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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 08:51
Henri VI.




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Henri VI d'Angleterre (6 décembre 1421 – 27 mai 1471), duc de Cornouailles, fut roi d'Angleterre de 1422 à 1461, puis de 1470 à 1471.

Il était le seul enfant du roi Henri V d'Angleterre. Sa mère était Catherine de Valois.

Il devient roi le 1er septembre 1422, à l'âge de neuf mois. Sa mère, parce que Française, est immédiatement séparée de son enfant par les régents. Elle doit vivre recluse, mais elle épouse, en secret, Owen Tudor, et ils ont plusieurs fils. (L'aîné, Edmond, sera le père du roi Henri VII. Henri VI le fait comte de Richmond.)

Il est sacré roi de France à Notre-Dame de Paris le 16 décembre 1431, à l'âge de dix ans. Cependant, en application de la loi salique, ses droits sur le Trône de France sont révoqués. L'adage "Nemo ad alium transfere potest quam ipse habet" (on ne peut transmettre plus de droits que l'on en possède) implique que sa mère, Catherine de Valois, fille de Charles VI de France, ne pouvait lui transmettre des droits à la succession de la Couronne, puisqu'elle-même n'en possédait pas. Charles VII est donc rétabli sur le Trône.

Henri, pieux et paisible, n'est pas le meilleur roi pendant une période de guerre avec la France. Il épouse Marguerite d'Anjou (1430-1482) fille de René Ier, duc d'Anjou, et d'Isabelle Ire de Lorraine, qui lui donne un fils, Édouard (1453-1471), prince de Galles, qui épouse en 1470 Anne de Neville (1456-1485)

Petit-fils du roi de France Charles VI le Fou par sa mère Catherine de Valois, il souffre lui aussi d'accès de démence (notamment à partir de 1453) et sombre complètement dans la folie suite à son premier emprisonnement à la Tour de Londres en 1465.

Henri est déposé le 4 mars 1461, par Édouard IV. Restauré sur le trône le 30 octobre 1470, il est à nouveau déposé le 11 avril 1471. Il est mis à mort, en secret, à la Tour de Londres.






Source wikipédia.

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Jehanne - dans Personnages Historiques
1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 09:03
Isabeau de Bavière.
Reine de France (Munich, 1371 — Paris, 1435).




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 Le mariage d'Isabeau de Bavière avec Charles VI, le 17 juillet 1385, est le résultat des calculs politiques du frère de Charles V, Philippe III le Hardi, qui avait reçu la Bourgogne en apanage. En effet, Philippe le Hardi cherchait des alliances en Allemagne et Isabeau était la fille du duc de Bavière, Étienne II de Wittelsbach, et de Tadea Visconti.



Une régente impopulaire.


Rien ne destinait cette jeune princesse, capricieuse et sensuelle, avide de plaisirs, à jouer un rôle important. La folie du roi, qui se déclare en 1392, en fera pourtant la régente du royaume. Elle se trouva alors au centre de toutes les querelles et intrigues inexpiables qui culminèrent avec la guerre civile des Armagnacs et des Bourguignons.
L'histoire n'a retenu que ses vices, sa cupidité, ses trahisons, ses crimes. Dans son Histoire secrète d'Isabeau de Bavière, le marquis de Sade a vu en elle une incarnation du vice et le portrait qu'il donne d'elle s'est imposé à tous. Piètre politique, elle ne fut guère à la hauteur de la situation et laissa les parents du roi, oncles, frère, cousin, se disputer le pouvoir, soutenant d'abord le duc de Bourgogne puis le duc d'Orléans.
Un fil conducteur guida tous ses choix: trouver de l'argent pour ses fêtes et pensionner son avide et encombrante famille. Devenue très vite impopulaire, elle fut particulièrement visée par l'émeute cabochienne de 1413 (l'écorcheur parisien Simon Lecoustellier, dit Caboche, soutenait les Bourguignons contre les Armagnacs).



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L'instigatrice de la double monarchie.

Pourtant, consciente de représenter le pouvoir légitime, Isabeau chercha avec son  fils, le dauphin Louis (qui meurt en 1415), à unir les deux factions ennemies, mais elle échoua. Exilée à Tours par les Armagnacs, elle se lia alors avec le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, qui la délivra. À la fin de 1417, elle organisa à Troyes un gouvernement étroitement contrôlé par les Bourguignons. C'est alors qu'on lui reprocha deux «crimes» majeurs. Tout d'abord, le traité de Troyes conclu en 1420 par elle et le duc de Bourgogne, Philippe le Bon (Jean sans Peur meurt en 1419), avec le roi d'Angleterre, Henri V, traité qui donnait la France à l'Angleterre. Elle avait essayé de négocier avec Henri V sur des bases différentes de celles du duc de Bourgogne, mais en vain; elle se résigna donc à la solution de ce dernier, qui instaurait le principe d'une double monarchie, française et anglaise, au profit du roi d'Angleterre. L'unique enfant survivant de Charles VI et d'Isabeau (le futur Charles VII), qualifié de «soi-disant dauphin», était déshérité. Ce fut le second «crime».
Charles VI mort (1422), la double monarchie était en place. Henri VI, fils d'Henri V, était reconnu héritier légitime du roi de France. Isabeau, retirée dans l'hôtel Saint-Pol, mourut dans le mépris général.




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Jehanne - dans Personnages Historiques
27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 09:19
Jean sans peur.




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Jean Ier de Bourgogne, dit Jean sans Peur , duc de Bourgogne, comte de Flandre, d'Artois et de Charolais, comte palatin de Bourgogne, seigneur de Mâcon, Châlons et autres lieux (28 mai 1371 à Dijon- 10 septembre1419 à Montereau-Fault-Yonne), fut près de reconstituer l'ancienne Lotharingie ; mais faute de savoir s'imposer aux Anglais, ce prince réformiste ne parvint pas à contrer la réaction du parti armagnac. Il perdit finalement Paris et trouva la mort lors d'une entrevue avec son rival Charles VII de France.


Il naît le 28 mai 1371 au palais des ducs de Bourgogne à Dijon. Il est le fils aîné du duc Philippe II de Bourgogne (dit Philippe le Hardi) et de la duchesse et comtesse Marguerite III de Flandre.
Il est le frère d'Antoine de Bourgogne, duc de Brabant et de Limbourg, et aussi comte de Rethel.
Il est d'abord comte de Nevers en 1384, comté qu'il abandonne en 1404 à son frère Philippe.

Il épouse, le 12 avril 1385 à Cambrai, Marguerite de Bavière, fille d'Albert Ier, comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande dont il a un fils et sept filles :

  • Philippe le Bon, son successeur qui épouse en 1409 Michelle de Valois, fille du roi Charles VI de France puis en secondes noces Bonne d'Artois, et en troisièmes noces Isabelle de Portugal, mère de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne;
  • Marguerite de Bourgogne (1393-1441), comtesse de Gien et de Montargis, épouse 1°) en 1409 le duc Louis de Guyenne, fils du roi Charles VI et d'Isabeau de Bavière puis, 2°) en 1423 Arthur, comte officieux de Richmond, puis duc de Bretagne, connétable de France;
  • Catherine est fiancée à Philippe d'Orléans (1396-1420), à Louis III d'Anjou et enfin au futur Henri V d'Angleterre elle épousera Louis III d'Anjou, duc de Guise);
  • Marie épouse en 1406 Adolphe IV de La Marck, duc de Clèves;
  • Isabelle épouse en 1406 à Olivier de Châtillon, comte de Penthièvre;
  • Anne de Bourgogne épouse en 1423, Jean de Lancastre, duc de Bedford.
  • Agnès épouse en 1425 à Charles Ier dont Isabelle qui épouse son cousin le duc Charles le Téméraire de Bourgogne, et Louis de Bourbon, comte de Clermont-en-Beauvaisis, puis duc de Bourbon.
  • Jeanne;
  • Jean VI, évêque de Cambrai (fils batard.

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Il participe à la croisade entreprise par Sigismond de Hongrie contre les Turcs, se bat vaillamment et est pris lors de la défaite de la bataille de Nicopolis le 25 septembre 1396.Son père, Philippe emprunta pour payer sa rançon 200 000 florins à son conseiller Dino Rapondi,un banquier de Lucques .

Revenu en France en 1398, il succède à son père à la mort de celui-ci en 1404 devient duc de Bourgogne et à la mort de sa mère en 1405, comte de Flandre, d'Artois et de comte de Bourgogne. À trente-trois ans, c'est alors un homme mûr, expérimenté et considéré.

Le duc Jean est réformateur par goût de la saine gestion administrative autant que par opportunité, car le jeune frère du roi Charles VI de France, le duc d'Orléans Louis de France met maintenant la main sur le conseil royal et sur les ressources du Trésor : la part de l'argent royal dans les ressources du duc de Bourgogne diminue de moitié. Et Jean sans Peur n'est plus que le cousin du roi, alors que son père avait été l'un des oncles au gouvernement. Il manie donc avec habileté la démagogie, acquiert des sympathies dans la bourgeoisie parisienne et fait cause commune avec les idéalistes de l'université de Paris, toujours prêts à mêler la réforme de l'Église, comme solution du Schisme, et la réforme du royaume, comme chemin vers la vertu politique.

Dans ses principautés, il sait modérer ses ambitions, en sorte que la construction de l'État bourguignon progresse sûrement : il unifie la comté de Bourgogne en y intégrant l'Archevêché de Besançon, lien entre Bourgogne et Pays-Bas bourguignons, établit dans la principauté de Liège un prince-évêque complaisant. Il annexe Tonnerre, Boulogne et la Picardie...

Pour ne pas être évincé du pouvoir dans le royaume, il menace Paris en 1405, puis fait assassiner Louis d'Orléans en 1407. Les autres grands du royaume se liguent contre lui autour de Bernard VII d'Armagnac. Le pays sombre dans la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons.




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Il soutient le mouvement réformateur qui se manifeste lors des états généraux de 1413, se trouve par là impliqué dans l'insurrection cabochienne et s'aliène ainsi les modérés.

Il doit quitter brusquement Paris en 1413, laissant place à la réaction armagnaque. Rentré en force dans la capitale en 1418, il pense pouvoir gouverner le royaume à la faveur de la maladie du roi. Mais il finasse avec les Anglais, dont il n'entend pas être l'ennemi sans vouloir pour autant s'allier avec les vainqueurs de la bataille d'Azincourt.

Il joue d'autre part un jeu politique trop ambigu avec le dauphin Charles VII de France, qui souhaite la réconciliation pour faire face à l'invasion anglaise (guerre de Cent Ans), mais dont l'entourage armagnac craint de voir le futur roi entrer dans les vues politiques du parti de Bourgogne.

Jean sans peur est assassiné le 10 septembre 1419 par quelques hommes de main des Armagnacs à l'occasion d'une entrevue avec le dauphin à Montereau-Fault-Yonne près de Paris. À sa mort, il paraît que l'on était incapable de lui fermer les yeux! On prétend aussi que son cadavre, laissé un temps à l'abandon, fut à moitié dévoré par les loups.



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Source wikipedia.

 

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Jehanne - dans Personnages Historiques
12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 10:00
Jeanne d'Arc.




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Jeanne d'Arc, rappel du contexte

A la mort de Charles VI, dit le Fol, le royaume de France est en grande misère. La France d'alors, en cette fin de moyen-âge, est déchirée entre les revendications de Charles le Dauphin, fils de Charles VI, et le roi d'Angleterre, qui aimerait régner sur le Royaume de France au nom de son fils.

Le Dauphin a été chassé de Paris. Appuyé par le parti des Armagnacs, il règne sur la partie Sud de la France depuis sa bonne ville médiévale de Bourges. Il est incapable de mener une action d'envergure prompte à reconquérir ses terres.


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Jeanne d'Arc de Donrémy à Chinon au moyen-âge

À 13 ans déjà, Jeanne d'Arc assure entendre des voix célestes, celles des Saintes Catherine et Marguerite et de l’archange Saint Michel. Les demandes sont toutes identiques : libérer le royaume de France de l’envahisseur et conduire le Dauphin sur le trône.

À 16 ans, Jeanne d'Arc se met en route. Elle demande à s’enrôler dans l'armée médiévale du Dauphin. Après deux rejets successifs, Robert de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs, finit par accepter de lui confier une escorte jusqu'à Chinon.

Imaginons cette jeune fille de 16 ans, dans une des plus sombres périodes de la France au MOyen-âge, traversant incognito les terres bourguignones. Arrivée à Chinon, elle est finalement autorisée à voir le Dauphin Charles après reception d’une lettre de Baudricourt. L’anecdote raconte que Jeanne d'Arc put reconnaître Charles, vêtu simplement au milieu de ses courtisans.

Jeanne d'Arc prohpétise quatre événements : la libération d'Orléans, le sacre du roi à Reims, la libération de Paris et la libération du duc d'Orléans. Après enquête poussée, Charles donne son accord sur le plan de libération d’Orléans assiégée par les Anglais.

Jeanne d'Arc l'héroïne

On adoube Jeanne d'Arc d’une armure et d’une bannière blanche frappée de la fleur de lys. Il était alors impensable, en cette fin du Moyen-âge, de voir une femme, roturière de surcroit, diriger au nom du Roi une armée médiévale !

Jeanne d'Arc Arrive à Orléans le 29 avril 1429 en apportant le ravitaillement. Elle fait alors la connaissance de Jean d'Orléans, dit le Bâtard d'Orléans, futur comte de Dunois. Sa foi, sa confiance et son enthousiasme parviennent à insuffler aux soldats français désespérés une énergie nouvelle qui contraignent les Anglais à lever le siège de la ville dans la nuit du 7 au 8 mai 1429 : le verrou d'Orléans est sauvé !

La victoire de Patay (où Jeanne d'Arc ne prit pas part aux combats), nettoie la vallée de la Loire le 18 juin 1429. Jeanne d'Arc persuade le Dauphin d'aller à Reims pour se faire sacrer roi de France. Contre toute attente, le 17 juillet 1429, dans la cathédrale de Reims, en la présence de Jeanne d’Arc, Charles VII est sacré par Regnault de Chartres. Le duc de Bourgogne, en tant que pair du royaume, est absent, Jeanne lui envoie une lettre le jour même du sacre pour lui demander la paix.

Cette partie de la vie de Jeanne d'Arc constitue son épopée. De nombreuses anecdotes, comme la découverte miraculeuse de l’épée dite de Charles Martel sous l’autel de Sainte-Catherine-de-Fierbois, la transformeront en mythe.

Jeanne d'Arc, chef de guerre désaouvé

Dans la foulée du sacre de Reims, Jeanne d’Arc tente de convaincre le roi de reprendre Paris aux Bourguignons. Une attaque est menée par Jeanne d'Arc sur Paris, mais se conclue par un échec. Le Roi finit par interdire tout nouvel assaut : l’argent et les vivres manquaient et la discorde régnait au sein de son conseil. C’est une retraite forcée vers la Loire, l’armée est dissoute.

Jeanne d'Arc repart néanmoins en campagne mais elle ne représente plus le roi. Elle n'est plus qu'un de ces chefs de troupe comme le moyen-âge de la Guerre de Cent ans en compte tant. L'aventure militaire de Jeanne d'Arc finit piteusement sous le remparts de Compiègne. Capturée, Jeanne d'Arc est vendue aux Anglais.


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Le procès de Jeanne d'Arc au Moyen-âge

Accusée d’hérésie et interrogée sans ménagement à Rouen, Jeanne d'Arc est emprisonnée dans le donjon du château. Le procès débute le 21 février 1431. Jugée soi-disant par l’Eglise, le procès sous influence anglaise est une parodie. Si ses conditions d’emprisonnements était particulièrement difficile, Jeanne n’a néanmoins pas été soumise à la question pour avouer, c'est-à-dire à la torture.

Le 30 mai 1431, Jeanne d'Arc est brûlée vive place du Vieux-Marché à Rouen.


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Jeanne d'Arc réhabilitée

Lorsque Charles reprend Rouen, un second procès, à la demande de la mère de Jeanne d'Arc et sur décret du pape Calixte III, annule le premier jugement en 1446 Après avoir enregistré les dépositions de nombreux contemporains de Jeanne, dont les notaires du premier procès et certains juges. Il déclare le premier procès et ses conclusions « nuls, non avenus, sans valeur ni effet » et réhabilite entièrement Jeanne et sa famille.

c'est bien après le Moyen-âge Jeanne d'Arc que Jeanne d'Arc accède au statut de Sainte. Béatifiée en 1909, Jeanne d'Arc est finalement canonisée en 1920.



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Jehanne - dans Personnages Historiques
28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 17:00
Aliénor  d'Aquitaine.


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Née aux environs de 1122, morte le 1er avril 1204 à l’abbaye de Fontevraud, Aliénor d’Aquitaine (dite également Eléonore de Guyenne) est la fille aînée de Guillaume X, dernier duc d’Aquitaine et de Gascogne et d’Aliénor de Châtellerault.

L’année 1137 est riche en événements pour Aliénor d’Aquitaine. Alors qu’elle n’est âgée que de quinze ans, son père meurt et elle devient duchesse d’Aquitaine. Elle est mariée le 25 juillet 1137 à Bordeaux au futur Louis VII fils du roi de France Louis VI, puis, toujours la même année, Louis VI meurt à son tour, les deux très jeune époux deviennent ducs d’Aquitaine et souverains de France.

Il faut savoir que bien que duc d’Aquitaine par alliance, Louis VII n’aura jamais la main sur ce duché, Aliénor en assurant la gestion toute seule. Très vite elle va faire de la politique et briser l’ascendance de l’abbé Suger sur un Louis VII très influençable.

L’année 1145 voit la naissance de leur première fille, puis en 1147 se déclenche la deuxième croisade, le roi prend la croix à l’appel de Bernard et emmène Aliénor en Orient. Que c’est-il passé en Orient ? Le comte Raymond de Poitiers réserve à sa nièce un accueil qui provoque la jalousie du roi. Certains avancent l’hypothèse qu’Aliénor d’Aquitaine aurait eu une aventure avec son oncle. Une chose est sûre, les deux époux sont fâchés.

Au retour de croisade, une réconciliation semble se faire. Malgré la naissance de leur seconde fille, les choses s’enveniment à nouveau à la disparition de Suger. L’ombre de la séparation plane sur le couple royal, Aliénor d’Aquitaine rappelle au roi que leur proche parenté n’était pas convenable au point de vue religieux et que très certainement ils ne pourraient plus vivre ensemble.

En 1151, Aliénor rencontre Henri Plantagenêt, fils du comte d’Anjou : il a onze ans de moins qu’elle. Le 21 mars 1152, le synode de Beaugency annule le mariage de Louis VII et d’Aliénor : la France perd le duché d’Aquitaine qui, réuni aux possessions des Plantagenet (Anjou, Maine, Normandie) devient une terrible menace pour Louis VII. Le 18 mai, Aliénor épouse Henri Plantagenêt à Poitiers. Dès le début de 1154, Henri Plantagenet devient roi d’Angleterre et monte sur le trône sous le nom d’Henri II.

Pour un temps, Aliénor d’Aquitaine va perdre tout pouvoir politique. Henri II n’a pas l’intention de la laisser s’ingérer dans ses affaires, y compris dans le duché d’Aquitaine. Il la relègue au simple rang de mère de famille : elle aura de lui huit enfants (Guillaume, Henri, Mathilde, Richard, Geoffroy, Aliénor, Jeanne, Jean), ce qui fait dix en comptant ceux de son premier mariage.

Son éviction politique ne va pas durer. En 1170, son fils Richard est proclamé duc en Aquitaine et c’est elle qui en assure la régence. Ecoeurée par l’inconduite de son époux avec une certaine Rosamund Clifford, elle est l’instigatrice d’un complot qui va opposer Richard et Geoffroy à leur père Henri II et ce avec la bénédiction de Louis VII

Mais Henri II va très vite réagir, arrêter Aliénor et l’emprisonner pendant près de quinze ans. D’abord à Chinon, puis à Salisbury et dans divers autres châteaux d’Angleterre. Elle est libérée à la mort d’Henri II, le 6 juillet 1189, par son fils Richard Coeur de Lion qui monte sur le trône.

A soixante-sept ans, Aliénor entre à nouveau en politique. En compagnie du chancelier Guillaume Longchamp, elle assume le pouvoir pendant l’absence de Richard parti à la 3ème Croisade. Elle est obligée aussi de faire face au soulèvement de son fils cadet Jean sans Terre durant l’hiver 1192-1193.

Sur le chemin du retour, Richard est capturé par le duc Léopold d’Autriche qu’il avait humilié en Orient et livré à l’empereur Henri VI. Ce dernier demande une énorme rançon, très certainement pour plaire à Philippe II Auguste qui n’avait pas apprécié qu’Aliénor d’Aquitaine s’oppose à lui pendant l’absence de Richard. Il faut savoir que lors de la IIIème croisade, Philippe Auguste, rentré en France bien avant Richard, s’est allié à Jean sans Terre pour tenter de mettre ce dernier sur le trône d’Angleterre.

Réagissant très rapidement, aidée de l’ensemble du peuple d’Angleterre, elle réunit la fabuleuse rançon, et fait libérer Richard à Mayence, en février 1194. Le roi pouvant régner à nouveau, Aliénor d’Aquitaine se retire à l’abbaye de Fontevrault. Mais en 1199, son fils Richard est blessé grièvement au siège de Châlus en Limousin. Aliénor le rejoint juste avant sa mort et négocie avec lui la mise sur le trône d’Angleterre de son frère Jean sans Terre, malgré les droits éventuels d’Arthur de Bretagne, fils de Richard.

Par la suite elle se rend en Castille, et ramène sa petite fille Blanche. Cette dernière sera mariée au futur Louis VIII et sera donc la mère de Louis IX dit Saint Louis. Au cours d’un déplacement, désirant éviter les troupes de Philippe Auguste, elle se réfugie au château de Mirebeau : elle y est assiégée par son petit fils Arthur de Bretagne. C’est Jean sans Terre qui viendra la délivrer.

En mars 1204, Château-Gaillard capitule face aux troupes de Philippe Auguste et roi de France s’empare de la Normandie. Aliénor d’Aquitaine meurt le 31 mars 1204 : elle est âgée d’environ quatre vingt deux ans. Son corps repose à l’Abbaye de Fontevrault qui est le lieu de sépulture des Plantagenet.

Cette femme remuante pendant sa jeunesse a très certainement fait partie des grands chefs d’état. Intelligente et cultivée, on lui doit l’introduction de la courtoisie au Moyen Age.

 




Source Histoire en ligne.

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Jehanne - dans Personnages Historiques
5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 00:12
22 avril 1403 - 22 juillet 1461
Charles VII le Bien Servi ou le Victorieux


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Le roi Charles VII, fils de Charles VI le Fou et d'Isabeau de Bavière, est né à Paris le 22 avril 1403.



Enfance malheureuse

C'est une personne mélancolique, sans charme et sans grande intelligence comme l'atteste le portrait du roi adulte, peint par Jean Fouquet.

Sa situation familiale n'arrange rien. Cinquième fils du couple royal, il reçoit, en 1416, le Berry (avec sa capitale Bourges) et le Poitou, en héritage de son grand-oncle Jean.

Le 4 avril 1417, après la mort du dernier de ses frères aînés, il devient l'héritier de la couronne (le dauphin). Il n'a que 14 ans.

Dans la nuit du 20 août 1418, le jeune dauphin est sauvé in extremis de la foule parisienne en furie par le prévôt de Paris et emmené à Bourges où, entouré d'une poignée de fidèles, il engage la lutte contre les Anglais. L'année suivante, il assiste au meurtre de son rival, le duc de Bourgogne Jean sans Peur sur le pont de Montereau.

À 18 ans, suite au calamiteux traité de Troyes, l'adolescent est déshérité par sa mère au profit de l'Anglais cependant que plane sur lui le soupçon de la bâtardise ! Triste, tourmenté, mal entouré, indécis et indolent, le jeune homme est près de renoncer à la lutte quand survient Jeanne d'Arc.

Le "petit roi de Bourges" va changer de personnalité grâce aux succès de la Pucelle et en dépit de sa mort tragique à Rouen sur le bûcher en 1431.



Miraculeuse transformation

Charles VII devient à l'âge mûr presque énergique et audacieux.

En 1434, le roi contracte une alliance avec l'empereur d'Allemagne, Sigismond. Puis, au traité d'Arras, le 21 septembre 1435, il détache le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, de son alliance avec les Anglais.C'est ainsi que le 12 novembre 1437, il peut faire une entrée triomphale à Paris, sa capitale, d'où les Anglais ont été chassés quelques mois plus tôt.

Le 28 mai 1444, à Tours, Anglais et Français conviennent d'une trêve. Le roi, assisté par des administrateurs compétents comme le chancelier Guillaume Jouvenel des Ursins, en profite pour réorganiser son administration, son armée et même son église.

Le 7 juillet 1438, par la Pragmatique sanction de Bourges, la monarchie s'assure un droit de regard sur la nomination des évêques.

Charles VII institue en 1439 le premier impôt permanent et en 1445, assuré de rentrées fiscales plus régulières, il crée les compagnies d'ordonnance, un embryon d'armée permanente. Grâce à quoi, le 15 avril 1450, il remporte la victoire de Formigny sur les Anglais qui lui vaut le surnom de Victorieux. La guerre de Cent Ans touche à sa fin.



Le Bien Servi


Dans toutes les entreprises de son règne, Charles VII a eu la chance de se faire assister par des personnalités de grande valeur dans leur domaine respectif.

  Il y a le chancelier Guillaume Jouvenel des Ursins, dont les traits nous sont connus par un très beau portrait du peintre Jean Fouquet (1420-1478)... Ses lointains descendants, Bertrand et Louis de Jouvenel, se sont illustrés au XXe siècle dans la sociologie et les lettres.

N'oublions pas Jacques Coeur, le financier, bien mal récompensé de ses services par une condamnation à l'exil. Ni surtout Agnès Sorel, la dame de Beauté(-sur-Marne), première maîtresse officielle d'un roi de France.

Il y a enfin le bâtard princier Dunois et les frères Bureau qui remportent ensemble l'ultime bataille de Castillon contre les Anglais, le 17 juillet 1453.

Ce n'est pas par hasard que Charles VII a gardé pour la postérité le surnom de Charles le Bien servi en concurrence avec celui de Charles le Victorieux. Le seul proche dont il a eu à se plaindre est son propre fils, le Dauphin, futur Louis XI, qui complote contre son père à la fin de sa vie et lui fait même la guerre. D'ailleurs, quand Charles VII meurt, le 22 juillet 1461, à 58 ans, son fils et successeur est encore en exil chez le duc de Bourgogne...



Source herodote.net


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Jehanne - dans Personnages Historiques
3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 21:08

Ordre des Templiers

Mystères autour de l'Ordre du Temple.


Vendredi 13 octobre de l'An 1307, à la faveur de l'aube, la plus grande opération policière de tous les temps va être menée sur le territoire Français. Tous les baillis et prévôts ont reçu auparavant un pli royal identique et cacheté. Ordre formel, l'ouvrir uniquement le vendredi 13 octobre au petit matin. Toutes les régions de France ont reçu la même missive.

À l'ouverture, la surprise est de taille, ordre absolu de procéder à l'arrestation de tous les templiers des commanderies situées sur leurs territoires, c'est proprement incroyable, cependant, les directives seront mises à exécution sans quartier. Deux mille templiers sont arrêtés simultanément en France, sur quinze mille que compte le monde entier de l'époque.


"Non nobis , Domine , non nobis , sed nomini tuo da glorian !"
("Non pour nous, seigneur, non pour nous, mais à ton nom seul donne la Gloire !")


Comment et pourquoi le Roi Philippe IV le Bel (1268-1314) en parfait accord avec le pape Clément V a-t-il été amené à prendre cette décision fatale pour l'Ordre et surtout qu'elles étaient les raisons obscures et réelles ?

Remontons le temps sur une période de 189 ans jusqu'à la fondation de l'Ordre.

La création de l'ordre

En l'An 1118, neuf chevaliers français fondent à Jérusalem un Ordre mi-militaire, mi-religieux. Le Roi Baudouin II cède une vaste demeure sise à l'emplacement du Temple de Salomon. De ce monument, la fondation tirera son nom, la mission primordiale de cette milice est la protection des Lieux Saints enlevés par la force aux musulmans, d'assurer la protection et la circulation des pèlerins en chemin de la Cité Sainte. Une décennie plus tard, les templiers sont officiellement reconnus comme Ordre religieux organisé selon la règle cistercienne reprenant, chevaliers, sergents, chapelains et domestiques.

La richesse de l'ordre

L'Ordre va recevoir des nombreuses donations pour permettre la structuration de la fondation. De partout, des terres, des établissements échoient aux templiers. Ils créent des commanderies, elles perçoivent les fermages des terres louées ainsi que de celles directement exploitées. Ces commanderies sont chapitrées par d'autres établissements plus grands dits, commanderies majeures qui contrôlent des régions entières.

L'ordre fait fortune très rapidement, les commanderies sont de bon rapport et leur essaimage le long des routes menant de l'Occident à Jérusalem leur confère des positions stratégiques commercialement parlant. Les moines-chevaliers instituent alors un système bancaire simple et efficace. Les pèlerins peuvent déposer leur argent dans la première commanderie rencontrée, reçoivent une lettre de crédit, arrivés à Jérusalem, ils peuvent récupérer leur argent sur simple présentation de la lettre de crédit. Ils évitent de cette manière d'être dépouillés en route par des brigands et autres malandrins. Bien sûr entre-temps, l'Ordre fait travailler cet argent et devient de cette façon la plus grande puissance bancaire d'Europe.

L'histoire "officielle" a retenu qu'au lendemain de la première Croisade, au tout début du XIIe siècle, 9 chevaliers du nord-est de la France et de Flandre se retrouvent en Terre Sainte et créent l'Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ.

Ils avaient pour nom Hugues de Payns, Geoffroy Bisol, Payen de Montdidier, André de Montbard, Godefroy de St-Omer, Rosal, Archambaud de St-Amand, Godemar et Geoffroy.

Officiellement, leur souci était de protéger les pèlerins se rendant à Jérusalem. On leur octroya un terrain situé sur les ruines du Temple de Salomon. Ils deviennent ainsi les Chevaliers du Temple...

En 1127, le pape convoque un concile à Troyes qui consacrera l'existence officielle de l'Ordre et, surtout, qui lui assurera une indépendance totale, morale et financière, par rapport aux souverains temporels : Ordre international, les templiers ne rendent compte de leurs agissements qu'au Pape...Ce Concile leur donnera également une règle fixant leur mode de vie, leur hiérarchie et qui installe un nouveau concept, celui de Moine-Soldat. à partir du Concile de Troyes, les templiers bénéficient d'un courant de grande sympathie, bénéficiant du sentiment de piété qui portait les familles à soutenir Croisades et pèlerinages. Les dons affluent, en argent, en terres, en cadets de famille pour lesquels l'aventure en Terre est plus attrayante que la vie monastique...

Ils vont aussi créer, en France principalement, plus d'un millier de fermes, les Commanderies Templières, sorte d'économie parallèle détaxée qui alimentera les pèlerins en vivres, marchandises, monnaie d'échange, etc.

Les templiers développent ainsi au fil des ans une dualité complémentaire : en Métropole l'intendance économique, outre-mer l'armée régulière et permanente du Royaume Franc de Jérusalem.

Les Croisades et les batailles vont se multiplier, des milliers de Templiers laisseront la vie pour la sauvegarde du Royaume de Jérusalem. Mais les temps changent et il devient de plus en plus difficile de contenir l'ennemi, malgré les fantastiques forteresses que les chrétiens ont bâties aux points-clés du Royaume.

Saint-Louis laisse la vie à Tunis, le 25 Août 1270. Le Royaume Franc de Jérusalem, qui avait englobé les pays actuels d'Israël, du Liban ainsi qu'une partie de la Jordanie et de la Syrie se voyait réduit à une mince bande côtière tenue par quelques forteresses...

En 1291, vingt ans après la dernière tentative de croisade de Saint-Louis, Acre le dernier bastion Franc d'outre-mer, retombait aux mains des musulmans. Les templiers se retirèrent dans un premier temps à Chypre, dans l'espoir du déclenchement d'une nouvelle croisade de reconquête.

Face à l'immobilisme des souverains d'Europe, ils quittent Chypre et optent alors pour leurs possessions en Occident : Paris devient la Maison principale du Temple, créant une véritable cité dans la cité, de par ses statuts : le Pape, seul, avait pouvoir sur l'Ordre...

Leur inactivité, leur arrogance, leur statut "intouchable", leur richesse ne tardèrent pas à jeter le discrédit sur eux. Philippe le Bel et ses conseillers virent rapidement l'avantage qu'ils pourraient retirer de la situation : Le 13 octobre 1307, Philippe le Bel fit arrêter tous les templiers de France sous prétexte d'hérésie, de sodomie et des diverses accusations puisées dans le fond de commerce de l'Inquisition.

Il s'ensuivit un des premiers "procès politique" où les templiers ne purent se défendre, furent torturés et surtout lâchés par le Pape Clément V, qui les abandonna à Philippe le Bel. L'Ordre du Temple, aboli au Concile de Vienne en 1312, ne fut toutefois jamais officiellement condamné des griefs qui lui étaient faits.

Le dernier Maître de l'Ordre, Jacques de Molay, fut brûlé vif à la pointe de l'île de la Cité le 22 décembre 1314.

De l'héroïsme passé et de la fin tragique des templiers, la mémoire collective a entretenu mystères et légendes. Réels ou fantasques, les mystères et légendes trouvent leur fondement quelque part... Du cri d'innocence de Jacques de Molay sur le bûcher, au trésor fabuleux, en passant par la découverte du Graal et leur savoir ésotérique, de tout temps, les mystères des Chevaliers du Temple ont passionné les plus grands de ce monde.




Jacques de Molay dernier grand maître des Templiers.



L'organisation du temple

Les territoires où s'exercent les activités du Temple sont divisés en Provinces. En 1294, on en comptait 22 (5 en France, 4 en Espagne, 3 en Italie, 2 en Allemagne, 1 en Angleterre, 1 en Hongrie, 6 en Orient).

Les Templiers formaient une armée permanente de quelques milliers d'hommes encadrée par 500 chevaliers et 1000 sergents. L'ensemble obéissait au Maître et à son état-major.

Hiérarchie

L'état-major du Temple est constitué par :

- Le Maître de l'Ordre : assimilé à un Abbé ou, plutôt, à un souverain. Il ne peut prendre aucune décision sans l'accord du Chapitre.
- Le Sénéchal de l'Ordre : il détient le sceau de l'Ordre.
- Le Maréchal: chef militaire et responsable de la discipline.
- Le Commandeur de la Terre et du Royaume de Jérusalem : trésorier du Temple et chef de la marine.
- Le Drapier : intendant des fournitures de l'Ordre.
- Le Turcopolier.
- Le Sous-Maréchal.
- Le Gonfanonier.
- Le Commandeur de Jérusalem : gardien des pèlerins, de la Sainte-Croix et Ambassadeur de l'Ordre.

Le Maître du Temple , qui ne sera que tardivement appelé Grand Maître, avait l'autorité d'un chef suprême, mais il ne pouvait prendre une décision qu'après consultation du chapitre. Il ne pouvait donner ou prêter les biens de l'ordre et ne pouvait commencer ou finir une guerre. En fait, le grand-maître faisait figure d'un président contrôlé par le chapitre. Il devait d'ailleurs se conformer obligatoirement aux décisions de celui-ci. "Tous les Frères doivent obéir au Maître et le Maître doit obéir à son Convent." (Statuts hiérarchiques).

À la mort du Maître, les fonctions sont assurées par le Maréchal qui réunit tous les dignitaires de l'Ordre. Ceux-ci désignent le Grand Commandeur qui fera fonction jusqu'à l'élection du nouveau maître. Le Grand Commandeur forme un conseil restreint qui fixe le jour de l'élection. Ce jour, il rassemble un chapitre restreint qui choisit trois frères dont l'un est nommé Commandeur de l'élection. Le Chapitre lui choisit un adjoint. Le Commandeur de l'élection et son adjoint se retirent à la chapelle où ils prient jusqu'au lever du soleil. Au matin, le Commandeur de l'élection et son adjoint désignent deux autres Frères. Ils élisent alors deux autres Frères et ainsi de suite jusqu'au nombre de 12 (en rappel des Apôtres) puis un treizième qui doit être un chapelain de l'Ordre. Parmi ce Chapitre, il doit y avoir 8 Chevaliers et 4 Sergents. Les treize électeurs se retirent et quand l'accord semble se faire sur deux noms, le Commandeur met aux voix et c'est celui qui recueille la majorité qui est désigné en tant que nouveau Maître de l'Ordre.

Le reste des membres du Temple se répartissaient de la manière suivante : les Chevaliers , les écuyers , les Sergents , les Chapelains et les Frères de Métiers.

De plus, on comptait trois catégories de personnes qui faisaient un service d'une durée déterminée dans l'Ordre : les Chevaliers clients, les écuyers clients et les Turcopoles.

La création de l'ordre

Le trousseau des chevaliers se composait de deux chemises, deux paires de chausses, deux braies, d'un justaucorps, d'une pelisse, d'une chape, de deux manteaux, d'une tunique et d'une large ceinture de cuir. A ces vêtements, s'ajoutent deux serviettes : une pour la table la deuxième pour la toilette.

Le trousseau militaire comprend : un haubert, une paire de chausses de fers, un chapeau de fer, un heaume, des souliers et une cote d'arme. L'armement consistait en une épée, une lance et un écu.

Outre leurs occupations civiles et du service militaire, leur existence est celle de moines. Quand sonne campane de matines, les templiers se rendent à la chapelle où ils doivent dire 13 paters pour Notre-dame et 13 pour le saint du jour. Après matines, ils doivent se rendre aux écuries. à prime, les chevaliers se rendent à nouveau à la messe. Les templiers ne peuvent pas manger sans avoir entendu ou récité 60 paters. Avant les repas, on récite le bénédicité et un pater. Les grâces à la chapelle au sortir du réfectoire, puis les vêpres, les heures de none et complies.

Chacune des heures s'accompagne de 13 ou 18 paters. à cela s'ajoute toute la gamme des obligations lors des fêtes catholiques. à la tombée de la nuit, les frères prennent une collation puis se rendent à la chapelle.


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Chevalier Templier.


Un plan démoniaque

Le Commandeur Templier, Esquin de Floyran, originaire de Béziers, connu de Nogaret, est arrêté pour homicide et emprisonné à la prison royale de Toulouse, fief de Guillaume de Nogaret. Il est condamné à mort. Nogaret et son roi mettent ensuite en avant les aveux d'un bourgeois soi-disant emprisonné avec lui et qui lui aurait confessé que "les templiers adoraient des idoles ; lorsqu'ils étaient admis dans l'ordre, ils devaient, lors de leur initiation, cracher trois fois sur la croix. Lors de la même initiation, ils devaient se livrer à des baisers obscènes sur la personne des frères qui les recevaient, au bas de l'échine notamment et au nombril. Enfin, ils s'engageaient à pratiquer la sodomie.

Philippe Le Bel envoie une missive au roi d'Aragon ainsi qu'au roi d'Angleterre dénonçant les templiers. Aucun des deux ne se laissera prendre à la supercherie (il faut noter que la destruction des cathares à partir de 1119, a suivi un peu le même cheminement : hérétisme, sodomie, aveux sous la torture de l'Inquisition, etc.) Au contraire, le roi d'Aragon fait avertir l'Ordre du Temple des accusations que porte le roi Philippe le Bel, leur permettant de faire disparaître leurs trésors. Pour leur propre vie, les templiers n'ont pris aucune précaution. Bien mieux, appelé en France par le pape Clément V, Jacques de Molay, quitte Chypre, où il préparait un débarquement en Syrie.

Escorté de " 60 chevaliers, de sergents, d'esclaves noirs, de Turcopoles, de 12 chevaux chargés d'or, d'argent et de joyaux, d'armes magnifiques, d'objets somptueux", Jacques de Molay rentre en France. Partout sur son passage le peuple se réjouit, mais ne peut s'empêcher d'évoquer un cortège musulman. "Que sont devenus les pauvres chevaliers du Christ ?" Quelle aubaine pour Nogaret ! Le pape reçoit le Grand Maître des templiers pour le convaincre sans succès d'accepter la fusion avec l'ordre de l'Hôpital. Le roi l'appelle à son tour auprès de lui, tentant également de le décider à la fusion, mais Jacques de Molay refuse. De plus, il connaît déjà les calomnies qui montent contre son Ordre et pense que tous ces bruits sont destinés à lui "forcer la main" afin de fusionner avec l'Ordre de l'Hôpital. Fort de son intégrité, il demande une enquête au pape Clément V qui écrit le 24 août 1307 à Philippe le Bel : "Attendu que le Maître et plusieurs précepteurs du Temple, ayant appris la mauvaise opinion que vous avez manifestée sur eux, à nous et à quelques princes, ils nous ont demandé de faire une enquête sur les crimes, qui leur sont faussement attribués, nous avons résolu d'ouvrir, en effet, une information". mais, cherchant à gagner du temps, il ajoute que cette enquête ne présente aucune urgence.

Retiré dans l'abbaye de Maubuisson, Philippe le Bel consacre tous ses efforts à la préparation de la grande lutte contre les templiers. Le 12 octobre de la même année, à Paris, Jacques de Molay est présent aux obsèques de la comtesse de Valois, à côté du roi. Le lendemain, tous les templiers de France sont en prison. Ainsi, tous, au même moment, sont arrêtés. La surprise est si complète qu'aucune commanderie ne résiste. Seuls une douzaine de chevaliers parviennent à s'enfuir. Guillaume de Nogaret lui-même procède à Paris à l'arrestation de Jacques de Molay et de 144 templiers.

13 Octobre 1307

Tous les templiers de France sont arrêtés et emprisonnés et comme leurs principes fondamentaux leur interdit de se battre avec un chrétien, ils ne résistent pas. De plus, une autre de leurs règles les obligeait à supporter trois assauts avant de répliquer.

Les chefs d'accusations

-Simonie (Trafic criminel des choses saintes).
-Hérésie.
-Idolâtrie.
-Magie.
-Sodomie.

À l'époque, ces cinq actes d'accusation sont plus qu'il ne faut pour encourir la peine capitale, d'autant plus qu'elles s'appliquent à des hommes de Dieu.

- Sodomie


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Ce sceau simplifie le travail des accusateurs lors du procès, car la représentation des deux chevaliers sur un même cheval les faits accuser de sodomie.


- Hérèsie

"Ils ont pactisé avec l'Islam et ils ont propagé, secrètement, des doctrines opposées à celles de l'église romaine."

Certes, durant leurs croisades en terre d'Islam, leur fréquentation avec des initiés, les "Assassins", leur permit d'en savoir plus sur les origines historiques des religions chrétiennes et musulmane et ils prirent quelques distances vis-à-vis de l'église et ses dogmes. (La communauté des Assassins était une société initiatique musulmane dont on disait que les membres étaient redoutés pour leurs crimes. Un de leurs chefs dit le "vieux de la montagne" enivrait, soi-disant, ses adeptes avec du hachisch, d'où leur nom "Hachischin" et sur un signe de lui , tuaient princes musulmans aussi bien que chrétiens. Appelés aussi ismaïliens, ils étaient considérés comme une secte musulmane et étaient établis en Perse et au Liban ).

- Idolâtrie

Les frères des différentes maisons du Temple, soumis à la torture physique, avouèrent "spontanément et sans contrainte" tout ce que les gens du roi attendaient d'eux.

Si toutes les dépositions semblent se recouper, il est un point sur lequel les descriptions divergent (et pour cause !), qui est celui de l'apparence prêtée à l'idole des idoles, le Baphomet . Si les descriptions nous semblent parfois fantaisistes, elles sont pourtant assez proches de la vérité.

Beaucoup de frères vont déclarer n'avoir jamais vu cette idole ou "tête barbue" que les maîtres sortaient à l'occasion des grands chapitres, ce qui ne nous surprend pas. Seuls quelques-uns avoueront avoir vu l'idole, déclareront l'avoir parfois palpée, mais le plus souvent ils tenteront de se sortir d'affaire en déclarant s'être évanouis à la vue de cette "monstruosité".

Une chose est certaine, la "tête" a bien existé, sous une forme ou sous une autre (une reproduction), et les templiers qui déposèrent n'ont pas menti, seulement, le cérémonial, qui devait être assez spécial au moment de la présentation, l'émotion, mais aussi le secret demandé, l'atmosphère ont, en quelque sorte, déformé la réalité en fantasmagorie, en hallucination quelque peu collective. Pour preuve, l'insistance avec laquelle l'inquisiteur Guillaume de Paris se mit à la recherche de cette "idole qui est en forme d'une tête d'homme à grande barbe" ; il n'aurait pas donné les ordres conséquents à ses sbires pour des "aveux" s'il n'avait pas été lui-même persuadé de l'existence de cette tête démoniaque.

Au moment de la grande arrestation des templiers qui eut lieu le même jour dans tout le royaume, les gens du roi, s'ils ne trouvèrent point d'or à foison, ne trouvèrent pas plus d'idoles monstrueuses dans les commanderies, maisons ou fermes. C'est à croire que les templiers avaient été informés de cette "descente" des gens d'armes !

Le Baphomet

Le Baphomet est une représentation à tête barbue (un bouc ou un humain suivant les versions), possédant de grandes oreilles (ou des cornes) et des ailes.

De nombreuses interprétations ont été associées au Baphomet, voici les plus connues ci-dessus.

L'abbé Constant le présente dans son livre " Dogme et rituel de la haute magie" en illustration de l'introduction au chapitre "Rituel". Il nous le présente comme suit :

- "figure de panthéisme et magique de l'absolu",
- le flambeau représente l'intelligence équilibrante du ternaire,
- la tête correspond à la responsabilité de la matière seule et l'expiation des péchés corporels,
- ses mains humaines (signe du travail), dirigées vers le haut et vers le bas, font le signe de l'ésotérisme.

L'abbé Constant nous le décrit également avec un pentacle dessiné sur son front. Il possède également un sein de femme (signe de la maternité). Le bas du corps est habillé et laisse apercevoir un disque et un caducée.

L'idolâtrie fut l'un des principaux chefs d'accusation portés contre les templiers. Ils auraient idolâtré la représentation d'un être dans un culte plus ou moins démoniaque, en tout cas non chrétien. Le nom de Baphomet n'a jamais été prononcé que ce soit par les templiers ou leurs accusateurs, seulement l'adjectif baphométique fut entendu à l'époque. L'origine de ce nom serait une déformation du nom du prophète Mahomet, soit en provençal, soit en langue d'oc, ou du moins une langue latine.

Alors que la plupart des templiers déclarèrent nier la connaissance de cette idole, Gaucerand de Montpezat révéla son existence lors du procès en disant avoir adoré une "image baphométique".

Les descriptions fournies par les templiers étaient toutes contradictoires. Ils parlèrent de tête rouge ou noire, en bois ou en métal précieux, tête d'homme à grande barbe, tête à deux ou trois faces.

Le templier Raoul de Gisy déclara : "C'était une méchante chose, ressemblant à un démon ; ayant jeté les yeux sur cette tête, j'en fus à ce point épouvanté que je ne savais plus où j'étais."

De ces descriptions contradictoires, certains historiens ont conclu qu'on avait fait dire aux templiers n'importe quoi et que la fameuse tête n'était qu'une invention des accusateurs.



Représentation du Baphomet.


Le procès

Le procès est instruit par le Grand Inquisiteur de France, Guillaume Imbert, au nom de l'église. Les agents royaux assistent aux interrogatoires. Il s'agit uniquement d'étayer l'acte d'accusation par des aveux, quel que soit le moyen utilisé. L'Inquisition est autorisée à utiliser la torture, modérément (!) et à condition de ne pas entraîner la mort. Les tortures pratiquées sur les templiers sont variées, cruelles et la modération oubliée... La méthode est très élaborée : on use alternativement des menaces et des promesses. Jacques de Molay lui-même avoue tout sans même être torturé. Sans doute espère-t-il ainsi protéger ses frères ? Il va jusqu'à signer une lettre dans laquelle il leur conseille de ne pas retenir davantage leurs aveux. Le roi a décidé d'informer les souverains étrangers (les templiers ont des commanderies en Europe) et leur suggère d'agir comme lui. Clément V ne croyant pas à la culpabilité des templiers, lance sa propre contre-enquête. Il apprend ainsi que plus de 30 frères sont morts dans les supplices. Les aveux ont été arrachés dans des conditions atroces et inadmissibles de la part des Inquisiteurs. En février 1308, Clément V retire ses pouvoirs à l'Inquisition, ce qui équivaut à l'annulation de toute la procédure, et il se réserve l'affaire. Philippe le Bel réagissant, le pape ne peut que faire demi-tour. Il rétablit les pouvoirs des tribunaux ecclésiastiques. Onze chefs d'accusation sont retenus dont : absence de foi, adoration d'une vieille idole, voleurs du roi en tant que trésoriers, pratique de la sodomie... Un Concile général est tenu à partir du 12/11/1309. Il est chargé de décider s'il faut maintenir, réformer ou dissoudre l'ordre. Le 26/11, Jacques de Molay est entendu. Visiblement, la présence de certains hommes du roi le gêne pour parler. Il tente de se défendre puis, après une intervention extérieure, sa capacité à convaincre baisse de façon surprenante. Après une suspension, constatant le peu de témoignages et leur peu de crédibilité ; les enquêteurs s'aperçoivent que les lettres de citation adressées aux évêques ont été insuffisamment publiées... On décide donc de les renouveler. Cette fois beaucoup de personnes se déplacent, rendant espoir aux templiers. Les frères déclarent que leurs aveux ont été obtenus après de longues heures de torture. Le 7/04/1310, le porte-parole de l'ordre, frère Pierre de Bologne dépose un mémoire en défense. Il y demande qu'aucun laïc ne participe aux interrogatoires (allusion à la présence des hommes du roi) et qu'on cesse de faire pression sur ceux qui veulent défendre l'ordre. Il insiste sur le fait que les mensonges perpétrés contre les templiers ne le sont qu'en France. Les avis favorables continuant d'affluer, les templiers relèvent la tête. Le peuple commence à les plaindre.

Avec ce désordre, les commissaires sont ébranlés dans leurs convictions et commencent à faiblir malgré les rappels à l'ordre de Nogaret. Grâce à une série de passe-passe diplomatique, Philippe de Marigny (frère du financier du royaume) devient archevêque de Sens et prend en main le jugement de l'ordre. De leur côté, les commissaires s'annoncent incompétents. Reste à juger les 54 frères défenseurs de l'ordre. Le chef d'accusation devient alors "relaps ", c'est-à-dire celui qui se rétracte après avoir fait des aveux (même sous la torture). En droit médiéval, c'est le chef d'accusation le plus abject et le moins digne de pitié. Il se solde par la mort. Les 54 meurent sur le bûcher. 05/06/1311 : la Commission pontificale est clôturée à l'abbaye de Maubuisson sous l'oeil vigilant du roi. Les procès-verbaux sont remis à Clément V avec ceux sur les templiers d'Allemagne, d'Angleterre, d'Aragon, du Portugal et d'Italie. En octobre 1311, le pape réunit le Concile à Vienne. La difficulté est bien présente avec un dossier très contradictoire et volumineux. D'autant que tous les évêques ne sont pas Français et que les résultats des autres pays divergent de ceux donnés par la Commission de Paris. Quelques rebondissements plus tard, les tractations entre le pape et les envoyés du roi à Vienne étant conclues, reste à faire (bien) voter le Concile. Impressionnés par l'entrée de Philippe le Bel accompagné d'une importante armée, les prélats votent enfin la dissolution de l'ordre. En avril 1312, Clément V édite une bulle prononçant la dissolution des templiers. Le 2 mai suivant, par la bulle " Ad providam Christi Vicarii ", le pape attribue tous les biens du Temple aux chevaliers de l'Hôpital, exception faite des commanderies d'Aragon, de Castille et du Portugal. Le roi obtient 200 000 livres de dédommagement les 2/3 du mobilier et des ornements liturgiques. Reste à décider du sort des hauts dignitaires, rôle confié à une commission apostolique dans laquelle on retrouve Philippe de Marigny. Le roi a prévu d'obtenir la confirmation solennelle de leurs fautes. Pour cela, ils sont amenés sur le parvis de Notre-dame de Paris le 18/03/1314, devant la foule. Il y a là Jacques de Molay, Hugues de Pairaud, Geoffroy de Charnay et Geoffroy de Gonneville. D'abord surpris, ils comprennent qu'ils n'ont plus rien à attendre de personne. Jacques de Molay se met donc à crier qu'il a menti et que l'ordre est innocent. Il avoue avoir agi ainsi pour faire cesser la douleur de la torture et reconnaît qu'il préfère la mort à une condition si infâme. Geoffroy de Charnay confirme les paroles du grand maître. La foule se met alors à gronder, émue par les déclarations de ces vieillards. Philippe le Bel est furieux.

Il ordonne de dresser un bûcher sur une petite île de la Seine (aujourd'hui la pointe du Vert-Galant). Les deux prévenus bavards y sont livrés au bourreau vers la fin de la journée. Le bûcher est lentement allumé, pour faire durer leur souffrance. Les frères ne se rétractent pas, clamant leur foi en Dieu et l'innocence de l'ordre.

Le trésor des templiers

Une des principales motivations de Philippe le Bel pour la dissolution de l'ordre du Temple se situe au niveau financier. Les terres, maisons, est commanderies possédées par les templiers en France sont très nombreuses, ils possèdent une flotte maritime, et effectuent le transfert les fonds de marchands pour garantir la sécurité. Ils iront jusqu'à payer la rançon pour Richard Coeur de Lion prisonnier en Orient. Ils prêteront même de l'argent à Philippe le Bel. Lors de l'arrestation massive de tous les templiers, Philippe Lebel participe à l'entrée dans l'enclos du temple à Paris. Les templiers sont " connus " pour leurs richesses. Où mieux qu'à Paris dans cet enclos fermé, le trésor de templiers pourrait-il être dissimulé ? Ni Philippe le Bel, ni aucun inquisiteur ne trouveront "ce trésor ".

- Si le trésor des templiers est bien un trésor financier, celui-ci a disparu juste avant les arrestations. Certains templiers auraient été prévenus de l'attaque et auraient quitté leur commanderie avec le trésor. Il n'a pas ce jour pas été retrouvé.

- Si le trésor de templiers n'est pas financier, il serait alors d'ordre spirituel. Cette hypothèse peut être avancée en tenant compte du temps passé par les templiers en Orient, où ils ont côtoyé différentes civilisations possédant chacune des connaissances et des croyances différentes. Ils ont apporté des techniques novatrices (voir inconnu) permettant la construction des cathédrales. On peut alors penser que les rencontres qu'ils firent au cours de ces deux siècles, leur permirent d'acquérir de nombreuses connaissances. Il n'est pas impossible non plus, qu'ayant vécu en Terre Sainte, et côtoyant de très près d'autres religions, ils finirent par " découvrir " un secret très important au niveau religieux. Dans ce cas, il était aisé de comprendre le souhait du Saint-Siège de se débarrasser d'un ordre puissant, important, ayant des croyances différentes, ou modifiées par rapport aux règles de l'église. Cette même puissance gêne évidemment le roi de France qui dans sa volonté d'étendre son pays se voit limiter sur son propre sol par un ordre religieux indépendant.

Le rapport d'Alain de Pareilles, chef des archers du roi, à Guillaume de Nogaret a été fait par écrit et relate ce qui a été trouvé au Temple de Paris: pratiquement rien ! Le même état a été remis à Enguerrand de Marigny. Les deux documents figurent aux Archives nationales. Il est intéressant de se tourner vers une déclaration effectuée devant le Pape même, par le templier Jean de Châlon, du Temple de Nemours, en juin 1308. Ce dernier y déclare que la veille de l'arrestation des templiers, un cortège comprenant trois chariots recouverts de paille et une cinquantaine de chevaux quittèrent le Temple de Paris sous la conduite de deux templiers, Hugues de Chalons et, surtout, Gérard de Villers, le précepteur de France. On peut facilement imaginer ces chariots chargés d'archives et d'or, les 50 chevaux étant destinés à remplacer ceux qui étaient épuisés lors d'un long voyage.

Par ailleurs, suivant le même but, les navires de l'Ordre, la plus grande armada d'Occident qui mouillait à La Rochelle, leur port d'attache, quittent le port, vers une destination inconnue, très probablement le Nord de la France. Lorsque la milice du roi arrive à La Rochelle, l'immense flotte a disparu. Les chariots sortis du Temple de Paris au soir du 12 octobre 1307 se sont sûrement dirigés vers le Nord de la France pour charger leur cargaison sur les bateaux arrivés de La Rochelle, pour disparaître à tout jamais.

On n'a jamais su qu'elle était sa destination et ce qu'elle est devenue, mais du Nord de la France, l'Angleterre n'est qu'à peu de distance, et l'on sait que les templiers n'y étaient pas persécutés comme en France. Même, Jacques de Molay peu avant sa mort, aurait donné à un chevalier anglais, John Mark Laermanius, la mission de faire survivre le Temple. Ce noyau de templiers serait à l'origine de la constitution de la loge maçonnique Heredom ou "Sainte Maison". Si l'on étudie un peu les principes de la Franc-maçonnerie dite de "Rite Ecossais", force est de constater que l'esprit du Temple souffla dans les îles Britanniques bien après son abolition en 1312... Reste qu'entre la sortie des chariots du Temple de Paris et l'exécution de Jacques de Molay, 7 ans s'écoulèrent... Il est pensable que certains templiers aient cherché refuge en écosse. Le seul monarque d'Europe à ne pas appliquer l'ordre du pape était Robert le Bruce. Ainsi, il n'est pas interdit de penser que l'écosse soit un asile pour les templiers après 1307.

Pas question ici de ne se lancer dans des hypothèses hasardeuses quant à la localisation d'un éventuel trésor des templiers. Une multitude d'ouvrages, de sites et de chercheurs se sont lancés dans des recherches sans résultat jusqu'à ce jour quoique.Si quelqu'un a retrouvé le trésor des templiers, croyez-vous raisonnablement qu'il va le dire à qui veut l'entendre ?

La malédiction

La légende veut que, depuis son bûcher, le grand maître ait invectivé Clément V et le roi et les a appelés à comparaître devant le tribunal de Dieu dans 40 jours. Quelques semaines après, on apprend que les deux belles-filles du roi, Marguerite et Blanche, trompent allègrement leur époux avec des chevaliers de la cour. Les amants sont terriblement punis. C'est le scandale de la Tour de Nesle.

Le pape meurt le 20 avril. Le roi meurt le 29 novembre d'un accident de chasse très bizarre. Nogaret meurt de façon plus mystérieuse encore, toujours la même année. En 1315, Marigny est pendu. Des famines déciment les principales villes d'Europe. Les divers cataclysmes sont considérés comme une punition pour les violences infligées par le pouvoir aux templiers. Sur les 15 000 frères du Temple, ils sont déjà nombreux à être décédés en 1314 et meurent les années suivantes dans les geôles. Les réconciliés sont admis chez les Hospitaliers.

D'autres passent les Pyrénées et trouvent asile dans les commanderies espagnoles et portugaises. En France, ce sont surtout les Chevaliers qui sont les plus démunis, car les templiers de second rang se replacent dans leurs anciens corps de métiers.

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Activités militaires des templiers

Vouloir évoquer l'activité militaire des templiers, c'est se résigner à demeurer incomplet. Cette activité nous échappe par ce qu'elle avait de plus quotidien : la défense et la protection des routes, des frontières, des forteresses et bien entendu, des pèlerins.

Le plus ancien fait d'armes qui nous est connu a eu lieu en 1132, au Portugal. En Terre Sainte même, le premier fait d'armes connu auquel participèrent nommément les templiers a eu lieu en 1138, après la mort d'Hugues de Payns, à Teqoa. Ce fut d'ailleurs une défaite. Robert de Craon, le successeur d'Hugues de Payns à la tête de l'Ordre avait repris la ville aux Turcs, mais avait négligé de les poursuivre hors de la ville. Ces derniers s'empressèrent de revenir et de perpétrer un véritable massacre parmi les templiers.

Il ne fait pas de doute toutefois que les templiers arrivèrent à maintenir une relative sécurité sur les routes et le royaume à partir de la seconde moitié du XIIe siècle.

C' est en fait à partir de la seconde croisade que l'Ordre du Temple devient une véritable armée de combat, harcelée chaque jour par des ennemis toujours plus pressants.

Quelques dates et faits révélateurs :

27 avril 1147 :
La croix rouge pattée de gueule devient l'emblème des templiers, le 27 avril, le Pape Eugène III octroie la croix rouge.

6 janvier 1148 :
Les templiers sauvent l'armée du Roi de France Louis VII, attaquée par les Turcs dans des gorges abruptes.

13 août 1153 :
Le Maître du Temple Bernard de Tremelay est tué avec quarante autres templiers lors du siège d'Ascalon, que les chrétiens emporteront finalement le 19 août.

22 novembre 1177 :
Le roi de Jérusalem Baudouin IV, à la tête de 500 chevaliers, dont 80 templiers, remporte une victoire décisive contre les 30.000 mameluks de Saladin à Montgisard.

1187 :
140 Chevaliers du Temple, avec à leur tête le Maître Gérard de Ridefort, attaquent 7.000 soldats de Saladin. La quasi-totalité de la troupe est massacrée.

3 juillet 1187 :
À la bataille de Hattin, qui voit la reprise de Jérusalem par les musulmans, tous les templiers faits prisonniers sont décapités, à l'exception de Ridefort qui sera plus tard accusé d'avoir renié sa religion à cette occasion...

4 octobre 1190 :
Gérard de Ridefort est tué dans un combat, lors de la reconquête d'Acre.

Avril 1211 :
Guillaume de Chartres, Maître de l'Ordre Est grièvement blessé dans une embuscade alors qu'il ravitaillait la forteresse de Port-Bonnel en Cilicie.

5 novembre 1219 :
Les templiers participent à l'offensive du Roi de Jérusalem qui conduit à la reprise de Damiette par les chrétiens.

5 avril 1250 :
Guillaume de Sonnac, Maître de l'Ordre Est tué lors du siège de Mansourah.

15 avril 1291 :
Guillaume de Beaujeu, Maître du Temple, et une petite troupe tentent d'incendier les machines de guerre qui mettent le siège devant Acre. Le 18 mai, Guillaume de Beaujeu était tué lors de l'assaut final des musulmans.

Juin 1299 et septembre 1303 :
Jacques de Molay tente deux opérations de reconquête de la Terre Sainte, depuis Chypre.

22 novembre 1177 :
Le roi de Jérusalem Baudouin IV, à la tête de 500 chevaliers, dont 80 templiers, remporte une victoire décisive contre les 30.000 mameluks de Saladin à Montgisard.

1187 :
140 Chevaliers du Temple, avec à leur tête le Maître Gérard de Ridefort, attaquent 7.000 soldats de Saladin. La quasi-totalité de la troupe est massacrée.

3 juillet 1187 :
À la bataille de Hattin, qui voit la reprise de Jérusalem par les musulmans, tous les templiers faits prisonniers sont décapités, à l'exception de Ridefort qui sera plus tard accusé d'avoir renié sa religion à cette occasion...

4 octobre 1190 :
Gérard de Ridefort est tué dans un combat, lors de la reconquête d'Acre.

Avril 1211 :
Guillaume de Chartres, Maître de l'Ordre Est grièvement blessé dans une embuscade alors qu'il ravitaillait la forteresse de Port-Bonnel en Cilicie.

5 novembre 1219 :
Les templiers participent à l'offensive du Roi de Jérusalem qui conduit à la reprise de Damiette par les chrétiens.

5 avril 1250 :
Guillaume de Sonnac, Maître de l'Ordre Est tué lors du siège de Mansourah.

15 avril 1291 :
Guillaume de Beaujeu, Maître du Temple, et une petite troupe tentent d'incendier les machines de guerre qui mettent le siège devant Acre. Le 18 mai, Guillaume de Beaujeu était tué lors de l'assaut final des musulmans.

Juin 1299 et septembre 1303 :
Jacques de Molay tente deux opérations de reconquête de la Terre Sainte, depuis Chypre.

Ces quelques exemples ne sont qu'un reflet d'événements que l'histoire a bien voulu porter jusqu'à nous...Ils sont indissociables tout comme l'Ordre du Temple, de l'histoire des Croisades et du Royaume Latin de Jérusalem. Ils relatent l'engagement et l'abnégation des templiers, parfois aussi leurs faiblesses humaines, faites d'intrigues politiques ou d'erreurs stratégiques...

L''histoire a retenu que de 1150 à 1291 des milliers de soldats se sont engagés sous la bannière du Temple dans le seul but de défendre la Terre Sainte face au monde musulman...


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Jehanne - dans Personnages Historiques
29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 16:47
Gilles de Rais

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L'orphelin d'Anjou - Premier pas vers la folie - Les étapes de l'horreur - L'affront de Saint-Étienne de Mermorte - les 4 évocations du démon Barron - Biographie -  Bibliographie  

Rais, Gilles de (1404-1440), maréchal de France, qui, après avoir combattu pour CharlesVII, s'adonna à l'alchimie et au satanisme. Accusé d'hérésie et du meurtre de centaines d'enfants, il ne cessa d'inspirer l'imaginaire populaire et l'on vit en lui le modèle de Barbe-bleue.

Résumé de l'orphelin d'Anjou

Né à Champtocé, (selon plusieurs historiens dans la tour noire du château), en Anjou, à l'automne de 1404, arrière-petit-neveu de Du Guesclin, Gille de Rais (ou Retz) appartenait à l'une des plus puissantes familles de son temps.

28 Septembre 1415, le père Guy de Laval décède confiant la tutelle de son fils à Jean Tournemine de la Humaudaye, son cousin. Contrairement aux dispositions du testament c'est son aïeul Jean de Craon qui élèvera le jeune Gilles .

Peut être est il le facteur, l'origine de la folie meurtrière de Gilles de Rais, il est décrit comme un homme violent, taciturne, calculateur et sans scrupules.

Orphelin, il fut élevé par son grand-père qui lui donna une éducation très lacunaire. En 1420, il épousa une riche héritière, Catherine de Thouars. Il entreprit ensuite une brillante carrière militaire, s'illustrant d'abord dans les guerres de Succession du duché de Bretagne (1420) puis contre les Anglais à partir de 1427. Après s'être battu aux côtés de Jeanne d'Arc à Orléans et à Paris, il se rendit avec elle à Reims pour le sacre de CharlesVII, en juillet 1429.

Vers 1434, Gilles de Rais, qui disposait d'une immense fortune, se retira dans son château vendéen de Tiffauges où il mena une vie fastueuse. En mécène généreux, il dépensa dès lors sans compter en faveur de la musique, de la littérature et des spectacles. Sa famille s'alarma lorsqu'il dut vendre ou hypothéquer des terres pour payer ses excès, et obtint en 1435 un décret royal interdisant à Gilles de disposer de ses biens.

C'est au milieu des années 1430, que Gilles de Rais se consacra à l'alchimie, à la magie noire et à l'invocation de Satan. Il aurait, pendant cette période, enlevé et assassiné, selon les estimations, de cent quarante à plusieurs centaines d'enfants, des garçons pour la plupart. En 1437, des squelettes furent découverts chez lui, mais Gilles ne fut pas inquiété. Cependant, après une enquête menée en 1440 par l'évêque de Nantes, il fut emprisonné et accusé de crime, de sodomie et d'invocation des démons. Un tribunal ecclésiastique le condamna pour hérésie et l'excommunia. Gilles fut ensuite jugé et condamné pour meurtre par un tribunal civil et exécuté, après s'être repenti, à Nantes, le 26octobre 1440.

Premier pas vers la folie meurtrière

Il convient de préciser qu'il n'existe aucun portrait de Gilles de Rais effectué de son vivant, tous furent peint bien longtemps après sa mort, de même sa date de naissance est inconnue.

Un voile de mystère demeure à tout jamais sur le compagnon de Jeanne d'Arc .

Il a été situer approximativement la date des premiers crimes vers les années 1432 - 1433.
En l'année où Jean de Craon, seigneur de Suze, aïeul de Gilles de Rais décéda c'est à dire le 15 novembre 1432, la folie meurtrière de ce dernier commença.
A la tête d'un clan d'assassins, Gilles de Rais tuait en chaque résidence qu'il possédait, Champtocé, la maison de Suze à Nantes et enfin les châteaux de Tiffauges et de Marchecoul.
Il dit avoir pour son plaisir et selon sa volonté fait tout le mal qu'il pouvait.

Tels des monstres assoiffés de sang, les demeures du maréchal de France se refermèrent comme des mâchoires sur de jeunes garçons qui avaient eu le malheur de demander l’aumône .

Vers 1432, Jeannot Roussin âgé de neuf ans disparaît alors qu'il gardait des bêtes.
Jeanne, veuve d'Aimery Eolin se plaint de la disparition de son fils de 8 ans.
Disparition de l'enfant d'Alexandre Chastelier.

Chaque fois un même personnage est évoqué, il est vêtu d'un long manteau noir et d'un voile sur le visage, lors du procès, ce personnage sera reconnu comme Gilles de Sillé, compagnon de Gilles de Rais .

Un second personnage doit être évoqué, il s’agit de Poitou qui entra au service de Gilles de Rais comme page et qui sera en 1437, chambrier du maréchal, il est alors âgé de moins de 20 ans.
Il égorgera souvent les victimes pour son maître.

Un troisième personnage, le parisien Henriet Griard entre au service de Rais, il sera mis au courant des agissements du maître par Poitou.

1437, Gilles de Rais se retire après une carrière militaire exceptionnelle, maréchal de France, compagnon de Jeanne d'Arc, il goûte au repos dans son château de Machecoul.
Le frère du peintre Thierry, un jeune enfant disparaît, c'est Poitou qui charge Henriet de la triste besogne.

En octobre 1437, Gilles de Rais demande à Gilles de Sillé d'enlever d'une tour proche de la salle basse de la forteresse les ossements de quarante enfants et de les brûler.

Le 16 juin 1438; Jean Servant et sa femme se plaignent de la disparition de leur fils âgé de 9 ans.

Le 24 juin , un écolier de 12 ans, Jean, fils de Jeanne Degrepie disparaît lors de la fête de la Saint Jean.

Le 26 juin , disparition de Jean Hubert âgé de 14 ans.

Les étapes de l'horreur

Lors du procès, Henriet et Poitou déclare se souvenir d'avoir livré chacun une quarantaine d'enfant, avant de les assassiner pour assouvir des sodomitiques passions.


Il est dit qu'avant de perpétrer ses débauches sur lesdits garçons et filles et afin d'empêcher leurs cris, et éviter qu'ils soient entendu, ledit Gilles de Rais les a parfois accrochés avec ses propres mains, ou parfois les fit accrocher par le cou par d'autres, avec des cordes ou des crochets dans sa chambre. Puis il les relâchaient, les soulageant, les assurant qu'il n'a pas voulu leur nuire ou les blesser, mais au contraire, il prétendait vouloir seulement jouer avec eux. Et de cette manière, il les faisaient arrêter de pleurer.

Gilles de Rais faisait démembrer les enfants par des complices, parfois exposait les entrailles à l'air libre ou écrasait les têtes à l'aide d'une massue armée de clous.
La vue du sang portait le Maréchal de Rais au plus haut degrés de l'excitation sexuelle.

Poitou confirma lors du procès qu'il ne perdait rien de l'agonie de ses victimes.

Août 1438, le fils de Jean Fougere disparaît, il était âgé de 12 ans.
En septembre, les fils de Peronne Loessart âgé de 10 ans et de Jean Bernard, 12 ans disparaissent.
Octobre 1438, Perrot Dagaye âgé de 10 ans ne donne plus signe de vie.

Après que ledit Gilles de Rais ait commis ses débauches horribles et ses péchés de chair avec lesdits garçons et filles, il les a tués immédiatement , les rendant coupables de leur propre mort.. parfois ils ont été décapités, parfois leurs gorges ont été tranchées, parfois ils ont été démembrés et parfois leurs cous étaient cassés avec un bâton de bois .


Il n'est pas certain que le viol fut de mise mais plutôt l'accomplissement d'une jouissance devant les supplices des enfants.

En outre, il est dit que ledit Gilles de Rais a parfois commis ses plaisirs avec lesdits garçons et filles avant de les blesser, mais c'était rare; d'autres fois, il les sodomisaient après les avoir accroché ou avant d'autres blessures; d'autres fois encore, après leur avoir tranché la gorge, il se masturbait sur les veines du cou ou de la gorge, et sur le sang giclant ; d'autres fois encore, ils les violaient alors qu'ils étaient dans la langueur de la mort à condition qu'il y ait encore quelle chaleur dans leurs corps.

 Lors du procès, Gilles précisa qu'il avait plus de plaisir au meurtre des enfants, à voir séparer leurs têtes et leurs membres, à les voir languir et à voir leur sang, qu'à les connaître charnellement.
Franchissons une nouvelle étape dans l'horreur :

Quand les enfants furent morts, il les embrassait et ceux qui avaient les plus belles têtes et les plus beaux membres, il les donnait à contempler, et il faisait cruellement ouvrir leur corps et se délectait de leurs organes intérieurs.
De plus, dit il, quand les enfants mouraient, il s'asseyait sur leur ventre et il prenait plaisir à les voir mourir et il en riait ...

A la fin de cette orgie, les serviteurs nettoyaient les salles du château de ce jeune sang frais tandis que Gilles de Rais allait se reposer.
Les cadavres étaient ensuite brûlés dans une vaste cheminée.
Le 14 mai 1439, un nouveau personnage entre en scène, il s'agit du père Francisco Prelati.

Les disparitions s’accélèrent, de nombreux paysans ne peuvent que constater la disparition de leurs enfants. Gilles de Rais continue inlassablement ces crimes, il lui faut à tout prix trouver le moyen de faire de l'or, au bord de la faillite, il va commettre l'erreur qui le mènera au bûcher.

L'affront de Saint-Étienne de Mermorte

Le 15 mai 1440, à la tête de soixante hommes, il pénètre en l’église de Saint Mermorte, brandissant une hache, il hurle et injurie Jean le Ferron auquel il a vendu la châtellenie de Saint Etienne de Mermorth.
Gilles de Rais a commis l'irréparable.
Il a violé le privilège ecclésiastique et plus grave par cette action il vient de provoquer le Duc de Bretagne.

Constatant cet acte terrible, Gilles veut rencontrer Jean V, sur le chemin il demandera à Prelati d'invoquer le démon Barron, ce dernier en l'absence de Gilles se présente recouvert d'une cape violette et confirme que Gilles reviendra sain et sauf ...

Pendant ce temps, une enquête secrète est déclenchée par l’évêque de Nantes et chancelier de Bretagne, les résultats de l'enquête sont désastreux pour Gilles, la rumeur publique l'accuse de tout.
Devant cet état de fait, le Duc de Bretagne décide d'en finir avec le jeune maréchal.

Le 24 août, le Duc autorise son frère, officier du Roi à prendre le château de Tiffauges où est retranché Gilles de Rais et ses complices.

Fin août 1440, la justice civile prend la décision de procéder à l'arrestation de Gilles en vertu des éléments de l'enquête.
Lors de l’affaire Gilles de Rais, le procès ecclésiastique représenté par l’évêque et le vice inquisiteur durera plus d’un mois, le procès civil sera dirigé par Pierre de l’Hospital en seulement 24 heures.

Le 13 septembre 1440, Gilles est cité devant le tribunal ecclésiastique, il est accusé de meurtres d'enfants et d'avoir pactisé avec le démon. Le maréchal est arrêté en compagnie de ses complices, Poitou, Eustache Blanchet et le sorcier Prelati. Sur le chemin de la prison de Nantes, Henriet tentera de se suicider en s'ouvrant la gorge.

Incarcéré dans un vaste appartement à Nantes, Gilles attends entre deux prières le jugement de la cour séculière pour répondre des meurtres d’enfants et de la violation du privilège ecclésiastique.

Peut être pense t’il échapper à la justice grâce à son statut, ses rangs et ses titres, que valent ces rumeurs fassent à un maréchal de France ?
Le 19 novembre 1440, les débats s’ouvrent , 49 articles forment l’acte d’accusation.

Gilles ne reconnaît pas la cour comme compétente et vocifère à ses juges les sobriquets de ribauds et de simoniaques.
Les plaignants se succèdent accusant gilles d’être le responsable de la disparition de leurs enfants, on parle à ce moment précis d’évocations de démons.

Le 15 Octobre 1440, coup de théâtre, Gilles accepte la compétence de la cour et reconnaît ses crimes à l’exception de l’évocation du démon.

16 Octobre 1440, témoignage de Prelati.
17 Octobre 1440, Témoignage de Blanchet, d’Henriet et de Poitou.
20 Octobre 1440, les juges demandent la torture pour Gilles de Rais.
21 Octobre, Gilles parlera mais ne veut pas subir la torture.

Confession de Gilles de Rais, Prelati et Gilles de Rais avouent les évocations de démons.
Il implore le pardon de Dieu et s’excuse auprès des enfants qu’il a honteusement torturé.
Le 23 Octobre , la cour prononce la condamnation à mort de Gilles et de ses complices Poitou et Henriet.

Le 25 Octobre c’est au tour de la cour ecclésiastique de condamner à mort Gilles de Rais pour évocation de démons et d’avoir perpétré le crime et le vice contre nature selon la pratique sodomite.
Gilles de Rais supplie à genoux selon la proposition de l’église d’être réincorporé dans cette dernière.

Gilles demandera d’être brûlé avant ses serviteurs Poitou et Henriet eux aussi condamnés à mort, on lui accordera cette grâce.

Le 26 Octobre 1440, Gilles est pendu et ensuite livré aux flammes, on retirera son corps ensuite pour qu’il soit enterré par quatre ou cinq dames de Grand état.

Le corps de Gilles de Rais sera déposé en l’église de Notre Dame du Carmel de Nantes. 350 ans plus tard, les révolutionnaires détruiront son tombeau.

Les 3 évocations du démon Baron

Francisco Prelati

Désespéré de ne pouvoir trouver un alchimiste digne de ce nom pour pouvoir combler ses colossales dettes, Gilles de Rais fit la connaissance grâce à Eustache Blanchet, moine défroqué, de François Prelati .

D'après sa déposition lors du procès, Prelati naquit à Monte Catini, dans le diocèse de Lucques.
Il entreprit des études religieuses et reçut la tonsure cléricale.
Pourtant il s'adonna à la géomancie sous l'influence du médecin florentin , Jean de Fontanel.

Ces derniers firent selon la légende apparaître bon nombre de démons, en échange de quelques poules et d'hirondelles.
Devant un tel pouvoir, Blanchet fut persuadé que Prelati était l'homme de la situation et décida de présenter cet étrange jeune homme à son maître.
Nous n'avons aucun renseignement sur son aspect physique, nous pouvons penser qu'il était âgé de 22 ans ou 24 ans lorsqu'il arriva le 14 mai à Tiffauges en compagnie de l'escorte qu'avait envoyé le Maréchal de Rais.

Par son intelligence, et sa beauté sans doute, il conquit très vite le cœur et le corps de Gilles de Rais.
Devant l'inévitable faillite du maître des lieux, Prelati était l'homme de la providence, mais aussi celui qui allait précipiter Gilles de Rais vers les gouffres de l'enfer.
Pour l'obtention de richesses et d'or, Prelati procéda par 3 fois à l'évocation du démon Baron en présence de Gilles de Rais.
Bien sûr, le démon ne se présenta jamais devant un seul témoin, ce ne fut qu'en face de Prelati que Baron voulait apparaître ...

1/La grande évocation de Tiffauges

Au début de l'été 1438, peu avant minuit, Gilles de Rais et Prelati, aidés de Gilles de Sillé, d'Eustache Blanchet, d'Henriet et de Poitou ses complices, tracèrent par la pointe d'une épée plusieurs cercles où ils inscrivirent des croix et des caractères en formes d'armoiries. Dans des pots de terre à l'intérieur du charbon brûlait , sur lequel ils jetèrent de l'encens, de la myrrhe et des grains d'aloès.
Prelati aurait eu en possession à ce moment précis un étrange livre relié de cuir noir, avec une partie en papier et l'autre en parchemin que lui aurait offert un certain Breton .

Prelati se place au centre du cercle et prononce la formule du livre :

Je vous conjure Baron, Oriens, belial, Belzébuth, par le père et le fils et le saint esprit, par la vierge marie et tous les saints apparaître ici en notre présence afin de vous entretenir avec nous et de faire notre volonté.

Ils ouvrent les quatre fenêtres de la grande salle inférieure du château de Tiffauges, deux heures se passent, rien ... Baron n'apparaît pas. Sur Ordre de Rais, le lendemain soir, Prelati répéta l'opération.

2/L'évocation de Bourgneuf

En compagnie de Gilles de Rais, Prelati et Poitou le chambrier se rendent dans un pré, non loin d'une vieille maison inhabitée, à environ un kilomètre de Tiffauges, dans la direction de Montaigu. Ils portent une nouvelle fois de l'encens, une pierre d'aimant et toujours cet étrange livre de cuir noir. Ils dessinent une fois de plus un cercle et des signes à l'aide d'un couteau selon les indications du livre.

En dépit de l'interdiction de Prelati, Poitou se signe secrètement, les invocations commencent, le chambrier entendra plusieurs fois le nom de Baron, ils restent tous une demi heure.
Tous relatèrent le fait qu'une violente averse débuta lorsqu'ils pénétrèrent dans le cercle, il s'éleva un vent violent et une obscurité si grande après l'échec du cérémonial qu'ils eurent du mal à rentrer au château.

Devant ce second échec, Prelati demandera à Gilles, un pacte le liant avec l'enfer.
Viens à ma volonté et je te donnerai tout ce que tu voudras, excepté mon âme et l'abréviation de ma vie.

Les historiens ne sont pas d'accord quant à la date de rédaction de l'acte, pour certains il fut rédigé après cette seconde évocation, pour d'autres bien avant. Il convient de remarquer que désormais Gilles de Rais vient d'entrer de plein pied dans le satanisme, il a signé un pacte démoniaque de son sang.

3/L'évocation du Serpent

En une date indéterminée, personne ne sera capable de la préciser lors du procès, Prelati fit seul une évocation ou Baron lui serait apparu. Il lui demande des richesses au nom de Gilles, le démon accepta la demande et lui procura une grande quantité d'or en lingot.
Au courant de la réussite, Gilles de Rais veut voir cet or, tous deux se dirigent vers sa chambre mais à ce moment précis, Prelati hurle à Gilles de ne pas pénétrer dans ce lieu, un grand serpent de couleur verte, de la grosseur d'un chien est apparu.
Gilles se sauve pour aller prendre un crucifix contenant une parcelle de la vraie croix, revient et se présente à l'entrée de la chambre.

Prelati, lui explique qu'il n'aurait pas du faire prendre la croix , Gilles pénètre dans la chambre et ne peut constater que le tas de lingots d'or n'est qu'une sorte d'oripeau, une feuille de laiton, à laquelle il ne toucha point.
Ces trois évocations ont un point commun, elles réunissaient à chaque fois le Maréchal de Rais et Prelati. Le démon Barron apparut selon Prelati bon nombre de fois, mais bien sûr sans jamais aucun témoin. En août 1439, lors d'une évocation le démon lui aurait donné une poussière noire sur une pierre d'ardoise.
Gilles de Rais l'aurait porté plusieurs jours dans une boîte d'argent mais il s'en serait débarrassé, s'apercevant qu'elle ne lui serait d'aucun profit. A chaque fois, Prelati usa de la naïveté, de la confiance de Gilles de Rais.

En Novembre 1439, Prelati prétend que Baron à demandé à Gilles de donner à manger en son nom à trois pauvres dans trois grandes fêtes de l'année. Gilles ne le fit qu'une fois à la Toussaint, pour Prelati c'était la cause pour laquelle Baron refusait d'apparaître en présence de Gilles, une fois de plus l'escroc profitait de la crédulité de son maître. Pourtant Gilles veut faire apparaître Baron, il ira même jusqu'à mettre dans un verre en présence de Poitou, le cœur et la main d'un jeune enfant ...

Bibliographie

G. Bataille,Le procès de Gilles de Rais, Paris, 1985.

G. Bernelle, La psychose de Gilles de Rais Paris, 1910.

Bossart, Abbé Eugéne, Gilles de Rais, maréchal de France, dit Barbe Bleue, Paris, Champion, 1866.

M. Bataille, Gilles de Rais, Editions planète, 1966.

J. Heers, Gilles de Rais, vérités et légendes, Perrin.

J.K, Huysmans, Là-Bas.

R. Villeneuve, Gilles de Rais, une grande figure diabolique, Marabout.

Biographie
Automne  1404, naissance à Champtocé, en Anjou, de Gille de Rais (ou Retz),  

14 Janvier 1412, fiançailles de Gilles à Jeanne Peynel, riche héritière, le but est la captation de sa fortune, celui qui tire les ficelles dans l'ombre de ces fiançailles n'est autre que Jean de Craon. Au courant de ces étranges affaires, le parlement de Paris interdira le mariage.

28 Septembre 1415, le père Guy de Laval décède confiant la tutelle de son fils à Jean Tournemine de la Humaudaye, son cousin.

28 Novembre 1417, Nouvelles fiançailles pour Gilles, toujours grâce à Jean de Craon, l’élue est le nièce de Jean V, duc de Bretagne, c'est un nouvel échec.

Novembre 1420, Gilles Kidnappe Catherine de Thouars sa cousine, pour se marier avec elle, le commanditaire de ce rapt n'est autre que Jean de Craon.

Fin de l'année 1420, La femme de Jean de Craon meurt, après un très court laps de temps, Craon épouse la grand mère de Catherine de Thouars, Anne de Sillé.

24 avril 1422, Mariage public de Gilles de Rais.

1424, Gilles est majeur et libre de régner sur sa fortune, il écarte peu à peu son grand père.

1427, Gilles débute une formidable carrière militaire contre les anglais.
Etienne Corrillaud de Pouzauges âgé de 10 ans entre comme page sous les ordres de Gilles de Rais.

28 avril 1429, départ de Gilles de Rais et de Jeanne d'Arc pour Orléans, la ville assiégée par les anglais.

Fin de l'année 1429, La fille de Gilles, Marie, vient au monde.

Début de la prodigalité de Gilles avec la vente du château de Blason, il n'a environ que 25 ans et il est l'un des plus grands guerriers du royaume.
Maréchal de France, les fleurs de Lys ornent son blason, suprême récompense de la part du Roi.

30 Mai 1431, Jeanne d'Arc est brûlée à Rouen.

15 novembre 1432, Jean de Craon meurt .

Poitou devient le chambrier de Gilles de Rais.

1432-1433, Les crimes débutent ...

1437, Gilles de Rais se retire après une carrière militaire exceptionnelle, maréchal de France, compagnon de Jeanne d'Arc, il goûte au repos dans son château de Machecoul.

15 mai 1440, à la tête de soixante hommes, il pénètre en l’église de Saint Mermorte.

Août 1440, la justice civile prend la décision de procéder à l'arrestation de Gilles en vertu des éléments de l'enquête.

13 septembre 1440, Gilles est cité devant le tribunal ecclésiastique.

19 novembre 1440, les débats s’ouvrent , 49 articles forment l’acte d’accusation.

15 Octobre 1440, coup de théâtre, Gilles accepte la compétence de la cour et reconnaît ses crimes à l’exception de l’évocation du démon.

23 Octobre 1440 , la cour prononce la condamnation à mort de Gilles et de ses complices Poitou et Henriet.

25 Octobre c’est au tour de la cour ecclésiastique de condamner à mort Gilles de Rais.

26 Octobre 1440, Gilles est pendu et ensuite livré aux flammes, on retirera son corps ensuite pour qu’il soit enterré par quatre ou cinq dames de Grand état.

Le corps de Gilles de Rais sera déposé en l’église de Notre Dame du Carmel de Nantes. 350 ans plus tard, les révolutionnaires détruiront son tombeau.



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