaliste que sur le retour, dans une petite auberge de la cité de Léon, Maître Canches ou Sanchez. Celui-ci accepta de l'accompagner à Paris, mais il mourut en route au niveau d'Orléans, car déjà fort vieux. Heureusement, au cours de leur voyage commun, Nicolas en apprit suffisamment.

De retour à Paris, Flamel et Dame Pernelle se remirent au travail et accomplir successivement le petit puis le Grand Œuvre.

Certaines légendes prétendent que ces enterrements auraient été truqués, et que la couple serait parti vivre en Orient. Mais Nicolas serait revenu plusieurs fois dans son Paris natal (des preuves auraient été apportés pour une de ces venues en mai 1818)... 



Chez les Grands:


Heures et Malheurs d'Alchimistes.

Les alchimistes étaient très intéressés, comme de nombreux artistes, à l'idée de se débarrasser de la lourde tâche qu'est la sustentation des besoins matériels. Ils appréciaient donc fortement l'idée de se mettre au compte d'un mécène, qu'il soit grand seigneur, souverain ou pape.

Le sort des rares alchimistes arrivant à rentrer dans cette voie était très variable: ils pouvaient aussi bien terminer en prison à perpétuité ou être condamné à mort pour avoir essayer de tromper leur mécène tout-puissant, ou ne pas avoir voulu lui révéler son secret, après lui avoir montrer ses capacités, si enrichissantes pour un homme toujours à la recherche d'argent. Mais cela pouvait aussi leur rapporter des conditions de travail d'une qualité parfois sans égal possible.

Les mécènes acceptaient généralement un ou des alchimiste(s) afin que ceux-ci augmentent leur richesse en or. Le roi d'Angleterre Edouard III aurait ainsi réussi à faire fabriquer des pièces en or alchimique, grâce à un procédé enseigné par Raymond Lulle.

Michel Scot, alchimiste et magicien originaire d'Ecosse, après avoir longtemps séjourné dans l'Espagne musulmane (on signale sa présence à Tolède en 1217), fut au service du pape Honorius III (de 1220 à 1227), puis à celui de l'empereur d'Allemagne Frédéric II de Hohenstaufen, à sa somptueuse cour préférée de Palerme en Sicile, où sa carrière et sa vie s'acheva en 1236. Il s'était spécialement préoccupé du problème de la subjugation psychique des hommes, il écrivit en effet dans son traité Physionomia:

"le véritable pouvoir, c'est d'imposer sa volonté sur d'autres esprits. Ce n'est qu'ainsi qu'on peut dominer les hommes".



Devant l'Eglise:


 Les légendes et la réalité.

Contrairement à la pensée commune, l'Eglise n'exerçait pas une oppression inhumaine sur les alchimistes, malgré les excès qu'on lui connaît dans sa traque des hérétiques. Cette image est aussi fausse que celle de l'alchimiste qui serait un homme touchant à la sorcellerie la plus sinistre, une sort de sataniste, fou de haine et de révolte contre l'Eglise (ces cas étaient véritablement exceptionnels), ou encore une sorte de libre penseur militant. Un alchimiste était la plus part du temps un homme pieux et très dévot: il faut se rappeler les activités de l'oratoire: ces prières qui devaient accompagner le Grand Œuvre. Si bien qu'il n'eut aucune condamnation ecclésiastique ou papale, aucun mandement ne visant en particulier ces "fils d'Hermès", dont certains faisaient partie des membres du clergé, moines ou prêtres.

Alchimistes Persécutés: Arnauld de Villeneuve, Roger Bacon

Arnauld de Villeneuve n'eut de son vivant aucun véritable problème, grâce à la protection du pape avignonnais Clément V. Mais à la mort de celui-ci, 3 ans après celle de l'alchimiste, un tribunal inquisitorial, présidé par le moine jacobin Longer, se réunit à Tarascon et confirme à titre posthume le rejet des 15 propositions qui avaient été condamnées à Paris en 1309 par la faculté de Théologie (la Sorbonne)

Le moine franciscain Roger Bacon (1214-1294), doctor mirabilis, eut beaucoup moins de chance: il passa en effet 1' années en prison dans un monastère. Il fut accuser, à tort, d'utiliser des moyens touchant à la magie noire. De plus, le général des franciscains l'a condamné pour enseigner des "nouveautés suspectes": il avait en effet un esprit singulièrement prophétique, et bien avant Léonard de Vinci, enseigna la possibilité de construire des machines volantes, des véhicules automatiques et des sous-marins. 



Le Pélerinage à Compostelle.

Il s'agissait de rejoindre le tombeau de l'apôtre Saint Jacques le Majeur à Compostelle, en Galice, en partant (pour les parisiens) de l'église Saint-Jacques-la-la Boucherie. Cela correspondrait au dernier voyage de cet apôtre, que les alchimistes chrétiens ont pris comme patron à cause de la légende de la découverte du tombeau de celui-ci: au IXe s., l'évêque d'Irix reçoit la visite d'un cultivateur qui raconte des phénomènes insolites qui se passent dans son champ, que non seulement ses bœufs refusent de labourer mais où en plus se déroulent la nuit des choses étranges: des fleurs médicinales s'y épanouissent à foison mystérieusement et une étoile brille au-dessus du champ d'un éclat resplendissant. L'évêque ordonne de faire des fouilles et le sarcophage de marbre contenant le corps intact de l'apôtre saint Jacques le Majeur est découvert. On bâtit donc une église abritant les précieuses reliques sur ce lieu miraculeux, surnommé dès lors Campus stellae.

Hormis le caractère sacré de ce pèlerinage, comme celui que peuvent faire les compagnons du devoir à la Sainte-Baume (près de Marseille), les alchimistes lui accordait une valeur symbolique: son nom latin est Campus stellae, le champ de l'étoile, et dans Compostelle, il y a compost, qui correspond à l'une des phases du Grand Œuvre, qui est en rapport avec une étoile, stellae.

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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 00:30

L'alchimie médiévale.

 





 

 




Buts de l'Alchimie.

Le Grand Œuvre: redonner à l'homme ses caractéristiques de perfection perdue: celle qu'avait Adam lors de l'Âge d'Or. Les alchimistes considèrent qu'un Adam déchu persiste encore dans chacun, ils veulent lui redonner sa pureté. Ils font une analogie entre l'homme et l'or, qui sont les éléments purs et supérieurs respectivement du règne animal et minéral. La quête de la Pierre Philosophale (capable de changer un métal vil en or) est la base du Grand Œuvre, si cette pierre est trouvée, on pourra redonner sa pureté à l'homme.




Le Laboratoire.



L'Agencement du Local.


Les alchimistes désiraient toujours dissimuler leur local aux regards des curieux. On suppose que ceux-ci étaient peu nombreux au XIIe s., et qu'ils se sont multipliés au cours des XIVe et XVe s., période où ils furent un chiffre notable dans les villes. N'importe quel pièce pouvait être un laboratoire, mais les caves étaient préférées, et les cheminées toujours obligatoires. Ces laboratoires se trouvaient aussi bien à la campagne qu'à la ville.




Laboratoire et Oratoire.

Dans le laboratoire de l'alchimiste; il y avait toujours un coin pour la spiritualité: prières, dévotions, etc... Les quelques rares manuscrits (un luxe à l'époque) sont posés sur une étagère.




Appareils et Ustensiles.

Aucune variation de profondeur entre les premiers outils des adeptes d'Alexandrie et ceux utilisés au Moyen-Âge.

Le Grand Œuvre doit se réaliser soit au fourneau soit au creuset :
* le creuset avait généralement une forme de croix.
* le fourneau alchimique se nomme athanor: il doit être chauffé soit au bois, soit à l'huile, jamais au charbon chez les vrais alchimistes. Il avait parfois une forme de tour, et avait un regard ménagé dans sa paroi, afin d'observer l'œuf philosophique (ou aludel), où la matière première subissait ses changements. Ce dernier est une cornue ovoïde en terre cuite, ou plus généralement en verre ou cristal, afin de faciliter l'observation. Ce fourneau devait être parfaitement fermé avec des jointure, dont la clôture est appelée sceau d'Hermès.




Le Pélican était leur appareil de distillation, nom qui venait de sa forme.

Ils disposaient également d'instruments de musique, qui grâce à certaines mélodies pouvaient produire certains effets matériels précis au cours du Grand Œuvre. Mais ils n'utilisaient que rarement des formules magiques, que l'on prête à la magie cérémonielle.

Tous les autres ustensiles étaient les même que ceux des artisans de l'époque (pinces, tisonniers, marteaux, soufflets, récipients de toutes sortes...) et étaient donc faits de grès, métal, cuivre ou verre.

Seule le clepsydre ou le cadran solaire pouvaient être utilisés pour mesurer le temps. Le balancier de l'horloge ne sera découvert qu'à la fin du XIIIème, début du XIVème siècle.

Des petits miroirs étaient également utilisés pour capter les rayons solaires et lunaires.

Leur seul moyen de mesurer la température était des méthodes empiriques (comme l'observation du changement de couleur des métaux)

Technique, Mystique et Magie

Le Grand Œuvre est une activité sacrée (il est basé sur le rythme des saisons et le passage des constellations zodiacales), et dangereuse (explosions possibles).




Ce qui se faisait:
 


Les Opérations de Laboratoire.

Les étapes de la formation de la Pierre Philosophale sont:
-le lion vert: un liquide épais qui fait sortir l'or caché dans les matières ignobles
-le lion rouge: poudre d'un rouge vif qui convertit les métaux en or
-la tête de Corbeau, ou la voile noire du navire de Thésée: dépôt noir qui sert à la décomposition et à la putréfaction des objets dont on veut tirer l'or
-la poudre blanche qui transmue les métaux blancs en argent fin
-l'élixir au rouge avec lequel on fait de l'or et qui guérit les plaies
-l'élixir au blanc ou la fille blanche des philosophes: un onguent qui procure une vie très longue
...



La Matière Première.

Les alchimistes divergeaient quant à la matière première à utiliser: matières organiques diverses, mais plus généralement minérales.

L'utilisation d'apports préliminaires était courante: rosée de mai ou plus sinistrement, le sang des enfants (cas rare, comme ceux qui utilisaient la Magie Noire)

Les Métaux, Corps Composés:
Tout métal est composé de 2 principes: le Soufre, la partie fixe, masculine, et le Mercure, la partie volatile, féminine. L'or était comparé au Soleil (père du Grand Œuvre), et l'argent à la Lune (Mère du Grand Œuvre).

Toutes ces considérations physiques et cosmiques ont amenés des adeptes (de l'alchimie) à utiliser comme matière première soit le cinabre (qui contient du soufre et du mercure); soit la stibine (minéral sulfureux), soit l'or et l'argent, dont l'alchimiste voulait extraire des 2 principes qu'ils contenaient une semence, qui pourrait multiplier par la suite l'or et l'argent.



Voie Humide et Voie Sèche.

La voie humide était celle où la matière première était placé dans l'œuf philosophique de l'athanor. Elle est constituée de 2 étapes: le petit œuvre, ou petit magistère, ou petit élixir, qui constituait à la transmutation en argent, et le grand œuvre, grand magistère ou grand élixir: la transmutation en or. Cette voie avait une durée de 40 jours dans la plupart des cas. Mais cette durée semble courte quand on sait que les diverses opérations préliminaires sur la matière première pouvaient prendre plusieurs années.

La voie sèche était celle faite dans un creuset. Elle ne prenait que 7 ou 8 jours, voire quelques heures, mais était beaucoup plus dangereuse, car plus explosives.

Il aurait même existé une troisième voie, dite directissime, avec une chance de réussite immédiate, mais les risques étaient prodigieux: elle nécessitait la foudre!




"Secrets" Médiévaux.

Malgré l'aspect très artisanal des travaux alchimiques, on accorde à ses adeptes des œuvres, qu'aucun artisans actuels n'arrivent à obtenir: les vitraux rouges de la cathédrale de Chartres, ou le feu grégeois, arme byzantine puis arabe qui était un feu qui s'attisait quand on jetait de l'eau dessus.



Travaux et Veilles.

Vue la longueur des expériences, l'alchimiste devait avoir des capacités de veille extraordinaires, voire inhumaine. C'est pourquoi ils avaient parfois besoin d'aide, qui se manifestait en la personne d'une compagne, avec qui il formait un couple alchimique.

 


Alchimie et Astrologie.

Les alchimistes liaient constamment le Grand Œuvre à l'astrologie: ils devaient le commencer qu'au niveau de l'équinoxe de printemps, et le cycle des saisons ainsi que la position des constellations et des astres de notre système solaire les influençaient énormément.

 


Le "Feu Secret" .

Le Feu Secret des Sages fait partie des mystères inélucidés de l'alchimie, certains pensent que ce serait des résultats découlant de la physique nucléaire, d'autres supposent qu'il s'agirait de l'énergie du cosmos, qu'ils auraient réussi à capter... Ces 2 hypothèses partant de l'idée improuvée que des alchimistes auraient réussi à accomplir le Grand Œuvre.



Rêves et Songes Symboliques.

Dans la littérature alchimique du Moyen-Age, on voit souvent des récits de rêves et songes symboliques, manifestant bien le lien entre l'expérimental et le sacré, entre les activités de laboratoires et celle de l'oratoire:

Exemple: le Récit de l'exil occidental, du Persan Sohrawardi (1155-1191)

Le héros s'embarque. Son navire fait naufrage sur des récifs, près d'une île, l'île redoutable de Gôg et Magôg. Aidés par les génies du feu, le héros y réalisera les 2 étapes successives du Grand Œuvre: l'élixir lunaire (transmutation en argent), puis l'élixir solaire (transmutation en or). L'adepte atteint même le plus grand des mystères alchimiques: "Lorsque tu sais cela de source certaine, tu connais la résurrection des morts." Viens alors l'ascension de quatre montagnes symboliques (Sâd, Nân, Qâf, le Sinaï), puis l'arrivée au pays de la Reine de Saba, où croîtra le germe du corps subtil, celui de la Résurrection céleste.



Témoignages Médiévaux sur les Propriétés Accordées à la Pierre Philosophale.

Aucune preuve certaine de l'existence de la Pierre Philosophale n'a jamais été trouvée, mais considérant la multitude de témoignages, dont beaucoup appartiennent à des érudits importants, et vue les résultats impressionnants qu'on peut obtenir par méthodes artisanales, le doute persiste toujours.

Il existerait trois formes pour la Pierre Philosophale:
Celle que vient juste d'obtenir l'alchimiste, dans son creuset ou dans l'œuf philosophique, qui ressemblerait à une structure mi-liquide, mi-solide, qui se cristalliserait rapidement.

A partir de la pierre des sages décrite précédemment, on pouvait tirer une substance liquide, l'élixir, avec des propriétés médicales fabuleuses.

La forme pulvérisée qui était en 2 étapes: la poudre blanche tout d'abord, celle aboutissant du petit magistère, puis celle résultant du grand magistère, la poudre rouge.

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Jehanne - dans La Médecine
27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 00:47
La psychologie au Moyen âge.










Le haut Moyen Age.

Au Moyen Age, les thérapies des maladies de l'âme étaient menées par le prêtre, le seul qualifié pour cette tache. En effet, la confession était l'unique moyen employé à l'époque pour le traîtement des troubles psychiques.

De ces "thérapies religieuses" il découlera un "savoir psychologique" qu'acquièreront les prêtres. Ils avaient la conviction que ce qui perturbe et entraîne la pathologie provient de ce que le malade cache, mais aussi, que le fait de se "debarasser" de son secret auprès de quelqu'un, pouvait entraîner la guerison.

Pour St Augustin comme pour St Thomas, qui constitaient les deux grandes sources de pensées au Moyen Age, le monde sensible est une illusion. La perception ne nous mène qu'à une connaissance fallacieuse tant qu'elle n'est pas "éclairée" par la foi. Le divin, latent, est lui bien réel.

Les liens entre le Vrai, religieux, et le monde sensible se font tout d'abord par l'existence du Christ. L'Eglise avec les prêtres se chargera par la suite de maintenir et de perpetuer ce lien.

On peut voir ici émerger une idée qui sera fondamentale pour la psychologie moderne, celle des structures qui font lien entre la sensation et la connaissance.



Le Moyen Age et l'évolution dans le savoir.

Jusqu'au 12 ème siècle, l'élite savante est formée sous la doctrine de Saint Augustin, mais elle verra son influence diminuer suite à des changements dans la vision du monde et de la culture européenne.

Le 12 ème siècle voit l'émergence de mutations économiques et d'un développement du commerce. En parallèle, on observe des mutations dans les études dans lesquelles apparaissent la logique, la grammaire, arithmétique ... Nous sommes alors en période scolastique.

Au 13 ème siècle, des écoles apparaîssent qui echappants au contrôle des évèques, en particulier dans les pays influencés par la culture arabe (sicile, byzance ... ). Des traductions d'Aristote circuleront pour finalement parvenir jusqu'à l'université de Paris ou de Chartres. Des oppostions y feront face, nottament des franciscains, aboutissant à un banissement des textes d'Aristote.



Le recours à la Raison.

Conscient des agitations présentes dans l'Eglise, causées par le renouveau des pensées antiques, le pape Urbain IV fait à appel à Thomas d'Aquin, afin de faire une synthèse de textes sacrés et d'Aristote. Il est reconnu comme un connaisseur de la dialectique aristotélicienne, et concluera que la Raison est d'origine divine, elle ne peut contredire les dogmes de la Révélation.

Dans le Thomisme, il n'y a de connaissance veritable que du general, de l'universel. Les objets ne sont que des formes dans lesquelles s'organisent le réel, et le monde n'est pas un amas d'êtres individualisés. La Nature comprend des classes, de l'ordre, des formes dans lesquelles la matière se moule et qui existent objectivement. L'accès à cette connaissance de la Nature se fait par l'intellect.

Mais au 13 ème siècle, on voit apparaître des opposants à cette conception (les franciscains notament). Ils voient en cette conception thomiste une offense à la puissance de Dieu qui serait soumise à un ordre de la Nature.

Fondé en 1210 par François d'Assise, les moines de l'ordre des franciscains doivent, selon leur conception, lire l'Evangile et non le commenter. Mais la plus part de ces membres ayant une éducation dont ils ne pourront se detacher, finiront par manier parfaitement l'art de la dialectique aristotélicienne.



Les thèses de Roger Bacon.

Moine franciscain d'Oxford, Roger Bacon prend position contre le recours permanent à la Raison comme moyen d'accès à la connaissance. A celle-ci, il oppose la méthode experimentale, qui seule est source de certitude.

Avec Bacon, la méthode experimentale est prise en consideration par les théologiens et philosophes comme moyen d'accès la connaissance. Même si le mot experience n'a pas encore la même signification qu'aujourd'hui, il renvoie avec Bacon à la constatation de faits comme moyen primordial pour connaître la nature, et ce à partir d'observations positives (au sens du positivisme).

Roger Bacon peut donc être consideré, un peu contre sa volonté car ne se doutant sûrement pas de l'impact de ses idées, comme le père fondateur de la méthode experimentale. Cependant il faudra attendre trois siècles et les textes de son homologue Francis Bacon, en plus des principes de la science moderne, pour qu'un recours à cette méthode soit remise en avant.
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Jehanne - dans La Médecine
26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 03:21
Les marchés médiévaux.









Les lieux d'échange étaient soit des marchés (mercatus), le plus souvent hebdomadaires, soit des foires (fora, nuudinae), généralement annuelles. Le marché ou la foire, réunions périodiques de vendeurs et d'acheteurs, relevait de l'autorité publique celle-ci créait et surveillait les lieux d'échanges, en grande partie pour des raisons fiscales car elle percevait des droits sur la circulation des marchandises (les tonlieux), sur leur exposition (droits d'étaux), et sur leur vente.



Les marchés de campagne.

Après les Grandes Invasions l'activité des marchés est prouvée tant par les canons conciliaires qui vitupèrent les prêtres qui fréquentent les marchés en vue d'y trafiquer, que par le chapitre 54 du capitulaire de villis qui prescrit de veiller à ce que les hommes du domaine n'aillent pas perdre leur temps sur les marchés. La création et l'existence de nombreux marchés ruraux laissent évidemment supposer que les producteurs avaient à vendre des surplus agricoles ou artisanaux, ou des matières premières, à des acheteurs forains, et qu'à l'inverse ils venaient acheter ce qui n'était pas produit sur le domaine. On imagine mal un marché local où les paysans se seraient vendu réciproquement leurs productions, puisque peu ou prou ils devaient produire les mêmes biens ! L'image de l'économie domaniale vivant en vase clos doit donc être corrigée : sans alimenter un commerce considérable, l'économie domaniale alimentait un certain volume d'échanges. A partir du XIe siècle les exploitations rurales furent sollicitées de produire, outre leur propre subsistance, de quoi répondre à la demande constamment plus pressante des acheteurs » (G. Duby) : les grains, le vin et le bétail furent apportés sur des marchés hebdomadaires et des foires agricoles qui se multiplièrent (cf. le nombre et l'importance des clauses qui leur sont relatives dans les chartes de franchises et dans les chartes de fondation de villes neuves). La foire (de feria, fête d'un saint) était la rencontre temporaire de marchands « forains », c'est-à-dire venus de loin (de foris, dehors) : la foire différait du simple marché local par sa moindre fréquence (périodicité annuelle en général, et non hebdomadaire), et par sa zone d'influence plus vaste (au moins le "pays") ; elle donnait lieu à une grande concentration de population, et son rôle n'était pas exclusivement économique (festivités). On constate qu'avant même que ne se produise l'essor urbain l'usage des deniers (piécettes d'argent) s'est répandu dans les campagnes au XIe siècle, que de nouveaux péages ont été créés, et que leurs recettes ont augmenté : ce sont les indices certains d'une circulation et d'échanges intensifiés dans les campagnes. Sur ces petits marchés locaux opéraient des mercatores, intermédiaires entre les producteurs et les entrepreneurs de trafic à longue distance ; ces mercatores avaient souvent affaire aux intendants seigneuriaux, qui disposaient de quantités importantes de grains et de bétail : au XIIIe siècle la grande exploitation céréalière introduisait dans la circulation commerciale un fort volume de produits agricoles, et redistribuait une partie de leur valeur sous forme de salaires en monnaie aux ouvriers agricoles. De même l'élevage s'orienta à la même époque vers l'économie d'échange : tous les ans à l'automne on procédait à des hécatombes de porcs, qui étaient salés pour l'hiver (d'où l'achat de grandes quantités de sel, ce qui exigeait du numéraire) ; au même moment de nombreux paysans se débarrassaient de leur gros bétail, en particulier les chevaux et les ânes, voire les boeufs, pour n'avoir pas à les nourrir pendant l'hiver (d'où le rôle dominant des exploitants riches et aisés qui pouvaient racheter ce bétail et le revendre au printemps). L'élevage était donc avant tout affaire d'argent: et de commerce » (G. Duby). Quant aux "ovailles", elles mettaient naturellement les paysans en relation avec les trafiquants de laines. Tout cela - et il ne faut pas omettre le vin -, met en lumière le lien étroit des campagnes avec le bourg voisin, siège du marché hebdomadaire, et avec les foires de pays, qui constituaient tous les ans à l'automne des marchés locaux de produits agricole, viticoles et pastoraux.



Les marchés de ville.

Indépendamment des marchés qui subsistèrent dans les anciennes civitates, devenues sièges épiscopaux, apparurent, surtout à l'époque carolingienne, des agglomérations sur les réseaux fluviaux entre la Seine et le Rhin, où les bateliers et les marchands établirent des entrepôts lieux de passage et de stockage, ces portus (le terme a été vulgarisé par Pirenne) donnèrent naissance à des villes. Pirenne datait la plupart des portus du XIe siècle, et il affirmait que les rares créations de l'époque carolingienne avaient été anéanties par les incursions normandes : il y aurait donc eu solution de continuité entre le IXe et le XIe siècle. Suivant l'opinion qui prédomine maintenant, de nombreux portus des pays mosans et des Pays-Bas se sont au contraire développés de manière continue depuis l'époque carolingienne : ainsi, Bruges ou Gand. L'essor urbain du XIe siècle n'est plus conçu en effet comme l'effet d'un brusque renouveau, mais comme la conséquence d'une croissance antérieure entretenue par des échanges de plus en plus actifs entre les campagnes et les agglomérations urbaines (anciennes cités, nouveaux portus). Le trafic des marchés urbains portait sur les denrées du plat pays environnant, sur les produits de l'artisanat local, et sur les marchandises achetées en gros dans les grandes foires. Ils étaient soumis au protectionnisme chauvin et à la réglementation étroite du corporatisme urbain » (M. Boulet.) : les vendeurs devaient respecter une police de la qualité, du transport, et de l'exposition des marchandises, police qui était destinée à assurer l'approvisionnement régulier du marché et l'abaissement des prix par la liberté et la publicité des transactions ; les acheteurs de leur côté se voyaient interdire les accaparements.



Les marchés de grande foire.

Certaines foires ont dépassé la zone d'attraction d'un « pays », ou d'une province, et sont devenues le lieu d'échange de produits lointains.

Ainsi, la foire de Saint-Denis, créée au VIIe siècle, fut à l'origine une grande foire du vin qui se tenait pendant plusieurs semaines après les vendanges. Elle attirait les marchands frisons et saxons. Menacée par les incursions normandes entre le milieu du IXe et le début du Xe siècle, elle connut ensuite un renouveau de prospérité. De même, la Champagne devint très tôt un lieu de foires réputées : Chappes, près de Bar-sur-Aube (cette foire supplanta celle de Saint-Denis au moment des incursions normandes), et Châlons-sur-Marne eurent des foires célèbres avant l'an mille. Hors de France, Cologne et Pavie également. Ici encore il n'y a pas eu mutation, mais une croissance qui a fini par transformer les structures.


Parmi ces grandes foires, les principales se développèrent au XIIe siècle le long de l'axe nord-sud qui reliait l'Angleterre (foires de la laine brute de Winchester, Northampton, Saint-Yves, Stanford) et la Flandre (foires de redistribution de la laine et de vente de draps d'Ypres, Lille, Bruges, Messines, Thourout) au delta du Rhône (foires de Beaucaire, Avignon, Narbonne, Montpellier), en passant par l'lle-de-France (foire du Lendit à Saint-Denis) et surtout la Champagne. En effet les foires de Champagne furent pendant près de deux siècles, du milieu du XIIe au début du XIVe siècle, le carrefour où se rencontraient Flamands et Italiens.
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