Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 09:18
L'artisanat et les corporations.




artisanat.jpg



L’artisanat urbain se distingue de l’artisanat rural par une extrême division des tâches.





L'exemple du textile.

Pour prendre l’exemple du textile, une famille paysanne est capable d’assurer à elle seule toutes les opérations nécessaires à la confection d’une toile ou d’un drap grossiers, tandis qu’en ville chaque opération différente correspond à un métier, avec sa propre organisation et ses règles de vie. De plus, l’apprêtage du tissu est bien plus élaboré en ville. Entre l’arrivée de la laine brute et la présentation d’un drap prêt pour la vente, des opérations mécaniques, manuelles et chimiques sont nécessaires : le triage de la laine, le battage, le dégraissage, le peignage ou le cardage, le filage et le dévidage. Vient ensuite le tissage sur des métiers sans cesse perfectionnés. Les dernières opérations sont le foulage, la teinture et les ultimes apprêts du drap. Ces dernières activités très polluantes sont rejetées loin du centre-ville, près des cours d’eau. Les teinturiers ont en permanence les mains en contact de produits corrosifs, d’où leur surnom péjoratif d’"ongles bleus”. À partir du XIVe siècle, les drapiers des villes organisent une industrie drapière de qualité dans les campagnes à proximité des centres urbains.
Les métiers de l’alimentation sont également très dynamiques dans les villes ; de la même manière, une hiérarchie existe entre chaque catégorie, selon des critères de spécialisation mais aussi de pureté et d’impureté : les bouchers qui font couler le sang sont tenus à l’écart. Toutes ces activités artisanales et commerciales sont peu à peu organisées au sein des corporations.



artisanat2.jpg




Les métiers jurés.

Le terme de corporation a été inventé au XVIIIe siècle. Au Moyen Âge, l’on parle d’art, de guilde, de hanse ou de métier, pour désigner des groupements de droit quasi public qui soumettent leurs membres à une discipline collective dans l’exercice de leur profession. Ces groupements accèdent rapidement à la personnalité juridique. Leurs statuts, approuvés et garantis par la commune et/ou le souverain, leur confèrent le monopole dans leur secteur d’activité (tout travail “libre” est dès lors interdit), les chargent de réglementer la profession et leur attribuent une police. Les membres du “métier juré” font le serment de respecter ses statuts et de s’assister mutuellement. Ce type de groupement est très diffusé dans la France du Nord.



artisanat3.jpg



Les métiers réglés.

Dans le Sud, les métiers reçoivent leurs statuts de la commune, et ce sont les gardes consulaires qui assurent la police de la profession, notamment en Languedoc. Ces “métiers réglés” sont donc soumis aux ordonnances municipales. Des confréries professionnelles viennent peu à peu doubler les métiers et assurer l’encadrement religieux des artisans réunis sous la bannière d’un saint patron (saint Éloi pour les orfèvres, par exemple). La hiérarchie interne des métiers repose sur la domination des maîtres sur les compagnons et les apprentis. L’accès à la maîtrise tend à se fermer à la fin du Moyen Âge et à se transmettre au sein des mêmes familles. La vocation de la corporation consiste à défendre les intérêts du groupe, lutter contre la concurrence et organiser l’entraide sociale (secours-maladie et secours-vieillesse). À partir de la seconde moitié du XIIIe siècle, les métiers participent au gouvernement des villes, ce qui n’empêche pas le développement de tensions entre métiers majeurs et métiers mineurs et à l’intérieur de ceux-ci, entre maîtres, compagnons et apprentis. Des caisses d’entraide propres aux compagnons voient le jour à la fin du Moyen Âge.



artisanat4.jpg






Source BNF.

Repost 0
30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 08:34
L'évolution de l'outillage et des techniques agricoles.



Les progrès faits au XIe siècle dans la métallurgie ont permis de rendre plus efficaces et plus solides les outils des paysans, car l'on s'est désormais efforcé de garnir de fer les éléments tranchants des haches, des houes, des fourches, des serpes, des faucilles, des faux, des herses, sans oublier bien sûr le soc et le coutre des charrues.


outil.jpg



La charrue.

À côté de l'araire – instrument relativement simple en usage depuis l'Antiquité – , un outil de labour plus puissant, connu déjà, peut-être, à l'époque carolingienne, s'est répandu entre le Xe et le XIIIe siècle dans les plaines de l'Europe occidentale : c'est la charrue. Munie d'un soc analogue à celui de l'araire, la charrue est de surcroît pourvue d'un coutre, "grand couteau vertical placé à l'avant et chargé de tracer la ligne de la raie que va ouvrir le soc" (G. Fourquin), et d'un versoir, pièce de bois ou de métal qui fait se retourner et se rejeter sur le côté la terre du sillon creusé par le coutre et le soc. La charrue, instrument dont on a souvent souligné l'aspect dissymétrique, a sur l'araire, symétrique, des avantages incontestables : elle pénètre la terre plus en profondeur et la retourne ; ce faisant, elle l'ameublit, ce qui favorise la circulation de l'air et de l'eau dans le sol.



outil2.jpg


Tout ceci vaut surtout pour les sols riches et lourds, comme ceux des plaines de l'Île-de-France et de la Picardie. Au contraire, dans les sols légers et souvent pierreux comme il s'en trouve beaucoup dans le Midi, l'araire suffisait, d'autant plus que, ne retournant pas la terre, "il ne faisait pas remonter les pierres à la surface comme aurait fait la charrue" (G. Fourquin). Il n'est donc pas étonnant que l'araire ait conservé la première place dans le Midi, tandis que la charrue se répandait dans le Nord.



outil3.jpg




La traction animale.

Un autre domaine a été marqué par des innovations notables, à savoir celui de la traction animale.
Pour les bovidés, animaux de trait par excellence pendant des siècles, l'élément important de l'attelage était le joug. Une première amélioration consista, probablement au tournant des XIe-XIIe siècles, à remplacer le joug de garrot, appuyé sur la nuque de l'animal, par un joug posé sur ses cornes, ce qui augmentait la capacité de traction. Puis, un siècle plus tard, fut introduit le joug frontal, plus efficace encore, et qui est resté en usage jusqu'à nos jours partout où les bœufs continuent à servir de bêtes de trait.



outil4.jpg


Cependant, en matière de traction animale et d'attelage, la nouveauté capitale a été de recourir aussi au cheval. Longtemps utilisé essentiellement à des fins militaires, le cheval n'était capable par ailleurs que de tirer des charges assez légères, faute d'un attelage adéquat. Le joug (de garrot ou frontal) est en effet peu adapté au cheval parce que l'encolure de celui-ci est relevée et ne suit pas, comme celle du bœuf, l'axe de la colonne vertébrale. En revanche, le collier d'épaule permet d'utiliser pleinement la vigueur du cheval. Cet élément de l'attelage, qui existait peut-être déjà dans l'Antiquité mais sans effet pratique, a commencé à se répandre dans les campagnes de l'Europe occidentale vers les IXe-Xe siècles, et, avec lui, l'usage de la charrue tirée par des chevaux. Ceux-ci, nettement plus rapides que les bœufs, convenaient particulièrement bien aux grandes plaines du nord de la France, de la Belgique et de l'Allemagne. Pourtant, la traction chevaline n'y a pas fait disparaître complètement l'utilisation des bovidés pour le travail de la terre. Les chevaux sont en effet des animaux coûteux à l'achat et à l'entretien, et, s'ils ont eu le plus souvent la préférence bien compréhensible des grands propriétaires, ils ont eu naturellement moins de succès auprès des ruraux moins fortunés ou carrément modestes. D'autre part, les bovidés, de santé plus robuste et au pied plus stable, ont conservé leur place dans les campagnes accidentées et fortement ensoleillées des zones méridionales, concurremment du reste avec les mules et les ânes, qui sont moins chers et à tous égards plus solides que le cheval, et qui supportent, mieux que lui, les fortes chaleurs estivales.



outil5.jpg






Source BNF.



Repost 0
29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 08:24
La production des céréales.




cereales.jpg




Qu'il s'agisse de grandes ou de petites exploitations, on demandait aux terres arables de produire des céréales destinées exclusivement à l'alimentation humaine : dans les grandes plaines du Nord, c'était l'épeautre, le seigle, l'orge d'hiver, l'avoine, moins souvent le froment ; dans le Sud, on cultivait le froment, le mil, le sorgho.



La rotation des cultures et jachères.


En gros, on connaissait deux types de rotation des cultures. La rotation biennale a été seule pratiquée dans le Midi : à une année de culture succédait une année de jachère. Dans les terres à blé du Nord, la rotation triennale était, sinon de règle, du moins fréquente, et cela sans doute depuis longtemps : les champs portaient successivement du blé d'hiver, du blé de printemps et étaient ensuite laissés en jachère. En l'occurrence, les conditions climatiques prévalant dans les plaines du Nord étaient favorables à la rotation triennale : alors que l'orge et surtout l'avoine de printemps ne supportent pas les coups de chaleur du Midi méditerranéen, elles s'accommodent bien, en revanche, du climat plus frais et plus humide du Nord.
On avait partout recours à la jachère, que ce soit en pays de rotation biennale ou dans les zones de rotation triennale. On savait en effet qu'un repos plus ou moins long était nécessaire à la terre pour qu'elle puisse se reconstituer et porter à nouveau des récoltes. Dans les terres pauvres, il arrivait même que des champs restent en jachère pendant plusieurs années. Il y avait à tout cela une raison fondamentale qui était le manque d'engrais


cereales2.jpg



Le fumier animal.

À l'exception de la marne, utilisée depuis des temps reculés dans les régions où il s'en trouvait, notamment en Artois, en Normandie et en Île-de-France, mais aussi dans le Maine et le Béarn, le seul engrais alors connu était le fumier animal. Mais les bovins, qui donnaient le meilleur fumier, étaient généralement peu nombreux. Comme on ne cultivait aucune plante fourragère, les animaux ne connaissaient que de brèves périodes de stabulation, pendant lesquelles on les nourrissait tant bien que mal avec l'herbe de rares prés de fauche : il n'en résultait que peu de fumier, que l'on épandait uniquement sur les champs qui allaient recevoir les semailles de blé d'hiver. On recourait aussi à la vaine pâture, qui consistait à faire paître les animaux sur les champs qui venaient d'être moissonnés, mais la période de vaine pâture était trop courte pour que les champs soient suffisamment fumés.
C'est pour tout cela que, pendant des siècles, bien au-delà du Moyen Âge, on a fait appel à la jachère. C'est aussi pour cette raison que les rendements sont restés longtemps très bas.
Les campagnes n'étaient pas pour autant vouées à l'immobilité. En fait, un prodigieux pas en avant a été fait entre le Xe et le XIIIe siècle, période pendant laquelle les hommes ont fait reculer les forêts, les landes, les marécages et même la mer : c'est l'époque dite "des grands défrichements".


cereales3.jpg







Source BNF.
Repost 0
17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 09:10
Le commerce au Moyen âge.



024.jpg


Introduction.
Au Moyen Âge, un commerçant spécialisé dans le type de marchandises orientales (poivre, noix, cannelle, huile...) était un homme riche. Avec le développement du grand commerce, la fortune et le pouvoir des « bourgeois commerçants » allaient toujours croissant. En effet, au cours du bas Moyen Âge, les petites associations, à caractère régional, d'artisans et de commerçants ayant des intérêts communs évoluent et prospèrent jusqu'à devenir des ligues européennes puissantes. Nous allons traiter dans cet article :
  • Les voies de communications.
  • L'activité commerciale au Moyen Âge.
  • La navigation.

Les voies de communications.


De nouvelles routes commerciales.
Les Européens commencèrent doucement à s'émanciper vers les territoires extérieurs. Grâce aux Croisades, ils se déplaçaient maintenant avec assurance sur terre comme sur mer. La carte des routes commerciales du Moyen Âge montre que le grand commerce touchait toute l'Europe :
  • Au nord, une puissante association de villes germaniques et scandinaves, la Hanse, exerçait un véritable monopole en mer du Nord et dans la Baltique.
  • Au sud, les villes portuaires de Gênes, Amalfi et Venise, en Italie, dominaient le commerce méditerranéen. Ces villes bénéficiaient des conséquences des croisades qui contribuèrent puissamment à réactiver les échanges avec les ports du Levant.
De plus, des pistes caravanières et des routes maritimes rejoignaient l'Inde, le Sud-Est asiatique et la Chine. Les produits provenant de ces contrées étaient achetés par les Européens dans les villes du Levant ou à Byzance. En échange, ils y vendaient du bois, du fer, du blé, du vin, de l'huile, etc.



caravane.jpg



Des innovations techniques.
Parmi les causes de l'essor du commerce médiéval, il faut compter certains progrès techniques accomplis dans le domaine des moyens de transport. Pour le transport terrestre, il y a les avancés du ferrage, du harnachement et de l'attelage à la file des chevaux. Ces innovations furent complétées par le cerclage de fer des roues des charrettes et des chars ainsi que par l'augmentation des routes pavés. D'autres améliorations se produisirent plus tardivement : au XIVe siècle apparurent les sangles suspendant les caisses des charrettes et les avant-trains tournant autour d'un essieu.

Le réseau romain.
Depuis Rome, comme « centre nerveux », de nombreuses voies et chaussées rayonnaient suivant des tracés qui pouvaient atteindre n'importe quel point de l'Empire, y compris le plus éloigné, et au long desquels les voyageurs pouvaient bénéficier d'un remarquable système de relais pour les chevaux et d'auberges pour se reposer. Lors de la chute de l'Empire romain, le changement qui s'opéra, s'il ne fut pas brutal, suivit cependant un lent processus de détérioration et d'abandon qui se prolongera durant plus de deux siècles. Concrètement, depuis le règne de l'empereur Caracalla, jusqu'au troisième siècle de notre ère, Rome avait cessé de se préoccuper de l'entretien du réseau secondaire de routes ; seules, les grandes voies qui partaient de Rome bénéficiaient de ces tâches vitales, les relais fonctionnaient, et les auberges bien que se raréfiant demeuraient ouvertes. L'immense réseau de voies de communications élaboré par les Romains, cette œuvre parmi les plus colossales de l'ingénierie civile de tous les temps, devait malheureusement disparaître avec le collapsus de l'Empire.



pont-gard.jpg



Les voies d'invasions.
Au VIIe siècle de notre ère, les grandes voies romaines, déjà fortement détériorées, restaient néanmoins le meilleur et le plus fréquenté des moyens de communication de l'époque. Ce furent les voies romaines qu'empruntèrent en priorité de nombreuses tribus barbares pour envahir l'Empire à partir du IVe siècle, avec leurs pesants chariots tirés par des bœufs, bétail et esclaves, sans compter les femmes, les enfants et de redoutables guerriers montés à cheval. D'après les chroniques de l'époque, en Europe et dans la première moitié du VIIIème siècle, ces voies ou ce qu'il en restait furent délaissées au profit des voies strictement vicinales. Les villes, les cités et des villages entiers connaissaient alors une désertification en masse. Cette période coïncide avec le début du féodalisme.


La « petite Renaissance ».
Dans la seconde moitié du VIIIe siècle sur le Vieux Continent se produisit un renouveau de l'activité commerciale, intellectuelle et religieuse initié par l'empereur Charlemagne, personnalité dominante du Haut Moyen Âge (période qui s'étend du début du Ve siècle jusqu'à l'aube du XIIème siècle). L'Empire Carolingien, maintenu par les successeurs de Charlemagne devait durer presque un siècle et demi au cours duquel il connut une authentique renaissance qui s'affirma dans la première moitié du IXe siècle. Les routes de l'Europe au cours de ces longues périodes furent à nouveau fréquentées. Mais c'en était fini des antiques chaussées romaines ; le temps avait fait son œuvre d'une part, et, après le passage successif des barbares et des paysans, elles avaient été saccagées et pillés, car le matériau dont ces voies étaient faites, blocs de pierres d'excellente qualité s'était révélé d'une grande utilité pour la construction des habitations. De nombreux manoirs furent construits à partir de la pierre extraite des chaussées romaines. Toutes ces raisons firent qu'il restait bien peu de choses des larges voies qui traversaient jadis les montagnes et franchissaient les rivières sur des ponts ingénieux, la plupart détruits. Les chemins et les sentiers de l'Empire carolingien, s'ils s'inspirèrent de la voie romaine étaient beaucoup plus modestes.



carte-europe.jpg


Le féodalisme : localisation du commerce.
Le féodalisme avait fait de timides apparitions dans la première moitié du VIIIe siècle, voici qu'il resurgit avec toute sa vigueur au début du Xe siècle. A cette époque, le système féodal de vassalité prédomine en Allemagne, en Angleterre et dans une grande partie de la France. Système rigide dans lequel le paysan, serf de la glèbe, devait se plier au joug de la terre. Au sommet régnaient les grands seigneurs féodaux, propriétaires d'immenses territoires et auxquels devaient se soumettre d'autres propriétaires moins bien nantis, les vassaux. Le féodalisme est un système très local qui est quasiment indépendant de l'extérieur. Les seigneurs assurent la protection des vassaux car les routes ne sont plus très sûres. De ce fait, le Xème siècle fut la période la plus obscure de l'histoire de l'Europe. Les chemins se vidèrent de leurs voyageurs, seuls les troupes de soldats les parcouraient, lors d'inévitables incursions guerrières. Les cités et les villes laissées à l'abandon, ressemblaient alors à des fantômes de pierre. Rome qui, un siècle avant notre ère, avait hébergé un demi-million de personnes, selon les calculs les moins optimistes, ne recensait au Xème siècle pas plus de cinquante mille âmes, soumises à toutes sortes d'actes de violence et d'humiliations de la part d'une noblesse avide.


Les routes au service des pèlerinages.
Malgré tout, à partir de la moitié du XIe siècle, l'activité commerciale commença à redonner des signes de vies. Le chemin de Santiago, qui conduisait jusqu'aux confins du Nord-Est de l'Espagne, là où selon la légende, reposait les restes de l'apôtre Jacques le Majeur, devint la route la plus fréquenté d'Europe. Les pèlerins partant de France traversaient les Pyrénées pour aller se recueillir sur la tombe du saint apôtre. Le chemin de Compostelle ou « chemin français » était surveillé de manière efficace par le célèbre ordre militaire des Templiers, et ses chevaliers avaient pour mission de nettoyer le chemin des pillards et des malfaiteurs, bandits de grands chemins et filous de tout poil qui le hantaient. En fait, ce zèle se confondait parfois à quelques excès, à tel point qu'en deux occasions le Pape dut mettre un frein à l'excessive ferveur de certains chevaliers. En plus des pèlerins, qui voyagèrent habituellement à pied et par groupes peu nombreux, beaucoup d'autres voyageurs en transit empruntaient le chemin français : montreurs, acteurs, ambulants, bambocheurs, femmes de mœurs légères, arracheurs de dents, barbiers, drapiers, commerçants en vin, marchants de bois, vendeurs d'eau, vendeurs de reliques (toutes certainement fausses) ; toutes sortes de prêtres et de frères, les membres d'ordres mineurs tels celui des frères mendiants.



L'activité commerciale au Moyen Âge.


Le commerce au Moyen Âge.
Le Moyen Âge se divise en deux grandes étapes :
  • Le Haut Moyen Âge : Elle s'étend du Ve siècle au milieu du XIe. C'est une époque chaotique où le dépeuplement des villes et des cités va croissant. Période éminemment rurale au cours duquel le système de commerce est fondé sur le troc.
  • Le Bas Moyen Âge : Cette période verra fleurir le commerce et les marchands, ainsi devait naître une forme de capitalisme qui s'affirmera au fil du temps. Les guildes et les hanses sont issues de cette deuxième partie du Moyen Âge. A l'origine, il s'agissait de confréries à caractère religieux, qui fleurirent au cours de l'Empire Carolingien, lesquelles donnèrent naissance aux corporations.

rue-marchande-copie-1.jpg


Des confréries aux ligues.
Malgré une idéologie respectable « association traditionnellement pieuse et charitable mise sous la protection d'un saint patron », certaines des confréries s'attirèrent de nombreuses critiques pour leurs désordres de vie. En 852, Hincmar, archevêque de Reims, critiquait durement les coutumes de groupes capables de transformer les fêtes de sanctification à la gloire de Dieu en banquets des plus fastueux. Il devint difficile alors de distinguer confréries et corporations, religion et profession étant alors étroitement unies. En dépit d'une soi-disant renaissance carolingienne, l'Europe demeurait une société rurale où villes et cités comptaient peu. A partir de l'essor économique de la fin du Xe siècle, les viles et les cités commencèrent à compter dans le milieu toujours dispersé de la société campagnarde, et les artisans se regroupèrent par domaines d'activité : merciers, orfèvres, marchands d'eau, drapiers, épiciers, peintres, musiciens... Les corporations défendaient les intérêts de leurs membres et servaient également aux autorités municipales pour contrôler la qualité des produits et fixer les taxes. Les marchands vont jouer un rôle de premier plan au cours du XIe siècle. Les échanges commerciaux prennent de l'ampleur : les marchandises sont transportées d'un point de l'Europe à l'autre par voie de terre ou le long des côtes méditerranéennes. Les risques encourus tout au long de l'acheminement étaient multiples : banditisme, péages outranciers, etc. La nécessité de protéger les intérêts mutuels s'imposait donc et les marchands vont s'associer en guildes : de la cité, l'échange s'étend alors à la contrée et très vite aux régions, annonçant la prospérité.


Guildes et frairies.
Les guildes possédaient leurs privilèges et leurs propres juridictions codifiés selon un statut officiellement reconnu. Parmi ceux-ci, figuraient la fixation des prix, celle des poids et mesures et le monopole commercial. Certaines guildes obtinrent le droit de frapper leur propre monnaie, mais ces cas étaient cependant rares et de courte durée. Dans le contexte de l'époque, la guilde passa pour être une authentique association de marchands et de transporteurs sur une même voie d'eau, de clients attirés d'un même centre commercial. La Guilde des marchands de Tiel, en Gueldre, par exemple, était en contact avec l'Angleterre, c'est la plus ancienne. La frairie était celle de la Halle basse de Valenciennes, en France, dont les archives datent de 1050. Apparut ensuite la Guilde marchande de Saint Omer. Mais ce sont la Flandre et les régions rhénanes qui furent le fer de lances des guildes économiques qui, beaucoup plus tard vers le XVIIIe siècle s'étendront en Angleterre, à la totalité des Pays-Bas, aux pays scandinaves...



ommeganck.jpg


Hanses d'Europe.
Les guildes avaient vigoureusement contribué au développement du mouvement communal en suscitant l'esprit de solidarité et la résistance au régime féodal. Mais ces corporations vont bientôt disparaître pour laisser la place à une politique plus ambitieuse, d'abord régionale puis européenne : la création des hanses (de l'allemand ancien hansa, troupe, bande). Tout d'abord regroupement de guildes, les hanses n'échappèrent pas au mouvement et se transformèrent en ligues de villes marchandes :
  • La Hanse de Londres regroupait plus d'une vingtaine de cités et de villes autour d'échanges commerciaux avec la capitale britannique.
  • La Hanse des XVII Villes, association de marchands drapiers, qui va s'affirmer dès 1230 aux Pays-Bas et dans le nord de la France.
  • La Hanse Teutonique, sans aucun doute alors la plus célèbre et la plus importante de toutes. Au XIVe siècle, elle est à son apogée. Contre la domination de ce patriciat, oligarchique et exclusif, les petits se liguèrent. Sa puissance était telle que les États traitaient ses représentants comme les ambassadeurs d'un grand pays.
Le commerce hanséatique était fondé, d'une part, sur le trafic des fourrures et de la cire, provenant de Russie et de Prusse, d'autre part, sur celui des draps flamands et anglais et du sel gemme. A ces produits de base s'ajoutaient le cuivre et le fer de Suède, les vins de France ou du Rhin, etc. Au XVème siècle, la décadence des guildes et des hanses devint manifeste, à l'exception de la Hanse Teutonique. Beaucoup d'entre elles firent un retour au concept de confrérie religieuse, dont les rites allaient se maintenir jusqu'à une époque tardive (au milieu du XIXe siècle, en Angleterre).


Les grandes foires.
Si la plus grande part du commerce international provenait des ports du Nord ou de la Méditerranée, ceux-ci irriguaient ensuite le continent tout entier. Désormais, les commerçants étaient de véritables hommes d'affaires, alors que leurs prédécesseurs se déplaçaient à dos de mulet ou sur des charrettes branlantes, ils achetaient désormais des chargements entiers de navires et des lots de marchandises. Dans les foires, où ces grands marchands se donnaient rendez-vous, se réglaient d'énormes affaires. Les foires étaient l'âme du commerce médiéval. Elles se déroulaient dans toutes l'Europe : Londres, Reims, Troyes, Cologne, Leipzig, Genève... Les foires duraient chacune six ou sept semaines selon un calendrier fixé afin que les foires puissent s'enchaîner chacune par rapport aux autres. Ainsi, le marché était actif toute l'année. Les affaires conclues au cours de ces rencontres encourageaient la production industrielle et artisanale, elles stimulaient les progrès techniques. Afin d'éviter aux grands marchands de transporter une grande quantité d'argent, on inventa la lettre de change : ce moyen permet de payer une dette à distance, en passant par l'intermédiaire de deux banquiers qui correspondent entre eux. La lettre de change introduisit le crédit, mais de façon camouflée car l'Église interdisait les prêts avec intérêts. Au cours de cette période, ce sont les riches familles italiennes qui furent à l'avant-garde dans le domaine bancaire. Le monde changeait, les châteaux féodaux perdaient de leur importance tandis que les villes commerçantes croissaient. La fortune des seigneurs s'amenuisait au profit des riches bourgeois qui tenaient les rênes de l'économie. Ceci contribua à la naissance des États modernes.


foire-copie-1.jpg


La navigation.


Progrès techniques dans la navigation.
Le grand commerce médiéval bénéficia des progrès réalisés dans la construction des navires et dans l'apparition de nouveaux instruments de navigation. L'innovation la plus importante fut la diffusion de la boussole. Son origine reste incertaine : si les Chinois la connaissaient depuis longtemps, ce sont peut-être les Arabes qui l'introduisirent en Europe, à moins qu'elle n'est été redécouverte par des marins ou des astronomes occidentaux. L'aiguille magnétique qui flottait simplement, au début, sur l'eau ou sur l'huile fut, par la suite, fixée sur un pivot permettant de tourner la boussole dans toutes les directions. Les marins pouvaient désormais affronter la haute mer sans craindre de se tromper de cap. Outre la boussole, on commença à utiliser deux instruments arabes, l' astrolabe et le sextant, qui permettaient de mesurer la hauteur des astres au-dessus de l'horizon. En calculant exactement le temps passé à naviguer, on pouvait déterminer avec précision la distance que le navire avait parcourue vers le nord ou le sud (latitude), vers l'est ou l'ouest (longitude). Profitant de ces améliorations, les Génois furent les premiers à la fin du XIIIe siècle, à relier par voie maritime l'Italie aux Flandre et à l'Angleterre. A cette époque le navire type était la galéasse. Cette galère se déplaçait principalement à la voile. L'apparition de la voile latine triangulaire, qui pouvait être orientée dans toutes les directions permettait au navire de naviguer par vent de travers et même contre le vent. Le gouvernail de poupe, fixé par des charnières au milieu du pont arrière du navire (gouvernail d'étambot), remplaça les rames latérales, longues et pesantes, les manœuvres en furent améliorées. La vergue (support en croix de la voile) tournante permit d'orienter au vent de côté les voiles carrées. Sur certains voiliers, un second mât à l'avant commençait à faire son apparition.



galeasse.jpg


La navigation commerciale.
Comme nous l'avons déjà vu, la chute de l'Empire Romain provoqua l'effondrement des routes de communications. Le commerce par voie de mer pendant l'Empire romain germanique était considérable. Les provinces de l'Empire ne cessaient d'échanger leurs marchandises, la Méditerranée était alors balayée par les grands quinquérèmes et trirèmes. Ainsi le blé d'Égypte servait à approvisionner le port d'Ostie qui permettait la survie de Rome. Vers l'an 250, la fabrication de grandes trirèmes cessa, et la navigation n'eut plus cours. Pirates barbaresques, corsaires siciliens et maltais occupèrent alors la Méditerranée. Si bien qu'à l'apparition des Vikings sur les côtes européennes, aucune puissance ne pouvait rivaliser sur mer. Par la suite, Génois et Vénitiens se firent une lutte acharnée pour dominer en Méditerranée. Les Portugais, de leur côté, après l'invention de la caravelle étaient plus en proie à la quête de terres nouvelles et de marchés lointains. Le commerce des épices fut un monopole portugais pendant longtemps durant. Ce petit pays côtier de la péninsule ibérique était devenu le royaume le plus riche d'Europe. Ceci donne alors une idée de l'importance de la navigation commerciale. Nous sommes alors à la moitié du XVe siècle et le Moyen Âge touche à sa fin.






Source France histoire.



Repost 0

Présentation

  • : Vivre au Moyen âge
  • Vivre au Moyen âge
  • : Le blog vivre au Moyen âge a pour but de renseigner le lecteur sur les us et coutumes du Moyen âge. Les articles et iconographies publiées dans ce blog sont le fruit de mes recherches sur internet et dans les livres . Je ne suis pas auteur des textes publiés qui sont des citations extraites de mes trouvailles. Bon voyage dans le temps !!!!
  • Contact