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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 10:24

Les couleurs au Moyen âge.

 

 

 

 

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C’est au Moyen Âge que le bleu est peu à peu devenu, à partir du XIIe siècle, la couleur emblématique de l’Occident chrétien. Couleur de deuil éclaircie, égayée, elle est devenue celle de la Vierge. Suger puis saint Bernard, par l’influence qu’ils eurent sur le roi en firent peu à peu, sur un terrain cependant favorable, la couleur royale ; associée au lys, lui aussi marial. Les couleurs ont au Moyen Âge, une valeur ; participant de la lumière elles sont aussi une émanation de Dieu.

Certains théologiens s’en méfient toutefois, car elles représentent pour eux le côté dangereux, séduisant, inutile et vain de la beauté. Saint Bernard associera les couleurs à la beauté féminine, et sera hostile à leur présence sur les vêtements des moines. Une couleur trop riche détourne le fidèle et constitue un obstacle à sa piété. Ainsi la relative rigueur de nos costumes contemporains provient-elle du De vestitu (Du Vêtement) de Melanchthon, et des considérations de Calvin, Luther et Zwingli sur l’immoralité des teintes chaudes ou trop claires.

Avant, les couleurs principales étaient le rouge, le noir et le blanc. Le bleu s’intégrera petit à petit à ces trois pôles, amenant avec lui le vert, le jaune… et révolutionnera un ordre de couleurs existant depuis la protohistoire.

La couleur bleue existait avant le Moyen Âge, mais sans nom particulier, ne comptant pas. Les termes latins ne suffisaient pas à la définir, ni à la conceptualiser, ainsi, les Romains ignoraient cette couleur ou la tenaient pour insignifiante.

L’émergence du bleu, au cours du XIIIe siècle est surtout due à la possibilité nouvelle de teinter efficacement et durablement les tissus en un bleu plus vif que jusqu’alors. Le rouge, qui était plus facile à obtenir, sera alors sérieusement concurrencé. Ainsi tout au long du XIIIe siècle le rouge sera peu à peu remplacé par le bleu dans les vêtements aristocratiques. Ce n’est cependant pas seulement la couleur qui fait le rang social : roi et paysans peuvent tous deux porter du bleu, c’est l’éclat du vêtement qui fera son prix. Une belle couleur étant une couleur franche, presque saturée.

La couleur sert cependant à classer, distinguer ou désigner (les ordres monastiques sont ainsi désignés par la couleur de leur robe). Dans certaines régions, les exclus sont tenus de porter certaines couleurs qui vont les distinguer ; d’autres couleurs leur étant interdites.

Par leur valeur et leur symbolique propre les couleurs seront aussi associées aux caractères, la mode faisant et défaisant les vogues. Ainsi le jaune qui, très recherché dans l’Antiquité, est désormais l’avant dernière de nos couleurs préférées. Au Moyen Age il représente la couleur de la fausseté et de la trahison (Judas est ainsi toujours représenté vêtu de jaune, la barbe et les cheveux roux). L’or, très souvent utilisé à partir du XIIe siècle, sera considéré comme le bon jaune. Quant au vert, s’il est associé au jaune, il sera lui aussi la couleur du désordre et de la folie.

D’autres teintes assumant le rôle de mauvaises couleurs, le noir s’en trouvera moins dévalorisé. D’un noir terne et inquiétant des ténèbres, on passe au bon noir de la tempérance et de la modestie. Le XVe siècle devint partout le siècle du noir, l ’association du noir au deuil étant un phénomène plutôt récent.




La symbolique des couleurs

Argent
(blanc)
Vertus ou qualités : pureté, chasteté, justice, espérance, étérnité
Vices ou péchés : mort, désespoir, ambiguïté

Or (jaune)
Vertus ou qualités : richesse, noblesse, foi
Vices ou péchés : avarice, fausseté, félonie, trahison, paresse, envie

Gueules (rouge)
Vertus ou qualités : force, courage, largesse, charité
Vices ou péchés : orgueil, cruauté, colère

Azur (bleu)
Vertus ou qualités : loyauté justice, sagesse, science, fermeté, amour fidèle
Vices ou péchés : sottise, roture, bâtardise

Sable (noir)
Vertus ou qualités : humilité, patience, tempérance, pénitence
Vices ou péchés : deuil, désespoir, mort

Sinople (vert)
Vertus ou qualités : beauté, jeunesse, vigueur
Vices ou péchés : désordre, folie, amour infidèle, avarice

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Jehanne - dans La Société
25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 10:38
Les redevances seigneuriales.



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Les redevances que doit un paysan à son seigneur sont doubles : foncières et banales.
Les redevances foncières sont en quelque sorte le prix de la location des terres cédées aux paysans ; elles sont payables en argent, c'est à proprement parler le cens, ou en nature. Elles comprennent également un certain nombre de journées par an, voire même par semaine, réservées au travail des terres non affermées de la seigneurie.
Les redevances banales sont variées : obligation, pour les paysans, d'utiliser, en payant, le moulin banal, le four banal, le pressoir banal ; "corvée", c'est-à-dire réquisition des paysans pour l'entretien du château, des routes, l'abattage des forêts, etc. Et souvent, sous prétexte de se faire aider, le seigneur exige le paiement arbitraire d'une "taille".


Les principales ressources nobiliaires sont les suivantes :

- la taille : impôt direct sur les roturiers,
- la gabelle : impôt sur le sel,
- les fouages : redevance par maison ou par feu,
- les taxes sur le fonctionnement du four banal, du moulin, sur le travail du bouilleur de cru,
- les droits de passage sur les ponts,
- les jours de corvée.

Aucun noble ne pouvant se payer le prix d'une jacquerie, pour que les manants ne soient pas enclins à la révolte face à ces impots, les seigneurs, en accord avec l'Eglise, accordent de nombreux jours fériés où le peuple fête ses saints patrons, la venue du printemps ou la salaison du cochon.


Revenus royaux


1179 : 20.178 livres pour 41 prévotés

1180 : 20.000 Livres Tournoi
1185 : 24.607 Livres pour 52 prévotés
1200 : 35.000 Livres Tournoi
1203 : 34.719 pour 62 prévotés

1355 : octroi spécial accordés par les pays du nord et du sud : 5.400.000 livres de subsides pour une armée de 30.000 hommes pour un an. (= 5% des transactions nationales).
1360 : 1.500.000 Ecus
1423 : octroi spécial accordés par les pays du nord et du sud : 1.300.000 livres tournois.
1426 : octroi spécial accordés par les pays du nord et du sud : 1.182.000 livres tournois.
1439 à 1444 : octroi spécial : 2.698.000 livres tournois (oil : 918.000, oc : 1.800.000).
1460 : 1.800.000 Livres Tournoi
1461 : 1.800.000 Livres Tournoi dont 1.200.000 pour la Taille
1481 : 4.600.000 Livres Tournoi pour la taille
1483 : 100.000 Livres Tournoi pour le domaine (5.500.000 Francs de 1914)

655.000 Livres Tournoi pour aide et gabelle (36.000.000 Francs de 1914)

3.900.000 Livres Tournoi pour la taille (214.500.000 Francs de 1914)
1490 : 3.900.000 Livres Tournoi pour la taille (214.500.000 Francs de 1914)


Voirie

"Denier de la chaussée" : impot pour l'entretien de la voirie à Troyes dès 1270.

"Droit de Chaussage" : impot pour l'entretien de la voirie à Reims.


Impots pour la voirie à Dijon en 1428 :

16 deniers tournois par mine de blé à moudre,

20 sous par queue de vin déchargée dans l'agglomération.
6 deniers par boeuf entrant ou sortant,
3 deniers par vache entrant ou sortant,
2 deniers par porc entrant ou sortant,
1 denier par ovin/caprin entrant ou sortant,
et sur les chariots en fonction du nombre de roues et du ferrage.


Impots pour la voirie à Dijon en 1374 :

1 gros tournoi d'argent par an par toise de mur ou jardin de la maison au propriétaire (devant, derrière ou sur les cotés).

1 gros viez d'argent/an au locataire.
1 denier tournoi / roue ferrée.
1 obole tournoi / roue non ferrée.
1 denier tournoi par cheval, jument, mule, mulet, ane, anesse, boeuf, vache, porc ou truie qui entre dans la ville.
1 obole (1/2 denier) pour les autres bêtes à 4 pattes.


Impots pour la voirie à St Omer depuis 1320 :


2 deniers par chariot à 4 roues,

1 denier par charrette à 2 roues,
1 maille par cheval de bat.


Les impots ne taxent pas beaucoup les riches en ville :

0,4% des revenus des riches

1% des revenus des moyennement aisés
0% des revenus des pauvres


Amendes

Pour vendre son vin en dehors des périodes permises : 60 sous d'amende

On a une amende si on utilise un four personnel au lieu du four seigneurial.
Pour avoir fait du mauvais platre : 5 sous d'amende (2 à une chapelle, 2 au maitre du métier, 1 à celui qui aura mesuré le platre).
Si un marchand veut quelquechose de mauvaise qualité, il risque une amende de 5 à 20 sous sous St Louis.
A Nantes en 1468, si on jette ses ordures là ou c'est interdit :

prison + 60 sous au chef de famille,

prison + 7 sous 6 deniers aux autres.

A Nantes en 1468, si on ne nettoye pas devant chez soi : 60 sous d'amendes.

A Troyes, au 15eme, si on a une arme sur soi, elle est confisquée et on a 10 sous d'amende.


Rançons
Rançons du roi Jean Le Bon :


1ere : le Sud-Ouest (le Poitou), l'hommage de Bretagne, 4.000.000 Ecus

2eme : Touraine/Anjou/Maine/Normandie
3eme : Aquitaine/Loire au Massif Central/Pyrenees (1/3 du royaume), Calais + marches, Ponthieu + Guines, 3.000.000 d'Ecus payés en 3 ans (13,5 Tonnes d'or)

Rançon de Du Guesclin : 100.000 F

Rançon de Charles d'Orléans en 1440, 400.000 écus d'or
Rançon d'une noble dame en 1438, 1400 écus.

Louis XI paie à Edouard IV 75.000 écus pour qu'il ne fasse pas la guerre en France, avec une rente de 50.000 écus.



Taxes

Pour faire du pain : sous St Louis un boulanger paie 43 deniers par an pendant 4 ans.

En Septembre 1436, un hotteur paie une taxe de 2 blancs pour entrer dans Paris, une charette de cuves de vignes : 8 blancs, 2 charettes : 16 blancs ; 3 charettes : 8 sous parisis.
Vers 1436, les garnisons au alentour de Paris taxent les vignerons de 8 à 10 queues de vin pour la saison.
Taxe de pont en Mai 1441 à Paris : une charette pleine paie 6 doubles, un chariot plein paie 12 doubles.
La taxe sur la bière rapporte 26400 F en Janvier 1429 à Paris.
La taxe sur le vin rapporte 2200 F en Janvier 1429 à Paris.

La douane des ports Carolingiens (Dorestad, ...) taxe de 10% toute marchandise qui y transite (avec des exceptions pour certain).


La location d'un étal à la foire de Reims, coute 6 deniers à partir de 1345 ; rien si l'étal est mobile.

En 1411, il coute 2 à 16 sous, à la tête.
En 1412, à Reims, un étal de 7 pieds de long paie 12 deniers. Plus de 7 pieds de long paie 2 sous parisis. Si on refuse de payer, l'amende est de 40 sous parisis.
L'amende pour un étal non autorisé est de 22 sous 6 deniers en 1428 à Reims.
En 1428, à Reims, un étal portatif ne paie pas de taxe ;
un étal de cordonier, retingotier, quincailler, de moins de 7 pieds de long, paie 6 deniers parisis ; plus de 7 pieds de long, paie 12 deniers parisis ;
un étal de boucher de moins de 7 pieds, paie 12 deniers ; un étal de boucher de plus de 7 pieds de long paie 24 deniers.

Au 12ème siècle, à Cologne, un paysan paie 6 marks à l'intendant et 3 au prieur de la cathédrale comme taxes annuelles.


Au 12ème siècle, sur le domaine de Rommersheim, les taxes annuelles à l'abbaye sont par manse :


1 porc de 20 pfennigs

1 livre de lin
3 poulets
18 oeufs
1/2 chargement de vin en Mai et en Octobre
5 charretées de fumier
5 javelles d'écorce d'arbre
12 charretées de bois
du travail au fournil et à la brasserie
le transport de 50 planches ou 100 bardeaux à l'abbaye pour le toit de l'église
garder les cochons 1 semaine dans la forêt
travailler 3 arpents de terre 3 jours par semaine
livrer 5 boisseaux de grains de 40 km de distance
surveiller la grange
entretenir une plate bande du jardin
les femmes doivent coudre les culottes Lorsque l'abbé vient en visite, les paysans doivent fournir collectivement 4 boeufs et 1 chariot pour les déplacements.


Taxe sur les juifs par Philippe Auguste :
en 1202, elles rapportent 1200 livres

en 1217, elles rapportent 7550 livres
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Jehanne - dans La Société
3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 16:31
La femme en ville au Moyen âge.








Les femmes se passionnent rapidement pour le jeu de cartes dont la grande vogue date du règne de Charles VII. La chose s'explique aisément.
Exclues dans une large mesure des jeux d'exercice, ne pouvant jouer aux dés sans être mal vues si elles occupent un certain rang, elles trouvent dans les cartes l'occasion de mêler hasard et réflexion. Il s'agit, en outre, d'un jeu d'intérieur, ce qui leur convient parfaitement. Dans cet intérieur où elles se retrouvent pour bavarder, en particulier le soir à la veillée. Une habitude que n'apprécient guère les autorités ecclésiastiques qui redoutent des indé­cences. Un mandement de 1493 relatif au diocèse de Saint-Brieuc rappelle l'interdiction de tenir de telles réunions «dans notre cité et le diocèse entier».

Si les femmes n'ont pas le droit d'exercer la médecine, quelques-unes pourtant réussissent dans ce domaine, telle Jacqueline Félicie de Almania, connue par le procès que lui intentent les régents de la Faculté de Paris. Elle agit en vrai médecin, mirant les urines et prenant le pouls. Plusieurs patients viennent témoigner en sa faveur, affirmant qu'elle les a guéris, alors que d'autres médecins n'y parvenaient pas. L'un d'eux affirme qu'il a fréquemment entendu l'accusée dire qu'elle s'y connaît davantage en matière de médecine et de chirurgie que les praticiens parisiens les plus renommés. Jacqueline elle-même déclare que l'ordonnance qui est à l'origine du procès a pour but d'empêcher les ignorants d'exercer la médecine; elle ne la concerne donc pas puisqu'elle possède savoir et expérience. En outre, les doctoresses, ajoute-t-elle, sont nécessaires parce que de nombreuses femmes éprouvent de la honte à montrer à des hommes leurs organes intimes.Des femmes travaillent le cuir, d'autres le métal. En 1415, à Toulouse, les balles des boursiers (fabricants de bourses) poursuivent le ceinturier Hélie Olivier et son épouse Agnès, accusés d'exercer le métier de boursier de façon illégale. Agnès déclare qu'elle est demeurée plus de douze ans en ce métier et le connaît. Une transaction intervient. Moyennant le paiement des frais du procès, des droits d'entrée et l'exécution d'un chef-d'œuvre, Agnès est autorisée à travailler comme boursière, avec un seul apprenti, sans que son mari puisse l'aider. La place des femmes dans l'artisanat est donc loin d'être négligeable. A en juger par les sources, la condition de la femme est pourtant loin d'être toujours agréable. Au cours du Moyen Age, sa condition a d'ailleurs évolué, se détériorant à la fin de cette période. Ainsi, la veuve de l'artisan suscite des réticences, car on voit en elle une concurrente, alors que l'épouse se borne à aider son mari. Pourtant, la situation des femmes médiévales pourrait être enviée par leurs semblables du XIX' siècle. Il faudra d'ailleurs attendre ces dernières décennies pour qu'elles retrouvent dans certains domaines la situation qu'elles occupaient alors.
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Jehanne - dans La Société
3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 16:24
La symbolique des gisants.



gisant de Du Guesclin à Saint Denis.



Alors que les gisants du XIIIe siècle sont quelques peu hiératiques, les gisants de Philippe III le Hardi, de Philippe IV le Bel et surtout celui d'Isabelle d'Aragon, belle-fille de Philippe III le Hardi, développent une image plus réaliste qui, peu à peu s'imposera.

Aux pieds des gisants de femme, le plus souvent, on trouve fréquemment des chiens, signe de fidélité. Mais cette fidélité représente plutôt celle du chien-guide dans les royaumes souterrains de la mort. Le lion, souvent aux pieds des hommes, représente la puissance, la force, mais aussi la Résurrection, car une légende assurait que le lionceau n'ouvrait les yeux que trois jours après sa naissance.

Au Moyen Âge, on réalisait généralement trois gisants : un gisant d'entrailles, un gisant de cœur et un gisant de corps. Le roi était ainsi honoré par trois tombeaux.

Cette multiplication des sépultures résulte des difficultés de conservation des corps lors de leur transport. Après le décès, on ouvre le ventre du défunt et on en retire les viscères. Puis on procède à l'ablation du cœur.

On identifie un gisant de cœur par la présence d'un petit cœur sculpté dans la main gauche du personnage et un gisant d'entrailles par la présence d'un petit sac dans une main. A Saint-Denis, se trouvaient les gisants les plus nobles, les gisants de corps.

Les techniques de conservation des corps étaient rudimentaires au Moyen Âge. Pendant le transport, on le recouvrait de sel, d'aromates et de vin qui jouait alors un rôle d'antiseptique. Plus surprenante fut la coutume, notamment utilisée pour Saint Louis, qui consistait à faire bouillir le corps afin de séparer les chairs et les os. Lorsque le souverain mourut de la dysenterie à Carthage, les chairs du saint roi furent enterrées à la cathédrale de Monreale, en Sicile et les ossements transportés à Saint-Denis.

Du col de la Chapelle, située au Nord de Paris, jusqu'à l'abbaye royale, Philippe III le Hardi transporta sur ses épaules les cendres de son père ; un parcours qui sera plus tard jalonné de sept stations de pèlerinages identifiées par des croix et des sculptures royales, les Montjoies.
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Jehanne - dans La Société
3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 16:17
Les femmes et les croisades.






La direction et le fonctionnement de la société n'est-elle pas plus une affaire d'hommes que les croisades. Et ce, contrairement aux récits qu'en ont fait les historiens. Une multitude de femmes se sont engagées dans les rangs des croisés, souvent aux côtés de leur chevalier de mari. Anne Comnène, fille de l'empereur Alexis, relate l'arrivée des premiers croisés à Byzance. Elle décrit un certain nombre de femmes nobles à cheval ou en litière et d'autres cheminant à pied avec les hommes. Loin d'être des épouses faibles et soumises entraînées malgré elles par leur mari, certaines vont au contraire jusqu'à combattre auprès des soldats, équipées comme eux. Ainsi les épouses des Normands de Sicile, ou Ida d'Autriche qui se joint à Guillaume le Troubadour pour la première croisade, ou encore Florine, fille du duc Eudes I" de Bourgogne qui aurait combattu et rendu l'âme aux côtés de son fiancé Suenon, fils du roi de Danemark. Anne Comnène est frappée en particulier par la Normande Sichelgaïte, épouse de Robert Guiscard, capable de combattre comme un soldat, allant même jusqu'à pour­suivre les déserteurs pour les ramener sur le champ de bataille.

Lors du siège de Saint-Jean-d'Acre en 1191, le chroniqueur Jordan Fatosme raconte que les femmes «montèrent aux remparts et portèrent les munitions; il n'y avait aucune fille ni femme qui ne portât sa pierre jusqu'au rempart pour la jeter». Cela dit, la plupart d'entre elles assument plutôt un rôle actif de soutien et d'encouragement, participant aux travaux des hommes, leur apportant l'eau et les vivres et soignant les blessés. Mais elles ne sont pas plus épargnées qu'eux par les combats ou par les famines. Elles sont tuées ou faites prisonnières par centaines, voire réduites à l'esclavage lors de la chute des Etats de Terre sainte.
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Jehanne - dans La Société
16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 09:54
Durée de la journée de travail au Moyen âge.






En matière de durée de la journée de travail, l'idée qui paraît animer les règlements du XIIIe siècle et qui se justifie par des considérations de bon sens, d'humanité et d'intérêt professionnel sainement entendu, est la suivante : il n'est ni juste, ni avantageux de surmener l'ouvrier ; la fixation de la journée de travail ne doit donc pas être abandonnée à l'arbitraire des patrons, mais doit au contraire être réglementée par les statuts de chaque corporation, conformément à l'équité et aux usages.

Cette idée admise, il restait à déterminer les limites de la journée de travail. La presque unanimité des statuts en fixe le commencement au lever du soleil ou à l'heure qui suit ce lever. Pour beaucoup de métiers, le signal précis de la reprise du travail était donné par le son de la corne annonçant la fin du guet de nuit. En revanche, le travail ne finissait pas à la même heure pour tous les métiers. Parfois, il ne se terminait qu'à la tombée de la nuit, c'est-à-dire à une heure variable selon les saisons. Parfois, au contraire, le signal de la cessation du travail était donné par la cloche de l'église voisine sonnant complies, ou par le premier crieur du soir comme pour les batteurs d'archal ou les faiseurs de clous. D'autres métiers quittaient l'ouvrage plus tôt encore, à vêpres sonnées : ainsi des boîtiers et des patenôtriers d'os et de corne.


Le motif le plus souvent donné pour justifier cette limitation de la durée du travail est la crainte que la fatigue de l'ouvrier et l'insuffisance de la lumière n'exercent une influence fâcheuse sur la qualité de la fabrication. « La clarté de la nuit, dit le statut des potiers d'étain, n'est mie si souffisanz qu'ils puissent faire bone œuvre et loïal ». Mais l'intérêt de l'artisan lui même n'est évidemment pas étranger à l'adoption de cette mesure. D'après le statut des baudroiers, la limitation de la journée de travail a été instituée « pour eux reposer ; car les jours sont loncs et le métier trop pénible » (Livre des Métiers).

Par exception, quelques rares corporations autorisent le travail de nuit (ouvriers de menues œuvres d'étain et de plomb, teinturiers, tailleurs d'images, huiliers, boursiers). Chez les foulons, le travail finissait au premier coup de vêpres (en carême, à complies), ce que les statuts expriment en disant que les valets ont leurs vesprées (leurs soirées). Mais si le maître avait métier (besoin d'eux), il pouvait les allouer par contrat spécial pour la durée de la vêprée, après s'être entendu avec eux sur le prix. Toutefois cette vêprée ne pouvait se prolonger au delà du coucher du soleil, ce qui signifie sans doute ici : jusqu'à la disparition complète du soleil. La journée ouvrable était ainsi, moyennant un salaire supplémentaire, allongée de deux ou trois heures.

Les règles qui précèdent permettent de déterminer assez exactement la durée de la journée normale de travail dans les corps de métier. La journée, commençant presque uniformément avec le jour (ou tout au moins dans l'heure qui suivait le lever du jour) et se terminant le plus souvent au soleil couchant, sa durée était évidemment variable selon les saisons. Théoriquement, cette durée de la journée de travail eût dû varier d'un minimum de 8 heures 1/2 en hiver à un maximum de 16 heures en été. Mais ce maximum de 16 heures n'était jamais atteint, et le travail effectif ne devait dépasser en aucune saison 14 heures à 14 heures 1/2. En effet, les règlements ou la coutume accordaient à l'ouvrier deux repos d'une durée totale d'environ 1 heure 1/2 pour prendre son repas (chez les ouvriers tondeurs de drap, au XIVe siècle, il était accordé une demi-heure pour le déjeuner et une heure pour le dîner) ; en outre et comme il vient d'être dit, dans un grand nombre de métiers, le travail se terminait en toute saison à complies (7 heures), ou même à vêpres (4 heures du soir).

Quelques statuts renferment des dispositions spéciales. Ainsi, les statuts des foulons du 24 juin 1467 paraissant constater un ancien usage, fixent la durée du travail en hiver à 11 heures (de 6 heures du matin à 5 heures du soir) ; et en été à 14 heures (de 5 heures du matin à 7 heures du soir) ; mais il y a lieu de déduire de cette durée au moins 1 heure 1/2 pour les repas, ce qui suppose une journée de travail effectif de 9 heures 1/2 en hiver, à 12 heures 1/2 en été. Chez les ouvriers tondeurs de drap, la journée d'abord fixée en hiver à 13 heures 1/2 avec travail de nuit fut réduite en 1284 à 9 heures 1/2 par suite de la suppression du travail de nuit ; en été, ces ouvriers commençaient et finissaient le travail avec le jour.

En résumé, dans les métiers où le travail commençait et finissait avec le jour, la journée variait, déduction faite du temps des repas, de sept à huit heures en hiver à environ quatorze heures en été. Pour d'autres métiers en assez grand nombre, la journée de travail effectif évoluait entre huit à neuf heures en hiver et dix à douze heures en été.

La journée de travail de l'artisan du Moyen Age telle qu'elle vient d'être évaluée paraît au premier examen plus longue que celle de l'artisan moderne : elle était surtout plus irrégulière. Mais pour se faire une idée de la somme de travail fournie annuellement par l'ouvrier, il ne suffit pas d'apprécier la durée de la journée de travail, mais il faut tenir compte du nombre de jours de chômage consacrés au repos ou à la célébration des fêtes. Si l'on prend en considération cet élément d'appréciation, il devient évident que l'on n'exigeait pas de l'ouvrier du Moyen Age un travail sensiblement supérieur à celui de l'ouvrier du XIXe siècle : l'artisan du XIIIe siècle paraît même avoir été sous ce rapport plus favorisé que celui du XIXe siècle. L'énumération suivante des chômages obligatoires démontrera cette proposition. Le chômage est partiel ou complet selon les circonstances.



Chômage complet .


Le travail est entièrement suspendu à certains jours consacrés au repos et à la célébration de cérémonies religieuses. Il en est ainsi :

1° Tous les dimanches de l'année. L'interdiction du travail se retrouve dans tous les registres des métiers et est sanctionnée par de sévères pénalités. On lit notamment dans les Registres du Châtelet, à la date du 17 mars 1401 : « Condémpnons Jehan le Mareschal esguilletier en 10 sols tournois d'amende pour ce que dimanche passé il exposa esguillettes en vente ».
2° Les jours de fêtes religieuses. Ces fêtes étaient alors très nombreuses, et le statut des talemeliers les énumère. La liste en est longue :

Les fêtes de l'Ascension et des Apôtres, le lundi de Pâques et la Pentecôte, Noël et les deux jours qui suivent Noël

Janvier. - Sainte Geneviève et l'Epiphanie
Février. - La Purification de la Sainte Vierge
Mars. - L'Annonciation
Mai. - Saint Jacques le Mineur et saint Philippe ; l'Invention de la Sainte Croix
Juin. - La Nativité de Saint Baptiste
Juillet. - Sainte Marie Madeleine ; Saint Jacques le Majeur et Saint Christophe
Août. - Saint Pierre ès-Liens ; Saint Laurent ; l'Assomption ; Saint Barthélemy
Septembre. - La Nativité de la Sainte Vierge; l'Exaltation de la Sainte Croix
Octobre. - Saint Denis
Novembre. - La Toussaint et les Morts ; la Saint Martin
Décembre. - Saint Nicolas
Au total 27 fêtes auxquelles il faut en ajouter sans doute encore, si l'on veut tenir compte des chômages collectifs ou individuels, une demi-douzaine d'autres : la fête du saint patron de la confrérie, celle des saints patrons de la paroisse, de chaque maître en particulier, de sa femme, etc. En somme le travail était complètement suspendu chaque année pendant environ 80 à 85 jours.



Chômage partiel.


L'ouvrier bénéficie d'une réduction de la journée de travail :

1° Tous les samedis, soit 52 jours par an
2° Les veilles ou vigiles de fêtes religieuses communément chômées « que commun de ville foire ». Ces veilles de fêtes représentent un nombre de jours sensiblement moindre que les fêtes elles-mêmes, car on ne compte qu'une vigile pour Noël contre trois jours fériés (Noël et les deux jours suivants) ; qu'une vigile contre les deux fêtes consécutives de la Toussaint et des Morts, etc. Les vigiles de certaines fêtes comme celles du patron de la confrérie, du patron de l'église paroissiale, etc., n'étaient pas chômées. Il n'en reste pas moins une vingtaine de vigiles de fêtes pendant lesquelles on chômait une partie de la journée. Il s'ensuit que pendant 70 autres journées environ le travail quotidien était sensiblement diminué.

Mais ici se pose une question très délicate. Dans la majorité des métiers le travail doit cesser le samedi au premier coup de vêpres ; dans certains autres à none ou à complies ou à tel signal donné par les cloches d'une église voisine. Parfois la cessation du travail à lieu : en charnage après vêpres ; en carême à complies. A quelles heures correspondaient ces offices et quel temps désignent ces dénominations charnage et carême. On est d'accord pour admettre que none correspondait à trois heures de l'après-midi. Mais en ce qui touche l'heure réelle de la célébration des vêpres et des complies au Moyen Age, de sérieuses divergences se rencontrent entre les érudits.

D'après de Lespinasse, l'heure de vêpres était au Moyen Age six heures du soir environ et celle de complies neuf heures du soir. La même opinion est adoptée par Eberstadt et par Alfred Franklin (Dictionnaire des corporations des arts et métiers, 1906). En revanche, Fagniez (Etudes sur l'Industrie à Paris au XIIIe siècle) émet cette opinion que vêpres se chantaient à quatre heures et complies à sept heures. Sans prétendre apporter ici une affirmation qui ne pourrait s'appuyer sur des preuves catégoriques, la fixation proposée par. Fagniez semble la plus conforme à la vérité, et nous pourrions même dire que vêpres se chantaient entre 3 et 4 heures (peut-être avec un changement d'horaire selon la saison).

En faveur de ce système milite tout d'abord un argument de bon sens. La disposition des statuts qui ordonne de cesser le travail le samedi à vêpres ou à complies a évidemment pour but, en abrégeant la durée du travail quotidien la veille du dimanche, de permettre à l'artisan d'assister ce soir là aux offices religieux ; c'est une mesure de faveur. Où serait la faveur si le travail ne devait cesser l'hiver pendant les jours les plus courts qu'à 6 heures du soir et l'été pendant les jours longs qu'à 9 heures ? Cette disposition serait alors non plus une réduction, mais plutôt une prolongation de la durée habituelle du travail quotidien qui doit finir normalement avec le jour. Car le jour finit en hiver bien avant six heures et même en juin et juillet, pendant la saison des jours les plus longs, avant neuf heures !

Par exemple, le statut des garnisseurs de gaines et des faiseurs de viroles (titre LXVI) renferme cet article 4 : « Nus du mestier ne doit ouvrer en jour de feste que commun de vile foire ne au samedi en charnage (de) puis vespres, ne en samedi en quaresme (de) puis complies, ne par nuit en nul tans ». Il est clair que cette prohibition de travailler la nuit en nul temps eût été violée chaque samedi en plein hiver si les ateliers étaient demeurés ouverts jusqu'à six heures et chaque samedi d'été où la nuit tombe avant neuf. Si au contraire on fixe vêpres à 4 heures environ et complies à 6 ou 7, il en résulte une abréviation notable de la durée du travail chaque samedi, surtout l'été en ce qui touche ceux des métiers où ce travail du samedi finit en toutes saisons à vêpres.

La tradition ecclésiastique est du reste favorable à cette interprétation. Selon l'abbé Martigny dans son Dictionnaire des Antiquités chrétiennes, « tous les témoignages prouvent que la psalmodie de vêpres - vespertina - avait lieu (dans la primitive église) après le coucher du soleil. Aussi soit en Orient soit en Occident, l'heure de vêpres fut-elle appelée lucernarium parce qu'on allumait les flambeaux pour cet office. On continua à chanter vêpres après le coucher du soleil chez les Grecs comme chez les Latins jusqu'au VIIIe et au IXe siècle. Ce n'est qu'à partir de cette époque que s'introduisit en Occident l'usage de l'Eglise de Rome qui récitait vêpres immédiatement après nones, avant le coucher du soleil ». Nones est fixé d'un avis unanime à trois heures du soir. Il n'est donc pas téméraire de conclure que vêpres devaient être chantées vers 4 heures, peut-être même plus tôt en hiver vers 3 heures ou 3 heures 1/2. La même cloche aurait alors sonné none et vêpres qui suivaient immédiatement none.

Nous disposons à cet égard d'un témoignage fort intéressant. En ce qui touche au moins le XVIe siècle, l'heure de la célébration de vêpres à Paris est fixée par un texte précis. « Tous compagnons apprentys du-dit métier (portent des lettres patentes de Charles IX de juin 1571 confirmant les statuts des patenôtriers d'os et de corne) seront tenuz de laisser besognes les quatre festes annuelles... après le tiers coup de vêpres qui est à trois heures après midy » Le texte cette fois est formel ; il date, il est vrai du XVIe siècle et non du Xllle ; mais dans cet intervalle la fixation de l'heure des vêpres avait-elle changé à Paris ? A priori non. En 1514 en effet, une sentence du prévôt de Paris rendue à la demande des cordonniers, vise une requête de ces derniers disant que par les anciennes ordonnances du dit métier « avait été ordonné que nuls cordouenniers de Paris ne pourront ouvrer le jour du samedi depuis que le dernier coup de vêpres serait sonné en la paroisse ». Ces anciennes ordonnances sont le titre LXXXIV du Livre des Métiers dont le texte est expressément visé dans la sentence de 1514.

Or si l'heure à laquelle vêpres étaient sonnées avait été avancée ou reculée de 1268 à 1514, il paraît presque certain que les cordonniers en requérant en 1514 toute liberté de travailler désormais de nuit comme de jour et le samedi même après vêpres eussent fait mention de ce changement d'horaire ; ils insistent en effet avec détail sur les modifications survenues dans la technique de leur métier (plus grande difficulté dans la façon des souliers), alors qu'ils présentent la réglementation du temps de travail comme demeurée invariable depuis deux cents ans. « Lorsque icelles ordonnances avaient été faites ne y avait à Paris grand nombre de cordouenniers-varlets ne serviteurs et que de présent audit métier l'on ne se réglait sur lesdites ordonnances parce que deux cents ans et plus avaient été faites... » Nous conclurons donc qu'au XIIIe siècle les vêpres devaient être chantées entre 3 et 4 heures. Quant à complies, l'heure de neuf heures paraît également beaucoup trop tardive ; les données précises d'une fixation manquent encore plus que pour vêpres ; mais 6 à 7 heures paraissent bien correspondre à l'esprit des statuts qui font finir le jour ouvrable à complies en charnage pendant les jours longs.

Que faut-il entendre maintenant par charnage et par carême, termes que les statuts de métiers opposent l'un à l'autre pour faire finir le travail du samedi et des vigiles à vêpres en charnage et à complies en carême ? « Le temps du charnage ou carnaval qui précède le carême a été, dit de Lespinasse, employé chez les gens de métier pour désigner les jours courts depuis la saint Rémi (9 octobre) jusqu'aux Brandons, premier dimanche de Carême, comme l'ont dit quelques-uns. Puis le carême et le dimanche des Brandons qui coïncident avec les premiers jours de printemps ont été le point de départ de la saison des jours longs ». L'explication est certes séduisante, certains textes établissant en effet la division de l'année en deux saison: de la Saint-Rémi aux Brandons ; des Brandons à la Saint-Rémi suivante. Mais aucun de ces textes n'identifie clairement les deux termes de cette division avec le charnage et le carême. L'opinion qui considère le mot carême comme comprenant dans le langage des métiers environ six mois de l'année - avril à octobre - la saison des jours longs, cette opinion paraît néanmoins assez vraisemblable ; car il serait étrange que le carême fini, et pendant toute la belle saison (d'avril aux premiers jours d'octobre), on fût revenu à des règles qui ne conviennent qu'à la saison d'hiver. Toutefois on ne peut ici apporter aucune certitude.

En définitive et tout compte fait, il résulte de ce qui précède que l'ouvrier du Moyen Age : 1° commençait et finissait son travail avec le jour. La journée était donc parfois plus courte, parfois plus longue que la journée du XIXe siècle ; 2° l'ouvrier fournissait dans une année un nombre de journées et d'heures de travail plutôt inférieur à celui que l'on exige de l'artisan du XIXe siècle. La moindre activité de la production, l'absence de toute spéculation, la régularité de la demande permettaient au maître de prévoir la quantité et la nature des objets qu'il devait fabriquer sans être obligé d'imposer à l'ouvrier des efforts extraordinaires. L'ouvrier travaillait donc moins longtemps, mais aussi son travail mieux équilibré, moins nerveux, moins surmené était plus soutenu, plus appliqué, plus consciencieux.
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Jehanne - dans La Société
10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 03:39
Lieux de vie d'un château fort.




Le château fort est constitué de plusieurs pièces très froides ayant de petites fenêtres pour empêcher les attaques.


Le donjon.

Le plus souvent, il est rond. Il constitue la demeure seigneuriale et comprend chambres, salles communes, bibliothèque et salle de travail. Aucun mur ne mesure moins de 2.80 m d'épaisseur, les plus massifs dépassant 5 m, et même 7.50 m à la base.






La chapelle.

Une petite chapelle était souvent placée à côté de la chambre du seigneur. Elle était décorée de fresques, de vitraux et d'une croix d'or posée sur l'autel. Chaque matin, le seigneur et son épouse venaient y prier et assister à un office. Les autres personnes se rendaient dans une chapelle plus grande située dans la cour du château .



La cuisine.

En l'absence du seigneur, la cuisine était très calme. C'était une immense pièce où la cheminée occupait une grande place. Les cuisiniers disposaient de différents ustensiles : le mortier (1) qui servait à écraser les herbes et les épices, l'agitateur (2), un pilon (3) pour la viande, une écumoire (4) en métal et différents couteaux (5) pour découper la viande et les légumes.




La grande cheminée en était le seul moyen de chauffage.

Le cuisinier donnait des ordres à ses aides qui coupaient les légumes, plumaient les volailles et frappaient la viande pour l'attendrir. Un jeune marmiton, "le tournebroche", devait tourner la grande tige sur laquelle cuisait la viande. Le pauvre devait rester à côté de l'âtre qui dégageait une chaleur insupportable. Pour cuire le pain, un four en coupole était aménagé dans le coin de la cheminée. Une grande table occupait tout le milieu de la salle. Dessus, toutes les aides préparaient le repas.




La grande salle et les repas.

Les jours de fête, le seigneur organisait de grands banquets. Plusieurs tables étaient donc installées dans la grande salle. La famille du seigneur et les hôtes de marque mangeaient sur la table d'honneur plus haute que celles des autres convives. L'arrivée des serviteurs était toujours précédée d'une sonnerie de trompettes. Les invités de marque étaient alors servis dans des assiettes d'or ou d'argent, tandis que les autres mettaient leurs aliments sur de grandes tranches de pain rassis. Chacun possédait un couteau mais mangeait avec les doigts. Tout comme aujourd'hui, il était fort mal élevé de faire du bruit en mangeant, mais certains seigneurs se moquaient pas mal du savoir-vivre. Les restes du festin étaient distribués aux pauvres qui attendaient à la porte du château.


L'hygiène.

Les latrines (WC) se trouvaient à chaque étage, les unes au-dessus des autres. Les plus hautes débouchaient à l'air libre. Elles étaient composées d'un siège en pierre recouvert d'une bande de feutrine verte pour protéger du froid. Les excréments tombaient soit dans les douves, soit dans une fosse prévue à cet effet. Le seigneur disposait parfois de toilettes privées, appelées aussi garde-robe. Des bandes de toile faisaient office de papier et, afin d'empêcher les mauvaises odeurs, des herbes odorantes étaient jetées sur le sol.




Seuls les gens les plus riches pouvaient s'offrir le plaisir d'un bain chaud et parfumé car cela coûtait extrêmement cher. Pour en prendre un, le seigneur dépensait l'équivalent du salaire hebdomadaire d'un manoeuvre. Le savon à l'huile d'olives parfumé aux herbes fut utilisé dans le sud de l'Europe dès le VIII° siècle. Dans le nord, où l'on se servait d'un produit local fait à base de graisse animale, de cendre et de soude, le savon ne fut introduit que beaucoup plus tard.

Les vêtements sales étaient placés dans un tonneau où on les imprégnait de savon liquide, puis on les battait avec un battoir en bois.

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Jehanne - dans La Société
6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 02:48
Les chaussures médiévales.










Au XIVe siècle, les femmes portaient des bottes mais nous ne sommes pas certain que ce terme ait la même signification que de nos jours.

Au XVe siècle, elles portaient des poulaines, tout comme les hommes, mais aussi des patins dont la destination était de protéger les chaussures légères et fragiles lorsqu'elle sortaient.


Les patins ou les galoches étaient des souliers munies d'une épaisse semelle en bois ou comportant des talons hauts et fabriquées en velours ou cuir gravé et décoré. Habituellement, elles étaient portées sur des chaussures légères. Parfois articulées, elles pouvaient être maintenues par des lanières de cuir sur le dessus du pied. Ce type de chaussure fut porté au Moyen-Age et au XVIe siècle.


Le bois était parfois remplacé par le liège. L'utilisation de ferrures pour protéger la semelle était inconnue.


Les souliers pouvaient être décorées de toutes sortes de manière : peinture, gravure, découpes ou estampage.


Les bottes à armer étaient armées de tiges et de mailles d'acier. Elles sont sans doute à l'origine des bottes de cuir portées aux XIVe et XVe siècles par les deux sexes. En porter une seule était d'un grand raffinement.

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Jehanne - dans La Société
4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 02:45
Les coiffes médiévales.









A la fin du XIVe siècle, une coiffe de soie ou une résille perlée recouvrait l'ensemble des cheveux. Dessus était posé un voile qui formait sur la tête une sorte d'auvent, la huve. Celle-ci était maintenue par de longues épingles. Elle pouvait être bordée de plis ou de ruchés.

A la fin du XVe siècle, cette coiffe était surmontée d'un fin bourrelet. Rapidement, il augmenta de proportion et devint plus haut.


Les coiffes à corne comme leur nom l'indique étaient constituées de cornes pouvant varier dans la forme et les dimensions. La coiffe en "pain de sucre" est du même genre mais formée d'une seule pointe. Elles étaient souvent ornées d'un long voile. Toutes ces coiffes furent à la mode jusqu'en 1480. Il faut savoir que le terme de "hennin" couramment utilisé à notre époque ne désigne absolument pas l'une de ces coiffes car il s'agit en réalité d'une dénomination qui pouvait avoir une connotation satirique dans certains cas. En effet, les milieux religieux étaient fermement opposés au port de ce genre de couvre-chef en raison de leurs dimensions excessives et, pour les coiffes à corne, pour leur ressemblance avec les cornes du diable. Cependant, on ignore la signification exacte du mot hennin dont on ne trouve trace nulle part. Le "hennin" apparaît vers 1430 et pouvait atteindre un mètre de haut. Réalisé en papier rigide ou en toile empesée, il était recouvert de soie ou d'une autre étoffe précieuse. Un voile transparent pouvait le recouvrir ainsi que le visage et tomber jusqu'au sol. Ce voile pouvait aussi être fixé sur la pointe du "hennin". Les cheveux qui dépassaient de la coiffure étaient rasés sauf un petit triangle au milieu du front.


Les italiennes ne portèrent pas les coiffes à corne mais plutôt des bourrelets superposés.


A la fin du XVe siècle, les vénitiennes suivirent une mode qui consistait à avoir des cheveux blonds, ramenés en chignon au sommet du crâne.


Les femmes de la noblesse portaient aussi des serre-têtes en or ou en argent.


L'atour de tête est le nom donné aux coiffes volumineuses des femmes de la fin du XIVe siècle au dernier tier du XVe siècle.


La barbette est un voile fixé soit au dessus des oreilles, soit aux cheveux, soit au chapeau. Il cachait le menton et le cou. La barbette et le couvre-chef constituaient ensemble la guimpe qui était portée par les femmes d'âge mûr et les veuves du XIIe au XVe siècle. Une variante de la barbette, qui recouvrait le front et le menton, était surtout portée en France et en Bourgogne par les femmes en deuil.


La barrette est une coiffe souvent confondue avec l'aumusse et utilisée de la fin du XIIIe au début du XIVe siècle. C'était un capuchon plat qui tombait sur les épaules. Elle était portée par les hommes comme les femmes.


Le fronteau est un bandeau d'or ou de soie utilisé comme coiffe par les femmes au XIVe siècle et au début du XVe. On l'appelait aussi chapel d'orfèvrerie.


La huve est une coiffure en forme de cornette évasée en auvent. Elle était maintenue de chaque côté de la tête par de longues épingles. Les pans retombaient sur le cou. Elle fut portée plus particulièrement de la fin du XIVe siècle au début du XVe siècle.


La templette ou templière est une décoration utilisée au XVe siècle, faite en métal sur laquelle s'enroulaient les tresses de la chevelure placées au-dessus des oreilles.


Le touret utilisé du XIIIe au XVe siècle, est constitué d'un voile qui recouvre le front.


Le tressoir est une coiffe constituée d'une tresse d'or ou de soie ornée d'orfèvrerie.

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Jehanne - dans La Société
3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 02:38
Le costume féminin au Moyen âge.









Le concept de la beauté parfaite se définit au XIIIe siècle, plus particulièrement en France et en Italie. La perfection du corps féminin devint plus important. L'apparence extérieure pris également de l'importance. La femme idéale devait porter la tête inclinée vers l'avant, la poitrine aussi plate que possible, le ventre et les hanches mis en évidence et avancés vers le devant.


Vers 1467, les robes se bordèrent de fourrures.


Le costume féminin au Moyen Age présentait certaines caractéristiques générales : le haut du corps était gainé tandis que le bas était allongé par la traîne, la silhouette cambrée au niveau des reins, large sur les hanches, ajusté sur le buste.


Au XIIIe siècle, la mode du ventre arrondis était obtenue grâce à de petits sacs rembourrés.


Les coutures cintrées affinaient la taille. Petit à petit, les détails se multiplièrent : décolleté, coiffure, coudières et découpures...


L'agrandissement du décolleté était une nouveauté.


Les femmes portaient une chemise ainsi que le blanchet en guise de sous-vêtements. La chemise était décolletée et comportait des manches.


Elle était réalisée dans une toile fine ou en soie. Le blanchet, lui, était un costume long, qui pouvait servir de robe de chambre. Il était parfois doublé et fourré, parfois en toile.


La cotte fut remplacée par le corset. Il était constitué de manches courtes qui laissaient passer la chemise. Il était ouvert par une fente lacée.


Habituellement, il était porté sous la robe mais pouvait aussi la remplacer.


Le surcot ouvert était un costume du Moyen Age dont l'usage durera pendant près de deux siècles. Le corsage était fendu et largement échancré des hanches aux emmanchures, il laissait apercevoir la cotte, tandis que le devant formait une espèce de gilet recouvert d'hermine le plus souvent tout comme l'était la bordure des emmanchures.


Le décolleté, d'abord largement arrondi, devint triangulaire au cours du XVe siècle. A la fin du XVe siècle, le col carré plat devint à la mode sous l'influence de l'Italie. Le décolleté triangulaire pouvait atteindre la taille sur le devant et être bordé d'un tissu souvent noir, nommé tassel dont la présence permit de diminuer la profondeur du col et de le transformer en carré. Le touret de col dit aussi gorgias ou gorgerette était un tissu de gaze qui en recouvrait les bords.


Les deux sexes portaient la longue houppelande, boutonnée sur le devant avec de grandes manches serrées au niveau du poignet ou, au contraire, évasées.


Le terme de robe était moins employé que celui d'habit de femmes. On utilisait également celui de cotardie. Il s'agit d'un costume long avec le col pour seule ouverture, dont on relevait le bas pour marcher. Il pouvait être maintenu grâce à une agrafe nommée "troussoir".


Le banolier était une ceinture large qui était placée sous les seins.


Dés le XIVe siècle, une ceinture nommée demi-ceint, était utilisée par les femmes. Elle était constituée par une chaîne en argent sur laquelle il était possible de suspendre divers objets d'usage courant.


Une mode venue d'Allemagne consistait à décorer le bas des robes, les extrémités des cornettes, de déchiquetures en lambeaux feuillus nommés "à la façon d'Allemagne". Cette nouveauté arriva en France vers 1430.


Une autre mode allemande vint en France et également à Venise dés le début du XVe siècle : des manches fermées en forme de sac ballonné remplacaient les manches largement ouvertes.


En Angleterre, ces deux modes furent utilisées dans les vêtements de luxe.


En Espagne, la mode du début du XVe siècle se caractérisait par un détail typique, le vertugo. C'est en Castille, vers 1470 que nacquit l'usage de ces cercles rigides qui deviendront au XVIe siècle le vertugadin français et le farthingale anglais. Cet élément vestimentaire fut utilisé jusque vers 1490 en Castille. C'est la reine Jeanne de Portugal qui en lança l'usage afin de donner suffisamment d'ampleur à ses jupes et cacher à son époux une grossesse dont il n'était pas responsable.


Les dépenses vestimentaires des femmes, même celles concernant les reines et les princesses étaient toujours moins importantes et moins fréquentes que celles des hommes du même rang social.

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