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21 décembre 2007 5 21 /12 /décembre /2007 09:14
Le franc, en bref.




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Le franc est créé le 5 décembre 1360, les premières pièces sont émises à partir de février 1361. Ce premier franc que les contemporains appelèrent rapidement franc "cheval" ou à cheval se présente comme une pièce d'or à 24 carats pesant 3,88 grammes.
La législation royale qui accompagne cette création s'engage à défendre la stabilité de la monnaie royale. Après une longue période où les souverains modifièrent à répétition leur monnayage, Jean le Bon dut le promettre en contrepartie des 3 millions d'écus d'impositions destinées à financer le paiement de la colossale rançon qui le libérait des geôles du roi d'Angleterre.
Par la suite, chacune des "renaissances" du franc, sous la Révolution ou sous Poincaré par exemple, semble matérialiser le désir de renouer avec la stabilité d'une monnaie forte, le défi relevé vis-à-vis d'une monnaie étrangère, l'annonce de réformes économiques et financières plus globales dans un contexte politique apaisé.
Très vite identifié à la France et aux Français comme symbole d'identité nationale, il porte aussi le symbole de la "franchise" d'un roi et de son peuple, le symbole de la liberté.






Source BNF.
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Jehanne - dans Divers
13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 08:40
L'eau violente.




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Il apparaît que bien peu de clichés, lourds d’une réalité vivement ressentie, ont eu plus de succès à l’époque médiévale que celui de "la nef dans la tempête". Aucun épisode ne revient plus régulièrement dans la vie de nombreux saints que celui d’une traversée, réelle ou symbolique, figurée sur les miniatures, les vitraux ou les bas-reliefs des églises.



Le navire dans la tempête.


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Au Moyen Âge, la nature est le grand réservoir de symboles, surtout la mer, symbole du monde changeant et instable, la mer houleuse représentant les dangers et les difficultés du monde. Le navire relie des terres séparées par l’eau ; aussi l’acte de passer d’une rive à l’autre symbolise-t-il le passage d’un monde à un autre. Le navire est donc l’attribut d’une traversée accomplie, par les vivants ou par les morts. Il est tour à tour véhicule des âmes et des démons, véhicule des dieux et des héros et, comme dans la tradition chrétienne, il symbolise l’Église : le navire est aussi la demeure de Dieu et le Christ, le pilote de la vie des chrétiens. Ce que la Bible a transmis avec la plus grande générosité au Moyen Âge, c’est toute une collection d’images et de symboles reposant principalement sur ces deux formes littéraires que sont la comparaison et la parabole. Celles qu’elle a élaborées sur le thème du navire dans la tempête ont eu la plus grande audience au Moyen Âge. Rappelons aussi le rôle pédagogique de l’image depuis Grégoire le Grand. L’enseignement de la religion et les actes de dévotion se faisaient d’une façon, pourrait-on dire, "audiovisuelle". La parole y dominait, mais la figuration y était considérable.


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Le Déluge.

Quant aux scènes de déluge, elles témoignent souvent d’une grande intensité dramatique. Le Déluge et ses eaux mortelles font ressortir la figure du Christ triomphant de la mort et, par le même glissement d’un plan symbolique à un autre, il figure également le chrétien sorti régénéré par l’eau du baptême où il a été plongé. L’arche est donc le symbole de la demeure protégée par Dieu. Sanctuaire mobile, symbole de la présence de Dieu parmi le peuple de son choix, elle est enfin le symbole de l’Église, ouverte à tous pour le salut du monde.

On peut dire qu’il y a deux espèces de déluge : celui qui détruit, celui qui renouvelle. Le déluge dévorateur peut revêtir lui aussi deux formes : le premier, c’est la grande lame, la vague colossale, "la vague scélérate" qui se dresse au niveau des plus hauts sommets, barre l’horizon, avance inexorable ; l’autre, c’est la montée insidieuse de la marée.


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Entre mythes et désordres naturels.

Quant à la "scène de la tempête", elle est la manifestation de la colère divine. Notons qu’au Moyen Âge, l’événement calamiteux, la catastrophe naturelle, est toujours l’expression d’un dessein de Dieu, d’un avertissement et, généralement, d’une punition. Prenons par exemple l’un des textes évoquant la description de la grande onde de tempête du 16 janvier 1219, qui a marqué le début des ravages de la Zélande et de la Frise et de l’entrée de la mer vers le lac Flevo, constituant le futur Zuiderzee. Emon, abbé de Wittwerum, a bien vu les raisons naturelles du fléau, dû "au hasard des vents", à leur "retournement", sur une mer "déjà démontée"… Mais la cause véritable, au-dessus de toutes les autres, comme l’a dit saint Augustin, c’est la volonté de Dieu.


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Toutes les catastrophes naturelles impliquent, à un niveau ou à un autre, le facteur humain, la dialectique nature-homme. Mais, au Moyen Âge, la catastrophe naturelle était mieux supportée qu’aujourd’hui, car elle était perçue comme une manifestation de la Providence. Cette notion de "catastrophe naturelle", en fait, n’existait pas, car la catastrophe était avant tout la marque de la punition d’une faute individuelle ou collective.
Les pires cataclysmes sont peut-être les ondes de tempêtes (le Sturmflut, unissant forces du vent et forces de la mer), dont l’Occident garde des souvenirs angoissants et des traces durables. Depuis 709 (?), le Mont-Saint-Michel est "au péril de la mer" – la forêt de Scissy a disparu et les marais de Dol n’ont pu être reconquis qu’après l’établissement de la digue du XIsiècle.
La mer déchaînée est assimilée à l’animal qui braie, animal qui, comme Satan, comme la Bête, signifie les tendances inférieures de l’homme déchu. L’esprit chevauche la matière, qui doit lui être soumise, mais qui échappe parfois à sa direction.



Le thème littéraire.

Le récit de la tempête, thème conventionnel par excellence, peut apparaître comme un procédé littéraire. Par ailleurs, n’oublions pas que, dans la littérature du XIIe au XIVsiècle, on relève une sorte d’émulation dans le "déjà dit" que favorisent, chez des poètes volontiers anonymes, l’absence de toute prétention à l’originalité et, de la part des lecteurs, l’attente du morceau qu’on aime. Il est indéniable que poètes, romanciers et chroniqueurs s’ingénient moins à créer de nouveaux thèmes qu’à combiner indéfiniment des motifs d’inspiration d’une valeur et d’un rendement assurés. De là des canons qui semblent souvent dispenser l’artiste d’une véritable émotion personnelle.
Grâce à l’intervention de la tempête, on peut modifier à volonté le cours des événements. Yseult sera séparée au dernier moment de son bien-aimé. Chez Chrétien de Troyes, c’est une tempête qui réunira enfin, après une série d’aventures extraordinaires, Guillaume d’Angleterre et son épouse. Celui dont on veut se débarrasser, on le livre sans secours à la merci des flots. On a ainsi le sentiment réconfortant de ne pas l’avoir tué d’une manière précise, de laisser à Dieu la décision de le sauver. L’adieu au bord de la mer est à la fois le plus déchirant et le plus littéraire des adieux. Toujours prête à engloutir, à dévorer, cette mer incertaine, mouvante, pleine de monstres et de mystères, soumise aux caprices de l’air, est pour le héros un ennemi sans visage, un adversaire mythique dont il doit triompher pour assumer son destin.
La mer est aussi un espace de fuite. Le héros a la possibilité d’y changer d’identité et d’y refaire sa vie. Ce thème s’associe à celui de l’enlèvement par des pirates, celui de la réduction en esclavage s’inspirant de légendes antiques et des réalités barbaresques.
En définitive, comme le souligne Gaston Bachelard, "est-il un thème plus banal que celui de la colère de l’océan ? Une mer calme est prise d’un soudain courroux. Elle gronde et rugit. Elle reçoit toutes les métaphores de la furie, tous les symboles animaux de la fureur et de la rage […] La psychologie de la colère est au fond l’une des plus riches et des plus nuancées […] L’eau violente est un des premiers schèmes de la colère universelle. Aussi, conclut-il, pas d’épopée sans une scène de tempête."
Pour l’homme du Moyen Âge, les tempêtes soudaines de la Méditerranée ne sont pas moins dangereuses que les tourmentes de l’océan. La Méditerranée, mer intérieure, est certes plus rassurante que l’océan sans limites et les regards sur la mer peuvent assurément être opposés lorsqu’ils émanent d’un Méditerranéen et d’un Ponantais, mais leur nature ne diffère pas essentiellement, et les procédés de description offrent de singulières ressemblances. Toutefois, à une geste "pan-française" s’oppose une épopée aquitaine, anglo-normande et maritime dans laquelle la mer détermine plus résolument les activités politiques, économiques, stratégiques et mêmes culturelles. Les textes les plus descriptifs – le récit du voyage de saint Brandan, le roman de Brut, le roman breton de Tristan – sont d’origine celtique ou normande.


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Topos, peut-être, que ce péril de mer, mais la crainte semble réelle. Malgré les instruments et les cartes, sans doute présents sur les navires avant la fin du XIIIsiècle, malgré surtout les bonnes connaissances empiriques de la navigation que possèdent pilote et matelots, ceux-ci apparaissent dans une douloureuse impuissance devant le déchaînement des éléments, ainsi que le relatent toutes les chroniques de navigations. Il faut ajouter qu’avant l’époque des grandes découvertes le cabotage routinier dans des mers sans mystère était beaucoup moins favorable à l’enfantement et à l’enrichissement des mythes que les voyages d’exploration.
Mais l’eau possède davantage une fonction ambivalente : elle est à la fois eau de vie et eau de mort. Elle a un pouvoir destructeur et un pouvoir sotériologique. Dans son essai sur L’Eau et les rêves, Gaston Bachelard écrivait : "Aucune utilité ne peut légitimer le risque immense de partir sur la mer. Pour affronter la navigation, il faut des intérêts puissants."


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Source BNF.


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Jehanne - dans Divers
12 décembre 2007 3 12 /12 /décembre /2007 08:23
La mer, infranchissable ?




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Fascinante et redoutée, la mer impose sa présence à tous ceux qui vivent sur une terre dont elle dessine les contours, qu’elle visite de ses vagues et de ses marées, qu’elle ravage parfois de ses tempêtes. Si ses tout proches rivages sont restés longtemps "territoire du vide", les hommes n’ont cependant pas hésité à l’affronter dès les plus lointaines époques, le peuplement de certaines îles du Pacifique en témoigne. Mais les moyens existaient-ils pour tenter l’aventure ? La mer était-elle franchissable ? La question se pose sous un double aspect : celui des possibilités techniques, mais aussi, et peut-être surtout, celui des disponibilités mentales.



"N’avoir entre la vie et la mort que l’épaisseur d’une table de planches".


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Tout d’abord, avec quoi se lancer sur l’eau ? Même si la construction navale progresse de façon continue au cours des dix siècles assignés au Moyen Âge, faisant du navire "probablement le plus beau fruit du machinisme médiéval", il faut prendre conscience des faiblesses des embarcations. Certes les Vikings ont atteint le Groenland et même le mystérieux Vinland sur leurs fragiles drakkars. Mais, jusqu’au XIIe siècle, les bateaux sont bien mal armés pour affronter les grandes houles atlantiques. La galère, effilée et rapide, l’eau glissant bien sur son bordage à franc bord, a seulement 1,75 m de creux. La nef, à la coque plus profonde, n’est munie d’un gouvernail que dans les années 1180 au plus tôt. Au cours des XIIIe et XIVsiècles, des navires plus grands sont construits. Au début du XVe siècle enfin apparaît "l’outil de la découverte", selon l’expression de Pierre Chaunu, la caravelle qui allie la maniabilité de la galère à la solidité de la nef. Mais il faut se rappeler qu’elle ne jauge en moyenne que cent tonneaux, ce qui interdit de pouvoir se munir en vivres pour de longues traversées.
Plus encore peut-être que dans la faiblesse des navires, c’est dans les lacunes de l’art de naviguer que résident les difficultés les plus grandes. En ce domaine, l’empirisme règne en maître. Faire le point avec précision relève de l’exploit. Certes, l’utilisation de la boussole est attestée dès 1190, mais la déclinaison magnétique est ignorée, au moins jusqu’au XIVsiècle, d’autant plus facilement qu’elle est très faible en Méditerranée. Pour observer la hauteur des astres, les marins n’utilisent à peu près jamais l’astrolabe, pourtant connu dès le XIIe siècle, mais le quadrant, un cercle en bois marqué en degrés, suspendu à un anneau portant un fil à plomb avec un système de visée sur le côté, instrument d’une précision aléatoire étant donné les mouvements du navire. En l’absence de tout chronomètre, il faut se contenter de retourner les ampolletas, sabliers donnant une durée d’environ une demi-heure, et de laisser filer des cordes à nœuds pour évaluer (en nœuds) la distance parcourue. On note enfin soigneusement les changements de cap commandés par les vents.


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On le voit, tout se conjugue pour que lorsqu’on "se met en mer", selon l’expression accoutumée, on ait avant tout le souci de ne pas perdre de vue la terre. Aux tables donnant des mesures de hauteur des astres, les marins préfèrent les routiers, qui indiquent avec précision un itinéraire longeant la côte et dont on retrouve la trace dès le XIIsiècle. Quand, à la fin du XIIIsiècle (la Carte pisane date des années 1290), apparaissent les premières chartes portulanes, construites sur un canevas de roses des vents à trente-deux directions, ou rhumbs, elles s’accompagnent d’un complément indispensable, le portulan proprement dit, qui n’est autre qu’un routier amélioré. De cap en embouchure de rivière, de port en port, tous ces documents attestent une navigation faite essentiellement à vue. C’est d’ailleurs en "veues", unité de distance en mer déterminée par la limite de visibilité d’une voile sur l’horizon par temps clair, que sont encore, au XVIsiècle, exprimées les distances dans le Grand routier de la mer. Cette somme des connaissances nautiques des marins du Ponant connut une large diffusion à partir de 1520.



"Il n’y a pas de grand parcours en mer complètement dépourvu de terres".



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Il faut ici faire entrer en jeu l’imaginaire. Si la Méditerranée peut être assez aisément parcourue par ceux qui sont sur ses rives comme "des grenouilles autour d’une mare", selon l’expression antique, l’Océan, qui s’ouvre à l’ouest de la Méditerranée, est tourné vers le Ponant, là où disparaît quotidiennement le soleil, un domaine connoté par la mort. C’est plus ou moins transgresser un interdit que de franchir les Colonnes d’Hercule, bornes mettant en garde les marins contre une trop grande audace et que l’on voit figurer sur quelques mappemondes, par exemple sur celle de Hereford (1300), où elles soutiennent une île qui barre en quelque sorte le détroit. Mais l’interdit appelle la transgression, celle des frères Vivaldi, en 1291, voulant sur leurs galères l’Allegranza et le San Antonio aller aux Indes par l’Océan, ou celle de Jaume Ferrer, parti en 1346 à la recherche du Riù del or dans l’ignorance totale de la longueur et des conditions du chemin à parcourir.
Les îles qui jalonnent l’océan changent aussi de visage. L’insula perdita de saint Brandan, hominibus ignota
(inconnue des hommes) selon l’Imago mundi d’Honorius Augustodunensis (vers 1120), apparaît parfois visible un siècle plus tard selon l’Image dou monde de Gossuin de Metz. La mappemonde de Hereford (vers 1300) assimile les îles de saint Brandan aux îles Fortunées, que l’on identifiera comme les Canaries lors de leur redécouverte en 1341. Toujours sur la mappemonde de Hereford, d’autres îles sont non plus barrières mais appel à la navigation.



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Quelle est la distance à franchir pour atteindre l’Inde par l’ouest ? C’est là que se situe le débat qui va se poursuivre pendant tout le XIVsiècle et tout le XVe. Les mesures de la circonférence terrestre, héritées des Anciens, variaient des 31 500 milles d’Ératosthène (chiffre à peu près exact), aux 20 425 milles de Ptolémée (très inférieurs à la réalité). Sur cette circonférence, l’Eurasie s’étendait non sur les 130º qu’elle occupe, mais sur 180º selon Ptolémée et était même étirée sur 225º par Marin de Tyr (vers 200 après J.-C.). Enfin, les hésitations portaient sur la valeur du degré en milles nautiques, 50 selon Ptolémée, 66 selon Alfraganus (au IXe siècle), alors qu’il équivaut à 60 milles.
Autre incertitude : sur cette Terre, quelle est la part des terres émergées ? Dans l’Opus majus (vers 1270), Roger Bacon présentait les données du problème : l’eau recouvrait-elle les cinq sixièmes de la surface terrestre, comme le voulait le Livre d’Esdras, un apocryphe biblique, ou les trois quarts, selon l’Almageste de Ptolémée, ou bien fallait-il suivre Aristote, qui affirmait qu’une "petite mer" séparait l’extrémité occidentale de l’Espagne des premiers rivages orientaux de l’Inde ?
Cette dernière opinion avait les faveurs de Bacon. Au siècle suivant, Nicole Oresme, traduisant et commentant Aristote dans Le Livre du ciel et du monde (1377), oppose une étroite partie "descouverte d’eaue […] la plus noble et comme le devant et la face ou visage de la Terre" à tout le "demourant […] enveloppé en eaue et vestu et couvert de mer aussi comme d’un chaperon ou d’une coiffe". Au même moment (vers 1350), Jean Buridan ne voyait pas de raison pour que seule une partie du globe soit découverte. L’on sait enfin l’influence du passage de l’Opus majus évoqué plus haut et repris dans l’Imago mundi de Pierre d’Ailly (1410) sur la résolution de Christophe Colomb.


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On voit ainsi s’effacer peu à peu cette géographie de l’infranchissable qui était celle des premiers siècles du Moyen Âge. De ce changement, rien ne porte peut-être mieux témoignage que l’apparition des portulans. La terre des hommes y apparaît "désorientée" au sens propre du terme, libérée du rappel de la chute qui dominait le haut des cartes avec un paradis terrestre désormais interdit. Elle apparaît surtout désenclavée : l’océan n’est plus une ceinture infranchissable renforcée encore, telle une muraille, par les tours et les bastions des îles qui la jalonnent, mais une route largement ouverte où ces mêmes îles sont devenues comme autant d’escales sur le chemin de la découverte d’autres terres habitées. Il faut bien prendre conscience que nous sommes là en présence d’une véritable révolution, comme le souligne Jurgis Baltrusaitis : "Au lieu d’espaces enfermés à l’intérieur d’un cercle étroit surgissent des étendues sans fin… La Terre change brusquement d’aspect."


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Ainsi, lents perfectionnements techniques et surtout nouveau regard sur le monde se rencontrent au seuil des Temps modernes pour dire la mer franchissable. "Sur ces routes inconnues, assure Toscanelli dans sa célèbre Lettre (1474), il n’y a pas de grand parcours de mer complètement dépourvu de terres." Il faisait écho aux encouragements prodigués un siècle plus tôt par Jean de Mandeville dans son Livre de mervailles de mounde (1356).



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Confiance et méfiance, la grande mer où l’on ne voit plus que le ciel et l’eau apparaîtrait toujours aussi peu rassurante s’il n’y avait les îles. Le désir de franchir la mer n’est pas lié à quelque défi lancé aux éléments, comme aujourd’hui chez les navigateurs solitaires ou les équipages des grandes courses transocéaniques, il est désir d’aller à la rencontre d’autres terres, d’autres hommes, la mer n’étant que chemin nécessaire vers eux. Comme le disait dès 1235 l’ermite à Lancelot dans l’Estoire dou Graal : "Par la meir dois-tu entendre le monde."



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Source BNF.



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Jehanne - dans Divers
11 décembre 2007 2 11 /12 /décembre /2007 09:00
L'océan primitif.




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Comment l’Antiquité et le Moyen Âge se représentent-ils la création de la mer et sa place dans l’univers ? Enluminures illustrant la Genèse
– la création de la mer, la séparation des terres et des mers – et mappemondes médiévales montrant l’océan repoussé à la périphérie du monde constituent les supports de ces représentations parvenues jusqu’à nous.



La création de la mer.

Quelles étaient ces eaux primitives dont parle la Genèse ? Comment et où furent-elles rassemblées ?
Même si l’Écriture ne le dit pas explicitement, Dieu "créa dès l’origine les eaux avec le ciel et la Terre". Ainsi l’eau est présente au monde dès les commencements, mais sous une forme singulière. Elle est le "grand abîme" entendu en son sens premier, c’est-à-dire "la profondeur impénétrable des eaux", "l’immense profondeur des eaux" recouvrant la Terre avant que chacun des éléments ait trouvé la place qui lui revient. Une eau ténébreuse, puisqu’il n’existait pas encore de lumière pour l’illuminer, qui s’étendait depuis la surface de la Terre jusqu’au ciel.
Puis, au deuxième jour du monde Dieu partagea les eaux : celles d’en haut de celles d’en bas, séparées par le firmament : Dieu dit : "Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux" et il en fut ainsi. Enfin, le troisième jour, il rassembla les eaux d'en bas afin que la terre ferme apparaisse : "Que les eaux qui sont au-dessous du ciel s’amassent en un seul endroit et que la partie sèche apparaisse […]. Dieu appela terre la partie sèche et il appela mers la masse des eaux."
Opération divine providentielle qu' au XIIe siècle, les philosophes naturalistes, Thierry de Chartres et Guillaume de Conches, tentent d’approcher de façon rationnelle, en l'expliquant par l'action conjuguée de la chaleur et du mouvement du feu.



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Mais où ces eaux "d'en bas" furent-elles rassemblées ?

Il est admis, de façon plus ou moins claire et explicite, l’existence au sein de la Terre d’un grand abysse, qui n’est plus cette fois le tehom, l’abyssos, du chaos primordial, mais "le réceptacle des eaux souterraines, sorte de mer invisible qui alimente toutes les sources et tous les fleuves", et dont l’origine remonte à l’Ancien Testament. Un abysse qui s’accorde avec la tradition classique exposée par Sénèque, rapporteur d’une opinion que l’on rencontre également chez Lucrèce et Pline, selon laquelle il y aurait à l’intérieur de la Terre d’énormes réserves d’eau. L’existence de réserves d’eaux souterraines va traverser tout le Moyen Âge. On la trouve chez Isidore de Séville dans les Étymologies, reprise par Raban Maur dans le De universo.
L'"abysse" hébreu qui correspond à "la Vraie Mer", la "Grande Mer", la "Mer d'entre les terres" la "Méditerranée" qui, selon un schéma hérité de la géographie grecque entoure la Terre à la hauteur de la zone équatoriale torride. Une "ceinture" océanique réputée infranchissable qui, à l'orient et à l'occident se sépare en deux flux coulant respectivement vers le nord et vers le sud où ils finissent par se rencontrer formant ainsi un second anneau océanique, perpendiculaire au précédent. Ce double anneau océanique partage la sphère terrestre en quatre parties, quatre "îles" dont, pour le Moyen âge, une seule, la Nôtre, serait habitée.


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La mer source unique de toutes les eaux.

"Enrubannée", disposée de façon circulaire autour de la Terre, quelle que soit la configuration de cette "mer" primordiale, tous les auteurs ou presque s’accordent alors à voir en elle l’origine de toutes les eaux : les eaux salées des autres mers, mais aussi des eaux douces, celles des fleuves, des rivières, des fontaines. Mais comment admettre que des eaux douces puissent avoir comme origine une source salée ? Et comment expliquer, à partir d'une source unique, cette dualité des eaux, cette salinité des eaux marines, qui les distingue des eaux douces des rivières et des fleuves ?



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Venant de l'océan dont la salinité serait due, soit à l'effet de la chaleur, soit à la présence de montagnes de sel sous-marine, l’eau douce s’obtient par filtration de l’eau salée à travers les "cataractes de la Terre". L'eau pénètre la Terre empruntant tout un réseau de "veines", de conduits, de "trachées", de canaux souterrains, de "cataractes" jusqu’aux lieux précis où elle rejaillit. Elle parcourt ainsi la face cachée de la Terre par des milliers de ramifications secrètes tracées depuis l’origine du monde, qui tressent une trame serrée à la façon d’une chevelure ou du réseau sanguin, établissant ainsi une analogie encore plus étroite entre l’homme, microcosme, et le monde, macrocosme. L’homme, dont chaque partie du corps correspond à une partie de l’univers : la tête au ciel, la poitrine à l’air, le ventre à la mer, les pieds à la terre.
Un mécanisme complexe qui met en jeu les différents éléments de l’univers afin d’en assurer l’équilibre et l’harmonie.



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Des eaux froides et agitées.

Douce ou salée, ou encore empruntant à la terre des saveurs nouvelles, l'eau est essentiellement froide et humide. Elle est aussi lourde et tangible (gravis et corpulenta), deux qualités qu’elle partage, à un moindre degré, avec la terre et qui, pour la première, l’oblige à tendre vers le bas, "à couler d’un lieu supérieur à un lieu inférieur", et, pour la seconde, la rend sensible, perceptible aux sens, en particulier au toucher.
Quant à sa couleur, elle est tout aussi insaisissable. Certains la voient blanche, d’autres verte ou encore azurée. Dans les Étymologies, Isidore de Séville met sur le compte des vents la couleur changeante de la mer, tantôt flavum (jaune tirant sur le rouge), tantôt luculentum (claire, brillante), tantôt atrum (sombre, noire). C’est qu’en réalité l’eau est incolore.
Incolore, sans saveur propre, la mer en revanche est naturellement agitée. Si la définition de la mer souligne le rassemblement des eaux, celle de l’océan met l’accent sur le mouvement. À la différence de la Terre, immobile et fixe au centre du monde, l’océan qui l’entoure comme une ceinture est remué de mouvements divers.



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Le mouvement de la mer.

Avec la salinité, la constance du volume de l’océan, les causes des marées sont l’une de ces grandes interrogations qui traversent alors les ouvrages de "philosophie naturelle". Pour beaucoup, c’est la violence provoquée par la séparation puis la rencontre des grands bras océaniques aux extrémités de la Terre qui détermine ce mouvement général de la mer. Une théorie empruntée à Macrobe, exposée par Guillaume de Conches dans ses ouvrages. D'autres, tel Adélard de Bath, son contemporain, préfèrent y voir l'action de montagnes ou de quelque autre obstacle, non pas marin mais terrestre, qui, au moment même où les grands courants océaniques perdent de leur force, viendrait les contraindre à repartir en arrière, assurant ainsi la régularité de ces mouvements. Autant d'explications mécanistes auxquelles il convient d’ajouter le rôle des vents et la présence de gouffres sous-marins. Les premiers, tantôt poussent les eaux si bien qu’elles recouvrent les terres, tantôt les libèrent et les laissent retourner à leur lit. Quant aux seconds, leur fonction est décrite par Paul Diacre dans son Histoire des Lombards.
Des causes qui, si elles ont l'avantage d’éclairer le mouvement d’oscillation et de gonflement de la mer, rendent difficilement compte des variations d’amplitude des marées que chacun pouvait observer. D’où l’importance d’autres facteurs, en particulier du rôle de la Lune, que Bède avait déjà longuement développé dans le De natura rerum. La Lune qui intervient parfois comme un agent direct. L’astre qui a pouvoir sur la croissance des corps, en particulier celle des animaux et des végétaux, est également capable de faire se gonfler les eaux.



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La mer nécessaire autant que redoutable.

Ainsi que le décrit Bède dans le De natura rerum, il existe entre la mer, entendue au sens large comme le rassemblement des eaux, et la Terre des rapports nécessaires qui conditionnent l’harmonie du monde. Si la Terre supporte la masse océane, la présence de l’océan au milieu de la zone torride vient tempérer les ardeurs de la source de toute chaleur, le Soleil. En même temps qu’elle préserve la Terre des feux du Soleil, "l’eau salée et chaude fait obstacle au froid de la terre qui ainsi n’atteint pas l’air qui est au-dessus". L’océan assure, de cette façon, une sorte d’équilibre entre les qualités contraires des éléments supérieurs et inférieurs. Tandis que, conçu comme une ceinture (limbus), une "limite de courroie ou cercle en fer", comme le précise l’Atlas catalan, l’océan qui enserre les cinq zones du monde empêche la terre de s’émietter, de disparaître, tout en corrigeant son aridité.
La mer est nécessaire, non seulement à la terre mais également aux hommes. Surtout à partir du XIIIe siècle, les auteurs de textes encyclopédiques se plaisent à énumérer les bienfaits des eaux marines et à recommander l'utilisation de bains d'eau salée.



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Cependant dès que l'on quitte les eaux familières, le ton change. Ce lien peut aussi s'avérer une entrave, un frein, une borne. Fondamentalement, l'Océan, demeure infranchissable : Gelé au nord, brûlant au sud et partant inaccessible, rendu impraticable par les courants, les hauts fonds, les montagnes d'aimant qui retiennent les navires et paralysent la navigation, l'Océan dérobe irréductiblement aux regards des hommes les autres parties de la terre. La mer ici est celle qui sépare, isole. Et comme telle, elle représente un danger latent. Dans ce jeu de relations étroites entretenues entre la terre et la mer, existe toujours la crainte que l'un des deux éléments ne disparaisse ou ne l'emporte sur l'autre : que la terre ne s'assèche progressivement que l'Océan recule. Plus grand encore semble le danger de la submersion. Crainte d'un Déluge semblable à celui des origines, que rappelle sur de nombreuses mappemondes la présence de l'arche de Noé.



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Un danger potentiel qui s'ajoute à des menaces plus obscures que recèlent ces profondeurs abyssales insondables. Derrière le visage lisse de la mer se dissimule un monde inquiétant, tout aussi tourmenté que celui de la surface de la terre dont il n'est que le décalque. Un monde grouillant d'espèces inconnues autant qu'inimaginables. Un monde inversé donné à voir aux seuls héros et aux saints. Pour les autres, la mer demeure scellée, double inversé de la terre, qui garde les vivants et rejette les morts, où se tapit le Léviathan le trône de l'Antéchrist. Menace permanente d'un chaos, sur lequel vient buter le raisonnement de la philosophie naturelle.


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Source BNF.




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Jehanne - dans Divers
26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 08:52
La Terre au Moyen âge.




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Les représentations de la Terre au Moyen Âge sont encore soumises à des schémas mythiques ou théologiques.
C'est à partir d'un principe cosmogonique hérité d'Hésiode que les Grecs ont inventé la géographie.
Les Arabes adaptent le système "scientifique" de Ptolémée, sans pour autant renoncer à la centralité de l'Islam, et s'attachent surtout à décrire les pays musulmans.
En Occident, les mappemondes médiévales présentent la partition chrétienne du monde entre les trois fils de Noé.
Ce n'est qu'à la fin du Moyen Âge qu'apparaîtra une cartographie maritime fondée sur l'observation des côtes et que Ptolémée sera redécouvert, ouvrant ainsi la voie à des aventures outre-Atlantique…




1 - L'héritage grec.

C’est à partir des mythes helléniques et sur la base des observations astronomiques mésopotamiennes que la science prend son essor chez les Grecs, au VIe siècle avant J.-C. Dès l’Iliade (VIIIe siècle av. J.-C.), le fameux bouclier d’Achille offre l’image symbolique d’un monde circulaire. Le décor figure "la terre et le ciel et la mer". La connaissance de la Terre implique nécessairement la référence au cosmos*. De l’idée d’un cosmos sphérique et géocentrique découle la conception des cercles dans le Ciel. C’est la projection des cercles célestes sur la Terre qui donne la géographie* : "La géographie partage la Terre selon les cercles du Ciel", expliquera Ptolémée (90-168) quelques siècles plus tard. Les premières cartes du monde habité sont dressées par des savants à la fois astronomes et géographes, comme Eudoxe (406-355 av. J.-C.) et Ératosthène (276-194 av. J.-C.).


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Cinq zones concentriques.

Directeur de la bibliothèque d’Alexandrie au IIIe siècle avant J.-C., Ératosthène est un des fondateurs de la géographie. C’est lui qui, le premier, a calculé la circonférence de la Terre. Bien informé par les récits de voyages rassemblés à la bibliothèque et par ses relations avec les savants du musée, il associe les deux facettes de la "graphie" de la Terre : l’écriture des noms de lieux et le dessin des terres émergées. Il étudie la répartition des océans et des continents, les vents, les zones climatiques. Comme Pythagore (VIe s. av. J.-C.) et Parménide (544-450 av. J.-C.) avant lui, il définit cinq zones : celle de l’équateur, torride et supposée inhabitable, et, de part et d’autre, deux zones tempérées et deux zones glaciales. La zone tempérée septentrionale correspond au monde habité, appelé "œkoumène*". Au IIe siècle avant J.-C., l’astronome Hipparque perfectionne le principe des cinq zones par un quadrillage de parallèles et de méridiens, très pratique pour localiser les lieux et pour mieux évaluer les distances.



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La Géographie de Ptolémée.

Mathématicien, astronome et géographe, Claude Ptolémée (90-168) vivait à Alexandrie au IIe siècle après J.-C. Il couronne la science de l’Antiquité en rassemblant sept siècles de savoir antique dans trois ouvrages principaux : l’Almageste pour l’astronomie, la Tétrabible pour l’astrologie, et la Géographie, un ensemble de huit volumes comprenant une carte générale et vingt-sept cartes particulières. Ces livres témoignent de l’unité du monde et de l’interdépendance des savoirs.


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Ptolémée géographe établit une liste de coordonnées en "longueur" (longitude*) et en "largeur" (latitude*), pour de nombreuses localités de l’œkoumène dont il liste plusieurs milliers de toponymes*. Grâce à une projection plane de la Terre, il peut établir une carte précise du monde en classant les peuples selon leur localisation et leur zone d’influence. Le monde de Ptolémée est divisé en "sept climats*", c’est-à-dire en sept zones thermiques (ou "climatiques") parallèles.
En astronomie*, le fameux "système de Ptolémée" décrit le mouvement du Soleil, de la Lune et des planètes. Celles-ci tournent autour de la Terre qui, immobile, est placée au centre de l’Univers. Également astrologue, Ptolémée pense que les astres, en particulier les planètes, déversent sur la Terre des "influences" qui touchent directement les hommes, individuellement ou collectivement.


À la fin de l’Antiquité, les bouleversements issus de la chute de l’Empire romain font disparaître les livres et les cartes. À partir du IXe siècle, les savants arabes et persans, installés au cœur de l’œkoumène par l’expansion de l’islam, traduisent les ouvrages grecs et sauvegardent la science de Ptolémée. Malgré ses défauts et ses erreurs, son œuvre forme un savoir de référence qui fera autorité jusqu’au XVIe siècle.


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2 - La géographie arabe.


Une géographie cosmogonique.

Avant l’islam, les connaissances géographiques des Arabes se limitaient à quelques notions de cosmogonie héritées des traditions babyloniennes, iraniennes, juives et chrétiennes. Quelques traces en demeurent dans le Coran et la poésie préislamique. Certaines de ces traditions exercèrent une profonde influence dans la cartographie arabe, comme la manière de représenter le monde sous forme d’oiseau.


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Une géographie scientifique.

Une géographie* plus scientifique émerge au VIIIe siècle. Avec l’expansion islamique vers l’Europe et l’Asie, de nombreux ouvrages indiens, grecs et persans sont rassemblés et traduits sous l’impulsion des premiers califes* abbassides*. L’influence indienne s’exerce sur l’astronomie*. Les connaissances iraniennes se retrouvent surtout sur la géographie descriptive et régionale et dans la cartographie*. Mais c’est dans la géographie grecque que les savants arabes trouvent un véritable fondement scientifique avec la mesure de l’arc méridien et celle de la circonférence de la Terre. La Géographie de Ptolémée (90-168), dont il reste aujourd’hui l’adaptation d’al-Khuwârizmî († 847), est traduite plusieurs fois. La base hellénistique de la géographie arabe est prédominante en géographie mathématique, physique et humaine.
Mais certains savants arabes reprennent encore la notion cosmogonique iranienne des sept "kishwars" : le monde est divisé en sept cercles géographiques égaux, le quatrième cercle représentant le centre du monde (l’Iran ou La Mecque) ; il est placé au centre des six autres cercles disposés autour de lui. Les traditions persanes influent fortement sur la géographie arabe, comme en témoigne l’emploi de termes persans dans le domaine maritime.
L’assimilation de ces apports étrangers et les progrès réalisés dans le domaine de l’astronomie conduisent à une véritable révolution géographique. Entre 813 et 833, la première grande carte du monde est dressée à Badgad par les savants du Bayt al-hikma, la "Maison de la Sagesse".


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Une littérature géographique.

À partir du XIe siècle se développe une véritable littérature géographique écrite en arabe. Cette discipline n’est alors pas conçue comme une science bien délimitée mais répartie dans plusieurs domaines du savoir. Des astronomes et philosophes comme al-Kindî (796-873) enrichissent ainsi la géographie de leurs recherches théoriques.
La littérature maritime et les récits de voyage relèvent davantage de l’imaginaire. Les plus anciens d’entre eux, attribués au marchand Sulayman (vers 850), décrivent ses impressions de voyage sur un mode fantastique. À sa suite, une littérature de "merveilles" amplifiera le goût du fabuleux aux dépens de la description des faits, comme en témoignent les Merveilles de la Chine et de l’Inde.



Une géographie administrative.

La géographie des "itinéraires et royaumes" décrit les routes et les pays de l’Empire islamique de manière plus administrative. En plus de son caractère d’érudition, elle a un rôle utilitaire pour les fonctionnaires, les armées ou la collecte des impôts. Deux écoles dominent ce nouveau genre : l’école irakienne et l’école d’al-Balkhî. Les auteurs de l’école irakienne décrivent le système routier, la topographie* ainsi que la géographie physique, humaine, économique et mathématique du monde en général. L’école d’al-Balkhî († 934) se restreint à la description des pays d’Islam mais dépeint chaque province de façon détaillée et originale. En 920, son précurseur al-Balkhî divise le monde islamique non plus en "kishwars" ou en "climats*", mais en provinces dont la définition repose sur une base purement territoriale. Il dresse une carte séparée de chaque section et de ses frontières, fondée sur des bases plus scientifiques. De nombreux savants diffuseront ses idées en les enrichissant de leurs propres expériences de voyage. Ils élargissent ainsi le champ des descriptions géographiques tout en mettant l’accent sur l’information directe et la véracité des sources.


Des compilations géographiques.

La géographie arabe est à son apogée au XIe siècle : cette science s’est constituée une place particulière dans la littérature en intégrant récits de voyages, descriptions du monde et considérations philosophiques. Les géographies ultérieures feront des ouvrages de compilation qui traitent une information de seconde main. Celle d’al-Idrîsî, la plus remarquable, est la seule géographie arabe à pénétrer l’Europe de la Renaissance.
Aux XIIe et XIIIe siècles apparaissent des compilations destinées à un large public. Celles-ci traitent non seulement de géographie mais aussi de cosmologie, d’astrologie ou d’autres matières de cet ordre. La littérature de voyage connaît, elle aussi, un grand développement et offre une information contemporaine sur l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, comme en témoignent les célèbres Voyages et périples d’Ibn Battûta (1304-1377).


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3 - La tradition chrétienne.


La Terre est bien ronde.

Contrairement à une opinion encore trop largement répandue, la Terre n’a pas été considérée par tous au Moyen Âge comme un disque plat flottant sur les eaux. La notion de sphéricité terrestre héritée de la géographie astronomique des Grecs n'a jamais disparu. Dès le VIIe siècle, au moment où apparaissent les premières mappemondes*, la Terre est désignée par le terme sans équivoque de globus, un globe, ou sphera, une sphère. La partition en cinq zones proposée par Parménide (544-450 av. J.-C.) au Ve siècle avant J.-C. – une zone torride, deux tempérées et deux glaciales – a été transmise par les auteurs de l'Antiquité tardive. Sous l'influence conjointe des textes astronomiques arabes et des traductions de Ptolémée (90-168), cette division en zones sera parfois remplacée par une division en "climats*" qui permettent de prédire, comme l'explique la Tétrabible, les qualités universelles.



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Le partage du monde habité.

La plupart des représentations médiévales ne considèrent que la Terre habitée : ce sont les "mappemondes". Parfois, leur forme ovale, en "chlamyde", vient rappeler qu'elles ne figurent qu'une partie de la Terre. Héritées des représentations antiques partiellement conservées, ces mappemondes reflètent la manière dont la chrétienté conçoit l’évolution historique et la localisation de l’humanité. Leur division tripartite – Asie, Afrique, Europe – résulte du partage réalisé après le Déluge entre les fils de Noé : l’Asie des hommes libres ou des prêtres pour Sem ; l’Afrique des esclaves ou des travailleurs pour Cham ; l’Europe des guerriers pour Japhet. Cette référence biblique permet d’embrasser l’humanité entière dans des divisions ethniques et sociales.



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L'image du monde en TO.

Dès le VIIIe siècle, les représentations schématiques de la Terre habitée prennent la forme dite du "T dans l’O" : les trois continents, inscrits dans le O de l’anneau océanique, sont séparés par le T dont la hampe figure la Méditerranée et les branches représentent deux fleuves : l’une le Tanaïs*, limite traditionnelle entre l'Europe et l'Asie ; l’autre le Nil, partage ordinaire de l'Asie et de l'Afrique. Ce monde est fini, clos par le cercle océanique infranchissable.


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L’orientation s’inscrit dans une perspective théologique fondée sur l’histoire d’Adam et Ève, et sur la Passion du Christ. Les mappemondes sont orientées vers l'est, c’est-à-dire vers le soleil levant, par analogie avec le Christ, vrai Soleil et lumière véritable. L’Orient et le paradis terrestre sont placés en haut, complétés parfois par un Christ en croix, tête à l’est, pieds à l’ouest et bras au nord et au sud. À partir du XIIesiècle, la signification spirituelle de ces représentations sera renforcée par la position centrale de Jérusalem, "ombilic de la Terre".


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À l’intérieur de ces trois parties du monde s’insère plus tardivement la représentation des montagnes, "ossature de la Terre", et des fleuves qui la "parcourent comme les veines d’un grand corps". Puis viennent des vignettes urbaines évoquant les cités, agrémentées de tours, de murailles ou d’églises. La forme traditionnelle du TO tend à disparaître derrière la complexité du tracé tandis que les légendes et les vignettes occupent une place de plus en plus importante. Miroir de la création, une mappemonde en TO des plus complexes, celle d'Ebstorf, se présente comme une véritable encyclopédie du monde médiéval.



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Les cartes portulans.

Dans un contexte d’essor du commerce maritime, une nouvelle représentation cartographique, résultat de l’observation des marins, se répand au XIVe siècle depuis l’Italie. Ce sont les "portulans*", à la fois textes décrivant les côtes et les ports, et cartes nautiques peintes sur parchemin avec l’indication des îles, abris et amers pour reconnaître un rivage. En toile de fond se développe un réseau de lignes géométriques appelé "marteloire*", différent du quadrillage des parallèles et des méridiens. Issues des roses des vents, ces lignes de rhumbs* ne servent pas à mesurer les distances, mais indiquent aux marins les angles de route pour se diriger avec la règle, le compas et surtout grâce à la toute nouvelle boussole*. Le nord se trouve désormais orienté en haut.


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La redécouverte de Ptolémée.

Vers 1300, un moine grec, Maxime Planude (1260-1310), dessine les cartes de Ptolémée (90-168) sur la base d’une traduction arabe de la Géographie. Rapporté de Constantinople à Florence, le texte arabe est traduit à son tour en latin vers 1406. C’est alors le début d’un très grand succès pour lequel le traducteur impose un nouveau titre, Cosmographia, pour signifier que la connaissance de la Terre implique la référence au cosmos*. L’ouvrage, dont les cartes datent de près de quatorze siècles, est appréhendé de manière novatrice : la "cosmographie" traite de l’espace géométrisé, la "géographie" décrit l’ensemble du globe, et la "chorographie" détaille les régions.


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Comme le monde n’a pas encore changé et parce que son contenu théorique et méthodologique permet d’intégrer des connaissances récentes et les découvertes à venir, ce livre restera d’actualité jusqu’à la Renaissance.






Source BNF.




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Jehanne - dans Divers
13 novembre 2007 2 13 /11 /novembre /2007 10:00
L'Héraldique.



Origine de l'héraldique
A la fin du XIIème siècle, à l'époque des Croisades, des lois précises et jusqu'alors immuables, règlent les principes auxquels doit obéir la science du blason, appelée « Héraldique ». On est de nos jours assuré que l'origine des blasons, sous cette forme remonte au XIème siècle, lorsque les casques à protection nasal étaient utilisés. On ne pouvait alors reconnaître le soldat. Les chevaliers vont alors peindre sur leurs écus des figures géométriques, animales ou végétales. La reconnaissance sur les champs de bataille est donc l'élément qui a contribué à la création de l'héraldique. Pouvoir se rassembler rapidement auprès des chefs de bataille en pavanant des étendards et autres fanions aux couleurs de chacun.


La forme de l'écu.
L'écu a revêtu différentes formes suivant son origine ou sa destination. Sa surface est divisée en neuf partitions. Le coté droit de l'écu (dextre) correspond à la gauche de la personne qui le regarde. Il en est de même pour le coté gauche (senestre). De par sa forme, nous savons si les armoiries de l'écu a des origines françaises, suisses, allemandes...


 
Écu français ancien Écu des dames Écu des demoiselles Écu de tournois ou bannière
Écu français Écu ibère Écu italien Écu anglais




Les divisions de l'écu.


                                                                     



 



Les couleurs.
Les couleurs se divisent en deux groupes : les métaux et les émaux. Il existe également un code schématique (points, lignes...) qui correspond à chaque couleur. On associe également une planète et une pierre précieuse à chacune des couleurs ainsi qu'une liste de vertus.


Les Métaux
Or (jaune) Le Soleil - la Topaze Intelligence - grandeur - vertu
Argent (blanc) La Lune - la Perle Netteté - pureté - sagesse
Les Émaux
Gueules (rouge) Mars - le Rubis Amour - patriotisme
Pourpre (violet) Jupiter - l'Opale Courtoisie - paix
Azur (description) Vénus - le Saphir Beauté - fidélité - persévérance
Sinople (vert) Mercure - l'Émeraude Santé - espérance - liberté.
Sable (noir) Saturne - le Diamant Tristesse


Les couleurs ne peuvent pas être employées n'importe comment et leur superposition obéit à des règles strictes et impératives. On ne peut donc superposer deux couleurs du même groupe, par exemple si la table de l'écu est de gueules (rouge), le lion qu'elle portera ne pourra être que or ou argent (métal jaune ou blanc). Si la règle n'est pas appliquée, on dit que les armes sont "à enquerre".



Les fourrures.
Sept sortes de fourrure parmi les éléments constitutifs d'un blason dont la plus connue est l'hermine qui orne les armes de Bretagne.


Hermine Champ d'argent moucheté de petites croix de sables à pied élargi et se terminant par trois pointes.
Contre-Hermine L'inverse de l'hermine. Fond de sable à mouchetures d'argent.
Vair Petits clochetons argent et azur alternés tête-bêche.
Contre-Vair Petits clochetons d'azur et d'argent réunis deux par deux.
Contre-Vair en pointe Les clochetons de même forme et de même couleur sont alignés verticalement.
Vairé Chargé de vair quand les couleurs sont différentes du Vair et du Contre-vair.
Contre-Vairé Chargé de Contre-vair quand les couleurs sont différentes du Contre-vair.



Les différents types d'armoiries.


Les parlantes.

Elles ont une relation avec le nom de famille, par exemple trois marteaux pour désigner la famille Martel (elles se présentent parfois sous la forme de rébus).

Les allusives.
Elles font référence à un fait ou un exploit au cours duquel s'est illustré la famille ou l'un de ses membres. Les armes d'Autriche portent une bande d'argent (blanc) sur un fond de gueules (rouge) (on retrouve la même disposition sur le drapeau de l'Autriche actuelle). Ceci pour rappeler la blessure du duc Léopold II, son armure était couverte de sang, seule sa ceinture restait blanche.

Les politiques.
Elles rappellent un lien unissant un groupe : corps de métier, états ou régions unis par un pacte.

Les symboliques.

Elles évoquent une idée ou un concept.



Les partitions et pièces honorables
L'écu peut être divisé en parties égales, par une droite dont les directions sont celles correspondant aux quatre orientations des coups d'épée donnés avec le tranchant. Ce sont les grands coups guerriers. Ces parties déterminées sur l'écu sont appelées partitions. Mais l'écu peut être divisé par plusieurs droites, soit deux traits et trois partitions ; cinq traits et six partitions ; ce qui forme à la surface de l'écu un dessin différent que l'on appelle pièce honorable.


Partitions Pièces honorables
Parti Pal
Coupe Fasce
Tranché Bande
Taille Barre
Encartelé Croix
Encartelé en sautoir Sautoir


Traits bordant les pièces
Ondés Engrêlés Denchés Crénelés Potencés



Autres partitions et pièces honorables.
En plus des partitions précédentes qui rappelaient les coups d'épée, il y en a six autres. Parmi les pièces honorables, la variété est plus grande, elles se distinguent des autres pièces du fait qu'elles couvrent, pour la majorité d'entre elles, au moins un tiers de la table d'attente. On distingue également les pièces honorables qui sont relatives aux vêtements.


Autres partitions
Gironné Tiercé en pal Tiercé en fasce 6 Quartiers 8 Quartiers 16 Quartiers
Les pièces honorables relatives aux vêtements
Vêtement Chape Chausse Embrasse Mantel Giron


Autres pièces honorables
Chevron Écu en cœur
Pairle Franc-quartier
Gousset Escarre
Bordure Canton
Orle Équipolé




Les rebattements.
Les rebattements sont des répétitions des pièces honorables sur l'écu, elles portent parfois un nom qui rappelle la pièce honorable répétée.


Pal L'écu dit "palé" est divisé par des pals dont le nombre est égal aux intervalles du champ (quatre pals plus quatre intervalles). Si l'écu est divisé par un trait de coupe, il est dit "contre-palé". Si le nombre de pals est égal à cinq ou plus, le pal prend le nom de vergette et l'écu est dit "vergeté"
Fasce L'écu "fascé" est divisé en six ou huit fasces égales d'émaux alternés. Si cet écu est divisé par un trait de parti, l'écu est dit "contre-fascé". Si le nombre de fasces (toujours pair) est supérieur à huit, ces fasces prennent le nom de burèles et l'écu est dit "burelé". Si les burèles sont regroupées par deux ou par trois, elles prennent respectivement le nom de jumelles et de tierces.
Barre L'écu "barré" est un écu divisé par un nombre pair de barres ayant de plus la particularité de présenter une alternance de métal et d'émaux. L'écu peut être "coticé en barre", quand il est recouvert, au plus, de dix barres qui prennent le nom de cotices en barre.
Bande Lorsque l'écu est divisé par des bandes en nombre pair, il est dit "bandé". Tout comme l'écu barré, il présente une alternance de métal et d'émaux. En blasonnant (décrivant) l'écu, on doit indiquer le nombre de pièces. L'écu peut être "coticé en bande", quand il est recouvert, au plus, de dix bandes qui prennent le nom de cotices en bande.



Modification des pièces honorables
Un certains nombre de pièces honorables peuvent subir des modifications de formes qui permettent d'ouvrir encore plus le champ des possibilités de représentation adaptées aux besoins de ceux qui désirent adopter des armoiries.


Denché Lorsque le pal, la fasce, la bande ou la barre sont découpés en dents de scie. Componé Il s'agit d'une modification qui affecte la bordure d'un écu. Cette bordure est alors composée de fragments de couleurs ou de métaux différents alternés.
Dentelé Lorsque les dents de scie sont plus nombreuses que dans les pièces denchées. Aiguisée Lorsque l'une de ses extrémités est taillée en pointe.
Vivré Les pièces ont des bords entaillés par de grosses dents. Alésée Lorsque l'extrémité des pièces ou d'une pièce ne touche pas le bord de l'écu. C'est un attribut que l'on trouve très souvent dans les croix.
Bastillé Lorsque les pièces sont, à leur partie inférieure (donc tournés vers la pointe de l'écu), munies de créneaux. Rompue ou brisée Il s'agit de toute pièce qui porte une brisure qui, rappelons-le, est une modification ajoutée à un écu pour distinguer la branche cadette d'une famille de la branche aînée ou la branche bâtarde par rapport à la branche légitime.
Bretessé Lorsque les pièces sont crénelées sur toutes leurs faces ; une pièce est dite « contre-bretessé » lorsque les créneaux sur les deux faces sont alternés. Potencée Se dit de la pièce qui se termine en forme d'équerre.
Engrêlé Les pièces sont alors bordées de petites dentelures aux côtés arrondis. Vidée La pièce vidée est celle dont seuls les bords sont marqués et dont la couleur intérieure est celle de l'écu.



Les meubles.
Ce sont des pièces de petite dimension qui viennent charger un écu et qui ne sont pas des pièces honorables. Ces figures sont en très grand nombre et très diverses. Ce sont soit des figures animales, dans un nombre très limité, végétales ou géométriques. Quant il s'agit de pièces géométriques, leurs proportions sont strictement définies (losange, anneau, triangle, étoile...). Pour les figures animales, des conventions de représentations sont mises en place. Pour les figures végétales, les feuilles et les fruits sont disproportionnés (afin qu'ils soient visibles et reconnaissables de loin). Les représentations animales sont très stylisées, en particulier les parties facilement identifiables : tête, griffes... Au XIVème siècle, il apparaît de nouveaux meubles : objets, armes, bâtiments.


Le Lion L'ours était auparavant considéré comme le roi des animaux, il est progressivement remplacé par le lion, cependant l'aigle lui ravit le titre face aux oiseaux. En tant que meuble, il est par défaut rampant, qui signifie pour l'époque saisir, attraper. Mais il existe de nombreuses autres attitudes, sautant, regardant, couché, assis... Suivant sa posture, le lion (généralement avec une tête de profil) peut être appelé léopard si sa tête est de face, mais il s'agit du même animal.
L'Aigle L'aigle fut souvent utilisé comme le symbole de l'Empire Romain Germanique. Il existe tout comme le lion, plusieurs formes et dispositions. Il peut être notamment bicéphale (à deux têtes) ou tricéphale. Comme le lion, il représente la force et le pouvoir.
Le Lys La fleur de lys (ou lis) existe sous plusieurs variantes, il a évolué continuellement au cours du temps pour finalement se stabiliser au cours du XIVème siècle. A l'origine, on lui attribue le lis végétale, ou une pointe de lance. Elle est utilisée pour représenter les armes royales. En 1364, Charles V ramène cette représentation à trois fleurs de lys.



Le blasonnement.
On appelle blasonnement la manière de décrire des armoiries selon un langage conventionnel qui permet, à lui seul, de décrire l'écu sans que l'on ait besoin de le dessiner. Le cas le plus simple est celui de l'écu qui ne comporte ni partition ni figure, il est alors dit « plain ». Ensuite pour blasonner un écu, on commence toujours par énoncer le champ de l'écu (par son émail ou métal) puis on énonce les pièces qui le chargent. Si la table d'attente de l'écu est divisée en partitions, il faut toujours commencer par citer celle qui se trouve en haut à gauche (ce qui correspond pour nous à la dextre de l'écu). Viennent ensuite celles de la partie supérieure, puis celles venant en dessous. Chaque partie doit être intégralement décrite avant de passer à la suivante.


France Ancienne « D'azur, semé de fleurs de lys d'or »
France Moderne « D'azur, à trois fleurs de lys d'or »
Duché de Normandie « De gueules, à deux léopards d'or »
Bertrand du Guesclin « D'argent à l'aigle éployée de sable becquée et membrée de gueules au baston de mesme brochant à dextre sur le tout »






Source France Histoire.
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Jehanne - dans Divers
6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 17:28
Scandale de la Tour de Nesle.





Deux chevaliers sont exécutés à Pontoise, dans d'atroces conditions, le 19 avril 1314 («le vendredi qui suivit le dimanche de Quasimodo», selon une chronique de l'époque). Leur crime est d'avoir aimé des princesses.

Les frères d'Aunay sont les principales victimes du scandale dit «de la tour de Nesle» qui assombrit la dernière année du règne de Philippe IV le Bel.



Pénible fin de règne pour Philippe le Bel.

Le scandale blesse cruellement l'amour-propre de ce roi profondément pieux qui, d'après le témoignage des contemporains, resta chaste après la mort de son épouse Jeanne de Navarre, survenue neuf ans plus tôt.

Le roi a eu quatre enfants qui devaient atteindre l'âge adulte : une fille, Isabelle, plus tard reine d'Angleterre, surnommée la «Louve de France» et trois fils qui allaient à tour de rôle monter sur le trône capétien : Louis, Philippe et Charles.

– L'aîné, Louis, a un caractère difficile qui lui valut le surnom de «Hutin» ou de «Noiseux». Il épouse Marguerite, fille de Robert de Bourgogne et d'Agnès, elle-même fille de Saint Louis. Altière et un rien frondeuse, cette jolie jeune femme aimait la vie.

– Philippe, prince intelligent, épouse Jeanne d'Artois, fille d'Othon IV de Bourgogne et de Mahaut d'Artois.

– Charles, à la personnalité plus effacée, épouse Blanche, la soeur de Jeanne, plus frivole que cette dernière et facilement influencée par sa belle-soeur Marguerite.


Princesses adultères.


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Les jeunes brus de Philippe le Bel donnent à la cour un air de gaieté très apprécié, qui contraste avec l'austérité du roi et de son entourage. Or, après trois ou quatre ans de mariage, voilà que Marguerite et Blanche prennent pour amants de «jeunes et biaux chevaliers», les frères Gautier et Philippe d'Aunay. On chuchote à la cour, mais personne n'ose en souffler mot à Philippe le Bel.

L'affaire s'évente pourtant en avril 1314, à l'abbaye de Maubuisson où le roi aime à se retirer avec sa cour. Il semble, suivant certains historiens, que c'est leur belle-soeur Isabelle qui les dénonce. Immédiatement, Philippe le Bel fait faire une enquête qui, malheureusement, ne laisse pas de place au doute. Elle démontre de surcroît que Jeanne est au courant de tout.

La justice royale s'abat implacablement sur les amants adultères. Marguerite et Blanche sont arrêtées, jugées et condamnées à être tondues, habillées de robes grossières et conduites dans un chariot recouvert de draps noirs aux Andelys, dans les geôles du château Gaillard.

Marguerite, éplorée et repentante, y occupe une cellule ouverte à tous vents au sommet du donjon.

Et de Navarre la reine
Prise comme garce et méchine
Et en prison emprisonnée
A Gaillard où elle fut menée
Dont le royaume était troublé.

(Geoffroi de Paris)

[Le mari de Marguerite, Louis le Hutin, fut roi de Navarre avant d'être roi de France]

Victime de mauvais traitements, la malheureuse meurt à la fin de l'hiver 1314.

Blanche est un peu mieux traitée dans un cachot «enfoncé dans la terre». Elle survit à l'épreuve. A l'avènement de Charles IV, son époux, elle est transférée à Gavray, en Normandie, et obtient l'autorisation de prendre l'habit de religieuse. Elle finit ses jours en 1326, à l'abbaye de Maubuisson. Jeanne est aussi arrêtée et placée sous surveillance au château de Dourdan. Traitée avec beaucoup plus d'égards, elle défend sa cause auprès du roi :

Por Dieu, oez moi, sire roi
Qui est qui parle contre moi ?
Je dis que je suis prude fame
Sans nul crisme et sans nul diffame.

(Jean de Troyes)

Mahaut d'Artois, qui siège au Conseil du roi, plaide pour sa fille Jeanne. Considérant qu'il eut été difficile à celle-ci de dénoncer sa soeur et sa belle-soeur, on lui pardonne et on lui rend rapidement sa liberté. Elle retrouve sa place auprès de son époux Philippe ainsi qu'à la cour, où on lui fait fête.


Les amants au supplice.

Les frères d'Aunay, coupables d'avoir batifolé avec les belles-filles du roi de France, sont arrêtés et subissent la question. Ils avouent sans tarder et après un rapide jugement à Pontoise pour crime de lèse majesté, ils sont exécutés sur le champ en place publique.

Leur supplice est épouvantable : dépecés vivants, leur sexe tranché et jeté aux chiens, ils sont finalement décapités, leurs corps traînés puis pendus par les aisselles aux gibets.

On reste confondu devant tant de cruauté et, si le peuple a l'habitude de ces pratiques, il trouve néanmoins le châtiment bien sévère pour une faute qui, d'ordinaire, n'entraîne pas tant de violence... C'est sans mesurer les conséquences d'un tel comportement adultère. Au-delà de l'affront fait à la famille royale, ce crime est en effet une atteinte aux institutions du royaume plus encore qu'à la morale : il met tout simplement en péril la dynastie capétienne.

En effet, quelles auraient été la légitimité et l'autorité d'un futur souverain dont on aurait pu mettre en doute la royale paternité ? Comment sacrer et donner l'onction divine à un roi qui n'aurait pas été, sans équivoque possible, le fils du roi précédent ? Les implications politiques sont si graves que le châtiment se doit d'être exemplaire.

Mais ce scandale pose à la maison du roi un autre problème. En effet, l'adultère n'est pas considéré par l'Église comme un motif suffisant pour annuler un mariage. Comment assurer la descendance dynastique et la venue d'un hoir (héritier) mâle ?



Quel avenir pour la dynastie ?

Au moment où éclate l'«affaire de la tour de Nesle», Louis (le futur roi) et Marguerite ont déjà une fille, Jeanne (future reine de Navarre et mère de Charles le Mauvais). La mort rapide de Marguerite, dans sa prison, permet à Louis de se remarier avec Clémence de Hongrie, mais il n'en a qu'un enfant posthume, Jean 1er, lequel ne vit que cinq jours.

Philippe V le Long succède à son frère Louis Le Hutin et à Jean 1er Le Posthume. Il n'a pas de mal à utiliser l'affaire d'adultère pour écarter sa nièce, la petite Jeanne, de la succession au trône (la prétendue loi salique sur l'exclusion des femmes de la succession au trône de France n'est pas invoquée à cette occasion ; elle ne sera mentionnée pour la première fois qu'en 1358, dans une chronique). Mais Jeanne d'Artois, son épouse réhabilitée, ne lui donne «que» trois filles et aucun garçon.

À sa mort, son frère cadet monte donc à son tour sur le trône sous le nom de Charles IV le Bel. Attaché à Blanche, malgré l'affront, il vit douloureusement sa disgrâce.

Les deux époux s'accordent sur l'obligation politique d'annuler le mariage. Reste à trouver une justification acceptable par le pape. Le couple royal ne peut invoquer l'argument classique d'une trop proche parenté comme ce fut autrefois le cas pour Louis VII et Aliénor d'Aquitaine.Mais quand on veut on peut... Charles se souvient que la mère de son épouse, Mahaut d'Artois, était sa marraine et, par là même,... sa «mère spirituelle». Son épouse Blanche est donc, en quelque sorte, «sa soeur» !

Cette clause de parenté spirituelle étant un motif de nullité prévu par le droit canonique, il peut se remarier avec Marie de Luxembourg. Las, cette deuxième épouse, enceinte, meurt prématurément et Charles n'hésite pas à épouser Jeanne d'Évreux, sa cousine (nécessité faisant loi, il fallut bien que le Ciel s'accommodât de cette autre parenté).

Le roi n'a pas plus de chance avec cette troisième épouse. Elle lui donne une première fille qui meurt prématurément puis une fille posthume.

Isabelle, la «Louve de France», seule fille de Philippe IV le Bel, n'a pas une vie conjugale plus enviable que ses belles-soeurs. Délaissée par son époux Édouard II, roi d'Angleterre, qui préfère les jeunes pages, elle vit au vu et au su de tous avec son amant, le baron Roger Mortimer. La mort «naturelle» en 1327 de son mari, emprisonné par elle-même à Berkeley, ainsi que le trop jeune âge de son fils Édouard III, lui permettent d'exercer avec son amant une régence de fait.

En 1330, Édouard III reprend le pouvoir, fait exécuter Mortimer et relègue sa mère au château de Norfolk où elle meurt en 1358. On n'a pas fini d'entendre parler de lui...

Ainsi troublées furent les destinées conjugales des derniers représentants des Capétiens directs. Si Marguerite de Bourgogne n'avait pas si gravement fauté, peut-être aurait-elle donné un fils à Louis X, assurant ainsi la continuité de la dynastie... mais on ne refait pas l'Histoire !

Faute d'héritier mâle en ligne directe, la noblesse du royaume donne le trône au représentant de la branche cadette des Valois. Celui-ci devient roi sous le nom de Philippe VI non sans exciter la rancoeur de ses rivaux, dont le roi d'Angleterre et celui de Navarre. Il en résultera la guerre de Cent Ans !



Les Rois maudits.

Cet enchaînement de drames à la cour royale a inspiré une pièce de théâtre au jeune Alexandre Dumas en 1832 : La Tour de Nesle. Il a aussi inspiré une grande fresque romanesque à Maurice Druon, sous le titre : Les rois maudits, magnifiquement adaptée à la télévision dans les années 1960. Frissons assurés.

Les siècles suivants nous ont habitués aux nombreuses maîtresses des rois, mais ce comportement n'a pas eu de conséquence politique sur la légitimité dynastique.

On trouve pourtant un autre cas semblable d'adultère dans l'Histoire de France. Le dauphin Charles, futur Charles VII, n'ignorait rien des frasques de sa mère Isabeau de Bavière. Il en garda un doute qui rongea sa fragile personnalité déjà minée par un contexte politique bien difficile. Il semble que c'est Jeanne d'Arc qui réconforta le roi de Bourges sur sa situation filiale lors de l'entrevue de Chinon, lui rendant ainsi un peu de son assurance.







Source Hérodote.net

 

 

 

 

 

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Jehanne - dans Divers
3 novembre 2007 6 03 /11 /novembre /2007 00:09
Les dragées.



La dragée est l'une des plus vieilles confiseries. Cette spécialité bien française est née au Moyen Age, mais ce n'est que bien plus tard qu'elle est devenue le bonbon lisse à l'aspect de porcelaine que nous connaissons aujourd'hui.



La naissance des dragées.


L'apparition des dragées remonte à l'époque des Croisades quand les Croisés ramenèrent d'Orient un sel curieux et tout blanc, le sucre. Considéré sans valeur nutritive, le sucre fut réservé à la médecine et dévolu aux apothicaires et aux alchimistes. Au début du 13ème siècle, à Verdun, certains de ces faiseurs de remèdes enrobèrent leurs pilules et cachets, d'une couche de sucre pour les faire absorber plus facilement et en masquer le goût. Devant le plaisir qu'y prenaient les malades, un cuisinier astucieux eut la bonne idée de rouler amandes, fruits et épices dans du sucre concassé et de les présenter à la fin du repas comme " digestifs ". Ces prétendus médicaments connurent un énorme succès sous le nom " d'épices de chambre " ou de " dragées ".

Au Moyen Age, les dragées constituaient un véritable luxe. Lors des grands événements et des festins royaux ou seigneuriaux, elles étaient présentées dans des sortes de coupes sur pied reposant sur un bassin ou un plateau qui avaient pour nom drageoirs. On les grignotait tant par gourmandise que pour parfumer l'haleine. Les beaux messieurs ou les belles dames avaient aussi l'habitude de les emporter dans leurs chambres, dans des petites boites de porcelaine, figuratives ou décorées, les bonbonnières.



Les techniques de fabrication.


La fabrication des dragées était un travail long et pénible, effectué à la main dans des bassines suspendues appelées " branlantes ", auxquelles on imprimait des mouvements de rotation et va et vient. Les dragées ainsi fabriquées, garderont jusqu'au 18ème siècle un aspect rugueux de pralines avant qu'un illustre confiseur parisien, Pécquet, ne leur donne l'aspect satiné que nous leur connaissons aujourd'hui en les enrobant de sucre fondu. L'histoire moderne des dragées commence en 1845, avec les progrès de l'automatisation et l'invention par M. Moulefarine de la première turbine à dragées.

Mais le vrai changement vint avec Joseph-Julien Jacquin, horloger jurassien. Il rencontre Peysson et Delaborde, qui avaient imaginé une turbine pour la dragéification et ils déposent ensemble en 1846 le brevet de la turbine à dragées, sorte de sphère de cuivre à large ouverture dont l'axe était incliné et qui tournait sur elle-même. Le brassage des noyaux dans les sirops versés à l'intérieur était donc continu et régulier. Aujourd'hui ce sont toujours les principes améliorés de la turbine de Peysson et Delaborde que l'on retrouve dans les installations artisanales.



L'origine du mot dragée.


L'origine du mot dragées est très incertaine. Certains le font descendre du latin tragemata transcription du grec tragèma (" friandise "). Dans une autre version, la dragée aurait été inventée en 177 av.J.-C. par Julius Dragatus, confiseur attaché à l'illustre famille romaine des Fabius. Il préparait des dragati, composés d'amandes, de noix et d'épices enrobés de miel, qui étaient offertes au peuple les jours de fête.
Enfin le " diagragam ", bonbon fabriqué à Montpellier serait pour d'autres, l'ancêtre étymologique de la dragée.

Tenir la dragée haute à quelqu'un : lui faire payer cher ce qu'il demande, lui faire sentir son pouvoir, lui faire attendre longtemps et ne lui accorder que parcimonieusement ce qu'il désire.



La signification symbolique des dragées.


Les dragées ont un langage, celui des moments heureux de la vie !
La tradition d'offrir des dragées pour les événements heureux remonte au Moyen Age. Offrir des dragées pour un baptême, une communion ou un mariage est une tradition plus que centenaire liée à des usages et des contenus symboliques qui sont enracinés dans notre culture. L'amande de la dragée symbolise la naissance mais aussi l'immortalité donnée par le baptême au petit enfant. Le cadeau dragées de la communion accompagne le rite de passage au monde des adultes. Quant aux dragées du mariage, elles sont une promesse de bonheur !






Source dragéemartial.com




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Jehanne - dans Divers
2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 15:09
Le chat au Moyen  âge.



Ignoré,  puis adulé voilà maintenant que notre chat est malmené!
Dans l'Europe du Moyen-Âge, le chat connut une véritable période noire.... surtout s'il avait le malheur d'être de cette couleur! Comment le chat a-t-il pu devenir ainsi une véritable malédiction?


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Le haut Moyen-Âge ne fut pas si hostile au chat dont les talents de chasseur attiraient la sympathie des paysans. Ceux-ci ignoraient le jugement de l'Église, qui dès le début, considéra le chat comme une créature démoniaque!

Et pourtant, couvents et monastères en hébergèrent plus d'un, les utilisant contre les rongeurs et plusieurs saints médiévaux en firent leur ami. Hélas, le renouveau de certains cultes païens, au milieu du XIVe siècle, signa la perte de notre petit félin.





En fait, le chat avait conservé cette réputation surnaturelle et païenne héritée des cultes égyptiens.  Ses qualités mystérieuses et sa beauté, qui avaient tant impressionné les Égytiens, furent interprétées différemment par l'Église qui le proclama la réincarnation vivante du diable. On en brûla, noya ou crucifia des cents et des milles, quelquefois même avec leur propriétaire!
Cette réputation de malignité faite aux chats n'est pas expliquée. Sans doute leur caractère secret, leur regard intense et pénétrant, leur sortie nocturne ont favorisé cet état d'esprit. On peut croire que certains se sont facilement apeurés en croisant le regard phosphorescent d'un chat, se croyant confronter une force maléfique... Le chat devint ainsi doté de pouvoirs occultes.
L'Inquisition, avec le Pape Innocent VIII et sa bulle de 1484, encouragea les sacrifices de chats à l'occasion de fêtes populaires.... ce qui devint une véritable maladie sociale!



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Durant ces fêtes, le feu était sans contredit le moyen prilégié de la populace. Et chacun y allait de son bûcher... À Paris, le roi servait de bourreau. En Picardie, on allumait un bûcher circulaire; les chats étaient au centre avec, pour seul refuge, un arbre planté au milieu... Dès que les flammes les gagnaient, ils grimpaient dans l'arbre en masse pour retomber dans le brasier.


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En Bourgogne, les enfants étaient mis à contribution. Ils allaient de ferme en ferme transportant un chat fixé au bout d'une perche de bois de manière "à bien faire griller le chat"! Et quand il ne s'agissait pas de sorcellerie, on les brûlait sous prétexte de favoriser les récoltes ou éloigner les épidémies... Quelle folie!



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Ironiquement, c'est la Peste noire qui sauva le chat... Au retour des croisades, l'Europe, envahie par les rats rapportés par les croisés, fut frappée par la peste.  Comme on le sait, la grande majorité de l'Europe fut alors décimée. Ceux qui avaient, à leur risque et péril, conservé des chats dans leur ferme s'en sortirent généralement indemnes, ayant pu se tenir loin des rats.
Et enfin, les autorités finirent par entrevoir la lumière... et mirent fin aux persécutions. Il était temps! Certaines traditions, toutefois ont été longues à mourir. Par exemple, en Bretagne, la coutume de jeter des chats du haut d'un beffroi existe toujours.  Rassurez-vous toutefois, on ne précipite que des chats en peluche!



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Saviez vous que ...

Le Moyen-Âge a exterminé une grande partie de la population féline ce qui causa le fléau de la peste noire qui décima les deux-tiers de l'Europe... Au Moyen-Âge, les dépouilles des chats étaient enselevies dans les fondations des maisons afin d'apporter richesse aux occupants. On croyait également chasser ainsi les rats. Une croyance moyenageuse prétendait qu'une femme ayant un accouchement douloureux avait été ensorcelée et portait dans son ventre des chatons qui lui griffaient les entrailles.



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Jehanne - dans Divers
27 octobre 2007 6 27 /10 /octobre /2007 01:14


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Un gros coup de coeur aujourd'hui pour le blog Château féodal et ruine médiévale où vous attendent visites de châteaux médiévaux, lecture de contes et légendes du Moyen âge, initiation au monde médiéval et à son vocabulaire, à ses énigmes, ses écrits, mais aussi une bibliothèque pour les plus curieux.
Un blog à consommer sans modération !!!

Bonne visite à toutes et à tous ! (pour y accéder, cliquez sur le titre).




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Jehanne - dans Divers

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