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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 03:15

L'abbaye royale de Fontevraud.







1. L’église abbatiale.

L’abbatiale s’élève sur les fondations d’une première église, construite en pierre, à nef unique. La construction couvrit un demi-siècle, de 1105 à 1160. L’étonnante césure architecturale, qui distingue le chœur élancé de la nef plus ramassée, reflète la diversité d’origine des maîtres d’œuvre. Le chœur et le transept, d’inspiration ligérienne, s’accolent à une nef angoumoise.



La façade.
Remaniée plusieurs fois au cours des âges, elle est notamment reprise en 1504 dans le même style flamboyant que le pignon du haut-dortoir qui lui fait pendant (derrière les cuisines romanes). Durant ces travaux, l'abbesse fait masquer la porte romane par un portail de style grec et d’ordre toscan, se composant de deux pilastres, d'un entablement et d'un fronton. Au début du XXe siècle, l'architecte Lucien Magne rétablit la porte romane que l'on voit actuellement.



L'intérieur.
La nef est soutenue par des piliers carrés et massifs, flanqués de colonnes jumelées sur trois côtés. Le long des murs s’étirent des arcatures aveugles soutenant des galeries de circulation. Les coupoles montées sur pendentifs, et formant file, délimitent quatre travées. Dans le mur nord (à gauche en regardant vers le chœur) s’ouvre la porte dite « papale » : elle livra passage, pense-t-on, au pape Calixte II2 venu, au mois de novembre 1119, consacrer l’édifice encore inachevé et confirmer les statuts de l’Ordre fondé par Robert d’Arbrissel. On accède au transept en franchissant quelques degrés. De hautes et fines colonnes jumelées sont surmontées de chapiteaux sobrement décorés de feuilles d’eau. Le chœur est dépouillé de toute ornementation : la nudité des colonnes qui délimitent le déambulatoire en exalte encore la verticalité. Trois chapelles rayonnantes s’ouvrent dans le fond de l’abside.

Au XIXe siècle, la nef est partagée par l'administration pénitentiaire en quatre niveaux de dortoirs et de magasins, avec son cortège de dégradations de fenêtres et de portes. C'est à l'architecte Lucien Magne que l'on doit la restauration complète de l'abbatiale en 1906, y compris la reconstruction des coupoles.



Les gisants.
Dès les premières années de la fondation de Fontevraud, la famille d'Anjou se montre généreuse envers l'Ordre naissant. Henri II Plantagenêt et son épouse, Aliénor d'Aquitaine, ont, eux aussi, été des donateurs et des protecteurs attentifs. Deux de leurs enfants sont d'ailleurs en partie élevés à Fontevraud : Jeanne d'Angleterre et son frère Jean-sans-Terre. C'est en venant aux obsèques de son père Henri II, avec lequel il s’était longtemps querellé de son vivant, que Richard Cœur-de-Lion fut frappé par le repentir et demanda à être inhumé auprès de lui. Il le sera à sa mort en avril 1199. Jeanne d'Angleterre, épouse de Raymond VI, comte de Toulouse qui prit l'habit fontevriste peu de temps avant sa mort, est inhumée en juillet 1199, auprès de son père et de son frère, dans l'abbatiale.

La reine Aliénor, veuve, frappée durement par la disparition de la plupart de ses enfants, se retire à l'Abbaye, y meurt et y est ensevelie en 1204. D'autres membres de la famille royale rejoindront Henri II dans sa nécropole : Isabelle d'Angoulême, sa belle-fille, morte à Fontevraud sous l'habit religieux, Raymond VII de Toulouse, son petit-fils. Le cœur du roi Jean-sans-Terre, son fils, le cœur du roi Henri III, son petit-fils, y furent également transférés.
Quatre magnifiques gisants polychromes sont encore conservés dans l'abbatiale. Trois sont en pierre : ceux d'Henri II, d'Aliénor et de Richard. Le quatrième, celui d'Isabelle, est en bois.


2. Le cloître du Grand-Moûtier.


Lieu de déambulation, le cloître est le centre autour duquel s’organise toute la vie conventuelle. A Fontevraud, cette organisation s'est faite selon le plan bénédictin : au nord, l'église ; à l'est, la sacristie, la salle capitulaire, la salle de communauté ; au sud, le réfectoire ; à l'ouest, les communs. Reconstruit au XVIe siècle par deux abbesses, Renée et Louise de Bourbon, le cloître du Grand-Moûtier reprend intégralement les proportions initiales de l'ancien cloître roman. Renée de Bourbon fait reconstruire la galerie sud (1519) alors que sa nièce Louise fait refaire les trois autres galeries (1530-1560), où l'on peut voir son monogramme. Si la galerie sud est une galerie de style gothique, sa façade présente certaines « originalités » par ses arcades larges et moulurées, ainsi que par ses pilastres finement ornés. D'un style complètement différent, les trois autres galeries sont plus classiques : des colonnes géminées servent de contrefort à chaque doubleau et chacun de ces couples de colonnes n'est coiffé que d'un seul chapiteau ionique. Les galeries supérieures du cloître datent du temps de la prison.



La salle capitulaire.
C’est dans cette salle que se tenaient les différents chapitres : chapitres généraux, chapitres conventuels, chapitres administratifs ainsi que diverses cérémonies liturgiques comme l'office des complies. Le portail présente des sculptures très finement fouillées. La figure de voûte représente Dieu le Père tenant le monde dans sa main avec, de part et d'autre, des apôtres.

Les autres sculptures sont faites d'entrelacs, de guirlandes, de figures allégoriques, mythiques ou symboliques, dont la plupart se rapportent à la mort, en particulier à celle du Christ. De chaque côté de ce portail, on trouve deux fenêtres géminées à caissons représentant différents saints, taillés en faible bas-relief. On y voit également l'Adoration des mages, un ange chassant Adam et Eve du Paradis terrestre, le massacre des Saints Innocents, Sainte Véronique présentant son voile, l'Annonciation...
Reconstruite au XVIe siècle, la salle capitulaire donne l'impression d'une élégance architecturale assez rare, grâce à deux frêles colonnes se prolongeant en cœur de palmier qui délimitent deux nefs de trois travées chacune. Les murs ont été peints vers 1563 par un artiste angevin, Thomas Pot, et figurent des scènes tirées des Evangiles : la Cène avec le lavement des pieds, la trahison de Judas, la flagellation, le couronnement d'épines, la mort sur la Croix, la mise au tombeau, la Résurrection, l'Ascension, la Pentecôte et la Dormition de la Vierge. Dans toutes ces scènes, on remarque des religieuses, toutes issues des familles de Bourbon et de Rochechouart. Ce sont des ajouts postérieurs aux peintures, exceptés les portraits de Renée et de Louise de Bourbon représentées sur la scène de la Crucifixion. Le dallage très travaillé présente les initiales « R.B. » (Renée de Bourbon), le « L » ailé (Louise de Bourbon), le Vol couronné des Bourbons et la Salamandre de François Ier. Durant l'époque carcérale, la salle capitulaire sert d'abord de magasin pour la cuisine aménagée dans le chauffoir, puis de prétoire pour le jugement des prisonniers commettant des fautes durant leur détention.



Le chauffoir ou salle de communauté.
La communauté s'y réunissait à certaines heures de la journée pour y effectuer des « travaux manuels » ordonnés par la Règle : broderie, écriture. C'était la seule salle chauffée de l'Abbaye, concession de la Règle pour éviter les doigts gourds impropres à ce type d’activités. A l'époque carcérale, cette salle est transformée en cuisine des soupes. Au cours des fouilles qui ont précédé les travaux de restauration, on a retrouvé le niveau XIIe (visible grâce à l'ouverture vitrée) et choisi de restaurer selon le niveau du XVIe siècle.


3. Les dortoirs.


L'escalier Renaissance et les trois dortoirs.

Un bel escalier monumental du XVIe siècle, couvert d'une voûte en berceau à caissons sculptés, permet l'accès aux dortoirs. Cet escalier Renaissance d'une seule volée appartient à la campagne de restauration menée par les abbesses-princesses de Bourbon, entre 1504 et 1610.

L'effectif du monastère (jusqu'à 800 religieux et moniales), justifia l'aménagement de trois dortoirs : le bas-dortoir, en entresol, qui débouche sur le palier inférieur de l'escalier Renaissance, le grand dortoir, aménagé à l'est, selon la disposition monastique habituelle, puis, à l'étage supérieur, juste au dessus du réfectoire, le haut-dortoir et sa superbe voûte en carène de bateau renversé.
Chaque dortoir possédait un lustre en son milieu, conformément à la Règle : « Vous devez coucher seule chacune en un lit et s'il peut se faire, vous dormirez toutes en un lieu, la chandelle demeurant allumée dans le dortoir depuis le soir jusques matin ».

Les 230 cellules, réparties sur les trois niveaux, sont meublées d'un lit composé de deux matelas, de rideaux, d'une table et d'une commode, ainsi que de deux chaises. L'éclairage direct est assuré par une petite fenêtre carrée, surmontée d'une baie plus grande qui éclaire un couloir central. La Règle impose également l'alternance d'une cellule d'une jeune religieuse avec celles de plus anciennes.
L'office de matines, chanté au milieu de la nuit, semble avoir nécessité, à une certaine époque, un accès direct au chœur des religieuses, comme le laissent supposer les vestiges encore visibles dans le mur pignon du bras sud.
Du temps de la prison, l'administration pénitentiaire divise le grand dortoir en deux niveaux supplémentaires pour augmenter la capacité « d'accueil ». Ces trois niveaux contenaient ce que l'on appelle des « cages à poules ».
Le grand-dortoir est aujourd'hui, pour le Centre Culturel, un lieu d'exposition particulièrement élégant, avec son bel espace de 1000 m2 et son imposante charpente. Le bas-dortoir et le haut-dortoir, qui ne se visitent pas, sont utilisés lors des colloques et des concerts.




4. Le réfectoire.


L'abbesse Renée de Bourbon décida, en 1515, de faire refaire le voûtement de cette longue salle qui, au Moyen Âge, était charpentée. Cet aménagement nécessita la destruction de deux absidioles des cuisines romanes. Dix travées de croisées d'ogives reposent sur le gros œuvre roman, par l'intermédiaire de culs de lampe remarquables. Les traces de baies primitives se lisent encore aujourd'hui, tant sur la face extérieure que sur la face intérieure du bâtiment.

Toutes les religieuses se retrouvent dans cette longue salle de 46 mètres pour les deux repas quotidiens. Les tables sont alignées le long des murs et les moniales y prennent place selon leur rang d'ancienneté. La table de l'abbesse et de la grande prieure est dressée à l'extrémité du réfectoire, sur une estrade. C'est dans le silence le plus recueilli qu'elles écoutent la lecture d'extraits de la Bible, faite par une semainière. Du haut de sa chaire, sa voix résonne sous les larges voûtes d'ogives : « La bénédiction estant donnée, elle entrera pour faire la lecture, et on gardera un très étroit silence à table, en sorte qu'on y entende aucun bruit, ny voix de personne, mais seulement celle qui lit ».
Durant la période carcérale, le réfectoire fut divisé par la création d'un étage utilisé comme dortoir, ce qui eut pour conséquences l'obturation partielle des fenêtres hautes, en arc brisé, et l'ouverture de nouvelles fenêtres au rez-de-chaussée. Il en fut de même pour les portes. A cette même époque, la chaire de la semainière, qui occupait la place de la porte sud, fut détruite, tandis que la tribune, à l'extrémité est du réfectoire, fut construite. Elle possédait alors son pendant à l'ouest.
L'acoustique du réfectoire est telle qu'aujourd'hui, le Centre Culturel de l’Ouest l’utilise fréquemment pour des concerts et des enregistrements.



5. Les cuisines romanes

Commencée dès l’implantation de la communauté sur le site, leur construction a pu s’échelonner jusqu’en 1160.
Leur attribution est restée longtemps incertaine. Appelées « tour d'Evrault », du nom d’un bandit dont la légende prétend qu’il y allumait un feu dans le lanternon central pour attirer les voyageurs égarés, elles furent prises pour un baptistère, pour une lanterne des morts ou pour une église circulaire à huit chapelles. En réalité, il s‘agit de cuisines ou de fumoirs comme l’atteste un document iconographique dont on dispose pour le château de Saumur, ou comme il en existe encore à l'abbaye Saint-Florent de Saumur ou à l'abbaye de Bourgueil.
Construites entièrement en pierre par crainte du feu, ces cuisines étaient séparées des autres bâtiments et servaient aussi, probablement, de fumoir.
Le style est d'inspiration byzantine et la toiture en « écailles de poisson » se retrouve dans de nombreux édifices religieux du Poitou.
Ces cuisines ont été restaurées au début du XXe siècle par l'architecte Lucien Magne, élève de Viollet-le-Duc, qui ajoute alors un lanternon à chaque cheminée. Outre la simplicité du décor, on remarque que la construction passe du plan octogonal au plan carré pour revenir au plan octogonal en élévation.



Les cuisines XVIe siècle.
Au XVIe siècle, de nouvelles cuisines, plus fonctionnelles que les cuisines romanes, sont aménagées à l’extrémité nord du réfectoire. Cet espace est utilisé pour les expositions organisées par le Centre Culturel de l’Ouest.



6. Les infirmeries Saint-Benoît


Edifiées au XIIe siècle, ces infirmeries ont été reconstruites vers 1600. Les caves actuelles des bâtiments correspondent aux salles romanes des infirmeries primitives. Au centre de la galerie est du cloître se trouve l'entrée de la chapelle des morts, ou mouroir.
A l'époque carcérale, la construction d'un deuxième étage, entraîne la division de la chapelle en deux et la disparition de son clocher. Ces bâtiments ont servi de « quartier des femmes » jusqu'au milieu du XIXe siècle.
Cet ensemble architectural des infirmeries est impressionnant par ses proportions, sa rigueur.



La chapelle Saint-Benoît.
Au nord de la cour, se trouve la chapelle Saint-Benoît qui date de la seconde partie du XIIe siècle. Cet édifice reste un bel exemple de l'art gothique Plantagenêt, même si une de ses travées a été détruite au XVIIe siècle lors de l’édification d’un appartement pour la grande prieure de l’époque.



Le Jugement dernier.
Cet ensemble sculpté en haut-relief mesure 1,30 m sur 60 cm et 35 cm de profondeur. Il est installé dans la chapelle des morts, au centre de l'aile orientale de la cour Saint-Benoît.
  Il s'agit d'un Jugement dernier, avec son cortège de saints et de damnés, de part et d'autre d'un Christ en gloire. Cet ensemble monumental a dû être abrité sous un porche à l'entrée de l'abbatiale. En fait, seul un cinquième de l'œuvre est exposé. La partie reconstituée témoigne d'une grande virtuosité. Le savoir-faire du sculpteur éclate dans des morceaux de bravoure : les jambes de plusieurs personnages ont été complètement détachées du bloc de tuffeau blanc. Des encoches pratiquées sur l'épaule de deux bienheureux indiquent que les bras correspondants ont été sculptés à part puis ajustés. Des traces de polychromie subsistent : noir et or, rouge et ocre. La qualité de ce Jugement dernier est unique : c'est une passionnante découverte à mettre au catalogue des grandes œuvres sculptées du Moyen Âge, à la frontière de l'art roman et du gothique. Dans un premier temps, on a daté l’œuvre du début du XIIIe siècle. Mais un texte mentionne le Jugement dernier de Fontevraud à une date antérieure : dans la biographie de Saint Hugues de Lincoln, on relate le passage à Fontevraud du saint et de Jean-Sans-Terre, au lendemain de la mort de Richard Cœur-de-Lion, en 1199. A l'entrée de l'abbatiale, le saint homme fait observer au monarque la présence de rois parmi les réprouvés et le sermonne sur ses fautes passées. Mais Jean désigne d'autres rois humbles et doux, joyeusement conduits aux cieux par des anges et déclare qu'il suivra leur exemple. S’il s’agit bien de la même œuvre, le Jugement dernier de Fontevraud serait donc antérieur à 1199.


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Jehanne - dans Patrimoine
10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 09:04
La Cité des Baux de Provence.










Un refuge millénaire

Riche en grottes, le rocher des Baux domine des marais inhospitaliers et contrôle un passage des Alpilles. D’abord lieu de refuge, puis de surveillance, les Baux constitue un véritable nid d’aigles de tout temps habité et convoité.
De nombreuses traces témoignent en effet d’une présence humaine très ancienne : vestiges de la Grottes des Fées, Oppidium des Bringasses, cimetière celte du Col de la Vayède, sculpture des Trémaïe…


« Race d’aiglons, jamais vassale » (F.Mistral)

A l’époque médiévale, le village se développe à l’abri de la forteresse érigée au Xème siècle par les rudes seigneurs des Baux. Prétendant descendre des Rois Mages, ceux-ci ont comme emblème l’étoile du berger à 16 rais et comme devise « au hasard Balthazard ».
Ces guerriers conduisent la destinée des Baux et de leurs 79 fiefs pendant prés de 5 siècles. Seigneurs orgueilleux et insoumis, alliés aux plus grandes familles d’Europe, ils se heurtent à leurs puissants voisins de Toulouse et de Provence, ainsi qu ‘à l’encerclement progressif du Royaume de France. Ces conflits incessants ravagent la Provence, théâtre de violence, pillages et incendies.
De cette période troublée, émergent quelques personnages emblématiques, comme Hugues 1er, fondateur de la première forteresse, Raymond des Baux qui mène les guerres baussenques, Raymond de Turenne, surnommé le « Fléau de la Provence », enfin Alix des Baux, dernière figure de cette turbulente lignée.


La baronnie des Baux

A la mort d’Alix, en 1426, les Baux sont intégrés à la maison des Comtes de Provence et érigés en Baronnie.
Grâce au bon roi René et surtout à sa femme, la reine Jeanne de Provence, le village connaît une nouvelle période faste, hôtels, belles demeures sont construits sur le rocher et contribuent à son embellissement.
Au milieu du Xème siècle, les Baux sont légués à la couronne de France : l’aventure indépendante et guerrière est finie. Pour réprimer une dernière insurrection, Louis XI fait démanteler le château en 1483 et place ce bastion sous le contrôle des Capitaines Gouverneurs. Le plus célèbre d’entre eux, Anne de Montmorency, favori de François Ier, transforme les Baux en petite capitale de 3000 habitants et fait reconstruire le château.


La décadence de la cité

Dès la fin du XVème siècle, les idées de la réforme gagne les Baux. Les luttes d’influences et conflit familiaux entraînent peu à peu la décadence de la cité, déchirée par l’intransigeance des protestants et des catholiques.
Par ailleurs, les Baux participent activement à une rébellion menée par Gaston d’Orléans contre son frère LouisXII. Assiégés sur ordre du Roi en 1632, la ville doit se rendre après 27 jour de résistance.
Las de ces querelles incessantes, les habitants demandent à Louis XII le démantèlement du Château.





Le marquisat des Grimaldi

Les Baux sont finalement érigés en marquisat en 1639, pour être remis aux Grimaldi, afin de remercier le Prince de Monaco d’avoir chassé de sa ville les espagnols.
La paix revenue, le rocher perd son caractère défensif et la population s’étend au pied du Plateau, à la lisière des marais asséchés.
Réduit à un simple village pastoral, les Baux sont rattachés à la France contre dédommagement pécuniaire, lors de la Révolution en 1791.


« Un lieu où souffle la désespérance »

Appauvri par la pertlus qu’une « cité morte ». Seuls les grands poètes provençaux comme Mistral et Daudet défendent encore ces ruines fascinantes.
En 1821, le géologue Berthier découvre aux Baux la roche rouge permettent la production de l’aluminium qu’il appellera « bauxite ».Les Baux aujourd’hui : restauration du village et renaissance du château
En 1945, l’ouverture par Raymond Thuilier du célèbre restaurant « Oustau de Baumanière » permet d’attirer aux Baux, chefs d’Etats, artistes et personnages célèbres. Leur venue marque la redécouverte des Baux par un large public sensible au caractère unique des lieux.
Le village fait d’abord l’objet d’une politique des restauration, aujourd’hui presque terminée. Depuis 1992, le Château est le cadre d’un exceptionnel programme de fouilles et de mise en valeur.
Depuis 1999, les Baux de Provence font partie des « Plus beaux villages de France ».





Source office du tourisme des Baux de Provence.


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Jehanne - dans Patrimoine
4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 16:59

Abbaye St Pierre de Maillezais


 

 


 


Au sud de Fontenay le Comte, à lisière du Marais Poitevin, se dressent dans le ciel lumineux, les ruines de l'abbaye majestueuse de Maillezais. Ce sont les restes d'un très beau monument qui, au XIe siècle, élevait ses deux tours et ses cinq flèches au centre d'une forteresse dont les remparts étaient battus par les flots. Maillezais était alors l'une des nombreuses îles du Golfe des Pictons. L'île de Maillezais, était couverte de bois et recelait de nombreux gibiers. Un château y avait été édifié pour protéger cette région isolée contre les incursions des pirates. C'était le rendez vous de chasse favori du conte du Poitou, Guillaume II, dit Fier à Bras. 

Le premier monastère fut construit à Saint Pierre le Vieux, vers 976. En fait, ce n'est qu'en 989 que treize moines de Saint Julien de Tours, conduits par l'Abbé Gausbert, cousin de la comtesse Emma, s'y installèrent. L'abbatiale fut consacrée en 990. En 1003 - 1004, en accord avec le comte du Poitou, Guillaume le Grand, l'abbé Théodolin, moine de Cluny fit construire un monastère plus important, à l'emplacement de l'ancienne place forte (château fort des ducs d'Aquitaines) de Maillezais . En 1010, les religieux de Saint Pierre le Vieux se transportèrent à l'abbaye Saint Pierre de Maillezais. A partir de cette époque les souverains de ce grand duché vinrent ce faire couronner et s'ensevelir en ce haut lieu.

Elle fut incendié en 1220 par Geoffroy Pouvreau la Grand Dent, fils légendaire de la fée Mélusine, mais réel chef de guerre, l'abbaye subit également les aléas de l'occupation anglaise et des luttes entre les seigneurs fidèles au roi de France et les féodaux partisans des anglais. Geoffroy Pouvreau en fut le premier évêque.

En 1317, l'abbaye devient siège épiscopal.

En 1518, Geoffroy d'Estigniac, abbé de Maillezais, lui donne un nouvel éclat. François RABELAIS, alors étudiant chez les cordeliers de Fontenay le Comte, devient secrétaire du Père Abbé et précepteur de ses neveux. Ce personnage intelligent et déluré séjourne quatorze ans sur les terres du Marais Poitevin et s'imprègne du langage imagé de ces habitants. Plus tard, il en écrira des oeuvres. Geoffroy d'Estigniac fut élus évêque de Maillezais.

Puis durant les guerres de religions, l'abbaye servit tour à tour aux protestants et au catholiques. Henri de Navarre, chef des Huguenots, s'empare de la forteresse en 1587. Agripa d'Aubigné, fut nommé gouverneur de Maillezais par Henri IV, en 1589, Agripa d'Aubigné en fit une citadelle protestante.

En 1610, l'abbaye est vendue au duc de Rohan, qui la remet à la couronne de France. Trente huit ans s'écoulent et le Pape Innocent X supprime l'évêché de Maillezais et transfère son siège à La Rochelle, faisant suite à une requête du clergé de Maillezais et du roi Louis XIV.

En 1791, pendant la Révolution, l'abbaye est vendue comme bien national et son nouveau propriétaire entreprend sa démolition. En 1840, elle fut vendue à des personnes plus conscientes qui décident de conserver et maintenir en état ses vestiges. Classée monument historique en 1923, et restaurée depuis lors, elle obtient en 1964, le 3e pris au concours des chefs d'oeuvres en péril.

Pendants les XIe et XIIe siècles, l'abbaye s'est enrichie de nombreuses donations des fidèles et des seigneurs locaux. En 1197, le pape Célestin III confirme à Maillezais plus d'une cinquantaines d'églises et de nombreux domaines dans le Marais Poitevin. Devenue probablement l'abbaye bénédictine la plus riche du Poitou. A l'instar des abbayes vendéennes de Nieul sur l'Autize, de Saint Michel en l'Herm, et dans les Deux Sèvres de l'abbaye de l'Absie et de Saint Maixent l'Ecole, l'abbaye de Maillezais à participé brièvement au début du XIIe à l'assèchement du Marais Poitevin (percement du Canal des Cinq abbés).











Sources obtenues par le guide lors de la visite de l'abbaye à Maillezais.

 

 

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Jehanne - dans Patrimoine
2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 18:04
Abbaye Saint Vincent de Nieul sur l'Autise.









C'est dans un site desservi par le Chemin Vert et par une voie fluviale, l'Autize, qu'arrivait, en 1068, un groupe de Chanoines génovéfains chargés par le Seigneur de Vouvant d'y fonder un monastère.

L'abbaye se développe rapidement grâce aux nombreux dons et privilèges des fondateurs, des ducs d'Aquitaine et même du Roi de France, Louis VII, qui , de passage à Niort avec sa femme Aliénor d'Aquitaine, née à Nieul sur l'Autize en 1122, confirme les Chanoines dans leurs biens et les prends sous sa protection. Le Concile du Latran de 1139 impose aux moines réguliers de suivre la Règle de Saint Augustin.

Situé non loin du Golfe des Pictons, le monastère participa activement aux travaux d'irrigation de cette région, ce qui donna naissance plus tard au Marais Poitevin. Le premier canal fut creusé en 1217 sur les propriétés des abbayes de Maillezais, Nieul sur l'Autize, St Michel en l'Herm, St Maixent l'Ecole, l'Absie, d'où son nom de "Canal des Cinq Abbés".





Lors des guerres de religions, Nieul sur l'Autize loge le Duc d'Anjou, le Prince de Condé et le Roi de Navarre, (futur Henri IV), envoyés par le Roi Charles IX soutenir le siège contre La Rochelle. Leur présence attire les attaques renouvelées des protestants qui massacrent, pillent et incendient l'abbaye (1568). Pour relever l'abbaye des ses ruines, il faut l'énergie de l'abbé Brisson, qui fait édifier 3 arcs boutants pour renforcer le mur Sud (1630), et revoûter la salle capitulaire 1646).

Prétextant qu'il ne leur est plus possible de vivre dans l'abbaye, les moines consentent à sa suppression et à son rattachement au chapitre de La Rochelle (1715), dès 1718, la vie monastique y était éteinte.

En 1791, l'abbaye est mise en vente par le Département de la Vendée comme bien national. L'abbatiale, devenue entre temps église paroissiale, devient propriété de la commune, et les terres et les bâtiments du Cloître sont vendus en lotissements.

L'ensemble est classé Monument historique en 1862, restauré, à plusieurs reprises, 1910, 1936, 1945, et surtout depuis 1969, date de son acquisition par le département de la Vendée.








Source Vendée touristique.com


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Jehanne - dans Patrimoine
26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 22:07
Parthenay (Deux Sèvres).









Au coeur de la Gâtine, terre de granit et de forêts irriguées de nombreux cours d’eau, Parthenay s’est développée sur un éperon rocheux inscrit dans un méandre du Thouet.

Les environs de Parthenay sont occupés dès la Préhistoire, mais le site même n’a livré aucune trace d’occupation avant le Moyen-Age. L’église Saint-Laurent est la plus ancienne de la ville. Elle conserve des fragments de l’édifice roman, sans doute contemporain du premier château cité vers l’an mil et dont on ne connaît pas l’emplacement.

A l’extrémité du promontoire rocheux qui porte la ville s’élève le château du XIIIe siècle. La boucle de la rivière l’enserre au nord et à l’ouest ; des fossés profonds taillés dans le granit l’isolent sur les autres côtés.
La muraille flanquée de grosses tours rondes domine le quartier Saint-Jacques. Des remparts destinés à porter des canons la renforcent à la fin du Moyen-Age.

Dès le début du XIIIe siècle, trois lignes de fortifications hiérarchisent l’espace urbain : l’enceinte de ville, qui enclôt l’ensemble de l’éperon rocheux, l’enceinte de la citadelle, isolant le quartier politique et religieux de la haute ville, et le château.

Le chemin de Saint-Jacques de Compostelle traverse la ville du nord au sud. Le souvenir du passage des pèlerins, nombreux dès le XIIe siècle, est encore très présent dans le paysage urbain. Avant d’entrer dans la ville, ils pouvaient se recueillir dans l’église Saint-Jacques. Passant le pont Saint-Jacques et la porte de ville du même nom, les pèlerins remontaient la rue de la Vau Saint-Jacques, principale artère de la ville médiévale.
Echoppes et auberges s’ouvraient pour eux au rez-de-chaussée des maisons à pans de bois.

Comme dans beaucoup de villes médiévales, l’activité économique s’organise par quartiers. Du Moyen-Age au XIXe siècle, les tisserands et leurs ateliers s’installent au bord du Thouet, dans le quartier Saint-Jacques.
On y cultive des plantes tinctoriales, comme la guède. Les draps sont vendus sur les étals des maisons à pans-de-bois, et exportés dès le XIIe siècle dans toute la France. Une autre activité artisanale est née de la rivière : les tanneries et les moulins à tan se regroupent dans le quartier Saint-Paul.
Le prieuré de Saint-Paul est fondé à la fin du XIe siècle par le seigneur de Parthenay pour favoriser le développement d’un bourg.

A la fin du Moyen-Age, la ville semble presque figée à l’intérieur de ses anciennes paroisses. Le quartier Saint-Laurent en la haute ville est le cœur de l’activité commerçante.
La basse-ville correspond au quartier Saint-Jacques dont les maisons sont parfois reconstruites au XVIe siècle.
Mais la Renaissance ne laisse pas d’édifice remarquable à Parthenay, et l’urbanisme ne connaît presqu’aucune évolution à l’époque classique.

C'est au XIXe siècle que la ville se développe à l'extérieur de ses anciennes murailles.
Les grands boulevards et les places qui enveloppent le centre ville empruntent le tracé des anciens fossés.
De nouveaux quartiers sont créés, et des activités industrielles se regroupent autour de la gare après 1880.
Les places et avenues sont alors aménagées, les édifices publics reconstruits : hôtel de ville, tribunal de justice, halles, théâtre, kiosque.






Source Association Atemporelle.

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Jehanne - dans Patrimoine
29 juin 2008 7 29 /06 /juin /2008 15:17
Château de la Hunaudaye.









IL est en Bretagne bien des châteaux en ruines : beaucoup étaient des forteresses imposantes dont les murs ont succombé sous les assauts des guerriers et sous les coups du temps auquel, parfois, les vandales révolutionnaires ont prêté la main.

Certains remontent bien au delà du XVème siècle, à l'époque où la féodalité était toute puissante. D'autres sont plus anciennes encore. Leurs murs se sont écroulés en partie, mais ce qu'il en reste atteste que ceux qui les construisirent savaient unir, dans un ensemble parfois formidable, l'élégance et la force. C'est l'impression que l'on emporte quand on visite, dans la commune de Plédéliac, le château de la Hunaudaye, dont les ruines, devenues la proie des ronces et des lierres, se dressent comme un auguste défi au temps, dans un site d'une sauvage grandeur.








Les cinq tours énormes qui le flanquaient sont encore debout, mais décapitées. La partie qui était demeurée habitable a été incendiée en 1793. Le château de la Hunaudaye est vieux de sept siècles. Sa construction par Olivier Tournemine remonte à l'an 1220 et son nom lui viendrait du village actuel de Saint-Jean beaucoup plus ancien que lui, qui se nommait alors la Ville-Hunaudaye et dont il était tout proche.







Originaire d'Angleterre, la maison de Tournemine était alliée aux Penthièvre. Parmi ses membres il en est qui furent de véritables bandits et qui ne reculèrent pas devant le vol et l'assassinat. C'est Geffroi Tournemine qui pille et rançonne Plancoët et vole les vases sacrés de la chapelle de Lesberroit ; c'est Pierre Tournemine qui arrête l'évêque de Saint-Brieuc traversant la forêt de la Hunaudaye en 1384, lui enlève ses chevaux et ses bagages et ne lui rend la liberté que moyennant rançon. Deux ans plus tard, le 20 décembre 1386, ce même Pierre Tournemine assassine son beau-père Jean de Beaumanoir. Il confesse son crime et essaie de se justifier. Mais le Due de Bretagne décide, à la demande de Robert de Beaumanoir, fils de la victime, de recourir au jugement de Dieu. Le duel judiciaire a lieu en présence de toute la cour. Pierre Tournemine est terrassé par son adversaire qui, généreusement, au lieu de l'achever ou de le faire pendre, lui fait grâce.







A quelque temps de là, Jean Eder de Beaumanoir épousa Marie de Villiers, dame du Homet de la Bérardière, douairière de la Hunaudaye, mère de Georges et de Jean de Tournemine. Mécontents de ce mariage, les deux jeunes gens attirèrent, sous prétexte d'une partie de chasse, leur beau-père dans la forêt de la Hunaudaye et le firent lâchement assassiner sous leurs yeux par Jean du Breil et un de leurs frères bâtards.









La tradition assure que bien d'autres drames se déroulèrent à la Hunaudaye. Le château était devenu un objet de terreur. Personne n'osait s'aventurer dans les environs. Les Tournemine ne respectaient rien. La reine Anne, elle-même, traversant la forêt lors de son voyage en Bretagne pour se rendre au Folgoët, fut arrêtée et conduite en présence du seigneur des lieux. Il la fit traiter avec égard, mais soutint qu'il avait le droit de mettre à rançon quiconque passait dan-, son voisinage sans sa permission. Il vint une époque où la rumeur, renchérissant sur la vérité, accusa le maître redouté de la fière demeure d'avoir assassiné son père, sa femme et son frère. Il ne pouvait plus, disait-on, connaître les douceurs du sommeil. Une nuit, un chevalier drapé d'un manteau rouge se présenta devant le châtelain. Celuici appela ses gens pour châtier cet inconnu qui osait pénétrer dans sa chambre sans s'être fait annoncer. Comme nul ne répondait à son appel, il aperçut, derrière l'homme au manteau rouge, trois spectres entr'ouvrant leur suaire et montrant leur sein percé et sanglant.








- Je n'ai pas d'autre garde, dit le chevalier : ce vieillard, c'est ton père ; cette femme c'est ton épouse ; ce jeune homme, c'est ton frère. Ils viennent te chercher pour que désormais tu demeures avec eux. A ce moment un violent orage éclata. Le faîte des tours, frappé par la foudre, s'effondra. Quand, le lendemain, on pénétra chez le châtelain, on le trouva mort sur le sol.













Sources: textes Casteland; photos autour-des-châteaux.com
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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 17:54
Cathédrale Saint Gatien de Tours.








Elevée sur les vestiges de la cité gallo-romaine Caesarodunum, la cathédrale Saint-Gatien se dresse au cœur de la ville qui fut l’un des centres de pèlerinage les plus célèbres de l’Occident et qui reste l’une des capitales des Pays de Loire.

Témoin d’un passé brillant et d’une longue histoire, la cathédrale de Tours se révèle comme un haut lieu pour les amateurs d’art et d’histoire ainsi que pour les chercheurs de Dieu.

Elle rayonne dans une région illustrée par saint Gatien le premier évêque de Tours, saint Lidoire fondateur de la première cathédrale, saint Martin l’apôtre de la Touraine et des Gaules, saint Grégoire de Tours.

Blanche de Castille et saint Louis contribuèrent à sa construction. Jeanne d’Arc, des rois de France et la foule des pèlerins, sur la route de Compostelle, y firent étape.

La cathédrale de Tours bénéficie très tôt de la protection royale : les rois de France sont chanoines d’honneur dès Louis VII.

Saint François de Paule (confesseur de LouisXI) , Marie de l’Incarnation (mère de l'église catholique du Canada) et Léon Papin- Dupont, le « saint homme de Tours », vinrent y prier.


La cathédrale actuelle, qui a connu une longue histoire, succède à trois autres églises :
  • une première église construite par saint Lidoire qui vit le sacre de saint Martin et le «miracle du globe de feu».
  • une église franque qui dura 400 ans, dédiée à saint Maurice, ornée de superbes mosaïques à la gloire de saint Martin.
  • une église romane qui servit pendant un siècle et fut détruite par la guerre et les incendies.
  • cette quatrième église devait être gothique. Après un véritable jaillissement du chœur en 40 années, chevet compris, la construction s’échelonna du XIIIème au XVIème siècle.
Il faudra donc trois siècles pour achever la « Gatienne ».
Elle nous offre, dans sa construction, la succession du gothique rayonnant, du gothique flamboyant et de la Renaissance ; bref, un véritable œcuménisme architectural qui lui permet d’exprimer…











Source office du tourisme de touraine.


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Jehanne - dans Patrimoine
9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 10:24
Fondation de l'abbaye de la Chaise-Dieu.





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Le 28 décembre 1043, Robert de Turlande prend possession d'une clairière dans les forêts d'Auvergne. Il fonde à cet endroit l'une des plus belles abbayes qui soient, la Chaise-Dieu.

Près de mille ans plus tard, l'abbaye trône majestueusement sur le haut plateau du Livradois, partagé entre de maigres pâtures et de grandes forêts à 1080 mètres d'altitude, cerné au nord par la Sénouire et au sud par la Borne, là où l'Auvergne côtoie le Velay et le Forez. Parfois effrayante mais le plus souvent fascinante, installée au milieu du bourg, elle ne laisse personne indifférent. L'église abbatiale conserve, c'est assez rare pour le souligner, une grande partie de son décor et de son mobilier malgré les déprédations importantes causées par les guerres de religions et la Révolution.




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Une abbaye bénie du pape.

Robert de Turlande, cadet d'une grande famille d'Auvergne est né en 1001. Peu disposé au métier des armes, il est placé chez les chanoines de Brioude alors chargés de garder le tombeau de Saint Julien et devient lui même chanoine en 1026 puis prêtre. Insatisfait de la vie qu'il mène, il part pour Rome, puis poursuit son voyage pour étudier la règle de Saint Benoît au mont Cassin. De retour en Auvergne, avec quelques compagnons, il prend possession d'une clairière près d'une chapelle ruinée dans les forêts du Livradois le 28 décembre 1043. Un premier monastère voit le jour en 1050 et prend le nom de Casa Dei (La Maison de Dieu). Ce monastère acquiert rapidement une renommée dans toute l'Auvergne. L'abbaye comptera jusqu'à trois cents moines. Robert et Rencon demandent une approbation royale et pontificale, qu'ils obtiennent en 1052.

A la mort de son fondateur en 1067, l'abbaye est déjà célèbre et dotée de riches possessions concédées par de riches et puissantes familles d'Auvergne. A l'annonce de son décès, les pèlerins affluent à l'abbaye pour vénérer sa dépouille. Très vite célébré comme un saint, il est canonisé par le pape Alexandre II en 1070. On célèbre depuis lors sa fête le 24 avril.

Le 18 août 1095, le Pape Urbain II consacre solennellement l'église abbatiale. L'abbaye prend part aux préparatifs de la première croisade prêchée par Urbain II à Clermont où il nomme Adhémar du Monteil, évêque du Puy, Légat apostolique pour conduire les troupes en terre Sainte. L'abbaye consent des prêts aux chevaliers ce qui lui permet d'augmenter son patrimoine. Elle joue un rôle de banquier comme d'autres monastères à cette époque.

Le 7 mai 1342, Pierre Roger de Beaufort est élu pape sous le nom de Clément VI. Il avait été reçu en 1302, à l'âge de 10 ans, à l'abbaye de la Chaise-Dieu. En 1323 il obtient la Licence et la Maîtrise de théologie. Plusieurs fois évêque à Arras, Sens, Rouen, il est nommé cardinal en 1339. Pape à Avignon, il n'oublie pas son abbaye et lui accorde plusieurs bulles de privilèges.

L'abbaye devient «nullius diocesis». Elle est non seulement exemptée de tout impôt mais elle reçoit l'exterritorialité. Le roi de France et l'évêque de Clermont n'ont plus aucun droit ou pouvoir sur l'abbaye. Dès 1107, le pape Pascal II avait confirmé que l'abbaye ne dépendait que du Siège apostolique et que ce privilège s'étendait à toutes ses dépendances. En 1144, Lucius II renouvelait cette protection pontificale, qualifiant l'abbaye de«miroir de la perfection monastique».

Clément VI décide en 1344 de faire reconstruire l'abbatiale. L'architecte Hugues Morel, languedocien d'origine, est désigné comme principal Maître d'oeuvre. Il sera secondé dans sa tâche par Pierre Falciat et Pierre de Cébazat. A grand renfort d'ouvriers, on démolit partiellement l'église romane, car il fallait conserver un lieu de culte. Un édifice important comme le laisse entrevoir la comptabilité de l'époque. Le terrain en forte pente dut être nivelé pour recevoir les fondations de l'abbatiale. Les travaux sont rapidement achevés. L'ancienne église gênant la fin des travaux, il est décidé de la détruire définitivement en janvier 1347.

Toute la région participe à la tâche. Les ouvriers et artistes, qui se déplacent de chantier en chantier ignorent les frontières. Le latin ou lingua franca, la langue commune de ces hommes, véhicule non seulement les outils mais aussi le savoir mathématique et géométrique. Les chiffres, tels que pi ou le nombre d'or, sont indispensables à l'édification de constructions religieuses.

Jean de Chandorat, alors abbé, quitte l'abbaye pour administrer l'évêché du Puy, à la demande de Clément VI. Attaché à son abbaye, Jean reviendra une première fois en 1352 pour procéder à la translation des reliques de Saint Robert puis une seconde fois en 1353 pour accompagner la dépouille de Clément VI qui avait souhaité que son tombeau soit placé au coeur de l'abbatiale. Il décèdera en 1356 et sera inhumé dans l'abbaye. La charge d'abbé reste vacante pendant cinq mois et sera confiée à Pierre d'Aigrefeuille.

Les travaux se poursuivent. En 1350, l'église abbatiale est en partie achevée et il ne lui manque que la façade. Pierre d'Aigrefeuille est remplacé par Étienne Mallet. Nommé, à son tour, évêque d'Elne en Roussillon, Étienne Mallet cède la charge à Etienne d'Aigrefeuille, frère du précédent, qui devient abbé. La plupart des constructions en chantier s'achèvent mais il reste la décoration intérieure. Clément VI fait appel à Matteo Giovanetti de Viterbe, son peintre favori, et lui commande huit tableaux. Pour les fresques, Matteo gagne la Chaise-Dieu en 1351 et réalise "La vie de Saint Robert", aujourd'hui disparue. La translation des reliques de Saint Robert sous le maître-autel de l'abbatiale semble indiquer la fin des travaux, en 1352.

Clément VI décède le 6 décembre 1352 en Avignon avec le regret de n'avoir pu refaire l'unité de l'Église autour du Saint-Siège romain. Après un long voyage, sa dépouille est déposée dans le choeur de l'église abbatiale, le 8 avril 1353, par l'abbé Renaud de Montclar.




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Heures sombres de l'abbaye.

Le pape Clément XI avait donné aux abbés et aux confesseurs nommés par lui le droit d'absoudre de tous les péchés. Aussi l'abbaye devient-elle un important centre de pèlerinage durant tout le Moyen Âge et le restera jusqu'à la Révolution. Les travaux de construction de la tour clémentine commencés vers 1355, à l'initiative de Jean de Chandorat qui donna 12.000 florins, s'arrêtent faute d'argent. Il décède en 1378 après avoir lutté, lui aussi sans succès, pour ramener le Saint Siège à Rome.

Les travaux ne seront définitivement achevés que l'année suivante. Puissante tour carrée, d'aspect militaire, entourée de mâchicoulis et percée d'archères, la tour Clémentine sert essentiellement de tour de défense passive. Elle sera utilisée au fil du temps comme donjon, grenier, salle du trésor pour les reliques, ou comme sacristie.

A la fin du XIVème siècle l'abbaye bénédictine de la Chaise-Dieu compte encore trois cents prieurés dans l'ensemble de ses dépendances. Mais son rayonnement tant en France qu'en Europe tend à décliner. Les guerres et les calamités de toutes sortes ne l'ont pas épargnée et ont contribué à la perte de certaines de ses dépendances les plus lointaines d'Italie et d'Espagne.

Le recrutement dans l'ordre bénédictin est de plus en plus difficile et la ferveur chrétienne, en ces temps troublés, a fait place au doute. A la fin de l'année 1377, les moines de l'abbaye élisent André Ayraud à leur tête. Mais le mécontentement prend place au sein de la communauté. Comme l'abbaye enregistre déjà des baisses importantes de ses revenus, André fait mettre en ordre tous les statuts et traités anciens pour les insérer dans un seul parchemin, le Domino.

En 1383, l'Anglais est en Velay et en Auvergne. Quand le pays n'est pas étouffé par la guerre, il est saigné par les exactions répétées du Duc de Berry. En 1390, un seul constat, l'Auvergne et le Velay sont ruinés. André Ayraud fonde des aumônes et fait donner du pain à tous les pauvres. Pour mettre l'abbaye à l'abri, il fait renforcer les murs d'enceinte, les munit de fortins et de fossés. Il meurt en 1420 avec la réputation d'un «grand homme de bien».

L'abbaye possède toujours nombre de dépendances, abbayes, monastères de moniales et prieurés mais toutes ne sont pas d'égale importance. Souvent peu peuplées, mal entretenues et mal gérées, leur prospérité est en déclin. Les guerres ou les révoltes qui entraînent le pillages et les épidémies de toutes sortes, achèvent d'affaiblir l'abbaye mère. Malgré toutes ces difficultés, une grande partie de la population du village de la Chaise-Dieu travaille pour l'abbaye. Enfants ou vieillards, religieux ou laïcs, tout le monde participe aux diverses tâches nécessaires à l'entretien et à la vie du monastère. La région, en cette fin de Moyen-Âge, retrouve un peu de quiétude.

L'élection du successeur d'André Ayraud est quelque peu houleuse. Malgré de multiples protestations, le pape Martin V confirme l'élection de Hugues de Chauvigny. En 1426, celui-ci prend des mesures contre un incendie qui ravage durant trois jours le village de la Chaise-Dieu. Hugues règnera sur l'abbaye durant 45 années.

La fresque célèbre de la Danse macabre pourrait avoir été réalisée pendant son abbatiat, inspirée par les horreurs de l'époque. Mais, peu actif, il ne peut endiguer le déclin de l'abbaye et en août 1465, résigne en faveur de Renaud, son neveu. Renaud de Chauvigny de Blot, infirmier de l'abbaye était un personnage en vue, conseiller du roi, baron de Blot et sénéchal d'Auvergne. Pas plus actif dans son abbatiat que son oncle, il ne reste pas ou peu dans les mémoires. Il décède le 9 mai 1491, quelques mois avant que le Moyen-Âge ne cède la place à la Renaissance dans l'Histoire de France.

Le dernier abbé régulier, élu librement par la communauté, sera Jacques de Saint-Nectaire. Jacques passe pour un abbé artiste et se distingue par un vrai goût des arts. Il fait venir des ouvriers, de France et de Flandre, pour remettre en état le réfectoire, le cloître, les bâtiments conventuels, la salle capitulaire et l'infirmerie. Il fait aussi refaire la toiture de l'abbatiale endommagée par la foudre en 1497. On lui doit peut-être les stalles de chêne sculptées, encore visibles dans le choeur de l'abbatiale. Il est aussi le commanditaire des draps imagés (tapisseries) du choeur qui représentent des scènes de l'Ancien Testament. Ces tapisseries furent réalisées entre 1516 et 1518.

Le concordat de Bologne entre le pape Léon X et François Ier place l'abbaye au même rang que les autres églises de France, dans la main du roi. Jacques de Saint-Nectaire meurt le 24 octobre 1518. Désormais, l'abbé de la Chaise-Dieu est nommé par le roi. Une nouvelle ère commence pour l'abbaye, qui sera bien différente des précédentes. Plusieurs abbés commendataires se succèderont sans toutefois laisser un souvenir impérissable. La plupart d'entre eux ne résideront pas à l'abbaye. Quelques-uns sont restés célèbres dans l'histoire, mais pour d'autres raisons, Armand Du Plessis, duc de Richelieu, Jules Mazarin, Armand de Rohan Soubise ou Louis René-Edouard de Rohan Guémené connu comme le protagoniste de l'affaire du collier de la Reine et dernier abbé de la Chaise-Dieu.

La Révolution mettra un terme à la présence de moines bénédictins et vendra une partie des bâtiments comme biens nationaux. Seule l'église abbatiale conserve son statut de lieu de culte et devient église paroissiale. Depuis quelques années, la communauté Saint Jean s'est installée à la Chaise-Dieu, assurant une présence religieuse et apostolique sur ces hauts plateaux du Livradois.






Source Patrick Rossi.

 

 

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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 09:10
Château de Castelnaud.





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La première mention connue du château de Castelnaud date de 1214 : Bernard de Casnac, puissant seigneur de Castelnaud, est un fervent défenseur de la foi cathare. Simon de Montfort qui mène la croisade contre les Albigeois s'empare de Castelnaud en 1214. En 1215, Bernard de Casnac reprend le château qui est finalement brûlé quelques mois plus tard sur l'ordre de l'Archevêque de Bordeaux. Le ton est donné ! Le château est reconstruit dans le courant du XIIIe siècle : il en subsiste le donjon carré et la courtine. Le site continue à s'imposer comme l'une des principales puissances du Périgord.
Une rivalité s'installe avec Beynac, son voisin et frère ennemi, mais les deux monstres de pierre ne s'affrontent pas directement.

En 1337, la guerre de Cent Ans éclate. Le château, par le mariage de Magne de Castelnaud avec Nompar de Caumont, entre dans la famille de ce dernier qui soutient les Anglais, alors que les barons de Beynac sont favorables aux Français. En un peu plus d'un siècle, le château change sept fois de camp. En 1442, les Français l'emportent définitivement, après un siège de trois semaines ordonné par Charles VII.

Le conflit terminé, les Caumont reprennent le château et le reconstruisent. Les impératifs de défense demeurent. La basse-cour est protégée par deux tours semi-circulaires percées de canonnières. On construit un pont-levis et une nouvelle barbacane. Par ailleurs, un vaste corps de logis est édifié à côté du donjon. Castelnaud reste le centre du pouvoir de la seigneurie et c'est la tour d'artillerie construite en 1520 qui symbolise le mieux la puissance des lieux.

Les Caumont choisissent la religion réformée. Le capitaine Geoffroy de Vivans, né au château de Castelnaud, défend la place et s'emploie à combattre ardemment les catholiques. Il est craint de toute la région. Pour preuve, personne n'a osé s'en prendre à Castelnaud pendant les guerres de Religion. Les Caumont restent donc maîtres des lieux mais ils n'habitent plus le château, trop inconfortable.

Après la Révolution, la végétation envahit les lieux. Castelnaud devient une carrière de pierres : en 1832, lorsque le trafic fluvial et l'émancipation du village de Castelnaud exigent la construction d'une cale pour le port, les maçons trouvent plus facile de faire dévaler les pierres de la partie sud du château plutôt que de les tailler. Les blocs de pierres arrivent rapidement et sans effort sur le lieu du chantier et. à bon port !

Le château est classé Monument Historique en 1966 à la demande des nouveaux propriétaires, Philippe et Véronique Rossillon. Il est aujourd'hui la propriété de leur fils, Kléber Rossillon, président de la FNASSEM (Fédération Nationale des Associations de Sauvegarde des Sites et Ensembles Monumentaux).




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Source casteland.com
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12 janvier 2008 6 12 /01 /janvier /2008 06:25
Château de Crèvecoeur en auge.





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Entre le XI° siècle et le XVI° siècle, le chateau de Crevecoeur a été la place forte essentielle de la défense du pays d'Auge. Jean de Crèvecœur est le plus ancien propriétaire connu, en 1195. Un seigneur de Crévecœur est cité pour avoir participé à la bataille d'Hastings aux cotés de Guillaume le Conquérant. Pendant la guerre de Cent Ans, le chateau sera tantôt entre les mains des anglais, tantôt entre les mains des français. Il sera ensuite l'un des enjeux locaux entre les seigneurs qui l'occupent et le pouvoir royal.

Il est aujourd'hui la propriété de la Fondation Schlumberger, et abrite plusieurs musées dont l'un est dédié à l'aventure industrielle des frères Schlumberger, puis du groupe Schlumberger, leader mondial de la prospection pétrolière. La Fondation Schlumberger y conduit une politique remarquable de restauration et d'animation culturelle, que l'on peut citer en modèle.

Ce chateau est l'exemple unique d'une petite seigneurie miraculeusement conservé. L'enceinte bien que partiellement restauré n'a pas encore été remise dans son état original. Les parties en bleu de la maquette (ci dessous) correspondent aux parties "manquantes".

A l'intérieur de l'enceinte se trouve la demeure seigneuriale, datant du XV° siècle, constituée principalement d'une vaste salle à manger. Un décor reconstitue intelligement l'époque : sur la table sont posés des couverts et des mets d'époque, cruches à eau et à vin, plateaux et coupes de fruits, miches de pain ... Dans la cheminée ont été disposés quelqeus outils permettant de faire du feu et de l'entretenir. Une armure complète rapelle que la taille des hommes au Moyen Age était en moyenne d'à peine 1.60 m.

Contrairement aux habitudes de l'époque qui voulait que la chappelle castrale se trouve à l'intérieur de l'enceinte, celle-ci se trouve à l'extérieur de l'enceinte, cette particularité s'expliquant par l'exhiguité du chateau proprement dit. Elle a été construite en pierre de Caen. La porte d'entrée se caractérise par un arc en cintre à décor en dents de scie. La charpente à la forme d'un berceau renversée. Dans le choeur, on peut encore voir quelques restes de peintures murales datant du XIII° siècle.

A l'extérieur de l'enceinte se trouve trois autres batiments du XV° siècle remarquablement restaurés, dont un colombier du XV° siècle et la ferme du chateau. Ce batiment contient le miusée consacré aux techniques d'architectures à pan de bois dites "à colombages" traditionnellement utilisées dans tout le pays d'Auge.






Source chateauxfortsnormands.fr

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