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27 décembre 2007 4 27 /12 /décembre /2007 16:54
Le jeu d'échec dit "de Charlemagne".




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Charlemagne, qui régnait autour de 800, n'a pas connu le jeu d'échecs, introduit en Occident par les Arabes deux siècles plus tard. Mais l'abbaye royale de Saint-Denis a longtemps conservé dans son trésor de spectaculaires pièces en ivoire dont la légende voulait qu’elles aient été offertes à l’empereur par le calife de Bagdad Haroun al-Rachid à l'occasion de son couronnement. En fait, ces échecs ne datent pas de l'époque carolingienne mais de la fin du XIe siècle. Ils ne proviennent pas d'Orient mais d'un atelier d'Italie méridionale, probablement Salerne.

De dimension inhabituelle, ces échecs sont trop imposants pour être manipulés sur un plateau de jeu : ce sont des pièces d'apparat, faites pour être thésaurisées et prendre place dans un trésor, royal ou ecclésiastique. Leur fonction n'est pas ludique mais symbolique. Le jeu lui-même constitue pour la société médiévale un système symbolique exemplaire permettant d'appréhender la place de chacun.


C'est à la suite des confiscations révolutionnaires que le jeu "de Charlemagne" est entré dans les collections de la Bibliothèque nationale de France, en 1793. Œuvre emblématique du musée des Monnaies, Médailles et Antiques, il compte parmi les plus beaux objets en ivoire que le Moyen Âge nous ait transmis.







Source BNF.

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Jehanne - dans Les Jeux
15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 08:37
 
Jeu de Merelle.




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Ce jeu est apparut en Europe occidentale au XIVème siècle mais on en retrouve des traces dans l’œuvre d’Ovide. Il existe également au XIII siècle avec quelques variantes notamment des dés.
Une descrïption en est faite dans le « Livre des Jeux » d’Alphonse X.
Ce jeu est connu également sour le nom du « jeu du moulin ».


Règle du jeu :

Ce jeu se joue à deux, sur un plateau et chaque joueur dispose de 9 pions.
Le but du jeu est de réduire son adversaire à moins de deux pions ou à bloquer tous ses pions.

En début de partie le jeu est vide. Le jeu se déroule en deux phases : une phase de placement et une phase de mouvement.

Phase de placement : les joueurs jouent à tour de rôle ; le joueur qui commence est tiré au hasard. Chaque joueur place un pion, et le but est de former un alignement de trois pions (appelé « moulin »). Les pièces d’un moulin sont invulnérables. Lorsqu’un moulin est formé, le joueur peut capturer un pion adverse se trouvant sur le plateau. Lorsque tous les pions sont placés, la seconde phase peut commencer.

Phase de mouvement : à tour de rôle, chaque joueur qui parvient à former un nouveau moulin prend un pion à son adversaire. Toutefois, les pions d’un moulin sont invulnérables. Un joueur est obligé de jouer, même s’il est obligé pour cela de « casser » un moulin.

Au XIIIème siècle, une variante de jeu introduit l’utilisation de trois dés lors de la pase de placement.
Le joueur lance les dés : si le résultat est 6-5-4, 6-3-3, 5-2-2 ou 4-1-1, il peut pénétrer dans un moulin adverse et remplacer un pion adverse par un des siens. Si cette manœuvre lui permet de former un moulin, il peut capturer un autre pion adverse. Les dés dont abandonnés pour la phase de mouvement.





Règles tirées su livre « Les jeux au moyen-âge » de Fabian Müllers CDACM

 



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Jehanne - dans Les Jeux
2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 21:33
Le jeu de dés au Moyen âge.



                        

                         Les dés que les déciers ont fait

                         M'ont dépouillé de mes habits

                         Les dés m'occient

                         Les dés me guettent et m'épient

                         Cela m'accable.

                                                             Rutebeuf (XIIIe siècle)

                   

il a exercé au Moyen Âge une influence profonde sur les comportements, et sa place dans la société médiévale est loin d’être anecdotique. Ainsi de nombreuses fortunes ont été brisées par une trop forte passion du « geux de dez ».
Le dé médiéval, appelé « alea », « taxillus », « madame », « decius » ou « dez », est fabriqué par les « deiciers » en os, corne, bois, argile ou cire pour les exemplaires communs et ivoire, or, argent, pierre et pâte de verre pour les plus prestigieux. Ce sont les accessoires les plus personnels au Moyen Âge.
Le marquage (« pointure ») des dés du Moyen Âge est identique à celui de notre époque : le total de deux faces opposées est toujours égal à sept. Un dé ne respectant pas cette règle est dit « mespoinz ».
En outre il est très petit (1 cm maximum) du fait de la matière utilisée.


Le jeu se prête à nombre de tromperies du fait de la petitesse des pièces :

               " dez longuez" pour qu'ils ne soient plus cubiques.

               " dez plombez" avec ajout de matière.

               " dez vuidez" légèrement creusés...

                     

La passion du jeu est tellement forte qu'elle se termine souvent par des altercations. L'Eglise lance l'anathème contre les joueurs de dés (à la fin du Moyen-Age, le dé est un instrument maléfique !) St Louit interdit même les écoles de dés. Rien n'y fit.



Quelques jeux :

On utilise un "berlenz" (table à rebords) et un "girestum" (gobelet à dés).

La raffle ou poulain : 3 dés. On ramasse tout en accumulant le plus de points possible ou en sortant une tierce.

La griesche : on en connaît très peu les règles.

Le hazart : 3 dés, 1 joueur contre 2 autres.

Le ludus regularis : jeu de clercs permettant 56 combinaisons pour s'élever dans la hiérarchie des 56 vertus.

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Jehanne - dans Les Jeux
2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 21:16
La Choule.






Le jeu de la choule, qui réunit parfois plusieurs dizaines de participants, ne s'accomode pas d'espaces restraints. Ces caractéristiques suffisent à faire entrevoir un jeu minutieusement organisé, dans un lieu précis. Le toponyme de «chol» ne correspond pas à un ancien champs de choux, mais à un lieu où de tout temps on a joué au jeu de la choule. Les localisations montrent aussi que la hiérarchie ecclésiastique participait à l'organisation et à l'encadrement de nombreuses parties : la partie de choule se déroulait parfois sur la place de l'église. Enfin la choule se tient souvent à la limite de deux villages ; cette caractéritique tient à la nature du jeu.


Les historiens ont montré que la choule se jouait souvent à la limite géographique des deux paroisses qui s'affrontaient. La choule était en effet un jeu d'appropriation ou de défense territoriale, figuré par la balle que l'on devait mettre dans le camp de l'adversaire. La choule, ancêtre du football serait ainsi née des contestations à propos de la propriété du sol ou à propos de droits d'usage. Il apparaît comme la forme sublimée des violences rurales qui ponctuaient la vie quotidienne.
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Jehanne - dans Les Jeux
19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 01:50
Les distractions des enfants en ville.




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Un vaste terrain de jeu.

Si la ville est dangereuse, elle est aussi un vaste terrain de jeu où les enfants, laissés très jeunes beaucoup plus libres qu'aujourd'hui de circuler de manière autonome, peuvent se baigner, pêcher à la ligne (une distraction nobiliaire autant qu'une activité paysanne), patiner en hiver dans les fossés, courir en bandes, jouer aux billes ou au cerceau…
Ils récupèrent des sous-produits des activités commerciales ou artisanales pour en faire des jouets : une vessie de porc, une fois gonflée, devient un beau ballon ; un cercle de tonneau fait un cerceau très convenable.


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Une scène de théâtre: les enfants spectateurs.


Les jours de marché, les enfants se laissent captiver par les spectacles de marionnettes, les bonimenteurs, les funambules, les acrobates, les montreurs d'animaux savants, domestiques ou sauvages. Ils assistent également aux "entrées royales", le nouveau roi étant parfois à peine plus âgé qu'eux, ainsi qu'aux fêtes d'adoubement où de jeunes nobles sont sacrés chevaliers par centaines, comme en 1313. Le spectacle de la rue a de quoi fasciner la jeunesse : ludiques, politiques ou religieuses, les représentations gratuites de tous ordres sont monnaie courante. Les processions festives et les jeux qui scandent et interrompent le temps du travail sont l'occasion d'assurer la cohésion et d'affirmer l'identité d'une ville ou d'un quartier, et de renouveler l'adhésion à la foi en participant aux fêtes religieuses. Il existe en effet au Moyen Âge un lien étroit entre la religion et la fête.


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... et acteurs.

Les enfants ne se contentent pas de regarder passer les processions de pèlerins ou de flagellants, ils participent aussi au déroulement des fêtes religieuses et aux mystères joués sur les parvis.
Le jour du carnaval, ils courent derrière les chars et sont même les acteurs des pantomimes qui s'y jouent.
Les enfants sont eux-mêmes acteurs des fêtes urbaines, civiles ou religieuses. Avec les jeunes filles de nobles familles, richement habillées aux frais des associations de métiers, les enfants des bourgeois jouent un rôle actif dans les tableaux vivants des entrées royales. Formant une haie d'honneur au prince et brandissant un panneau peint aux armes de la France, ou installés sur des estrades, ils sont alignés le long des rues, vêtus de robes blanches – symbole d'innocence – et couronnés de fleurs. Il en va de même lors des baptêmes, et même lors des funérailles royales : tous les enfants de la ville, cette fois vêtus de noir, sont invités à s'incliner sur le passage du convoi. Ainsi participent-ils pleinement au deuil général, dans une intimité avec les rites de la mort inimaginable aujourd'hui.



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Lors de fêtes données en l'honneur des rois, les enfants des villes sont les acteurs de tournois burlesques, tel le "tournoi d'enfants qui n'avaient pas plus de dix ans", donné en représentation à Paris en 1331. On les voit opposés en courses publiques, qui succèdent en général aux concours de lutte ou de tir et aux courses à pied des prostituées municipales, au grand amusement des bourgeois.




Source Bibliothèque Nationale de France.



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Jehanne - dans Les Jeux
18 octobre 2007 4 18 /10 /octobre /2007 21:15
Le premier concours de poésie du monde.



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Le 3 mai 1324, de riches bourgeois organisent une joute poétique entre troubadours, trouvères et ménestrels de tous pays. Ainsi naît le premier concours de poésie d'Europe, sinon du monde.

Les concurrents doivent s'exprimer en langue d'oc, la langue du Midi toulousain. Cette langue, imprégnée de tournures latines ou romanes, se distingue de la langue du Bassin parisien, la langue d'oïl, d'où nous vient le français actuel (leur nom respectif vient de ce que oui se disait oc à Toulouse et oïl à Paris).

Pour donner corps à leur initiative, les organisateurs du concours de poésie offrent une violette d'or au gagnant et donnent à leur groupe le nom de «compagnie du gai savoir». Dans cet intitulé plein de gouaille perce déjà l'esprit de Rabelais !...

Les capitouls, bourgeois qui gouvernent la ville au nom du comte de Toulouse, ajoutent un souci d'argent et une églantine d'or aux prix qui seront décernés chaque année.

En 1515, la compagnie prend le nom de Compagnie des Jeux Floraux. Elle se place peu après sous le patronage de Clémence Isaure, une dame du siècle précédent qui lui aurait fait don de ses biens... mais dont l'existence n'est en rien avérée.




Source Hérodote.net

 

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Jehanne - dans Les Jeux
13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 21:14
Les divertissements populaires au Moyen âge.



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Foires et spectacles.
  • Les foires : C'est à partir du IXe siècle et sous l'essor des croisades qu'une ferveur religieuse redonne de la vigueur à la vie sociale. Les grandes foires européennes du Moyen Âge eurent à cette époque leur premier moment d'authentique splendeur. Les foires apparurent comme la conséquence de la nécessité pour les commerçants de s'approvisionner en marchandises de toutes sortes. La France fut un acteur de premier ordre dans le développement des grandes foires médiévales, parmi lesquelles se détachent celles de la Champagne et la foire parisienne du Lendit. Au XIIe siècle apparurent d'autres foires et d'autres produits, notamment la foire de Beaucaire en Languedoc. Mais avec le temps, les foires méridionales françaises furent éclipsées par celles organisés quatre fois l'an, deux semaines durant, dans la ville de Lyon, depuis 1420. La situation privilégiée de Lyon, à un croisement où confluent les courants du trafic international provenant des quatre points cardinaux, en fit une ville de foire par excellence.
  • Les spectacles : Le Bas Moyen Âge fut une époque où l'industrie et le commerce eurent un essor qui ne sera dépassé qu'à l'aube de la Révolution industrielle du XVIIIe siècle. Les gens se déplaçaient alors partout, sur mer comme sur terre. Des spectacles itinérants se produisaient de foire en foire et sur les plus modestes marchés régionaux. Saltimbanques, funambules, lanceurs de couteaux, ventriloques, conteurs, bouffons, pitres, mimes... passaient de palais en châteaux, sans négliger les plus petites cours royales. Parfois, d'authentiques œuvres théâtrales étaient montées. Les œuvres représentées par ces compagnies ambulantes étaient rudimentaires, car peu de gens pouvait lire et écrire. Les dialogues pouvaient ainsi être livrés à l'improvisation des interprètes, qui pouvaient être des étudiants en vacances ou des religieux.



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Les tournois.

Seuls les chevaliers pouvaient participer aux joutes et aux tournois. Ces compétitions étaient le spectacle le plus apprécié du public durant tout le Moyen Âge. Le tournoi était solennellement ouvert par un héraut (officier chargés de faire des proclamations solennelles), qui annonçait sur les places publiques l'intention du roi ou d'un grand seigneur de rassembler pour cette fête les chevaliers les plus réputés du pays. Autour d'une vaste esplanade, appelée lice, les participants avaient élevés leurs riches tentes ou pavillons. Au sommet de la lance plantée à l'entrée était suspendu le bouclier avec les armoiries du seigneur. Le tournoi durait habituellement plusieurs jours. Les épreuves étaient variées et dotées d'un riche prix. Les adversaires s'affrontaient avec des armes dites « courtoises », c'est-à-dire rendues inoffensives ou presque (les accidents étaient fréquents) : les lances étaient épointées et les épées privées de leur tranchant. Alors que la joute voyait s'affronter deux cavaliers séparés par une barrière ou une corde, la « mêlée » consistait en une véritable bataille rangée entre deux groupes de cavaliers égaux en nombre. La mêlée se déroulait en champ libre, et bien qu'il existât quelques règles comme celle de ne pas frapper d'estoc, elle était très violente ! Il n'était pas rare de sortir des morts du terrain d'affrontement. Au XVe siècle, se formèrent des compagnies de chevaliers dont l'unique but était de favoriser des tournois. Pour les jeunes fils cadets d'aristocrates, le tournoi devenait une véritable profession. A en croire les chroniqueurs, les combats devinrent de plus en plus spectaculaire. Il y avait parfois d'autres compétitions comme la lutte libre, le tir à l'arc, à l'arbalète ou à la fronde.


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La joute.

L'épreuve la plus spectaculaire était la joute, au cours de laquelle deux adversaires s'affrontaient directement, à pied et à cheval. Le chevalier défiait son rival en touchant de la pointe de l'épée le bouclier suspendu à son pavillon. Le défi devait alors être relevé. Descendu dans la lice, le chevalier parait son armure resplendissante, manifestant ses sentiments envers sa dame, à qui l'on dédiait le combat : le chevalier portait au bras, sur la lance, ou autour du cou, un voile ou un mouchoir aux couleurs de celle-ci. Puis la joute commençait. Au signal des juges, les concurrents s'élançaient au galop l'un contre l'autre; le choc des lances contre les boucliers ou l'armure était terrible. Si aucun des deux adversaires n'était désarçonné, un nouvel engagement succédait au premier. Au contraire, si l'un tombait, l'autre mettait pied à terre et le duel continuait à l'épée ou à la masse. Le perdant devait reconnaître loyalement sa défaite, sinon les juges le déclaraient « hors de combat ». Le vainqueur recevait non seulement le prix mis en compétition, mais aussi les armes, les chevaux et la personne même du vaincu : celui-ci était considéré comme prisonnier et recouvrait la liberté sous une rançon.


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Le dernier tournoi.

En 1559, c'est au cours d'un double mariage que se produisit un spectacle de bien funeste mémoire. Pour clôturer les festivités, un tournoi eu lieu à Paris. Le roi de France Henri II décida alors d'y participer pour affronter le comte de Montgomery, l'une des plus fines lames de l'époque. La fatalité fit qu'au cours de la troisième passe, la lance de Montgomery, déviée par l'écu d'Henri pénétra sous la visière du casque de celui-ci et lui traversa l'œil. Le roi agonisa dix jours, puis mourut. La reine Catherine de Médicis interdit alors les tournois et les joutes sur le sol français.


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Source France Histoire.

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Jehanne - dans Les Jeux
29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 11:58

Jeux de nobles, jeux de vilains Au Moyen Âge


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Jeux de nobles, jeux de vilains Au Moyen Âge, les Jeux physiques ont connu une grande faveur dans notre pays. Si on distingue souvent les sports de l'aristocratie des sports pratiqués par les classes sociales moins élevées, la plupart des jeux casse les disparités sociales et passionnent indifféremment tous les français, du roi au plus humble des vilains.(Joueurs et joueuses)

Joueurs et joueuses

Les sports de la noblesse : les jeux de la guerre

Le noble, même si ses moyens ne lui permettent pas toujours de se faire armer chevalier, a pour principale occupation de se préparer à la guerre par des sports violents.


La chasse et la pêche

La chasse

La chasse était à la fois un excellent entraînement, un jeu passionnant et un sport utile (chasse nourricière). La chasse médiévale ressemble beaucoup à la chasse pratiquée par les Anciens (cf. 2.3 La chasse dans Rome et son Empire).

Elle exigeait un équipement coûteux et un personnel nombreux. La plus belle des chasses était la chasse au faucon, très accessible aux dames : des rapaces de haut vol (gerfaut, faucon) ou de bas vol (vautour), minutieusement dressés, attrapaient des rongeurs et de grands oiseaux (hérons, grues, canards).

L'art de fauconnerie était l'un des plus délicat. les seigneurs aimaient à se faire représenter sur leur sceau allant à la chasse, le faucon au poing. La meute était également un des éléments caractéristiques de la maison seigneuriale avec ses chenils, ses dresseurs. Les chiens, particulièrement entraînés, étaient de taille et de race sélectionné. Lors de la chasse au faucon, dès que ce dernier était à terre, le chien était capable d'achever sa victime tout en évitant de blesser le faucon.

Les magnifiques manuscrits enluminés du comte de Foix Gaston Phébus évoquent ces scènes de chasse, où l'on devait déployer mille astuces pour impressionner les gentes dames et les preux.



Chasse de paysans, chasse de nobles

La pêche

La pêche en rivière ou en étang était souvent aussi sportive, comme la pêche à la loutre ou au saumon, avec tridents, chiens et filets lestés de plombs.


Les exercices militaires

De nombreux exercices militaires venaient animer la vie quotidienne un peu terne du château seigneurial.

Á deux, on pouvait s'entraîner au «béhourd», sur un champ ou dans les lices du château, en s'élançant l'un contre l'autre, rompant des lances et tâchant de se désarçonner mutuellement.
Parfois, on dressait une quintaine, gros mannequin avec haubert et écu fixé sur un pieu enfoncé dans le sol ; les chevaliers tentaient au grand galop de renverser la quintaine en la frappant de leur lance au milieu de l'écu; On ne devait pas frapper plus de cinq fois d'où le nom de cet exercice, la quintaine. Si le coup était dévié, le mannequin pivotait, et un de ses bras, muni d'ue forte lance envoyait le maladroit mordre dans la poussière. C'était un exercice de préparation à la joute. Mais comme il était pratiquement sans risque il dériva et devint aussi un jeu de manants.
Les jeunes s'entraînaient également à l'escrime: au baton, à l'épée, à la lance.
Les adaptations cinématographiques des romans de chevalerie montrent des reconstitutions souvent fidèles de ces pratiques sportives : Lancelot de Robert Bresson par exemple.

Mais l'entraînement majeur au combat se faisait dans les tournois et dans les joutes.

Tournois

Pour l'historien Huizinga, le véritable sport de l'aristocratie médiévale c'est la guerre. Mais, du fait que l'on ne peut continuellement guerroyer, on se livre au tournoi ou à la joute. Là on limite la bataille.

Toutefois la différence entre ces deux faits d'armes reste difficile à cerner. Les tournois rassemblaient sans doute des équipes plus fournies que les joutes et les faisaient s'affronter en rase campagne. Á la fin du Moyen Âge les tournois tombèrent en désuétude au profit des joutes.

Ces spectacles d'origine indéniablement païenne rassemblait la fleur de la chevalerie.

Chaque combattant était reconnaissable à son timbre et à sa bannière. les spectateurs s'entassaient dans des hourds, sortes de tribunes, dominant l'enceinte entourée de lices de bois ou de champs clos. Là s'affrontaient les champions par équipes régionales ou nationales ou individuellement.

Les tournois et les joutes étaient ordonnés selon des règles très strictes :
Présentation des champions et des bannières
Armement du chevalier par le soin de l'écuyer
Choix de la dame
Des hérauts d'arme donnaient le signal des combats. Le jeu consistait alors pour le cavalier armé d'une lance à foncer sur son adversaire et à tenter de le désarçonner en le frappant à l'aide de sa lance, ce dernier tenait vis-à-vis de lui une conduite identique. Malgré l'épaisseur des cuirasses, les combats causaient fréquemment des blessés, parfois des morts.
Les vaincus devaient abandonner leurs chevaux, leur harnachement, payer rançon. Les vainqueurs, outre le prix accordé au plus vaillant (faucon dressé, couronne, mouton doré) et le prestige dont ils jouissaient auprès de leur dame, pouvaient également gagner un bon pactole.

"Pour quantités de chevaliers, guerre et tournois c'est tout un" Georges Duby
Ainsi, les jeunes en mal d'aventure et fe fortune faisaient souvent la tournée des lices. On connaît l'exemple de Guillaume le maréchal, grâce à la biographie qu'en a fait l'historien Georges Duby : ce baron anglais, en quelques mois, triompha avec un associé de 203 chevaliers. Le combat était si rude que le maréchal parfois, ne pouvant plus retirer son casque, dut aller le faire décabosser, à grands coups de marteaux chez le forgeron

Georges Duby, citant les écrits de Jean le Trouvère, détermina la zone de prédilection des compétitions, limité par Fougères, Auxerre, Épernay, Abbeville.

Le tournoi et ses coutumes influencèrent les guerres. Et même «pour quantité de chevaliers, guerre et tournoi c'est tout un.»(G. Duby).

«Un chevalier ne peut y briller (à la guerre) s'il n'y est préparé par les tournois. Il faut qu'il ait vu son sang coulé , que ses dents aient craqués sous les coups de poing, que, jeté à terre, il y ait senti le poids du corps de son adversaire et, vingt fois désarçonné, que vingt fois il se soit relevé de sa chute, plus ardent que jamais au combat.»(Roger of Hoveden)

Les joutes

La joute était un duel, on se battait seul à seul et l'on pouvait finalement mieux montrer ses capacités. La joute se courrait au meilleur des trois lances. Souvent on rompait les lances.

La joute du roi Henri II contre Montgoméry le 10 juillet 1559 est restée tristement célèbre. Cette compétition devait célébrer la paix conclue avec la Maison d'Autriche et scellée par un double mariage. Le vendredi 30 juin 1559 les joutes commencent à Paris, rue Saint-Antoine, dépavée pour la circonstance et recouverte de sable. Mécontent de sa première prestation contre Montgomery, le roi exige une seconde lance, ce qui est contraire à l'usage. Nostradamus pourtant avait prévu semble-t-il le drame : :

Le lion jeune le vieux surmontera
En champ bellique par singulier duelle
Dans cage d'or les yeux lui crevera
Deux classes, une puis mourir mort cruelle
Montgoméry oublie de changer de lance ce qui était aussi contraire à la coutume. Le choc entraine la rupture de cette lance qui pénètre à travers la visière du casque d'Henri II. Après bien des tentatives, les médecins du royaume ne pourront le sauver. Le roi meurt le 10 juillet.

Cet épisode apparemment anecdotique, est en fait riche de conséquences sur le plan politique et symbolique :

En premier lieu, on remarque que les rois du premier XVIe siècle, François Ier et Henri II, étaient les premiers souverains de la Renaissance française, mais ils étaient encore très attachés à l'idéal chevaleresque : en organisant des joutes, Henri II montre qu'il est avant tout le premier des seigneurs de France et qu'il doit comme tout seigneur faire preuve de vaillance et de courage.
Sur le plan historique, cette joute a changé le visage de la France : si Henri II n'était pas décédé, le prolongement normal du règne aurait assuré la répression de l'hérésie protestante et aurait ainsi évité la guerre civile.



La dernière joute
Ce triste épisode marqua la fin des joutes. Toutefois la langue française conservera de ce sport certaines expressions, telles «entrer en lice» et «rompre des lances».

Si les joutes et les tournois étaient pratiqués exclusivement par les hautes classes de la société, le jeu de paume passionnait tous les Français, du vilain au roi.

Jeux de balles et jeux de mains
 
Le jeu de paume

Ce jeu est connu puisqu'il se présente comme l'ancêtre du tennis. Le jeu de paume est connu dans notre pays dès le XIe siècle. Il s'agissait de renvoyer avec la main la balle par-dessus une corde puis plus tard un filet à son ou ses adversaire(s).

Vers 1450, après que l'on eut joué uniquement à main découverte ou avec un gant, on eut l'idée d'utiliser des cordes et des tendons afin de renvoyer la balle plus facilement ; ce fut l'invention de la raquette.

Érasme écrit, en 1541, que «l'on compte par quinze, trente, quarante ou avantage. On renvoie la balle de volée après le premier bond ; au second le coup est mauvais». Ainsi furent définies les règles du futur tennis.

Au XVIe siècle, on eut aussi l'idée de circonscrire le champ de jeu et de l'entourer de murs. Les camps étaient d'abord séparés par des cordes d'où pendaient des franges ; l'invention du filet date de 1600.

En pleine air on utilise la longue paume et en salle la courte paume. Cette salle c'est le tripot ou jeu de paume. La forme la plus ancienne est la longue paume qui se joue sur un terrain de terre battue d'environ 80 m sur 15 m.

Le nombre des jeux de paume construits en France jusqu'au milieu du XVIIe siècle fut prodigieux. L'Anglais, Robert Dallington, maître d'école qui séjourna en France sous Henri IV, affirme que l'on jouait à la paume en France plus que dans tout le reste de la chrétienté. Et il ajoutait : «il y a plus de joueurs de paume en France que d'ivrognes en Angleterre.»

En effet on jouait à la paume, nous dit Jusserand, dans toute la France et quelque soit le temps, même pendant les guerres, par tous, des vilains jusqu'au roi. Dans une chronique de Geoffroi de Paris, on peut lire à propos du roi Louis X le Hutin :

Il avait joué à un jeu
qu'il savait
Á la paume
Si but trop froid et se boua
Là il perdit plumes et pennes
Autrement dit il trépassa
Le jeu de paume a donc passionné les français à tel point d'ailleurs que, de même que pour les tournois, des ordonnances d'interdictions - hors le dimanche et les jours fériés - furent promulgués sous le motif que l'on y perd son temps : «Les religieux même se laissaient entraîner, et le Concile de Sens leur interdisait, en 1485, de jouer à la paume surtout en chemise et en public.»  (J.-J. Jusserand, op. cit., p. 241)

La décadence de la paume commença au XVIIe siècle, sous Louis XIV, alors qu'en Angleterre elle proliféra sous une forme remaniée qui revint en France sous le nom de tennis, mot dérivé du français «tenez».

 La soule ou la choule



La soule poussée au maillet


Le lancer de projectiles : l'athlétisme populaire La soule, ou choule, est le jeu populaire par excellence. Le plus souvent il opposait deux paroisses. Á l'occasion d'une fête chacun des deux villages composait une troupe. Le but du jeu consistait à faire pénétrer une grosse balle de cuir, la choule, dans le camp opposé.

Mais ce n'était pas qu'un jeu populaire. Les rois aussi jouaient à la choule, comme Henri II.

Il semble que ce soit d'abord dans la région nord-ouest de la France que l'on joue à la choule. La soule existait aussi en Angleterre sous le nom de Hurling over country, puis de football. D'après Jusserand, ce jeu proviendrait de la Normandie, car tout ce qui «était jeu, amusement, délassement en Angleterre était, au Moyen Âge, d'origine normande ou angevine».

En Italie on pratique le calcio, jeu qui tire son nom du pied (cf.Mercurialis (1530-1606), De arte gymnastica).

Les autres jeux


Les jeux ludiques : la neige et l'eau On pratiquait aussi :

le crosse, très appréciée des jeunes, semble-t-il. La crosse était un bout de bois courbé à sa partie inférieure dont on se servaitt pour pousser une balle. Le jeu serait l'ancêtre de nombres d'autres : le golf, le hockey, le mail, le cricket.

la lutte, sport très populaire, particulièrement en Bretagne, où le dimanche après midi on lutte sur la place du village. Seigneurs et rois luttent aussi, car dans la guerre «l'habilité à la lutte était si importante qu'elle compensait parfois le défaut d'expérience militaire».(J.-J. Jusserand, op. cit., p. 169). On se battait souvent en effet au corps à corps.

la cournée, jeu extrêmement dangereux. Il consistait à lancer à l'adversaire des projectiles de pierre.

le tir à l'arbalète et le tir à l'arc recommandés par les souverains pour pouvoir disposer de troupes efficaces. Les sociétés de tir dans les villes et les villages français bénéficiaient ainsi d'un certain nombre d'avantages (exemption d'impôts...).

Mais tous les jeux n'étaient pas des jeux guerriers. Ainsi les sources iconographiques nous montrent que les hommes du Moyen Âge, qui nous semblent si loin de nous, pratiquaient aussi les sports d'hiver et la natation.(Les jeux ludiques : la neige et l'eau).



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Jehanne - dans Les Jeux

Présentation

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  • : Le blog vivre au Moyen âge a pour but de renseigner le lecteur sur les us et coutumes du Moyen âge. Les articles et iconographies publiées dans ce blog sont le fruit de mes recherches sur internet et dans les livres . Je ne suis pas auteur des textes publiés qui sont des citations extraites de mes trouvailles. Bon voyage dans le temps !!!!
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