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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 14:42

La Pomme d'Ambre au Moyen âge.

 

 

 

La Pomme d'ambre est une tradition qui remonte au Moyen-Age. Cela permettait de parfumer agréablement une pièce ou encore le linge dans une armoire. Elle se portait aussi parfois autour du cou lorsque les odeurs de la ville étaient trop nauséabondes. Il s'agit d'une orange dans laquelle on plante des clous de girofle. De nos jours, certains l'utilisent encore, notamment pour repousser les mites dans les armoires.

La Pomme d'Ambre au Moyen âge.
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Jehanne - dans Divers
30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 21:23

Invention de la brouette.

 

 

 

 

 

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L’origine de la brouette est obscure. En Europe, une des plus anciennes représentations de la brouette, en usage sur le chantier des cathédrales, date du XIIe siècle. Mais elle devait déjà être utilisée en Asie et plus précisément en Chine. Ce dernier pays offre d’ailleurs une étonnante variété de véhicules sur le modèle de la brouette, dont le point commun toutefois est de posséder, à l’instar de toutes les brouettes, une roue unique. La brouette à deux roues (en réalité, une chaise à porteurs montée sur roues) est due à Blaise Pascal.

 

Etymologiquement, une brouette est un véhicule à deux roues.  Le terme, qui apparaît au XIVe siècle, serait un diminutif de beroue, lui-même venant du bas latin birota, véhicule à deux roues.

 

Selon Robert Temple, la brouette aurait été inventée dans le Sud-Est de la Chine, un siècle avant J.-C., par un personnage semi légendaire nommé Ko Yu. Il est supposé avoir fabriqué une sorte de mouton en bois et l’avoir monté à travers la montagne. Les brouettes ayant longtemps été décrites comme des « bœufs de bois » ou des « chevaux glissant, » il est probable que l’invention de ce personnage légendaire soit la brouette. Selon ce même auteur, les premières représentations de l’engin dateraient du Ier siècle après J.-C.

 

Jusqu’à présent, il n’était jamais question de brouette dans les textes latins ou grecs, que ce soit chez les géomètres, les agronomes, les mécaniciens ou les architectes. Cependant, une étude a récemment mis en évidence la mention de ce qui pourrait bien être une brouette dans deux inventaires grecs datés de -408/-407 et de -407/-406, ce qui ferait que la brouette aurait été inventée par les grecs plus de trois siècles avant son apparition en Chine, et aurait été utilisée dans la Grèce antique pour transporter des charges sur les chantiers.

 

La première représentation date du milieu du XIIIe siècle et nous ne disposons ni de représentations figurées ni de textes précis antérieurs à cette date. La relative abondance des représentations dans la seconde moitié du XIIIe siècle laisse supposer une apparition dans la première moitié de ce siècle.

Dans aucune scène agricole, domaine où les miniatures sont nombreuses, on ne voit de brouettes. Les représentations de travaux miniers, où la brouette tiendra une place importante, sont inexistantes avant le XVIe siècle. Il existe des légendes qui attribuent l’objet à un certain Dupin voire à Pascal, tous deux vers 1650. En fait on nommait « brouette » ou « vinaigrette » une chaise à porteur à deux roues apparue à cette époque et l’invention en a été effectivement attribuée à Pascal, même si aucune source sérieuse ne le confirme. 

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Jehanne - dans Divers
23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 21:33

L'invention de la boussole (1190).

 

 

 

 

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Cette invention est une pièce essentielle de l'essor de la navigation, puis des échanges par voies maritimes. La toute première boussole est fabriquée par des chinois vers l'an mille, puis elle apparaît en Italie vers la fin du XII ème siècle.

 

Il s'agit alors d'une simple aiguille aimantée au contact de minerai de fer magnétique. Fixée sur un bouchon, elle flotte dans un seau d'eau. Cet outil inaugure la "révolution nautique médiévale". Dans le sillage de la boussole arrivent le gouvernail de poupe et le gréément rectangulaire, qui, en remplaçant la très complexe voile latine triangulaire, permet de réduire la taille des équipages.

 

Grâce à la boussole et à ces autres inventions, les navigateurs d'Europe occidentale sillonent la Méditerranée, poussent jusqu'au Levant, tirent des bords jusqu'en Scandinavie, sillonnent les océans ...

 

Ils transportent du blé, des épices et des draps Ces échanges font la fortune des plus grands ports (Gênes, Venise, Marseille ...) Les navires peuvent alors charger jusqu'à 800 tonnes de marchandises, une fois et demie de plus qu'avec les voiles latines.

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Jehanne - dans Divers
23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 11:26

Lexique de mots en cuisine médiévale.

 

 

 

 

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1 - Préparation des plats

* Aguiser = relever.

* Couler par l'estamine = passer à l'étamine. Le mot est souvent employé seul : prenés pain brullé, et vin, et bouillon de buef; coulés, boullés ensemble, Boussac de lièvre, Taillevent.
* Deffaire de verjus = délayer avec du verjus.
* Despecier = découper en morceaux.
* Destramper de vin = délayer ou tremper dans du vin ou mouiller.
* Gratuser = râper avec une râpe (gratuise).

2 - Cuisson des plats

* Boulir ou boullir= bouillir.

* Frioler au feu = faire revenir au feu.
* Frisier = faire frire.
* Harler sur le gril = faire dorer sur le gril.
* Parboulir ou Pourboulir = ébouillanter, portez à ébullition ou faire bouillir un court instant : le mectez pourboulir une onde, Ménagier de Paris. Ce mot est souvent utilisé pour décrire le simple fait de blanchir une viande, de donner "un tour de bouillon", opération utile pour attendrir des viandes trop fraîches ou pour nettoyer les viandes avant cuisson.
* Roidir sur bon feu = faire saisir sur un bon feu.
* Souffrire = faire revenir : l'en dit seurfrire pour ce que c'est en un pot et se c'estoit en une paelle de fer, l'en diroit frire (on dit souffire quand c'est dans un pot, si c'était dans une poelle, on dirait frire), Ménagier de Paris. Quelle différence entre souffire, frire et frioler ? Terence Scully traduit souffire par faire frire rapidement et légèrement, faire sauter une viande ou un légume.
Souffrire est-il un parent du sofregit catalan et du soffrito italien ? Le sofregit et le soffrito désignent l'action de faire revenir ensemble lard, oignons, herbes ou épices, légumes. Souffrire ne semble pas être employé chez Taillevent ou le Ménagier de Paris de manière aussi spécifique. Il s'agit, semble-t-il, d'un simple synonyme de "faire revenir" des produits plus variés qu'en Catalogne et Italie.

3 - Les matières grasses

Il n'est pas toujours facile de faire la différence entre les matières grasses utilisées au Moyen Age. Le mot huile ou huille renvoie certainement à l'huile d'olive, l'huile de noix n'étant pas propice aux cuissons fortes. On le rencontre en général pour les fritures ou dans les recettes de poissons et de légumes pour jours maigres.


Mais quelle différence entre gresse, sain, sain de lart ou sain de porc doulx ?

Mr et Mme Hameau, charcutiers à Mortagne au Perche dans l'Orne et amateurs d'histoire, nous ont aidé à y voir plus clair :
* Gresse ou greysse = graisse. Ce mot est utilisé pour désigner la graisse de tous les animaux : lapin, mouton, porc, bœuf.
* Sain ou saing = graisse. Ce mot semble réservé à la graisse de porc. Le Mesnagier de Paris donne une définition qui ne correspond à rien de spécifique pour un charcutier moderne : le sain est le sain [= graisse] qui est entre les boyaulx et la haste menue [= rate].

Les historiens traduisent généralement sain et sain de lart par saindoux. Mais le manuscrit du Vatican du Viandier de Taillevent, à la recette de Lassis de blanc de chappon, explique : fault des amendes blanches pelées et les frire en sain de lart ou en sain de porc doulz. Nous avons bien des produits différents. C'est pourquoi nous proposons les traductions suivantes :
* Saing blanc (Maître Chiquart) = saindoux
* Sain de porc doulx = saindoux. Il s'agit de la graisse de porc fabriquée à partir de la panne, qui se trouve sur la poitrine du porc et sur la cavité intestinale (des côtes au diaphragme). C'est une graisse blanche très fine et pure, qui fond rapidement. Cette graisse de panne fondue s'appelle saindoux et peut se garder 2 ans sans rancir.
* Sain de lart = le gras issu du lard qui se trouve sur le dos du cochon, de la tête au jambon. Ce lard hâché donne une graisse plus longue à cuire et moins fine que la graisse de la panne.

Les cochons, dans les siècles passés, n'avaient pas encore été sélectionnés pour donner de la viande maigre. Ils étaient plus gras que les cochons actuels. Le cuisinier médiéval a donc une vraie compétence en matière de variétés de graisse de porc, comme le cuisinier moderne est capable de sélectionner et différencier ses huiles végétales en fonction des produits à cuisiner.

4 - Les produits

* Eaue de char = bouillon de viande.

* Jour de char = jour gras pendant lequel on a le droit de manger de la viande (par opposition à jour maigre où les produits carnés sont interdits et remplacés par du poisson).
* Grain ou grein = partie solide du potage, par opposition à la sauce.
* Lèches de pain = tranches de pain.
* Moyeux d'œufs = jaunes d'œufs.
* Pain brullé = pain grillé.
* Purée de pois = bouillon de cuisson des pois ou partie liquide du plat de pois.

5 - Les noms de recettes

* Brouet = brewet ou bruet en anglais, broet ou brouvet en catalan, brodetto en italien ou brodium en latin, ce mot désigne généralement des viandes ou poissons en sauce plus ou moins claire ou liée, comme le brouet sarrasinois, le brouet gorgé (Ménagier de Paris), le brewet of almonybrodio gallicano (Liber de Coquina) ou Qui parla con se ffa brouvet de galines ab amelles, ho de cabrit (Sent Sovi, CLXXXVI). Jean Louis Flandrin, dans la revue Médiévales de novembre 1983, tente une analyse de 134 recettes françaises, anglaises, italiennes et catalanes, sans parvenir à une classification claire du mot.
* Patisserie = pâté.
* Potage ou potaige = concept flou qui pourrait se définir par un met préparé dans un pot. Mais tous les mets cuits dans un pot ne sont pas des potages ! Et tous les potages ne sont pas classés dans la rubrique potage : le Ménagier de Paris classe un potage parti, faux grenon (246) dans la rubrique Entremets. Le potage peut être très liquide ou au contraire ressembler à un ragoût. Il peut être à base de légumes comme la porée ou à base de viande comme le hochepot de volaille ou le brouet de canelle. Le mot de potage est tout aussi flou dans la cuisine anglaise et ne se retrouve pas dans la cuisine italienne. Et le Sent Sovi au chapitre 42 appelle sa recette de bœuf rôti : Qui parla con se deuen donar los potatges en convit.
* Restaurant = préparation pour malades, fortifiant (Maître Chiquart).
* Soupe ou souppe = préparation de tranches de pain avec une sauce.
* Viande = nourriture, aliment.

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Jehanne - dans Divers
6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 10:12

L'éclairage au Moyen âge.

 

 


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Comment s’éclairaient nos ancêtres ? L’histoire nous répond qu’ils adoptèrent d’abord l’usage des lampes à pied ou suspendues à l’imitation des Romains et dans lesquelles ils brûlaient, dans le nord, de l’huile de navette ; dans le midi, de l’huile de noix. Mais l’usage de la cire et surtout du suif était aussi fort répandu sous forme de chandelles.

Ce dernier terme s’appliqua, jusqu’au XIVe siècle, aussi bien pour désigner la chandelle proprement dite, ou de suif que la bougie ou chandelle de cire. A partir de cette époque cependant trois mots sont employés dans un sens distinct : chandelle, pour le suif, cierge pour la cire d’église, bougie pour la cire employée dans les habitations parce que c’était de la ville de ce nom que l’on tirait la cire d’Afrique qui passait pour la meilleure.

La chandelle de suif constituait, alors comme jusqu’à ces dernières années, l’éclairage des classes peu aisées à cause de son prix relativement faible ; la cire était rare même dans les habitations somptueuses .

Dans les fêtes, on ajoutait à cet éclairage des torches de résine que des serfs portaient à la main. Le tragique épisode du Ballet des Ardents prouve que cette coutume, déjà signalée dans Grégoire de Tours, s’était perpétuée jusqu’au règne de Charles VI.

Dès le XIVe siècle, il existait une corporation des chandeliers-ciriers-huiliers rangée sous la bannière de Saint-Nicolas. L’apprentissage était de six ans. Les principales opérations du métier consistaient à clarifier le suif et la cire, à couper et à ajuster les mèches de deux fils de coton et d’un fil de chanvre, à les attacher par rangées à une baguette, à les plonger et à les replonger, jusqu’à ce qu’elles aient acquis la grosseur et le poids convenable, dans le vase qui contient le suif ou la cire en ébullition. Les meilleures chandelles de cire venaient du Mans.

La falsification n’a pas attendu notre époque pour s’exercer aux dépens de l’acheteur ; certains chandeliers recouvraient de bon suif une chandelle formée de mauvaise matière première ; ces chandelles fourrées donnèrent lieu à bien des discussions et aussi à des règlementations. Au XVe siècle, il était interdit aux membres de la corporation de mêler la vieille cire avec la nouvelle, le suif de mouton avec le suif de vache, et de mettre, aux mèches, plus d’étoupe que de coton. Plus tard, on améliora la fabrication en ajoutant une couche de suif à trois couches de cire. On employa le marc d’huile de noix pour faire des chandelles ; on fit la mèche entièrement en coton ; on vendit des chandelles de toutes les couleurs, de toutes les nuances, en cire blanche, bleue, rouge, verte, jaune, jaspée ; « triolé, riolé, comme la chandelle des rois », disait un vieux proverbe.

La chandelle n’était guère perfectible ; malgré les grands progrès de la chimie on n’a pu arriver à combattre complètement la trop grande fusibilité du suif et la combustion incomplète de la mèche ; seule, la bougie stéarique, due aux travaux de Chevreul, a apporté à ce mode d’éclairage insuffisant un remède efficace.

Ce coup d’œil jeté rapidement sur l’histoire de la chandelle, il nous reste à dire quelques mots des ustensiles, flambeaux, chandeliers, bougeoirs destinés à la maintenir et à la transporter.

Au moyen âge, les chandeliers, quelle que fût leur destination, civile ou religieuse, étaient couverts de représentations animales. Ceux d’église portent tous à leur base des dragons qui sont un symbole de la victoire de la lumière sur l’esprit des ténèbres.

Le cétébie, flambeau dit de Glocester, que nous reproduisons et qui flgure au musée de South-Kensington, de Londres, est un exemple curieux de l’orfèvrerie religieuse au début du XIIe siècle. Il est formé d’un alliage d’argent doré. Sa base triangulaire s’appuie sur trois têtes de dragons. Sa tige, son pommeau et son calice supportent quarante-deux monstres tous différents émergeant d’un fouillis de feuillages contournés, de banderoles et d’inscriptions latines portant des devises, le nom du donateur, etc.

Le métal, la faïence, le bois même sont employés alors dans cette fabrication. L’émaillerie y est fort commune ; Limoges, au XIIIe siècle, produisait des chandeliers champlevés.

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Jehanne - dans Divers
6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 09:51

La cheminée au Moyen âge.

 

 

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Les Anciens n’ont pas connu la cheminée d’appartement. Le combustible destiné au chauffage domestique était placé dans un brasier ou dans un chariot à feu plein de braise ardente que l’on transportait dans les différentes salles. Chez les Grecs, ces boîtes en métal plus ou moins décorées et reposant sur quatre pieds qui affectaient le plus souvent la forme de pattes d’animaux, se nommaient escharion. La fumée sortait par les portes, les fenêtres ou par une ouverture pratiquée dans la toiture. Ce procédé primitif était employé à Rome, aussi Vitruve recommandait-il de ne pas orner de peintures les chambres d’hiver parce que la fumée les aurait promptement détériorées. La douceur du climat de la Grèce et de l’Italie explique ce peu de complication dans le mode de chauffage.

Cependant les Romains ont connu aussi des calorifères souterrains ou hypocaustes dont les conduits transmettaient la chaleur à travers l’épaisseur des murs.

Pendant la période gallo-romaine, en Gaule et en Angleterre, les édifices publics et les demeures des riches furent chauffés avec des hypocaustes ; mais les gens du peuple, obligés de passer les mois d’hiver dans des salles closes, furent conduits par les inconvénients de la fumée à lui ménager une issue disposée, de manière que la pluie pût tomber dans le foyer sans inconvénients pour eux. Ces constructions ou cheminée permettaient non seulement de chauffer l’appartement mais encore d’utiliser le foyer pour les besoins domestiques. Au XIe siècle leur usage était général ; elles pénétrèrent peu à peu dans les riches demeures et amenèrent la suppression des hypocaustes. Ces cheminées du début du moyen-âge sont énormes ; elles tenaient presque toute la largeur des salles, on y mettait des bancs, et des escabeaux. pour s’asseoir dedans et dessous, les pieds dans un panier en vannerie servant d’écran. Certaines cheminées dans les habitations actuelles de nos paysans sont construites sur un modèle analogue et c’est sous leur manteau que se passent les longues veillées d’hiver. Elles ne consistèrent d’abord qu’en une simple hotte pyramidale suspendue au-dessus du foyer ; plus tard on les munit d’un chambranle porté sur deux montants appelés jambages ou pieds-droits et d’une frise supportant une tablette horizontale. La pierre, l’albâtre, le marbre, suivant la richesse du propriétaire de l’habitation, servaient à les construire. Beaucoup étaient surchargées d’ornements consistant en peintures, dorures, sculptures. Pendant l’été, on garnissait l’âtre de verdure et de feuillage naturels.

Au XIIIe siècle, les cheminées atteignent leur maximum de largeur ; leur manteau se taille en arc plus ou moins fermé, la forme de la hotte s’arrondit légèrement.

Au XVe siècle les cheminées des châteaux sont de magnifiques monuments. 

Dans la plupart des habitations une seule pièce était garnie d’une cheminée, cependant il y en avait parfois plusieurs dont les conduits se réunissaient tous dans un même tuyau débouchant au-dessus du toit.

Ces cheminées énormes avaient un défaut capital ; la presque totalité du combustible y brûlait en pure perte, le tirage était très défectueux et la fumée Se répandait souvent dans la pièce.

Ce n’est pourtant qu’à la fin du XVIIIe siècle que la construction de ces appareils de chauffage commence à s’améliorer au point de vue du rendement. On diminua la largeur et la hauteur des âtres ; la section des tuyaux de fumée fut réduite. Malgré ces aménagements, le rendement en chaleur est toujours hors de proportion avec le combustible dépensé, c’est ce qui amena l’usage du calorifère.




Les accessoires de la cheminée

Les principaux accessoires de la cheminée sont le soufflet, le chenet, la pelle, la pincette et le pare-étincelles. En dehors de leur utilité évidente, ils contribuent à l’ornement de l’appartement et forment, avec la cheminée, un tout complet.

Le chenet a été connu des anciens ; on en est aujourd’hui certain grâce aux fouilles effectuées un peu partout. Dans les ruines de Pœstum on a trouvé un véritable chenet de fer qui ressemble d’une façon étonnante à ceux que l’on fabrique aujourd’hui. Pompéi, qui nous a tant appris sur la vie des anciens, a fourni des chenets de fer assez grossiers, ce qui ’prouve que les Latins ne les employaient que dans leurs cuisines : ils ont d’ailleurs ignoré l’usage de la cheminée d’appartement.

En France, pendant le moyen-âge, le chenet s’appelait queminel ou chemineau, sans doute parce qu’il était un des ustensiles inséparables de la cheminée. Froissart, au XIVe siècle, le cite souvent sous ce nom dans ses chroniques.

On le nommait aussi chiennet , d’où est venu son nom actuel ; parce que, probablement, la décoration de sa partie antérieure, à droite et à gauche de la chevrette, barre de métal qui empêchait les bûches de tomber consista d’abord en une tête de chien. Cette étymologie semble confirmée par les noms anglais et allemand (firedog, feuerhund) de cet ustensile, mots signifiants l’un et l’autre chien de feu.

En dehors des chenets ordinaires, il y en avait au moyen-âge de plus grandes dimensions, les landiers. Généralement en fer forgé, ils atteignaient parfois plus d’ 1m mètre de hauteur, sans paraitre cependant trop grands dans les cheminées monumentales de cette époque.

Une certaine ingéniosité était apportée à la fabrication de ces ustensiles. Les landiers à crochets ou hatiers, conservés jusqu’à nos jours dans quelques vastes cuisines de ferme, sont pourvus de crochets sur lesquels on peut appuyer des broches ou suspendre des anses de chaudron.

Les landiers rigodets étaient aussi fort répandus au moyen-âge. Leurs montants se terminaient par des corbeilles dans lesquelles on mettait les plats soit pour les empêcher de se refroidir, soit pour les cuire lentement. Le musée de Cluny possède une fort belle collection de landiers qui comprend environ trente numéros.

Au XlVe siècle, les landiers sont ornés de rinceaux, de figures d’animaux, d’hommes d’armes en pied ; on y rencontre fréquemment les armoiries et les écussons de leur propriétaire.

Dès le début du XVIIe siècle, la réduction des cheminées amène celle des chenets. Quant à leur décoration, elle suit les styles. Sous Louis XIV, le chenet est majestueux et froid comme tout le reste ; avec le successeur du grand roi apparaissent la rocaille et la coquille ; sous Louis XVI, la pomme de pin est un ornement commun, ainsi que l’urne ovale entourée de guirlandes tombantes.

Pelle à feu et pincette ont existé dans l’antiquité. Le scaleuthron des Grecs, le sarculum des Latins correspondaient sans doute à notre pelle à feu, mais n’étaient employés que dans les cuisines. Quant au pyragra des Grecs, c’était plutôt une sorte de tenailles utilisée par les forgerons qu’une pincette analogue à la nôtre.

Les accessoires de la cheminée moyen-âge et la Renaissance ont eu des pelles et des pincettes en rapport avec leurs cheminées, c’est-à-dire énormes. Le fer forgé ou ciselé est la matière le plus communément employée.

Au XVIIe siècle, l’usage du cuivre devient fréquent ; plus tard, à mesure que diminue la cheminée, les pelles et pincettes d’argent commencent à se répandre dans les riches habitations.

La décoration suit des transformations de style parallèles à celles qui modifient le chenet.

Le pare-étincelles est une sorte d’écran dont l’utilité est incontestable dans nos appartements actuels si encombrés et si petits. La forme en éventail qu’on lui donne le plus souvent est fort gracieuse, aussi contribue-t-il pour une large part à l’ornementation de nos cheminées modernes. Le pare-étincelles est nécessairement métallique mais l’écran proprement dit, qui a pour mission d’arrêter le rayonnement trop ardent du foyer, est établi au moyen de matériaux divers. Le plus souvent c’est une étoffe tendue sur un cadre approprié.




Le soufflet

Quel fut l’auteur de cet utile autant qu’ingénieux instrument ? Une légende en attribue l’honneur à un Scythe du nom d’Anacharsis qui vivait au VIe siècle avant notre ère. La légende, comme nombre d’autres, est certainement fausse, car Homère, antérieur de beaucoup à Anacharsis, cite fréquemment le soufflet et il y avait sans doute au temps de l’Iliade bien des siècles qu’un avisé forgeron avait eu l’idée de lancer sur la flamme de son foyer, pour obtenir une plus haute température, le jet d’air violent sortant d’une peau de bouc poussée.

Beaucoup d’appareils employés aujourd’hui dans l’industrie résultent de perfectionnements apportés à des objets domestiques ; pour le soufflet l’inverse s’est produit. De la forge du métallurgiste en plein vent il a passé peu à peu dans l’appartement.

On peut définir le soufflet, un instrument qui utilise la compression de l’air à l’allumage du feu en produisant un courant d’air forcé. Il se compose essentiellement de deux surfaces, les ais ou flasques, terminées par deux poignées que l’on nomme aussi les manches ou queues et qui servent à manœuvrer, c’est-à-dire à les écarter et à les rapprocher alternativement. A cet effet les ais sont réunis par un morceau de cuir qu’on nomme aussi peau ou quartier. L’un des ais est muni d’une soupape ou âme s’ouvrant de dehors en dedans. Quand on écarte les ais, la pression diminue à l’intérieur de la caisse du soufflet, l’air se précipite par la soupape et gonfle les cuirs.

Le rapprochement comprime l’air emprisonné et le chasse par une petite tuyère dont le rôle est double : elle augmente la vitesse de sortie de l’air et elle permet de diriger le vent au point précis où il est nécessaire.

Les anciens, n’ayant pas de cheminées d’appartement, n’utilisèrent le soufflet que dans les forges ou dans les cuisines. Il est fort probable qu’ils ne consacrèrent pas beaucoup de soins à son ornementation ; les documents manquent d’ailleurs à ce sujet. Le moyen-âge connut aussi le soufflet que l’on désignait alors sous le nom de buffet, du vieux verbe français buffer signifiant souffler, encore employé dans quelques régions notamment en Poitou et dans les Charentes.

Au XIVe siècle. les matières employées ainsi que la décoration étaient luxueuses ; les inventaires nous parlent de « buffets » d’or ou d’argent avec émaux et pierreries. Pendant la Renaissance, le soufflet grandit, il devient énorme comme le beau spécimen en bois sculpté que reproduit notre gravure. On l’orne de dorures, de personnages fantastiques, d’armoires. Les sujets sont très variés mais, presque toujours, au bas est sculpté Eole, dieu du vent, mordant la tuvère.

Le Musée de Cluny, le Louvre possèdent quelques soufflets de cette époque merveilleusement décorés.

Au XVIIe siècle la sculpture est à peu près abandonnée, les incrustations de nacre, de cuivre, de verroterie sont prédominantes. Chaque époque apportant ses caprices et ses modes, au siècle suivant la marquèterie est surtout employée. Aujourd’hui le soufflet d’appartement porte l’empreinte de la banalité courante qui marque tous les objets usuels et les collectionneurs de l’avenir auront bien peu à conserver de ce qui concerne notre siècle. Si le soufflet d’appartement a peu varié, sauf par la décoration, il n’en est pas de même du soufflet de forge qui a augmenté sa puissance dans des proportions considérables. Le soufflet de forge actuel est disposé de manière à produire un jet d’air continu ; il comprend trois tablettes reliées entre elles par une peau que soutiennent deux ais flexibles. Les deux tablettes inférieures portent chacune une soupape s’ouvrant de bas en haut. Celle du bas, que manœuvre une chaine par l’intermédiaire d’un levier, porte un poids qui la fait baisser quand on cesse de peser sur la chaîne ; la tablette supérieure porte également un poids pour comprimer et chasser l’air emmagasiné en dessous. En tirant la chaine, l’air de la chambre inférieure passe dans la supérieure et est chassé avec force par la tuyère. Quand le forgeron abandonne la chaîne, le poids entraine la tablette inférieure, l’air du dehors pénètre dans la chambre inférieure qui s’emplit pendant que l’autre se vide en partie.

Il faudrait pour être complet décrire les différentes formes de soufflets industriels, parler des soufflets composés de caisses s’éloignant ou se rapprochant, décrire les ventilateurs et parler des machines soufflantes, mais ce serait s’écarter quelque peu du but que nous nous sommes proposé, car l’art est absent de ces applications industrielles ; bientôt même, le modeste soufflet d’appartement, par ce temps de poêles mobiles, de calorifères, de foyers au gaz et à l’électricité, ne laissera plus que le souvenir d’un objet disparu.

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Jehanne - dans Divers
7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 02:52
Les tissus au Moyen âge.




A cette époque, nombre de tissus précieux provenaient d'Orient ou étaient fabriqués dans certaines régions d'Italie, plus particulièrement celles de Gênes et de Venise ainsi qu'en Espagne. Cependant, ce sont les étoffes de laine qui tinrent la première place durant tout le Moyen-Age : leurs qualités étaient très variables ainsi que leurs prix.

Les italiens produisaient en quantité toutes sortes de tissus tels que velours, satin ou taffetas qui faisaient le bonheur de toutes les classes favorisées de l'Europe.

Venise devint un important producteur de soie grâce à l'installation des Lucquois sur leur territoire. Elle devint également le plus grand fournisseur et importateur du marché mondial.

L'Espagne était également très friande de soie dont les fabriques survécurent après le départ des musulmans.

Une large gamme de couleurs nouvelles fit son apparition grâce aux teintures et aux mélanges de fils de teintes différentes. De plus, les couleurs perdirent le caractère symbolique qu'elles avaient auparavant, ce qui permit à chacun de porter les teintes de son choix quelle que soit sa classe sociale. Cependant, le vert était plutôt réservé aux jeunes.

Les tissus de soie étaient réalisés à partir d'armures variées : rayures, damiers, figures...

Cependant, cette soie tant prisée ne fut jamais aussi prépondérante que les draps de laine fabriqués par l'industrie flamande. Contrairement à la soie, ils étaient toujours de colori uni.

Les habits de luxe étaient agrémentés de broderies et d'applications représentant toutes sortes de sujets : animaux, végétation, figures diverses.

La fourrure avait un rôle important et restait un signe de luxe. Elle était utilisée plus particulièrement en bordure, en doublure, sur les chapeaux. Celles qui plaisaient le plus étaient le renard, la létice qui ressemblait à l'hermine, le castor, le gris, le vair et l'hermine. Ces trois dernières fourrures étaient destinées aux vêtements de cour.

L'écureuil, la loutre, le lièvre... étaient plutôt réservés aux bourgeois et à la petite noblesse.

Le vair désignait la fourrure de l'écureuil du nord. Celui-ci pouvait être dit "menu vair" lorsque le dos de l'animal gris et son ventre blanc étaient employés successivement pour former un damier à deux couleurs. Le "gros vair" quant à lui, était d'une qualité inférieure. C'était une fourrure couramment utilisée durant tout le Moyen Age.

Les tissus d'Orient eurent, eux aussi, beaucoup de succès, dans les vêtements de luxe.

L'Europe se fournissait en mousseline de soie et d'or venant de Mossoul, de damasquins aux motifs tissés venant de Perse ou de Damas, de soies à décor de figurines nommées "baldacchino", de draps à fond rouge ou noir ornés d'oiseaux bleus et or, venant d'Antioche, etc...

Tous ces motifs typiquement orientaux furent largement copiés par les européens. Pourtant, peu à peu, les goûts se transformèrent et les thèmes occidentaux se libérèrent de l'influence orientale. L'Italie, par exemple, donna la primauté au décor floral stylisé. La mode des semis de fleurs s'étendit principalement à Florence et à Gênes.

Les velours ou satins façonnés cramoisis pouvaient atteindre des prix considérables lorsqu'ils étaient colorés grâce au kermès. Cette teinture, la plus couteuse de toutes, était extraite des oeufs d'un insecte originaire de la Méditerranée.

Le violet n'avait pas cette connotation de tristesse et de pénitence qui sera réservé au Carême et à l'Avent. Le noir n'était pas non plus destiné à représenter le deuil mais seulement l'influence des modes mondaines. D'ailleurs, les vêtements noirs étaient souvent doublés de tissus aux couleurs vives.

Le camocas était un riche tissu de soie souvent agrémenté de rayures d'or ou d'argent fabriqué en Terre Sainte. Il était courant surtout aux XIVe et XVe siècle.

Le cendal était un tissu de soie très utilisé au Moyen-Age et qui ressemblait au taffetas. Il en existait de toutes sortes allant de l'étoffe de luxe jusqu'au tissu de doublure très ordinaire.

Le dabiky était un tissu très léger fabriqué au XVe siècle dans les faubourgs de Damiette. On en faisait des turbans brodés et des robes.

Le camelot était un tissu fabriqué avec du poil de chameau originaire d'Asie Mineure. Il fut importé en Occident dés le XIIIe siècle par les français et les Italiens.

La futaine était un tissu très courant en France depuis le début du XIIIe siècle. Il s'agit d'un tissu de coton ou un mélange de coton et de chanvre ou de lin. Il était fabriqué à l'origine à Fustat, faubourg du Caire, ce qui explique son nom. Cette étoffe était utilisée pour fabriquer des vêtements de dessous ainsi que des doublures. Le nom de "bombazin" pouvait désigner un vêtement de dessous fait en futaine ou bien une futaine à deux envers.
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Jehanne - dans Divers
2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 00:56
La pierre philosophale.











La Pierre Philosophale (ou Pierre des Sages), centre d'intérêt de l'alchimie représente l'aboutissement de ce qui était appelé le Grand œuvre. Cette « pierre » serait une substance capable de réaliser la transmutation des métaux « vils » - il faut comprendre non-précieux - en or. On pourrait également en extraire la Panacée ou Élixir de Longue Vie, qui aurait le pouvoir de guérir tous les maux et rendrait immortel celui qui le boit. Pour les alchimistes du Moyen Âge, la Pierre était le « cinquième élément », nommé alkahest (les quatre éléments connus étant la terre, l'eau, l'air et le feu). Dans un sens métaphorique, la Pierre Philosophale représenterait l'Amour, puisque « tout ce qui est touché par l'amour devient de l'Or » et cet or essentiel serait donc synonyme du bonheur que recherche tout être humain.




La recherche de la pierre.

Au fond des creusets et des athanors, les alchimistes mélangeaient les ingrédients qui devaient permettre l'obtention de la Pierre Philosophale. Celle-ci devait permettre de transformer en or pur un métal en fusion dans lequel on la jetterait.

Certains, comme Nicolas Flamel, un alchimiste renommé, prétendirent avoir réussi à fabriquer la Pierre. Jan Baptist van Helmont prétendit également avoir obtenu quelques résultats lors de ses expériences et décrit la pierre ainsi :

« J'ai vu et j'ai touché plus d'’une fois la pierre philosophale ; la couleur en était comme du safran en poudre, mais pesante et luisante comme du verre pulvérisé. Ce produit, dont un quart de grain (13 mg environ) fournit huit onces (245 g environ) d'or manifestait une énergie considérable : environ 18 470 fois l'unité. »

Une description qui correspond à l'idée que l'on peut se faire de la pierre philosophale à travers les traces laissées par les alchimistes. Elle est en effet généralement décrite comme une pierre rouge, dure, lourde, sans odeur, liquide à l'état pur (alkahest pur).




Extraits d'oeuvres de Nicolas Flamel.

Nicolas Flamel (1330-1418) est connu pour avoir prétendu avoir réussi à produire la Pierre Philosophale. On trouve de nombreux écrits dans lesquels Nicolas Flamel explique comment créer la Pierre :

« Donc, la première fois que je fis la projection, ce fut sur du Mercure dont j’en convertis une demi-livre environ en pur argent, meilleur que celui de la minière, comme j’ai essayé et fait essayer plusieurs fois. Ce fut le 17 de janvier, un Lundi, environ midi, en ma maison, présente Pernelle seule, l'an de la restitution de l'humain lignage mille trois cent quatre vingt deux. »

« Et puis après, en suivant toujours de mot à mot mon livre, je la fis avec la pierre rouge sur semblable qualité de Mercure, en présence encore de Pernelle seule, en la même maison, le vingt cinquième jour d’Avril suivant de la même année, sur les cinq heures du soir, que je transmutai véritablement en quasi autant d’or pur, meilleur très certainement que l'or commun, plus doux et plus ployable. »

« Adonc si tu prends désir de faire moult d’or, cher neveu, ce que ne faudrait pourtant mie, pour ce que peut en advenir incongruité dommageable, mets mille onces de vif argent en grand chaudron de fer à feu fort, et quand sera chaud que fumera, aie une once de poudre cramoisie de la quatrième imbibition, inclus icelle en cire comme boulette, jette icelle sur ledit vif argent fumant et icelui sera arrêté soudain : Vigore le feu et lors sera mué, partie en masse et partie en poudre d’or jaune que fuseras en creuset et feras masse ou lingots et auras de tout icelui mercure à l'environ de 997 onces d'or pur au dernier point de fin. »

« Jetez donc de l'élixir un poids sur cent parties de mercure lavé et ce sera lune pure meilleure que de minière et aussi si vous faites projection. Un poids sur cent de corps imparfait il les transforme en vraie lune. »

« Jetez donc un poids d'élixir sur mille parties de lune ou de mercure lavé. Et ce sera soleil très vrai en toute examination moult meilleur que celui qui vient des minières. Car l'or et l'argent faits par le dessudit elixir passe l'or et l'argent de ladite minière en toutes propriétés. Et pour ce disent les Philosophes que leur or et argent ne sont pas or et argent vulgals, car il leur est ajouté une grande adjonction de teinture. »

Certains éléments désignés de manière déguisée ci-dessus sont connus, comme la lune qui désigne l'argent. Certains scientifiques pensent d'ailleurs que si Nicolas Flamel n'a pas pu produire la Pierre des Sages, il a peut-être pu obtenir de l'argent.



La recette de la pierre philosophale.


L'alchimie de façon générale, et la création de la Pierre Philosophale en particulier, se décomposerait en quelques étapes essentielles :

  • Liquéfaction
  • Fusion
  • Distillation
  • Dissolution
  • Évaporation
  • purification

La matière ainsi purifiée est nommée œuf philosophique. Voici ce qui en serait la recette simplifiée, telle que décrite par Nicolas Flamel (1330-1418) :

  • L’œuvre au noir, du nom de la couleur que prend la préparation : on calcine la matière pour la purifier (du grec pura, le feu) et ainsi atteindre l’état de putréfaction, dans lequel la matière est débarrassée de ses impuretés.
  • L’œuvre au blanc, ou petit-œuvre ou petit-magistère : on ne connaît pas le déroulement de cette opération, qui donne la Pierre Blanche, capable de transformer les métaux en argent. L’opération est symbolisée par un arbre portant des lunes.
  • L'œuvre au rouge, ou grand-œuvre ou grand-magistère : là aussi, nous n’avons aucune information, si ce n’est que cette étape transforme la Pierre Blanche en Pierre Philosophale, représentée par l’arbre solaire.

Il y aurait trois étapes principales pour créer une pierre philosophale :

  • Tout d’abord extraire un ferment particulier appelé « mercure des philosophes ».
  • Faire réagir ce ferment sur de l’or et sur de l’argent pour obtenir deux ferments supplémentaires.
  • Mélanger le ferment créé à partir de l’or à celui créé avec l’argent et le mercure des philosophes dans un matras en verre, le fermer de manière hermétique et mettre le tout à cuire dans un athanor.

C’est pendant cette cuisson que tout se passe. Tout d’abord, le mélange devient noir, et semble en état de putréfaction. Cette état est appelé par les alchimistes « phase du corbeau » ou « œuvre noire ». Puis, subitement, la couleur vire au blanc étincelant « œuvre blanche ». À ce moment, la pierre est capable de transformer le plomb en argent. Mais si on laisse la cuisson du mélange se poursuivre, le blanc cède la place au rouge (on reconnaît là la couleur de la pierre philosophale parfaite) « œuvre rouge » Mais notre cuisson (qui a déjà duré un an) n’est pas encore finie, car la pierre ne transmute en or que deux fois son poids. Il faut donc continuer à faire chauffer le mélange (en y rajoutant un peu de mercure des philosophes) pendant trois mois. À ce stade la pierre transmute dix fois son poids. On recommence une troisième puis une quatrième fois cette cuisson (on appelle cela la « multiplication de la pierre ») et enfin la pierre philosophale parfaite est créée, et permet de créer dix mille fois son poids en or !


La recette de la pierre philosophale est aussi décrite dans le Zohar, " livre de la splendeur ".




Interprétation philosophique.


L'alchimie ne se limiterait pas à son apparence matérialiste ; Les manipulations chimiques seraient essentiellement symboliques de la transformation psychique, menant l’individu à une évolution spirituelle.Carl Gustav Jung notamment voit dans la lapis philosophicae (Pierre Philosophale) la métaphore culturelle du processus d'évolution psychique de tout être humain, la force le poussant vers davantage de différenciation.
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Jehanne - dans Divers
20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 03:05
Le découpage du temps au Moyen âge.










Il est important de savoir, lorsqu'on fait de la reconstitution historique "à fond" comment nos ancêtres découpaient le temps. Le nombre de jours par mois était variable, la durée des journées aussi. Tout ça parce que les Anciens fonctionnaient à l'heure solaire.

En effet, depuis les romains, on considérait un jour comme constitué de 12 heures de jour et 12 heures de nuit. Mais nous savons maintenant que les journées sont plus ou moins longues selon l'époque de l'année.

Ainsi, en juin, "l'heure de jour" est censée durer 90 minutes, contre 30 en décembre.

Au moyen-âge, on ne se repère pas dans la journée en heures, mais par rapport aux différentes prières qui rythment la vie :

• Matines
• Laudes
• Prime
• Tierce
• Sexte (midi)
• None
• Vêpres
• Complies

Et là, il est l'heure de dormir.

En ce qui concerne le travail, il varie selon les saisons. Il débute au lever du soleil ou un heure après, et se termine au moment où la population allume les lumières pour y voir, ce qui correspond à complies.
exemple : les foulons travaillent de 6h à 17h en hiver ; de 5h à 19h en été (on considérait les beaux jours de Pâques jusqu'à la Saint Rémi)

Le travail nocturne est interdit dans la plupart des cas. C'est l'employeur qui fixe arbitrairement la durée du travail. De 16h/jour maximum en été à 11h/jour en hiver.

Il faut néanmoins retirer de ces heures les pauses et le temps de repas, qui varient entre 2h30 et 3h30, selon la saison.

Le temps de travail au Moyen-Âge est donc considérable.

Il y a toutefois un élément modificateur du temps de travail, c'est le jour chômé. On chôme à chaque fête religieuse, en comptant les dimanches, ce qui nous amène à 90 jours de congés par an. On connaît ces jours grâce au règlements de travail des Talemeliers (boulangers).

En effet, le talemelier ne doit pas cuire les jours suivants :

• Les Dimanches
• Les Samedis et veilles de fête, le travail doit se terminer à 17h (origine de la dernière fournée de 17h!)
• Les jours de fêtes : Ascension, Apôtres, Lundi de Pâques, Pentecôte, les deux jours qui suivent Noël.
• En janvier : Sainte Geneviève (13/01) ; Épiphanie (6/01 ;
• En février : Purification Sainte Vierge (02/02) ;
• En mars : Annonciation ( 25/03) ;
• En mai : Saint Jacques le mineur et Saint Philippe (01/05) ; Invention de la Sainte Croix (03/05) ;
• En juin : Nativité de Saint Jean Baptiste (24/06) ;
• En juillet : Sainte Marie Madeleine (22/07) ; Saint Jacques le majeur et Saint Christophe (25/07) ;
• En août : Saint Pierre és liens (01/08) ; Saint Laurent (10/08) ; Assomption (15/08) ; Saint Barthélemy (24/08) ;
• En septembre : Nativité de la Sainte Vierge (08/09) ; Exaltation de la Sainte Croix (14/09) ;
• En octobre : Saint Denis (09/10) ;
• En novembre : Toussaint (01/11) ; Morts (02/11) ; Saint Martin (11/11) ;
• En décembre : Saint Nicolas (06/12) ; Noël (25/12) ;

Compte tenu des saisons, des durées de jours solaires, on obtient 190 jours entièrement ouvrables, et plus ou moins 70 jours à durée réduite.


Le nombre moyen de jours de travail par mois est d'une vingtaine (de 17 à 22 selon la saison) soient 4 à 5 jours par semaine.

Les seules vacances connues sont celles de l'Université de Paris qui, au XIVème siècle, ferme ses portes du 28/06 au 25/08 (Faculté des Arts), du 28/06 au 15/09 pour les facultés de Théologie et de Décret. A la même époque, la Cour vaque une semaine à Pâques, cinq jours à Pentecôte, cinq jours à Noël...


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Jehanne - dans Divers
16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 03:29
La pollution au Moyen âge.








Le mot pollution existe depuis au moins le XIIème siècle ou elle représentait un véritable fléau sanitaire pour les populations. Les réceptacles de la pollution sont la chaussée, la place publique, le fleuve, la rivière, les canaux, les rigoles, les sentiers de halage, etc. qui sillonnent le territoire urbain. Si les gens du Moyen Age ne peuvent saisir les origines microbiennes des maladies, ils ont conscience des dangers liés aux pollutions et ils craignent l’eau et l’air ''corrompus''.



Typologie des pollutions :

- Pollution organique humaine : au moyen age, on ''lasche ses eaues'', on fait ses ''aysemens et souillures'', ses ''vidanges'', on crache, etc. à même le pavé. Les immondices traînent sur les terre-plein des boulevards des porte d’entrée (Amiens, Moulins), devant les hôpitaux (Dijon, Quimperlé), dans les fossés des enceintes (Rouen, Chambéry), le long des cours d’eau (Bièvre à Pais), dans les canaux et dérivations, sur les grèves et les quais portuaires (Paris, Saint-Malo, Concarneau), etc.

- Pollutions animales : crottins de cheval, déjections de chiens, de poules, d’ovins, etc., sont monnaies courantes dans les rues des villes, même si les risques épidémiques conduisent les autorités à en limiter parfois le nombre (4 porcs par famille à Reims en 1389).

- Pollution chimique : longtemps la moins perçue, elle n’est pas réservée à nos civilisations actuelles et est présente dans toutes les villes du Moyen Age. Delmare - Traité de police page 620 - 1713 : ''ces mestiers (tanneurs, teinturiers et autres) attirent à leur suite tant d’infection ou se servent d’ingrédiens si nuisibles au corps humain qu’il y a beaucoup de mesure à prendre dans le choix des lieux où ils peuvent estre soufferts pour ne point altérer les santé''. La pollution la plus dangereuse reste celle au plomb qui, rappelons le, est signalée par certains historiens comme étant la cause du déclin du Bas Empire romain producteur de 80.000 tonnes de ce métal par an. Les métiers (travail de la laine, poterie, tannerie, etc.) qui se concentrent dans les villes en amont sur les fleuves sont autant de sources de dangers pour les populations.

Toutes ces pollutions s’aggravent au cours du Moyen Age avec l’évolution du tissu urbain, de la conjecture économique, sociale et politique, même si certains procès tendent à faire évoluer les choses. La solution la plus employé pour se débarrasser de ses déchets reste celle de les enfouir dans des puits perdus empierrés, recouverts de planches appelés ''fosse à immondices, fosses au sang, gouffres, etc.''. Le tout à l’égout, pratique courante de l’Antiquité, ne refera son apparition qu’au XIIIème siècle et surtout à partir du XIV et XVème siècle, en même temps que le développement de véritables ervices public de ''purgatio'', ''vuidange'' ou ''curage''. Montpllier et Marseille furent en avance dans le domaine de l’hygiène publique puisque dès le XIIIème siècle ces municipalités paient des ''probi homines'' pour nettoyer les chaussées.
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Jehanne - dans Divers

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