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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 17:05

L'anticatholicisme au Moyen âge.

 

 

 

 

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Il semble difficile, sinon impossible, de présenter l’anticatholicisme sans se référer à l’antimonachisme, à l’antiromanisme et à l’anticléricalisme dans sa version croyante qui furent des réalités de l’Occident médiéval bien antérieures à la Réforme et aux développements des protestantismes européens. Et cela au moins parce que bien des thèmes, lieux communs et stéréotypes médiévaux se retrouvent dans la rhétorique anticatholique du XVIe siècle à aujourd’hui.

Être sensible à cette intertextualité n’interdit pourtant pas de se montrer extrêmement attentif aux changements de contexte, qui modifient considérablement au long des siècles le sens et la portée de tel motif ou de telle expression. Ainsi, les plaisanteries scabreuses sur les moines paillards, soiffards et goinfres ont certes une portée socio-culturelle indéniable au Moyen Âge. Car alors les ordres monastiques échappent à la juridiction des évêques, ordinaires des lieux d’implantation des abbayes et prieurés, et ces derniers sont de grands propriétaires terriens et des seigneurs attentifs au recouvrement des cens et autres redevances ; en outre, ils bénéficient dans les testaments des plus riches de la société de l’époque de legs pieux, liés au culte des âmes du purgatoire, dont bien des héritiers peuvent s’estimer lésés, sans oser toujours l’exprimer ouvertement. Le quolibet et l’outrance risible jouent alors un indéniable rôle d’exutoire, chez les paysans comme chez les élites nobiliaires et urbaines.

Mais, bien sûr, après les critiques humanistes d’une religion trop charnelle et surtout la remise en question par les Réformateurs de la théologie des oeuvres et de la croyance au purgatoire, tout cela prend une dimension spirituelle et acquiert une portée sans équivalent auparavant.

La même remarque peut être faite à propos des discours et des images antiromaines, développées à partir de la réforme dite « grégorienne » et de la prétention de la papauté à imposer sa prééminence spirituelle sur le pouvoir temporel, en particulier de l’empereur (humiliation de l’empereur Henri IV devant le pape Grégoire VII à Canossa en 1077). Et le matériel élaboré par les gibelins italiens, au XIIIe siècle, contre les guelfes, partisans du pape, est réemployé tout aussi bien par les protestants des XVIe et XVIIe siècles, par exemple dans Le Passavant de Théodore de Bèze. Au demeurant, au XVIe siècle, l’antipapisme, n’est pas seulement protestant, comme en témoignent la satire de l’île des Papimanes dans le Quart Livre de Rabelais (1552), mais aussi la vision très négative de Rome proposée dans Les Regrets de Joachim Du Bellay.

Au-delà des topoï discursifs et narratifs, l’anticatholicisme se fonde aussi sur la sensibilité religieuse propre à l’anticléricalisme croyant. Celui-ci, en effet, a été largement la réaction à la monopolisation cléricale de la gestion des biens de salut et de l’interprétation de la Parole révélée — que cette monopolisation soit réelle ou simplement ressentie comme telle par les (ou des) non-clercs ou par un (ou des) groupe(s) de clercs insatisfaits de cette situation. Rassurante et acceptée par beaucoup, l’instauration et le développement de la médiation cléricale dans l’Église comme Manuscrit auteur, publié dans "Encyclopédie du Protestantisme (2006) 30" l’assimilation des clercs aux seuls « ecclésiastiques » et « gens d’Église », ont rendu les chrétiens plus exigeants envers ces derniers (d’où le thème de la nécessité de la réforme du clergé, non seulement morale et disciplinaire mais aussi intellectuelle et spirituelle), et, par contrecoup, en ont conduits certains à réfuter cette « omnipotence des médiateurs » cléricaux (d’où les grands mouvements taxés d’hérésie aux derniers siècles du Moyen Âge, comme celui des Vaudois, mais encore, aux XIIIe et XIVe siècles, toutes les expériences religieuses portées par l’aspiration à la pauvreté évangélique…).

L’insistance de Martin Luther à partir de 1520 sur le sacerdoce universel des croyants est donc parfaitement inscrit dans ce courant, et on conçoit que les derniers Vaudois aient pu s’intégrer à la Réforme.

Aux XVIe et XVIIe siècles, à l’instigation de la curie, on voit être mis en oeuvre et radicalisés dans un contexte de controverse antiprotestante certaines propositions et tendances exprimées au concile de Trente. Il en résulte un véritable système d’orthodoxie romano-tridentin, d’où un renforcement de l’anticatholicisme.

À la période contemporaine, surtout avant le Ralliement, l’anticatholicisme s’est doublé d’une dimension désormais politique et anticléricale au sens récent de ce terme : la dénonciation n’a plus seulement visé l’« apostasie romaine » et l’« idolâtrie papistique », mais aussi le « cléricalisme », entendu maintenant comme l’intrusion du pouvoir de l’Église romaine dans le domaine civil et politique.

Thierry Wanegffelen
Professeur d’Histoire moderne à l’Université Blaise Pascal (Clermont-Ferrand II)

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Jehanne - dans La Religion
11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 03:52
L'organisation de l'Eglise.





Parmi les chrétiens, certains se consacrent entièrement à l'Eglise : ce sont les clercs.


Clercs séculiers et réguliers.


Le clergé séculier.

Evêque : Dirige le diocèse, l'ensemble des paroisses d'une région (l'archevêque dirige, en plus, un groupe de diocèses).

Prêtre : Administre la paroisse, communauté des fidèles d'un village ou d'un quartier d'une ville.


Le clergé régulier.

Abbé : Dirige la communauté des moines.

Moine : Vit dans un monastère et suit une règle de vie.



Le Pape, chef de l'Eglise.

Depuis le début du Moyen Age, l'autorité du Pape ne fait que grandir. Elu par les cardinaux dès 1059, il s'impose peu à peu comme le chef de l'Eglise catholique. Il s'entoure de bureaux spécialisés (la curie), contrôle le clergé grâce à ses envoyés (les légats), convoque des assemblées d'évêques (les conciles) et fait connaître ses décisions par des lettres (les bulles).





Les ordres religieux se développent.

L'action des papes a été soutenue par deux groupes de moines, organisés en ordres ; les moines de Cluny redonnent à la prière et aux belles cérémonies la meilleure place ; les moines de Cîteaux veulent rétablir à la lettre la règle de Saint Benoît : prière, vie austère à l'écart du monde, travail manuel intense.






Au début du XIII° siècle apparaissent l'ordre des Franciscains fondé par François d'Assise (1182-1226) et celui des Dominicains, fondé par l'Espagnol Dominique (1170-1221). A la différence des moines, ces Frères Mendiants ne s'enferment pas dans un monastère ; ils vivent de la mendicité et parcourent les villes pour dire la parole de Dieu et enseigner.
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Jehanne - dans La Religion
18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 00:11
L'or du diable.







Dès le Moyen âge les trésors ont suscité la convoitise. Les textes d'époques témoignent de la position ambivalente des autorités face à ces découvertes, volontaires ou fortuites.
Entre autre, les autorités devaient contrôler l'activité des pilleurs de tombes, prêts à tout pour découvrir un trésor, y compris à sacrifier à des pratiques magiques. C'est d'ailleurs ce qui fut reproché - bien après sa mort! - à Gerbert d'Aurillac, le "pape de l'an 1000". Le succès de certains chercheurs de trésors les fit accuser de s'être livrés à la nécromancie.
 
De fait, un document du XIVème siècle, signalé par Jean-Pierre Albert, viendrait témoigner de ce type de pratique, dénoncée par les autorités ecclésiastiques car incluant l'usage du saint chrême et l'invocation d'un démon: qui veut découvrir un trésor doit abattre un chat nourri de chrême et d'eau bénite, puis faire de sa peau des courroies destinées à matérialiser le cercle dans lequel doit être invoqué le démon détenteur du secret de son enfouissement.
La méfiance envers les rituels associés aux trésors antiques croît à la fin du Moyen âge. Dès le XIVème siècle, les bénédictions d'objets sont perçues par certains comme "nécromancie plutôt que théologie".

Au XVème siècle, dans les pays germaniques, les formules de bénédiction des "vieux vases" sont d'ailleurs supprimées.

L'attitude de l'Eglise face aux objets païens ne s'en est pas moins durcie. Après le concile de Trente, on eut à coeur de rompre avec les pratiques médiévales. Molanus, dans son Traité des saintes images, au chapitre intitulé "Que les chrétiens ne doivent pas se complairent aux peintures et aux statues païennes", rappelle que "le Seigneur a commandé aux Israélites: ' Tu ne convoiteras ni l'or ni l'argent dont [les statues païennes] sont faites, et tu n'en prendras rien, de peur que ce soit pout toi un sujet de ruine, parce qu'elles sont en abomination au Seigneur ton Dieu' ".

Loin dêtre une attaque contre les amateurs d'antiquités, cet avertissement interpellait ceux qui en fondaient l'or pour en tirer profit, une accusation "d'acte de cupidité" pourtant écratée, des siècles auparavant, par un Théodoric.
Cette recommandation, comme toutes les autres du traité, devait être transmise, en prêche, par les curés de paroisse. On ignore évidement si elle a été prise en considération !







Source histoire et images médiévales - thématique n°14 - août 2008 - pages 13 et 14.
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Jehanne - dans La Religion
25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 00:28
L'animal et la religion.




A travers la religion et les mythologies, l’animal nous a permis d’exprimer nos peurs mais aussi nos espoirs. L’homme a cherché à travers l’animal à exprimer ses fantasmes, sa religiosité et sa face obscure.
Du comportement de chaque animal sont nées des croyances qui varient d’une civilisation à l’autre.
Les animaux, représentant du diable ou du démon, sont nombreux. Tous les animaux ont été accusés à un moment ou à un autre de symboliser le Malin.



L’homme a honte de ses origines.

Le Dieu de l’Ancien Testament, à l’origine des trois grandes religions monothéistes, a donné tout pouvoir à l’homme.
C’est sur ce concept judéo-chrétien que l’homme a légitimé sa férocité à l’égard des animaux.

Pour l’Islam, tous les animaux sont synonymes de souillure, en particulier le chien et le porc.

Pour la religion juive, tous les animaux ne sont pas dignes d’être sacrifiés. Une liste établie les animaux purs et impurs. Cependant, elle reconnaît la sensibilité animale et l’existence de la faune comme une création de Dieu.

Le monothéisme nous a donné le sentiment d’être des individus surnaturels en opposition aux animaux considérés comme des êtres inférieurs.
Les animaux ne parlent pas, n’ont pas d’âme et n’ont pas de droits.
Ce qui n’a pas empêché nos ancêtres de leur attribuer une responsabilité en leur intentant des procès.



Les procès d’animaux.

Du Moyen Age jusqu’au siècle des Lumières, les procès d’animaux ont occupé les tribunaux ecclésiastiques et civils.
On ne jugeait pas l’animal lui-même mais le démon qui vivait en lui. Moïse déjà réclamait que le bœuf qui tue un homme soit lapidé.

Les huissiers battaient donc la campagne pour assigner insectes et rongeurs à comparaître. Comme ils ne se présentaient jamais devant les tribunaux, les animaux était excommuniés. La sévérité du jugement dépendait de l’ordre dans lequel les animaux étaient montés dans l’arche de Noé.

Au 16e siècle, en Espagne, un évêque excommunie du haut d’un promontoire les rats, souris, mouches et autres animaux nuisibles, leur commandant de sortir du pays dans trois heures pour tout délai.
Au 17e siècle, l’Eglise renonce à ses ridicules procédures.





Pour comprendre la mentalité de l’époque, il ne faut pas oublier que les animaux partageaient la vie quotidienne des hommes et vivaient souvent sous le même toit.

L’histoire abonde de procès dans lesquels figurent taureaux, vaches, chevaux, porcs, truies, fourmis, chenilles …
Si l’animal, auteur d’un délit, peut être appréhendé, il est traduit devant le tribunal. Comme on le voit encore aujourd’hui en Asie ou en Afrique, les porcs et les truies, au Moyen Age, couraient en liberté dans les rues. Il arrivait souvent qu’ils dévorent des enfants.





L’animal était alors incarcéré dans la prison du siège. Le juge déclarait l’animal coupable et le condamnait à être étranglé ou brûlé selon le pays.
L’animal comparaissait souvent habillé avec des vêtements d’homme.

A partir de la seconde moitié du 16e siècle, on prend conscience du ridicule et de l’absurdité de ces procès.




Le Chat : Symbole du Malin.

En Occident, du 15e au 17e siècle, les chats ont été tourmentés et torturés de mille façons : jetés du haut des tours, pendus, maçonnés vifs dans les murs des maisons …
Une tradition médiévale a même inventé un instrument de musique sordide : l’orgue des chats. Cela consistait à installer plusieurs dizaines de chats dans une boite percée de trous qui laissaient passer la queue des animaux.
On tirait violemment dessus ou on piquait la queue avec une pointe pour provoquer les miaulements aigus des animaux prisonniers.





A la Saint Jean, on enfermait des chats dans des sacs que l’on enflammait. Les feux de la Saint Jean sont issus de cette sinistre coutume.



Le Serpent : Symbole du Mal.

Dans les civilisations judéo-chrétiennes, le premier animal jugé et assimilé au diable a été le serpent de la Bible qui offrit une pomme à Eve.
Le serpent symbolise la prudence mais est aussi l’une des manifestations favorites du diable.

Le serpent monstrueux, proche du dragon, emblème du vice, est régulièrement vaincu, dans les légendes, par les premiers évêques des villes christianisées.

Notre phobie du serpent est atavique et propre à tous les primates. Dès leur plus jeune âge, les singes eux aussi paniquent à la vue d’un serpent.





Tout ce qui rampe, grouille, ce qui est velu déclanchent chez l’homme des émotions incontrôlables.

Discours sociaux et religieux les ont toujours représentés comme l’horreur absolue. Cette phobie s’est transmise de génération en génération et perdure toujours chez une majorité de personnes.



La Hyène: Symbole de Mort.

La hyène symbolise la mort ou le maléfice. D’anciennes légendes africaines attribuent la forme déprimée de son arrière train au fait qu’il sert de fauteuil aux sorcières.





Dans la civilisation judéo-chrétienne, c’est un animal diabolique qui a la réputation de changer de sexe à volonté. De plus, elle imite à s’y méprendre la voix de l’homme et est donc à ce titre l’incarnation de l’hypocrisie.



La chauve-Souris : Le Comportement Maléfique.

De tous temps, la chauve-souris a été l’incarnation des comportements maléfiques. En Europe, cet animal a longtemps été associé au diable et aux démons.
Dans son tableau, le Triomphe de la Mort, Gustave Doré représente les esprits malins qui accompagnent la mort, par un inquiétant vol de chauves-souris.





Chez les Mayas, le gîte de ces vampires était l’une des étapes obligatoires qui conduisaient les défunts dans les entrailles de la Terre.



Le Crapaud : Un animal diabolique.

Au Moyen Age, le crapaud était considéré comme un représentant du Malin. Il servait dans des breuvages magiques utilisés en sorcellerie. A tel point que la présence d’un crapaud près d’une habitation était une preuve suffisante pour accuser de sorcellerie l’habitant du lieu.
Le mot crapaud vient d’ailleurs du vieux français qui signifie « ordure ».





Le crapaud symbolise la luxure, parce qu’il est « laid » comme elle.



Les animaux mythiques.

Mythiques ou réels, les animaux sont nombreux dans l’art gothique et l’art roman. Ils illustrent des forces naturelles ou des vices humains.
L’homme a inventé des animaux fabuleux dont on croyait d’ailleurs à l’existence.

Par exemple, on a longtemps cru à l’existence du griffon, un mélange d’aigle et de lion. Cet animal satanique, légué à l’Occident par les Byzantins, gardait les tombeaux. Il est souvent représenté sous forme de gargouille sur les églises.





Le Dragon remonte à l’Antiquité. Les Vikings le sculptaient à la proue de leurs drakkars. La chrétienté a assimilé le dragon au diable. Sa gueule, grande ouverte, et lançant des flammes figurait l’entrée de l’enfer.
En lui plantant une épée dans le corps, l’ange ou le héros pouvait acquérir sa puissance brute. A ce titre, il est percé par la lance de Saint Georges, l’archange patron des chevaliers.
Par contre, en Chine, il se révèle comme étant le symbole de la spiritualité.





On peut également citer la chimère qui crache du feu ; monstre diabolique à tête de lion, au corps de chèvre et à la queue de dragon.
Le centaure, mi-homme, mi-cheval, est issu de la mythologie grecque. Il symbolisait la puissance animale liée à l’intelligence humaine.





Le phénix est censé renaître de ses cendres symbolise la résurrection du Christ. Il symbolise aussi la chasteté des femmes.





Les animaux imaginaires ne sont pas tous dépourvus de fondement zoologique. Par exemple, la sirène est née de la découverte de phoques et de lamantins par des marins. Ces animaux vaguement aperçus ont provoqué des recompositions imaginaires.

La découverte des premiers orangs-outans au début du 17e siècle a provoqué la naissance des satyres et des hommes singes.






Source dinosoria.com

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Jehanne - dans La Religion
21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 08:56
La prédication au Moyen âge.




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Selon la définition qu'en donne le prédicateur Alain de Lille au début du XIIIe siècle, la prédication est "un enseignement public et collectif des mœurs et de la foi, en vue d'instruire les hommes, appuyé sur la raison et puisé aux sources de l'autorité". Cette forme d'enseignement des masses – en particulier des femmes et des enfants – se répand très tôt au cours du Moyen Âge, comme en témoigne, dès le IVe siècle, l'évêque d'Arles, saint Césaire ; elle se développe au XIIe siècle pour combattre les hérésies et connaît un vif essor au XIIIe siècle, sous l'influence des ordres mendiants, dominicains et franciscains. Le concile de Latran en 1215 en fixe les principes et les buts principaux : attaquer l'hérésie ; affirmer la foi catholique ; extirper les vices et semer les vertus dans une perspective de salut.


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Sous l'influence des frères mendiants qui concurrencent largement le clergé séculier et remportent un grand succès auprès des foules, la prédication se répand sur les places publiques et aux carrefours des villes, où elle rassemble un maximum d'auditeurs. Contrairement à la messe, prononcée en latin, le prêche public se fait en langue vulgaire pour être compris de tous. La "leçon", ainsi donnée publiquement, peut durer plusieurs heures. Pour capter l'attention du public populaire, il faut aux prédicateurs un grand talent d'orateur, doublé de qualités de mime et d'acteur. Les recours aux paraboles et aux historiettes divertissantes (les exempla), tirées de fables ou de la vie quotidienne, sont fréquents pour illustrer un sermon ; certains prédicateurs n'hésitent pas à raconter des histoires drôles, à gesticuler ou à agiter des objets incongrus pour réveiller la foule.


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Parmi le public habituel des prédicateurs, les femmes et les jeunes filles tiennent le haut du pavé. On trouve également dans la foule des étudiants et des maîtres d'université, ainsi que des écoliers, des jeunes gens ou apprentis de métiers. Il existe même des prêches spécifiquement destinés aux enfants. Nullement passif, le public des prédications, qui se chiffre en milliers de personnes au XVe siècle, interpelle parfois le prédicateur pour contester ses propos ou l'appeler à davantage de modération. On ignore quel est l'impact réel de ces sermons sur les mœurs et les connaissances des gens ordinaires, mais ils font en tout cas complètement partie du paysage urbain à la fin du Moyen Âge. Certains prédicateurs sont salariés par les assemblées urbaines pour organiser la représentation de mystères théâtraux et assurer les grands cycles de prêche public qui rythment la vie des villes tout entières, particulièrement au moment du carême et de l'avent.


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Source BNF.
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Jehanne - dans La Religion
20 novembre 2007 2 20 /11 /novembre /2007 08:50
Le pélerinage.




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La pratique du pèlerinage est très répandue au Moyen Âge, qu'il s'agisse d'une visite à un petit sanctuaire local ou régional, réputé pour ses reliques, ou de l'un des grands pèlerinages de la Chrétienté comme Rome, Saint-Jacques-de-Compostelle ou Jérusalem que l'on n'entreprend en général qu'une fois dans sa vie.
Certains pèlerinages sont infligés comme pénitence par l'Eglise ou comme sanction judiciaire par le pouvoir civil. Mais en règle générale, ils sont entrepris de façon volontaire, soit pour expier une faute grave, soit pour solliciter une faveur spéciale, en particulier la guérison d'une maladie, soit, tout simplement, dans une perspective de recherche de salut. Les pèlerins voyagent en groupe sous la houlette d'un guide et parfois d'une escorte armée, pour échapper aux nombreux périls du voyages, et suivent des itinéraires connus, jalonnés de sanctuaires, de couvents ou d'hospices prêts à les accueillir et à leur offrir gîtes et couverts. Les routes terrestres et maritimes sont bien souvent semées d'embûches (attaque de pillards, épidémies, famines, tempêtes, guerres, etc.), et la plupart des pèlerins prennent la précaution de faire leur testament avant d'entreprendre le périlleux chemin.


Dans la partie occidentale de la Chrétienté, le pèlerinage le plus important est celui de Saint-Jacques-de-Compostelle, dans la péninsule Ibérique. Apparu au cours du IXe siècle pour honorer les reliques de Saint Jacques, il connaît un succès grandissant dans les siècles suivants. En 1140, un guide du pèlerin de Saint-Jacques, écrit à l'usage des voyageurs, accroît encore la renommée du lieu et son prestige. Les chemins de Compostelle, qui partent de Germanie, de Normandie ou d'Italie sont empruntés par des milliers de fidèles. La célébrité de ce pèlerinage profite à d'autres sites qui en deviennent des étapes importantes, telle que Saint-Martin de Tours, Vézelay, ou Conques


Le pèlerinage de Rome est également un pèlerinage majeur au Moyen Âge, particulièrement à partir de l'an 1300, lorsque pour la première fois, la papauté, en proclamant le jubilé - ou année sainte - promet à tous les pèlerins qui visiteraient le tombeau de saint Pierre une indulgence plénière pour tous leurs péchés. Célébrées tous les cinquante ans, puis de façon plus fréquente, les années jubilaires sont l'occasion d'une grande affluence dans la cité italienne : le voyage est moins périlleux que celui de la Terre Sainte et les chrétiens peuvent également y gagner l'entière rémission de leurs péchés.


Plus que tous les autres lieux, Jérusalem et le Saint Sépulcre ne cessent cependant d'attirer les foules et de susciter la ferveur des chrétiens au cours du Moyen Âge, bien que la prise de Saint Jean d'Acre et la chute du Royaume latin de Jérusalem en 1291 complique singulièrement le voyage des pèlerins. Deux itinéraires sont possibles pour rejoindre la Terre sainte : l'itinéraire maritime, contrôlé par les Vénitiens, dont les étapes principales sont les îles de Corfou, du Péloponnèse, de Crète, de Rhodes et de Chypre ; et l'itinéraire terrestre du Danube et des Balkans, rendu accessible par la conversion des royaumes d'Europe centrale au Christianisme au cours du XIe siècle. Il faut compter plusieurs mois pour atteindre le terme du voyage, et pouvoir se recueillir dans les lieux saints, particulièrement sur le tombeau du Christ, lieu de vénération pour l'ensemble de la Chrétienté. Le pèlerinage en Terre Sainte vaut une indulgence plénière à qui l'entreprend. Il est par ailleurs pour le pèlerin occidental, l'occasion de découvrir d'autres cultures et d'autres modes de vie.









Source BNF.





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Jehanne - dans La Religion
19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 09:00
Les ordres mendiants.



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Les ordres mendiants, Dominicain et Franciscain, apparaissent au début du XIIIe siècle en réaction contre les hérésies et les crises qui secouent l'Église séculière. L'ordre des dominicains, ou frères prêcheurs, est fondé en 1215 par l'espagnol Dominique de Guzman et reconnu par le pape au concile de Latran la même année. L'ordre des franciscains, ou frères mineurs, rassemble les disciples de François d'Assise, ayant fait le choix de vivre selon les préceptes de l'Évangile, dans la pauvreté et le dépouillement. La papauté reconnaît leur règle en 1223. Ils défendent une nouvelle forme de vie religieuse inspirée de l'érémitisme oriental, basée sur le retour à la pauvreté évangélique et sur une nouvelle forme d'apostolat, tournée vers les villes, en plein essor à l'orée du XIIIe siècle. À la différence du monachisme traditionnel, les frères mendiants ne respectent pas de règle de clôture et sortent fréquemment de leur couvent pour prêcher et enseigner. Très populaires dans les villes grâce à leur prédication, ils s'imposent rapidement face aux moines cloîtrés et surtout face au clergé séculier, comme des intermédiaires privilégiés de la parole divine pour le peuple. Ils sont généralement maîtres en théologie, diplôme bien supérieur à ce à quoi peut prétendre l'immense majorité des curés de paroisse. Ils ne tardent d'ailleurs pas à s'illustrer au sein des universités – comme saint Thomas d'Aquin ou saint Bonaventure –, où ils se heurtent à la rivalité des clercs séculiers. Soutenus par le pape, leurs couvents se développent dans toute la Chrétienté où ils initient une nouvelle forme de spiritualité laïque, en incitant au développement de confréries pieuses et en réorganisant la charité urbaine.






Source BNF.
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Jehanne - dans La Religion
28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 18:19
Les heures canoniales.


Les heures canoniales sont des offices liturgiques, en plus de la messe quotidienne, consacrés à la prière au sein des ordres religieux et le clergé séculier.

Traditionnellement, la journée comporte sept heures canoniales et la nuit une :

  • Matines ou vigiles : dans la nuit.
  • Laudes : à l'aurore.
  • Prime : première heure du jour (vers 7 heures du matin).
  • Tierce : troisième heure du jour (vers 9 heures du matin).
  • Sexte : sixième heure du jour (midi).
  • None : neuvième heure du jour (vers 15 heures).
  • Vêpres : le soir (entre 17 heures et 19 heures).
  • Complies : avant le coucher.
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Jehanne - dans La Religion
15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 17:54
16 mars 1244: Le bûcher de Montségur.






Le 16 mars 1244, au pied de la forteresse de  Montségur plus de 200 hérétiques  qui ont refusé de renier la foi cathare montent volontairement sur le bûcher. Leur martyre marque la fin de la croisade des Albigeois.

 

Résistance

Après vingt ans de violents combats, la croisade contre l'hérésie cathare avait abouti en 1229 à la soumission du comte de Toulouse.

Mais les exactions des croisés venus du Nord suscitent la rébellion de nombreux chevaliers du Midi, les faidits. Ces seigneurs dépossédés par les croisés entrent en résistance au côté des hérétiques cathares. Bonshommes et faidits trouvent refuge auprès des forteresses comme Montségur, dont le seigneur est acquis à leur cause.


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Fatal débordement

A 1207 mètres d'altitude, sur un piton rocheux au milieu des forêts de l'actuel département de l'Ariège, la forteresse de Montségur a été renforcée dès 1204 par le seigneur du lieu, Raymond de Péreille, à la demande de la communauté cathare.

A l'intérieur de son enceinte vivent une centaine d'hommes d'armes (des faidits), leurs familles, ainsi que le seigneur du lieu, Raymond de Pareille. A l'extérieur, au pied des murailles, s'est constitué un véritable village cathare de 600 habitants avec son évêque, ses diacres et ses fidèles.

Le roi de France, qui n'est autre que Louis IX (plus tard Saint Louis), n'a aucune envie d'user son armée dans la conquête de Montségur aussi longtemps que celle-ci ne lui cause aucun tort. Chacun s'accommode donc du statu quo... jusqu'à un jour de mai 1242 où les chevaliers de Montségur apprennent que tous les inquisiteurs de la région ont fait halte dans un village voisin pour y passer la nuit.

Ces chevaliers ont tous des comptes à régler avec l'Inquisition et, à la différence des cathares, ne se dispensent pas de tuer quand l'envie leur en vient. Le 29 mai 1242, une trentaine d'entre eux, sous le commandement d'un seigneur dont la femme et la fille ont été torturées et brûlées par l'Inquisition, se ruent sur le village d'Avignonet, près de Castelnaudary. Dans la nuit, ils massacrent les onze inquisiteurs dont leur chef, le tristement célèbre Guillaume Arnaud.

Le pape exige aussitôt qu'il soit mis fin à l'impunité de Montségur, qualifiée de «synagogue de Satan». S'ouvre le dernier acte de la croisade des Albigeois.


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Un siège de dix mois

Le roi de France envoie à Montségur une armée de 4.000 hommes sous le commandement du sénéchal Hugues des Arcis.

Mais la citadelle, sur son piton calcaire, est remarquablement défendue et n'est accessible que par un étroit sentier (celui qu'empruntent aujourd'hui les touristes).

Elle ne peut non plus être atteinte par les pierres propulsées du bas de la colline par les catapultes.

Après plusieurs mois d'un vain siège, le sénéchal choisit d'attaquer la citadelle à l'endroit le plus difficile d'accès... et donc le moins défendu. Pour parfaire la surprise, il n'hésite pas à s'y prendre pendant l'hiver 1243 (la nuit même de Noël, assurent les croisés !).

Une quinzaine de Gascons, sans doute conseillés par un habitant de la région, escaladent la falaise à l'endroit dit «Roc de la Tour». Ils amènent bien évidemment avec eux leurs armes. Pour juger de l'exploit, il faut savoir que cette falaise est aujourd'hui classée hors-catégorie par les spécialistes de l'escalade !

Les grimpeurs arrivent à une barbacane, un petit poste de défense avancé situé sur la crête à 1500 mètres du château proprement dit. Après avoir égorgé les sentinelles, ils font monter des menuisiers et sans attendre assemblent des machines de jet. La citadelle et ses dépendances ne tardent pas à être bombardées de pierres. Les combats au corps à corps se multiplient par ailleurs aux abords des murailles.

Les effectifs des défenseurs fondent si bien que le 1er mars, après une ultime tentative de sortie, le seigneur du château, en accord avec les chefs cathares, décide d'entamer les négociations. Hugues des Arcis, homme du roi, homme d'honneur (rien à voir avec un Simon de Montfort), accorde aux vaincus des conditions généreuses. Elles tiennent en quatre points:

– liberté pour tous les défenseurs catholiques,
– vie sauve pour les hérétiques qui se convertiront sincèrement,
– pas de pillage,
– délai de deux semaines avant la mise en oeuvre des précédentes conditions.

Le délai accordé aux assiégés va exciter plus tard la curiosité des chercheurs de trésor : les cathares en auraient-il profité pour mettre à l'abri un hypothétique «trésor» ? L'hypothèse s'appuie sur une chronique de l'époque faisant allusion à quatre cathares s'étant enfuis avec un sac. On peut cependant penser que le sac contenait tout simplement des provisions pour une longue période de clandestinité...

Comme prévu, la citadelle se livre le 16 mars 1244 après un siège exceptionnellement long de dix mois. Plus de deux cents cathares, hommes et femmes, refusent de renier leur foi (leur nombre exact demeure inconnu). Ils sont menés vers un bûcher géant aménagé au pied de la forteresse, en un lieu aujourd'hui connu sous le nom de «Prats dels Crémats» (Champ des Brûlés). Selon d'autres hypothèses, ils auraient été suppliciés à 60 kilomètres de là, dans le village de Bram...



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Épilogue

Avec la chute de Montségur, il ne subsiste pratiquement plus rien de l'hérésie qui avait pendant quelques décennies menacé l'unité de la Chrétienté occidentale. Un demi-siècle plus tard, les inquisiteurs auront raison de ses derniers fidèles dans quelques villages reculés des Pyrénées comme Montaillou, devenu célèbre avec le livre que lui a consacré en 1975 l'historien Emmanuel Leroy-Ladurie.

La France de langue d'oc se rallie sans réticence à la monarchie capétienne. Le temps de la réconciliation arrive et les seigneurs méridionaux suivent avec dévouement le roi Louis IX dans ses folles croisades à Damiette, en Égypte, puis à Tunis.


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Hérodote.net

 

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Jehanne - dans La Religion
15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 17:43
Les Cathares.



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Pendant la première moitié du XIIIe siècle, le Midi toulousain, de la Garonne au Rhône, endure une succession de tragédies qui vont conduire à sa ruine et à la perte de son autonomie. Le motif en est la guerre contre les hérétiques aujourd'hui connus sous le nom de cathares, nombreux dans la région.

Dénommée croisade des Albigeois, cette guerre bénéficie de l'onction du pape. Elle va avoir raison de l'hérésie mais son effet le plus tangible sera l'annexion de la région au domaine capétien (ce qui deviendra la France).


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Une hérésie enracinée dans le Midi

Originaires de l'Italie du nord, les cathares recueillent depuis un demi-siècle un succès croissant dans le Midi toulousain en raison de leur doctrine simple et exigeante, fondée sur l'opposition entre le Bien et le Mal. Elle s'inspire de l'enseignement d'un prédicateur perse du nom de Mani (ou Manès) qui a vécu mille ans plus tôt (d'où le nom de manichéisme donné aux différentes doctrines issues de sa pensée).

Les cathares considèrent que l'Église officielle a trahi sa mission dès le pontificat de Sylvestre 1er, sous le règne de l'empereur Constantin le Grand, 900 ans plus tôt ! Ils ne reconnaissent pas le dogme et les enseignements de l'Église catholique mais se revendiquent eux-mêmes chrétiens et se désignent sous cette appellation ou encore sous celle d'amis de Dieu. Mais ils condamnent l'Ancien Testament ) et tout ce qui concerne la création du monde terrestre, attribués à une puissance néfaste, le diable.

Ils voient dans le Nouveau Testament l'oeuvre du véritable Dieu parce que, par la voix de Jésus-Christ, il annonce le «Royaume de Dieu», lequel n'est pas de ce monde. Pour eux, Jésus ne peut pas être Dieu fait homme ni avoir de nature humaine comme le prétend l'Église catholique car cette nature est mauvaise comme le créateur qui en est à l'origine. Ils tiennent pour indigne de considérer qu'il ait pu en tant que Dieu subir le supplice de la croix. Jésus est un ange ou un fantôme (en grec phantasma), sans véritable enveloppe charnelle.

Pour les cathares, les hommes sont des âmes que le diable a emprisonnées dans une enveloppe charnelle. Après la mort, les bienheureux ont le privilège de voir leur âme réunie à leur «corps glorieux» qui est resté au ciel, auprès de Dieu.

Les cathares ne reconnaissent qu'un seul sacrement, le «consolamentum», qui efface toutes les fautes passées et garantit la vie éternelle. Celui-ci n'étant donné qu'une fois, seuls les Bonshommes et les Bonnes Femmes (appellation usuelle des prédicateurs cathares) se sentent assez fermes dans leur foi pour le demander en pleine force de leur âge. Les fidèles d'un naturel peu religieux, quant à eux, font en sorte de l'obtenir seulement dès qu'ils sentent venir la mort, afin de ne pas mourir en état de péché.



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Avantage aux cathares

Les prédicateurs cathares du Midi sont servis par l'image déplorable que donne du catholicisme le clergé local. Prélats et curés se vautrent volontiers dans la luxure mais ne s'en montrent pas moins exigeants à l'égard de leurs ouailles en termes de morale.

Au contraire, les parfaits (nom usuel que les inquisiteurs donnent aux Bonshommes et Bonnes Femmes) affichent une austérité irréprochable, empreinte de douceur et de sérénité mais témoignent d'une grande compréhension envers les écarts de conduite de leurs fidèles. Ils vivent chastement et s'interdisent toute nourriture carnée, prenant au pied de la lettre le commandement biblique : «Tu ne tueras point».

Contre eux, Saint Bernard de Clairvaux, conseiller des rois et prédicateur de la deuxième croisade en Terre sainte, tente sans succès de réveiller les consciences catholiques. Lui-même se plaint de trouver des églises désertées par les fidèles.

Le concile oecuménique Latran III, en 1179, prend acte des progrès de l'hérésie dans le canon 27 que cite l'historien Michel Roquebert dans son Histoire des cathares : «Dans la Gascogne, l'Albigeois, le Toulousain et en d'autres lieux, la damnable perversité des hérétiques dénommés par les uns cathares, par d'autres patarins, publicains, ou autrement encore, a fait de tels progrès...».

En 1206, suite à une rencontre inopinée avec les représentants du pape sur une route du Languedoc, l'évêque castillan Diego d'Osma et son chanoine Dominique de Guzman (ou de Caleruega) tentent à leur tour de remettre les hérétiques dans le droit chemin.

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Le futur Saint Dominique donne l'exemple de la pauvreté évangélique. Comme les parfaits, il parcourt pieds nus les campagnes. Il fonde dès 1206 à Fanjeaux, petite ville du Lauragais, un monastère avec d'anciennes hérétiques converties puis à Toulouse, en 1216, une communauté de frères prêcheurs dont les membres sont aujourd'hui connus sous le nom de dominicains.

Mais ses prédications se révèlent impuissantes à éradiquer l'hérésie. Celle-ci attire tant les paysans que la bourgeoisie des villes. Elle bénéficie de la protection bienveillante des seigneurs. Elle arrive même à se structurer en Église véritable, avec quatre évêchés : Albi, Agen, Toulouse et Carcassonne. C'est en définitive la croisade qui en aura raison.


André Larané.

 

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