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14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 00:13
Les alphabets de calligraphie médiévale.





alphabets contenus dans le livre histoire de la calligraphie française de Claude Médiavilla aux éditions Albin Michel.




CAPITALE ROMAINE.
Le E est une lettre essentielle dans la construction de la capitale romaine. En effet, certains de ses traits peuvent bâtir des lettres tels que les F, L, C, S et Z.






RUSTICA du Ier siècle.
La rustica du Ier siècle est tracée à l'aide d'un roseau sur papyrus. Ce principe d'exécution explique la robusteste de ces pleins. Notons que le A et le I dépassent la ligne supérieure.

RUSTICA du Ve siècle.
Cette rustica du Vè siècle, tracée sur parchemin, possède des signes plus étroits et des empattements plus souples. Les lettres B, F, L et Y dépassent toujours la ligne supérieure.






CURSIVE ROMAINE du Ier siècle.
La cursive romaine du Ier siècle présente un aspect capitalisé. Elle semble avoir été tracée à la hâte, tantôt sur papyrus, tantôt sur des tablettes de cire.

CURSIVE ROMAINE du IVe siècle.

Cette cursive romaine, appelée "cursive récente", s'avère d'une lecture difficile en raison des ligatures fréquentes et de la forme spécifique de certains de ces signes. La cursive récente est le modèle le plus originel des écritures précarolines et de la caroline classique.







ONCIALE ROMAINE du IVè siècle.
Ce type d'onciale romaine date de la fin du IVe siècle. Les traits sont calligraphiés sans fioritures. L'ensemble de l'alphabet possède une proportion très ronde qui s'étale majestueusement sur la ligne. C'est l'écriture monastique par excellence. Les ligatures et les lettres accolées sont peu nombreuses, il faut cependant noter le R final, les ligatures UNT, RIS et AE. Le P et le R dépassent légèrement la ligne d'éciture inférieure.






TYPE DE LUXEUIL.
L'écriture mérovingienne du type Luxeuil est d'une lexture difficile du fait de la grande fréquence et de la complication de ces ligatures et des lettres accolés.






CAROLINE.
Cette planche représente le type de caroline classique mise au point à l'école de Tours. Les lettres de l'alphabet, en règle générale, montrent une légère inclination vers la droite. Le fût verticale est formé de deux traits, l'un montant, l'autre descendant. Le g est ouvert, le i ne possède pas de point diacritique. Le s est médian, le t de forme onciale, le u et le v sont confondus, et le y conserve un signe de ponctuation.






TEXTURA du XIVe siècle.
Ce type de gothique du XIVè siècle, dite textura quadratus, fut très usité en Ile de France. A noter les deux formes de a, le r normal et le demi-r, le s médian et le s final, et enfin le y pointé. La morphologie générale de l'alphabet est plus simple et les empattements sont moins accusés et rigides que dans la gothique textura du XVe siècle.







TEXTURA du XVe siècle.
On peut noter la formation très rigoureuse des empattements en forme de losange. La quatrième ligne présente une série d'abréviations latines.






La TOURNEURE.
Alphabet de capitales touneures du XVè siècle. L'appellation "tourneure" vient du verbe "tourner", qui évoque clairement la formation de la lettre par l'action du pinceau.






CURSIVE GOTHIQUE.
Cette planche présente un alphabet des années 1410. On remarque notamment la formation du s médian en deux traits de plume, le e ouvert, les g, h, x, y et z très bouclés. Ces boucles sont un important élément d'identification de ce style gothique.






GOTHIQUE BATARDE.
Bâtarde dite "flamande", utilisée à la cour des ducs de Bourgogne. L'alphabet se caractérise par des s médians très épais.






CANCELLARESCA.
Ce modèle de minuscule cancellaresca est calligraphié d'après l'écriture des maître Palatino et Francisco Lucas.









Source Laea d'Avalon.

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Jehanne - dans L'Art au Moyen âge
16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 10:00
Ecrire au Moyen âge.



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Les anciens blocs-notes

Le nom de codex avait originairement servi à désigner un livre, aussi de forme rectangulaire, composé de tablettes de bois rassemblées par un même côté. Tant en Grèce qu'à Rome, ces tablettes servaient pour les besoins de la vie courante ; elles recevaient d'ordinaire un enduit de cire, sur lequel on traçait les caractères à l'aide d'un instrument pointu, le style.
« Les tablettes de bois, nous dit Lecoy de la Marche, étaient connues des Hébreux à l'époque où fut rédigé le Livre des Rois, et des Grecs dès le temps d'Homère; mais les Romains furent les premiers à les faire entrer dans la pratique journalière. Ils en fabriquaient avec le buis, l'if, l'érable et d'autres bois durs; les plus précieuses étaient en citrus, sorte de cyprès venant d'Afrique.
« Elles étaient disposées, tantôt en forme de livre ou de portefeuille (car elles avaient souvent plusieurs feuillets), tantôt en forme de diptyque ou de polyptyque, et tantôt comme un paravent.
« Elles s'employaient rarement sans enduit, et l'enduit ordinaire était la cire. Des rebords en saillie retenaient sur chaque feuillet cette substance malléable, sur laquelle on écrivait avec le style.
« Les tablettes, ainsi préparées, servaient partout aux correspondances, aux devoirs des écoliers, aux comptes, aux notes fugitives; car le principal avantage de la cire et la raison de son emploi, c'est qu'elle permettait d'effacer et de remplacer facilement les caractères tracés.
« Par le même motif, l'usage des tablettes se perpétua jusqu'à la fin du Moyen Age, la vulgarisation du livre proprement dit ne détruisant pas leur utilité toute spéciale. Charlemagne en avait d'habitude sous son chevet, suivant le témoignage d'Eginhard. Aux XIIe et XIII siècles, les clames françaises en portaient à leur ceinture, renfermées dans un étui plus ou moins riche, et les fabricants de « tables à escrire » formaient à Paris une corporation.
« Les comptes de nos rois étaient dressés sur des tablettes de cire, avant d'être transcrits sur le parchemin, et un de ces brouillons attire encore à juste titre la curiosité du public dans le musée de nos Archives nationales.
« Ce précieux monument renferme une partie des recettes et des dépenses de l'hôtel de Saint Louis pour les années 1256-1257. Chacun de ses feuillets, autrefois réunis par des charnières, de manière à imiter la forme du livre, est revêtu de cire noire sur l'une et l'autre face ; l'écriture y est tracée dans le sens le plus long, et barrée aux articles vérifiés ou recopiés par les gens des comptes. La Bibliothèque nationale possède des documents analogues pour les règnes de Philippe III et de Philippe IV... Le musée du Louvre contient trois ivoires ayant la même destination, qui ont été dépeints sommairement par M. de Laborde.
« Nos pères utilisaient les tablettes, non seulement pour leurs comptes et leurs messages, mais pour des extraits de livres, des reportations de sermons, des testaments, des projets d'actes, et, d'après certains étymologistes, le nom des tabellions n'a pas d'autre origine que celui des tabellae sur lesquelles ils rédigeaient leurs minutes. »



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Le style, notre stylo ?

Le style, qui servait à écrire sur les tablettes de cire, « était un petit instrument d'os de fer, de cuivre ou d'argent, long de quatre à cinq pouces, mince, effilé et pointu à l'une de ses extrémités, tandis que l'autre, assez forte, était aplatie...
« La pointe traçait l'écriture sur la cire, et, si l'on avait une lettre ou un mot à corriger ou à effacer, on retournait le style et l'on employait l'extrémité aplatie pour faire disparaître la lettre ou le mot réprouvé, pour rendre unie, dans cet endroit, la surface de la cire, et pouvoir substituer un autre mot à celui qu'on venait d'effacer.
« II paraît que l'usage du style est fort ancien ; il en est question dans la Bible. Dieu menace de détruire Jérusalem, et, selon l'expression de la Vulgate, de l'effacer comme on efface ce qui est écrit sur des tablettes, en passant et repassant plusieurs fois le style par-dessus.
« Mais si le style a été en usage longtemps avant l'ère vulgaire, on s'en est encore servi longtemps après, saint Boniface, apôtre d'Allemagne, nous apprend, dans une de ses lettres, que les styles d'argent étaient encore à la mode au VIIIe siècle. Nous avons vu précédemment que leur usage s'est prolongé bien au-delà de ce siècle, puisque les tablettes de cire étaient encore employées au XVe » (Peignot.)
Durant ce long intervalle, le style est plus d'une fois devenu une arme dangereuse, s'est plus d'une fois transformé en stylet. « César, se défendant, en plein Sénat, aux ides de mars, contre ses assassins, perça le bras de Cassius avec son style, graphio trajecit, dit Suétone. Caligula, désirant la mort d'un sénateur, suborna des gens pour l'attaquer comme ennemi public, et le malheureux fut massacré à coups de style.
Saint Cassien, maître d'école à Imola, en Italie, fut martyrisé, vers le IVe siècle, à coups de style, par ses écoliers. » (Peignot.)
Pour écrire sur le parchemin ou sur le papyrus, on se servait d'un mince roseau (calamus), taillé en pointe et trempé dans de l'encre. Les roseaux préférés pour l'écriture étaient, selon Pline l'Ancien, ceux de Cnide; selon Martial, ceux d'Egypte, « de la terre de Memphis; les autres ne sont bons qu'à couvrir les toits ».
Il résulte d'un passage d'Ausone que les Anciens, après avoir taillé en pointe leurs calami, fendaient cette pointe en deux par le milieu, absolument comme sont taillées et fendues nos plumes actuelles. Ils effectuaient cette double opération à l'aide d'un canif, et quand la pointe du calamus venait à s'émousser, ils l'affilaient avec la pierre ponce, ou avec une pierre à aiguiser.
L'usage du calamus (roseau) pour écrire a duré jusqu'au VIe ou VIIe siècle ; le roseau a été alors remplacé par les plumes d'oie ou d'autres oiseaux.
Quant aux plumes métalliques, bien qu'on les regarde comme une invention moderne, elles sont, nous dit Géraud « d'une origine assez ancienne ». Rader, dans ses commentaires sur Martial, dit que, de son temps, on a trouvé, chez les Daces, un roseau d'argent qu'il supposa avoir servi à Ovide pendant son exil.
Laissant de côté la partie purement hypothétique de cette assertion, il n'en reste pas moins constaté qu'on a découvert, au XVIe siècle, une plume métallique reconnue pour être un ustensile ancien. Au Moyen Âge, s'il faut croire Montfaucon, les patriarches de Constantinople se servaient, pour leurs souscriptions, d'un roseau d'argent.


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Les encres

L'encre ordinaire en usage chez les Latins comme chez les Grecs, était un simple composé de noir de fumée, de gomme et d'eau.
L'encre se faisait, à ce qu'il paraît, sans feu, à la chaleur du soleil. Celle à laquelle on mêlait un peu de vinaigre s'effaçait, dit Pline, très difficilement. Ailleurs, il assure que, pour préserver les livres des souris, il suffisait de faire infuser de l'absinthe dans l'encre.
« L'encre des Anciens a été en usage jusqu'au XIIe siècle, époque où a été inventée celle dont on se sert aujourd'hui, qui est composée de sulfate de fer, de noix de galle, de gomme et d'eau. L'ancienne encre était noire lorsqu'on l'employait, mais elle jaunissait avec le temps et, si elle était exposée à l'humidité, elle finissait par s'effacer entièrement... »
Outre l'encre noire, et la sèche, les Anciens possédaient une « encre indienne », dont parle Pline l'Ancien, « qui est aussi mentionnée par Vitruve, et pourrait bien avoir donné naissance à l'encre de Chine ». Ils connaissaient aussi les encres de couleur, et particulièrement l'encre ou liqueur d'or et celle d'argent. Les plus fréquemment employées des encres de couleur étaient l'encre rouge et l'encre bleue ; les plus rares, l'encre verte et l'encre jaune.
Ces encres de couleur ne servaient guère que pour les initiales et pour les titres, et comme on avait recours le plus souvent, dans ce cas, à l'encre rouge, les titres ne tardèrent pas à prendre le nom de rubricae, rubriques (ruber, rouge).
En général, l'encre noire ordinaire des Anciens pouvait assez facilement s'effacer, quand elle était fraîche, avec une éponge et de l'eau; lorsqu'elle était sèche, il fallait faire usage du grattoir.
« Comme la matière première pour écrire était, dans l'Antiquité, beaucoup plus rare que ne l'est le papier de nos jours, il arrivait souvent qu'on lavait et qu'on grattait un parchemin portant de l'écriture, pour écrire un nouveau texte par-dessus. Les parchemins ainsi traités s'appelent palimpsestes.
« Cette pratique fut malheureusement fort répandue dans les couvents du Moyen Age, et nous a coûté beaucoup de précieux monuments de la littérature antique. Souvent, toutefois, le lavage et le grattage n'ont pas été poussés très loin, de sorte que les traces de la première écriture sont restées visibles et ont pu de nos jours être rendues plus distinctes par l'emploi de réactifs chimiques. Il a été possible de retrouver de la sorte quelques-uns des textes classiques que les moines avaient grattés pour y superposer des écrits ecclésiastiques. »
C'est grâce au parchemin que le Moyen Age put faire ces admirables manuscrits, ces missels, ces livres d'heures, aux merveilleuses miniatures, qui sont la joie de nos yeux.
Mais ni le papyrus ni le parchemin n'auraient pu aider Gutenberg et ses émules dans leur invention : le papyrus était trop mince et trop cassant, le parchemin, au contraire, trop sec et trop résistant; tous les deux se montraient, comme on dit en termes du métier, trop peu « amoureux de l'encre ».
Le papier, heureusement, avait fait son apparition, et, dès le XIIe siècle, était entré en usage : l'imprimerie devait trouver en lui un excellent auxiliaire.



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Source Albert Cim.
Photos d'entête et du bas Brunehaut.



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Jehanne - dans L'Art au Moyen âge
5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 00:59
Les Très Riches Heures, Janvier.







C'est la période des capricornes (en haut à gauche) et des verseaux (sur la droite). C'était également le mois des présents et des cadeaux, coutûme qui semble être tombée en désuétude au XVII ou XVIIIème siècle. Jean de Berry est présent en bas à droite, dans sa superbe robe bleue. Le Duc de Berry aime à être représenté ainsi. Il est coiffé d'un bonnet de fourrure et revêtu d'une houppelande bleue au col montant et serré, entouré d'un collier avec un bijou. Il ne porte plus la barbe ni la moustache, comme il le fit de 1385 à 1405, et de 1406 à 1409. Cette scène de banquet réalisée entre 1410 et 1416 par les frères Limbourg est la seule de la série à situer le sujet qu'elle évoque à l'intérieur d'un château. C'est le grand jour des voeux et des étrennes, célébrés autour du Duc de Berry et d'un prélat en manteau pourpre, assis devant le feu d'une cheminée dissimulée derrière un grand écran d'osier blanc, probablement issu des bords de la Seine. Le duc invite ses gens et ses proches à se présenter à lui, comme l'indique en lettres d'or l'inscription qui se trouve derrière lui: "approche + approche". C'était une habitude des gens de cour de se cotiser pour offirir des cadeaux à leur suzerain et protecteur. Pour cette occasion, les frères Limbourg illustrèrent même un livre factice. A part le Duc de Berry, on reconnaît comme personnage clef de cette scène un échanson (à gauche, le personnage de face en bleu), le panetier (à droite, le personnage de dos en bleu clair), et l'écuyer-tranchant (à droite, le personnage de dos en vert).
Au dessus de la cheminée, un dais de soie rouge est orné en son centre des armes du duc de Berry: d'azur semé de fleurs de lis d'or et engrelé de gueules, avec des petits ours et des cygnes blessés qui symbolisent sans doute l'amour du Duc pour une dame surnommée Ursine, à décomposer en urs (ours) et sine (cygne). Une tapisserie (ou peinture) revêt le mur du fond: Elle représente un épisode mythique de la guerre de Troie

Les trois frères de Limbourg se sont peut-être représentés dans cette miniature, comme dans d'autres des Belles Heures et des Petites Heures: Paul serait coiffé d'un bonnet rouge replié sur l'oreille. Il dissimulerait en partie le deuxième de ses frères, tandis que le troisième apparaîtrait au-dessus des deux autres.

On notera la présence des chiens familiers du Duc. A l'extrême droite de la miniature, deux petits chiens se promènent sur la table, à proximité d'une nef d'or dont l'ours et le cygne sont des emblèmes du Duc, et qui était un récipient en forme de bateau contenant les objets de table personnels du maître (couteau, cuiller, sel et épices). Plus bas, un serviteur donne à manger à un lévrier blanc. Les moralistes, comme le chevalier de la Tour Landri en 1372, recommandaient de ne pas gaspiller la viande pour nourrir les chiens.



Iconographies des douze mois ici :

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Jehanne - dans L'Art au Moyen âge
5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 00:53
Les Très Riches Heures, Février.







Cette miniature, exécutée entre 1438 et 1442 par un peintre anonyme à la cour de Charles VII, est, au contraire de celle du mois de janvier, consacrée à la rudesse de la vie paysanne en hiver. Au premier plan, dans un enclos (le plessis, destiné à tenir écartées les bêtes sauvages), nous voyons à gauche l'intérieur de la ferme avec une femme et deux jeunes gens qui se chauffent devant le feu. La maison est privée de son mur de façade pour que l'on puisse voir l'intérieur et en particulier les personnages qui s'y réchauffent. La femme soulève légèrement sa longue robe bleue pour mieux se chauffer, tandis que l'homme et la femme assis à côté, courts vêtus, ne portent manifestement pas de caleçons.
Au centre et à droite, une bergerie, quatre ruches, un pigeonnier, un arbre, des tonneaux, des fagots de bois et une charette. A l'extérieur au second plan, une meule de foin et trois personnages: l'un qui souffle dans ses doigts s'apprête à regagner la maison, tandis que l'autre abat un arbre. Tout en haut, un troisième mène un âne vers le village et son église.
Le blanc de la neige met en valeur tous les détails de cette scène réaliste qui se fondent pour donner une image précise d'une dure journée d'hiver dans un espace qui s'étend au loin. Les empreintes sur la neige, la lourde marche du paysan, qui s'achemine vers le village, la buée qui sort de la bouche du troisième personnage, construisent une image neuve de l'hiver et annoncent l'art de Bruegel.

Il est intéressant de constater qu'il reste des traces de l'esquisse qu'il faut sans doute attribuer à Paul de Limbourg et qui ne correspondent pas à la scène finale de la miniature.

Les quatre ruches en paille. Le miel avait au Moyen-Age une importance capitale dans l'alimentation. Ce n'est que peu à peu que le sucre de canne se substitua au miel à partir du XIIIème siècle. D'un prix élevé, il ne se vendit longtemps qu'en très petites quantités, et il était considéré comme un médicament.



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Jehanne - dans L'Art au Moyen âge
5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 00:47
Les Très Riches Heures, Mars.







Les premiers travaux paysans de l'année. On y voit les semailles, et le labour. Ce sujet, peut-être conçu par Paul de Limbourg, et réalisé par un peintre anonyme, vers 1440, fait en quelque sorte la synthèse du monde princier et noble et dela vie paysanne.
A l'arrière-plan se dresse le château de Lusignan en Poitou, une des résidences favorites du Duc de Berry jusqu'à sa mort en 1416; il devint alors la propriété de Jean de Touraine, puis, au décès de celui-ci en mai 1417, celle du dauphin Charles, le futur Charles VII. C'est un bel exemple de château féodal du XVème siècle, dont on distingue, de droite à gauche, la Tour Poitevine d'où s'échappe la fée Mélusine, la Tour de l'Horloge,, la barbacane (ou fortification avancée) et la double enceinte. Le respect des proportions a amené certains critiques à penser que l'artiste s'est servi d'un appareil d'optique. Mais il faut surtout souligner que la précision des détails n'ôte au château rien de sa puissance et de sa position symbolique qui dominent l'enluminure.
Devant le château, on assiste aux premiers travaux des champs: le berger, aidé de son chien, garde un troupeau de moutons; plus bas, des ouvriers taillent la vigne; à droite, dans un autre enclos, une vigne déjà taillée et une maisonnette. En-dessous, un paysan se penche sur un sac, sans doute pour en prendre le grain qu'il va semer. A l'intersection des différentes pièces de terre, un petit monument, un montoire, sert de borne. Enfin, au premier plan, un paysan guide deux boeufs qui tirent une charrue.

La fée Mélusine. En 1393, Jean d'Arras dédie au Duc de Berry un roman de Mélusine, que récrit vers 1401 un autre auteur, Coudrette. Selon Jean d'Arras, "il est arrivé que des fées prennent l'apparence de très belles femmes et que plusieurs en aient épousé. Elles leur avaient fait jurer de respecter certaines conditions (...) Tant qu'ils observaient ces conditions, ils jouissaient d'une situation élevée et d'une grande prospérité. Et aussitôt qu'ils manquaient à leur serment, ils perdaient leurs épouses et la chance les abandonnait peu à peu". C'est ce qui arriva à Raymondin qui, violant le pacte, découvrit le secret de la fée Mélusine, qui se métamorphosait en seprente le samedi. La fée disparut alors, et il perdit le bonheur qu'elle lui avait apporté. Les romans tendent à faire de Jean de Berry l'héritier légitime de Mélusine, fondatrice du château.

Le paysan à la charrue est un laboureur d'un certain âge qui porte une cotte bleue et un surcot (tunique) blanc. Il tient de la main droite l'aiguillon pour diriger les boeufs, et de la gauche, le mancheron de la charrue, qui s'était améliorée par l'utilisation du fer qui renforça l'action de ses pointes d'attaque, le coutre, le soc, et le versoir. L'équipe formée par l'outil, les boeufs ou les chevaux et l'homme, constituait la cellule économqiue de base. Sans doute le paysan continue-t-il à utiliser les boeufs à cause de la lourdeur de la terre.

La vigne. Au Moyen-Age, le vignoble français était plus étendu qu'aujourd'hui, et les vins de Poitou, d'Aunis, ou de Saintonge, qui étaient surtout blancs et qui étaient exportés par La Rochelle, étaient très réputés et appréciés des Anglais et des Flamands; dans les années 1380, ce sont au moins dix mille tonneaux de vin de Poitou qu'on vendait anuuellement à Damme, avant-port de Bruges. Mais ces vins subirent la concurrence de ceux de Bordeaux dès le XIIIème siècle et de ceux de Bourgogne à la fin du XIVème siècle.



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5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 00:40
Les Très Riches Heures, Avril.







L'arrivée du printemps, espoir d'une nouvelle vie. L'herbe est verte et un couple nouvellement formé et promis, s'échange une bague au premier plan du tableau, accompagné par les amis et la famille. Le château est une autre possesion de Jean de Berry, c'est le château de Dourdan. Ce tableau, réalisé par les frères Limbourg entre 1410 et 1416, représente, dans un décor de renaissance printanière, une scène de fiançailles princières, probablement celles du Duc Charles d'Orléans et de Bonne d'Armagnac, petite-fille de Jean de Berry, célébrées le 18 avril 1410 à Gien. Charles a chanté Bonne dans une ballade (no47):

"Pour le plus heureux sous la nue
Me tiens quand m'amie m'appelle
Car en tous lieux où est connue

Chacun l'appelle la plus belle.
Dieu doint (Que Dieu me donne) que, malgré le rebelle
Danger, je la voie briefment
Et que de sa bouche me die
Ami, pensez que seulement
C'estes vous de qui suis amie".

Les fiancés échangent leurs anneaux devant deux témoins, tandis que deux élégantes suivantes cueillent des fleurs. Plus petit, derrière le groupe, on reconnaît un fou de cour. Le printemps, qui exprime la beauté, la joie, et le bonheur, concourt à la réussite de la fête chevaleresque, qu'exalte la splendeur des couleurs et de la lumière: la clarté est la valeur esthétique essentielle de l'aristocratie médiévale.
Le château, auquel sont accolées les maisons du bourg, est difficile à identifier. On pense à l'ordinaire à celui de Dourdan qui appartenait au Duc de Berry depuis 1400, et dans ce cas, la rivière qui coule au pied du château serait l'Orge. Mais peut-être est-ce celui de Pierrefonds, propriété du Duc d'Orléans: nous aurions alors au-devant, l'Etang du roi, et sur la droite, le Parc, comportant un bâtiment et un verger entouré de murs.
Froissart, dans ses Chroniques, insiste sur la beauté des châteaux du Duc de Berry, et sur leur décor intérieur. Le château, s'il doit permettre d'exercer le pouvoir, l'exprime et le magnifie tout autant. De plus, s'opposant à la ville grouillante et à la campagne menaçante, il offre le cadre d'un monde clos et protégé d'où le pleuple est exclu.

Dans la peinture du groupe princier, les frères Limbourg ont apporté une attention particulière à l'équilibre de la composition, au paysage qui fait son apparition, aux oppositions de couleurs, à la somptuosité des vêtements, révélatrice du pouvoir (la livrée du jeune prince est semée de couronnes princières). La manière de les porter classe les personnages et exprimes leurs qualités morales autant que leur noblesse. L'expression des sentiments est bien rendue: la fiancé regarde amoureusement sa promise qui baisse les yeux. Dans cette scène courtoise, qui est un dialogue réglé entre les deux sexes, la femme ne devait pas être parée comme l'homme. Le costume féminin a conquis sa singularité dans les sociétés princières du XIVème siècle.
Une des deux suivantes porte une houppelande, qui apparaît autour de 1390 et se maintient jusque vers 1440. Elle n'est pas ouverte devant ni fendue latéralement comme celle des hommes. La ceinture de tissu, bouclée dans le dos, est placée juste sous les seins. Les manches sont "ouvertes", amples, soit "closes" resserrées aux poignets. La houppelande est taillée dans un drap de laine ou d'or, un satin ou un velours figuré, qui sont fréquemment fourrés.
Quant à la coiffure, à partir de 1380-1390, les oreilles sont dégagées et la chevelure est réunie sous une coiffe. Pour mettre en valeur le front, les cheveux, séparés par une raie médiane, soit tirés en arrière; cependant, on peut les porter épars sur les épaules. Le bourrelet d'étoffe, rembourré de coton ou d'étoupe, s'ajoute à la coiffe au début du XVème siècle; il peut être brodé, orné de plumes ou de chatons.



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Jehanne - dans L'Art au Moyen âge
5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 00:11
Les Très Riches Heures, Mai.







Cette scène peinte par les frères de Limbourg représente la fête du premier mai qui était une fête de l'amour:

"Le dieu d'Amour est coutumier
A ce jour de fête tenir,
Pour amoureux coeurs fêter
Qui désirent de le servir;
Pour ce fait les arbres couvrir
De Fleurs et les champs verts gai,
Pour fêter la plus belle embellir,
Ce premier jour de mai"
(Charles d'Orléans, ballade no48)

On se rendait en cortège dans une forêt voisine pour en couper des rameaux dont on décorait ensuite les maisons et les rues en vue de célébrer le renouveau. "A minuit, tous les citadins sortirent pour se rendre au bois. La ville avait la réputation d'être le temple de la gaité. Le matin, quand le jour fut bien clair, tous chargés de feuilles, de glaieuls, de rameaux verts et feuillus, ils apportèrent leur arbre de mai (...) Ils montèrent leur mai aux étages et l'exposèrent aux fenêtres, embellissant tous les balcons: sur les pavés, partout, ils jetèrent de l'herbe et des fleurs pour célébrer la solennité de ce jour et de cette haute assemblée" (Jean Renart, Guillaume de Dole).
Emmenées par des musiciens qui jouent de la trompe et de la flûte, les participants portent des couronnes et des colliers de feuillage. Les dames sont habillés de longues robes vertes, alors de rigueur ce jour-là. Le cavalier qui se retourne vers la première des cavalières serait le Comte de Clermont, Jean de Bourbon, et la dame serait sa troisième épouse, Marie de Berry, fille du Duc de Berry. Si leur mariage fut célébré le 24 juin 1400, Jean devint Duc de Bourbon en 1410. Ce qui renforce cette identification, ce sont les emblèmes des harnais des chevaux, des cercles d'or à sept petits ronds, et, d'autre part, le château, qui serait le Palais de la Cité à Paris, où fut célébré le mariage. Les Très Riches Heures sont donc une chronique des fastes princiers autour du Duc de Berry et de sa famille.
A l'arrière-plan, on distingue à gauche la tour carré du Châtelet, avec une échauguette, puis quatre tours qui existent encore: le sommet de la tour d'angle, les deux tours de la conciergerie, la tour de l'Horloge.

Le Châtelet, édifié dès 1130 pour défendre le Grand Pont et remanié par Charles V, était, dans la partie droite, le siège d'une administration royale, la prévôté de Paris, et, dans la partie gauche, une prison.

Les couleurs ne sont pas dénuées de valeurs symboliques, à en juger ce que nous apprend Guillaume de Machaut dans le Remède de Fortune (vers 1201-1210) et la Louange des dames (ballade no212): le rouge signifie l'ardeur amoureuse, le blanc la joie et le noir la douleur; le vert est lié à la naissance de l'amour, tandis que le bleu azur (pers ou fin azur) désigne la loyauté. Le jaune, couleur de la fausseté, est banni. Donner des fêtes n'est pas seulement un divertissement frivole, mais un devoir des princes. Triomphe du paraître et de la mode, elles imposent la recherche de l'élégance et de la perfection des manières.

Le couple princier. Jean de Bourbon a revêtu un somptueux habit noir, mi-parti rouge et blanc. Marie de Berry porte une robe verte dont la doublure est bleu azur avec des fleurs d'or. L'azur semé de fleurs d'or est une expression de la grandeur et de la solennité. Sa coiffe blanche est ornée de feuilles vertes.



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Jehanne - dans L'Art au Moyen âge
5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 00:04
Les Très Riches Heures, Juin.







Datant des années 1440, cette miniature qui semble être l'œuvre d'un peintre de l'entourage de Charles VII, s'oppose à la précédente comme le labeur des paysans aux fêtes princières. Mais, comme dans la précédente, on retrouve à l'arrière-plan de l'autre côté de l'eau, derrière un rempart, plus distinctement, le Palais royal de la Cité, dont nous ne voyions auparavant que les toits. Nous distinguons de gauche à droite, la salle sur l'eau, les trois tours Bonbec, d'Argent, et de César, la tour de l'Horloge, les deux hauts pignons de la Grande Salle derrière la galerie Saint-Louis, le logis du roi et la tour Montmorency; enfin, la Sainte Chapelle.
Le Palais de la Cité, qui fut jusqu'en 1417, la demeure royale à Paris, devint alors le lieu de l'administration royale, judiciaire et financière.
Au premier plan, nous assistons à une scène de fenaison, telle qu'on a pu en voir dans nos campagnes jusqu'à une période très récente. Seul le costume des paysans avait changé. Elle se situe au bord de la Seine, dans une prairie où l'on trouve maintenant l'aile droite du Palais de l'Institut, et plus précisément de la Bibliothèque Mazarine. C'était l'emplacement de l'hôtel de Nesle, une des résidence préférées du Duc de Berry.
Une femme râtelle le foin qu'une autre met en tas avec une fourche. A droite, trois faucheurs coupent l'herbe dont ils font des andains parallèles.

La Pointe du Palais, devant le rempart, donne directement sur la Seine.

Au centre du tableau, la faneuse à la fourche, qui travaille pieds nus, a beaucoup de grâce et d'élégance. Le miniaturiste a rendu aux paysans leur dignité, alors que pendant longtemps, on les avait méprisés et ignorés, ne les distinguant guère des animaux sauvages, que l'on redoutait autant qu'eux.

La Sainte-Chapelle commencée par Saint-Louis en janvier 1246 pour accueillir les reliques de la Passion du Christ, et consacrée le dimanche 25 avril 1246, est double. La chapelle inférieure, dédiée à Notre-Dame, était destinée aux gens du roi et aux habitants de la cour du Palais. La chapelle supérieure, consacrée à la Sainte Couronne d'épines et à la Vraie Croix destinée au roi à son entourage, fut une innovation architecturale par les dimensions de ses fenêtres (15m40 de haut par 4,5m de large).



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Jehanne - dans L'Art au Moyen âge
4 novembre 2007 7 04 /11 /novembre /2007 23:56
Les Très Riches Heures, Juillet.







Cette enluminure, qui semble être l'oeuvre vers 1440 de l'artiste qui a peint le mois de juin, complète la précédente par la présentation d'autres travaux agricoles.
Dans un champ délimité de chaque côté par des cours d'eau et par des arbres, deux moissonneurs coupent le blé à la faucille; ils sont présentés en deux attitudes différentes. Le blé coupé n'a pas encore été mis en gerbes. Dans le champ, on reconnaît des bleuets et des coquelicots.
Au premier plan, dans le triangle de droite, une femme en robe bleue, vue de dos, et un homme agenouillé tondent des moutons avec force.
Si le paysage montagneux est conventionnel, le château triangulaire aux toits d'ardoise bleue est celui de Poitiers, baigné par le Clain. Construit par le Duc de Berry à la fin du XIVème siècle, il restera en sa possession jusqu'à sa mort en 1416, et devient ensuite la pssession du duc de Touraine, puis, le 17 mai 1417, de Charles de France, le futur Charles VII, qui en fit une de ses capitales. Dans ce château qui n'existe plus, on pénétrait par une longue passerelle, que protégeait une tour rectangulaire, et par un pont-levis. Un petit pont permettait d'accéder à la tour avancée. A droite du château, un ensemble de bâtiments, dont une chapelle, est protégé par un bras de rivière.

Le moissonneur, qui utilise une baguette sans doute pour redresser le blé, s'apprête à se servir de sa faucille. Il rappelle l'un des trois faucheurs du mois de juin: un chapeau à larges bords le protège du soleil; il porte une chemise blanche sous laquelle on aperçoit un caleçon; il travaille pieds nus au contraire de l'autre moissonneur.

Paysage de rivière avec deux cygnes, ses osiers et ses roseaux. Le miniaturiste ne saisit plus seulement le détail des phénomènes dans l'infinie diversité des apparences: "Par le jeu de l'atmosphère dont le peintre enfin sait donner l'illusion, le paysage montre la vérité de l'unité visible (G. Duby). Les enlumineurs, attentifs à la singularité de chaque objet, parviennent à réunir la variété des apparences dans un univers dont le principe lumineux assure la cohérence.

Le paysan d'une main, maintient un mouton sur son genou, et, de l'autre, tient une force; il regarde travailler sa compagne et sans doute lui donne-t-il des conseils. Les moutons des Très Riches Heures du Duc de berry n'appartiennent plus à la tradition littéraire de la pastourelle et de la bergerie; ils prennent place dans la réalité quotidienne que le talent de l'artiste rend poétique.



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Jehanne - dans L'Art au Moyen âge
4 novembre 2007 7 04 /11 /novembre /2007 23:47
Les Très Riches Heures, Août.






La scène du mois d'août, peinte par les frères Limbourg, a été réalisée entre 1410 et 1416 et représente plusieurs tableaux.

Le premier plan illustre la passion de l'époque par la Noblesse pour la chasse au vol, à l'aide de rapaces et de faucons apprivoisés, qui chassaient les grands oiseaux de nos contrées, comme la grue, le cygne et le gibier d'eau, comme le canard et les poules d'eau. Ces faucons fascinaient en raison de la difficulté du dressage. Par sa hardiesse et sa beauté, le faucon offrait un symbole épuré pour la Noblesse de bonne éducation, de vaillance, et de relations pacifiques et de concorde. On offrait un faucon en gage d'amour ou d'amitié, ou comme prix d'un tournoi ou d'un pari. La chasse au vol, preuve de puissance et de richesse, favorisait la sociabilité et les joies raffinées ; elle manifestait l'élégance et la courtoisie des seigneurs ; elle faisait partie de la convivialité aristocratique.

C'est un départ de chasse. Devant le cortège, un fauconnier à pied se tourne vers le premier cavalier sans doute pour lui demander ce qu'il doit faire. Une femme en robe noire, à volant blanc et à manches rouges, et un cavalier qui lance son faucon, chevauchent un palefroi gris. Sur un cheval blanc, un cavalier, seul, s'apprête à lâcher son faucon. Sur un troisième cheval, qui est brun, un couple converse : l'homme tient lui aussi un faucon sur le poing. Autour du cortège, courent les chiens dont la fonction est de lever ou rapporter le gibier, une fois que le faucon l'aura abattu. Au second plan, des gens manifestement nus se baignent dans la rivière de la Juine.

De l'autre côté de l'eau, des paysans travaillent dans un champ : à droite, deux d'entre eux de mettent la moisson en gerbes que d'autres, à gauche, chargent sur une charrette tirée par deux chevaux. Les motifs réalistes, autrefois secondaires, constituent maintenant le cadre de la vie princière.
A l'arrière plan, se dresse le château d'Etampes, que le duc de Berry avait acquis en 1400, en même temps que le comté. On distingue, derrière les remparts, les tours, la chapelle et les bâtiments couverts de tuiles, et, au milieu, le donjon quadrangulaire, la tour Guinette.

Le cavalier seul es sans doute le Duc de Berry. Dans les textes comme dans les illustrations, on voit souvent un chevalier tenir en dextre son cheval et porter sur le poing gauche un faucon ou un épervier. Le cheval n'était pas seulement une monture ; c'était un emblème de la Noblesse, un signe identificateur tant social que moral et matériel au même titre que le blason, un instrument de prestige. Le blanc, signe d'excellence, était la couleur des chevaux de Saint-Georges et de Saint-Michel, patrons de la chevalerie. Le blanc était aussi un indice de souveraineté, voire de merveilleux et de surnaturel. Pour Sicile, dans son Blason des couleurs, c'est un symbole de beauté, et de joie, d'équité raisonnable et d'honnêteté.
Le fauconnier tient sur son poing gauche, attachés par une laisse, deux faucons encore munis, semble-t-il, du chaperon, et, de la main droite, un long bâton dont il battra arbres et buissons pour fqire s'envoler le gibier. Il porte à la ceinture un leurre, " encharné ", qui imitait la forme d'un oiseau avec deux ailes et qu'on granissait de viande pour habituer le faucon à y revenir. Etre fauconnier ou veneur au service d'un prince n'avait rien d'humiliant : Gaston Fébus payait mieux ses veneurs que ses écrivains. Henri de Ferrières, dans les Livres du Roi Modus et de la Reine Ratio, demande au fauconnier d'aimer ses oiseaux, d'être aimable avec eux et d'en prendre un soin attentif.
Une femme nue (comme c'était la coutume à l'époque pour les baignades), se prépare à entrer dans l'eau ; deux autres personnes nagent, dont l'une sur le dos. Enfin, un quatrième sort de l'eau.



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