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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 03:11
Les défrichements du Moyen âge.









L’époque féodale est une période importante pour la création et la stabilisation de la toponymie. Dans tous les pays d’Occident, on voit alors apparaître de nombreux noms de lieux issus des défrichements des XI°, XII° et XIII° siècles.

L’essor démographique, le perfectionnement des techniques agricoles et l’amélioration de l’outillage avec l’emploi croissant du fer, libèrent de la main d’oeuvre, favorisent l’essor rural et la colonisation de nouvelles terres dans des zones jusqu’alors peu habitées et peu utilisées.

Dès le milieu du X° siècle les premiers témoignages de défrichements de terres incultes sont signalés. Ils se multiplient ensuite après 1050. A l’initiative des seigneurs et des moines, sous l’action de la cognée des paysans et des frères convers, peu à peu les clairières villageoises s’élargissent, dépassent les lisières des anciens labours et les zones broussailleuses déjà éclaircies par les écobuages temporaires. Ces nouvelles zones prisent sur la friche se lisent encore aujourd’hui sur les cartes topographiques au 1/25 000 ème à travers la présence de certains lieux-dits : « Bussière » (endroit planté de buis), « Buissonnet », « Buisson », « Buissonnière », « Buisset », « Buissard » (mauvais buissons), « Artige », « Artigues », « Artigalas » (grande friche), « Artiganave », « Artiguenave » (friche nouvelle dans le Sud-Ouest), « Artiguebieille » (friche vieille dans le Sud-Ouest), « Lartigues », « Novelles », « Novel », « Noves »...

Les fonds humides et la haute futaie reculent partout et de nouveaux terrains agricoles viennent s’ajouter au terroir villageois. Bois et pâtis sont ainsi refoulés à la périphérie des paroisses, d’abord aménagés en prés de fauche, puis drainés afin de recueillir des céréales ou de la vigne.

Sur les cartes, un peu partout en France, les toponymes dérivés des essarts (terres nouvellement défrichées), « Essards », « Essars », « Essert », « Lessard », « Leyssard », « Issards », « Essartiers », « Esserteaux », « Essertennes », « Essertines », « Esserval », « Dussard », « Dessart » témoignent de l’avancée des fronts pionniers ainsi que les noms de lieux suivants : « Friche », « Frichet », « Routure », « Bouige » (terre en friche dans le Massif central), « Bouzige », « Bouygue », « Bouzigue », « brûlé » (terrain brûlé et défriché par le feu), « Brulat », « Usclat » (terre brûlée par le défrichement), « Usclade », « Erm » (endroit désert dans le Midi), « Herm », « Lherm », « Lhermet », « Delherm », « Lashermes », « Riège » et « Détrie » (mauvais terrains dans le Nord)...

Autour de ces nouveaux espaces agricoles, les hommes s’organisent et créent de nouveaux bourgs et villages neufs de clairières aux toponymes facilement identifiables : « Villeneuve », « Viellenave », « Villenave », « Lavilleneuve », « Villenavotte », « Villeneuvette », « Villenouvelle », « Neuville », « Neuveville », « Laneuveville », « Neuvillette », « Bordes », « Les Bordes », « Laborde », ou encore « Sauveterre » et les « Bastides » et « Sauvetés » gasconnes...

Généralement, ces villages s’allongent le long de la laie forestière ou en bordure des terres cultivables. Les maisons sont alors côte à côte avec, en arrière, de longues lanières de champs étirés appelées « manses ». Enfin, à partir du XIII° siècle, le défrichement est de moins en moins mené dans le cadre du village. Il est désormais l’oeuvre d’exploitants isolés qui donnent naissance à une nouvelle forme d’occupation du sol : un habitat intercalaire où les maisons dispersées, disséminées entre les villages, se multiplient (cf les essarts isolés sur les cartes).

Souvent, les défricheurs finissent par rencontrer aux limites du finage ceux venus des villages voisins, et la ceinture de terres incultes qui jadis isolait entièrement les paroisses tend à se réduire à quelques témoins épars sur les sols les plus ingrats » (Georges Duby, Le Moyen Âge, Paris, PUF, 1956).

Beaucoup de ces établissements portent encore le nom de leur fondateur (ce qui n’est pas négligeable dans le cadre d’une généalogie) : « L’Arnoudière » (la maison d’Arnoud), « Chez Bernier », « Les Rivaux », ... Un simple coup d’oeil sur les cartes topographiques permet d’en repérer quelques uns.

Ces nouvelles parcelles sont souvent entourées d’une petite clairière ou les terres cultivées sont délimitées par une ceinture d’arbres ou de buissons pour se protéger des animaux sauvages. Le Roman de Renard décrit ainsi la ferme d’un riche paysan : « La maison sise au milieu d’un plaisais (clôture faite de buissons entrelacés) est richement pourvue de tous les biens de la terre : vaches et boeufs, brebis, lait et oeufs, et toutes sortes de nourriture ; de poules et de chapons y avait-il à foison. Renard y trouvera de quoi se satisfaire, si seulement il y peut entrer. Mais, je crois, et même je parie, qu’il cherchera longtemps. Car tout était entièrement clos, et le jardin, et la maison, de pieux aigus et gros et longs ; un ruisseau courait tout autour. Au dedans étaient arbrisseaux de toutes espèces. Vraiment, c’était une belle demeure » (cité par MT Lorrain : La France au XIII° siècle, Paris, Nathan, 1975).

Ainsi les grands défrichements du Moyen Age ont modifié profondément l’aspect et la vie des campagnes. De nouveaux terroirs, de nouveaux villages sont apparus au détriment des bois et des friches. La toponymie occidentale s’est enrichie de nouveaux noms de lieux qui, à leur tour, donneront naissance à de nouveaux noms de famille.

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Jehanne - dans La Société
15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 03:10
Corvées, taxes et impôts au Moyen âge.







Le seigneur fait payer cher sa protection, d'abord sous forme de corvées :
- curer les fossés,
- empierrer les chemins
- rentrer du bois,
- rentrer du fourrage...

Puis à mesure que l'argent circule mieux, les corvées sont remplacées par les redevances :
- la taille (sert à payer la protection du seigneur). Elle apparaît après 1050. C'est un impôt direct. A partir du XIV° siècle, la taille devient un impôt royal.
- Les aides (taxes sur le transport des marchandises)
- le cens et le champart (forment le loyer de la terre). Pour avoir le droit de s'installer et de vivre sur la terre d'un seigneur, le paysan paie deux sortes de redevances. Le cens qui est fixe et le champart, calculé en fonction de la récolte ; plus celle-ci est bonne, plus le paysan paie cher.

Les banalités : Ces taxes liées au droit de ban que détient le seigneur étaient si fréquentes qu'elles ont donné le mot "banal" dans notre langage d'aujourd'hui.
Ces banalités coûtent chers aux paysans qui doivent payer un droit pour utiliser le moulin, le pressoir et le four à pain que le seigneur a fait construire et que lui seul a les moyens d'entretenir.

Les serfs doivent payer des impôts particuliers :
- la mainmorte au moment d'un héritage
- le formariage pour se marier à l'extérieur de la seigneurie.

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Jehanne - dans La Société
9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 02:34
Organisation des universités médiévales.




Constituées dans leurs traits essentiels pendant le courant du XIIIe siècle, les universités ont conservé leur organisation générale jusqu'à une époque avancée des temps modernes. Toutes les universités présentent les mêmes rouages fondamentaux, seulement avec des modifications locales : Recteur, Chancelier, Conseil de l'Université, Conservateurs des privilèges et Visiteurs, Nations, Collèges, Facultés, Enseignement, Examens, Grades.

 

 

Recteur.  


Le chef de l'Université portait généralement le nom de rector, qui se trouve, dès l'époque romaine, pour désigner le chef d'une corporation, le gouverneur d'une province, le podestat dans les villes italiennes du Moyen âge, etc. Le recteur représentait l'Université en tant que corporation (universitas). Il était, non seulement le chef de tous les membres de l'Université, au point de vue de l'organisation des études, mais aussi le juge de toutes les causes où les membres de l'Université étaient impliqués, ce qui amena de nombreux conflits avec les autorités civiles (Paris, Oxford). Le recteur était généralement nommé pour une période de très courte durée (six mois, à Paris). Il était élu par une assemblée composée d'abord de délégués des étudiants et des maîtres, puis des maîtres exclusivement. Les étudiants, comme aux temps primitifs de Bologne, ont conservé le droit de vote jusqu'au XIXe siècle, dans les universités d'Écosse, où celles de Glasgow et d'Aberdeen conserveront un recteur triennal élu par les étudiants. Le titre officiel des universités du Moyen âge était universitas magistrorum et scolarium.

 

 

Chancelier.  


Le titre de chancelier est un reste de l'organisation primitive dans laquelle l'écolâtre ecclésiastique était le chancelier de la cathédrale, comme celui de Notre-Dame de Paris. Le chancelier subsista dans quelques universités seulement, telles que Bologne, Montpellier, Vienne, etc., et surtout en Angleterre (Oxford). Il eut longtemps le caractère de délégué de l'évêque du diocèse : à Paris, il représentait, au Moyen âge, l'évêque de Paris ; à Montpellier, celui de Maguelone; à Oxford, celui de Lincoln; à Cambridge, celui d'Ely, etc. Il présidait aux examens, conférait les grades et exerçait la juridiction dans toutes les affaires du ressort des tribunaux ecclésiastiques. Dans les examens de la Faculté de théologie de Paris, il était représenté par le Paranymphus, qui était censé célébrer les fiançailles du candidat avec la science. Il fut toujours considéré comme un fonctionnaire en dehors de l'Université proprement dite, et il était souvent en conflit avec elle, notamment aux premiers temps de l'existence de l'Université de Paris. Le chancelier n'a conservé de l'importance que dans les universités anglaises.

 

 

 

Conseil de l'Université. 


Le recteur gouvernait avec le concours d'un conseil, lequel est lui-même plus ancien que l'institution du rectorat. Les premières associations de professeurs et d'étudiants eurent le caractère des corporations industrielles du XIIe siècle, empreint, en même temps, en Italie, du caractère de l'organisation municipale des villes lombardes. Les conseillers (consiliarii) de l'Université de Bologne apparaissent, dès 1224, comme un corps complètement organisé. Ils étaient élus par les « nations », divisées, au point de vue de l'exercice de leur droit électoral, en petites sections nommées consiliariae, qui élisaient chacune un ou deux conseillers. Dans les premières universités italiennes, le conseil général de l'Université était formé par la totalité des étudiants (congregatio), qui se réunissaient dans une église ou dans un couvent (Bologne). A Paris, ces assemblées eurent lieu d'abord dans l'église Saint-Julien-le-Pauvre, puis dans l'un des couvents des dominicains, bernardins, mathurins, etc. Le droit de prendre part aux conseils fut de bonne heure restreint à ceux des membres qui avaient le grade de «-maître-». 

Un reste des assemblées en masse des temps primitifs se retrouvera dans les mass-meetings des universités anglaises et américaines. Les universités italiennes avaient aussi une sorte de « conseil de perfectionnement » permanent, composé des reformatores studii, et qui prit une si grande importance, au XVe et au XVIe siècles, que toute la direction des affaires de l'Université passa entre ses mains. Les anciennes dénominations de congregatio et convocatio se sont conservées dans les universités anglaises.

Les conseils universitaires rédigeaient les statuts généraux, longtemps transmis par tradition orale et dont les plus anciennes rédactions remontent aux premières années du XIIIe siècle (Paris, Oxford, etc.). Ces statuts se composaient primitivement de quelques prescriptions fort simples relatives aux examens, aux costumes, etc. Tous les membres de l'Université prêtaient serment solennel d'obéissance aux statuts. Les statuts ne pouvaient être révisés que par une commission de statutarii (Bologne). Le sceau de l'Université était enfermé dans un coffret à quatre clefs et chaque doyen de faculté en gardait une (Paris).

 

 

Conservateurs des privilèges.  


Pour mieux défendre leurs droits contre les autorités laïques, les universités se mettaient sous la protection de hauts personnages, généralement ecclésiastiques. Philippe-Auguste nomma le prévôt de Paris conservateur royal des privilèges de l'Université de Paris, mais ce furent ensuite des évêques qui exercèrent cette prérogative. A l'Université de Paris, le conservateur des privilèges fut choisi parmi l'archevêque de Reims ou les évêques de Meaux, Senlis et Beauvais, avec le titre de « conservateur apostolique ». A Oxford, c'étaient les évêques de Londres et de Salisbury; à Salamanque, l'archevêque de Compostelle. Les conservateurs des privilèges avaient leur juridiction spéciale et frappaient les infracteurs au moyen de l'excommunication ou par la cessation des cours publics et la suspension des sermons dans les églises.

Les privilèges des universités consistaient dans le droit de posséder en mainmorte, le droit de ses membres d'être soumis exclusivement à la juridiction universitaire et l'exemption des impôts personnels.

 

 

 

Nations. 


La répartition des membres des universités en « nations » est un des principaux caractères des universités anciennes. Les nations étaient à la fois des associations amicales, des confréries religieuses et de petites corporations, s'administrant elles-mêmes, dans l'intérieur de la grande Université à laquelle elles appartenaient. A la tête de chaque nation se trouvait un procureur (procurator, devenu en anglais proctor) chargé des intérêts matériels et financiers de sa nation. Les nations qui avaient un très grand nombre de membres étaient subdivisées en sections. Bologne comprenait les citramontani (Lombards, Toscans, Romains) et les ultramontani (Français, Picards, Bourguignons, Poitevins, Tourangeaux, Normands, Catalans, Hongrois, Polonais, Allemands, Espagnols, Provençaux, Anglais, Gascons). Les seconds eurent deux nations de plus au XVe siècle (Portugal et Savoie).
Paris avait quatre grandes nations : France, Picardie, Normandie et Angleterre (Allemagne au XVe siècle), subdivisées en « provinces » ou « tribus », ayant chacune leur doyen. Montpellier était divisée en Provence, Bourgogne et Catalogne. Prague comprenait quatre nations (Bohème, Pologne, Bavière, Saxe). La petite Université d'Orléans avait ses dix nations (France, Allemagne, Lorraine, Bourgogne, Champagne, Picardie, Normandie, Touraine, Aquitaine, Écosse) et celle d'Angers en comptait six (Anjou, Bretagne, Maine, Normandie, Aquitaine, France). Les nations portaient les noms des provinces voisines de l'Université et ceux des pays étrangers qui lui envoyaient le plus grand nombre d'étudiants. Les autres pays étaient rattachés à la nation qui leur était le plus congénère : à l'Université de Paris, la Flandre et la Hollande étaient rattachées à la nation de Picardie. Dans les universités allemandes, les nations n'eurent jamais un caractère administratif et individuel aussi développé qu'en France. La division en nations cessa d'être adoptée dans les universités qui furent fondées à partir du XVe siècle, surtout en Allemagne. C'est dans les universités suédoises qu'elle s'est conservé le plus longtemps.

 

 

Collèges


Chaque Université avait comme annexes un certain nombre de collèges, plus ou moins nombreux, suivant les divers pays. Les collèges ne furent, à l'origine, que de simples hôtelleries d'étudiants, où ils se réunissaient par groupes de compatriotes et où les prix de location étaient fixés par l'Université d'accord avec les autorités municipales (statuts de l'Université de Paris de 1215 et 1231). Dans chaque hôtellerie (hospicium ou aula, en français hostels, en anglais hall), les étudiants mirent à leur tête un principal ou proviseur choisi parmi eux ou parmi les professeurs de l'Université. Le pensionnat privé existait aussi dès le XIIIe siècle (paedagogium), mais il ne prit que peu de développement au Moyen âge. 

Dès la fin du XIIe siècle, de riches particuliers fondèrent des collèges, dotés de revenus, dans l'île de la Cité, à Paris. Dès le siècle suivant, ces fondations prirent une très grande extension dans les universités de tous les pays. Les ordres monastiques eurent également leurs collèges pour ceux de leurs membres qui allaient étudier dans les grandes universités. Les collèges portaient les noms de leurs fondateurs (Sorbonne, Harcourt, Lemoine, Du Plessis, etc.), des pays des étudiants auxquels ils étaient destinés (Écossais, Lombards, etc.), plus rarement ceux d'une église ou d'un saint. 

A partir du milieu du XIIIe siècle, les collèges ne furent plus simplement des hôtelleries, mais commencèrent à prendre le caractère de maisons d'éducation, principalement avec la fondation des collèges de Sorbonne et de Navarre. L'enseignement qui y fut donné n'eut d'abord que le caractère de simples répétitions des cours de l'Université, données par des maîtres qui allaient assister avec leurs élèves aux cours qui se faisaient dans les locaux de la rue du Fouarre. Peu à peu ces maîtres firent dans les collèges, où ils réalité, une suite de digressions qui contenaient le véritable enseignement du maître.

 

 

 

Les études.

Pour la théologie, on expliquait les Sentences de Pierre Lombard, comme complément pour l'interprétation de la Bible; pour le droit, les textes de Justinien, le Décret de Gratien, les Décrétales, etc.; pour la médecine, outre Hippocrate, Galien et Théophile (médecin byzantin), on se passionna pour les auteurs arabes, traduits en latin par l'entremise des juifs (Avicenne, Ali, Isaac, etc.). La philosophie et les sciences étaient enseignées d'après les différents ouvrages d'Aristote et au moyen d'un certain nombre de petits manuels élémentaires. La rhétorique consistait tout entière dans la disputatio contradictoire, dont le debate anglais est un dernier vestige, et qui habituait les esprits à soutenir indifféremment le pour et le contre de toute chose. Les cours étaient de deux sortes : ordinaires (sur les textes les plus importants) et extraordinaires (sur les textes et matières secondaires). L'année scolaire s'étendait généralement de la Saint-Remi (1er octobre) jusqu'au mois de juin.

L'esprit de l'enseignement était plutôt de s'attacher aux formes et aux mots qu'aux idées. On affinait les intelligences sans leur donner une nourriture véritable. Un tel régime ne pouvait que préparer les redoutables excès de la casuistique des jésuites du XVIe siècle. Le latin était la seule langue dans laquelle se faisaient les cours (à l'exception de quelques cours de la Faculté de médecine).

Les locaux universitaires étaient originairement très défectueux. A Paris, les salles de cours de la rue du Fouarre (Vicus Stramineus) n'étaient que des appartements loués dans des maisons particulières par la corporation des professeurs. Les universités ne commencèrent à posséder des bâtiments spéciaux, en plus de ceux des collèges, qu'à la fin du XIVe siècle. Les salles de cours ne comportaient pas de bancs. Les étudiants écrivaient sur leurs genoux  ou sur des escabeaux qu'ils faisaient apporter par leurs domestiques. En hiver, le plancher était jonché de paille.

 

 

Examens. 

Les universités du Moyen âge ne connaissaient guère qu'un seul genre d'examen important, celui de la maîtrise, la « licence » n'étant généralement qu'une étape préparatoire pour obtenir ce grade.

L'examen de la maîtrise était assez compliqué. Il comportait deux parties distinctes. La première partie avait un caractère presque tout à fait privé (examinatio, temptamen). Une commission de docteurs désignait au candidat, quelques heures à l'avance, plusieurs passages de textes (puncta) à commenter (Bologne). Le candidat faisait aussi une leçon publique, dite collalio, et soutenait en public une petite thèse de son choix, dite quodlibetica (Paris). Dans la Faculté de théologie de Paris, cette soutenance s'appelait tentative. La seconde partie (inceptio, principium, conventus, aulatic, etc., en Angleterre commencement) était une dissertation publique et contradictoire sur un point de théologie, de droit ou de sciences. Elle avait, au fond, moins d'importance que la première partie, mais donnait lieu à une cérémonie solennelle, dans l'église cathédrale, en présence de toutes les autorités universitaires, municipales, etc. La thèse Sorbonica des examens de la Faculté de théologie de Paris était célèbre (depuis le commencement du XVe siècle). Le candidat était tenu de soutenir oralement sa thèse et de répondre à tous ses contradicteurs ou opposants (opponentes), depuis le lever du soleil jusqu'au soir, pendant une journée entière. Pendant cette séance, le candidat prenait le nom d'inceptor ou defendens. Le grade était conféré par le chancelier, qui remettait le bonnet (biretta) au candidat, qui avait désormais le droit de porter la robe (cappa) de maître.

L'examen du baccalauréat ne se constitua que tardivement et fut une imitation de celui de la maîtrise, comportant également deux degrés.

L'examen du doctorat (promotio) était beaucoup moins difficile que le précédent. Il se développa surtout à partir de la fin du Moyen âge. Une commission de docteurs de l'Université, au nombre de douze environ, faisait passer cet examen, au XVe siècle. Le candidat était investi du grade de docteur au moyen du bonnet doctoral et d'un livre, symbole de sa profession, qui lui était remis par le chancelier, qui lui donnait en même temps le baiser de paix (osculum pacis).

Un caractère distinctif des examens dans les universités médiévales était la liberté laissée aux candidats de choisir eux-mêmes, pour ainsi dire, le degré de difficulté de leurs examens. Quelques traces seulement de cette organisation seront conservées par la suite, notamment à Louvain et dans les universités anglaises. L'examen le plus difficile et le plus complet était qualifié de rigorosum. Les candidats qui le passaient avec succès obtenaient les honores (« honours » des universités anglaises). L'examen ordinaire (transibile) s'adressait aux élèves de force moyenne (« pass examination » en Angleterre). Les universités allemandes conserveront des diplômes avec une des trois mentions : summa cum laude, cum laude et rite. On ne peut nier que ce système n'ait favorisé le succès des candidats. Dans certaines universités dont les registres ont été conservés, il n'est pas rare, surtout en Allemagne, de voir des périodes de plus de vingt années sans qu'il y ait eu un seul candidat refusé.

Les droits à payer pour passer les examens étaient très élevés. On les connaît mal pour la période du Moyen âge. Au XVIe siècle, ils étaient évalués par Ramus à environ 60 livres pour le grade de maître ès arts, 880 livres pour celui de docteur en médecine et 1000 livres pour celui de docteur en théologie. Comme les candidats étaient tenus à faire toutes sortes de cadeaux et à donner des banquets et des fêtes à leurs camarades. et aux professeurs, la somme totale des dépenses pouvait déjà, deux siècles avant, s'élever à plus de 3000 livres tournois, au commencement du XIVe siècle.

 

 

Grades.  

Les grades universitaires du Moyen âge ont conservé leurs anciens noms presque partout : bachelier, licencié, maître (conservé en Angleterre et aux États-Unis) et docteur. Les dénominations de « maître » et de « docteur » furent longtemps synonymes, avec cette différence que la première était principalement réservée à la Faculté des arts, tandis que le titre de docteur, inauguré à Bologne, était généralement réservé aux Facultés de droit.

Le bachelier (baccalarius, baccalaureus) possédait le grade universitaire le plus inférieur. C'était le terme qui désignait, en ancien français, un jeune homme et, en quelque sorte, un apprenti dans le métier de professeur. Très souvent, en effet, les bacheliers faisaient des cours ou des « suppléances », avant d'avoir obtenu aucun grade. Leur position avait des points de rapport avec le moderne Kandidat des universités allemandes et russes. On pouvait devenir bachelier à quatorze ans (Paris). A Bologne et à Paris, le grade de bachelier s'acquérait de droit après cinq ou six années d'études. L'examen proprement dit du baccalauréat était, à partir du milieu du XIIIe siècle, la soutenance (determinatio) d'une thèse. A partir du XVIe siècle, le grade de bachelier ne subsista plus qu'en Angleterre, dans toutes les Facultés, et seulement pour la théologie et le droit dans les autres pays.

La licence est, en réalité, le grade universitaire le plus ancien. Elle remonte à l'époque où les écoles cathédrales étaient seules dépositaires de l'enseignement supérieur et ne donnaient pas de grades proprement dits, mais seulement des certificats d'aptitude (licentia docendi). On retrouve un reste de cette institution primitive dans la collation des grades. Au lieu de cette simple autorisation, d'un caractère presque privé, les universités conférèrent, à partir de la seconde moitié du XIIIe siècle, une licence qui comporta le droit exclusif, garanti par l'autorité pontificale ou impériale, d'enseigner ans les universités de tout pays (jus ubique docendi).

Jusqu'à l'époque de la Renaissance, le terme « licence » eut généralement une acception restreinte : il signifiait l'autorisation donnée au candidat par les professeurs pour procéder à l'examen (inceptio, etc.) qui devait lui conférer le grade de maître.

Le grade de maître (magister) indiquait un membre titulaire de l'Université en tant que corporation, qu'il appartint au personnel enseignant ou non. Le maître ès arts devait être âgé d'au moins vingt ans (Bologne, Paris, etc.). On ne pouvait recevoir le grade de maître qu'au moins six mois après avoir obtenu la licence. On ne devenait maître qu'après six années d'études (Paris), au XIIIe siècle, et après trois années seulement, depuis la fin du XIVe siècle. A Oxford, l'examen était remplacé par un serment du candidat sur la réalité de ses études et l'attestation de quatorze professeurs dans le même sens.

Le doctorat était le grade suprême. Les docteurs formaient le personnel dirigeant de l'Université. Le docteur recevait un anneau, usage qui s'est conservé dans l'Université de Bologne; en Espagne, il recevait quelquefois une épée, en signe d'investiture. A Bologne, il fallait dix ans pour devenir docteur en droit civil et en droit canonique (doctor utriusque juris). Pour la théologie, il fallait dix à douze ans. Les professeurs qui avaient le grade de docteur se dispensaient souvent de faire leurs cours personnellement et se faisaient suppléer par des bacheliers, usage qui a persisté après le Moyen âge dans les universités anglaises.

Les grades honorifiques (honoris causa) furent mis en usage par les papes : les personnes qui en étaient pourvues s'appelaient doctores bullati. Les nobles recevaient généralement leurs grades sans examens, coutume qui n'a disparu qu'à la fin du XIXe siècle à Cambridge.

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Jehanne - dans La Société
8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 02:31
L'origine des universités médiévales.



L'origine des universités.

Les universités sortirent, au XIIe siècle, de la fusion des écoles cathédrales, des écoles monastiques et des écoles privées, au moyen d'un mélange d'éléments empruntés à chacune de ces catégories d'établissements d'instruction et à travers une série de luttes qui durèrent plus d'un siècle, et eurent leurs principaux centres à Bologne et à Paris.

 

 

Bologne.


L'enseignement laïque s'était perpétué dans les villes d'Italie depuis l'Antiquité. L'influence du clergé n'avait pas été plus loin qu'une sorte de patronage, qui se manifestait seulement par la collation des grades; faite par l'évêque ou le chancelier de l'église locale à la fin des études scolaires. Salerne paraît avoir été toujours soustraite à ce protectorat religieux. Bologne monopolisa peu à peu l'enseignement du droit romain, qui y fut enseigné simultanément par un assez grand nombre de professeurs, ayant chacun leurs écoles particulières et qui vivaient des honoraires que leur payaient leurs élèves, soit individuellement, soit en se cotisant. Accurse, Azon, Odofred, Irnerius, Placentin, furent les successeurs directs des maîtres et des rhéteurs des écoles antiques. Comme les étudiants étaient nombreux et, de plus, généralement riches, ils formèrent des sociétés, et comme ils payaient eux-mêmes leurs professeurs, ils prétendirent les contrôler. 

Il y eut à Bologne deux grands clubs d'étudiants, groupés par sociétés de compatriotes, les cismontains (Italiens) et les ultramontains (étrangers), qui élirent chacun un président, auquel fut donné le titre de rector, terme vague qui s'appliquait alors à toute espèce de fonctionnaires civils et ecclésiastiques. C'était bien là le principe des corporations ouvrières, appelées aussi universitates à cette époque, car le travail effectif était bien dû aux professeurs, pour le bénéfice de leurs élèves, qui devenaient leurs véritables patrons. Le « recteur » élu par les étudiants devait être âgé de vingt-quatre ans au moins. Les professeurs lui prêtaient serment d'obéissance et devaient se conformer aux prescriptions promulguées par les étudiants relativement à la manière de faire les leçons, sous peine de diverses amendes. De leur côté, les professeurs cherchèrent aussi à se constituer en un syndicat professionnel, qui prit un des autres noms par lesquels on désignait les corporations ouvrières en Italie, celui de collegium. Les professeurs, tous Bolonais, n'admirent dans leurs rangs, par voie de cooptation, que des compatriotes. Les membres du syndicat des maîtres furent classés en legentes (professeurs titulaires) et non legentes (maîtres non chargés de cours). Cette organisation, quoique très hybride, puisqu'elle en était arrivée à produire un antagonisme formel entre professeurs et étudiants, servit néanmoins de modèle aux autres universités qui s'organisèrent à la fin du XIIe siècle en Italie, et ne fut tempérée que par le système qui prévalut à Paris, où les maîtres prirent dès le début la direction des affaires universitaires.

 

 

Paris. 


La capitale du petit royaume des Capétiens fut le siège d'une école épiscopale qui, après des débuts modestes, grandit avec l'importance croissante de Paris. Le chancelier de Notre-Dame en était le chef. Comme les étudiants, qui venaient de l'étranger dès le commencement du XIIe siècle, ne tardèrent pas à devenir très nombreux, le chancelier de Notre-Dame autorisa un certain nombre de maîtres libres à ouvrir d'autres écoles dans l'Île de la Cité et aux alentours, notamment dans les maisons qui s'élevaient sur le Petit-Pont, qui fut probablement le premier « quartier latin » de Paris; plusieurs professeurs, qui, de leur temps, eurent un nom, furent surnommés Parvipontani. Les grandes querelles théologiques du milieu du XIIesiècle et la part qu'y prit Abélard inquiétèrent le chancelier de Notre-Dame et le rendirent plus circonspect. Dès la fin du XIIe siècle, les professeurs libres se syndiquèrent pour lutter contré le représentant de l'autorité épiscopale, qui n'accordait plus la « licence d'enseigner » et voulait les soumettre entièrement à son autorité. Le chancelier eut pour lui le gouvernement royal (1229), mais le pape se prononça pour l'« Université » nouvelle et lui donna sa charte d'organisation (1231). Ces luttes furent très vives et souvent sanglantes. L'Université eut recours à la suspension des cours ou sécession (cessatio) : professeurs et étudiants se dispersèrent, et toute la population scolaire prit le chemin d'Orléans, Angers, Reims, etc., et alla même jusqu'à Oxford fonder la première Université anglaisé (1229). Ce procédé était d'ailleurs imité de Bologne, où la cessatio était fréquente et fut la cause première de la fondation des autres universités du Nord de l'Italie. 

A Paris, entre temps, les écoles monastiques qui existaient, à l'usage intérieur des couvents, chez les chanoines réguliers de l'abbaye de Sainte-Geneviève et chez les dominicains de la rue Saint-Jacques, cherchèrent à retenir le monde des étudiants, en rendant public l'enseignement des écoles monastiques. Tous les ordres nouvellement fondés ou réorganisés firent de même. Ce fut la querelle des ordres mendiants (dominicains, franciscains, carmes, augustins), soutenus par les papes, contre l'Université séculière, dont le principal défenseur fut Guillaume de Saint-Amour. Le chancelier de Sainte-Geneviève s'érigea en rival de celui de Notre-Dame pour la collation des grades et la surveillance des études. C'est au milieu de toutes ces luttes que la corporation universitaire compléta son organisation intérieure. La portion du corps enseignant qui avait eu l'initiative du mouvement d'indépendance, la « Faculté » des Arts (Artistae), se donna un « recteur » (vers 1245), comme l'avaient fait les étudiants de Bologne un siècle auparavant, mais ce ne fut qu'au milieu du XIVe siècle qu'il fut reconnu unanimement par les autres facultés comme le chef de la corporation universitaire de Paris. La Faculté de théologie résista jusqu'en 1318. Les étudiants se groupèrent en sociétés de compatriotes, comme à Bologne et les « Facultés » se constituèrent. L'Université garda, de ses premières luttes, un goût prononcé pour la participation aux affaires politiques, notamment pendant les querellés de Philippe le Bel et de Boniface VIII et surtout pendant les luttes des Armagnacs et des Bourguignons sous Charles VI, avec Jean Petit, Pierre d'Ailly, Gerson, Guillaume Fillastre, etc. 

Depuis le milieu du XIIIe siècle, les universités furent désignées sous le nom de studium generale ou universale, dénomination qui se référait principalement au monopole qu'elles commencèrent à prendre à cette époque, pour l'enseignement de la théologie, des sciences et des lettres. On les désigna aussi quelquefois par un terme qui s'est conservé en Allemagne dans la langue universitaire, gymnasium. On sait que les libraires, parcheminiers et copistes dépendaient de la juridiction des universités. Tous étaient, ainsi que les professeurs et les étudiants, les sujets ou suppositi (en anc. franç., « suppôts ») de l'Université.

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Jehanne - dans La Société
6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 02:23
Les universités au Moyen âge.









Dans l'Antiquité, la civilisation hellénique avait eu ses écoles à Athènes et à Alexandrie. A l'époque gallo-romaine, la Gaule fut également le berceau de plusieurs grandes écoles : Marseille, célèbre par la culture de la littérature grecque et de la médecine; Autun, où enseigna Eumène; Bordeaux, grande école de rhéteurs prônés par saint Jérôme et Symmaque; Trèves, Reims, etc. Les maîtres étaient des personnages importants. Les étudiants avaient déjà leurs réunions et leurs associations. Ces foyers d'études, au moment de l'effervescence carolingienne (Moyen Age), reçurent une impulsion nouvelle, en même temps qu'ils passaient presque entièrement entre les mains du clergé et élaboraient, dans un assez grand nombre de centres divers, la scolastique. Toutes ces écoles, tant en Gaule qu'en Italie, étaient dirigées par un écolâtre ou scholasticus (Reims, Chartres, Angers, Laon, etc.), ou étaient des écoles de monastères (Saint-Gall, Cluny, Le Bec, etc.), ou enfin des studia indépendants, consacrés presque exclusivement à l'enseignement de la médecine (Salerne) ou du droit (Ravenne, Padoue, Bologne, etc.). Cependant, ce n'est qu'au XIIe siècle que l'on commence à parler d'universités, quand quelques grandes écoles commencent à devenir des corporations s'administrant elles-mêmes, pourvues de privilèges, ayant le monopole de l'enseignement supérieur dans des régions plus ou moins étendues et conférant des grades revêtus d'un caractère officiel. C'est dans les deux pays qui avaient été, dans l'Europe latine, les derniers dépositaires de la science antique, l'Italie et la France, que se développèrent les premières universités, Bologne et Paris. L'histoire de ces deux universités, pendant un peu plus d'un siècle, depuis 1150 environ jusque vers la fin du XIIIe siècle, est l'histoire même des origines des universités européennes. D'autres suivront  rapidement : Oxford, Salamanque, Montpellier, Vienne, etc.





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Jehanne - dans La Société
26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 03:28
Le chat noir.



Dans les pays européens, le chat noir est toujours marqué par une vieille superstition venue du Moyen Age. Cette superstition est tenace et la vue d’un chat noir est encore aujourd’hui ressentie comme un mauvais présage. Mythes et légendes entourent la couloir noir depuis la nuit des temps. Malheureusement, le chat a été l'une des principales victimes de ces superstitions souvent meurtrières.

Incarnation du Diable, le chat noir a souffert de l'ignorance des hommes principalement au Moyen Age.



Le chat noir : du héros au martyr.

La multiplication du nombre de races de chats domestiques est un phénomène récent qui remonte à peine à une centaine d’années.
L’Européen est une race qui comporte de multiples variétés, résultat d’une sélection, parmi nos chats de gouttières.
L’Européen noir est considéré comme un chat porte-bonheur par les Britanniques. Ce chat a une robe d’un noir profond et possède des yeux orange foncé ou cuivre.
Mais, si ce chat représente parfaitement le malin, ce n’est pas lui qui est l’origine de la légende.






A l’origine, le chat est un félin sauvage. En Europe, le chat sauvage d’Eurasie (Felis sylvestris) était autrefois très répandu.
Les yeux vert-doré du chat sauvage lui ont valu d’être persécuté au Moyen Age, tout comme les hommes ayant des yeux verts et des cheveux roux, signes de relation avec le diable.






Les Romains adoptèrent le chat qu’ils appelaient felis ou catus. Certaines légions romaines arboraient son effigie sur leur bannière, symbolisant l’indépendance.
Ce sont peut-être elles qui introduisirent le chat en Gaule.







Il est probable que les Croisés ont ramené de nombreux chats pour lutter contre les invasions de rats noirs qu’ils avaient eux-mêmes importés sur leurs bateaux en revenant d’Orient.

Le chat se propagea. Il devint alors le protecteur de l’Homme car il décimait les rats porteurs de la peste.
Pendant les grandes épidémies, le chat était un allié précieux. Pourtant, loin d’être adulé, en Europe, il fut assimilé par l’Eglise à des croyances diaboliques.



Croisade contre le chat noir.

Dès le Moyen Age, l’Inquisition et l’Eglise traquèrent le chat noir. Elles l’associaient aux sorcières, elles-mêmes victimes de la persécution chrétienne.

L’Eglise voulait lutter contre les rites païens, encore très ancrés et inventa le chat démoniaque.
Ce chat symbolisait le monde des ténèbres qui éloignait le bon chrétien du droit chemin. On le soupçonnait des pires forfaits. Il participait à des sabbats mystérieux en compagnie du diable. C’était donc la parfaite représentation de Satan.






A cette époque, le chat, surtout noir, était souvent mêlé à des procès de sorcellerie. Dans le procès des Templiers, il est fait mention d’adoration de Lucifer qui apparaissait à ses adeptes sous la forme d’un chat.

En 1561, un procès eut lieu où l’on accusa des femmes de se transformer en chattes pour tenir leurs sabbats.
Ces procès se finissaient toujours par la mort des accusés mais également des pauvres animaux. Ces derniers étaient jugés comme des personnes.



Il est évident que l’Eglise avait trouvé là un bouc émissaire idéal pour lutter contre ses ennemis, et frapper l’imaginaire populaire qui avait besoin d’une victime en chair et en os pour croire au Malin.



Obscurantisme et cruauté.

Le chat, surtout quand sa robe était noire, attira tout au long du Moyen Age un déchaînement de violence.
Il devint la victime de la cruauté collective. Dans de nombreuses villes d’Europe, souvent en période de Carême, on organisait des bûchers pour y sacrifier des centaines de chats.

Les malheureux chats étaient suspendus par la foule en haut d’un mât, sur le bûcher ou jetés dans des paniers d’osier au milieu du brasier.

Quand le rituel était terminé, chacun prenait une poignée de cendres pour la répandre dans sa maison et dans les champs, afin de se préserver de la disette et des épidémies.





La ville de Metz pratiqua ce type d’autodafé pour les feux de la Saint Jean jusqu’en 1777.

Le roi de France, lui-même, participa jusqu’au 18e siècle à ces autodafés de chats qui se déroulaient sur la place de Grève.
Le roi devait enflammer le tas de fagots au-dessus duquel était accroché un sac rempli de chats.
Le martyr public des chats ne fut interdit que sous louis XV.



L’Europe en plein délire.

Cette cruauté stupide envers les chats ne concerne pas que la France. A travers toute l’Europe, des rites sacrificiels étaient organisés.

En Belgique, le sinistre « Kattestoët » ou « jets de chats » s’est poursuivi jusqu’en 1817. Le bourreau jetait du haut de la tour trois chats vivants. Si l’un des chats survivait à la chute, il était poursuivi par la foule hystérique jusqu’à ce que mort s’ensuive.




On a découvert un groupe de chats momifiés, emmurés dans une aile de la Tour de Londres. En effet, on emmurait souvent des chats vivants, dans une maison ou un édifice, pour s’attirer les faveurs de Dieu et conjurer les maléfices.



La réhabilitation du chat.

En Europe, c’est au 18e siècle que les mentalités commencent à évoluer lentement. Cette évolution est sans doute due à l’importation d’Orient de chats Angoras et de chats Persans dont étaient friands les nobles de la cour à Versailles.

Louis XV avait une passion pour les chats et cet engouement s’étendit au royaume.
Le Chat Botté
, conte de Charles Perrault a également favorisé la réhabilitation du chat. Il devient peu à peu un compagnon et n’est plus cantonné aux campagnes.



En 1765, on fonde l’école vétérinaire de Maisons-Alfort. C’est une véritable révolution car l’idée de soigner un animal est tout à fait nouvelle.
L’étude du monde animal marque la fin de plusieurs siècles d’obscurantisme où l’animal était méprisé et sans âme.

Il est amusant de constater que Napoléon détestait les chats. Sous son influence, le code civil définit juridiquement le chat comme un meuble.
Avant une bataille, la vue d’un chat provoquait chez lui une véritable crise d’allergie.





De même, bien avant Napoléon, Jules César ne supportait pas la présence d’un chat.

Le 19e siècle fut l’ère de la rédemption du chat. Tout au long de ce siècle, le chat domestique va conquérir sa place dans les foyers.





C’est un Anglais qui établit la première classification des races connues de chats qui va servir de référence à toutes les expositions à partir de 1925.

Le chat de gouttière, appelé chat européen, s’est vu récemment reconnu comme race à part entière.
Notre chat noir aux yeux orange est aujourd’hui une star.








Source dinosoria.

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Jehanne - dans La Société
23 août 2008 6 23 /08 /août /2008 00:08
Le loup au Moyen âge.








Le loup, monstre et démon.


A l’aube du Moyen Age, chez les Celtes, le guerrier enviait aux loups leur puissance et leur adresse. Certains soldats gaulois allaient même jusqu’à recouvrir leur casque d’une tête de loup après avoir mangé leur cœur.

Mais le loup est aussi un animal intelligent et patient. Il est capable d’attendre des heures avant d’attaquer sa proie. Le berger distrait se fait voler ses brebis, le fermier ses volailles. Bien vite naissent de sombres légendes racontées à la nuit tombée. Le loup est rendu responsable de bien des disparitions, de bien des agressions.

Dès le Haut Moyen-Age (en 813), Charlemagne réglementera la chasse aux loups. Le premier, il mettra en place des louvetiers chargés de faire disparaître le loup par n’importe quel moyen.

Les grands défrichements du Moyen Age contraignirent le loup à se rapprocher des humains. Il s’accoutuma aux animaux domestiques. Les premiers ravages sur les troupeaux furent alors constatés. Par temps de famine, les loups poussés par la faim vont même jusqu’à entrer dans les villes et les villages. Très vite la représentation devient celle du loup diabolique et dévoreur d’enfants.

u XIIe siècle, la seule pensée du loup terrifiait le peuple, son image de monstre, de bête était déjà ancrée dans les mentalités. La naissance de l’animal des mains de Eve est décrite dans le Roman de Renard.

A côté de la vision du loup stupide et balourd (Ysengrin) abusé par le malin renard, on pouvait découvrir comment la femme qui avait entraîné l’homme dans sa chute avait également créé la bête démoniaque qui allait hanter ses nuits.





Sans conteste, l’Eglise omniprésente dans le monde médiéval, porte une part certaine de responsabilité dans cette sombre image du loup.
La morale judéo-chrétienne va justifier et expliquer ces peurs qui hantent seigneurs et paysans. Le loup n’est-il pas le Diable ou son serviteur qui en dévorant les corps s’approprient les âmes.
Dans l’iconographie chrétienne, le loup apparaît d’abord comme un symbole des forces diaboliques qui menacent le troupeau des fidèles représentés par des agneaux. Dans le Physiologus des premiers âges de la chrétienté, le loup qui est un animal rusé et malfaisant fait le mort lorsqu’il rencontre un être humain pour mieux l’attaquer ensuite.

Le « loup habillé en berger » symbolise les faux prophètes qui ont pour objectif de « corrompre les innocents ».

Dès le IVème siècle, Saint Ambroise, évêque de Milan affirmait :« Si le loup menace de bondir sur toi, tu saisis une pierre, il s’enfuit. Ta pierre, c’est le Christ. Si tu te réfugies dans le Christ, il ne pourra plus te faire peur. » Le loup était donc bien pour le Chrétien une menace pour son corps mais aussi pour son âme.

Cette image de la pure et innocente brebis mise en danger par le sombre loup restera longtemps dans notre inconscient collectif. Aujourd’hui encore par d’obscures nuits…

Dans les Mystères, pièces jouées sur les parvis des cathédrales, les acteurs incarnant le Diable étaient recouverts d’une peau de loup renforçant la vision populaire de l’animal démoniaque.





On peut lire dans le « Bestiaire de Pierre de Beauvais » daté du XIIIème siècle, une condamnation du loup sans appel. « Le loup représente le Diable, car celui-ci éprouve constamment de la haine pour l’espèce humaine, et il rôde autour des pensées des fidèles afin de tromper leurs âmes. […] Les yeux du loup qui brillent dans la nuit, ce sont les œuvres du Diable, qui paraissent belles et agréables aux hommes dépourvus de raison, et à ceux qui sont aveugles des yeux de leur cœur. […]
Le loup ôte toute force de crier à un homme quand il le voit le premier, et cet homme ne peut recevoir le secours de personnes qui se trouvent loin de lui. »

Au Moyen Age, le loup était donc le bouc émissaire du Malin. Capturé vivant, il était quelquefois jugé et condamné au bûcher. Les commérages sur les pactes avec le Diable, sa présence auprès des sorcières qui les chevauchaient pour se rendre au sabbat, ses attaques contres les enfants apeurés, toutes ces histoires se répandent de village en village.

Les naturalistes de cette époque n’ont guère une meilleure opinion de l’animal que les paysans.
« Le loup est un animal terrible. Sa morsure est venimeuse parce qu’il se nourrit volontiers de crapauds. L’herbe ne repousse plus là où il est passé. »

Les meneurs de loups qui hantaient les sombres forêts accompagnés de leurs sinistres compagnons entretenaient les peurs. De nombreuses histoires, dans toutes les régions de France, les citaient avec crainte ou respect. Ces hommes, disait-on, parlaient aux loups, soignaient de la rage… mais quand ils frappaient à votre porte, à la nuit tombante, il fallait leur donner le gîte et le couvert voire quelques pièces car ils pouvaient aussi ordonner à leurs loups de vous attaquer.

Au XIVème siècle, l’image du loup ne s’améliore guère.
« Le loup aime la chair humaine, et peut-être s’il était plus fort n’en mangerait-il pas d’autres. » disent les Chroniques.






Gaston III de Foix, dit Phébus, énonçait les mêmes certitudes, précisant toutefois la préférence du loup pour les enfants qui « ont la chair plus tendre ».

Au début du XVème siècle, le Royaume de France est déchiré par la guerre de Cent ans et la guerre civile.
En 1421, l’hiver fut si long qu’au mois de juin, la vigne n’avait pas encore fleuri. La famine fauchait la population.
« Les loups déterraient de leurs pattes les corps des gens qu’on enterrait aux villes et aux champs ; car partout où on allait, on trouvait des morts et aux champs et aux villes par la grande pauvreté qu’ils souffraient. »

En juillet 1493… « venaient à Paris les loups toutes les nuits, et en prenait-on souvent trois ou quatre à une fois, et étaient portés parmi Paris pendus par les pieds de derrière. » 

Le Journal d’un Bourgeois de Paris narre de même : « En ce temps (novembre 1438) venaient les loups dedans Paris par la rivière et prenaient des chiens, et si mangèrent un enfant de nuit en la place aux Chats derrière les Innocents ».







La faim avait poussé les loups à s’approcher des hommes. En ces temps de disette, les ruelles sombres jonchées d’immondices où s’ébattaient cochons, volailles et brebis étaient un terrain de chasse inespéré.
Dans les campagnes alentour, les troupeaux sont attrapés. Les loups s’approchaient des fermes afin de s’y introduire dans les poulaillers et les étables. 

Certains ont pensé que le goût du loup pour la chair humaine serait né des festins que les champs de bataille leur offraient. Sur ce sujet, à toute époque, de nombreuses histoires ont abondé. En 1477, le corps de Charles le téméraire sera lui aussi dévoré par les loups sur le champs de bataille. 

Alors que le Moyen Age prend fin, François Ier prenait le loup très au sérieux. En 1520, il fonda l’institution de la louverie, nommant un grand louvetier de France, entouré de ses lieutenant, entretenus par la cour.Le louvetier avait pour mission de contrôler le nombre de loups qui hantaient les domaines royaux – puis communaux et, de ce fait, veiller par tous les moyens à leur destruction.
Mission qu’ils ne rempliront que trop parfaitement…







Source haut koenigsbourg.net

 

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Jehanne - dans La Société
12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 21:05
Le système féodal.




Contexte historique : La fin d'un monde .

Peu après les invasions barbares, le décor urbain de Rome disparût, et laissa place aux champs, pâturages et forêts. Les principes de la culture urbaine des Romains devaient ainsi s'adapter à ce nouveau changement. De puissantes tribus germaniques envahirent l'Europe et s'y installèrent aux IIIe et IVe siècles de l'ère chrétienne. Elles amenèrent de nouvelles règles de conduite, de nouveaux codes d'éthique et une nouvelle manière d'accumuler et de répartir les richesses.






Une société chaotique .

Le monde était entré dans une nouvelle ère remplie d'énigmes et de mystères, il était dangereux de s'aventurer dans les forêts hostiles où les bandits avaient le contrôle. Les voyageurs du temps des Romains avaient disparus. La peur collective régnait partout. Les premiers Mérovingiens occupés à se détruire ont peu faits pour améliorer cette situation de chaos. A peine les invasions de l'Est endiguées qu'il fallait faire face aux Vikings et Normands. Le grand Charlemagne restaura en partie la situation en posant les principes d'une nouvelle administration. La monnaie circula de nouveau, des écoles furent crées, la population se hiérarchisa entraînant souvent la possession de privilèges pour les uns par rapport au autres. Cette période est couramment appelée : « La Petite Renaissance ».



L'organisation féodale, l'administration locale .

Sous l'Empire carolingien, l'empereur représentait le cœur de l'organisation administrative. L'étendue de son territoire l'avait imposé à déléguer ses pouvoirs à des responsables de régions, contrées ou districts. L'insécurité du territoire était telle que le royaume était délimité géographiquement de telle sorte que l'on pouvait aller d'un point à un autre en une journée de cheval. Les rivières ou les forêts délimitaient les régions ainsi formées. La nécessité et la peur avaient imposé un tel réseau de relations entre le responsable d'une région, appelé vassal et l'empereur ou le roi auquel il avait promis fidélité. Le vassal prêtait serment au seigneur, il occupait ainsi un fief, domaine terrien de taille importante. Il devait fournir des soldats au seigneur et lui assurait des revenus. En retour, le seigneur le protégeait avec son armée.






Décentralisation du pouvoir .


Le système féodal est donc formé d'un ensemble de rapports personnels, fondés sur les aides réciproques qui organisent la société sur de nouvelles bases. Un certain rapport de force est caractéristique du système féodal. Le puissant a besoin d'hommes fidèles pour l'aider à administrer les terres et l'armée. Il y a d'autre part les moins puissants qui demandent aide et assistance, ils deviennent ainsi serviteurs du plus puissant. Mais ils pourront en outre promulguer des lois, recruter des soldats... Le système féodal est né de la faiblesse des États et de l'insécurité qu'elle engendrait. L'État fut par la suite morcelé en un grand nombre d'unités autonomes et accompagné du déplacement de la vie sociale et économique vers la campagne ainsi que vers la résidence du seigneur : le château.





 
Une société nouvelle .

Le vassal n'était pas le vrai propriétaire de son fief, cela revenait au suzerain, mais il pouvait administrer et utiliser à son profit les ressources et les produits de la terre. A la mort du vassal, la terre revenait au suzerain, mais dans la pratique le fils du vassal venait renouveler le serment de fidélité fait par son père. Le vassal peut lui-même être assisté par d'autres personnes qui lui prêtent fidélité, ces personnes recevaient alors, un château, une tour fortifiée avec un village, des champs, ou une route et un pont. Ils constituaient les arrière-vassaux. A cette époque on distingue déjà trois ordres : la noblesse qui s'occupait de commander et guerroyer, le clergé qui priait pour la paix spirituelle, les paysans quant à eux travaillaient moissonnaient, ils survivaient avant tout.



L'émergence de la noblesse .

A la mort de Charlemagne, le pouvoir impérial s'affaiblit, les délégués du pouvoir prirent de l'indépendance et de l'importance. Une noblesse émergea et se hiérarchisa respectivement en barons, vicomtes, comtes, marquis, ducs et princes. Il arrivait même que des vassaux soit plus riches que leurs seigneurs. Ainsi les ducs de Normandie qui contrôlaient l'Angleterre était plus puissants que les rois de France. Lorsque les Capétiens montèrent sur le trône leur pouvoir était très réduit, ils ne contrôlaient pas tout le royaume mais uniquement la région d'île de France. Il leur fallait aussi assurer leur hérédité, mais peu à peu les Capétiens parvinrent à restaurer l'autorité royale et à abreuver leur pouvoir. De son coté, l'Église récupéra le monopole spirituel de l'Occident où la vision manichéenne du Diable et de Dieu n'a jamais été aussi forte.



Le serment du vassal au seigneur .

« Tout le monde sait que je n'ai rien pour me nourrir et me vêtir. C'est pour cela, mon seigneur, que j'ai sollicité votre miséricorde, et vous avez bien voulu me l'accorder, la faveur de me placer sous votre protection. Je le fais à condition que vous me donniez de quoi vivre, en échange de mes services... Tant que je vivrai, et bien que demeurant libre, je vous servirai avec fidélité. Mais en échange, je resterai toute ma vie sous votre pouvoir et votre protection. »
Chroniques de Jean Froissard, XVe, (Bibliothèque nationale de France)





 
Expansion du système féodal.

L'Empire carolingien était à l'origine d'une renaissance artistique, qui s'effondra sous les invasions normandes. Cependant les Normands adoptèrent le système féodal, ils l'importèrent même en Sicile et en Angleterre. Le système féodal fut même employé en Espagne par les Musulmans. Les Croisades l'exportèrent jusqu'aux seigneuries latines d'Orient. Au XIIe siècle, les fiefs sont les plus importants au Nord et au Centre de l'Europe. Ils allaient donner naissance aux régions et principaux États modernes. Le système féodal se maintint en place près d'un demi-millénaire. Pendant des siècles, des régions européennes vécurent dans un climat de paix et de prospérité, cela n'excluait pas les guerres entre barons, mais le peuple avait rarement à subir les pillages et rapines.



La hiérarchie de la noblesse.


Prince
Duc
Marquis
Comte
Vicomte
Baron
Chevalier
Ecuyer



La condition des pauvres, différentes conditions pour le peuple.

Les artisans : Ce sont les plus favorisés, ils s'occupaient de travailler le fer, le cuivre, le bois, la laine... Ils obtenaient un atelier et une maison par un seigneur et devaient lui fabriquait des outils en contrepartie (des armes en général). Mais ils restaient des hommes libres.

Les alleutiers : Parmi les agriculteurs qui cultivaient les champs du seigneur, nombreux étaient ceux qui étaient également libres. Ce sont les alleutiers qui étaient propriétaire d'un alleu (terres libres sans le contrôle d'un seigneur). Ils nécessitaient cependant une protection, et réclamaient ainsi le soutien d'une armée à un seigneur. En échange, ils fournissaient au suzerain une partie de la récolte et devaient effectuer des corvées (travaux gratuits) : réparation d'un mur du château, construction d'un pont, moissons... Ils devaient en outre payer une taxe pour utiliser le four ou le pont seigneurial. Mais malgré ces charges lourdes, il en résultait d'un accord entre hommes libres.

Les serfs : Beaucoup plus modestes que les autres, ils étaient quant à eux attachés à une terre et à un seigneur, ils n'étaient donc pas libres, mais ils vivaient dans des conditions beaucoup moins dures qu'on ne le pense. Cette « servitude » leur apportée une sécurité et une certaine stabilité.







Le monde rural
.

La ruralité est le nerf du système, elle constitue la base de la survie économique. Les industries sont en effet peu présentes, elles se réduisaient à la fabrication des armes, de forteresses, de cathédrales... Et le commerce interrégional existait à peine. La majorité des paysans restent des hommes libres chez eux, l'esclavage se limitait à la cour royale et à la vassalité. Les paysans semaient à la main et utilisaient des bœufs pour cultiver. Chaque année, des terres étaient laissées en jachère (non cultivées) afin de les rendre fertiles. Mais très vite, les conditions du paysan se dégradèrent. Le temps devint plus humide et plus froid au XIIIe siècle, les récoltes furent mauvaises. Bientôt, il n'y avait plus assez de soleil pour extraire le sel de l'eau de mer, la viande ne se conservait plus. Ainsi, des maladies apparurent : la typhoïde, la dysenterie et la peste, elles s'ajoutèrent à la famine qui poussait certaines personnes à manger chiens, chats et même leurs propres enfants.



Les chevaliers, la chevalerie.

Rompant avec la tradition franque qui consistait à partager le royaume entre les fils, le seigneur féodal fit de son fils aîné l'unique héritier du fief. Les autres fils recevaient une somme d'argent, une armure, un cheval dressé pour le combat, un écuyer et une épée. Nantis de ce bagage, ils s'aventuraient sur les routes, et avec l'aide de Dieu et de leur épée pouvaient-ils conquérir un fief. Ce furent les premiers chevaliers. C'est sous l'influence de l'Église que fut créée la chevalerie, un ordre militaire et presque religieux, difficile à accéder. Ses membres devaient s'engager à servir le bien, la justice et l'honneur.





 
L'initiation du chevalier.

Seuls les fils de nobles pouvaient devenir chevaliers. De rares exceptions étaient faites pour « les chevaliers de l'épée » qui obtenaient ce titre pour leur courage sur le champ de bataille. Mais le postulant devait suivre un long apprentissage. Dès sept ou huit ans, le jeune cadet devenait page et servait le seigneur comme un domestique noble. A quatorze ans, il devenait écuyer, il portait son écu (bouclier représentant les armoiries), il devenait son assistant sur le champ de combat. Il apprenait dans le même temps, le maniement des armes et à monter le cheval en portant son bouclier et sa lourde lance. Il s'entraînait à l'esquive des coups avec la quintaine (mannequin en bois qui pivotait sur un axe). L'instruction durait sept années en général.



L'investiture du chevalier.

La cérémonie d'investiture du chevalier avait traditionnellement lieu le jour de l'Ascension (quarante jours après Pâques). Le seigneur fournissait le coûteux équipement du chevalier. La veille de la cérémonie, le postulant portait une chemise blanche et une tunique rouge, couleur du sang. A la tombée de la nuit, le chevalier passait la nuit agenouillé devant l'autel de la chapelle à prier. A l'aube, une sonnerie de trompette annonçait le début de la cérémonie. Durant la messe, le chapelain rappelait les devoirs du chevalier. Après la communion, le cheval du futur chevalier entrait dans la chapelle. Puis la main tendue au-dessus de l'Évangile, le jeune homme jurait solennellement de respecter les règles de la chevalerie. Il revêtait alors son armure (haubert, cuirasse, brassards, jambières). Puis le seigneur frappait du plat de l'épée, les épaules et la tête du chevalier (adoubement). Le seigneur prononçait alors ces mots : « Au nom de Dieu, de Saint-Michel et de Saint-Georges, je te fais chevalier. Sois preux, loyal, généreux. » Le chevalier mettait son casque, saisissait sa lance et sautait à cheval. Cette chevauchée était le symbole de son errance à travers le monde où il devra faire respecter la justice, défendre la foi...









Source France histoire.

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Jehanne - dans La Société
10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 19:42

Le Code de la Chevalerie.








I - Tu croiras à tout ce qu'enseigne l'Église et observeras tous ses commandements.
Cette première règle de la chevalerie est la plus importante de toute. Si on n'était pas chrétien, on ne pouvait devenir chevalier. Le chevalier devait croire en Dieu et avoir en lui plein confiance

II - Tu protégeras l'Église.
Cette règle est le cri d'armes du chevalier. Le chevalier devait servir et défendre l'Église.

III - Tu auras le respect de toutes les faiblesses et tu t'en constitueras le défenseur.
Le chevalier devait défendre tous les faibles aussi bien les prêtres que les femmes et les enfants.

IV - Tu aimeras le pays où tu es né.
Le chevalier devait aimer et protéger sa patrie.

V - Tu ne reculeras pas devant l'ennemi.
Le chevalier devait être une brave personne. Mieux valait être mort que d'être appelé couard

VI - Tu feras aux Infidèles une guerre sans trêve et sans merci.
Cette règle invitait les chevaliers à combattre et haïr les païens.

VII - Tu t'acquitteras exactement de tes devoirs féodaux, s'ils ne sont pas contraires à la loi de Dieu.
Le seigneur devait protéger son vassal qui lui en échange, était fidèle à son seigneur. Le chevalier devait aider son seigneur lorsqu'il avait besoin d'aide.

VIII - Tu ne mentiras point et seras fidèle à la parole donnée.
Le chevalier ne devait en aucun cas mentir et le respect de la parole donnée allait aussi avec la franchise

IX - Tu seras libéral et feras largesse à tous.
Le chevalier devait être courtois et sage pour tous. Il devait être aussi généreux.

X - Tu seras, partout et toujours, le champion du Droit et du Bien contre l'injustice et le Mal.
Le chevalier devait se faire le défenseur du Bien et le combattant du Mal. Satan est l'ennemi du chevalier.




Les vertus chevaleresques.



Loyauté: Le chevalier devait toujours être loyal envers ses compagnons d'armes. Que se soit pour la chasse ou pour traquer un ennemi, le chevalier doit être présent au combat jusqu'à la fin avec ses compagnons, prêt à les aider en tout temps avec vaillance.

Prouesse: Le chevalier devait être preux et posséder une grande vigueur musculaire. La force de l'âme était aussi très importante afin de combattre les redoutables adversaires qu'il rencontrerait lors de ses quêtes. Il devait les combattre pour le service de la justice et non par vengeance personnelle.

Sagesse et Mesure: Le chevalier devait être sage et sensé afin d'empêcher la chevalerie de basculé dans la sauvagerie et le désordre. Le chevalier devait avoir le contrôle sur sa colère, sa haine. Il devait rester maître de lui-même en tout temps. Les échecs étaient donc de mise pour le chevalier afin d'exercer l'agilité intellectuelle et la réflexion calme.

Largesse et Courtoisie: Un noble chevalier devait partager autant de richesses qu'il possédait avec amis et paysans sous son aile. Lorsqu'il se rendait à la cour, il devait faire preuve de courtoisie. Il s'efforçait de se faire aimer par sa dame en étalant devant elle toutes ses prouesses. Il devait aussi la servir fidèlement. La noblesse purifiait en quelque sorte l'âme du chevalier.

Justice: Le chevalier doit toujours choisir le droit chemin sans être encombré par des intérêts personnels. La justice par l'épée peut être horrible alors l'humilité et la pitié doivent tempérer la justice du chevalier.

Défense: Un chevalier se doit de défendre son seigneur et ceux qui dépendent de lui. Il doit toujours défendre sa nation, sa famille et ceux en qui il croit fermement et loyalement.

Courage: Un chevalier se doit de choisir le chemin le plus difficile et non le chemin guidé par ses intérêts personnels. Il doit être prêt à faire des sacrifices. Il doit être à la recherche de l'ultime vérité et de la justice adoucie par la pitié.

Foi: Un noble chevalier doit avoir foi en ses croyances et ses origines afin de garder l'espoir.

Humilité: Le chevalier ne doit pas se vanter de ses exploits, mais plutôt laisser les autres le faire pour lui. Il doit raconter les exploits des autres avant les siennes afin de leur donner le renom dont il mérite.

Franchise: Le chevalier devait parler le plus sincèrement possible.





Source texte : Bretagne passion; photo http://nonnobisdominenonnobissednominituodagloriam.unblog.fr

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Jehanne - dans La Société
7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 10:36

Le Chevalier.






L'époque des chevaliers a débuté vers l'an 900 et s'est terminée à la fin de la période que les historiens appellent le Moyen Age, vers l'an 1500. A l'époque de Charlemagne, les guerriers montés étaient devenus l'unité militaire d'élite des Francs. Cette innovation gagna l'ensemble de l'Europe. Le combat à cheval était considéré comme un fait d'armes particulièrement digne de gloire. En effet, le cavalier pouvait pénétrer au coeur de la bataille, se mouvoir rapidement et piétiner les ennemis relégués au rang inférieur de fantassins. Lorsque les deux cavaleries se faisaient face, la vitesse d'attaque et la violence de la confrontation procuraient un sentiment d'intense jubilation. Le combat à cheval était très prestigieux du fait du coût élevé des chevaux de bataille, des armes et de l'armure. Seuls les guerriers les plus riches ou les serviteurs de familles fortunées étaient en mesure de combattre à cheval.  

Les rois de la fin du Moyen Âge disposaient de peu d'argent pour pourvoir aux frais élevés nécessaires à l'entretien d'importants contingents de cavalerie. Les guerriers étaient vassalisés et tenaient des fiefs de leur suzerain. Les revenus qu'ils tiraient de ces terres devaient leur servir à payer les chevaux et l'équipement. Souvent, les vassaux entretenaient également des formations de soldats de métier. A une époque où l'autorité centrale était faible et les possibilités de communication réduites, le vassal, aidé de ses serviteurs, était responsable de la législation et de l'ordre à l'intérieur du fief. En échange de ce domaine féodal, le vassal acceptait de prêter main-forte à son seigneur en cas de conflit armé. Les grands seigneurs et les rois pouvaient ainsi lever des armées lorsqu'ils le désiraient. Le corps d'élite de ces armées était constitué des vassaux montés.

A mesure que le Moyen Âge avançait, l'élite de guerriers montés d'Europe occidentale devint connue sous le nom de chevaliers. Un code de conduite, appelé chevalerie, fut mis en place régissant les droits et les devoirs des chevaliers. Avec le temps, les chevaliers accomplirent des tâches d'ordre gouvernemental et légal, et le roi s'assurait que ses chevaliers retiraient un profit suffisant de leurs terres. Les gens désiraient devenir chevaliers pour obtenir pouvoir et respectabilité. Plus tard, tous les nobles étaient faits chevaliers. Même les fils de rois devenaient chevaliers. En France et en Espagne, tous les chevaliers, riches ou pauvres, étaient des nobles. Mais en Angleterre, le terme chevalier a évolué pour désigner aussi les membres de la classe sociale qui suit celle de la royauté et la noblesse. Aujourd'hui, c'est toujours un titre honorifique dans ce pays.  

L'honneur, en temps de guerre comme en temps de paix, était l'une des principales préoccupations des chevaliers. Toutefois, ce sentiment intervenait dans les relations avec leurs pairs, rarement avec les manants et les paysans qui constituaient la majorité de la population. Les chevaliers devinrent la classe dirigeante, gérant les terres d'où l'on puisait toute la richesse. Les aristocrates étaient des nobles principalement en raison de leur rang et de leur prestige en tant que guerriers suprêmes dans un monde perpétuellement en proie aux conflits. Plus tard, leur rang et leur prestige devinrent héréditaires et l'importance d'être un guerrier déclina.



La Chevalerie.

Le terme chevalerie fut utilisé la première fois pour désigner les spécialistes de l'équitation et du combat cavalier. Les membres de cette élite guerrière du Moyen Âge formaient une classe distincte de celle des paysans et du clergé. Ils se distinguaient également entre eux par leurs talents de cavalier et combattant. Des chevaux rapides et puissants, des armes splendides et redoutables, des armures fiables constituaient les signes extérieurs de richesse de cette époque.

A partir du XIIème siècle, la chevalerie définissait désormais tout un mode de vie. Un chevalier devait se montrer généreux, courtois, brave, délicat et audacieux. Le parfait chevalier, sur son cheval blanc, défendait les pauvres et volait à la rescousse des demoiselles en détresse. Cette façon d'être répondait à l'idéal chevaleresque: la courtoisie.

Les règles fondamentales du code chevaleresque étaient les suivantes:

* Protéger les femmes et les faibles.
* Défendre la justice contre l'injustice et le mal.
* Aimer et honorer sa patrie.
* Défendre l'Eglise à ses risques et périls.

Mais de nombreux chevaliers ne faisaient pas honneur aux nobles idéaux de leur condition. Au début, ils étaient souvent ignorants et barbares. Lorsqu'ils envahissaient un pays ennemi, les soldats lançaient des bébés en l'air et les rattrapaient avec la pointe de leur lance. Bernard de Cahuzac, un chevalier français, fit couper les mains et les pieds de 150 moines et religieuses à la suite d'une querelle avec un abbé.  

Dans la pratique, les chevaliers et les aristocrates ignoraient le code chevaleresque lorsque cela les arrangeait. Les querelles entre familles nobles et les conflits autour du partage des terres l'emportaient sur toute règle de conduite. La coutume tribale des peuples teutoniques qui consistait à diviser le domaine d'un chef de clan entre ses fils plutôt que de le céder à l'aîné fut souvent la cause des guerres entre frères d'un même clan. Le conflit qui eut lieu entre les petits-fils de Charlemagne en est un exemple éloquent. Le Moyen Âge était infesté de guerres civiles de ce genre dont les premières victimes étaient généralement les paysans.

Vers la fin du Moyen Âge, les chevaliers créèrent les ordres de chevalerie, des confréries exclusives de chevaliers de hauts rangs qui prêtaient serment d'allégeance à leur roi et aux autres chevaliers. Devenir membre d'une telle institution était une promotion extrêmement gratifiante et prestigieuse et conférait au chevalier la plus haute distinction dans le royaume. En 1347, pendant la Guerre de Cent ans, le roi d'Angleterre Edouard III fonda l'Ordre de la Jarretière qui subsiste encore aujourd'hui. Cet ordre de chevalerie se composait de 25 chevaliers des plus hauts rangs d'Angleterre. Ses membres devaient faire preuve de loyauté envers le roi et de dévouement à la victoire dans les combats.

L'ordre de la Toison d'Or fut fondé par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, en 1430 et devint l'un des ordres les plus puissants et les plus riches d'Europe. Le roi Louis XI de France créa l'Ordre de Saint Michel afin de surveiller les activités de ses nobles les plus importants. Les Ordres de Calatrava, Santiago et Alcantara furent fondés afin de chasser les Maures d'Espagne. Ces derniers étaient réunis autour de Ferdinand d'Aragon, dont le mariage avec Isabelle de Castille fut à l'origine de la fondation d'un Royaume d'Espagne unique. Finalement, il devint maître des trois ordres bien que ceux-ci demeurèrent séparés.



 



 
L'Esprit Chevaleresque.

En 1265, Raymond Lulle, un chevalier espagnol, écrivit que tout chevalier devait, même en cas de guerre, faire preuve de sentiments chevaleresques: il devait être honnête, bon envers les pauvres, loyal et courtois.  

La Loi des armes prescrivait la façon d'agir lors des batailles. Il était interdit de maltraiter un prisonnier ou de laisser un chevalier ennemi mourir de ses blessures. Lors de la bataille de Poitiers (1356), Jean le Bon, roi de France, remit son attaque au lendemain pour éviter de se battre un dimanche. Les Anglais eurent alors le temps de se préparer et gagnèrent la bataille.  

Au XIIe siècle, certains chevaliers devinrent jongleurs (ménestrels). Inspirés par leurs chansons d'amour, plusieurs chevaliers firent vœu de galanterie auprès des dames. Peu importe qu'elles soient mariées car au Moyen-Âge, le mariage était plus une question d'affaires que de sentiments. Le véritable amour consistait à désirer quelqu'un qu'on ne pouvait jamais épouser.  

Cet amour courtois est un des aspects les plus étranges de la chevalerie. Les chevaliers accomplissaient de grands exploits juste pour le sourire d'une dame. Une noble dame nouait son foulard au bras de son chevalier qui faisait vœu de se battre pour elle lors d'un tournoi. Un chevalier participa à un tournoi vêtu de la robe de sa dame au lieu de son armure. Il fut gravement blessé. L'époux de la dame donna un banquet en l'honneur du chevalier et la dame porta la robe tachée de sang. Avant la bataille de Poitiers, des mots peu aimables furent échangés lorsque Messires John Chandos et Jean de Clermont découvrirent qu'ils affichaient tous deux l'emblème de la même femme. 





 
Devenir un Chevalier.

A l'âge de 7 ou 8 ans, les jeunes garçons de la noblesse étaient envoyés comme page auprès d'un grand seigneur. Les pages apprenaient les règles sociales essentielles auprès des femmes de la domesticité ainsi que les principes de base du maniement des armes et de l'équitation. Vers l'âge de 14 ans, l'adolescent devenait un écuyer, un jeune chevalier en apprentissage. Les écuyers étaient placés sous la responsabilité d'un chevalier qui poursuivait leur éducation. L'écuyer était à la fois un compagnon et un serviteur du chevalier. Les devoirs de l'écuyer consistaient à cirer l'armure et les armes (sujettes à la rouille), aider le chevalier à se vêtir et à se dévêtir, veiller sur ses biens et même le protéger en dormant devant la porte tel un garde.

Au cours de tournois et des batailles, l'écuyer assistait le chevalier en cas de nécessité. Il lui apportait des armes et des chevaux de rechange, pansait ses blessures, éloignait du danger un chevalier blessé ou s'assurait, en cas de décès, qu'il reçût des funérailles dignes de son nom. Il arrivait souvent que l'écuyer accompagne son maître dans la bataille et combatte à ses côtés. Un chevalier évitait, dans la mesure du possible, de se battre avec un écuyer du camp opposé et cherchait plutôt à affronter un chevalier d'un rang similaire ou supérieur au sien. Les écuyers, par contre, cherchaient à affronter des chevaliers ennemis, car la mort ou la capture d'un chevalier de haut rang leur apportait la gloire et la considération.

En plus d'un entraînement guerrier, les écuyers consolidaient leur formation et leurs capacités par la pratique des jeux. S'ils n'écrivaient pas, Ils apprenaient au moins à lire. Ils étudiaient également la musique, la danse et le chant.  

A l'âge de 21 ans, un écuyer était éligible au titre de chevalier. Les candidats étaient adoubés chevaliers par un seigneur ou un autre chevalier de haut rang. Au début du Moyen Âge, la cérémonie de l'adoubement était assez simple. Le futur chevalier recevait un coup sur la nuque à l'aide d'une épée puis revêtait un baudrier pour soutenir son épée. Avec le temps, la cérémonie devint plus élaborée et prit, sous influence de l'Eglise, l'allure d'un sacrement. Les candidats se baignaient, coupaient leurs cheveux à ras et veillaient la nuit entière dans la prière. Au matin, le candidat recevait l'épée et les éperons de chevalier.

Généralement, seuls ceux qui possédaient des terres ou les revenus nécessaires pour assumer les responsabilités liées à leur rang pouvaient accéder au titre de chevalier. Toutefois, des seigneurs et des évêques puissants pouvaient entretenir un contingent important de chevaliers, offrant ainsi au moins fortunés la possibilité d'intégrer cette fonction. Les écuyers qui se montraient particulièrement brillants dans les batailles pouvaient également obtenir la reconnaissance d'un seigneur puissant et être adoubés chevaliers sur-le-champ.





 
L'Epée du Chevalier.

L'épée, remise au chevalier lors de son adoubement, était le symbole de son rang, son bien le plus précieux, celui dont il ne se séparait jamais, même dans le tombeau. Les gisants des chevaliers les représentent tenant leurs épées comme des crucifix. Instrument de force et de mort, l'épée était aussi objet de piété... Lors des cérémonies d'adoubement, n'était-elle pas, en même temps que celui qui la porterait, solennellement bénie et baptisée, après avoir été offerte par des rois, des papes, des évêques, ou des pairs, compagnons d'armes ? Les armes, notamment, constituaient un patrimoine de prix et marquaient la condition d'homme libre. En ces débuts de l'âge féodal, la lance, l'épée et l'utilisation du cheval restent les symboles de l'appartenance à la catégorie sociale privilégiée de ceux qui font la guerre, les chevaliers.  

Outre Excalibur, emblème de la légende arthurienne, il y a d'autres épées célèbres, notamment dans la Chanson de Roland et la Geste de Charlemagne.  

Ainsi Joyeuse, l'épée de l'Empereur à la Barbe fleurie (qui était rasé, en vrai guerrier franc), dont l'éclat était tel qu'elle aveuglait ses ennemis, et dont le possesseur ne pouvait être empoisonné... Elle aurait contenu, dans son pommeau, un morceau de la sainte lance, celle qui avait percé le flanc du Christ agonisant sur la croix.  

Ainsi Durandal, l'arme du fougueux Roland qui, lorsqu'il sentit la mort venir, voulut, afin qu'elle ne tombe pas aux mains des Sarrasins, la briser contre un rocher ; mais ce fut le rocher qui se fracassa. Dans les Pyrénées, on montre encore une trouée dans la montagne, au-dessus de Roncevaux : la Brèche de Roland ! Charlemagne l'avait offert à son neveu après des combats en Calabre, au cours desquels il lui avait sauvé la vie.  

Ainsi Hauteclaire, l'épée d'Olivier, compagnon du précédent (et personnage imaginaire, sans réalité
historique), qui aurait appartenu à un empereur romain...  



Les Tournois.

Les combats simulés entre plusieurs chevaliers, appelés tournois, apparurent au Xème siècle. Le second concile de Latran, sous le pape Innocent II, et les rois d'Europe condamnèrent aussitôt ces joutes, déplorant les morts inutiles de chevaliers au cours de ces tournois qu'ils considéraient comme une activité frivole. Cela n'empêcha pas toutefois les tournois de se multiplier et de devenir partie intégrante de la vie des chevaliers.

Les tournois étaient au départ de simples concours entre chevaliers avant de devenir de véritables parades de luxe et d'élégance au cours de siècles. Ils devinrent des événements sociaux de première importance qui faisaient venir les patrons et les adversaires de régions les plus éloignées. Des listes spéciales (champs clos de tournois) étaient dressées ainsi que des tribunes pour les spectateurs et des pavillons pour les combattants. Les chevaliers pouvaient combattre individuellement ou en équipes. Ils s'affrontaient en duel en utilisant un large éventail d'armes et constituaient des mêlées simulées avec plusieurs chevaliers d'un côté. Les joutes, ou coups de lances, opposant deux chevaliers armés de lances devinrent l'événement primordial. Les chevaliers concourraient, comme les athlètes de notre époque, pour les prix, le prestige et l'attention de dames qui remplissaient les tribunes.  

Le nombre de chevaliers tués lors de ces tournois avait atteint une telle importance au XIIIème siècle que la classe dirigeante, y compris le pape commença à s'alarmer. Soixante chevaliers périrent dans un tournoi qui eut lieu à Cologne en 1240. Le pape voulait garder un maximum de chevaliers disponibles pour combattre dans les Croisades en Terre Sainte, plutôt que de les perdre lors de ces tournois. Les armes furent émoussées et les règles des tournois modifiées afin de réduire les risques de blessures. Toutefois, il arrivait encore que des chevaliers soient grièvement blessés ou tués. Henry II de France fut mortellement blessé dans une joute lors d'un tournoi tenu en l'honneur du mariage de sa fille.

Les défis étaient souvent provoqués par des combats amicaux, mais la moindre animosité ou rancune entre deux combattants pouvait se terminer en lutte sans merci jusqu'à la mort. Les perdants des tournois étaient capturés et devaient payer une rançon en nature (chevaux, armes et armure) aux vainqueurs afin d'obtenir leur libération. Des hérauts suivaient les résultats des tournois, comme c'est le cas aujourd'hui avec les panneaux affichant les scores au base-ball. Les prix remportés permettaient aux chevaliers de bas rang d'amasser des sommes considérables et d'attirer les faveurs d'une future et riche épouse.




Les Ordres Militaires.

A l'époque des Croisades, des ordres militaires de chevaliers furent créés pour soutenir les motivations chrétiennes de ce mouvement. Ces hommes étaient les plus féroces et les plus puissants des croisés et les ennemis haïs des Arabes. Ces ordres militaires subsistèrent après l'échec des Croisades en Palestine.  

Le premier ordre militaire créé fut celui des Chevaliers du Temple ou les Templiers, fondé en 1108 afin de protéger le Saint Sépulcre à Jérusalem. Les Templiers portaient des manteaux blancs marqués de la croix rouge de l'Ordre. Ils prononçaient les même vœux que les moines Bénédictins : pauvreté, chasteté et obédience. Les Templiers étaient les plus fervents défenseurs de la Terre Sainte. Ils furent les derniers Croisés à quitter la Terre Sainte. Au cours des années qui suivirent, l'ordre des Templiers s'enrichit considérablement grâce aux diverses donations et aux intérêts qu'ils récupéraient sur des prêts d'argent, éveillant ainsi la convoitise et la méfiance des rois. En 1307, le roi Philippe IV de France les accusèrent de nombreux crimes, dont celui d'hérésie, les fit arrêter et confisqua leurs terres. D'autres chefs européens suivirent ce mouvement et les Templiers furent anéantis.

L'Ordre des Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem, appelés aussi les Hospitaliers, fut fondé initialement pour assister les pèlerins pauvres et malades qui se rendaient au Saint Sépulcre. Ils se convertirent pour une courte période en ordre militaire. Les Hospitaliers portaient un manteau rouge marqué d'une croix blanche et prononçaient les vœux de St Benoît. Les Hospitaliers établirent des règles très strictes visant à se protéger des dérives de la richesse et de l'indolence. Lorsqu'ils furent chassés de la Terre Sainte après avoir livré leur château aux ennemis, le Krak des chevaliers, ils se retirèrent dans l'île de Rhodes qu'ils défendirent plusieurs années durant. Chassés de Rodes par les Turcs, ils établirent résidence sur l'île de Malte.  

Le troisième ordre militaire puissant était celui des Chevaliers Teutoniques, fondé en 1190 pour protéger les pèlerins germains au cours de leur voyage en Terre Sainte. Avant la fin des croisades, ils dirigèrent leurs efforts vers la conversion des païens de Prusse et des pays Baltes.  



L'Héraldique.

Afin de reconnaître les chevaliers dans un champ de bataille, un système d'emblèmes appelé l'héraldique fut développé. Des emblèmes spécifiques furent dessinés pour chaque famille noble. Ceux-ci étaient représentés sur le bouclier, le surcot (chemise de toile portée sur la cotte de mailles), les bannières et le sceau. Un surcot orné des emblèmes d'un chevalier devint connu sous le nom de cotte d'armes. Ce terme fut ensuite utilisé pour désigner le blason d'armoiries. Une organisation indépendante appelée Le Collège des Hérauts dessinait les armoiries et s'assurait que chacune était unique. Les armoiries étaient répertoriées par les hérauts dans des recueils particuliers qu'ils conservaient précieusement.

Les armoiries se transmettaient de génération en génération et étaient modifiées lors d'un mariage. Certains dessins étaient réservés à la royauté dans différents pays. Vers la fin du Moyen Âge, les villes, les guildes et même les personnages importants non issus de la noblesse possédaient des armoiries.

Sur le champ de bataille, les combattants portaient des cottes d'armes. Cela permettait de distinguer les ennemis des alliés et de choisir un adversaire de taille dans une mêlée. Les hérauts dressaient les listes des chevaliers qui devaient se battre à partir de leurs blasons d'armoiries. Ils ne prenaient pas position dans le combat et agissaient comme intermédiaires entre les deux armées. De cette façon, ils pouvaient transmettre des messages entre les défenseurs d'un château ou d'une ville et les assiégeants. Après une bataille, les hérauts identifiaient les morts à leurs armoiries.

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