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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 20:01
Animaux exotiques et fantastiques.


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Jusqu’aux explorateurs Jean Du Plan Carpin, Guillaume de Rubrouck, Odéric de Pordenone et surtout Marco Polo (1254-1325), le Moyen Âge se représente le monde animal à travers l’autorité du Physiologus. Dans une société où les déplacements restent limités, on comprend donc pourquoi, jusqu’au XIVe siècle au moins, les hommes du Moyen Âge ne font pas la distinction entre animaux mythiques et exotiques : qui pourrait prétendre que le rhinocéros ou l’éléphant existent, et que la licorne, le griffon ou le phénix sont des animaux imaginaires, alors que personne n’a vu ni les uns, ni les autres (sauf rarissime exception, par exemple lorsque Charlemagne reçoit un éléphant en cadeau du calife Haroun al-Rachid) ?


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C’est le souvenir des textes et des œuvres antiques qui pèse sans doute le plus sur les représentations médiévales : les griffons, les sirènes, les centaures, les dragons sont connus depuis la mythologie grecque ; le basilic, à tête de coq et queue de dragon, apparaît dans le psaume 50 de la Bible : image de la débauche et de l’esprit du mal, il tue par son regard tous ceux qui l’approchent.


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Parmi les animaux fantastiques que citent la plupart des Bestiaires, on trouve la sirène (Et de la femme elle a les traits jusqu’à la ceinture, et des pieds de faucon, et une queue de poisson – Philippe de Thaon), la serre (un monstre marin qui attaque les navires en étendant ses ailes pour leur couper le vent, avant de se laisser engloutir par les flots), l’hydre (un animal qui, selon le Physiologus, pénètre dans le crocodile pour lui dévorer les entrailles), le dragon, ou encore le phénix, qui renaît de ses cendres.


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Source Bibliothèque Nationale de France.

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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 23:50
Les animaux et la Bible.



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Dès les premiers chapitres de la Bible (la Genèse), Dieu crée les êtres des eaux et du ciel au cinquième jour, les animaux terrestres au sixième, puis l’homme enfin, pour régner sur l’ensemble de la Création. En peignant les merveilles du monde animal et humain, les enlumineurs du Moyen Âge ne livrent donc pas seulement de belles images, mais ils glorifient le miracle de l’incarnation, et en rendent grâce au Créateur.


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L’harmonie qui règne originellement entre les habitants du Paradis, hommes et bêtes, qui sont tous herbivores, est souvent représentée dans les manuscrits de la Genèse. Puis, après qu’Adam et Eve ont été chassés du Paradis terrestre, une nouvelle chance est accordée à l’homme avec le déluge : Noé embarque un couple de chaque espèce vivante dans l’arche, paradis retrouvé où hommes et animaux sont à leur place. Mais, au moment du sacrifice qui suit le débarquement, Dieu autorise l’homme à se nourrir de l’animal, et l’animal qui aura versé le sang de l’homme devra rendre des comptes : les rapports entre hommes et animaux s’inscrivent désormais dans une dynamique de lutte, mais aussi d’espérance en un retour à l’harmonie du Paradis.

On rencontre donc de nombreux animaux, réels ou monstrueux, dans les autres livres de la Bible : lions (de Judas, de Daniel, de Salomon, de saint Marc…), baleine de Jonas, béliers, bouc, agneaux du sacrifice, licornes, ânes compagnons de la vie du Christ, taureau de saint Luc, aigle de saint Jean, dragons de l’Apocalypse, colombes… Leur symbolique est complexe, ambiguë (tantôt positive, tantôt négative) : ils incarnent souvent l’affrontement entre le Bien et le Mal. Les Bestiaires y puiseront une grande part de leur inspiration morale.


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Le tétramorphe, symbole des Evangéliste.

"Devant le trône, on dirait une mer, aussi transparente que du cristal. Au milieu du trône et autour de lui, se tiennent quatre Vivants, constellés d’yeux par-devant et par-derrière. Le premier Vivant est comme un lion ; le deuxième Vivant est comme un jeune taureau ; le troisième Vivant a comme un visage d’homme. Le quatrième Vivant est comme un aigle en plein vol. Les quatre Vivants, portant chacun six ailes, sont constellés d’yeux tout autour et en dedans."



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Cette vision de saint Jean, dans l’Apocalypse (IV, 6-8), fait écho à celle d’Ezéchiel dans l’Ancien Testament. Les quatre vivants, transformés en animaux – le tétramorphe -, servent désormais de symboles aux quatre évangélistes (le lion pour Marc, le taureau pour Luc, l’homme pour Matthieu et l’aigle pour Jean). Ils peuvent même fusionner avec eux pour former d’étranges figures faites d’un corps humain et d’une tête animale, comme dans l’évangéliaire réalisé au Xe siècle dans l’abbaye bretonne de Landévennec.

L’image du tétramorphe est devenu l’un des thèmes les plus courants de l’iconographie religieuse du Moyen Âge , tant dans l’enluminure que dans la sculpture, le vitrail, la peinture, sur les émaux ou les ivoires…


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Les Cistérciens contre les représentations animales.


Néanmoins, dès le XIIe siècle saint Bernard et d’autres Cisterciens se sont élevés violemment contre la présence ornementale excessive des animaux sur les chapiteaux et les porches des églises et des monastères.


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"Pourquoi, dans les cloîtres des moines, ces grues et ces lièvres, ces daims et ces cerfs, ces pies et ces corbeaux ? Ce ne sont pas les instruments des Antoine et des Macaire, mais plutôt des divertissements de femmes. Tout cela n’est pas conforme à la pauvreté monastique, et ne sert qu’à repaître les yeux des curieux."
Aelred de Rielvaux, Miroir de la charité.



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Source Bibliothèque Nationale de France.

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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 21:52
Fables et textes satiriques.




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Les fables en latin qui circulent au Moyen Âge dérivent de trois collections inspirées d’Esope, mais écrites par Phèdre (Ier siècle après J.-C.), Babrius (IIe siècle après J.-C.) et Avianus (fin IVe siècle après J.-C.).

Au Moyen Âge , les fables d’Avianus sont étudiées par tous les écoliers. Celles de Phèdre sont largement recopiées dans les monastères et font l’objet, vers 1175, de deux adaptations en vers latins, qu’on appelle Romulus.

La première, qui compte 60 fables, a été rédigée par le chapelain du roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt, Walter l’Anglais, pour l’éducation du jeune roi de Sicile Guillaume II. Des moralités à portée générale viennent conclure chaque fable sur un ton sententieux.

Vers 1180, la grande poétesse Marie de France écrit le premier recueil de fables en français à partir du Romulus. Elle est la première à concevoir la fable en tant que genre littéraire à part entière, autonome et vivant, où il est possible de faire œuvre créatrice (un quart de ses 103 fables sont nouvelles), et met davantage en avant la morale que le récit lui-même.

A sa suite, plusieurs recueils de fables en français sont rédigés et diffusés sous le nom d’Isopets.

A côté de beaucoup d’autres, le loup, le renard, le rat et le lion tiennent la vedette dans les recueils en latin et en français, avec des fables toujours célèbres grâce à La Fontaine : "Le loup et le chien", "Le renard et la cigogne", "Le loup et l’agnelet", "Le lion sauvé par la souris", "La souris de ville et la souris des champs"… et bien sûr "Le corbeau et le renard", qui est également diffusée par le Roman de Renart.


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Le monde animal, satire de la société humaine.


Diverses œuvres du Moyen Âge utilisent les animaux dans un but satirique. La plus célèbre est ce qu’on appelle aujourd’hui "Le Roman de Renart", un ensemble de textes disparates, ou branches, composés principalement entre 1170 et 1250, et dont la source remonte aux fables antiques, à des récits folkloriques et à des textes en latin comme l’
Ysengrimus du moine Nivard (1148).


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Les plus anciennes branches du Roman de Renart sont le récit du long conflit, de type épique, qui oppose le goupil et les autres animaux de la forêt et de la basse-cour – Chantecler le coq, Tibert le chat, Tiécelin le corbeau, Brun l’ours et surtout son pire ennemi, le loup Ysengrin : Renart parvient par ruse à violer la femme d’Ysengrin, Hersent, sous ses yeux, puis il le tonsure en lui versant de l’eau bouillante sur la tête, avant de l’emmener pêcher dans un étang où il perdra la queue, prise dans la glace, et enfin de l’abandonner au fond d’un puits... Malgré plusieurs condamnations, et un long siège de son château de Maupertuis par le roi Noble, le lion, Renart poursuit ses méfaits, et ressuscite même, après avoir été enterré !
Ces textes, drôles et légers, sont une parodie des chansons de geste. Ils connaissent très vite un immense succès et sont adaptés dans plusieurs langues européennes. Le nom de "goupil" disparaît alors, remplacé par celui de "Renart".

Déjà considéré comme un animal fourbe et malfaisant par Aristote, par les fables antiques et par l’Évangile (qui donne son nom au cruel roi Hérode), le renard est au Moyen Âge le symbole de la ruse, de la perfidie et de l’hypocrisie : "Tous ceux qui s’adonnent à la ruse et à la fourberie sont appelés Renart".

"Mon Dieu, s’émerveille Renart, comme votre voix devient claire !
Comme elle devient pure !
Si vous renonciez à manger des noix,
vous chanteriez le mieux du monde.
Chantez donc une troisième fois !"
[Le corbeau] s’époumone
et, tout à son effort, il ne s’aperçoit pas
que sa patte droite se desserre.
Et le fromage de tomber à terre
tout juste aux pieds de Renart.

Roman de Renart, branche II, traduite par Jean Dufournet et Andrée Méline.


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Après 1200, le ton change : Renart devient le symbole du mensonge et de la trahison, et une incarnation du diable. Les textes dénoncent avec âpreté la corruption et l’hypocrisie de la société, comme Renart le Bestourné de Rutebeuf, violente satire contre les ordres religieux, ou Renart le Contrefait, œuvre d’un clerc de Troyes qui prend le masque de Renart pour dénoncer les vices de son temps (1319-1342).

A la même époque (1310-1314), Gervais du Bus écrit le roman de Fauvel, qui raconte l’histoire d’un cheval roux devenu roi. Véritable pamphlet contre l’ordre établi et contre le roi Philippe le Bel, il décrit un "monde à l’envers" où les hommes se conduisent comme des bêtes, où le pape se soumet au roi, où les prêtres et les moines sont riches et corrompus, et où toutes les couches de la société viennent "torcher Fauvel".



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Source Bibliothèque Nationale de France.



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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 18:36
Le décor enluminé






Les animaux sont omniprésents dans la décoration des manuscrits du Moyen Âge. Cette présence va bien au-delà des seuls textes qui mettent en scène le monde animal : Bibles, Physiologus, Bestiaires, encyclopédies, recueils de fables, roman de Renart, etc..


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L’alphabet des animaux.

Comme les chapiteaux des églises romanes, les miniatures de très nombreux manuscrits du XIIe siècle montrent un décor foisonnant où se mêlent motifs végétaux, ornements géométriques, formes humaines et animaux réels ou fantastiques. Les grandes lettres zoomorphes, caractéristiques de l’enluminure romane, s’inspirent parfois de motifs antiques. Les représentations, qui s’émancipent souvent du cadre strict de la lettre, témoignent de l’inventivité sans limite des enlumineurs.


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Les animaux dans les marges.

A partir du XIIIe siècle, l’illustration des manuscrits gothiques tend à être plus figurative. Tout en conservant une forte charge symbolique, les animaux sont représentés de manière plus réaliste. Ils peuplent souvent les marges, dans d’innombrables chasses au cerf ou au lapin, et dans des tableaux qui, tantôt commentent le texte, tantôt illustrent un "monde à l’envers" ou des thèmes amusants proches du folklore.

Les manuscrits voient se multiplier les figures marginales qui donnent du texte une interprétation satirique, irrévérencieuse, parfois sexuelle ou scatologique, en jouant souvent sur le sens des mots.


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Dans cet univers des marges, où transparaît souvent une forme de culture populaire, les animaux sont très présents. Les singes-évêques et autres lapins-chevaliers ont sans doute une fonction satirique. De même, on doit souvent interpréter dans un sens symbolique les scènes de chasse ou de travaux des champs, les poursuites entre animaux, les oiseaux, les singes, les chiens et les lapins : le cerf peut ainsi faire écho à la figure du Christ, les animaux à fourrure comme l’écureuil ou le lapin (conil en ancien français) dans son terrier représentent les organes sexuels féminins.



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La marge des manuscrits peut aussi mettre en scène un "monde à l’envers" où des lapins poursuivent des chiens. Les animaux peuvent enfin jouer une mascarade des passions humaines : guerres, combats, séduction…


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Faut-il voir dans ce monde animal des marges l’expression d’une contestation subversive de la société médiévale ? Sans doute pas, car les manuscrits étaient destinés à des nobles, des évêques, de riches bourgeois. Ils expriment plutôt la grande liberté et le goût de la parodie des élites du Moyen Âge.


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Les livres d’heures du XVe siècle transforment les marges en véritables cadres placés en avant de la miniature, qui se peuplent de spécimens de la nature : ours, singes, lions, mais aussi papillons, mouches et abeilles en trompe-l’œil… La satire s’efface alors derrière l’illusion. Puis, avec l’imprimerie, l’animal disparaît des marges du livre.


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Source Bibliothèque Nationale Française.


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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 14:32
Les encyclopédies.



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Isidore de Séville (vers 570-636) a transmis, dans sa grande Encyclopédie intitulée les Etymologies, les informations qu’il a tirées des Histoires naturelles du naturaliste romain Pline (23-79).
Ce sont les Etymologies qui constitueront pendant tout le début du Moyen Âge la base des connaissances scientifiques sur les animaux. On y retrouve les acquis scientifiques de l’Antiquité, mais aussi de nombreuses lacunes et erreurs qui seront recopiées d’œuvre en œuvre.

La première zoologue du Moyen Âge est sans doute la savante abbesse Hildegarde de Bingen (1098-1179), dont quatre livres de la Physique sont consacrés aux animaux – et notamment à ceux qu’elle a observés elle-même en Allemagne occidentale. Plus tard, les grandes encyclopédies du XIIe et du XIIIe siècle cherchent à compiler de manière "scientifique" les données fournies par les bestiaires, tout en les dégageant des commentaires moraux ou religieux et de leurs aspects les plus fabuleux, et en les enrichissant par les connaissances acquises lors des voyages en Orient ou grâce à la redécouverte d’Aristote.


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L’œuvre du franciscain Barthélémy l’Anglais, en latin ou dans ses traductions en langues vulgaires (vers 1240), celle de Thomas de Cantimpré (1240), le très célèbre Livre du trésor en français du Florentin Brunetto Latini, l’Image du Monde de Gossuin de Metz (1246), le Miroir historial de Vincent de Beauvais (écrit en latin avant 1250, mais très vite traduit en français par Jean de Vignay) comportent ainsi de larges chapitres consacrés à la description des bêtes, tout particulièrement à celles des contrées lointaines.

Le classement est organisé par grands ordres, en commençant par les quadrupèdes. A l’intérieur de chaque ensemble, les animaux sont classés par ordre alphabétique, de "asinus" âne à "Zibo", le zébu.

Ces grands cycles illustrés apparaissent en même temps que les traductions françaises des Bestiaires, lorsque le livre passe du domaine des clercs à celui des princes. L’illustration fait alors partie de la pédagogie.


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Source Bibliothèque Nationale de France.

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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 14:19
Le Bestiaire enluminé.



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Le Moyen Âge tire sa connaissance des animaux d’un petit nombre de textes : le Physiologus, qui a été composé en grec à Alexandrie au IIe siècle après J.-C., et a été traduit en latin au IVe siècle, attribue une valeur symbolique chrétienne à 48 ou 49 animaux, en puisant ses exemples dans la Bible. Cette liste d’animaux est complétée dans les Etymologies d’Isidore de Séville (début du VIIe siècle), qui sont inspirées des Histoires naturelles du naturaliste romain Pline (Ier siècle après J.-C.), lui-même héritier de l’Histoire des animaux du philosophe grec Aristote (IVe siècle avant J.-C.).
Les œuvres consacrées aux animaux sont d’abord des Bestiaires destinés à l’édification des chrétiens, dans lesquels les considérations morales l’emportent sur les aspects "scientifiques" ou sur la description de la nature. Il faut attendre le XIIIe siècle pour que la redécouverte des œuvres d’Aristote, par l’intermédiaire des adaptations arabes d’Averroès et d’Avicenne, débouche sur une approche plus réaliste du monde animal, dans un grand nombre de textes encyclopédiques.


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De nombreuses œuvres littéraires mettent aussi en scène des animaux : les plus célèbres sont les recueils de fables (ou Isopets) et le Roman de Renart. Enfin, les animaux peuplent les marges des manuscrits, l’imagerie de la Bible et des saints, et les représentations de la vie à la campagne qui abondent dans les livres d’heures, les traités de chasse ou d’élevage.


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L'imagerie animale s'avère dans le Moyen Âge occidental particulièrement riche, les espèces exotiques, mythiques ou fantastiques sont très souvent représentées.



Source Bibliothèque Nationale de France.

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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 10:56

Le Viandier de Taillevent

  et le manuscrit de Sion

 




  Le Viandier


livre de cuisine le plus diffusé à l'époque médiévale, a été attribué à Guillaume Tirel, dit Taillevent.
Que sait-on du plus célèbre cuisinier médiéval en France ? Il serait né vers 1320 ou 1326 et mort vers 1395. Il aurait débuté comme marmiton dans les cuisines de la reine Jeanne d'Evreux. Il aurait été cuisinier de Philippe IV de Valois, sergent d'armes de Charles V, écuyer de cuisine de Charles VI. Le musée de Saint Germain en Laye possède une pierre tombale qui provient de la sacristie de l'église du Prieuré d'Hanemont.


Nous possédons actuellement 4 versions du Viandier. Elles commencent par une phrase qui les attribuent à Taillevent de la manière suivante :

- Manuscrit de la Bibliothèque Nationale : Cy comence le Viandier de Taillevant Maistre queux du Roy nostre sire.

- Manuscrit du Vatican : Cy commence le viandier Taillevent, maistre queux du Roy de France, ouquel sont contenues les choses qui s'ensuivent.

- Texte imprimé du 15e siècle : Ci après sensuyt le viandier pour appareiller toutes manières de viandes que Taillevent, queulx du roy nostre sire, fist tant pour abiller et appareiller boully, rousty, poissons de mer et d'eaue doulce : saulces, espices et aultres choses à ce convenables et nécessaires, comme cy après sera dit.

Depuis la découverte du manuscrit de Sion, publié en 1953, nous savons que ces différentes versions du Viandier sont des réécritures et des agrandissements de la version primitive du manuscrit de Sion, antérieure à la naissance présumée de Taillevent. Qu'a vraiment rédigé Taillevent ? Est-il un simple compilateur ou certaines recettes qui n'existent pas dans la version primitive sont d'authentiques créations de Taillevent ? Le saurons-nous un jour ?




Voici les 4 versions du Viandier.


Nous donnons également la recette du brouet de cannelle, pour en montrer les différences de manière concrète, dans 3 versions du Viandier et dans le manuscrit de Sion :

1 - manuscrit de la Bibliothèque Nationale (Paris) :
145 recettes, composé avant 1392, vers 1380 d'après Jérôme Pichon.

Brouet de canelle. Cuisés vostre poulaille en eaue et vin, ou autre grain, et despeciés par quartiers, et friolés; prennés almendez toutes seiches, et cuisés sans peller, et de canelle grant foison; broiés, coullés, et deffaites de vostre boullon de buef, et boulliés bien aveques vostre grain, et du vergus; et prennés gingembre, girofle, graine de paradis, et soit liant.

Cuisez votre volaille ou toute autre viande dans de l'eau et du vin, coupez-la en morceaux et faites-la revenir; prenez des amandes toutes sèches et cuisez-les sans les peler et de la cannelle en grande quantité. Broyez le tout, passez (à l'étamine) et délayez avec du bouillon de boeuf, et faites bien bouillir avec votre viande et du verjus. Ajoutez gingembre, girofle, graine de paradis. La sauce doit être épaisse.

2 - manuscrit du Vatican :
156 recettes, manuscrit de la première moitié du 15e, appartenant au fonds de la reine Christine de Suède.

Texte complet en langue médiévale selon Pichon/Vicaire, Le Viandier, 1892, repr. 1967, 73-136.

Brouet de canelle. Cuissiez bien vostre poulaille en vin ou eaue, ou tel grain comme vous vouldrez; et le despeciez par quartiers, et friolez, puis prenez amendes toutes seiches, et cuisez sans peler, et de canelle grant foison, et brayez, et coullez, et le deffaictes de vostre boullon de beuf, et faictez bien boullir avecques vostre grain, et du verjus, et prenez girofle et graine de paradiz, braiez, et mettez ensemble; et soit lyant et fort.

Cuisez bien votre volaille dans du vin ou de l'eau, ou la viande que vous voudrez; coupez-la en morceaux et faites-la revenir, puis prenez des amandes toutes sèches, cuisez-les sans les peler, et de la cannelle en grande quantité, et broyez le tout, et passez (à l'étamine) et délayez avec votre bouillon de boeuf, et faites bien bouillir avec votre viande et du verjus. Et prenez girofle et graine de paradis, broyez-les et ajoutez. Que ce soit épais et fort.

3 - manuscrit de la Bibliothèque Mazarine (Paris) :
141 recettes, ce manuscrit du 15e siècle fait partie d'un recueil d'extraits de notes de médecine, de tableaux de mathématiques et d'astrologie.

4 - texte imprimé en 1486 (?) et réédité jusqu'en 1604 :
221 recettes et plusieurs menus complets.

Pour faire brouet de canelle a chair, prenés veau et poulaille, et despecés par pièces, et faictes refaire, et puis souffrisés et ung peu de sain de lart, au frire, et mettés aussi du bouillon de beuf, et puis prenés des amandes broyés a toute l'escorce, et les deffaictes atout le bouillon de beuf; et prenés des foyes de poulaille, et les mettés couler avec les amandes, et puis prenés des espices, c'est assavoir grant foison canelle, gigembre, clou de girofle et grayne de paradis, et soyent broyés les espices et destrempés de vin vermeil, et mettés sucre à foyson dedens, et la saisonnés de sel ainsi qu'il appartient.

Pour faire brouet de cannelle à la viande, prenez veau et volaille, coupez-les en morceaux, et faites revenir, et puis faites sauter ou frire avec un peu de saindoux, et mettez aussi du bouillon de boeuf, et puis prenez des amandes broyées et non pelées, et délayez-les avec le bouillon de boeuf. Puis prenez des foies de volaille, et passez-les (à l'étamine) avec les amandes, et puis prenez des épices, c'est à dire beaucoup de cannelle, du gingembre, clou de girofle et graine de paradis. Broyez les épices et délayez-les dans du vin vermeil, et mettez beaucoup de sucre dedans et assaisonnez de sel comme il convient.

La première édition du Viandier en 1486, est reproduite en fac-similé, accompagnée d'une transcription en caractères modernes, par les Editions Manucius.


Editions conjointes des 4 versions du Viandier : Edition Jérôme Pichon et Georges Vicaire à Paris en 1892, réimprimé à Genève en 1967 et à Lille par Régis Lehoucq en 1991.

The Viander of Taillevent An edition of all Extant manuscripts, Terence Scully, University of Ottawa Press, 1988.




Le Manuscrit de Sion.


Trouvé dans la bibliothèque cantonale du Valais, en provenance de la bibliothèque Supersaxo (fin 13e, alentours de 1300), ce parchemin a été attribué par erreur à Taillevent. Il a été écrit avant la naissance de Taillevent et comporte 133 recettes.

Edition Régis Lehoucq à la suite des textes du Viandier. Publication de la revue Vallesia VIII, 1953 par Paul Aebischer.


Texte complet en langue médiévale
Der 'Viandier' der Bibliothèque cantonale du Valais, Sion, S 108, selon Paul Aebischer.
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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 10:33
Les animaux et la vie quotidienne


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Les animaux sont partout présents dans la vie quotidienne du Moyen Âge  : animaux sauvages, plus ou moins redoutables comme l’ours, le loup, le sanglier, le cerf ; poissons, de rivière ou d’élevage, qui constituent un aliment de choix ; volailles et animaux de la ferme ; compagnons du guerrier, du paysan, du chasseur ou de la dame comme le cheval, l’âne, le chien, la genette puis, après les Croisades, le chat.
La cohabitation entre hommes et animaux pose parfois des problèmes, et l’on connaît de nombreux exemples de procès intentés à des bêtes pour pillage, vol ou meurtre.


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Les défrichements, qui ne cessent de réduire la part de la forêt à partir du XIe siècle, s’accompagnent de l’essor de l’élevage. En 1394, on a ainsi abattu plus de 30 000 bœufs, 30 000 porcs, près de 20 000 veaux et 100 000 moutons à Paris. Les moutons sont un élément essentiel de la société médiévale : on utilise leur viande, leur laine (le textile fera la fortune des villes de Flandre et d’Italie), leurs excréments pour servir d’engrais, mais aussi leur peau, dont on fait du cuir et surtout du parchemin, indispensable à la fabrication des livres jusqu’à la diffusion du papier, au cours du XIVe siècle.


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Le Moyen Âge a connu des traités consacrés à l’élevage des animaux domestiques, comme le Ruralium commodorum opus de Pierre de Crescent (début du XIVe siècle) ou le traité De l’état, science et pratique de l’art de bergerie, de Jean de Brie (vers 1379), ainsi que quelques livres de cuisine, comme le Viandier, longtemps attribué à Taillevent, le cuisinier de Charles VI.
Il faudra toutefois attendre 1375 pour voir les premières représentations réalistes de la Nature, dans les œuvres de Guillaume de Machaut enluminées par le "Maître de la Bible de Jean de Sy".


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Les livres de chasse



Même si elle sert à fournir la table des nobles, au Moyen Âge , la chasse est avant tout un sport chevaleresque, et l’occasion pour l’homme de se mesurer à l’intelligence et à la ruse des animaux les plus nobles (le cerf, le loup, le renard) ou au moins à la force de ceux qui manquent de subtilité comme l’ours ou le sanglier. C’est aussi une célébration du monde animal, où le gibier suscite l’admiration et le respect du chasseur pour son intelligence et sa ruse, et le chien son affection pour sa fidélité.


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On comprend donc que, dès le XIIe siècle, soient apparus les premiers ouvrages qui, tout en se voulant une description pratique des techniques de chasse, la célèbrent aussi comme un des aspects majeurs de la vie chevaleresque.


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Le De arte venandi cum avibus, écrit et illustré en partie par l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250), est à la fois une synthèse des traités de chasse antérieurs, et l’œuvre d’un excellent observateur de la nature. Entre 1354 et 1377, Henri de Ferrières rédige un manuel de chasse, le Livre du Roi Modus et de la Reine Ratio qui, dans la veine du temps, traite sur le mode allégorique d’une technique de vénerie qui combine méthode (Modus) et sagesse (Ratio). Un clerc normand, Gace de la Buigne, compose entre 1359 et 1377 un long poème de plus de 12 000 vers, le Roman des deduis, qui est lui aussi un traité technique et allégorique sur la chasse.


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A la même époque, le Livre de chasse du comte de Foix Gaston Phébus, lui aussi dédié au duc de Bourgogne Philippe le Hardi, en 1387-1388, décrit les techniques de la vénerie, s’attache aux questions liées à l’entretien des équipages et surtout des meutes, et analyse avec précision les mœurs des animaux sauvages.



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Source Bibliothèque Nationale de France.

 



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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 10:17
Le Bestiaire



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Le bestiaire, appelé aussi "livre des natures des animaux", vise avant tout à enseigner une morale chrétienne simple. Reprenant la tradition du Physiologus, les bestiaires prêtent aux animaux des personnalités et des sentiments comparables à ceux des hommes, afin qu’ils servent d’exemples pour illustrer les sermons.

Les bestiaires sont construits sur l’idée qu’il existe, comme le raconte la Genèse, un rapport hiérarchique entre toutes les créatures de Dieu, et que l’Homme en occupe le sommet : dans sa célèbre Consolation de Philosophie, l’un des textes les plus lus au Moyen Âge , Boèce compare ainsi les hommes qui se sont éloignés du Bien aux animaux.

Les bestiaires apparaissent en Angleterre au XIIe siècle, à destination du monde aristocratique. Puis ils se répandent dans le Nord de la France et en Normandie. Les Bestiaires en latin sont destinés aux clercs ; les Bestiaires en français aux laïcs. De nombreux écrivains se sont emparés du genre pour créer des bestiaires spirituels, philosophiques, ou courtois.


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Le plus ancien bestiaire en français est celui de Philippe de Thaon (vers 1120). A côté des compilations en latin directement issues du Physiologus, le Bestiaire divin de Guillaume le Clerc, celui de Gervaise (vers 1150), le Bestiaire en latin de Pierre de Beauvais (avant 1218) et sa traduction en français, le De animalibus d’Albert le Grand (1260) sont les principaux représentants de ce genre à finalité didactique et morale.


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Parodie courtoise du bestiaire moralisé, le Bestiaire d’Amour de Richard de Fournival (vers 1250) marque la fin du genre.
Les bestiaires latins commencent toujours par les bêtes sauvages et particulièrement le lion. Viennent ensuite les animaux domestiques, puis les petites bêtes - fourmis, oiseaux, insectes, monstres et vers.
Tout en commençant généralement par le lion, les bestiaires français entremêlent les catégories d’animaux pour construire un Bestiaire du Christ.


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Les manuscrits sont illustrés, et leur iconographie obéit à des codes précis. Le nom de l’animal est prolongé à la fois par une description des ses principales caractéristiques, et par une représentation figurée car, selon Richard de Fournival, "La mémoire a deux portes, la vue et l’ouïe ; et chacune ouvre sur un chemin qui y conduit, la peinture et la parole".


Source Bibliothèque Nationale de France.

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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge

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