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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 00:09

Bernard de Ventadour.

 

 

 

 

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Bernard de Ventadour ( en ancien occitan Bernartz de Ventedorn ), né vers 1145 à Ventadour, mort après 1195, est l’un des plus célèbres troubadours.

Sa Vie, très romancée car tirée des vidas écrites un demi-siècle plus tard par Uc de Saint-Circ, est mal connue. Il est dit fils d’un homme d’armes et d’une boulangère du château de Ventadour en Corrèze. Il n’est pas certain qu’il fût d’origine modeste et certains l’assimilent à un membre de la lignée des Ventadour qui mourut abbé de Saint-Martin de Tulle. Il devint le disciple de son seigneur, le vicomte Ebles III Lo Cantador qui l’instruisit dans l’art de la composition lyrique dite trobar. Il aurait composé ses premiers chants pour la femme du fils de ce seigneur, ce qui lui valut d’être chassé de Ventadour.

Il suivit alors jusqu’en Angleterre la cour d’Aliénor d’Aquitaine devenue l’épouse du roi Henri II Plantagenet, puis passa au service de Raymond V de Toulouse pour, selon sa vida, finir sa vie à l’abbaye de Dalon.

 

Ses chansons – cansons en occitan – sont riches et limpides, nourries de sentiments personnels. On le considère comme l’un des meilleurs musiciens de son temps et parmi les plus grands poètes de l’amour en langue d’oc.

Nom de naissance Bernart de Ventadorn
Activité(s) Troubadour et moine
Naissance v 1145 à Ventadour
Décès v 1195 à l’Abbaye de Dalon
Langue d’écriture occitan

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Jehanne - dans Personnages Historiques
26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 14:13

Yggdrasil.

 

 

 

 

 

yggdrasil

 

 

Rarement mythologie aura autant déchaîné passion et imagination que la religion des vikings. L’univers mythique d’Yggdrasil est à la base de la littérature fantastique de Tolkien et consorts. Le monde, ou plutôt les mondes puisqu’il y en a 9, articulés autour de l’arbre mythique Yggdrassil, forment un ensemble fantastique et complexe, dominé par la figure d'Odin, le Dieu des dieux, et destiné à être détruit durant le Ragnarök.

 

 

Le mythe de la création.

À l’origine, rien. Le vide (ginnungagap), le chaos. Juste le feu (muspellsheimr) et la glace (nilfheirm). Le chaud et le froid vont se rapprocher pour finalement entrer en contact. De ce choc thermique naît un géant hermaphrodite, Ymir. Ymir a un fils, Buri, qui eut à son tour un fils, Borr.


Le monde n’existe pas encore. Mais les trois fils géants de Borr, Óðin, Vili et Vé, tuent Ymir, et de son corps créent le monde. Son sang devient la mer, son crane forme la voûte céleste, ses poumons deviennent nuages, ses os les montagnes, ses cheveux les arbres. Les trois géants sculptent également le premier homme (appelé Ask ou frêne) et la première femme (appelée Embla ou orme) à partir de deux bûches trouvées sur le rivage de la mer primitive. C’est le début de l’humanité.

 

 

 

 

 

 

 

Le monde

Le monde créé, les Dieux vont l’organiser autour de Yggdrassil, l’arbre cosmique, le pilier du monde.


Les Dieux créent d’abord Midgard, la terre des hommes, la terre du milieu. Elle est cernée par cette immense mer dans laquelle se trouve un serpent monstrueux se mordant la queue, Jörmungandr. C’est lui qui assure par son étreinte la cohésion du monde. Lorsqu’il la relâchera, le Ragnarök commencera.


Sur l’autre rive de la mer, les Dieux ont isolé les géant, à Utgard, un monde froid et hostile, et les nains, ou elfes noirs, dans Svartalfheim.


Au nord, dans les profondeurs de la terre, se trouvent Helheim, le royaume de Hel, royaume des morts, Muspeilheim le royaume des géants, et Niflheim le royaume du froid et de la glace.


Enfin, les Dieux peuvent penser à eux. Tout en haut d’Yggdrassil, ils créent Alfheim, la terre des elfes blancs, puis Vanaheim, le royaume des Dieux vanes et enfin Ásgard, le royaume des Dieux ases. D’Ásgard, les Dieux, et Óðin en particulier, dominent le monde et peuvent tout observer.


Pour relier Ásgard et Midgard, les Dieux créent un pont arc-en-ciel, Bifröst, gardé par Heimdall.


Sous les racines d’Yggdrassil coulent également des sources. La source de la connaissance protégée par le géant Mimir le Sage. La source du destin protégée par les trois nornes.


Bien sûr, il est difficile de maintenir la paix entre ces neufs mondes, et régulièrement, des guerres éclatent.


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Jehanne - dans Personnages Historiques
26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 14:00

Les Dieux scandinaves.

 

 

 

Il existe deux catégories de Dieux scandinaves, les Vanes, les plus anciens, hérités sans doute d’une religion indo-européenne antérieure, et les Ases. L’opposition entre ces deux familles, qui ira jusqu’à la guerre, symbolise le fossé entre la paysannerie des Vanes, et l’aristocratie des Ases. Leur réconciliation est gage d’unité.

 

 

 

 

Óðin ou Wotan

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Le Dieu des dieux. Vénéré et craint. À la fois Dieu de la magie, du savoir, de la guérison, de la guerre. C’est lui également qui décide qui doit vivre ou mourir sur le champ de bataille.

Óðin vit à Ásgard, et observe le monde depuis son trône. Ses deux corbeaux, Huginn et Muginn parcourent le monde et viennent lui chuchoter à l’oreille ce qu’ils ont vu. Difficile d’échapper à l’omniscience du Dieu aux 1000 surnoms.


Óðin est surtout prêt à tout pour arriver à ses fins : aux pires fourberies comme aux pires sacrifices.


Pour acquérir la science des runes, il passe neuf jours suspendu la tête en bas à Yggdrassil, transpercé par sa propre lance. Pour boire au puits de la connaissance gardé par Mimir, il accepte de perdre un œil. Óðin est d’ailleurs toujours représenté borgne.

Pour réussir à voler l’hydromel, source de poésie, il n’hésite pas en revanche à se transformer en serpent puis en aigle après avoir séduit la gardienne Gunnlöd. Óðin put boire l’hydromel puis le vola pour l’emmener à Ásgard l’offrir aux Dieux. Une histoire parmi tant d’autres qui illustrent la ruse du père des Dieux.

 

 

 

Þórr (Thor)

 


 

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Fils d’Óðin, Þórr est en revanche apprécié unanimement. Son courage, sa force et sa loyauté sont louées par les anciens scandinaves. Il est là pour protéger les hommes. Sa popularité est d’ailleurs démontrée par la composition de nombre de nom scandinaves, qui commencent par "Þórr".


Þórr est également le Dieux des éclairs. Durant les orages, il traverse le ciel sur son char tiré par deux boucs, et en faisant tourner son marteau Mjöllnir, il crée les éclairs. Mjöllnir est le principal attribut de Þórr. Tellement lourd qu’il lui fallait une ceinture de force pour le porter, le marteau est continuellement porté au fer rouge, et Þórr devait mettre des gants pour s’en servir. Mais une fois lancé, Mjöllnir ne rate jamais sa cible, et revient automatiquement dans la main de son propriétaire.


Le compagnon de route de Þórr est souvent Loki, son meilleur ennemi.

 


 

 

Freyr et Freyja

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Les plus invoqués, tout simplement car ils sont les Dieux de la fécondité. Freyr et Freyja sont jumeaux. Freyr est le Dieu du soleil et de la pluie, patron des moissons, Freyja déesse de la fertilité et de l’amour.


Freyr possède un sanglier d’or conçu par les nains, et un bateau magique, à la fois capable de traverser ciel, terre et mer en transportant l’intégralité de l’armée de Óðin, et si petit qu’il peut se ranger dans une poche.


Freyr et Freyja sont des dieux Vanes.

 

 

 

 

Loki

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Le plus fourbe de tous les dieux. Loki est de tous les mauvais coups. Il est souvent associé à la magie. Il peut changer de forme, et se transformer en animal.


Loki est un Dieu Ase. Il eut trois enfants avec une géante nommée Angrboda : Fenrir, le loup géant, Hel, la déesse des morts, et Jörmungandr, le serpent de Midgard.


La personnalité de Loki est complexe : à la fois toujours prêt à faire de mauvaises farces aux dieux, et disponible pour leur venir en aide si besoin est.


Mais la dernière farce de Loki le condamnera : en manipulant le Dieu aveugle Höðr, il tue Baldr, le plus beau et le plus aimé de tous les Dieux. Puis il empêche sa résurrection. Cette fois, les Dieux sont vraiment fâchés. Ils condamnent Loki à être enchaîné à une pierre dans une grotte. Sur sa tête coule goutte par goutte de l’acide. À chaque goutte qu’il reçoit, Loki trésaille si violemment qu’il crée les tremblements de terre.

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Jehanne - dans Personnages Historiques
24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 14:08

Catherine de Sienne.

 

 

 

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Catherine, benjamine d'une famille très nombreuse (24 frères et sœurs) entend très jeune l'appel à se consacrer à Dieu. A seize ans, elle devient tertiaire dominicaine, tout en vivant sa vie d'austérité et de prière au milieu de sa famille. Elle fait vœu de virginité, mais le petit groupe des amis qui l'écoutent et la soutiennent (les Caterini) l'appelle "maman". Ascèse et oraison la font vivre en étroite union avec la Christ, tout en se préoccupant des réalités de la vie. Elle vient en aide aux pauvres et aux malades de Sienne, elle écrit aux grands de son temps. 


Son principal souci est l'unité de l'Église. Sans complexe, elle écrit au Pape, alors en Avignon, une lettre brûlante où elle le presse de revenir à Rome. Elle ira même le chercher. Lorsque la chrétienté occidentale sera divisée entre plusieurs papes, elle soutiendra Urbain VI et déploiera des trésors d'activité et de diplomatie pour rassembler l'Église autour de lui.


Elle prend aussi partie dans les luttes où s'affrontent les villes italiennes. Elle, la recluse de Sienne, voyage inlassablement comme médiatrice dans le nord de l'Italie et le sud de la France. Pourtant cette activité débordante n'est pas le tout de sainte Catherine. Ce n'est que la face apparente d'une intense vie mystique, avec des extases durant lesquelles ses disciples, émerveillés, copient les prières qui s'échappent de ses lèvres.


Son "Dialogue", qui est aussi un des classiques de la langue italienne, retrace ces entretiens enflammés avec le Christ, qu'elle rejoignit à 33 ans, dans la vision béatifique.
 
Elle a été proclamée docteur de l'Église en 1970.


Elle est co-patronne de l'Europe: "Elle entra avec un regard sûr et des paroles de feu dans le vif des problèmes sociaux et politiques qui ont déchiré l'Europe de son époque." (Jean Paul II 1999)


La figure et la personnalité de Sainte Catherine de Sienne au cœur de la catéchèse du Pape le 24 novembre 2010 à l'audience générale - Radio Vatican - Sainte Catherine de Sienne (1347 - 1380), déclarée Docteur de l'Église par Paul VI et co-patronne de l'Europe par Jean-Paul II. Devenue tertiaire dominicaine à seize ans, Catherine se consacra à la prière, à la pénitence et à la charité, en particulier au service des malades. Sa réputation de sainteté s'étant diffusée, a dit Benoît XVI, elle devint le conseiller spirituel d'une foule de personnes variées, puissants et artistes, gens du peuple et ecclésiastiques, "y compris Grégoire XI, qui résidait alors en Avignon, et qu'elle encouragea vivement à rentrer à Rome". Catherine voyagea beaucoup pour encourager la réforme de l'Église et la paix des peuples, diffusant sa doctrine par son Dialogue de la divine Providence (ou Livre de la doctrine divine), ses lettres et une récollection de prières.
Catherine de Sienne fut une grande mystique, dont on connaît la célèbre vision dans laquelle Marie la présenta à Jésus, et une autre où le Christ lui offrit une splendide bague en échange de son cœur. Au centre de sa religiosité, a souligné le Saint-Père, "il y avait le christocentrisme qui caractérise toute vraie spiritualité. Pour elle, le Christ était comme un époux... A l'exemple de Catherine, tout croyant doit s'unir au cœur de Jésus afin d'aimer Dieu et le prochain comme le Christ. Laissons-nous donc convertir afin que notre cœur apprenne à aimer le Christ, dans la prière familière, dans la méditation de la Parole, dans les sacrements et avant tout dans la communion... Autour de sa forte personnalité -a poursuivi Benoît XVI- une famille spirituelle s'est constituée, faite de personnes attirées par la grandeur morale de cette jeune femme... Ils furent nombreux à considérer un privilège d'être guidés spirituellement par celle qu'ils appelaient maman... Aujourd'hui encore, l'
Église tire grand bénéfice de la maternité spirituelle de tant de femmes, consacrées et laïques, qui alimentent dans les âmes la pensée de Dieu, renforcent la foi et élèvent le niveau de la vie chrétienne".
La spiritualité de la sainte de Sienne "se manifestait aussi par le don des larmes, signe d'une grande sensibilité et tendresse. Nombre de saints ont eu ce don, qui renouvelle l'émotion même de Jésus, pleurant sans se cacher devant le tombeau de l'ami Lazare et partageant la peine de Marthe et Marie... Consciente des manquements des prêtres, Catherine eut néanmoins toujours un grand respect pour qui dispense par les sacrements et la prédication la force salvifique du Christ. Elle invitait les prêtres et le Pape, qu'elle appelait le doux Christ sur terre, à être fidèles à leur responsabilités, dans un constant amour de l'
Église... Catherine de Sienne nous apprend encore aujourd'hui la science la plus sublime, qui est de connaître et d'aimer le Christ et son Église". (source: VIS 20101124 480)
Mémoire (en Europe fête) de sainte Catherine de Sienne, vierge et docteur de l’Église. Admise parmi les Sœurs de la Pénitence de Saint-Dominique, elle s’appliqua à connaître Dieu en elle, à se connaître en Dieu et à reproduire l’image du Christ crucifié. Avec force et inlassablement, elle lutta pour poursuivre la paix, ramener dans sa ville l’évêque de Rome et refaire l’unité de l’Église. Elle mourut à Rome en 1380, laissant de précieux documents de très haute doctrine spirituelle.

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Jehanne - dans Personnages Historiques
15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 21:08

Charles III le Simple.

 

 

 

 

 

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Né le 17 septembre 879, mort le 7 octobre 929.

 

Surnommé le Simple (pour son franc parler), fils posthume de Louis le Bègue et petit-fils de Charles le Chauve, il naquit le 17 septembre 879, et ne fut point appelé à partager le royaume de France, dont une partie fut divisée entre Louis III et Carloman, ses frères, tandis que l’autre partie était envahie par les grands de l’Etat.

Après la mort de Louis III et de Carloman, il semblait que Charles dût monter sur le trône ; mais les seigneurs alléguèrent sa jeunesse, jetèrent des doutes sur la légitimité de sa naissance, et disposèrent de la couronne en faveur de Charles le Gros, sous prétexte que la France, de toutes parts attaquée par les Normands, avait besoin d’un prince puissant pour la défendre. La France fut mal défendue, et Charles le Gros périt victime des factions qui l’avaient appelé.

 

Le seul moyen de chasser les Normands du royaume était de se presser autour du monarque légitime : mais ce moyen ne fut pas employé. Pour se faire une juste idée de la confusion qui régnait alors, il suffit de remarquer qu’il y avait un régent pour Charles le Simple, tandis que Charles le Gros gouvernait sous le titre de roi. Après la mort de Charles le Gros, arrivée au commencement de 888, Charles le Simple fut encore éloigné du trône à cause de son jeune âge. Eudes, comte de Paris, fut élu roi ; ce qui n’empêcha point de sacrer Charles le Simple le 29 janvier 893 : il touchait alors à sa quatorzième année.

 

La France eut donc deux monarques rivaux, quoique son territoire se trouvât beaucoup diminué par l’usurpation des seigneurs. Eudes étant mort le 3 janvier 898, Charles se trouva seul roi de France, mais avec si peu de pouvoir, qu’il fut réduit à donner a Rollon, chef des Normands, l’ancienne Neustrie en toute souveraineté, et sa fille Giselle en mariage ; Rollon demanda de plus le duché de Bretagne, et le roi y consentit, parce qu’il n’était ni assez puissant pour le refuser, ni assez maître de la Bretagne pour croire donner quelque chose.

 

Le désordre qui régnait en France s’était étendu sur toute l’Europe ; partout la féodalité s’armait contre le pouvoir royal ; partout les trônes étaient ou vacants, ou occupés à la fois par plusieurs souverains. Charles était parvenu à ressaisir la Lorraine, qui avait été séparée de la France. C’est le seul titre qu’il ait à sa gloire ; et cependant cette action glorieuse réveilla les factions, parce que les factions ne craignaient rien autant qu’un roi qui serait assez puissant pour se faire obéir ; aussi n’osa-t-il pas faire valoir les droits qu’il avait à la couronne impériale.

 

Charles connaissait sa faiblesse, et n’ignorait pas que les seigneurs étaient presque tous voués à Robert, frère d’Eudes, qui aspirait à la royauté. Ne voulant pas choisir un ministre parmi les grands, il donna toute sa confiance à Haganon, simple gentilhomme, qui avait toutes les qualités nécessaires pour gouverner et la France et son roi. Le seul tort de Charles fut de ne pas cacher assez l’ascendant qu’il avait accordé à son favori, ascendant tel, que, sans sa permission, personne n’approchait plus du monarque ; ce qui fit dire au duc de Saxe, choqué de n’avoir pu être présenté au roi : « Ou Haganon sera bientôt roi avec Charles, ou Charles ne sera bientôt plus qu’un simple gentilhomme avec Hagamon. »

 

En effet, Robert, profitant du mécontentement des seigneurs, sut les engager dans une assemblée tenue à Soissons, à déclarer qu’ils ne reconnaissaient plus Charles pour roi. Cette révolte prit bientôt les caractères d’une guerre civile, et Robert fut sacré en 922.

 

Il était dans la destinée de Charles le Simple de n’être jamais seul roi en France. Il ne perdit pas courage ; car, l’année suivante, il livra aux factieux une bataille dans laquelle il tua Robert de sa propre main ; mais les chefs de parti se reproduisent aisément dans les temps de discorde ; Hugues, fils de Robert, ranima le courage des soldats à la vue du cadavre de son père, et poussa si vivement Charles, qu’il l’obligea à prendre la fuite.

Ce prince chercha un asile près d’Herbert, comte de Vermandois, qu’il était autorisé à regarder comme le plus chaud de ses partisans. Herbert le tint prisonnier à Château-Thierry, puis à Péronne, et traita avec le parti opposé, d’autant plus à son avantage, qu’il lui suffisait, pour se faire craindre, de menacer de rendre la liberté à son roi ; ce qu’il fit en effet, mais pour peu de jours.

 

La couronne fut déférée à Raoul ou Rodolphe, duc de Bourgogne, qui fut sacré le 13 juillet 923, dans l’église de Saint-Médard de Soissons. Hugues le Grand, fils de Robert, eut la sagesse de résister au parti qui voulait le choisir pour roi. Charles le Simple ne cessa de vivre que le 7 octobre 929, dans la 50e année de son âge, la 37e de son règne, et la 7e de sa captivité. Il laissa de la reine Ogise, sa quatrième femme, un fils, que cette princesse emmena en Angleterre, et qui est connu sous le nom de Louis d’Outremer.

 

 

 

 

 

 

Source iconographique: histoire.fr

Source texte: encyclopédie universalis

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Jehanne - dans Personnages Historiques
29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 21:37

Guy de Lusignan (1129 - 1194).

 

 

 

 

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Guy de Lusignan est né en 1129 à Lusignan. Il est le fils du seigneur Hugues VIII de Lusignan (v.1110-v.1165) et de Bourgogne de Rançon ( morte en 1169). On ne sait que peu de choses sur le début de sa vie, excepté le fait qu'en 1163 il accompagne son père et ses frères en Terre Sainte, où il va vivre à la cour du roi Amaury de Jérusalem.

 

A la mort du roi, en 1174, son fils Baudouin IV lui succède. Cependant, étant trop jeune, un régent est mis en place : Millon de Plancy en 1174 puis Raymond III de Tripoli de 1174 à 1176, année de la majorité du roi. Mais, atteint de la lèpre depuis son jeune âge, il ne fait aucun doute qu'il ne vivra longtemps. Le problème de sa succession se pose donc dès son accession. C'est la raison pour laquelle, la même année, il marie sa sœur Sybille à Guillaume, fils du marquis Guillaume V de Montferrat. Malheureusement, il meurt trois mois plus tard de la malaria, laissant son épouse enceinte d'un fils, Baudouin (né en 1177).

 

En 1179 ou 1180, le roi remarie sa sœur à Guy de Lusignan, qui devient alors Comte de Jaffa et d'Ascalon. En 1183, devenu aveugle et paralysé, il abdique en faveur de son neveu, tout en gardant son titre de roi. Il confie d'abord le gouvernement à Guy mais, constatant son absence de sens politique, il lui ôte ses titres et nomme régent Raymond de Tripoli. La situation ne change pas lorsque le roi meurt deux ans plus tard. Guy ne devient réellement important qu'en 1186, quand son beau-fils, le jeune Baudouin V, décède à Acre. En effet, il destitue immédiatement le régent et, en septembre, se fait discrètement couronner avec son épouse par le patriarche Héraclius.

 

La situation du royaume est alors des plus graves. Si la courageuse lutte de Baudouin IV, vainqueur de plusieurs batailles contre Saladin, le sultan d'Egypte, a permis de sauver l'état croisé, Renaud de Châtillon, ancien prince d'Antioche, a plusieurs fois attaqué et pillé des caravanes, au détriment des trêves, ce qui a fortement dégradé le fragile équilibre entre les musulmans et les chrétiens. De plus, ayant appris le couronnement de Guy, Raymond, déçu et outré, a refusé de lui prêter hommage et a fait alliance avec le sultan, étant sûr de son soutien.

 

Fin 1186, Châtillon, reprenant ses pillages, attaque une caravane de Damas, s'empare du butin, et jette les voyageurs et les marchands en prison, rompant ainsi la trêve signée par le régent en 1185. Saladin demande immédiatement la restitution des biens à Guy. Mais ce dernier, faible et dénué d'autorité, ne parvient pas à faire plier le brigand. Le sultan mobilise alors ses troupes de Syrie et d'Egypte afin d'envahir le royaume. Faisant une nouvelle fois preuve de sa faiblesse politique, Guy, ne se rendant que peu compte du danger, ne pense alors plus qu'à aller attaquer Raymond, pour le forcer à combattre à ses côtés. Ses barons parviennent heureusement à empêcher une guerre intestine, qui n'aurait que facilité l'entreprise de Saladin.

 

En mai 1187, 150 templiers, dirigés par leur grand-maître, Gérard de Ridefort, sont défaits par plusieurs milliers de musulmans à Séphorie, près de Nazareth. Peu de temps après, les forces musulmanes, envahissant la Galilée, assiègent et prennent rapidement la basse ville de Tibériade, laissant encore la forteresse aux francs . Suite à ce désastre, Raymond décide de rejoindre Guy, afin de combattre ensemble l'immense armée qui envahit le royaume.

 

Ainsi, réunissant 2 000 chevaliers, dont 1 200 templiers et hospitaliers, 13 000 fantassins et 40 000 mercenaires musulmans, Guy, malgré les réticences de Raymond, se dirige vers l'armée de Saladin, composée de plus de 60 000 soldats. Souffrant de la chaleur, assoiffés et harcelés par les archers montés musulmans, les forces franques tentent, le 3 juillet, de rejoindre le point d'eau de Hattin, au nord-ouest du lac de Génésareth. Saladin, comprenant leur projet, leur coupe l'accès et les force à camper sur le sable et les pierres brûlantes, tout en continuant de les harceler. Raymond, depuis longtemps hostile aux plan d'attaque du roi, tente alors d'apaiser les esprits, maintenant qu'une attaque serait de la folie, et qu'une paix, même désavantageuse, serait meilleure. Mais Guy, suivant les mauvais conseils de Renaud de Châtillon et du grand-maître des templiers, rescapé de la bataille de Séphoris, choisit d'engager le combat. Le 4 juillet, alors que Saladin l'a déjà partiellement encerclé durant la nuit, il fonce tête baissée dans la mêlée, avec des troupes assoiffées et fatiguées. Raymond, comprenant vite que la bataille serait perdue, parvient à s'enfuir vers Séphorie avec le fils du prince d'Antioche, quelques barons et leurs chevaliers.

 

En effet, le sultan donne bientôt l'ordre d'incendier les herbes sèches pour affoler les chevaux francs : en peu de temps, toute la chevalerie de Terre Sainte, repoussée, est décimée. Il y a plus de 30 000 morts, la majorité du côté franc, et autant de blessés. Guy de Lusignan, ses frères Amaury, devenu connétable, et Geoffroy, Renaud de Châtillon, Gérard de Ridefort, Onfroy IV de Toron, mari d'Isabelle, la sœur de Sybille et de Baudouin IV, et Guillaume V de Montferrat parviennent à se réfugier dans la forteresse de Tibériade. Cependant, assiégés et sans espoir de secours, il se rendent le 5 juillet, contre la promesse d'épargner la population. Saladin les fait alors prisonniers et les emmène dans ses prisons de Damas, à l'exception de Renaud, de 300 templiers et des mercenaires musulmans, qu'il exécute sur place.

 

Les mois suivants sont terribles pour les chrétiens : en juillet, Saladin emporte Acre, Jaffa, Césarée et Sidon, puis, le 6 août, il prend Beyrouth, suivie de peu par Ascalon et Gaza, le 5 septembre. Enfin, le 20 septembre, il met le siège devant Jérusalem, défendue uniquement par 6 000 soldats. Le 2 octobre, après quelques négociations, les chevaliers chrétiens parviennent à négocier la reddition de la ville : ainsi, comme il l'avait déjà fait pour ceux d'Acre et d'Ascalon, Saladin laisse sortir les soldats francs, qu'il escorte jusqu'à Tyr, et épargne la population chrétienne. Il veut ainsi démontrer la supériorité des musulmans sur les chrétiens, qui, eux, n'avaient pas hésité à faire des massacres lors de la prise de Jérusalem, en 1099.

 

Poursuivant sa conquête du royaume franc, il assiège Tyr, défendue par Conrad de Montferrat, frère du défunt Guillaume, en novembre 1187. Mais, la ville étant considérablement renforcée par les milliers de soldats épargnés venus s'y réfugier, il lève rapidement le siège, après avoir perdu une partie de sa flotte. Puis, l'hiver approchant, il démobilise son armée, emportant encore Lattaquié, Tartous et Safed en rentrant en Syrie.

 

En 1188, il libère Guy de Lusignan, contre la promesse qu'il n'attaquera plus les musulmans. Mais ce dernier, à qui Conrad a refusé d'ouvrir les portes de Tyr, ignore bientôt sa parole, assiégeant Acre avec ce qu'il lui reste d'armées dès août 1189.

 

Pendant ce temps, le pape Grégoire VIII a lancé un appel à la croisade pour reconquérir le royaume de Jérusalem. Il a rapidement emporté l'adhésion des trois principaux souverains d'Europe occidentale : le roi Philippe II de France, le roi Richard Ier d'Angleterre et l'empereur germanique Frédéric Barberousse. Ce dernier, le premier parti, se noie en Asie Mineure le 10 juin 1190, après avoir pris Iconium aux turcs seldjoukides. Le gros de son armée se dissout rapidement et ce qu'il en reste, dirigé par le duc Léopold V d'Autriche, est vaincu dès son arrivée en Syrie.

 

Richard, tout comme Philippe, fait le voyage par la mer. Mais, tandis que le roi de France gagne Tyr sans problèmes, Richard est pris dans une tempête et se réfugie en Crète et à Rhodes. Gagnant ensuite Chypre, territoire byzantin dirigé par l'usurpateur Isaac Doukas Comnène, il est outré par l'accueil offert par les habitants et par le maître des lieux, qui n'hésite pas à insulter la sœur du roi et à faire piller un de ses navires. Demandant des dédommagements, il essuie un refus. Ainsi, en mars 1191, Richard entreprend la conquête de l'île, qu'il voit déjà comme un poste avancé pour la reconquête des Etats latins d'Orient.

 

Face à des soldats mal équipés, il n'a aucune difficulté à vaincre Comnène avec ses chevaliers en armure et ses archers longs. Attaquant le camp ennemi par surprise, il met Isaac en fuite, puis reçoit l'hommage des nobles chypriotes. Quelques jours plus tard, Guy et quelques uns de ses barons, dont le prince d'Antioche, viennent rencontrer Richard, laissant le soin de mener le siège d'Acre au roi de France. Isaac, s'avouant vaincu, envoie alors une ambassade, promettant de verser 20 000 marks d'or et d'envoyer des troupes en Terre Sainte. Il vient alors rendre hommage au roi mais s'enfuit peu après. Guy est chargé de poursuivre et de capturer celui qui s'intitulait « empereur de Chypre ». Il est capturé dans l'abbaye du cap Saint Andrea et sera emprisonné en Syrie jusqu'à son assassinat, en 1195.

 

Le roi part alors pour la Palestine mais, peu de temps après, les chypriotes se soulèvent et proclament empereur de Chypre un simple moine. Le lieutenant du roi, Robert de Tornham, sentant venir le danger à temps, défait alors rapidement les insurgés, capture leur chef et le fait pendre. Apprenant cela, Richard se rend compte qu'il va être difficile de tenir l'île une fois la croisade finie. C'est pourquoi, toujours en 1191, il la vend aux Templiers pour la somme de 100 000 besants. Cependant, confrontés à une rébellion des habitants le 5 avril 1192, les Templiers en massacrent un grand nombre à Nicosie mais réalisent qu'ils ne peuvent tenir l'île. C'est pourquoi, cette même année, ils la rendront à Richard.

 

Pendant ce temps, en Palestine, Philippe avait fait alliance avec Conrad de Montferrat, qui convoitait la couronne de Jérusalem. En effet, depuis la mort de Sybille, en 1190, sa sœur Isabelle et son mari contestent la légitimité du titre porté par Guy, plongeant ainsi ce qu'il reste du pauvre royaume dans des luttes intestines. Richard arrive peu de temps après et, aidé du reste des forces allemandes et du roi de France, il prend Acre le 12 juillet 1191. Ne parvenant pas à s'entendre, les trois chefs chrétiens entrent bientôt en désaccord et, lassés de ces luttes, Léopold V d'Autriche et Philippe II repartent pour l'Europe, laissant Richard seul à la tête des armées croisées.

 

Début 1192, il parvient à trouver un terrain d'entente entre Guy de Lusignan et Conrad de Montferrat : Guy renonce officiellement à la couronne de Jérusalem en échange de Chypre, qu'il achète au roi, et Conrad reçoit la couronne tant convoitée. Ceci fait, Richard, ayant pris Jaffa mais ne parvenant pas à s'emparer de la Ville Sainte, signe un traité de paix le 2 septembre 1192 avec Saladin. Il quitte ensuite à son tour la Terre Sainte pour regagner son royaume.

 

Quand il arrive à Chypre avec ses trois cent chevaliers et leurs deux cents écuyers, Guy trouve un pays ravagé par la tyrannie d'Isaac, la conquête de Richard et les massacres des Templiers. Son premier objectif est donc de le reconstruire et, surtout, de le réorganiser. Tout d'abord, il offre à tous les hommes qui l'ont suivi, pour leur grande majorité des anciens nobles du royaume de Jérusalem dépossédés par la conquête de Saladin, de nouvelles terres héréditaires. Ainsi, il redistribue les domaines confisqués par Isaac en échange d'un serment de vassalité, comme il est de coutume dans la féodalité.

 

Comprenant également qu'il est nécessaire de gagner rapidement la sympathie de ses sujets, Guy fait de son mieux pour remédier à la dépopulation dont a souffert l'île les dernières décennies. Pour cela, il lance un appel aux anciens chypriotes exilés et leur promet de rendre les domaines qui leur ont été confisqués. Il fait également appel à des colons venus de Syrie et des zones environnantes.

 

Guy recompose ainsi la noblesse de l'île, à présent composée de 300 chevaliers et de 200 châtelains, assistés de nombreux paysans. D'autres habitants, marchands, citoyens et artisans, viennent bientôt rejoindre le nouveau royaume. Seule sa paysannerie demeure inchangée et peut alors se diviser en cinq classes : les Parici, les plus nombreux et les plus pauvres, obligés de rester sur les terres de leur seigneur et n'ayant aucun droits ; les Perpiriarii, moins nombreux, attachés à leur terre mais libres ; les Lefteri, des Parici émancipés et libres après un paiement ou par la bonne volonté de leur seigneur ; les Albanais, des descendants de soldats venus d'Albanie pour défendre l'île ayant un salaire mais aucune valeur militaire ; les Vénitiens, descendants de soldats croisés menés par le doge de Venise qui se sont établis à Chypre en 1123, devant verser une somme d'argent à leur seigneur mais relevant légalement d'un noble vénitien résidant à Nicosie avec le titre de consul.

 

Guy met également en place une sorte de constitution, modelée sur celle du royaume de Jérusalem. Le royaume de Chypre devient officiellement une monarchie limitée, où les pouvoirs royaux se limitent théoriquement à la direction militaire. Malgré cela, Guy n'a toujours été que seigneur de Chypre ou roi en Chypre et non pas roi de Chypre puisque le titre royal ne sera accordé qu'en 1195, à son frère Amaury.

 

Cette constitution met en place deux cours : la Haute-Cour et la Cour des Citoyens. La première, présidée par le roi et composée de la noblesse, des propriétaires de fiefs et des ministres civils du royaume, traite les affaires d'Etat importantes. Sans son consentement, aucune loi ne peut être décrétée. Quant à la seconde, elle prend en charge les affaires impliquant directement les citoyens de l'île et est présidée par un fonctionnaire appelé vicomte. Il s'agit en réalité d'un simple tribunal, qui n'a donc aucune puissance législative réelle.

 

Quant aux anciennes coutumes locales, elles demeurent la plupart du temps en place, à condition qu'elles ne soient pas opposées à la loi féodale. Ce système, nouveau pour les chypriotes, est donc similaire à celui des cours occidentales du Moyen-Age.

 

Guy de Lusignan meurt sans descendance en 1194, laissant le royaume de Chypre à son frère Amaury. Malgré son absence de sens politiques et militaires, il ne s'en est pas moins montré comme un brillant administrateur, fondant l'organisation d'un royaume qui subsistera trois siècles.

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Jehanne - dans Personnages Historiques
26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 00:13

Balian d'Ibelin.

 

 

 

 

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Balian d'Ibelin (mort en 1193) était le troisième fils de Balian d'Ibelin, seigneur d'Ibelin et de Rama, et d'Helvis de Rama. Ses frères aînés étaient Hugues et Baudouin. Son père est monté du statut de guerrier au service d'un seigneur à seigneur, en épousant Helvis, héritière de Rama.

 

Baudouin et Balian soutinrent Raymond III de Tripoli contre Miles de Plancy pour la régence pendant la minorité de Baudouin IV, et en 1177 les frères combattirent à la Bataille de Montgisard (ou Mont Gisard).

 

Balian était le type même du "chevalier courtois" si l'on en croit l'historien René Grousset.

 

En 1177, il épousa en secondes noces Marie Comnène, petite-nièce de l'empereur byzantin Manuel Comnène et reçut la seigneurie de Naplouse, qui avait été le douaire de Marie. C'était la deuxième épouse du défunt roi de Jérusalem Amaury Ier et donc la belle-mère de Baudouin IV et de Sibylle de Lusignan.

 

En 1183, il soutint Raimond III de Tripoli contre Guy de Lusignan, époux de Sibylle de Jérusalem, pour la régence durant la maladie de Baudouin IV.

 

Il fut parmi les barons qui conseillèrent le couronnement de Baudouin V du vivant de Baudouin IV, afin d'empêcher que Guy de Lusignan ne succède au roi. Baudouin V devint roi encore enfant en 1185, mais mourut l'année suivante, et Raymond choisi comme successeur Onfroy IV de Toron, qui refusa la couronne en faveur de Guy. Balian prêta hommage à Guy de Lusignan à contrecoeur, tandis que son frère refusa de le faire et s'exila à Antioche.

Balian réussit à s'échapper après le désastre d'Hattin en 1187. Avec la reine Sibylle et le patriarche Héraclius, il organisa la défense de Jérusalem assiégé par Saladin.

 

Il ne put cependant défendre la ville, par manque d'hommes, de vivres et de matériels et obtint de Saladin la vie sauve des habitants. Ibelin, Naplouse, Rama et toutes les autres terres de Balian furent conquises par Saladin, mais Balian et sa famille furent autorisé à vivre à Tripoli. Balian commença par soutenir d'abord Guy de Lusignan dans sa lutte contre Conrad de Montferrat pour le royaume, puis ensuite négocia avec Marie le mariage de sa belle-fille Isabelle de Jérusalem avec Conrad, lui apportant une légitimité dans ses prétentions au trône. Après la mort de Conrad et le remariage d'Isabelle avec Henri II de Champagne, Balian fut un des conseillers d'Henri et aida Richard Coeur de Lion à négocier un traité de paix avec Saladin, mettant fin à la troisième croisade. Ibelin resta sous le contrôle de Saladin, mais Richard accorda en compensation à Balian la seigneurie de Caymont. Il mourut en 1193.

 

Il avait épousé en 1177 Marie Comnène (1154-1217), veuve d'Amaury Ier, roi de Jérusalem, et eut:

  • Jean d'Ibelin (mort en 1236), seigneur de Beyrouth et d'Arsur, connétable et bailli du royaume de Jérusalem, et bailli de Chypre.
  • Philippe d'Ibelin (mort en 1227), régent de Chypre
  • Helvis d'Ibelin (mort en 1216), mariée à Guy de Montfort, seigneur de Castres
  • Marguerite d'Ibelin, mariée à Hugues II de Saint-Omer († 1204), prince de Galilée, puis à Gautier III de Brisebarre († 1229), seigneur de Césarée

 

 

Dans le film "Kingdom of Heaven", Balian, incarné par Orlando Bloom, est un orphelin bâtard qui part en croisade après le suicide de sa femme et qui retrouve alors son père. Le vrai Balian est né et a grandi en Orient, succédant à son père, mort bien plus  tôt en 1170 Dans le film, Balian est veuf et sans enfant alors que le véritable Balian avait alors un frère, une épouse et 4 enfants (Jean, Philippe, Helvis et Marguerite).


Le véritable Balian a combattu à Hattin avec son frère avant de défendre Jérusalem.


L’histoire d’amour avec Sibylle est évidemment inventée.

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Jehanne - dans Personnages Historiques
25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 23:52

Sibylle de Jérusalem (1159 - 1190).

 

 


 

 

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Fille d'Amaury 1er de Jérusalem et d'Agnès de Courtenay. Elle était la sœur de Baudouin IV le lépreux.

 

Son oncle Baudouin III meurt en 1161, mais les barons du royaume demandent à son frère Amaury de se séparer d’Agnès de Courtenay, qu’ils jugent trop volage et intrigante, s’il tient à devenir roi. Une parenté opportune est mis au jour et permet la séparation des époux, tout en reconnaissant la légitimité de leurs 2 enfants, Baudouin et Sibylle. Amaury se remarie avec Marie Comnène qui donne naissance à une fille, Isabelle.

 

Très tôt, la lèpre de Baudouin est détectée, et il ne fait aucun doute que Sibylle doit être appelée à régner sur le trône de Jérusalem. Aussi la question de son mariage devient particulièrement une affaire d’état. Amaury 1er songea d’abord à Étienne 1er, comte de Sancerre et lui envoya en 1171 l’archevêque Frédéric de Tyr en ambassade. Le comte vient en Terre Sainte, mais à peine débarqué, change d’avis, se contente d’effectuer sa quarantaine et repart vers Constantinople.

 

Amaury meurt le 11 juillet 1174 et son fils Baudouin IV le lépreux lui succède. Agnès de Courtenay profite de la mort d’Amaury pour revenir à la cour et y exercer son influence. La question de la succession du royaume se pose avec plus d’acuité, car on sait que les jours du roi sont comptés.

 

Le choix du roi et de ses conseillers se porte sur la personne de Guillaume Longue Epée, fils aîné du marquis Guillaume V de Montferrat. Contacté en 1175, il débarque à Sidon au début du mois d’octobre 1176, épouse immédiatement Sibylle et reçoit le comté de Jaffa et d’Ascalon. Mais il contracte au bout de quelques mois une maladie et meurt à Ascalon en juin 1177. Enceinte, Sibylle donne naissance à un fils posthume, Baudouin, à la fin de l’été 1177.

 

Vers 1178, Philippe d’Alsace, comte de Flandre, qui est venu combattre en Terre Sainte, propose de la marier à un de ses chevaliers, le fils de Robert V de Béthune, mais la mésentente entre Baudouin et Philippe ne permet pas à ce projet d’aboutir.

 

Le 5 juin 1179, Josse, évêque d’Acre est envoyé en ambassade auprès du duc Hugues III de Bourgogne, pour lui proposer la main de Sibylle et la succession du royaume, mais si ce dernier accepte, il tarde à rejoindre la Terre Sainte. Entre temps, Sibylle s’éprend de Baudouin d’Ibelin, seigneur de Ramla, lequel est malheureusement capturé par Saladin le 10 juin 1179. Sibylle lui écrit en lui demandant de payer sa rançon au plus vite pour l’épouser, Baudouin, libéré sur parole part à Constantinople pour demander la somme au riche et généreux empereur Manuel Comnène, mais quand il débarque à Acre, c’est pour voir Sibylle promise à Guy de Lusignan.

 

En effet, Amaury de Lusignan, cadet poitevin qui s’était installé en Terre Sainte et qui avait épousé la fille de Baudouin d’Ibelin, cherchait à obtenir de l’importance au sein du royaume. Ayant obtenu la faveur d’Agnès de Courtenay, la reine mère, il devient connétable du royaume. Puis il se met en tête de marier Sibylle avec son frère Guy, pensant ensuite le contrôler et diriger le royaume. Il vante tellement les qualités de son frère auprès de Sibylle que celle-ci oublie Baudouin et accepte d’épouser Guy. Baudouin IV, cédant aux sollicitations pressantes de sa mère et de sa sœur, finit par consentir au mariage. Guy arrive en Terre Sainte à la fin de 1179, épouse Sibylle en avril 1180 et reçoit à cette occasion le comté de Jaffa et d’Ascalon.

 

Guy de Lusignan ne tarde pas à montrer sa médiocrité, et Baudouin IV décide d’associer au trône Baudouinet, le fils du premier mariage de Sibylle, et en fait son héritier. Baudouin IV le lépreux meurt le 16 mars 1185, Baudouinet, âgé de 8 ans, lui succède sous le nom de Baudouin V, sous la régence de Raymond III, comte de Tripoli. Mais le jeune roi meurt à son tour en septembre 1186.

 

Josselin III de Courtenay, oncle de Sibylle, incite Raymond III à rejoindre les barons de son parti à Tibériade et à y attendre la convocation de l’assemblée des barons, chargé de décider de la succession. A l’issue de l’enterrement de Baudouin V et profitant de l’absence de Raymond, elle se fait couronner reine, le patriarche Héraclius, pourtant partisan de Lusignan mais craignant le mécontentement populaire n’ose pas couronner Guy en même temps. C’est Sibylle qui insiste pour que Guy soit couronné.Mais tout n’est pas encore joué sans l’assentiment de l’assemblée des barons. Désigné comme régent par Baudouin le Lépreux, Raymond III peut faire acte de candidature, mais conscient que cela diviserait le royaume, il se retire et propose la candidature d’Isabelle, demi-sœur de Sibylle, et de son mari Onfroy IV de Toron, mais ce dernier se désiste.

 

Contrairement à ses prédécesseurs, Guy de Lusignan, dépourvu de tout bon sens politique, soutient les exactions et les provocations de Renaud de Châtillon, au lieu de les réprimer. Saladin décide alors d’y mettre fin et attaque le royaume de Jérusalem. Guy de Lusignan, à la tête de l’ost francs se porte à sa rencontre, mais son armée, mal dirigée, est écrasée le 4 juillet 1187 à Hattin et le roi est capturé. A Jérusalem, Balian d’Ibelin organise un conseil de défense, mais la reine Sibylle n’y participe pas. Elle décide même de rejoindre son mari, toujours prisonnier, à Naplouse avant le début du siège de Jérusalem.

 

Saladin lui permet ensuite de se retirer en 1188 à Tripoli et libère Guy de Lusignan au cours de l’été 1188. Sibylle rejoint ensuite son mari qui assiège Saint-Jean-d’Acre, mais meurt durant le siège, en octobre 1190.

 

 

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Jehanne - dans Personnages Historiques
12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 11:40

Radegonde.

 

 

 

 

 

 

 

 

Radegonde née vers 518, fille du roi de Thuringe, Berthaire, sa famille fut massacrée en 531 par un fils de Clovis, Clotaire, qui la fit prisonnière, alors qu'elle n'avait guère plus de 12 ans. Elle fut emmenée comme captive à la villa royale d'Athies, où elle reçut une bonne éducation. En 538, Clotaire devenu veuf décide d'épouser Radegonde à Vitry en Artois. Elle s'enfuit, mais rattrapée, le mariage a lieu à Soissons.


Très pieuse, elle se consacra à accueillir les pauvres, soigner les malades, consoler les affligés, elle fut une reine aimée de ses sujets. Radegonde avait un frère plus jeune qui partageait sa captivité. Il fut assassiné sur l'ordre de Clotaire, pour haute trahison, il était soupçonné d'entretenir des relations trop étroites avec Constantinople. A partir de ce moment la reine Radegonde refusa la vie commune avec Clotaire.


Depuis longtemps attirée par une vie de prière et d'austérité, elle rechercha refuge auprès de Saint Médard, évêque de Noyon, et lui demande de lui donner l'habit religieux ; devant son hésitation elle le menace : " Si tu tardes à me consacrer et que tu craignes un homme plus que Dieu, le Pasteur te demandera compte de l'âme de ta brebis ". Elle obtint de se retirer à Poitiers où elle fonda, entre 552 et 557, un monastère qui allait prendre, plus tard, le nom de Sainte-Croix, lorsqu'elle recevra de l'empereur de Byzance une relique de la vraie Croix ; c'est à l'occasion de l'arrivée de cette relique de la Croix que le poète Saint Fortunat compose le Vexilla Regis et le Pange Lingua. Par humilité, elle refusa d'assumer officiellement la direction du monastère. Sur sa proposition, la communauté élit comme Abbesse Agnès, et Radegonde se soumit à son autorité.


Craignant pour le devenir du monastère, elle va chercher à Arles la Règle rédigée par saint Césaire (qui restera en vigueur dans les abbayes de femmes pendant deux siècles, jusqu'à ce que celle de saint Benoît la supplante), elle obtient également la signature de sept évêques, dont Germain de Paris, pour garantir ce que l'on appellera plus tard l'exemption de son monastère.


Bien qu'ayant renoncé à toutes les richesses, à toutes les facilités de la vie et à son titre de reine pour ne s'attacher qu'au Christ, elle continuait à intervenir, de l'intérieur du monastère, auprès des princes qui se déchiraient, pour arrêter ou éviter les conflits. Même retirée du monde, Radegonde garda une grande autorité dans tout le royaume jusqu'à la fin de sa vie. Elle meurt en 587 à Poitiers, l'église Sainte Radegonde abrite son tombeau.

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Jehanne - dans Personnages Historiques
25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 10:58
L'Ordre de l'Hôpital.




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L'Ordre de l'Hôpital St Jean de Jérusalem, plus connu sous le nom d'Ordre de Malte, fut fondé en Palestine, en 1113 par Gérard Tenque. Ils desservent des hospices pour les pèlerins, appelés Hopitot, ils y soignent aussi les gens malades ou blessés. Les hospitaliers ne devinrent un ordre militaire que vers 1140, sans toutefois perdre leur rôle hospitalier et se battent comme les Templiers (L'ordre des Hospitaliers se garda d'intervenir au procès du Temple 1307-1314). Portant la croix blanche sur leur manteau noir, les Hospitaliers luttent sans merci contre les sarrasins, et défendent le territoire chrétien depuis d'inexpugnables forteresses, comme le Krak des Chevaliers en Syrie. Chassés de Terre Sainte par la victoire musulmane par la prise de Saint-Jean-d'Acre en Syrie en 1291, ils se réfugient à Chypre en 1291, Rhodes en 1302 puis Malte qui donna son nom à l'ordre.

Après la prise de Rhodes en 1522 par la puissante armée, forte de 300 000 hommes, du sultan Soliman le Magnifique, qui informé par l'un des assiégés de la situation désespérée dans la citadelle, repris l'assaut jusque là infructueux alors qu'il était en train de lever le siège qui durait depuis six mois , le grand maître des hospitaliers, chassés de l'île le 1er janvier 1523, Villiers de L'Isle-Adam, demanda au pape Clément VII un nouvel asile pour l'ordre et, en 1530, Charles Quint leur céda l'île de Malte en toute souveraineté à la condition de poursuivre leur mission en repoussant les Turcs.



Ils prirent alors le nom de "chevaliers de Malte"

Issus de l'ordre des Hospitaliers-de-Saint-Jean-de-Jérusalem à partir de 1530, les chevaliers de Malte organisèrent la défense de l'archipel de Malte en édifiant plusieurs fortifications (fort Saint-Ange, fort Saint-Elme, fort Saint-Michel, etc.) afin de lutter contre les Turcs. Tous ses membres, des nobles de naissance en général, étaient revêtus d'une cape noire ornée d'une croix blanche.


En 1530 aussi, à la suite de la Réforme, l'Ordre se scinde en deux branches : la branche catholique qui prend le nom d'ORDRE DE MALTE et la branche protestante qui conserve le nom d'ORDRE DE SAINT-JEAN. Les deux ordres adoptent comme emblème la Croix de Saint Jean blanche à huit pointes qui rappelle les huit béatitudes du Sermon sur la Montagne (Mathieu V).



Paradoxalement, cet emblème ressemble à l'étoile du compost alchimique au sortir du Premier Oeuvre !

Aujourd'hui les deux branches de l'Ordre restent en relation à l'intérieur de la communauté chrétienne, comme en témoigne la réunion solennelle tenue tous les cinq ans entre l'Ordre de Malte et les différentes composantes de l'Ordre de Saint-Jean réunis dans l'Alliance des Ordres de Saint-Jean.


Sous le règne du grand maître de l'ordre, Jean Parisot de La Valette, les Maltais résistèrent au Grand Siège des Turcs de 1565. C'est l'année suivante, en 1566, que La Valette, la capitale de l'archipel, fut fondée. Dans les années qui suivent l'héroïque défense de Malte, l'ordre atteint l'apogée de sa gloire; dans toute la chrétienté, les nobles cherchent à en grossir les rangs.


Par la suite, les chevaliers de Malte continuèrent leurs luttes contre les Turcs en s'illustrant notamment à la célèbre victoire de Lépante en Grèce (1571) où la flotte chrétienne de la Sainte Ligue (Espagne, Venise, Saint-Siège et chevaliers de Malte) mit en déroute la flotte turque d'Ali Pacha, celui-ci étant jusqu'alors réputé invincible. Les chevaliers de Malte réussirent à maintenir leur ordre militaire dans une relative indépendance; ils possédaient non seulement leur propre armée et leur marine de guerre, mais ils frappaient monnaie, concédaient des prêts à faible taux d'intérêt, ouvraient des banques et envoyaient des représentants diplomatiques dans toutes les cours d'Europe. En réalité, grâce aux chevaliers, les îles de Malte formèrent un petit État souverain qui, de 1530 à 1798, rendit les plus grands services à la chrétienté et fut la terreur des pirates musulmans.


Au cours des siècles, l'esprit des chevaliers de l'ordre de Malte s'altéra et les chevaliers commencèrent à occuper leur temps pour satisfaire uniquement leurs propres intérêts. D'une part, les guerres contre les Ottomans avaient fini par s'atténuer au point où les chevaliers tissèrent même des liens d'amitié avec les Turcs et autres musulmans; d'autre part, le pape n'avait plus besoin de faire appel régulièrement aux services de ces chevaliers.


En 1798, le 71e et dernier grand maître des chevaliers de l'ordre de Malte sur l'île, l'Allemand Ferdinand von Hompesch, se rendit au général Bonaparte après une résistance symbolique. En 1802, les "chevaliers au blanc manteau" et à la croix de Malte furent expulsés par les Britanniques. Aujourd'hui, l'ordre de Malte continue d'être reconnu par l'Église catholique de Rome, mais il ne s'agit plus que d'un ordre de chevalerie ecclésiastique et strictement honorifique.


Lors de la bataille dite de Waterloo, le 21 juin 1815. Les cavaliers de la division du 6ième corps (détachée du corps de Vandamme 3ème,1 100 hommes.), commandé par le général français Jean-Siméon Domon, hussard avant tout, qui s'était illustré à la bataille du mont Thabor (16 avril 1799), furent soignés à la ferme de Mont-Saint-Jean, vaste quadrilatère en briques chaulées, pierres blanches et bleues, qui appartenait à l'Ordre du Temple depuis 1230, avant d'être reconstruite par l'Ordre de Malte en 1778 et transformée en hôpital militaire suite aux sanglants combat du 18 au 21 juin 1815.


En 1998, le gouvernement maltais a autorisé l'ordre de Malte à reprendre possession du fort Saint-Ange de La Valette, mais l'ordre est resté essentiellement hospitalier; il soigne et vient en aide aux démunis. Par ailleurs, l'actuelle société de l'Ambulance Saint-Jean, arborant la croix de Malte comme logo, provient directement de cet ordre de chevalerie; il en est ainsi pour les Chevaliers de Colomb.
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Jehanne - dans Personnages Historiques

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