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11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 10:08
Château de Chillon  (Suisse).




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Les Alpes enneigées et les flots du Léman servent d'écrin au château de Chillon. Bâti sur un îlot rocheux, face au défilé de l'ancienne route d'Italie, ce site d'une beauté exceptionnelle montre deux visages : une forteresse imprenable côté montagne, et une résidence princière côté lac.


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Le château est formé d'un ensemble unique au monde de quelque 25 corps de bâtiments, dont les plus anciens remontent au premier millénaire. Complètement transformé et considérablement agrandi au XIIIème siècle par Pierre II de Savoie, Chillon a été soigneusement restauré et se visite des sous-sols au sommet du donjon, sans oublier la prison, dont l'histoire de Bonivard, prisonnier de 1530 à 1536, inspira à Lord Byron son célèbre poème "The prisoner of Chillon" (1816).



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Source www.chillon.ch
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Jehanne - dans Patrimoine
6 janvier 2008 7 06 /01 /janvier /2008 08:37
Château de Josselin.





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La fondation du château.

L’histoire du château de Josselin (Morbihan) remonte au début du XIème siécle.
En 1008, Guéthenoc, Vicomte de Po rhoët, de Rohan et de Guéméné, décide d’édifier sur ce promontoire rocheux dominant la vallée de l’Oust une enceinte urbaine, ainsi qu’un château.
Son fils, Goscelinus, donne son nom à cette place forte ainsi qu’à la ville qui vient se développer tout autour. Au XIIème siècle s’ouvre une grave crise historique, lorsque le roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt tente de s’approprier le duché de Bretagne.
En 1168, pour se venger des féodaux bretons qui lui tiennent tête, parmi lesquels Eudon de Porhoët, propriétaire de Josselin, il fait raser le château. Puis, il s’empare de la fille du châtelain, la déshonore et la tue. Quelques années plus tard, Eudon de Porhoët fait construire un nouveau château.
En 1351, un épisode historique mémorable se déroule non loin de Josselin, près de Ploërmel, le fameux «Combat des Trente». Au soir du combat, le capitaine de Beaumanoir, vainqueur, ramène à Josselin les prisonniers et les fait exécuter.



Le château d’Olivier de Clisson.

En 1370, à la suite d’un échange avec son cousin le comte d’Alençon, Olivier de Clisson, Connétable de France, devient propriétaire de Josselin.
A partir du château existant, Clisson fait édifier une véritable forteresse. Trois tours, coiffées de mâchicoulis et de parapets, sont bâties au–dessus de la rivière, ainsi qu’une quatrième tour, appelée aujourd’hui  « tour isolée ». Il fait aussi construire un donjon, qui lui sert de résidence. Avec un diamètre de 26 mètres, c’était une des modèles les plus importants de ce type d’architecture. Il s’élevait à l’extrémité de la terrasse et communiquait avec les trois tours. Enfin, Clisson fait bâtir un châtelet, ou logis - porte, à l’emplacement de l’actuel pont–levis, ce qui constituait au total un ensemble de neuf tours et un donjon.
A la mort d’Olivier de Clisson, en 1407, Josselin est une splendide forteresse, ainsi qu’une vaste résidence somptueusement meublée.




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Source chateaujosselin.fr




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Jehanne - dans Patrimoine
28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 08:40
Château de Sully sur Loire.




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Le Château de Sully-sur-Loire est situé sur la rive gauche de la Loire dans la ville du même nom.

Le château est mentionné en 1102, il contrôlait un pont sur la Loire qui disparut dès le XIVe siècle. En 1218, Philippe Auguste y fit bâtir une tour maîtresse. En 1395, Guy de la Trémoille lance la construction du château actuel, Raymond du Temple (architecte du roi et du duc d'Orléans) en dresse les plans. Il est acquis en 1602 par Maximilien de Béthune, le grand Sully, premier duc du nom. Entre 1602 et 1609, il transforme le château à son usage, édifiant également un parc. Depuis, le XVIIIe siècle, l'édifice a subi divers changements (transformations, constructions d'un nouveau corps, destructions…).

Le château est classé en 1928 aux monuments historiques et est ouvert au public à partir de 1933. Il est endommagé lors des bombardements du juin 1940 et d'août 1944.

Le Conseil général du Loiret en est propriétaire depuis 1962.

Il abrite tous les mois de juin un festival international de musique classique.



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Le donjon, bâtiment rectangulaire cantonné de quatre tours circulaires, et doté d'une porte à deux tours vers le Sud, correspond à la campagne de Guy de la Trémoille. L'intérieur a été profondement réaménagé par Maximilien de Béthune. À noter au premier étage, la grande salle avec ses portes en bois du XVIIe siècle, la peinture du château de Rosny-sur-Seine sur le manteau de la cheminée, enfin la porte de fer donnant accès au « cabinet » de Sully. La charpente sous comble est un remarquable ouvrage du XIVe siècle.

Le petit château ferme la cour au Sud du donjon. Il comprend un logis et deux tours, dont une celle du sud-est, a été construite au milieu du XVe siècle sur une tour plus ancienne, alors que l'autre, dite « tour de Béthune », plus basse et terrassée, est une « une tour à canon » édifiée en 1605. Le logis, construit dans la première moitié du XVe siècle, fut à partir du XVIe siècle, la résidence habituelle des seigneurs de Sully. Les intérieurs ont été réaménagés (décor et mobilier) à la XIXe siècle. Le corps qui joint le petit château au donjon a été rajouté au XVIIIe siècle, et refait après l'incendie de 1918.



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La basse-cour, à l'Est, aujourd'hui nue, contenait autrefois le donjon bâti par Philippe Auguste peu avant 1219, à l'occasion d'une confiscation de la seigneurie, ainsi que l'église-collégiale Saint-Ythier, transférée par M. de Béthune à l'intérieur de la ville.

Du parc, il reste aujourd'hui la vaste surface, entourée par les canaux que M. de Béthune fit aménager pour mettre le site à l'abri des crues de la Loire.

Le donjon de Sully offre un cas remarquable de logis à tours circulaires de la fin du XIVe siècle ; entièrement consacré à l'apparat, il est doublé par un logis privé de même structure interne, mais bien plus intime, donnant la mesure de la dichotomie entre le public et le privé dans les grandes cours princières.



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Source wikipedia.

 

 

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Jehanne - dans Patrimoine
14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 10:00
Notre Dame de Paris.




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Notre-Dame de Paris, pour les Parisiens Notre-Dame, est la cathédrale de l'archidiocèse catholique de Paris.

Notre-Dame de Paris n'est pas la plus grande des cathédrales françaises, mais elle est indiscutablement une des plus remarquables qu'ait produites l'architecture gothique en France et fut lors de son achèvement la plus grande cathédrale de la chrétienté. Ce chef-d’œuvre, l’un des symboles les plus connus de la capitale française, est situé à l’extrémité de l’île de la Cité, centre historique de la ville, tout près des berges de la Seine. Sa façade occidentale domine le parvis Notre-Dame - place Jean-Paul II. Une plaque de bronze incrustée dans le sol sert de point zéro de toutes les distances des routes à partir de Paris.

La construction s’étant étendue sur de nombreuses décennies, le style n’est pas d’une uniformité totale ; elle possède ainsi des caractères du gothique primitif (voûtes sexpartites de la nef) et du gothique rayonnant : on remarque particulièrement l’audace des arcs-boutants du chœur. Sa façade occidentale est un chef-d’œuvre d'équilibre architectural.

Après la tourmente révolutionnaire, la cathédrale a subi une restauration importante et parfois controversée par le grand architecte Viollet-le-Duc, qui y a incorporé des éléments et des motifs que le monument légué par le Moyen Âge n'avait jamais possédés.

La première cathédrale de Paris date de la deuxième moitié du IVe siècle. Elle se trouvait à l'ouest de l'édifice actuel ; sa façade mesurait 36 mètres et sa longueur était de 70 mètres. Des rangées de colonnes de marbre séparaient cinq nefs. L'édifice était orné de mosaïques. La présence d'un baptistère est attestée avant 451.

  • La construction, commencée sous le règne de Louis VII par l'évêque Maurice de Sully, a duré de 1163 à 1345. À cette époque, Paris n'était qu'un évêché, suffragant de l'archevêque de Sens.
  • C'est ici que Napoléon Ier se sacra empereur des Français, en présence du pape Pie VII, le 2 décembre1804.
  • Elle fut restaurée (et quelque peu remaniée, par exemple la rose sud est pivotée de quinze degrés afin de la faire reposer sur un axe vertical) au XIXe siècle par Viollet-le-Duc,

Juste au niveau surplombant les trois portails, on observe la galerie des Rois de Juda (et non pas des rois de France). Ces reconstitutions sont l'œuvre de Viollet-le-Duc (il s’y est d’ailleurs lui-même représenté) et les fragments originaux peuvent être observés au musée du Moyen Âge à l’hôtel de Cluny à Paris.

Sa rosace du bras sud du transept, une des plus grandes d’Europe, mesure 12 mètres de diamètre.

Notre-Dame de Paris est, avec plus de 12 millions de visiteurs par an (2005), le monument de France et peut-être d’Europe le plus visité devant la tour Eiffel. La cathédrale est connue dans le monde entier depuis plus de cinq siècles.





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Le trésor

Il abrite souvenirs précieux, manuscrits et reliquaires.

Les vitraux

Ils ont presque tous été détruits au XVIIIème siècle et ont été remplacés par des vitraux transparents pour laisser passer plus de lumière. Seuls subsistent les vitraux des trois rosaces.

Le Choeur

Louis XIII a décidé que cet endroit serait consacrée à la vierge. Son fils Louis XIV a commémoré cet acte royal en remaniant en 1699 l'ancien choeur pour y placer une statue de la vierge.

Le tableau de la Fontaine de la Sagesse

C'est une peinture qui se situe dans le transept sud. Elle date de 1648. On y voit Saint-François d'Aquin devant une pierre verdâtre (verdâtre signifie vraie) d'où sortent des jets d'eau. Cette pierre représente la pierre philosophale qui abreuvent les êtres assoiffés de sagesse. La pierre qui a inspiré ce tableau existe réellement et se trouve dans les jardins de la cathédrale de Meaux.

La façade sud

Sur son portail est représentée le martyre de Saint-Étienne, le premier martyre chrétien lapidé pour avoir prêché l'évangile. C'est aussi de ce côté que se dresse la sacristie aménagée en 1845 par Viollet-le-Duc.

La rosace sud

Elle a été presque entièrement restaurée en 1737.

Les toits

Ils sont surveillés par une multitude de démons et de gargouilles. Les statues des apôtres sont aussi représentés et semblent descendre pour s'occuper des humains.

La flèche

Située à la croisée de la nef et du transept, elle est faite de bois recouverte de plomb. Elle fut reconstruite au XIXème siècle sur le modèle de la flèche originaire du XIIIème siècle.

Les cloches

Le Bourdon situé dans la tour sud pèse treize tonnes. Il ne sonne qu'aux grandes fêtes Noël, Pâques, Pentecôte, Toussaint et lors des grands événements nationaux. La sonnerie est aujourd'hui commandée éléctriquement à distance. Il donne le fa dièse. Quatres autres cloches existent. Elles ont remplacées celles du Moyen Âge envoyées à la fonte en 1791. Ces cloches sonnent trois fois par jour : 8h, midi et 19h. Le dimanche et les jours de fête, toutes les cloches sonnent à la fois à 9h45 et à 15h45.

La façade principale ouest

Lumineuse, elle a été réalisée entre 1190 et 1220. Ses deux tours atteignent 60 mètres de hauteur. A cette époque, la pierre extérieure de la cathédrale était entièrement peinte de couleurs éclatantes, rouge, vert, jaune doré... L'architecte Viollet-le-Duc qui restaura l'église de 1845 à 1865 fera notamment reconstruire à l'identique 28 statues détruites par les révolutionnaires qui pensaient qu'elles représentaient uniquement des rois de France.

Galerie des chimères

Les fameuses gargouilles de la cathédrale se cachent derrière une large galerie située entre les tours.

La Nef

C'est une merveille de symétrie. Ses piliers massifs soutiennent la voûte à 35 mètres de hauteur.

La rosace de la vierge

Elle fait 9.60 mètres de diamètre. Lorsque l'on s'éloigne de la cathédrale, on a l'impression que cette rose en pierre couronne la statue de Marie. Elle a été placée sur un piédestal de telle sorte que le visiteur qui débouche sur la place soit immédiatement frappé par le spectacle de la vierge couronnée. Elle illumine le fond de la nef et a été entièrement reconstruite par Viollet-le-Duc.

Les orgues

Il ne reste rien des orgues qui accompagnaient la prière des fidèles au 14ème siècle. Les orgues actuels sont composés de cinq claviers de 56 notes, un pédalier de 32 et 7800 tuyaux.

Le portail central

Il est aussi appelé portail de jugement. Le Christ est entouré de deux anges, sa mère et du disciple Jean. En-dessous, les justes ravis se dirigent vers la vie éternelle tandis qu'à gauche les damnés sont entraînés vers l'enfer par les démons. La lecture n'étant réservée qu'à une élite, ce portail avait vocation d'enseignement.

La rosace nord

C'est la plus belle. Elle a conservée ses vitraux du XIIIème siècle.

La façade nord

Sur son portal, une Vierge sans enfant. La femme de Saint-Louis, Marguerite de Provence, aurait servi de modèle à l'artiste. C'est de ce coté que l'on observe les gargouilles, monstres fabuleux, chargés d'éloigner les infidèles.


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Jehanne - dans Patrimoine
3 novembre 2007 6 03 /11 /novembre /2007 17:53
Château du Coudray Salbart.




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Le Coudray-Salbart est l'une des plus célèbres forteresses de la France médiévale, non seulement pour son bon état de conservation général, mais aussi et surtout pour la qualité de sa construction. Ses hautes tours dominent encore la Sèvre Niortaise à 2 km au nord du bourg d'Échiré. Une partie réduite de ce territoire passa aux mains des seigneurs de Parthenay qui en rendent hommage à l'abbé de Saint-Maixent à la fin du XIIe siècle ; mais rien ne permet d'affirmer qu'ils aient possédé le site même, et a fortiori qu'ils y aient construit un château avant le XIIIe siècle.


Le Coudray-Salbart, n'apparaît pas dans les textes avant les années 1219-1222, et ses caractéristiques architecturales ne permettent pas de le vieillir beaucoup plus. Cette forteresse a dû être entreprise par Hugues Ier de Parthenay (1182-1218) et poursuivie par son fils. La construction d'un tel monument suppose des moyens considérables, et à première vue sans rapport avec les revenus de la seigneurie foncière des Parthenay. C'est avec l'aide du roi  d'Angleterre que la place fut créée ou connut un réel développement.






Les sires de Parthenay participent en effet aux luttes qui opposent le roi de France et le roi d'Angleterre pour la possession du Poitou. Ils sont plus volontiers attachés au second, qui leur verse des sommes d'argent considérables pour fortifier leurs châteaux ; mais à plusieurs reprises, leur fidélité est remise en cause et l'aide anglaise doit cesser. Il contrôle le passage sur la Sèvre et la frontière sud des terres des Parthenay. Jusqu'à la fin du XIIe siècle, la seigneurie est défendue par les places de Parthenay, Secondigny, Germond et Champdeniers. L'entrée en guerre des seigneurs de Parthenay aux côtés de Jean sans Terre justifie en cet endroit l'édification de deux autres forteresses, Béceleuf et surtout Le Coudray- Salbart. Ces deux châteaux font face aux châteaux ennemis des sires de Lusignan (Mervent, Vouvant, Cherveux, Saint-Gelais).



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Dès la fin du XIIIe siècle, Le Coudray-Salbart n'est plus qu'une forteresse secondaire, peu à peu dépassée par les nouveaux moyens d'attaque des places. Bien qu'une garnison y soit attestée jusqu'au début du XVIe siècle, l'édifice n'est pas entretenu. Le château proprement dit est précédé d'une basse-cour à l'ouest. Le rempart qui la délimitait est en grande partie arasé. L'actuelle maison des gardiens marque l'emplacement de l'ancienne entrée, qui était ouverte entre deux tours et précédée d'une barbacane.

Cette partie du site est très ruinée, mais une description du XVe siècle fournit de précieuses indications ; elle nous apprend que la basse-cour renfermait une chapelle, un four, une forge, et divers bâtiments. C'est par la tour du Portal que l'on accède à la cour intérieure, en franchissant des fossés sur un pont de bois (récemment restitué). L'enceinte principale délimite une vaste cour. Elle est presque rectangulaire, et flanquée de quatre tours d'angles (tours du Moulin, de Bois-Berthier, Tour- Double et Grosse-Tour).






Les tours Saint-Michel et du Portal occupent le milieu des deux plus longs côtés. Ces tours rondes, bien conservées, sont reliées par des courtines dont la particularité est d'offrir deux niveaux de circulation : le chemin de ronde au sommet des murailles, et la gaine, galerie couverte d'un berceau brisé, ménagée dans l'épaisseur des murs.



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La Grosse-Tour, qui contient la plus grande salle du château, rappelle les anciens donjons romans, avec sa porte ouverte à mi-hauteur. Mais elle n'en conserve ni le rôle d'habitation seigneuriale, ni la situation, puisqu'elle est intégrée à l'enceinte bien qu'étant isolée de la gaine. Chaque tour possède une ou deux salles dont les voûtes et leur décor traduisent le début du XIIIe siècle (berceaux, coupole, arc de cloître, voûtes d'ogives angevines aux nervures reposant sur des culots ou des chapiteaux sculptés). Des vestiges de fortifications apparaissent en effet dans la cour, en partie englobés dans le château actuellement connu. Ce sont les témoins de la première phase de construction du Coudray-Salbart. La forteresse montre bien les problèmes posés par l'adaptation des modes de construction locaux aux nouveaux impératifs de la défense. Seule la dernière phase de construction traduit une conception d'ensemble de la fortification et un programme technique cohérent et planifié. Il passe par le renforcement du front est, avec deux tours jumelles dotées d'éperons en amande et, surtout, par la création de la gaine sur tout le périmètre de l'enceinte. Des reprises de construction montrent en effet qu'en certains endroits, la voûte de la gaine a été posée sur une muraille préexistante.



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Abandonnée depuis plus de quatre siècles, la forteresse présente des vestiges impressionnants. N'ayant jamais été associée à une agglomération, elle a été vite délaissée et est restée isolée, ni remaniée ni démantelée, ce qui explique son excellent état de conservation. L'ensemble du site, est ouvert à la visite, est classé.

Une association locale en assure la conservation à l'aide de bénévole.



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Source casteland.

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Jehanne - dans Patrimoine
29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 14:05
Le château de Chinon.




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Dominant la Vienne, le plateau de Chinon finit en éperon, presque à toucher la rivière. Cet éperon, fortifié dès les Romains, connaît pendant dix siècles une histoire confuse et tragique.
Trois maîtres dans l'art des fortifications ont surtout laissé leur empreinte sur le château fort actuel : deux rois d'Angleterre, Henri II et Richard Coeur de Lion, un roi de France, Philippe Auguste. C'est en 1205, après un siège de huit mois, que ce dernier a enlevé la place aux Plantagenêts.


La Cour du "roi de Bourges" (début du 15ème s.).

Avec Charles VII débute, pour Chinon, une page d'histoire. La France est dans une situation très grave. Henri IV, roi d'Angleterre, est aussi "roi de Paris", Charles VII n'est que le "roi de Bourges" quand, en 1427, il installe sa petite cour à Chinon. L'année suivante, il y réunit les États Généraux des provinces du Centre et du Sud encore soumises à son autorité. Les États votent 400.000 livres pour organiser la défense d'Orléans, assiégée par les Anglais.


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Jeanne d'Arc à Chinon (1429).

Jeanne, escortée de six hommes d'armes fait le voyage de Lorraine à Chinon, sans rencontrer une seule des bandes armées qui désolent le pays. Le peuple y voit un signe manifeste de la protection divine. En attendant d'être reçue par le roi, Jeanne reste deux jours dans une hôtellerie de la ville basse, jeûnant et priant.
Quand la petite paysanne de 18 ans est introduite dans le palais, on essaye de lui faire perdre contenance. La grande salle est illuminée de 50 torches ; 300 gentilshommes en riches costumes sont réunis ; le roi se dissimule dans la cohue un courtisan a revêtu son habit.
Jeanne avance timidement, distingue aussitôt le vrai Charles VII et va droit à lui. Bien qu'il prétende ne pas être le roi, elle lui embrasse les genoux : "Gentil Dauphin, lui dit-elle, (Charles n'ayant pas été sacré, il n'est pour elle que le Dauphin) j'ai nom Jehanne la Pucelle. Le Roi des Cieux vous mande par moi que vous serez sacré et couronné en la ville de Reims et vous serez lieutenant du Roi des Cieux qui est roi de France".
Charles est assailli par des doutes: il se demande si Charles VI était bien son père (sa mère est Isabeau de Bavière, dont l'inconduite a fait scandale). Quand la Pucelle lui déclare: " Je te dis, de la part de Messire le Christ, que tu es héritier de France et vrai fils de roi", il se sent réconforté et bien près d'être convaincu de la mission de l'héroïne.
L'entourage de Charles VII lutte encore. On fait comparaître la jeune fille devant la cour de Poitiers. Un aréopage de docteurs et de matrones doit décider si elle est sorcière ou inspirée. Pendant trois semaines, on la questionne. Ses réponses naïves, ses vives réparties, sa piété, sa confiance dans l'assistance de Dieux triomphent des plus sceptiques. Elle est déclarée "envoyée de Dieu".
Revenue à Chinon, on l'équipe. on lui donne des hommes d'armes et elle part le 20 avril 1429 pour accomplir son miraculeux et tragique destin.


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Le divorce de Louis XII (fin du 15ème s.).

Chinon reste le siège de la cour jusqu'en 1450, puis on l'abandonne. Toutefois, le château retrouve un éclat fugitif en 1498, quand le roi Louis XII y reçoit le légat du pape, César Borgia, venu lui porter la bulle de son divorce.
Louis XII se sépare sans regret de Jeanne de France, la fille de Louis XI. Il n'avait que 14 ans quand ce dernier la lui a fait épouser. Une double bosse, la hanche coxalgique, un aspect simiesque expliquent le peu d'empressement de son époux durant les vingt-trois années de leur union. Quand meurt Charles VIII, Louis XII doit, selon le testament du défunt, épouser sa veuve Aune de Bretagne. Il a pour elle une vive inclination et ce nouveau mariage conserve la Bretagne à la couronne; double raison pour que le roi célèbre par des fêtes magnifiques l'arrivée de la bulle libératrice.


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Le déclin.

Richelieu, le grand cardinal, jette son dévolu sur Chinon et, non sans peine, en devient possesseur. Le château reste dans sa famille jusqu'à la Révolution. II est très mal entretenu: fortifications et bâtiments commencent à s'effriter. Sous Napoléon Ier la ruine s'accentue . Devenu propriété du département, Chinon a été l'objet de réparations et de consolidation des ruines.
C'est depuis la rive sud de la Vienne que la vue sur le château est la plus belle. Placez vous près du pont et vous pourrez admirer l'envergure du chateau médiéval de Chinon.
Cette forteresse médiévale remarquable dans ses dimensions domine l'ensemble de la ville sur toute sa longueur (environ 500m de long sur 100m de large).les murailles suivent le contour de l'éperon rocheux au nord de la Vienne.
Le chateau se décompose en trois parties: le Fort du Coudray, le Chateau du Milieu et le Fort Saint Georges.


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Le Fort du Coudray.

Il contient le donjon ou tour du Coudray qui occupe la partie Ouest de la construction. Il a été bâti au 13ème siècle sous Philippe Auguste. Il fait 25 mètres de hauteur et 12 de diamètre. Il compte trois étages dont les deux inférieurs sont voutés, les étages sont reliés par un escalier. Jeanne d'Arc habitait le premier étage pendant son séjour à Chinon. Dans cette tour, Philippe IV le Bel y fit emprisonner les Templiers en 1308 (et notamment le Grand Maitre Jacques de Molay) avant le jugement qui devait les condamner à mort. On leur attribue les graffiti de l'étage moyen.
Le fort du Coudray comporte deux autres belles tours d'enceinte; La tour de Boisy et la tour du Moulin.
Sur le coté Nord du Donjon on peut toujours observer les fondations de l'ancienne chapelle Saint Martin. Dans la cour se trouve un puits qui a une profondeur de 95 mètres. De nombreux souterrains partaient du Fort du Coudray les accés en sont toujours visibles au bas du Donjon et de la Tour de Boisy.
La Tour du Moulin est située à l'angle Sud-Ouest de l'édifice. Elle fait vingt mètres de Haut et huit mètres de diamètre. Elle domine la vallée d'une cinquantaine de mètres. On attribue son origine à l'époque de Henri II Plantagenet. Elle comporte trois étages et est particulièrement bien protègée par plusieurs lignes de défense ce qui ajouté à sa position la rendait quasiment inexpugnable.
La Tour de Boisy se situe à l'angle Sud-Est du Fort du Coudray et domine la ville. A l'origine elle s'appelait Tour du Beffroi. Elle fait trente mètres de haut et a la forme d'un rectangle de quinze mètres de long sur dix de large. L'épaisseur moyenne des murs est supérieure à trois mètres. La Tour de Boisy commmuniquait avec le Donjon au niveau des étages supérieurs. La salle du niveau supérieur était une des plus belles du château avec sa hauteur de 6,5 mètres.


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Le Château du Milieu.

Ce château forme la partie centrale de l'ensemble. Le fossé qui sépare le fort St Georges du château du Milieu était enjambé par un pont de bois aboutissant à un pont-levis. Un pont en pierre l'a remplacé. L'entrée du château se fait par la tour de l'Horloge (à l'intérieur, intéressant musée Jeanne d'Arc). Cette tour est curieusement plate : 5 m d'épaisseur pour 35 m de hauteur. Vue de profil, de la ville, elle donne l'impression d'une colonne. Une cloche, la Marie Javelle, placée dans un lanternon sur la plate-forme, sonne toujours les heures. Elle est actionnée à la main dans les grandes occasions. Sur la gauche, se trouvent les restes des Logis Royaux le long de la courtine Sud avec en particulier la Grande Salle. La partie Nord des Logis Royaux a disparu, et notamment la chapelle Sainte Melaine, l'extrémité Ouest des Logis Royaux communiquait par un pont-levis avec le Fort du Coudray. Les Logis Royaux ont été construits du 12ème au 15ème siècle. Ils formaient un U, il ne reste que la partie Sud qui donne sur la ville. De ce coté ils comprenaient la Grande Salle et des pièces d'habitation dont la chambre du Roi. Coté Nord se trouvait en particulier la Chapelle Sainte Melaine qui était la chapelle Royale du chateau. Elle a été fondée au Xème siècle par les moines de l' Abbaye de Bourgueil et sa construction a été achevée au 11ème siècle, elle se situait entre la Grande Salle et la Tour des Chiens. C'est dans cette chapelle que mourut Henri II Plantagenêt le 7 juillet 1189. Son corps fut laissé à l'abandon par ses serviteurs, recouvert d'un simple manteau. Il fut ensuite transporté à Fontevraud.
A l'époque de Charles VII les Logis Royaux ont été le théatre de nombreux épisodes marquants, et notamment l'enlèvement de Georges de La Trémoille à l'instigation du Connétable de Richemont.
La Grande Salle venait d'être construite quand a eu lieu le 8 mars 1429, à cet endroit, la présentation de Jeanne d'Arc à Charles VII.
La Courtine Nord est constituée de trois tours: d'Argenton, des Chiens et de l'Echauguette.
La Tour d'Argenton, a été construite à la fin du 15ème siècle par Philippe de Commynes Seigneur d'Argenton. Elle a servi de prison, c'est la que là que les célèbres cages de Louis XI étaient utilisées.
La Tour des Chiens a été construite à l'époque de Philippe-Auguste au début du 13ème siècle. Son nom vient de ce qu'elle servait d'abri pour les meutes royales. Elle fait 23 mètres de hauteur et comporte trois étages. L'étage supérieur est un peu en contrebas du sol du chateau, l'ensemble des niveaux est relié par un escalier.
La Tour de l'Echauguette permettait de controler les murailles Nord et Est du château.


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Le Fort St-Georges.

Aujourd'hui démantelé, il a été construit après les deux autres châteaux par Henri II Plantagenêt. La Vienne et des ravins protégeaient le château au Sud, à l'Ouest et au Nord, mais le côté oriental restait accessible à l'assaillant arrivant par le plateau. St-Georges renforçait la défense à cet endroit. Le nom du fort venait de sa chapelle, consacrée au patron de l'Angleterre.



Quelques photos de plus ....



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Anecdotes (Tirées de l'ouvrage de Monsieur Henry Brocourt)

  • Comment la pluie sauva Chinon...
    "Au Vè siècle, Aegidius Afradius, chef des milices romaines dans les Gaules, connaissant l'importance de Chinon, en raison de sa situation aux portes du Poitou, rassembla ses troupes pour en faire siège. Face à la résistance de la population, il dut détourner la source du seul puits qui assurait l'eau aux Chinonais assiégés, croyant ainsi les faire capituler. Mais l'abbé Maxime, appelé plus tard Saint-Mexme, implora tellement les dieux qu'un orage éclata, suivi de torrents d'eau qui rendirent confiance aux assiégés prêts à se rendre. Les troupes d'Aegidius saisies d'épouvante levèrent le siège et se replièrent sur la commune de Ginais, suite aux violences de l'ouragan."


  • La mort d'Henri II Plantagenêt.
    "Délaissé, abandonné de tous, trahi, Henri II Plantagenêt s'éteint dans la chapelle Saint Melaine le 7 juillet 1189. A peine eût il rendu le dernier soupir que ses serviteurs pillèrent tout ce qui se trouvait dans les lieux, le laissant nu à gésir sur une table où un jeune page le couvrit de son manteau.
    Repentant, le nouveau roi d'Angleterre, Richard Coeur de Lion, voulut se prosterner devant le cercueil de son père mais vit un mauvais présage dans une giclée de sang partie à cet instant du corps d'Henri.
    Des recherches furent effectuées sans succès pour retrouver le trésor caché au château de Chinon par Henri II d'une valeur considérable. Celui-ci n'étant pas retrouvé, Richard vint à la forteresse en 1190 et fit emprisonner Etienne de Tours, alors Capitaine Gouverneur de la ville, le rendant coupable de malversations."
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Source Office du tourisme d'Indre et Loire.


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Jehanne - dans Patrimoine
3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 21:48
Château fort de Blandy-les-Tours




Le château de Blandy-les-Tours est un château médieval situé sur la commune de Blandy-les-Tours dans le département de la Seine-et-Marne, non loin du château de Vaux-le-Vicomte. Le château est placé au cœur du village de Blandy. Il est en cours de restauration depuis 1992.au fort de Blandy les tours.

L'histoire du château débute dans les textes en 1216. Il appartient au vicomte de Melun, Adam II de Chailly et se réduit à un manoir seigneural à enceinte irrégulière, à l'intérieur de laquelle se trouve une chapelle castrale, seul bâtiment de pierre.

Au XIVe siècle, le château est fortement modifié avec de nouvelles fortifications et structures de défense : un fossé est creusé et une nouvelle tour-porte, avec pont-levis à flèches, est percée dans le mur d'enceinte. Les rois Charles V ( de 1364 à 1380) et Charles VI (de 1380 à 1422) financent aux propriétaires successifs du château, les comtes de Tancarville Jean II son petit-fils Guillaume IV, les aménagements du château fort. Un donjon haut, défendu par deux ponts-levis, est édifié. L'enceinte est modifiée par l'ajout de nouvelles tours et de courtines neuves. Toutes ces modifications ont lieu durant la Guerre de Cent Ans.


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Cependant, le château de Blandy-les-Tours fut reconstruit au XVIe siècle par François II d'Orléans. Le château devient dès lors une demeure de plaisance. La Princesse de Clèves s'y marie en 1572 en présence du futur Henri IV. Mais, le château change souvent de propriétaire et se déteriore progressivement avec des habitations diverses à l'intérieur de l'enceinte.

Après les restaurations du XVIIe siècle, le maréchal de Villars, propriétaire du château de Vaux-le-Vicomte, achète la terre et le château de Blandy. Il décide de le démanteler et le transforme en ferme. Les toitures sont retirées des tours, les parapets détruits, la grande tour-porte éventrée.

En 1764, il est revendu au duc César Gabriel de Choiseul-Praslin, ministre de Louis XV.


En 1888, Pierre-Charles Tuot, le maire de Blandy-les-Tours, le rachète et en fait don à la municipalité. Cette enceinte ruinée et vide de tout bâtiment devient monument historique en 1889.

À partir des années 1970, des associations de bénévoles engagent les premiers travaux de sauvegarde du château.

Acquis par le conseil général de Seine-et-Marne en 1992, le château a fait l'objet depuis cette date d'un projet complet de restauration respectant les principales étapes historiques du monument.




Architecture du château.



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Le château est construit avec une enceinte en forme d'hexagone autour d'une chapelle castrale. Le puissant donjon dresse ses 35 mètres à l'intérieur d'une enceinte polygonale de tours rondes du XIVe siècle. Dans la cour subsiste la crypte mérovingienne.

Le château de Blandy est l'exemple type d'une forteresse du XIIIe siècle puis transformée en résidence seigneuriale du même type que celle de la fin du XIVe siècle. Ce mouvement de transformation impulsé par Charles V au Louvre, se retrouve notamment au château de Saumur, de Mehun-sur-Yèvre, de Coucy ou de Largoët-en-Elven.

L'enceinte détient 6 tours :

  • la tour de la justice,
  • la tour morale,
  • la tour carrée, ancienne tour porte,
  • la tour des gardes,
  • le donjon,
  • et la tour des archives.

Les bases des 3 dernières tours furent élevées après 1370 en grès de Fontainebleau, alors que les étages supérieurs sont le fruit des travaux réalisés vers 1390 par Guillaume IV en moellons de pierre meulière, plus économique. Enfin, le donjon possédait trois issues, ce qui est rare dans l'art médiéval.





source wikipédia.



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Jehanne - dans Patrimoine
1 septembre 2007 6 01 /09 /septembre /2007 13:27
Fort La Latte, ou roche Guyon





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1 - Les constructeurs


La Roche-Goyon, premier nom du château, fut édifié dans sa première partie du XIVe siècle. Les seigneurs qui l'érigèrent étaient déjà bien puissants puisqu'il fallait l'être pour construire un château fort et pour entretenir quelques hommes d'armes.

Les Goyon-Matignon, seigneurs constructeurs avaient multiplié les
hauts faits d'armes et les brillantes alliances. Les Goyon sont très nombreux et les branches multiples, si nombreux qu'un proverbe dit : "Frappez du pied le sol breton, il en sortira un Goyon, un Kersauson ou un Courson". Si l'on s'en réfère aux chroniqueurs bretons, hors ce Goyon qui aurait aidé Alain Barbe Torte à chasser les Normands de Bretagne au cours du Xe siècle, un autre aurait figuré aux états assemblés par Eudon en 1057 et un troisième, répondant au nom de Eudes aurait accompagné le Duc Alain IV Fergent dans la première croisade (1096). Ces bannerets, "Gentilhomme qui avaient assez de vassaux pour lever la bannière" (Moreri) pour leur propre compte ou le service ducal et royal, étaient dans les allées du pouvoir, très proches des ducs de Bretagne.

En 1209, Etienne 1r Goyon épouse Lucie de Matignon. Désormais cette branche perdurera sous le nom de Goyon-Matignon. Ils ont laissé des traces, car voulant gagner leur ciel, ils multiplièrent les donations à l'Abbaye Saint-Aubin des Bois. Les successeurs les imitèrent tant à l'abbaye de Saint-Aubin qu'à l'Abbaye de Saint-Jacut, les relations qu'ils entretenaient avec les abbayes étaient parfois orageuses...

En 1341, le duc de Bretagne Jean III meurt. Celui-ci, bien que marié trois fois, n'a pas d'héritier direct. Éclate alors la guerre de Succession de Bretagne (1341-1365). Deux héritiers briguent le pouvoir :
Leur suzerain, le roi de France Philippe VI de Valois, montre sa préférence pour Charles de Blois. Les Goyon-Matignon, résidant dans le Penthièvre, prennent tout naturellement position pour Charles de Blois. La Bretagne s'embrase, une guerre civile éclate. Le parti de Montfort recherche et obtient l'appui d'Henri III, roi d'Angleterre. Pour simplifier, on pourrait dire que le nord de la Bretagne épouse la cause de Charles de Blois et le sud de la Bretagne celle de Jean de Montfort. Charles de Blois est prisonnier des anglais et Jeanne de Penthièvre convoque les états de Bretagne à Dinan en novembre 1352, Etienne III Goyon y participe.

C'est à ce grand seigneur que nous devons le début de la construction du château. La Bretagne, qui éprouvait le besoin se système défensif, se couvrit alors de châteaux forts. L'histoire n'a pas laissé de raisons quant au choix du lieu, l'aspect stratégique saute aux yeux. Où, mieux que sur cette pointe peut-on surveiller la côte ? Au nord, le large, à l'ouest le Cap Fréhel et l'Anse des Sévignés inhospitalière, à l'est la côte et notamment Saint-Malo et au sud la Baie de Fresnaye dans laquelle on peut mouiller et accoster. Comment pouvait-on mieux servir son duc ? En le suivant à la guerre, en repoussant l'ennemi qui selon la politique suivie pouvait être tantôt les Anglais, tantôt Français. La Bretagne voulant à tout prix rester indépendante, il suffisait que le roi de France ait trop de velléités à son endroit pour que le Duc s'approche du roi d'Anglais. Indépendance oblige!...


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2 - Le château au XIVe siècle


Quels vestiges nous restent de ces temps troublés ? Le premier pont-levis date de cette période. On franchit une porte ogivale et nous entrons dans un espace étroit qui, à l'origine, devait être couvert et constituait le châtelet d'entrée dont il ne subsiste que le centre.

La construction de la pièce maîtresse du château, l'invincible donjon, a sans doute été entreprise par Etienne III (vers 1310-1353) puisque les archères de la base sont antérieures à l'apparition du canon en Bretagne (1364). Par contre les ouvertures de l'étage ont été aménagées pour recevoir des petits canons qu'on appelait couleuvrines. Au sommet du donjon, sur le chemin de ronde, les mâchicoulis permettent d'expédier des pierres d'assez grande taille sur les assaillants, de décrocher des flèches. La Forme cylindrique de la tour est caractéristique de l'art militaire du XIVe siècle et sa base évasée donne à la fois une très grande assise à l'édifice et facilite le rebondissement des pierres jetées sur les ennemis.

Les meurtrières de la base du donjon sont situées sur un bandeau de pierres délimitant le premier niveau. Cette base est orientée : on peut y voir, aux points cardinaux, scellés dans la maçonnerie primitive, les symboles des évangélistes (à l'ouest l'ange de Saint-Mathieu, à l'est l'aigle de Saint-Jean, au sud le lion de Saint-Marc et au nord le bouf de Saint-Luc). l'ange et le bouf sont en parfait état mais il faut faire un effort pour déceler les autres symboles, l'érosion ayant fait son oeuvre. 

Jean de Montfort est reconnu duc de Bretagne en 1365 sous le nom de Jean IV. Bertrand II de Goyon (vers 1340-1380), petit fils d'Etienne III, entretint dès 1368 d'excellents rapports avec son duc. C'est à cette période que fut complété le château par une enceinte dont quatre tours subsistent. La base de chaque tour est évasée et contient une "oubliette" en forme d'entonnoir, ces oubliettes qui déchaînent l'imagination. Peut-être ont-elles servi de geôle à quelques récalcitrants d'alors, mais pour les dégager, il a fallu ôter tous les détritus que la soldatesque y avait accumulé au cours des siècles. Voulant confisquer la Bretagne à son profit (Jean IV étant en Angleterre depuis 1375) le roi de France Charles V rencontra l'opposition des hauts barons bretons, et une ligue se forma pour se porter au service du duc et lui demander de revenir. Jean IV débarqua sur la Rance, non loin de Saint-Malo le 3 août 1379, il ne s'attarda pas dans la région malouine où Du Guesclin guettait les
Anglais. Il est incontestable que le château existait alors, puisque Du Guesclin, connétable de Charles V, expédia une troupe pour en entreprendre le siège en 1379. Laissons parler le connétable à ce sujet : "Et la manière comme ils m'ont baillé cette forteresse, qui a esté assés dure", les assaillants ont certes pris la forteresse mais celle-ci s'est défendue vaillamment. Le château confisqué fut restitué deux ans plus tard à Etienne Goyon par le traité de Guérande (1381) qui mit fin au conflit entre la Bretagne et la France. Les Goyon-Matignon cessèrent de résider dans leur forteresse vers 1420 lorsque Jean 1er Goyon, fils de Bertrand III Goyon, épousa Marguerite de Mauny, héritière de Thorigny. Le commandement du château fut alors confié à un gouverneur souvent choisi parmi la branche cadette. Le château s'enrichit du logis du gouverneur qui existe toujours et où loge le propriétaire et sa famille. Ce logis est accolé à la muraille et a subi des remaniements. On pense aussi que les nombreuses petites maisons accolées aux courtines datent du XVe siècle.

Hormis la guerre, les occupations des Goyon devaient être celles de tout seigneur à l'époque : la chasse, les plaisirs de la table et les divertissements. Mais entre la construction et le départ des Goyon de leur Bretagne natale, il ne s'est écoulé que soixante-dix ans environ, soixante-dix années troublées par la guerre de Succession de Bretagne sur toile de fond de guerre de Cent Ans. On imagine sans peine que les seigneurs ont consacré beaucoup de temps à la diplomatie et à la défense de leur duc.

Quand on visite le donjon, il faut se pénétrer de l'idée que, seule la pièce du premier étage était habitable, une pièce unique pour vivre. La voûte sur croisée d'ogives du second étage, supporte les dalles de Saint-Cast qui constituent le toit chapeauté par un parapet crénelé. Cette pièce qui donne un accès direct sur le chemin de ronde était la salle des Gardes.



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3a - Le temps des gouverneurs



Fort-La-Latte--4--copie-1.jpgSi les seigneurs ne résidaient plus à La Roche-Goyon, ils en demeuraient les propriétaires. Par l'intermédiaire du gouverneur la vie militaire s'y perpétue et les hommes d'armes sont fournis parmi les petits seigneurs avoisinants. La garde est montée au château par des hommes des paroisses dépendant de la seigneurie, ils doivent même effectuer quelques réparations sur les murailles. La chapelle dédiée à Saint Michel, est desservie régulièrement. La vie suit son cours.

Au cours du XVe siècle, pendant que les Goyon, de leur fief normand, passent de l'Histoire de Bretagne à l'Histoire de France, leur demeure continue son oeuvre défensive. Peu de hauts faits militaires peuvent lui être imputés au cours de ce siècle. En 1490, l'amiral Anglais Willoughby tenta un débarquement sur la côte nord de la Bretagne, le château fut assiégé, ce siège bref ne lui causa pas trop de dommages.

Si la bataille de saint- Aubin du Cormier (1488) marque la fin de l'indépendance bretonne, officiellement, le sort de la Bretagne sera scellé à la France en 1532. Entre temps, Anne de Bretagne, aura épousé deux Rois de France, Charles VIII puis Louis XII. Le duché devient province.



3b - Au temps des guerres de religion



Fort-La-Latte--5-.jpgLe XVIe siècle fut un siècle de profondes mutations, troublé par les guerres de religion. Il est absolument indispensable de connaître le contexte pour comprendre ce qui s'est passé. Le Calvinisme s'est répandu dans toute la France, si la Bretagne ne peut être considérée comme terre huguenote, la réforme s'y répandit quand même dans le sillage de quelques grands seigneurs très influents. Cependant, comme dans le reste du territoire, la perspective d'un roi huguenot ne plaisait guère... Chacun sait que le ton monte avec le siècle et que les rois de France sont entourés de catholiques très zélés dont les Guise. En 1582, Philippe-Emmanuel de Lorraine, Duc de Mercoeur, devient Gouverneur de Bretagne. Mercour est le beau-frère d'Henri III, mais aussi l'époux de Marie du Luxembourg, héritière des droits des Penthièvre. Sous sa gouverne, la Bretagne va subir de nombreuses exactions... L'assassinat des Guise à Blois (1588) met l'étincelle aux poudres, les zélés le deviennent encore plus.

A l'avènement d'Henri de Navarre en 1589, les esprits sont échauffés... Mercoeur, en Bretagne, tente d'assouvir ses propres ambitions, la Bretagne est divisée en deux camps :

  • Le camp du roi, dit des Royaux comprenant quelques villes, quelques places fortes et quelques garnisons témoignant de leur fidélité à Henri IV
  • Les Ligueurs rassemblant les troupes de la Saint Union derrière le duc de Mercoeur, union composée de très zélés catholiques. Le duc de Mercoeur sera très suivi surtout au début des hostilités. Notons au passage que les ligueurs se feront aider par les Espagnols.
Le château dans les textes de l'époque a perdu son nom médiéval de La Roche-Goyon pour prendre celui de La Latte, nom du village voisin. Il était toujours la propriété des Goyon-Matignon, notamment celle de Jacques II de Matignon, Maréchal de France, homme qui a servi fidèlement cinq Rois : Henri II, François II, Charles IX, Henri III et Henri IV. Bel exemple de loyalisme ! On ne peut le soupçonner d'appartenir à la Religion Prétendue Réformée. Charles IX l'avait prié de rétablir la paix en Normandie ce qu'il fit. Jacques II était gouverneur de Guyenne quand son château breton subit de grands dommages.

Le gouverneur du château, René Léau de La Roche n'a pas hésité à abriter quelques huguenots. Dans une lettre datant du 4 juin 1590, Mercoeur remercie les habitants de Saint-Malo de l'avoir aidé à saisir par voie maritime un certain nombre de gentilhommes dont le marquis Gouyon de la Moussaye qui venant de jersey s'apprêtaient à se rendre au château de La Latte pour y être protégés. Dans ce même recueil de "Documents inédits sur la ligue en Bretagne", il est fait un inventaire des garnisons du parti du Roi en Bretagne, ce roi si contesté par les ligueurs, Henri de Navarre. Le Sieur de "Gouillon" au Château de La Latte bénéficie de cent soixante-dix écus pour trente hommes de pied soit le capitaine de Gouyon, un lieutenant, un sergent, deux caporaux et vingt cinq soldats. Le château était équipé pour la guerre....

En 1597, il subit un  assaut fatal des équipes de Mercoeur. Le lieutenant Saint Laurent avec un corps de deux milles hommes (Espagnols et Français) assiège et assaille le château. Hormis le donjon, le château est pillé, incendié en partie. La même année Jacques II de Matignon meurt. L'année suivante l'Édit de Nantes apaise progressivement les esprits.

C'est une page d'histoire qui se tourne pour le château. Curieusement, il est mentionné l'existence d'un gouverneur entre 1597 et 1689, ce qui suppose un minimum de vie militaire mais où logeaient les soldats chargés du guet ?



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4 - Le château médiéval est transformé



Louis XIV entreprit de nombreuses guerres ce qui l'obligea à moderniser son armée et à défendre les points stratégiques ou névralgiques. Bon nombre de places fortes furent confiées à Vauban.

Le château est en ruine, certes, mais il occupe une place stratégique de premier choix. Pour financer la guerre, Colbert a cette idée heureuse d'officialiser la guerre de course (poursuite des navires ennemis afin de s'emparer des contenus, ce sont les corsaire qui se chargent de cette besogne). Saint-Malo ne peut recevoir des navires trop à grand tirant d'eau et pour accéder à quai, il leur faut attendre la marée haute. La baie de la Fresnaye peut accueillir les navires, encore faut-il que les ennemis ne puissent les pourchasser.

Le château est aménagé pour les besoins de la cause. Entre 1689 et 1715, il fut transformé en fort de défense côtière. Il prend son visage actuel. Les vieilles murailles très endommagées pendant la ligue vont être consolidées et changer de destination. Plus de chemin de ronde, les petites maisons qui se trouvaient à l'intérieur de la place et qui étaient fort ruinées vont être comblées. Ce remblai est destiné à transformer les hautes murailles en batteries pour canons,  batteries dont le parapet mesure environ 1,50 m. Il a donc fallu amener de nombreuses charretées puisqu'on a relevé de deux étages le niveau à certains endroits, surtout sur la courtine est.

Le logis du gouverneur fut à son tour remanié, amputé au pignon nord de 4,80 m par rapport à la construction d'origine. En vis à vis, sans doute sur l'ancien chemin de ronde, accolé à la muraille, l'on édifia un petit corps de garde, construction sommaire très ruinée au début du XXe siècle.

Le premier pont-levis ne vit pas son châtelet reconstruit, sur le côté fut aménagé un petit bâtiment destiné à recevoir cinq chevaux d'après le plan définitif de Garengeau en 1716. Cette écurie sert aujourd'hui de garage...

La première avancée fut bien modifiée. Les murailles sont devenues batteries de canons. Quant au deuxième pont-levis, il fut transformé également car la partie du XIVe siècle n'est pas dans l'axe du pont...

Le donjon ne fut pas remanié hormis la construction d'un escalier pour y accéder. La poudre était entreposée au rez de chaussée à cette époque ce qui n'apparaît pas très pratique...

Les seules constructions neuves entre 1689 et 1715 sont :

  • la batterie basse, en fer à cheval, dont les canons pointaient vers le large
  • les petites guérites de pierres, une carrée, une ronde, très caractéristiques de l'architecture de l'époque de Vauban
  • le gros mur, écran pare-boulets
  • la chapelle, plus tardive, reconstruite en 1719, toujours dédiée à Saint Michel

Utilisant une structure existante, on peut supposer que l'Etat a réalisé des économies, mais cette transformation a sauvé aussi le château d'une ruine certaine en lui offrant une seconde vie militaire. C'est Garengeau qui en sera chargé, ce même ingénieur architecte militaire qui transforme Saint-Malo. Il est aussi à l'origine de quelques malouinières, ces belles et riches demeures dont s'enorgueillissaient les armateurs et les corsaires malouins.

Le seul regret que l'on puisse émettre est l'absence de plan de l'élévation antérieure, cela nous aurait rendu de précieux renseignements sur le château féodal. Le plan édifié après la restauration correspond au plan actuel.



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5a - Le château au XVIIIe siècle



Fort-La-Latte-Four-a-rougir-les-boulets.jpgLe premier commandant nommé en la place fut le Sieur de la Panouse, on était loin des Goyon-Matignon qui, de la Normandie à la cour, avaient poursuivi sans accroc leur ascension sociale. Le vieux fort dont ils étaient toujours propriétaires en l'an 1716, fut restauré aux frais de l'état. Tout le XVIIIe siècle fut occupé par des travaux incessants et l'état s'en plaint. On imagine sans peine que les canons qui vibraient devaient quelque peu ébranler les piles qui soutiennent le pont-levis. Les Goyon-Matignon furent par la suite consultés quant au choix du gouverneur qui, à cette époque, ne résidait pas sur place, lui préférant une demeure plus confortable. La milice des paroisses et les soldats gardes-côtes étaient réquisitionnés dans les villages avoisinants. Protection des bateaux, intervention en temps de guerre où l'effectif passait à environ cinquante hommes, canons pointés vers le large et la baie de la Fresnaye, le fort poursuivait sa carrière militaire. Les canons de la Corbière de Saint-Cast en vis à vis lui donnaient la réplique, le croisement des boulets interdisait à tout ennemi de s'aventurer plus avant dans la baie. "Nos" bateaux étaient protégés et l'ennemi n'avait plus qu'à rebrousser chemin. La célèbre bataille de Saint-Cast et il n'est fait mention en 1758 se déroula à quelques enclâblures de ses batteries et l'on pense que les soldats devaient être sur le pied de guerre. Le combat eut lieu sur la plage de Saint-Cast et il n'est fait mention du Fort La Latte dans aucun texte...




5b - 1715, une année particulière pour le château


Fort-La-Latte-Logis-du-gouverneur--1-.jpgPour les Français c'est une avant tout l'année de la mort de Louis XIV. Sur son rocher battu par les flots, le fort joue son rôle de vigie et de défense de la Fresnaye.

Un bâtiment contenant les cuisines, accolé à la tour d'angle sud s'effondra avec son terre-plein. En observant bien la tour, on voit les traces de son toit.

La même année, en octobre, François-Léonor de Matignon épouse Louise-Hippolyte Grimaldi, duchesse de Valentinois à condition de prendre les armes des Grimaldi sans y joindre les siennes. En quatre siècles, l'itinéraire pourrait s'intituler "D'un rocher à l'autre". Les princes de Monaco ont donc du sang Breton !

Toujours en cet an de grâce 1715, en novembre précisément, le fort reçut dans des conditions bien particulières un hôte de marque. Hôte qui n'apprécia pas l'hospitalité du lieu... Jacques Stuart, chevalier de Saint-Georges, prétendant à la couronne d'Angleterre vint y échouer un soir de tempête. Comme le vent ne cessait pas, il est contraint d'y séjourner et voici ce qu'il en relate : "Ce château était bien le plus triste endroit où jamais homme eut vécu, ni un morceau de bois pour préparer nos aliments, ni aucun objet de nécessité... Ainsi nous fûmes obligés de manger de l'orge, et un pain grossier avec ce qu'il fut possible d'obtenir des paysans en volaille, lait et oeufs".



5c - Le château pendant la période révolutionnaire


Fort-La-Latte-Logis-du-gouverneur--2-.jpgIl faudra attendre 1793 pour que le fort soit militairement occupé. D'après les rapports qui sont remis au Ministre de la guerre, le château n'est pas en bon état. On va donc parer au plus urgent. Les soldats sont recrutés parmi les citoyens de la garde nationale de Plévenon, Pléhérel, Plurien. Le Vaurouault fournira le bois et Bienassis matelas, bois de lit, couvertures et même chaînes de pont-levis (le Vaurouault était maison nationale et Bienassis bien d'immigré). Le citoyen Guillaume Droguet de Plévenon commandera le poste et lèvera une compagnie de soixante hommes. Les répartitions envisagées se font lentement et l'acheminement du matériel nécessaire aux guerriers en place tarde. On attend beaucoup et on bricole un peu : rebouchage au mastic des fentes des affûts de canon, peinture, petits travaux sur les plates-formes des batteries de canon... Les uniformes aussi se font attendre et certains soldats se lassent. D'élections en recrutements, la vie au château se poursuit, bien paisible malgré le dénuement dont se plaint sans cesse Droguet à ses superieurs hiérarchiques. On guette l'ennemi (Anglais, émigré et suspect) et on s'amuse aux dépens de Chouans retenus prisonniers au fort. Ceux-ci relaterons par la suite les "vexations inimaginables" dont la garnison du fort s'est rendue coupable : on place les rebelles devant un peloton d'exécution, on tire mais les fusils sont chargés à poudre...

Dans cette attente fiévreuse de grands événements, le fort s'est enrichi d'un four à rougir les boulets. En 1794, le Ministre de la Marine ordonne de construire sur les côtes de la Manche des fourneaux à réverbère (four à boulets).

Pendant les Cent Jours, le château fut pris par ruse par quelques jeunes royalistes malouins en mal d'action d'éclat, pour fort peu de temps. Ce fut le dernier épisode guerrier de son histoire.




6 - Le château au XIXe siècle




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En 1821, dans un Mémoire du Génie militaire pour l'arrondissement de Saint-Brieuc, il est répertorié sur la côte nord de la Bretagne toutes les batteries et toutes les anses pouvant servir de débarquement. Le rapport précise que le territoire en question n'a à redouter d'invasion qu'en temps de guerre avec les anglais. L'attaque de ces derniers devrait être précédée d'un débarquement. Dans ce même rapport, on peut lire un peu plus loin qu'une descente sérieuse de l'ennemi n'est ni bien possible, ni probable. Il y eut en garnison au cours de ce siècle un détachement du génie, tout laisse à penser qu'il ne devait pas être surmené...

Un rapport de 1852 se préoccupe beaucoup des zones de servitude du fort, un plan de délimitation est dressé. En 1856, se pose encore le même problème qui ne doit pas être résolu, en outre ce rapport dénonce les lenteurs administratives. Pas un seul instant, il n'est fait allusion à l'état des bâtiments et des fortifications.

En 1886, la compagnie se réduisit à un seul gardien. Le fort depuis un temps certain ne correspondait plus aux normes de la guerre ce qui explique sa désaffection. En 1890, il fut déclassé et l'administration des domaines fut chargée de le vendre "en toute tranquillité et sans aucune servitude". Cette vente suscita dans la région quelque émotion puisque nous possédons une réponse du 17 août 1892 provenant du "Secrétariat des commandements" de S.A.S le Prince de Monaco, adressée à Monsieur le Vicomte de Pontbriand résidant à Matignon (22). Ce dernier avait fait part le 28 juillet au prince de la vente du fief de ses ancêtres et avait exprimé le désir de voir la Roche-Goyon acquise par le Prince. La réponse étant fort courte, je me permets de la citer in extenso :

" En réponse à votre lettre du 28 juillet dernier adressée au Prince de Monaco, j'ai l'honneur de vous faire connaître que Son Altesse Sérénissime regrette vivement de ne pouvoir acheter l'ancien château de la Roche-Goyon et de le voir passer dans des mains indifférentes. Néanmoins le prince me charge de transmettre ses remerciements pour votre courtoise attention dans cette circonstance. Veuillez...".

Monsieur le duc de Feltre en fit l'acquisition le 10 août 1892, le château était alors en piètre état.


7 - Le XXe siècle : restauration et conservation



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Monsieur de la Ville Leroux l'acheta en 1914 au duc de Feltre mais ne le garda que très peu d'années. Entre 1892 et 1931 aucune restauration ne fut menée à terme. Le château fut classé Monument historique en 1925 et son propriétaire le vendit en 1931 à Monsieur et Madame Joüon des Longrais. Frédéric Joüon des Longrais (1892-1975) réalisait un vieux rêve d'enfant.

Entre 1932 et 1938, il le restaure avec l'aide des Monuments Historiques tout en utilisant la main-d'ouvre locale.

La première tranche de restauration concerna le logis du gouverneur. Comme il a été signalé précédemment, le pignon nord fut reculé de 4,80 m lorsque Garengeau entreprit la transformation du château en fort de défense côtière. A l'intérieur, à la même époque, le niveau avait été relevé de 1,10 m par rapport au niveau primitif. Celui-ci a pu être retrouvé grâce à la cheminée. Le sol de la fin du XVIIe siècle avait été posé sur les décombres de l'incendie de 1597. Ces décombres, poutres calcinées et débris divers, furent révélés lorsque l'on voulut redonner au bâtiment son niveau initial... Des ouvertures furent percées au rez de chaussée et au premier étage et les combles s'ornèrent de lucarnes. C'est la restauration la plus importante, elle est pratiquement achevée en 1935.

La deuxième tranche toucha dans tous les autres bâtiments remaniés sous Garengeau. La chapelle était à ciel ouvert, un toit d'ardoise de Commana ne tarda pas à la couvrir. L'édifice fut surmonté d'un clocheton tout semblable à ceux des chapelles avoisinantes (Vieux Bourg en Fréhel et Plurien). De vieux saints vinrent l'agrémenter.

Dans la première avancée, l'écurie est restaurée. Les chevaux-vapeurs des temps modernes peuvent se garer. L'ancien corps de garde, construction sommaire sans étage adossée à la muraille ancienne, est très ruiné. Monsieur Joüon des Longrais lui substitue en 1937 un bâtiment d'un étage en reconstruisant la façade sud et le pignon est. Il précise lui-même dans l'ouvrage très documenté qu'il a écrit sur le château que les plans furent "établis par Monsieur Prieur, architecte en chef des Monuments Historiques, et les travaux exécutés suivant les procédés anciens par des artisans du pays".

Le dégagement de la citerne a mis en évidence tout le système de canalisation ancien et a permis de mettre à jour, vers l'arrière un curieux pont-levis. Tout porte à croire qu'il est lié aux travaux de Garengeau sur la muraille nord-ouest. Son utilité paraît improbable, s'agit-il d'un leurre destiné à tromper l'ennemi ? En 1938, on peut dire que le Fort La Latte est sauvé.

Monsieur Joüon des Longrais fut nommé Directeur de la Maison Franco-japonaise en 1939. Compte tenu des événements, il y resta plus longtemps que prévu et lorsqu'il revint en 1947, le château avait subi quelques dommages. Dans une exhaustive que Madame Joüon des Longrais dressa alors, on peut constater que non seulement l'autel du XVIIIe siècle et les saints ornant la chapelle furent brûlés, mais tous les meubles meublants, tous les accessoires avait "disparu" selon son expression. Le logis du gouverneur avait été vidé de son contenu...L'occupant avait réquisitionné un certain nombre de couvertures et des prisonniers y firent un séjour pendant le rigoureux hiver 1942. Quoi d mieux pour se chauffer que le vieux bois ?

Désappointés, certes, ils le furent, cependant ils ne se découragèrent pas et poursuivirent l'ouvre entreprise. La demeure ancienne est très exposée, elle demande un entretien constant : rejointoiement des murailles, consolidation et constitution d'un environnement en plantant sur des terres agricoles en état d'abandon. Tache ingrate, sur cette presqu'île battue par les vents, arbustes et arbres poussent avec difficulté, il faut montrer beaucoup de patience et de persévérance. Leurs efforts furent couronnés de succès, un nombre croissant de touristes le visitent à partir des années soixante.

Depuis, un certain nombre de longs métrages, de feuilletons télévisés, voir de clips ont été tournés en ses murs :

  • Les vikings (1957)
  • Le jeu d'Elsenberg (1963)
  • Le vengeur (1975)
  • Dorothée, danseuse de corde (1983)
  • Le Gerfaut et le film "Chouans" de Philippe de Broca en 1987
  • Le jeu du roi (1988)

Depuis 1981, le château est dans les mains d'une nouvelle génération. Entretenir au mieux ce joyau féodal remanié à la Vauban, en préserver l'environnement afin de la transmettre en état aux générations futures, tels sont les devoirs que se sont imposés les propriétaires. Il faut du doigté, de la vigilance et surtout beaucoup d'amour.



fort-la-latte-qpochet.jpg

récit d'après Isabelle Joüon des Longrais




Pour voir plus de photos sur le fort, cliquez ici :

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Jehanne - dans Patrimoine

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