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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 21:33

Le livre de Kells.

 

 

 

 

 

kells.jpg

 

 

 

 

 

 

Le Livre de Kells n'est pas simplement un manuscrit religieux. Bien sûr, le texte est celui des quatre évangiles de Marc, Matthieu, Luc et Jean et ceci est l'unique sujet du livre. Mais son âge et sa facture, même si il est abîmé, nous permet de découvrir pleinement l'art et le style médiéval de l'Irlande. Ce livre est tout simplement considéré comme une œuvre suprême de l'art celte ainsi que l'un des plus importants trésors de l'Europe occidentale.



L'histoire du Livre de Kells nous ramène quelque 1500 ans en arrière au 6ème siècle de notre ère. Certains disent que Saint Columba lui-même a participé à son écriture, mais la plupart estime qu'il est l'œuvre de scribes qui ont marché dans sa trace. Le Livre est l'œuvre d'au moins deux mains différentes d'après les experts qui estiment qu'il a été copié peu de temps après la mort de Saint Columba.



Les experts ne sont pas tout à fait sûrs de l'origine du Livre de Kells mais certains indices pointent vers l'île de Iona, où Saint Columba établit son monastère et d'où son influence se répandit. Plus tard, durant les raids vikings du 9ème siècle, le livre a été emporté au monastère de Kells (comté de Meath, Irelande) afin de le protéger. Il y est resté pendant au moins deux cents ans, jusqu'en 1007, année durant laquelle il fut volé. La couverture en or, probablement incrustée de pierres précieuses, fut arrachée et le manuscrit jeté dans un fossé. Il fut bientôt retrouvé mais il avait subi ses premiers dommages : l'eau avait abîmé les pages du début et de la fin. La couverture, elle, ne fut malheureusement jamais retrouvée…



Le Livre de Kells revient à Kells où il est gardé jusqu'en 1541, lorsque l'Eglise catholique romaine le prend sous sa protection. En 1661, le Livre est rendu à l'Irlande et donné au Trinity College de Dublin par l'archevêque Ussher. Il est resté à l'université depuis et constitue l'œuvre la plus importante dont dispose la bibliothèque.



Avec les années, environ trente pages du manuscrit ont été perdues, les trois cent quarante restantes contenant les quatre évangiles, une liste de noms en Hébreu et les tables d'Eusébie ('Eusebian cannons'). C'est le travail artistique présenté sur ces pages en parchemin qui ont fait la renommée de cette œuvre.



Le Livre présente un registre complet d'enluminures et de dessins, couvrant à peu près tous les styles connus à cette époque. On estime que la création de ce chef d'œuvre a occupé une poignée de scribes pendant... trente ans ! Un travail réalisé à la main, avec des entrelacs (NDLR : union de plusieurs courbes fermées) de lignes et de couleurs époustouflants. Les pages les plus admirables préfacent les quatre chapitres avec des illustrations des Saints. D'autres pages remarquables proposent des scènes de la vie du Christ.



Les détails du Livre de Kells sont d'une minutie incroyable, chaque motif étant original. Sur une page, 158 lignes figurent dans un entrelacs blanc de 3 cm2 et aucune erreur n'a pu être repérée même avec l'aide d'une loupe. Pendant des années, on a pensé que seuls des anges avaient pu écrire le Livre de Kells.



Le fameux Book of Kells d'Irlande, le plus beau manuscrit enluminé du monde, est aussi l'une de nos plus belles énigmes. Aujourd'hui, grâce à une superbe reproduction (fac-similé), chercheurs et étudiants de l'Université du Texas et du Collège Austin peuvent l'étudier page par page à la recherche de nouvelles réponses.

 

 

 

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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 03:43
La nef des fous.







La Nef des fous (das Narren shyff) est un ouvrage allemand écrit par le strasbourgeois Sébastien Brant à la fin du XVe siècle.

Publié par Johann Bergmann d'Olpe, pendant le carnaval à Bâle, ce récit versifié recense divers types de folie, brossant le tableau de la condition humaine, sur un ton satirique et moralisateur. Il mélange l'ironie et le sermon, le rigorisme et l'humour et est à la fois inspiré par l'esprit de la Réforme et par la littérature populaire, de colportage, avec ses proverbes dialectaux.

L'esprit de l'œuvre est pessimiste, l'auteur ne croit pas que les hommes peuvent s'amender, mais il ne peut s'empêcher de s'indigner, de protester. Il ne cherche même pas à corriger les travers qu'il dénonce, sans vouloir faire de concession en nuançant entre les péchés véniels et ceux mortels. Tous mènent également à la perte

Il sait que le bateau va, simplement, vers son naufrage. Cette métaphore, thème principal du livre, disparait d'ailleurs bien vite, au profit d'une énumération, d'ailleurs non exempte de redites.

Les quelque 7000 vers sont courts. Les portraits (plus d’une centaine) ne ménagent personne, sans nommer non plus personne de trop puissant et de vivant à l’époque de l’auteur. Les références académiques sont nombreuses dans ce texte de lettré ; Brant était docteur « dans les deux droits » et a des notions poussées de rhétorique.

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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 02:01
Le manuel des inquisiteurs.








Rédigé en latin, Le Manuel des Inquisiteurs (Directorium Inquisitorum) est le document de référence sur le fondement juridique, la doctrine et la méthode, pour la conduite d'un procès d'Inquisition. Il apporte un éclairage unique et complet sur ce domaine situé au carrefour du droit canon et de la procédure pénale, et sur son évolution entre le XIVe et le XVIe siècle.



Genèse du document.

Le manuel des inquisiteurs a été rédigé en deux périodes. Une première partie a été rédigé en 1376 à Avignon par Nicolas Eymerich, docteur en théologie et inquisiteur général d'Aragon. Cette couche rédactionnelle apporte donc un témoignage sur le fonctionnement de l'Inquisition médiévale, particulièrement sa pratique en Espagne, après son apogée: l'Inquisition existe depuis plus d'un siècle et son fonctionnement est à présent rôdé, mais la période des grandes hérésies est achevée. Ce manuel (directorium, littéralement "itinéraire tracé", guide pour cheminer dans un pays inconnu) devient rapidement une référence doctrinale, ce dont témoignent de nombreuses copies manuscrites, et le fait qu'il fut un des premiers livres imprimés en Espagne, en 1503).

En 1578, le Saint-Siège romain demande au juriste Francisco Peña (1540-1612) d’établir une édition enrichie de l’ouvrage d’Eymerich. Cette version (In Directorium Inquisitorum a Nicolao Eimerico conscriptum commentaria), sera rééditée quatre fois jusqu'en 1607, et aura une diffusion considérable à travers l’Europe.



Composition.

Le Manuel initial de Eymerich est composé de trois parties, qui donnent tout ce qui est nécessaire pour mener la procédure lors des procès de l’Inquisition : la première partie rassemble les textes de références (prima pars est de fide catholica). Elle compile les textes canoniques, pontificaux, des Pères de l’Eglise ainsi que les textes des conciles définissant la foi de l’Eglise catholique. La seconde partie (secunda pars directorii est de haeretica pravitate, in qua hæc per ordinem continentur)décrit et définit les différentes hérésies, à travers les textes du magistère " Tertia pars directorii est de practica officii inquisitor, in qua hæc per ordinem continentur" . La troisième partie du guide traite de la procédure pratique de l'inquisition, et tout y est précisé séquentiellement et méthodiquement, dans ses moindres détails (elle comprend notamment trois pages sur les règles d'emploi de la torture, à partir de la section 151). Enfin, dans une quatrième partie, Eymerich examine Quaestiones centum triginta super practica officii Inquisitionis eidem officio congruentes: cent trente et une questions qui peuvent se poser dans la pratique de l'inquisition, en y apportant des éclaircissements circonstanciés.

Dans la réédition faite par Peña en 1578, le texte de Eymerich constitue un premier volume (jusqu'à la page 400, feuillet 427). L'ajout de Peña se présente comme un volume supplémentaire en trois parties (in tres partes Directorii Inquisitorum Nicolai Eymerici Scholiorum, seu Adnotationum), avec une pagination propre. Penã ajoute des "scholies", c’est-à-dire des remarques et commentaires critiques sur le texte original de Eymerich, émises passage après passage, dans l'ordre du texte original. La première partie comporte 24 scholies, la deuxième partie en comporte 64, et la troisième partiesur la procédure, cent soixante quatre. Le volume se termine par un index, puis par un recueil des lettres apostoliques émises depuis l'édition de Eymerich, qui ont leur propre index.

Le manuel a beaucoup plus que doublé entre les deux versions.



Nature et portée de l'œuvre.

Le premier travail entrepris tant par Eymerich que par Peña est un travail de compilation: recenser et retranscrire tous les textes de référence nécessaires pour le travail de l'inquisiteur. A cette époque, la notion de "code juridique" n'existe pas. Au mieux, les textes sont recensés dans des décrétales, par sujet, mais les références nécessaires figurent parfois dans des bulles extravagantes (du latin, vagant: qui "errent", extra: en dehors des recueils systématiques). Ce recensement ne concerne que les textes "universels", approuvés pour l'ensemble de la chrétienté. Les instructions particulières à telle ou telle inquisition (en particulier l'inquisition espagnole sont pafrois citées au fil du texte, mais à titre d'exemple, non de référence.

Le travail propre de Eymerich a été d'exposer systématique le déroulement de la procédure, dans l'ordre chronologique, en examinant à chaque étape les références applicables, et les questions pratiques qui peuvent se poser. Ce travail original distingue le manuel de Eymerich de nombreuses autres œuvres d'autres inquisiteurs (par exemple le Manuel de l'Inquisiteur de Bernard Gui). L'exposé systématique de Eymerich devient de ce fait le cadre de référence qui permet de s'orienter dans la procédure inquisitoire, de la comprendre, et de l'enseigner. A cause de cet apport, le manuel de l'inquisiteur devient la référence incontournable, figurant parmi les "standards" des bibliothèques universitaires, enchaînés pour que chacun puisse les consulter sans crainte qu'ils soient volés. Par cette œuvre, Eymerich devient le jurisconsulte en matière de droit inquisitorial.

En comparaison, le travail de Peña est de nature beaucoup plus universitaire, s'apparentant à l'exercice moderne d'une édition critique: partant de la procédure (et des questions diverses) de Eymerich, il en discute la portée, cite les auteurs ayant écrit sur la question (les citations font parfois jusqu'à la moitié des scholies), et le cas échéant, émet un avis sur la validité de la position défendue par Eymerich. Ces commentaires donnent un éclairage précieux sur la perception que le XVI° siècle pouvait avoir de la procédure inquisitoriale.

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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 20:42

Le roman de Renart.

 



Le Roman de Renart est un recueil de récits médiévaux français des XIIe et XIIIe siècles ayant pour héros des animaux agissant comme des humains.



Contexte.


Dès le XIIe siècle, la bourgeoisie a sa propre littérature, véritable satire sociale avant la lettre. Elle est par essence malicieuse, pittoresque, parfois grivoise ou, à l'inverse, morale mais le plus souvent réaliste. Il nous en reste essentiellement des fabliaux (Estula - Le lévrier et le serpent - La Farce de Maître Pathelin - Moniage Guillaume - La Mort Artu : Anonyme du XIIIe siècle…) et surtout le Roman de Renart.

C'est une œuvre composée de courts récits indépendants, quelquefois en prose, le plus souvent en vers octosyllabiques. Écrit en français, langue romane d'où le nom roman, il en existe 27 branches rédigées, au cours des temps, par des auteurs différents. Il met en scène des animaux dont les deux principaux : le loup « Ysengrin » et surtout le goupil « Renart », le si célèbre héros. Le Roi-lion, lui, sert d'arbitre. Le récit contient 80 000 vers, à rimes plates pour favoriser la citation de ces récits (ils étaient racontés, sous diverses formes, par les jongleurs à la population, très peu de gens sachant lire et écrire au Moyen Âge).



Interprétations.


Ces textes satiriques ont des fonctions diverses :

- de critique sociale des classes dominantes, incapables de nourrir les petites gens ; de parodie des chansons de geste et romans courtois, mêlée d'anticléricalisme ;

- psychologiques (voire cathartiques) : transgression de tabous religieux (Dieu est absent et les formes sociales de la religion - pèlerinage, croisade et simplement clergé - sont méprisés et ridiculisés) alors que l'antagonisme central entre Renart et Ysengrin fait appel à la scène primitive (le viol de la louve).

Ces textes ont inspiré certains auteurs contemporains comme Carl Gustav Jung, dans la création de son concept d'Enfant intérieur et Paul Radin, dans son étude du Trickster. Ces auteurs furent interpelés par la figure de Till l'espiègle ou celle du renard dans Le Roman de Renart, entre autres, comme modèles de ce qu'ils nommaient le "fripon divin" : un être espiègle, malicieux et facétieux.

Seulement, Renart dénonce (la faim, la violence, la bêtise...) mais ne propose rien.

Les œuvres les plus tardives (Renart le Bestourné (à l'envers) de Rutebeuf, ou l'anonyme Renart le Contrefait, (1319-1342) accentuent encore la satire.

Selon certaines interprétations, Renart représenterait le petit peuple, toujours prêt à mille « jongleries » pour survivre ; Ysengrin : la bourgeoisie, lourde et patentée ; Grimbert, le blaireau : le clergé et Brun, l'ours : la noblesse. Mais dans le texte, tous les personnages sont explicitement présentés comme appartenant à la noblesse. Renart est un chevalier qui vit dans son château de Maupertuis et est le premier à se moquer des vilains et à vivre à leurs dépens en les ridiculisant voire en n'hésitant pas à les tuer.

Pour d'autres interprètes (qui semblent aller encore plus loin), le roman serait une représentation de la cellule familiale primaire. Goupil serait la femme, un peu rusée, un peu sorcière et le loup, l'éternel mari, fort et brutal, toujours prêt à profiter de ses avantages naturels mais finalement toujours berné. Une famille dont le patriarche, serait le lion ; le corbeau, la belle-mère ; l'ours : le beau-père, etc. D'ailleurs, ces rôles « traditionnels », se retrouvent, quasiment à l'identique, dans plusieurs autres cultures européennes (Finlande, Suède, Roumanie, Russie), ou même orientales (Chine, Inuits, Mongolie...).

Les frères Grimm y voient une « épopée animalière (Thiersage) venue de Germanie via Tacite. Ce qui lui confèrerait des racines indo-européennes ».

Alors, les auteurs du Roman seraient-ils, des peintres animaliers ? Non, peu leur chaut ; le monde des animaux, miroir du monde humain, sert avant tout à critiquer celui-ci. Les auteurs se moquent de tout, des chevaliers aux pèlerins, de la justice aux courtisans, montrant partout l'hypocrisie. Successeur d'Ésope, il préfigure les fables de Jean de La Fontaine.

Et si en fin de compte, Renart, dans ce cycle interminable, avait créé un autre univers : le sien ?

Bref, ces récits sont si riches que chacun peut y trouver ce qu'il y cherche. De toute façon, c'est presque toujours Renart qui gagne.



Origines

Origine des noms.
Renard (ou Renart) est un nom de personne d'origine germanique : Raginhard (ragin = conseil + hard = dur). Ne l'oublions pas, le substantif renard est au départ un prénom ; c'est la popularité du goupil prénommé Renart qui en a peu à peu fait un substantif.
Dérivés : Raynard, porté notamment en Vendée, Puy-de-Dôme et en région lyonnaise.
Variantes : Raynart, Rainart (06), Rainard (79, 86). Regnard, porté notamment dans l'Yonne et la Somme ; c'est un nom de personne d'origine germanique identique à Renard.



Variantes
: Regnart (51, 80) ; Réginard, Reynard, porté dans la région lyonnaise et le Vaucluse.

Dans le poème de Nivard de 1148, plusieurs animaux retrouvent un nom fixé, de longue date, par la tradition. Ce sont : Reinardus le goupil, Balduinus l’âne, Bruno l’ours. Le nom des autres animaux ne reparaissent plus... inventés pour la circonstance, ils disparaîtront avec leur auteur.
En Allemagne, de nos jours, Reinhart est un patronyme assez courant. D'ailleurs, nous retrouvons dans le « Glichezâre » : Reinhart pour Renart, Dieprecht pour Tibert, Diezelin pour Ticelin. Par de singuliers échanges, ces termes d'origine mérovingienne (donc germanique) paraissent avoir ensuite été latinisés puis récupérés par le français, avant, d'être de nouveau germanisés puis enfin définitivement refrancisés.
Ainsi goupil vient du latin Vulpes mais les Francs lui préfèrent le terme mérovingien Reinhardt qui sera une première fois francisé en Reynard (ou Reynart), repris en allemand tel quel, latinisé en Reinardus puis en Renardus avant d'être définitivement refrancisé en Renard ou Renart. Il faut l'avouer, c'est assez complexe et on pourrait facilement y perdre son latin.
Quant à Ysengrin, Ysen-grin, il signifie en flamand « féroce comme le fer » ou « casque de fer ».



Origine des textes.

Roman de Renart ; enluminure de manuscritCes textes sont issus d'une longue tradition de récits animaliers en latin, notamment :

L'Ysengrimus, ainsi que des fables ésopiques regroupées au Moyen Âge dans des recueils nommés « Isopets ».
Elle peut se retrouver dans :

des contes populaires, sans doute très anciens pour quelques-uns
des auteurs latins (Ésope)
des poèmes en bas-latin, surtout :
La Disciplina clericalis, recueil « d'exempla » (petits contes moraux) d'origine orientale composée en latin vers 1110 par Pierre Alphonse, médecin sépharade converti au christianisme. On y trouve des récits promis à un succès durable dans la littérature européenne comme la première élaboration connue du « Conte du loup et du renard dans le puits » (branche IV du Roman) ou des récits fournissant l'intrigue d'autres fabliaux célèbres.
l'Ysengrimus : 6 500 vers en distiques latins, où l'on trouve pour la première fois, le personnage de Reinardus) du clerc flamand Nivard de Gand qu'il écrivit en 1148-1149 sous le titre premier de « Renardus vulpes ».
dans les récits de Marie de France, parus en 1152.
Attention : le Roman de Renart n'est pas un roman à proprement parler, mais un ensemble disparate de récits en octosyllabes de diverses longueurs, appelés dès le Moyen Âge « branches » ; on en dénombre 25 à 27 de 300 à 3 000 vers, soit quelques 25 000 vers. La branche I, la plus ancienne (v. 1170) est attribuée à Pierre de Saint-Cloud. Dès le XIIIe siècle, les branches sont regroupées en recueils, apportant une certaine unité.

Si le texte original en français s'est perdu, on en retrouve une première traduction en allemand en 1170, en Alsace, un trouvère nommé Heinrich der Glichezâre » (Henri l’Hypocrite) produisit un « Reinhart Fuchs » qu'il jurait autobiographique. Vers 1250, paraît « Reinaert de Vos », en flamand, composé en deux parties par deux auteurs différents, dont le premier, le trouvère Willem, qui travaillait en Flandre Orientale, était un poète au talent reconnu.




Les textes .


On peut lire plusieurs aventures époustouflantes avec des personnages répétitifs. Dans ce livre, les textes sont écrits en roman (vieux français). Quelques expressions sont parfois dures à comprendre surtout pour les plus jeunes. Ces textes nous éclairent sur le Moyen Âge, la famine et tous les problèmes que l'on peut y trouver.

Les auteurs identifiés
L'un des premiers auteurs connus en est Pierre de Saint-Cloud, érudit, qui fit paraître dans la première moitié du XIIe siècle Les enfances Renart (L'enfance de Renard - Branche II). Tel quel, ce texte de près de 1100 vers est assez difficile à lire, en voici cependant un court extrait :

"Seigneurs, oï avez maint conte
Que maint conteres vos aconte,
Conment Paris ravi Helayne,
Les maux qu'il en ot et la paine, 4
De Tristram qui La Chievre fist,
Qui assez belement en dist
Et fables et chançons de geste,
Romanz de lui et de sa geste,"
8.

Richard de Lison, est le second auteur clairement identifié.

Mais il y a 28 autres auteurs non-identifiés.



Les branches .

Elles ont varié au gré des rééditions.

Branche I ; Si conme Renart manja le poisson aus charretiers, (Comment Renard mangea le poisson des charretiers), Jugement de Renart. Siège de Malpertuis. Renart Teinturier.
Branche II ; Les enfaces Renart, (L'enfance de Renard) de Pierre de Saint-Cloud.
Branche III ; Si conme Renart fist Ysangrin moine, (Comment Renard fit Ysangrin moine).
Branches IV-VI ; le Puits. Chanteclerc. la Mésange. Tibert. les deux prêtres, les Béliers, la Femme du vilain.
Branches VII-IX ; Renart et le corbeau. le Viol d'Hersent. L'éconduit (l'escondit). le Duel de Renart et d'Isangrin. le Pèlerinage de Renart.
Branches X-XI ; Liétard. Renart et la mort de Brun. les Vêpres de Tibert.
Branches XII-XVII ; les Poissons dérobés. Moniage d'Isengrin et la pêche au seau. le Labourage en commun et la collaboration de Renart à l'œuvre du Roi Connin. la Confession de Renart. Isengrin et le prêtre Martin. Isengrin et la Jument. le Bacon enlevé.
Branches XVIII-XIX ; la Mort de Renart. Le Partage du lion. Renart médecin.
Branche XX ; Renart empereur.
Branche XXIV ; La naissance de Renart (seconde version): "Lorsque Dieu eut chasser Adam et Eve du Paradis terrestre, il leur remit une baguette magique. Il leur suffisait d'en frapper la mer pour qu'apparaisse aussitôt un animal, Adam fit sortir de la sorte toutes les bêtes utiles à l'homme, tandis qu'Eve peuplait la Terre d'animaux cruels et sauvages. C'est ainsi que naquit Renart..."




Les personnages .

RenartRenart : le goupil espiègle, personnage principal de ces récits. Complexe et polymorphe, (allant du bon diable redresseur de torts tel Zorro (renard en espagnol), au démon lubrique et débauché) il incarne la ruse intelligente liée à l'art de la belle parole.
Ysengrin : le loup bête et cruel, éternel ennemi de Renart, toujours dupé. Son épouse Dame Hersent la louve, fut jadis « violée » par Renart ; d'où une éternelle rancœur.
Primaut, le damp loup
Noble, le lion : roi
Dame Fière, la lionne
Beaucent, le sanglier
Belin, le bélier :
Baudoin (ou Bokart), l'âne : secrétaire du roi.
Brun (ou Bruno ou Bruin), l'ours (d'après la couleur de sa robe, ou d'après un nom germanique traditionnel)
Chantecler, le coq : il fut emporté par Renart, mais s'en tira sain et sauf.
Chanteclin, le coq : il est le père de Chantecler.
Couard, le lièvre
Eme, le singe : époux de Dame Rukenawe, la guenon
Grimbert, le blaireau : défenseur et cousin de Renart.
Grymbart, la renarde : sœur de Renart.
Hermeline, la renarde : épouse de Renard qui eut quelques démêlées avec Hersent.
Hersent, la louve : épouse d'Ysengrin qui invita Renart à coucher avec elle, un jour ou il vint la voir en l'absence de son époux.
Tibert, le chat : il se fit malgré lui piéger par Renart.
Ticelin, le corbeau : il déroba un fromage à la fenêtre d'une maison de campagne et se le fit voler par Renart.
Blanche, l'hermine
Brichemer, le cerf : sénéchal
Bernard, l'âne
Corbant, le freux
Sharpebek : épouse de Corbant.
Coupée, la geline
Courtois, petit chien
Drouin, le moineau
Hubert, l'escoufle (milan, rapace propre aux régions chaudes et tempérées)
Firapel, le léopard
Jacquet, l'écureuil
Dame Mésange, la mésange dont le fils a Renart pour parrain
Musart, le chameau : légat du Pape
Ordegale, femme castor
Pantecroet, la loutre
Percehaie, Malbranche, et Renardel : Fils de Renard et d'Hermeline
Roonel, le mâtin (gros chien)
Dame Rukenawe, la guenon : épouse d'Eme, le singe.
Tardif, le limaçon
Vader de Lantfert : fils de Dame Pogge de Chafporte et de Macob.
Rohart le corbeau :
Rousse la poule



Recentrer le Roman dans l'histoire .

Selon l'érudit Lucien Foulet, sa composition s’échelonne de 1174 à 1250. Vingt-huit auteurs indépendants y ont collaboré, dont seulement deux ont tenu à nous transmettre leur nom. Ces écrivains ont réalisé une œuvre maîtresse, et à succès.

Rutebeuf écrivit un Renart le bestourné, et Jacquemart Giélée de Lille, un Renart le Nouvel. Le Couronnement de Renart (anonyme) date de la seconde moitié du XIIIe siècle. Maurice Delbouille dans Lettres françaises de Belgique (dirigé par Charlier et Hanse) identifie son auteur par sa langue, "marquée fortement de particularités dialectales picardes et wallonnes", à un clerc vivant à la Cour du Comte de Namur. Le Couronnement de Renart par l'âpreté de son ton, la violence de ses mises en cause, paraît comme détaché du Roman de Renart proprement dit bien qu'il lui doive beaucoup.

Au XIVe siècle, on réécrit deux fois Renart le Contrefait ; la première est l’œuvre d’un commerçant en épices ; la seconde, véritable somme ne compte pas moins de 40 000 vers (produits entre 1319 et 1342).

En 2004, 4 fabliaux renardins ont encore été produits.

Donc 9 siècles après sa naissance, Renart le malin vit toujours, tout au moins dans les livres (et dans les cœurs).



 

sources : Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
27 juin 2008 5 27 /06 /juin /2008 14:25
Le Marteau des Sorcières.







En 1486 paraît le Malleus maleficarum , qui décrit les mille et une manières de conjurer le Mal, de questionner les sorcières, de conduire un procès. Il devient rapidement le livre de référence.

Dès les années 1320 et le pontificat de Jean XXII, l'Eglise prend très au sérieux la démonologie, et des auteurs en nombre croissant s'intéressent à la sorcellerie, notamment en Alsace et dans toute l'aire rhénane. C'est à Strasbourg qu'est imprimé pour la première fois, en 1467, un tel traité - La Forteresse de la foi d'Alphonse de Spina - bientôt suivi par le Formicarius (la « Fourmilière ») de Jean Nider, édité à Cologne, en 1475. Deux textes qui, avant d'être imprimés, circulaient sous forme manuscrite.

Le Marteau des sorcières de Springer et Institoris est, quant à lui, directement écrit pour l'imprimerie, car ses auteurs se veulent des hommes de progrès et, pour lutter contre Satan, utilisent des techniques de pointe. Un texte manuscrit peut toucher quelques dizaines, quelques centaines de personnes, mais l'imprimerie diffuse le même ouvrage à des milliers d'exemplaires. Or le Malleus maleficarum ou Marteau des sorcières est bien un texte de combat. Il reprend et adapte le titre d'un ouvrage antérieur peu connu, le Flagellum Maleficorum ou Fouet des sorciers de Pierre Mamor, paru en 1462, et imprimé en 1490. Dans les deux cas, il s'agit de produire une arme, fouet ou marteau, contre la sorcellerie... Mais en trente ans, le mal s'est précisé : on ne lutte plus tant contre les sorciers en général que contre les sorcières.

L'ouvrage est signé par deux personnages bien différents. Jakob Sprenger (v. 1436-v. 1495), prieur du couvent dominicain de Cologne, est un homme remarquablement instruit, docteur en théologie et professeur à la faculté de Cologne. Curieusement, bien qu'il ait eu le titre d'inquisiteur dans la vallée du Rhin, il ne semble pas avoir joué un rôle très actif dans la traque des hérétiques et des sorciers. Tout autre s'avère Heinrich Institoris (v. 1430-v. 1505). Ce dominicain de Sélestat fait beaucoup parler de lui : inquisiteur implacable, il se heurte souvent à ses confrères et aux autorités locales qui n'aiment guère qu'on empiète sur leurs prérogatives. C'est ainsi qu'en 1485, l'évêque d'Innsbruck décide de libérer des geôles de sa ville une cinquantaine de soi-disant sorcières, emprisonnées sur l'ordre d'Institoris. L'inquisiteur cependant sait se faire entendre en haut lieu : il semble avoir inspiré au pape Innocent VIII la bulle Summis desiderantes affectibus , datée de 1484, qui relance la chasse aux sorciers. Et l'année suivante, l'affaire peu glorieuse d'Innsbruck pourrait bien motiver la rédaction du Marteau des sorcières . Car Institoris sent le besoin de justifier son action. De fait, Sprenger ne paraît pas avoir vraiment participé à la rédaction, et son nom respectable sert plutôt de caution religieuse et morale à l'ouvrage. On ignore ce que devint Institoris : envoyé par le pape combattre les hérétiques de Bohême-Moravie, il disparaît du côté d'Olomutz, vers 1505.

Véritable somme démonologique, le Marteau des sorcières se divise en trois parties : la première démontre la réalité des maléfices ; la seconde rapporte des exemples concrets, qui sont autant de petits contes fantastiques ; et la troisième se présente comme un code criminel - comment interroger et punir suspects et coupables. L'argumentation logique utilisée pour énoncer des absurdités constitue l'un des grands charmes de l'ouvrage, par ailleurs sinistre.

Les idées d'Institoris sont assez claires : les démons, êtres éthérés, ne peuvent agir ici-bas sans l'aide d'un médium ; et le sorcier ne possède d'autres pouvoirs que ceux que lui prête le diable. En conséquence, si l'Eglise arrive à exterminer les sorciers, le diable perd la plupart de ses moyens d'action. La riche expérience d'Institoris lui a montré que les démons trouvent un terreau plus fertile chez la femme que chez l'homme. Aussi n'hésite-t-il pas à évoquer, dès le début de son ouvrage, « l'hérésie des sorcières, ainsi caractérisée par le sexe où on la voit surtout sévir ». Il donne de nombreux exemples horrifiques, comme ces sages-femmes italiennes qui boivent le sang des bébés, mais également des historiettes édifiantes, comme celle du maire de Wiesenthal. Celui-ci, par prudence, chaque dimanche, consommait de l'eau et du sel bénis, mais un jour, en célébrant des noces, il oublia ce rite et se retrouva envoûté et près de mourir. La lutte contre le mal n'est pas le seul fait des inquisiteurs ; magistrats et simples particuliers doivent y contribuer, chacun selon ses moyens.

Le succès de l'ouvrage est prodigieux : entre 1486 et 1520, on compte une quinzaine d'éditions, parues dans des villes rhénanes, mais aussi à Paris et à Lyon. A raison de 1 000 ou 1 500 exemplaires par tirage, 20 000 exemplaires ont pu circuler avant la Réforme. Le traité connaît une seconde vie à la fin du XVIe siècle. De 1574 à 1621, une quinzaine de nouvelles éditions sortent des presses de Venise, de Lyon et des villes rhénanes. Les dernières éditions datent des années 1660. Abondamment diffusé, le Marteau des sorcières devient, pour deux siècles, un livre de référence, souvent imité. En France, on peut citer De la démonomanie des sorciers (1580) du célèbre humaniste Jean Bodin, et le Discours exécrable des sorciers (1602) d'un obscur juge savoyard, Henri Boguet. Ces ouvrages reprennent sans nuance toutes les élucubrations sur le sabbat et les métamorphoses des sorciers.

Si l'imprimerie a permis de diffuser en Europe l'hystérie démonologique, elle a servi également aux détracteurs de la chasse aux sorcières. Dès 1564, l'humaniste Jean Wier publie à Bâle un traité Des illusions des démons, des incantations et des poisons , qui ne récuse pas l'existence de Satan et de certains sorciers, mais qui voit dans la plupart d'entre eux de simples malades, qu'il faudrait soigner. Les mentalités évoluent, et quand, en 1631, le jésuite allemand Friedrich Spee s'élève contre les bûchers de sorcières (De la prudence en matière criminelle...) , ce terrible fantasme tend déjà à s'effacer.






Source Adriana Evangelizt.



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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 13:33
La géographie d'Idrîsî.




La Géographie d'al-Idrîsî propose, au milieu du XIIe siècle, une exploration du monde par un savant arabe vivant à la cour cosmopolite du roi normand Roger II de Sicile. C'est un atlas qui décrit de manière très codifiée les pays, leurs villes principales, leurs routes et leurs frontières, les mers, les fleuves et les montagnes. Al-Idrîsî commente ces cartes en suivant des itinéraires, comme un véritable guide. Il livre des informations de toute nature, géographiques bien sûr, mais également économiques et commerciales, historiques et religieuses. Outre la compilation des connaissances déjà pratiquées par ses prédécesseurs, al-Idrîsî s'est doté d'une méthode pour compléter et vérifier ses informations.



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Le livre du roi.


Appelée aussi Livre de Roger, la Géographie est un livre à la gloire de Roger II de Sicile. Le sens et le but de l'œuvre se rattachent à la mission dont le roi, selon la tradition arabe et byzantine, se sent investi. Une mission qui fait du prince un sage, serviteur du savoir, et invite Roger II à tenter la synthèse des connaissances du monde tout en exposant sa politique. Établissant une concordance entre les savoirs, la Géographie se présente comme une tentative de maîtrise intellectuelle du monde.
La Géographie connaît un certain succès dans le monde arabe. Le livre est cité, copié, repris, augmenté, réduit, traduit... En Occident, il est imprimé pour la première fois en caractères arabes à Rome en 1592, partiellement traduit et publié en latin en 1619. Il tombe ensuite dans l'oubli et il faut attendre le XIXe siècle pour connaître une traduction française complète du livre.


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Il reste aujourd'hui dix manuscrits de la Géographie, réalisés entre le début du XIVe siècle et la fin du XVIe siècle. La Bibliothèque nationale de France en possède deux. Celui présenté ici est le plus ancien, copié autour de 1300 sur papier en écriture maghrébine. Il provient de la collection de 1515 manuscrits arabes rapportés par Asselin de Cherville, agent consulaire en Égypte, acquise par la Bibliothèque en 1833. Ce manuscrit très stylisé comprend trois cent cinquante-deux folios et rassemble soixante-neuf cartes, peintes chacune sur une pleine double page dans un cadre d'or. Sa gamme de couleurs est étendue et variée. Les noms des pays et des régions sont tracés en rouge. La mer est de couleur bleue avec un filet ondulé blanc, les lacs d'eau douce et les fleuves sont en vert, très rarement en bleu. Les montagnes sont représentées avec de nombreuses nuances, allant de l'ocre au violet. Les villes sont signalées par des rosettes rehaussées d'or.






Source BNF.
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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 10:07
Les secrets de l'histoire naturelle.




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Rédigée en français entre 1371 et 1428, l'œuvre est une compilation à caractère géographique chargée de divertir autant que de moraliser.

À l'instar des "encyclopédies" du XIIIe siècle, il s'agit d'une mise en ordre des connaissances selon un classement alphabétique, procédé déjà utilisé par Barthélemy l'Anglais. Se succèdent ainsi depuis l'"Affrique" jusqu'à l'"Ululande" cinquante-six chapitres qui traitent de "géographie" et décrivent l'Asie, l'Europe l'Afrique, les "pais", les provinces, les îles... L'auteur anonyme, sans doute un clerc, s'appuie sur les Écritures, recourt à des exempla et cite les auteurs profanes, tel Pline ou Ovide.
Une peinture ouvre chaque chapitre qu'elle résume ou dont elle présente l'une des caractéristiques principales. Enluminé vers 1480 par Robinet Testard, cet exemplaire est le plus récent des quatre manuscrits connus. Davantage préoccupé de transmettre un message que de suggérer une réalité objective, Testard peint des figures sans relief sur un fond plat. Cette démarche s'accorde parfaitement au caractère merveilleux du texte dont l'aspect didactique est mis en valeur par la lisibilité de la composition.




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Source BNF.
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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 09:06
Livre des propriétés des choses.




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Le Liber de proprietatibus rerum ou Livre des propriétés des choses, est une œuvre latine du XIII
e siècle du franciscain Barthélémy de Glanville appelé aussi Barthélémy l’Anglais.

L’ouvrage fut traduit en français en 1372 par Jean Corbichon, chapelain du roi Charles V le Sage. Jean du Berry, frère du roi, en posséda trois exemplaires dont celui présenté ici et qui date du début du XV
e siècle.

Il s’agit d’une vaste encyclopédie révélant les caractères particuliers de chaque être et décrivant toute la Création, depuis Dieu jusqu’aux choses en passant par l’homme, et s’attardant plus particulièrement sur le domaine minéral, végétal et animal.
Manuscrit précieux à l’écriture gothique cursive, ses 313 folios sont parsemés de belles enluminures rehaussées d’or.




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Source BNF.
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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
23 novembre 2007 5 23 /11 /novembre /2007 08:30
Histoire du livre et de l'enluminure.



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L'encre d'écriture.

Elle est noire ou brune, suivant sa composition . Les encres de couleur, beaucoup plus chères, ne servent que pour les titres ( rouge = minium,...)
L'encre noire la plus simple est du noir de fumée soigneusement pilé et mis en suspension dans l'eau . Elle existe depuis la plus haute antiquité . La teinte résiste bien à la lumière mais est fragile à la manipulation.

Les encres métallo-tanniques sont très résistantes à l'humidité et ne bavent plus une fois sèches . Le principe est d'utiliser les tanins présent dans la plupart des végétaux ligneux . Après décoction ou ébullition, on obtient un liquide brunâtre qui doit être concentré par évaporation . cela peut servir d'encre tel quel, mais la couleur sera pâle et fragile. La méthode la plus archaïque pour la stabiliser est de plonger un morceau de fer ou de cuivre chauffé au rouge dans le liquide . Sinon, on utilise une pincée de vitriol ( attention : avant le XIVème siècle ce terme désigne un sulfate et non l'acide sulfurique !). On ajoute ensuite un peu de gomme arabique ou de colle de peau pour épaissir.



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L'encre devient alors plus noire et stable . Les tons diffèrent suivant le végétal employé . Selon mes expériences, de très nombreux végétaux peuvent s'employer , avec plus ou moins de bonheur évidemment...
Traditionnellement , la substance la plus utilisée est la galle de chêne ( chêne se dit "tann" en gaulois et en breton - d'où le terme "tanin"). L'encre, presque grise quand on écrit, devient bien noire en sèchant - surtout sur le parchemin . Il existe des quantités de recettes à base de galles.


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Les couleurs.

Les ingrédients les plus divers et les plus incongrus ( vin, urine, miel, oeufs, insectes,...) entrent dans la fabrication des couleurs . Comme pour une recette de cuisine, deux personnes suivant les mêmes consignes obtiendront des résultats très différents . La normalisation des teintes reste donc une idée très théorique.


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rouges

  • cochenille (insecte broyé qui de nos jours sert surtout à colorer la charcuterie..)
  • pourpre (extrait du coquillage de méditerranée : murex - la pourpre vaut très cher, et à Rome était réservée aux empereurs)
  • garance ( plante méditerranéenne utilisée jusqu'au XIXème siècle pour teindre les pantalons des soldats de l'armée française) - la garance servait surtout en teinture, mais aussi comme pigment pour la peinture depuis la fin du moyen-âge
  • le cinabre ou vermillon : est un sulfure de mercure - on en trouve du naturel, mais depuis le milieu du moyen-âge on savait le synthétiser en chauffant du soufre dans du mercure.  

jaunes.

  • orpiment (roche contenant de l'arsenic, très toxique, peut donner l'illusion de l'or )
  • ocres (terres naturelles ou brûlées, allant du jaune brun à l'orange)
  • fiel de carpe (bile)
  • safran (pollen d'une variété de crocus)
  • sève de chélidoine (voir photo)


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bleus

  • lapis-lazuli ( roche bleu foncé, extrêmement chère )
  • azurite (roche bleue plus claire ou parfois foncée, suivant sa provenance)

verts

  • malachite ( roche naturellement vert foncé )
  • vert de gris ( acétate ou autre sel de cuivre )

    blancs
  • céruse ( pigment blanc très toxique, contenant des sels de plomb).                 

Les feuilles métalliques.


L'or est le plus réputé , mais l'argent et les alliages sont aussi utilisés .
Des plaques métalliques empilées entre des feuilles sont battues au marteau sur une enclume par un artisan spécialisé (batteur d'or) . Au bout de plusieurs jours de travail on obtient des feuilles d'une épaisseur infime ( de l'ordre de quelques microns ) qui peuvent être collées sur un dessin par une technique très délicate . On polit ensuite avec une agate ou une dent de sanglier, de loup,...

De nos jours, les feuilles métalliques sont souvent employées sur des meubles (glaces, fauteuils,..) et sur certains bâtiments publics ( dôme des Invalides,...)


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Photos entête et bas de page brunehaut.

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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge
5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 18:19
Le livre de chasse de Gaston Phebus.







Découvrir le Livre de chasse.

Le Livre de chasse fut rédigé, ou plus exactement dicté à un copiste, de 1387 à 1389 par Gaston Phébus, comte de Foix. Cet homme à la personnalité complexe et à la vie mouvementée, que l’historien Jean Froissart évoque dans ses célèbres Chroniques était, comme tous les seigneurs du Moyen Âge, un grand chasseur et un grand amateur d’ouvrages de vénerie et de fauconnerie.
L’ouvrage qu’il composa avec beaucoup de soin à l’âge de cinquante-sept ans fut, jusqu’à la fin du XVIe siècle, le bréviaire de tous les adeptes de l’art de la chasse ou art cynégétique. En effet, rares sont les ouvrages destinés à l’enseignement qui bénéficient d’une richesse d’illustration comparable à celle des Bibles. Le succès de cet ouvrage fut amplifié par les débuts de l’imprimerie, et au XVIIIe siècle, le naturaliste Buffon l’utilisait encore.
Le texte est écrit dans un excellent français ponctué de quelques caractères normands-picards, alors que la langue maternelle du comte de Foix était la langue d’oc, parlée à la fin du XIVe siècle dans le comté de Foix.



Le contenu.

Il se compose d’un prologue et d’un épilogue encadrant sept chapitres dont les deux premiers, "De la nature des bêtes" et "De la nature des chiens", sont un embryon d’histoire naturelle descriptive.
Ce traité personnel et original se veut une entreprise de Salut qui trouve en elle-même sa propre justification. En effet, dans le monde médiéval, la religion est omniprésente et, avec elle, l’idée du péché et la menace de la damnation. Le Livre de chasse n’échappe pas à cette règle. Pour Gaston Phébus, la chasse est un exercice rédempteur fondé sur un double postulat : "l’imagination est seigneur et maître de toutes œuvres bonnes et mauvaises" et "l’oisiveté est le fondement de toutes mauvaises imaginations". Aussi le chasseur, s’il remplit parfaitement son office, toujours en action, s’en ira tout droit au Paradis. Mais auparavant, renforcé par l’exercice de la chasse, il aura mieux vécu et vécu plus longtemps.





Source BNF.
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