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19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 09:00
Les ordres mendiants.



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Les ordres mendiants, Dominicain et Franciscain, apparaissent au début du XIIIe siècle en réaction contre les hérésies et les crises qui secouent l'Église séculière. L'ordre des dominicains, ou frères prêcheurs, est fondé en 1215 par l'espagnol Dominique de Guzman et reconnu par le pape au concile de Latran la même année. L'ordre des franciscains, ou frères mineurs, rassemble les disciples de François d'Assise, ayant fait le choix de vivre selon les préceptes de l'Évangile, dans la pauvreté et le dépouillement. La papauté reconnaît leur règle en 1223. Ils défendent une nouvelle forme de vie religieuse inspirée de l'érémitisme oriental, basée sur le retour à la pauvreté évangélique et sur une nouvelle forme d'apostolat, tournée vers les villes, en plein essor à l'orée du XIIIe siècle. À la différence du monachisme traditionnel, les frères mendiants ne respectent pas de règle de clôture et sortent fréquemment de leur couvent pour prêcher et enseigner. Très populaires dans les villes grâce à leur prédication, ils s'imposent rapidement face aux moines cloîtrés et surtout face au clergé séculier, comme des intermédiaires privilégiés de la parole divine pour le peuple. Ils sont généralement maîtres en théologie, diplôme bien supérieur à ce à quoi peut prétendre l'immense majorité des curés de paroisse. Ils ne tardent d'ailleurs pas à s'illustrer au sein des universités – comme saint Thomas d'Aquin ou saint Bonaventure –, où ils se heurtent à la rivalité des clercs séculiers. Soutenus par le pape, leurs couvents se développent dans toute la Chrétienté où ils initient une nouvelle forme de spiritualité laïque, en incitant au développement de confréries pieuses et en réorganisant la charité urbaine.






Source BNF.
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Jehanne - dans La Religion
17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 09:10
Le commerce au Moyen âge.



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Introduction.
Au Moyen Âge, un commerçant spécialisé dans le type de marchandises orientales (poivre, noix, cannelle, huile...) était un homme riche. Avec le développement du grand commerce, la fortune et le pouvoir des « bourgeois commerçants » allaient toujours croissant. En effet, au cours du bas Moyen Âge, les petites associations, à caractère régional, d'artisans et de commerçants ayant des intérêts communs évoluent et prospèrent jusqu'à devenir des ligues européennes puissantes. Nous allons traiter dans cet article :
  • Les voies de communications.
  • L'activité commerciale au Moyen Âge.
  • La navigation.

Les voies de communications.


De nouvelles routes commerciales.
Les Européens commencèrent doucement à s'émanciper vers les territoires extérieurs. Grâce aux Croisades, ils se déplaçaient maintenant avec assurance sur terre comme sur mer. La carte des routes commerciales du Moyen Âge montre que le grand commerce touchait toute l'Europe :
  • Au nord, une puissante association de villes germaniques et scandinaves, la Hanse, exerçait un véritable monopole en mer du Nord et dans la Baltique.
  • Au sud, les villes portuaires de Gênes, Amalfi et Venise, en Italie, dominaient le commerce méditerranéen. Ces villes bénéficiaient des conséquences des croisades qui contribuèrent puissamment à réactiver les échanges avec les ports du Levant.
De plus, des pistes caravanières et des routes maritimes rejoignaient l'Inde, le Sud-Est asiatique et la Chine. Les produits provenant de ces contrées étaient achetés par les Européens dans les villes du Levant ou à Byzance. En échange, ils y vendaient du bois, du fer, du blé, du vin, de l'huile, etc.



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Des innovations techniques.
Parmi les causes de l'essor du commerce médiéval, il faut compter certains progrès techniques accomplis dans le domaine des moyens de transport. Pour le transport terrestre, il y a les avancés du ferrage, du harnachement et de l'attelage à la file des chevaux. Ces innovations furent complétées par le cerclage de fer des roues des charrettes et des chars ainsi que par l'augmentation des routes pavés. D'autres améliorations se produisirent plus tardivement : au XIVe siècle apparurent les sangles suspendant les caisses des charrettes et les avant-trains tournant autour d'un essieu.

Le réseau romain.
Depuis Rome, comme « centre nerveux », de nombreuses voies et chaussées rayonnaient suivant des tracés qui pouvaient atteindre n'importe quel point de l'Empire, y compris le plus éloigné, et au long desquels les voyageurs pouvaient bénéficier d'un remarquable système de relais pour les chevaux et d'auberges pour se reposer. Lors de la chute de l'Empire romain, le changement qui s'opéra, s'il ne fut pas brutal, suivit cependant un lent processus de détérioration et d'abandon qui se prolongera durant plus de deux siècles. Concrètement, depuis le règne de l'empereur Caracalla, jusqu'au troisième siècle de notre ère, Rome avait cessé de se préoccuper de l'entretien du réseau secondaire de routes ; seules, les grandes voies qui partaient de Rome bénéficiaient de ces tâches vitales, les relais fonctionnaient, et les auberges bien que se raréfiant demeuraient ouvertes. L'immense réseau de voies de communications élaboré par les Romains, cette œuvre parmi les plus colossales de l'ingénierie civile de tous les temps, devait malheureusement disparaître avec le collapsus de l'Empire.



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Les voies d'invasions.
Au VIIe siècle de notre ère, les grandes voies romaines, déjà fortement détériorées, restaient néanmoins le meilleur et le plus fréquenté des moyens de communication de l'époque. Ce furent les voies romaines qu'empruntèrent en priorité de nombreuses tribus barbares pour envahir l'Empire à partir du IVe siècle, avec leurs pesants chariots tirés par des bœufs, bétail et esclaves, sans compter les femmes, les enfants et de redoutables guerriers montés à cheval. D'après les chroniques de l'époque, en Europe et dans la première moitié du VIIIème siècle, ces voies ou ce qu'il en restait furent délaissées au profit des voies strictement vicinales. Les villes, les cités et des villages entiers connaissaient alors une désertification en masse. Cette période coïncide avec le début du féodalisme.


La « petite Renaissance ».
Dans la seconde moitié du VIIIe siècle sur le Vieux Continent se produisit un renouveau de l'activité commerciale, intellectuelle et religieuse initié par l'empereur Charlemagne, personnalité dominante du Haut Moyen Âge (période qui s'étend du début du Ve siècle jusqu'à l'aube du XIIème siècle). L'Empire Carolingien, maintenu par les successeurs de Charlemagne devait durer presque un siècle et demi au cours duquel il connut une authentique renaissance qui s'affirma dans la première moitié du IXe siècle. Les routes de l'Europe au cours de ces longues périodes furent à nouveau fréquentées. Mais c'en était fini des antiques chaussées romaines ; le temps avait fait son œuvre d'une part, et, après le passage successif des barbares et des paysans, elles avaient été saccagées et pillés, car le matériau dont ces voies étaient faites, blocs de pierres d'excellente qualité s'était révélé d'une grande utilité pour la construction des habitations. De nombreux manoirs furent construits à partir de la pierre extraite des chaussées romaines. Toutes ces raisons firent qu'il restait bien peu de choses des larges voies qui traversaient jadis les montagnes et franchissaient les rivières sur des ponts ingénieux, la plupart détruits. Les chemins et les sentiers de l'Empire carolingien, s'ils s'inspirèrent de la voie romaine étaient beaucoup plus modestes.



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Le féodalisme : localisation du commerce.
Le féodalisme avait fait de timides apparitions dans la première moitié du VIIIe siècle, voici qu'il resurgit avec toute sa vigueur au début du Xe siècle. A cette époque, le système féodal de vassalité prédomine en Allemagne, en Angleterre et dans une grande partie de la France. Système rigide dans lequel le paysan, serf de la glèbe, devait se plier au joug de la terre. Au sommet régnaient les grands seigneurs féodaux, propriétaires d'immenses territoires et auxquels devaient se soumettre d'autres propriétaires moins bien nantis, les vassaux. Le féodalisme est un système très local qui est quasiment indépendant de l'extérieur. Les seigneurs assurent la protection des vassaux car les routes ne sont plus très sûres. De ce fait, le Xème siècle fut la période la plus obscure de l'histoire de l'Europe. Les chemins se vidèrent de leurs voyageurs, seuls les troupes de soldats les parcouraient, lors d'inévitables incursions guerrières. Les cités et les villes laissées à l'abandon, ressemblaient alors à des fantômes de pierre. Rome qui, un siècle avant notre ère, avait hébergé un demi-million de personnes, selon les calculs les moins optimistes, ne recensait au Xème siècle pas plus de cinquante mille âmes, soumises à toutes sortes d'actes de violence et d'humiliations de la part d'une noblesse avide.


Les routes au service des pèlerinages.
Malgré tout, à partir de la moitié du XIe siècle, l'activité commerciale commença à redonner des signes de vies. Le chemin de Santiago, qui conduisait jusqu'aux confins du Nord-Est de l'Espagne, là où selon la légende, reposait les restes de l'apôtre Jacques le Majeur, devint la route la plus fréquenté d'Europe. Les pèlerins partant de France traversaient les Pyrénées pour aller se recueillir sur la tombe du saint apôtre. Le chemin de Compostelle ou « chemin français » était surveillé de manière efficace par le célèbre ordre militaire des Templiers, et ses chevaliers avaient pour mission de nettoyer le chemin des pillards et des malfaiteurs, bandits de grands chemins et filous de tout poil qui le hantaient. En fait, ce zèle se confondait parfois à quelques excès, à tel point qu'en deux occasions le Pape dut mettre un frein à l'excessive ferveur de certains chevaliers. En plus des pèlerins, qui voyagèrent habituellement à pied et par groupes peu nombreux, beaucoup d'autres voyageurs en transit empruntaient le chemin français : montreurs, acteurs, ambulants, bambocheurs, femmes de mœurs légères, arracheurs de dents, barbiers, drapiers, commerçants en vin, marchants de bois, vendeurs d'eau, vendeurs de reliques (toutes certainement fausses) ; toutes sortes de prêtres et de frères, les membres d'ordres mineurs tels celui des frères mendiants.



L'activité commerciale au Moyen Âge.


Le commerce au Moyen Âge.
Le Moyen Âge se divise en deux grandes étapes :
  • Le Haut Moyen Âge : Elle s'étend du Ve siècle au milieu du XIe. C'est une époque chaotique où le dépeuplement des villes et des cités va croissant. Période éminemment rurale au cours duquel le système de commerce est fondé sur le troc.
  • Le Bas Moyen Âge : Cette période verra fleurir le commerce et les marchands, ainsi devait naître une forme de capitalisme qui s'affirmera au fil du temps. Les guildes et les hanses sont issues de cette deuxième partie du Moyen Âge. A l'origine, il s'agissait de confréries à caractère religieux, qui fleurirent au cours de l'Empire Carolingien, lesquelles donnèrent naissance aux corporations.

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Des confréries aux ligues.
Malgré une idéologie respectable « association traditionnellement pieuse et charitable mise sous la protection d'un saint patron », certaines des confréries s'attirèrent de nombreuses critiques pour leurs désordres de vie. En 852, Hincmar, archevêque de Reims, critiquait durement les coutumes de groupes capables de transformer les fêtes de sanctification à la gloire de Dieu en banquets des plus fastueux. Il devint difficile alors de distinguer confréries et corporations, religion et profession étant alors étroitement unies. En dépit d'une soi-disant renaissance carolingienne, l'Europe demeurait une société rurale où villes et cités comptaient peu. A partir de l'essor économique de la fin du Xe siècle, les viles et les cités commencèrent à compter dans le milieu toujours dispersé de la société campagnarde, et les artisans se regroupèrent par domaines d'activité : merciers, orfèvres, marchands d'eau, drapiers, épiciers, peintres, musiciens... Les corporations défendaient les intérêts de leurs membres et servaient également aux autorités municipales pour contrôler la qualité des produits et fixer les taxes. Les marchands vont jouer un rôle de premier plan au cours du XIe siècle. Les échanges commerciaux prennent de l'ampleur : les marchandises sont transportées d'un point de l'Europe à l'autre par voie de terre ou le long des côtes méditerranéennes. Les risques encourus tout au long de l'acheminement étaient multiples : banditisme, péages outranciers, etc. La nécessité de protéger les intérêts mutuels s'imposait donc et les marchands vont s'associer en guildes : de la cité, l'échange s'étend alors à la contrée et très vite aux régions, annonçant la prospérité.


Guildes et frairies.
Les guildes possédaient leurs privilèges et leurs propres juridictions codifiés selon un statut officiellement reconnu. Parmi ceux-ci, figuraient la fixation des prix, celle des poids et mesures et le monopole commercial. Certaines guildes obtinrent le droit de frapper leur propre monnaie, mais ces cas étaient cependant rares et de courte durée. Dans le contexte de l'époque, la guilde passa pour être une authentique association de marchands et de transporteurs sur une même voie d'eau, de clients attirés d'un même centre commercial. La Guilde des marchands de Tiel, en Gueldre, par exemple, était en contact avec l'Angleterre, c'est la plus ancienne. La frairie était celle de la Halle basse de Valenciennes, en France, dont les archives datent de 1050. Apparut ensuite la Guilde marchande de Saint Omer. Mais ce sont la Flandre et les régions rhénanes qui furent le fer de lances des guildes économiques qui, beaucoup plus tard vers le XVIIIe siècle s'étendront en Angleterre, à la totalité des Pays-Bas, aux pays scandinaves...



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Hanses d'Europe.
Les guildes avaient vigoureusement contribué au développement du mouvement communal en suscitant l'esprit de solidarité et la résistance au régime féodal. Mais ces corporations vont bientôt disparaître pour laisser la place à une politique plus ambitieuse, d'abord régionale puis européenne : la création des hanses (de l'allemand ancien hansa, troupe, bande). Tout d'abord regroupement de guildes, les hanses n'échappèrent pas au mouvement et se transformèrent en ligues de villes marchandes :
  • La Hanse de Londres regroupait plus d'une vingtaine de cités et de villes autour d'échanges commerciaux avec la capitale britannique.
  • La Hanse des XVII Villes, association de marchands drapiers, qui va s'affirmer dès 1230 aux Pays-Bas et dans le nord de la France.
  • La Hanse Teutonique, sans aucun doute alors la plus célèbre et la plus importante de toutes. Au XIVe siècle, elle est à son apogée. Contre la domination de ce patriciat, oligarchique et exclusif, les petits se liguèrent. Sa puissance était telle que les États traitaient ses représentants comme les ambassadeurs d'un grand pays.
Le commerce hanséatique était fondé, d'une part, sur le trafic des fourrures et de la cire, provenant de Russie et de Prusse, d'autre part, sur celui des draps flamands et anglais et du sel gemme. A ces produits de base s'ajoutaient le cuivre et le fer de Suède, les vins de France ou du Rhin, etc. Au XVème siècle, la décadence des guildes et des hanses devint manifeste, à l'exception de la Hanse Teutonique. Beaucoup d'entre elles firent un retour au concept de confrérie religieuse, dont les rites allaient se maintenir jusqu'à une époque tardive (au milieu du XIXe siècle, en Angleterre).


Les grandes foires.
Si la plus grande part du commerce international provenait des ports du Nord ou de la Méditerranée, ceux-ci irriguaient ensuite le continent tout entier. Désormais, les commerçants étaient de véritables hommes d'affaires, alors que leurs prédécesseurs se déplaçaient à dos de mulet ou sur des charrettes branlantes, ils achetaient désormais des chargements entiers de navires et des lots de marchandises. Dans les foires, où ces grands marchands se donnaient rendez-vous, se réglaient d'énormes affaires. Les foires étaient l'âme du commerce médiéval. Elles se déroulaient dans toutes l'Europe : Londres, Reims, Troyes, Cologne, Leipzig, Genève... Les foires duraient chacune six ou sept semaines selon un calendrier fixé afin que les foires puissent s'enchaîner chacune par rapport aux autres. Ainsi, le marché était actif toute l'année. Les affaires conclues au cours de ces rencontres encourageaient la production industrielle et artisanale, elles stimulaient les progrès techniques. Afin d'éviter aux grands marchands de transporter une grande quantité d'argent, on inventa la lettre de change : ce moyen permet de payer une dette à distance, en passant par l'intermédiaire de deux banquiers qui correspondent entre eux. La lettre de change introduisit le crédit, mais de façon camouflée car l'Église interdisait les prêts avec intérêts. Au cours de cette période, ce sont les riches familles italiennes qui furent à l'avant-garde dans le domaine bancaire. Le monde changeait, les châteaux féodaux perdaient de leur importance tandis que les villes commerçantes croissaient. La fortune des seigneurs s'amenuisait au profit des riches bourgeois qui tenaient les rênes de l'économie. Ceci contribua à la naissance des États modernes.


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La navigation.


Progrès techniques dans la navigation.
Le grand commerce médiéval bénéficia des progrès réalisés dans la construction des navires et dans l'apparition de nouveaux instruments de navigation. L'innovation la plus importante fut la diffusion de la boussole. Son origine reste incertaine : si les Chinois la connaissaient depuis longtemps, ce sont peut-être les Arabes qui l'introduisirent en Europe, à moins qu'elle n'est été redécouverte par des marins ou des astronomes occidentaux. L'aiguille magnétique qui flottait simplement, au début, sur l'eau ou sur l'huile fut, par la suite, fixée sur un pivot permettant de tourner la boussole dans toutes les directions. Les marins pouvaient désormais affronter la haute mer sans craindre de se tromper de cap. Outre la boussole, on commença à utiliser deux instruments arabes, l' astrolabe et le sextant, qui permettaient de mesurer la hauteur des astres au-dessus de l'horizon. En calculant exactement le temps passé à naviguer, on pouvait déterminer avec précision la distance que le navire avait parcourue vers le nord ou le sud (latitude), vers l'est ou l'ouest (longitude). Profitant de ces améliorations, les Génois furent les premiers à la fin du XIIIe siècle, à relier par voie maritime l'Italie aux Flandre et à l'Angleterre. A cette époque le navire type était la galéasse. Cette galère se déplaçait principalement à la voile. L'apparition de la voile latine triangulaire, qui pouvait être orientée dans toutes les directions permettait au navire de naviguer par vent de travers et même contre le vent. Le gouvernail de poupe, fixé par des charnières au milieu du pont arrière du navire (gouvernail d'étambot), remplaça les rames latérales, longues et pesantes, les manœuvres en furent améliorées. La vergue (support en croix de la voile) tournante permit d'orienter au vent de côté les voiles carrées. Sur certains voiliers, un second mât à l'avant commençait à faire son apparition.



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La navigation commerciale.
Comme nous l'avons déjà vu, la chute de l'Empire Romain provoqua l'effondrement des routes de communications. Le commerce par voie de mer pendant l'Empire romain germanique était considérable. Les provinces de l'Empire ne cessaient d'échanger leurs marchandises, la Méditerranée était alors balayée par les grands quinquérèmes et trirèmes. Ainsi le blé d'Égypte servait à approvisionner le port d'Ostie qui permettait la survie de Rome. Vers l'an 250, la fabrication de grandes trirèmes cessa, et la navigation n'eut plus cours. Pirates barbaresques, corsaires siciliens et maltais occupèrent alors la Méditerranée. Si bien qu'à l'apparition des Vikings sur les côtes européennes, aucune puissance ne pouvait rivaliser sur mer. Par la suite, Génois et Vénitiens se firent une lutte acharnée pour dominer en Méditerranée. Les Portugais, de leur côté, après l'invention de la caravelle étaient plus en proie à la quête de terres nouvelles et de marchés lointains. Le commerce des épices fut un monopole portugais pendant longtemps durant. Ce petit pays côtier de la péninsule ibérique était devenu le royaume le plus riche d'Europe. Ceci donne alors une idée de l'importance de la navigation commerciale. Nous sommes alors à la moitié du XVe siècle et le Moyen Âge touche à sa fin.






Source France histoire.



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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 10:00
Ecrire au Moyen âge.



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Les anciens blocs-notes

Le nom de codex avait originairement servi à désigner un livre, aussi de forme rectangulaire, composé de tablettes de bois rassemblées par un même côté. Tant en Grèce qu'à Rome, ces tablettes servaient pour les besoins de la vie courante ; elles recevaient d'ordinaire un enduit de cire, sur lequel on traçait les caractères à l'aide d'un instrument pointu, le style.
« Les tablettes de bois, nous dit Lecoy de la Marche, étaient connues des Hébreux à l'époque où fut rédigé le Livre des Rois, et des Grecs dès le temps d'Homère; mais les Romains furent les premiers à les faire entrer dans la pratique journalière. Ils en fabriquaient avec le buis, l'if, l'érable et d'autres bois durs; les plus précieuses étaient en citrus, sorte de cyprès venant d'Afrique.
« Elles étaient disposées, tantôt en forme de livre ou de portefeuille (car elles avaient souvent plusieurs feuillets), tantôt en forme de diptyque ou de polyptyque, et tantôt comme un paravent.
« Elles s'employaient rarement sans enduit, et l'enduit ordinaire était la cire. Des rebords en saillie retenaient sur chaque feuillet cette substance malléable, sur laquelle on écrivait avec le style.
« Les tablettes, ainsi préparées, servaient partout aux correspondances, aux devoirs des écoliers, aux comptes, aux notes fugitives; car le principal avantage de la cire et la raison de son emploi, c'est qu'elle permettait d'effacer et de remplacer facilement les caractères tracés.
« Par le même motif, l'usage des tablettes se perpétua jusqu'à la fin du Moyen Age, la vulgarisation du livre proprement dit ne détruisant pas leur utilité toute spéciale. Charlemagne en avait d'habitude sous son chevet, suivant le témoignage d'Eginhard. Aux XIIe et XIII siècles, les clames françaises en portaient à leur ceinture, renfermées dans un étui plus ou moins riche, et les fabricants de « tables à escrire » formaient à Paris une corporation.
« Les comptes de nos rois étaient dressés sur des tablettes de cire, avant d'être transcrits sur le parchemin, et un de ces brouillons attire encore à juste titre la curiosité du public dans le musée de nos Archives nationales.
« Ce précieux monument renferme une partie des recettes et des dépenses de l'hôtel de Saint Louis pour les années 1256-1257. Chacun de ses feuillets, autrefois réunis par des charnières, de manière à imiter la forme du livre, est revêtu de cire noire sur l'une et l'autre face ; l'écriture y est tracée dans le sens le plus long, et barrée aux articles vérifiés ou recopiés par les gens des comptes. La Bibliothèque nationale possède des documents analogues pour les règnes de Philippe III et de Philippe IV... Le musée du Louvre contient trois ivoires ayant la même destination, qui ont été dépeints sommairement par M. de Laborde.
« Nos pères utilisaient les tablettes, non seulement pour leurs comptes et leurs messages, mais pour des extraits de livres, des reportations de sermons, des testaments, des projets d'actes, et, d'après certains étymologistes, le nom des tabellions n'a pas d'autre origine que celui des tabellae sur lesquelles ils rédigeaient leurs minutes. »



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Le style, notre stylo ?

Le style, qui servait à écrire sur les tablettes de cire, « était un petit instrument d'os de fer, de cuivre ou d'argent, long de quatre à cinq pouces, mince, effilé et pointu à l'une de ses extrémités, tandis que l'autre, assez forte, était aplatie...
« La pointe traçait l'écriture sur la cire, et, si l'on avait une lettre ou un mot à corriger ou à effacer, on retournait le style et l'on employait l'extrémité aplatie pour faire disparaître la lettre ou le mot réprouvé, pour rendre unie, dans cet endroit, la surface de la cire, et pouvoir substituer un autre mot à celui qu'on venait d'effacer.
« II paraît que l'usage du style est fort ancien ; il en est question dans la Bible. Dieu menace de détruire Jérusalem, et, selon l'expression de la Vulgate, de l'effacer comme on efface ce qui est écrit sur des tablettes, en passant et repassant plusieurs fois le style par-dessus.
« Mais si le style a été en usage longtemps avant l'ère vulgaire, on s'en est encore servi longtemps après, saint Boniface, apôtre d'Allemagne, nous apprend, dans une de ses lettres, que les styles d'argent étaient encore à la mode au VIIIe siècle. Nous avons vu précédemment que leur usage s'est prolongé bien au-delà de ce siècle, puisque les tablettes de cire étaient encore employées au XVe » (Peignot.)
Durant ce long intervalle, le style est plus d'une fois devenu une arme dangereuse, s'est plus d'une fois transformé en stylet. « César, se défendant, en plein Sénat, aux ides de mars, contre ses assassins, perça le bras de Cassius avec son style, graphio trajecit, dit Suétone. Caligula, désirant la mort d'un sénateur, suborna des gens pour l'attaquer comme ennemi public, et le malheureux fut massacré à coups de style.
Saint Cassien, maître d'école à Imola, en Italie, fut martyrisé, vers le IVe siècle, à coups de style, par ses écoliers. » (Peignot.)
Pour écrire sur le parchemin ou sur le papyrus, on se servait d'un mince roseau (calamus), taillé en pointe et trempé dans de l'encre. Les roseaux préférés pour l'écriture étaient, selon Pline l'Ancien, ceux de Cnide; selon Martial, ceux d'Egypte, « de la terre de Memphis; les autres ne sont bons qu'à couvrir les toits ».
Il résulte d'un passage d'Ausone que les Anciens, après avoir taillé en pointe leurs calami, fendaient cette pointe en deux par le milieu, absolument comme sont taillées et fendues nos plumes actuelles. Ils effectuaient cette double opération à l'aide d'un canif, et quand la pointe du calamus venait à s'émousser, ils l'affilaient avec la pierre ponce, ou avec une pierre à aiguiser.
L'usage du calamus (roseau) pour écrire a duré jusqu'au VIe ou VIIe siècle ; le roseau a été alors remplacé par les plumes d'oie ou d'autres oiseaux.
Quant aux plumes métalliques, bien qu'on les regarde comme une invention moderne, elles sont, nous dit Géraud « d'une origine assez ancienne ». Rader, dans ses commentaires sur Martial, dit que, de son temps, on a trouvé, chez les Daces, un roseau d'argent qu'il supposa avoir servi à Ovide pendant son exil.
Laissant de côté la partie purement hypothétique de cette assertion, il n'en reste pas moins constaté qu'on a découvert, au XVIe siècle, une plume métallique reconnue pour être un ustensile ancien. Au Moyen Âge, s'il faut croire Montfaucon, les patriarches de Constantinople se servaient, pour leurs souscriptions, d'un roseau d'argent.


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Les encres

L'encre ordinaire en usage chez les Latins comme chez les Grecs, était un simple composé de noir de fumée, de gomme et d'eau.
L'encre se faisait, à ce qu'il paraît, sans feu, à la chaleur du soleil. Celle à laquelle on mêlait un peu de vinaigre s'effaçait, dit Pline, très difficilement. Ailleurs, il assure que, pour préserver les livres des souris, il suffisait de faire infuser de l'absinthe dans l'encre.
« L'encre des Anciens a été en usage jusqu'au XIIe siècle, époque où a été inventée celle dont on se sert aujourd'hui, qui est composée de sulfate de fer, de noix de galle, de gomme et d'eau. L'ancienne encre était noire lorsqu'on l'employait, mais elle jaunissait avec le temps et, si elle était exposée à l'humidité, elle finissait par s'effacer entièrement... »
Outre l'encre noire, et la sèche, les Anciens possédaient une « encre indienne », dont parle Pline l'Ancien, « qui est aussi mentionnée par Vitruve, et pourrait bien avoir donné naissance à l'encre de Chine ». Ils connaissaient aussi les encres de couleur, et particulièrement l'encre ou liqueur d'or et celle d'argent. Les plus fréquemment employées des encres de couleur étaient l'encre rouge et l'encre bleue ; les plus rares, l'encre verte et l'encre jaune.
Ces encres de couleur ne servaient guère que pour les initiales et pour les titres, et comme on avait recours le plus souvent, dans ce cas, à l'encre rouge, les titres ne tardèrent pas à prendre le nom de rubricae, rubriques (ruber, rouge).
En général, l'encre noire ordinaire des Anciens pouvait assez facilement s'effacer, quand elle était fraîche, avec une éponge et de l'eau; lorsqu'elle était sèche, il fallait faire usage du grattoir.
« Comme la matière première pour écrire était, dans l'Antiquité, beaucoup plus rare que ne l'est le papier de nos jours, il arrivait souvent qu'on lavait et qu'on grattait un parchemin portant de l'écriture, pour écrire un nouveau texte par-dessus. Les parchemins ainsi traités s'appelent palimpsestes.
« Cette pratique fut malheureusement fort répandue dans les couvents du Moyen Age, et nous a coûté beaucoup de précieux monuments de la littérature antique. Souvent, toutefois, le lavage et le grattage n'ont pas été poussés très loin, de sorte que les traces de la première écriture sont restées visibles et ont pu de nos jours être rendues plus distinctes par l'emploi de réactifs chimiques. Il a été possible de retrouver de la sorte quelques-uns des textes classiques que les moines avaient grattés pour y superposer des écrits ecclésiastiques. »
C'est grâce au parchemin que le Moyen Age put faire ces admirables manuscrits, ces missels, ces livres d'heures, aux merveilleuses miniatures, qui sont la joie de nos yeux.
Mais ni le papyrus ni le parchemin n'auraient pu aider Gutenberg et ses émules dans leur invention : le papyrus était trop mince et trop cassant, le parchemin, au contraire, trop sec et trop résistant; tous les deux se montraient, comme on dit en termes du métier, trop peu « amoureux de l'encre ».
Le papier, heureusement, avait fait son apparition, et, dès le XIIe siècle, était entré en usage : l'imprimerie devait trouver en lui un excellent auxiliaire.



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Source Albert Cim.
Photos d'entête et du bas Brunehaut.



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Jehanne - dans L'Art au Moyen âge
15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 10:00
Cris d’armes, cris de guerre.



Pour rallier leurs troupes et vassaux dans la mêlée des combats, identifier les parties en présence ou pour défier l’adversaire avant la charge, les nobles usent de cris propres à leurs maisons.

Il a existé des centaines de ces formules, témoins de la richesse de l’imagination de l’époque, de la virulence de leurs auteurs, parfois cocasses et mêmes amusantes.


Dans les plus pittoresques, on relève :

- Les comtes de Flandre : Flandre au lyon!
- Les seigneurs de Bar: Au feu! Au feu!
- le sire du Blaton crie : Blaton à force !
- le prince de Graves : Graves au chapelet !
- La maison de Vaudenay : Au bruit!
- le sire de Buves : Buves tost assis ! (buvez tous assis)
- les Butet de Savoie : La vertu mon but est !
- Bertrand Guesclin : Saint-Yves Guesclin!
- Les Gascons : Bordeaux!
- les sires de Chauvigny : Chevaliers pleuvent !
- le sire de Villers-sire-Nicole : Barbenchon !
- les Heinaërt (boiteux) de Flandre : Marche droit Heinaërt !
- les seigneurs de Du Blé, en bourgogne : En tous temps du blé !
- les Lyobard, en Bugey (devise de tournoi) :
Pensez-y, belle, fiez-vous-y !
- Les comtes de Champagne et de Sancerre :
Passavant li meillor!
- Les seigneurs de Vilain, descendants des châtelains de Gand (Belgique) : Gand à Vilain sans reproche!
- La maison de Waudripont (Hainaut), qui porte dans son écu deux lions adossés : Cul à cul, Waudripont!


La devise de la ville de Morlaix, en bretagne, a-t’elle servie de cri de guerre ? Elle aurait bien pu l’être :
- S’ils te mordent, mords-les !

L’origine de ces cris sont très divers, beaucoup sont formés sur l’invocation à "Notre-Dame" ou le simple nom de la maisonnée, d’une ville, d’une forteresse ou du saint consacré. Ils peuvent aussi rappeler un fait d’armes (comme celui de Chauvigny qui rappelle un exploit en terre sainte), d’autres sont équivoques aux noms. Il peut s’agir aussi de formules de circonstances inventées le temps d’un tournoi ou d’une campagne militaire.
Mais saura-t’on l’origine de tous, comme ce mystérieux ‘Barbenchon’ ?

Ces cris, indispensables pour s’enhardir avant l’assaut, plongent leurs racines dans l’antiquité, peut-être la plus lointaine. On dit que les soldats Romains avaient un barritus (penser à ‘barrissement’) consistant à crier "Feri ! "(frappe !). Ces cris serviront ensuite à s’identifier dans la bataille, probablement avant la création du langage héraldique.
Ils ne faut pas les confondre avec les devises familiales, même si certaines d’entre elles y trouvent leur origine.

L’un des cris les plus connus restant bien sûr :  Montjoie Saint Denis ! Cri de l’ost royal des vassaux de la couronne de France en 1124 contre les troupes de l’envahisseur Henri V, empereur d’Allemagne.
Groupées exceptionnellement derrière leur roi et l’oriflamme rouge de Saint Denis, c’est une réaction notable d’unité nationale, dans les plus anciennes.

Le Littré nous explique l’étymologie de cette formule :
Mont, et joie. La Mont-joie Saint-Denis, ou, simplement la Mont-joie, était le nom de la colline près Paris où saint Denis subit le martyre ; ainsi dite, parce qu'un lieu de martyre était un lieu de joie pour le saint qui recevait sa récompense. La Mont-joie Saint-Denis signifie la Mont-joie de saint Denis, selon l'ancienne règle qui rendait le génitif latin par le cas oblique. Le nom de mont-joie s'étendit à tous les monceaux, et se prit même figurément. D'un autre côté les Français prirent pour cri de guerre Mont-joie Saint-Denis ou, simplement, Mont-joie.
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Jehanne - dans Le Langage
14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 10:00
Notre Dame de Paris.




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Notre-Dame de Paris, pour les Parisiens Notre-Dame, est la cathédrale de l'archidiocèse catholique de Paris.

Notre-Dame de Paris n'est pas la plus grande des cathédrales françaises, mais elle est indiscutablement une des plus remarquables qu'ait produites l'architecture gothique en France et fut lors de son achèvement la plus grande cathédrale de la chrétienté. Ce chef-d’œuvre, l’un des symboles les plus connus de la capitale française, est situé à l’extrémité de l’île de la Cité, centre historique de la ville, tout près des berges de la Seine. Sa façade occidentale domine le parvis Notre-Dame - place Jean-Paul II. Une plaque de bronze incrustée dans le sol sert de point zéro de toutes les distances des routes à partir de Paris.

La construction s’étant étendue sur de nombreuses décennies, le style n’est pas d’une uniformité totale ; elle possède ainsi des caractères du gothique primitif (voûtes sexpartites de la nef) et du gothique rayonnant : on remarque particulièrement l’audace des arcs-boutants du chœur. Sa façade occidentale est un chef-d’œuvre d'équilibre architectural.

Après la tourmente révolutionnaire, la cathédrale a subi une restauration importante et parfois controversée par le grand architecte Viollet-le-Duc, qui y a incorporé des éléments et des motifs que le monument légué par le Moyen Âge n'avait jamais possédés.

La première cathédrale de Paris date de la deuxième moitié du IVe siècle. Elle se trouvait à l'ouest de l'édifice actuel ; sa façade mesurait 36 mètres et sa longueur était de 70 mètres. Des rangées de colonnes de marbre séparaient cinq nefs. L'édifice était orné de mosaïques. La présence d'un baptistère est attestée avant 451.

  • La construction, commencée sous le règne de Louis VII par l'évêque Maurice de Sully, a duré de 1163 à 1345. À cette époque, Paris n'était qu'un évêché, suffragant de l'archevêque de Sens.
  • C'est ici que Napoléon Ier se sacra empereur des Français, en présence du pape Pie VII, le 2 décembre1804.
  • Elle fut restaurée (et quelque peu remaniée, par exemple la rose sud est pivotée de quinze degrés afin de la faire reposer sur un axe vertical) au XIXe siècle par Viollet-le-Duc,

Juste au niveau surplombant les trois portails, on observe la galerie des Rois de Juda (et non pas des rois de France). Ces reconstitutions sont l'œuvre de Viollet-le-Duc (il s’y est d’ailleurs lui-même représenté) et les fragments originaux peuvent être observés au musée du Moyen Âge à l’hôtel de Cluny à Paris.

Sa rosace du bras sud du transept, une des plus grandes d’Europe, mesure 12 mètres de diamètre.

Notre-Dame de Paris est, avec plus de 12 millions de visiteurs par an (2005), le monument de France et peut-être d’Europe le plus visité devant la tour Eiffel. La cathédrale est connue dans le monde entier depuis plus de cinq siècles.





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Le trésor

Il abrite souvenirs précieux, manuscrits et reliquaires.

Les vitraux

Ils ont presque tous été détruits au XVIIIème siècle et ont été remplacés par des vitraux transparents pour laisser passer plus de lumière. Seuls subsistent les vitraux des trois rosaces.

Le Choeur

Louis XIII a décidé que cet endroit serait consacrée à la vierge. Son fils Louis XIV a commémoré cet acte royal en remaniant en 1699 l'ancien choeur pour y placer une statue de la vierge.

Le tableau de la Fontaine de la Sagesse

C'est une peinture qui se situe dans le transept sud. Elle date de 1648. On y voit Saint-François d'Aquin devant une pierre verdâtre (verdâtre signifie vraie) d'où sortent des jets d'eau. Cette pierre représente la pierre philosophale qui abreuvent les êtres assoiffés de sagesse. La pierre qui a inspiré ce tableau existe réellement et se trouve dans les jardins de la cathédrale de Meaux.

La façade sud

Sur son portail est représentée le martyre de Saint-Étienne, le premier martyre chrétien lapidé pour avoir prêché l'évangile. C'est aussi de ce côté que se dresse la sacristie aménagée en 1845 par Viollet-le-Duc.

La rosace sud

Elle a été presque entièrement restaurée en 1737.

Les toits

Ils sont surveillés par une multitude de démons et de gargouilles. Les statues des apôtres sont aussi représentés et semblent descendre pour s'occuper des humains.

La flèche

Située à la croisée de la nef et du transept, elle est faite de bois recouverte de plomb. Elle fut reconstruite au XIXème siècle sur le modèle de la flèche originaire du XIIIème siècle.

Les cloches

Le Bourdon situé dans la tour sud pèse treize tonnes. Il ne sonne qu'aux grandes fêtes Noël, Pâques, Pentecôte, Toussaint et lors des grands événements nationaux. La sonnerie est aujourd'hui commandée éléctriquement à distance. Il donne le fa dièse. Quatres autres cloches existent. Elles ont remplacées celles du Moyen Âge envoyées à la fonte en 1791. Ces cloches sonnent trois fois par jour : 8h, midi et 19h. Le dimanche et les jours de fête, toutes les cloches sonnent à la fois à 9h45 et à 15h45.

La façade principale ouest

Lumineuse, elle a été réalisée entre 1190 et 1220. Ses deux tours atteignent 60 mètres de hauteur. A cette époque, la pierre extérieure de la cathédrale était entièrement peinte de couleurs éclatantes, rouge, vert, jaune doré... L'architecte Viollet-le-Duc qui restaura l'église de 1845 à 1865 fera notamment reconstruire à l'identique 28 statues détruites par les révolutionnaires qui pensaient qu'elles représentaient uniquement des rois de France.

Galerie des chimères

Les fameuses gargouilles de la cathédrale se cachent derrière une large galerie située entre les tours.

La Nef

C'est une merveille de symétrie. Ses piliers massifs soutiennent la voûte à 35 mètres de hauteur.

La rosace de la vierge

Elle fait 9.60 mètres de diamètre. Lorsque l'on s'éloigne de la cathédrale, on a l'impression que cette rose en pierre couronne la statue de Marie. Elle a été placée sur un piédestal de telle sorte que le visiteur qui débouche sur la place soit immédiatement frappé par le spectacle de la vierge couronnée. Elle illumine le fond de la nef et a été entièrement reconstruite par Viollet-le-Duc.

Les orgues

Il ne reste rien des orgues qui accompagnaient la prière des fidèles au 14ème siècle. Les orgues actuels sont composés de cinq claviers de 56 notes, un pédalier de 32 et 7800 tuyaux.

Le portail central

Il est aussi appelé portail de jugement. Le Christ est entouré de deux anges, sa mère et du disciple Jean. En-dessous, les justes ravis se dirigent vers la vie éternelle tandis qu'à gauche les damnés sont entraînés vers l'enfer par les démons. La lecture n'étant réservée qu'à une élite, ce portail avait vocation d'enseignement.

La rosace nord

C'est la plus belle. Elle a conservée ses vitraux du XIIIème siècle.

La façade nord

Sur son portal, une Vierge sans enfant. La femme de Saint-Louis, Marguerite de Provence, aurait servi de modèle à l'artiste. C'est de ce coté que l'on observe les gargouilles, monstres fabuleux, chargés d'éloigner les infidèles.


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Jehanne - dans Patrimoine
13 novembre 2007 2 13 /11 /novembre /2007 10:00
L'Héraldique.



Origine de l'héraldique
A la fin du XIIème siècle, à l'époque des Croisades, des lois précises et jusqu'alors immuables, règlent les principes auxquels doit obéir la science du blason, appelée « Héraldique ». On est de nos jours assuré que l'origine des blasons, sous cette forme remonte au XIème siècle, lorsque les casques à protection nasal étaient utilisés. On ne pouvait alors reconnaître le soldat. Les chevaliers vont alors peindre sur leurs écus des figures géométriques, animales ou végétales. La reconnaissance sur les champs de bataille est donc l'élément qui a contribué à la création de l'héraldique. Pouvoir se rassembler rapidement auprès des chefs de bataille en pavanant des étendards et autres fanions aux couleurs de chacun.


La forme de l'écu.
L'écu a revêtu différentes formes suivant son origine ou sa destination. Sa surface est divisée en neuf partitions. Le coté droit de l'écu (dextre) correspond à la gauche de la personne qui le regarde. Il en est de même pour le coté gauche (senestre). De par sa forme, nous savons si les armoiries de l'écu a des origines françaises, suisses, allemandes...


 
Écu français ancien Écu des dames Écu des demoiselles Écu de tournois ou bannière
Écu français Écu ibère Écu italien Écu anglais




Les divisions de l'écu.


                                                                     



 



Les couleurs.
Les couleurs se divisent en deux groupes : les métaux et les émaux. Il existe également un code schématique (points, lignes...) qui correspond à chaque couleur. On associe également une planète et une pierre précieuse à chacune des couleurs ainsi qu'une liste de vertus.


Les Métaux
Or (jaune) Le Soleil - la Topaze Intelligence - grandeur - vertu
Argent (blanc) La Lune - la Perle Netteté - pureté - sagesse
Les Émaux
Gueules (rouge) Mars - le Rubis Amour - patriotisme
Pourpre (violet) Jupiter - l'Opale Courtoisie - paix
Azur (description) Vénus - le Saphir Beauté - fidélité - persévérance
Sinople (vert) Mercure - l'Émeraude Santé - espérance - liberté.
Sable (noir) Saturne - le Diamant Tristesse


Les couleurs ne peuvent pas être employées n'importe comment et leur superposition obéit à des règles strictes et impératives. On ne peut donc superposer deux couleurs du même groupe, par exemple si la table de l'écu est de gueules (rouge), le lion qu'elle portera ne pourra être que or ou argent (métal jaune ou blanc). Si la règle n'est pas appliquée, on dit que les armes sont "à enquerre".



Les fourrures.
Sept sortes de fourrure parmi les éléments constitutifs d'un blason dont la plus connue est l'hermine qui orne les armes de Bretagne.


Hermine Champ d'argent moucheté de petites croix de sables à pied élargi et se terminant par trois pointes.
Contre-Hermine L'inverse de l'hermine. Fond de sable à mouchetures d'argent.
Vair Petits clochetons argent et azur alternés tête-bêche.
Contre-Vair Petits clochetons d'azur et d'argent réunis deux par deux.
Contre-Vair en pointe Les clochetons de même forme et de même couleur sont alignés verticalement.
Vairé Chargé de vair quand les couleurs sont différentes du Vair et du Contre-vair.
Contre-Vairé Chargé de Contre-vair quand les couleurs sont différentes du Contre-vair.



Les différents types d'armoiries.


Les parlantes.

Elles ont une relation avec le nom de famille, par exemple trois marteaux pour désigner la famille Martel (elles se présentent parfois sous la forme de rébus).

Les allusives.
Elles font référence à un fait ou un exploit au cours duquel s'est illustré la famille ou l'un de ses membres. Les armes d'Autriche portent une bande d'argent (blanc) sur un fond de gueules (rouge) (on retrouve la même disposition sur le drapeau de l'Autriche actuelle). Ceci pour rappeler la blessure du duc Léopold II, son armure était couverte de sang, seule sa ceinture restait blanche.

Les politiques.
Elles rappellent un lien unissant un groupe : corps de métier, états ou régions unis par un pacte.

Les symboliques.

Elles évoquent une idée ou un concept.



Les partitions et pièces honorables
L'écu peut être divisé en parties égales, par une droite dont les directions sont celles correspondant aux quatre orientations des coups d'épée donnés avec le tranchant. Ce sont les grands coups guerriers. Ces parties déterminées sur l'écu sont appelées partitions. Mais l'écu peut être divisé par plusieurs droites, soit deux traits et trois partitions ; cinq traits et six partitions ; ce qui forme à la surface de l'écu un dessin différent que l'on appelle pièce honorable.


Partitions Pièces honorables
Parti Pal
Coupe Fasce
Tranché Bande
Taille Barre
Encartelé Croix
Encartelé en sautoir Sautoir


Traits bordant les pièces
Ondés Engrêlés Denchés Crénelés Potencés



Autres partitions et pièces honorables.
En plus des partitions précédentes qui rappelaient les coups d'épée, il y en a six autres. Parmi les pièces honorables, la variété est plus grande, elles se distinguent des autres pièces du fait qu'elles couvrent, pour la majorité d'entre elles, au moins un tiers de la table d'attente. On distingue également les pièces honorables qui sont relatives aux vêtements.


Autres partitions
Gironné Tiercé en pal Tiercé en fasce 6 Quartiers 8 Quartiers 16 Quartiers
Les pièces honorables relatives aux vêtements
Vêtement Chape Chausse Embrasse Mantel Giron


Autres pièces honorables
Chevron Écu en cœur
Pairle Franc-quartier
Gousset Escarre
Bordure Canton
Orle Équipolé




Les rebattements.
Les rebattements sont des répétitions des pièces honorables sur l'écu, elles portent parfois un nom qui rappelle la pièce honorable répétée.


Pal L'écu dit "palé" est divisé par des pals dont le nombre est égal aux intervalles du champ (quatre pals plus quatre intervalles). Si l'écu est divisé par un trait de coupe, il est dit "contre-palé". Si le nombre de pals est égal à cinq ou plus, le pal prend le nom de vergette et l'écu est dit "vergeté"
Fasce L'écu "fascé" est divisé en six ou huit fasces égales d'émaux alternés. Si cet écu est divisé par un trait de parti, l'écu est dit "contre-fascé". Si le nombre de fasces (toujours pair) est supérieur à huit, ces fasces prennent le nom de burèles et l'écu est dit "burelé". Si les burèles sont regroupées par deux ou par trois, elles prennent respectivement le nom de jumelles et de tierces.
Barre L'écu "barré" est un écu divisé par un nombre pair de barres ayant de plus la particularité de présenter une alternance de métal et d'émaux. L'écu peut être "coticé en barre", quand il est recouvert, au plus, de dix barres qui prennent le nom de cotices en barre.
Bande Lorsque l'écu est divisé par des bandes en nombre pair, il est dit "bandé". Tout comme l'écu barré, il présente une alternance de métal et d'émaux. En blasonnant (décrivant) l'écu, on doit indiquer le nombre de pièces. L'écu peut être "coticé en bande", quand il est recouvert, au plus, de dix bandes qui prennent le nom de cotices en bande.



Modification des pièces honorables
Un certains nombre de pièces honorables peuvent subir des modifications de formes qui permettent d'ouvrir encore plus le champ des possibilités de représentation adaptées aux besoins de ceux qui désirent adopter des armoiries.


Denché Lorsque le pal, la fasce, la bande ou la barre sont découpés en dents de scie. Componé Il s'agit d'une modification qui affecte la bordure d'un écu. Cette bordure est alors composée de fragments de couleurs ou de métaux différents alternés.
Dentelé Lorsque les dents de scie sont plus nombreuses que dans les pièces denchées. Aiguisée Lorsque l'une de ses extrémités est taillée en pointe.
Vivré Les pièces ont des bords entaillés par de grosses dents. Alésée Lorsque l'extrémité des pièces ou d'une pièce ne touche pas le bord de l'écu. C'est un attribut que l'on trouve très souvent dans les croix.
Bastillé Lorsque les pièces sont, à leur partie inférieure (donc tournés vers la pointe de l'écu), munies de créneaux. Rompue ou brisée Il s'agit de toute pièce qui porte une brisure qui, rappelons-le, est une modification ajoutée à un écu pour distinguer la branche cadette d'une famille de la branche aînée ou la branche bâtarde par rapport à la branche légitime.
Bretessé Lorsque les pièces sont crénelées sur toutes leurs faces ; une pièce est dite « contre-bretessé » lorsque les créneaux sur les deux faces sont alternés. Potencée Se dit de la pièce qui se termine en forme d'équerre.
Engrêlé Les pièces sont alors bordées de petites dentelures aux côtés arrondis. Vidée La pièce vidée est celle dont seuls les bords sont marqués et dont la couleur intérieure est celle de l'écu.



Les meubles.
Ce sont des pièces de petite dimension qui viennent charger un écu et qui ne sont pas des pièces honorables. Ces figures sont en très grand nombre et très diverses. Ce sont soit des figures animales, dans un nombre très limité, végétales ou géométriques. Quant il s'agit de pièces géométriques, leurs proportions sont strictement définies (losange, anneau, triangle, étoile...). Pour les figures animales, des conventions de représentations sont mises en place. Pour les figures végétales, les feuilles et les fruits sont disproportionnés (afin qu'ils soient visibles et reconnaissables de loin). Les représentations animales sont très stylisées, en particulier les parties facilement identifiables : tête, griffes... Au XIVème siècle, il apparaît de nouveaux meubles : objets, armes, bâtiments.


Le Lion L'ours était auparavant considéré comme le roi des animaux, il est progressivement remplacé par le lion, cependant l'aigle lui ravit le titre face aux oiseaux. En tant que meuble, il est par défaut rampant, qui signifie pour l'époque saisir, attraper. Mais il existe de nombreuses autres attitudes, sautant, regardant, couché, assis... Suivant sa posture, le lion (généralement avec une tête de profil) peut être appelé léopard si sa tête est de face, mais il s'agit du même animal.
L'Aigle L'aigle fut souvent utilisé comme le symbole de l'Empire Romain Germanique. Il existe tout comme le lion, plusieurs formes et dispositions. Il peut être notamment bicéphale (à deux têtes) ou tricéphale. Comme le lion, il représente la force et le pouvoir.
Le Lys La fleur de lys (ou lis) existe sous plusieurs variantes, il a évolué continuellement au cours du temps pour finalement se stabiliser au cours du XIVème siècle. A l'origine, on lui attribue le lis végétale, ou une pointe de lance. Elle est utilisée pour représenter les armes royales. En 1364, Charles V ramène cette représentation à trois fleurs de lys.



Le blasonnement.
On appelle blasonnement la manière de décrire des armoiries selon un langage conventionnel qui permet, à lui seul, de décrire l'écu sans que l'on ait besoin de le dessiner. Le cas le plus simple est celui de l'écu qui ne comporte ni partition ni figure, il est alors dit « plain ». Ensuite pour blasonner un écu, on commence toujours par énoncer le champ de l'écu (par son émail ou métal) puis on énonce les pièces qui le chargent. Si la table d'attente de l'écu est divisée en partitions, il faut toujours commencer par citer celle qui se trouve en haut à gauche (ce qui correspond pour nous à la dextre de l'écu). Viennent ensuite celles de la partie supérieure, puis celles venant en dessous. Chaque partie doit être intégralement décrite avant de passer à la suivante.


France Ancienne « D'azur, semé de fleurs de lys d'or »
France Moderne « D'azur, à trois fleurs de lys d'or »
Duché de Normandie « De gueules, à deux léopards d'or »
Bertrand du Guesclin « D'argent à l'aigle éployée de sable becquée et membrée de gueules au baston de mesme brochant à dextre sur le tout »






Source France Histoire.
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Jehanne - dans Divers
12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 10:00
Jeanne d'Arc.




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Jeanne d'Arc, rappel du contexte

A la mort de Charles VI, dit le Fol, le royaume de France est en grande misère. La France d'alors, en cette fin de moyen-âge, est déchirée entre les revendications de Charles le Dauphin, fils de Charles VI, et le roi d'Angleterre, qui aimerait régner sur le Royaume de France au nom de son fils.

Le Dauphin a été chassé de Paris. Appuyé par le parti des Armagnacs, il règne sur la partie Sud de la France depuis sa bonne ville médiévale de Bourges. Il est incapable de mener une action d'envergure prompte à reconquérir ses terres.


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Jeanne d'Arc de Donrémy à Chinon au moyen-âge

À 13 ans déjà, Jeanne d'Arc assure entendre des voix célestes, celles des Saintes Catherine et Marguerite et de l’archange Saint Michel. Les demandes sont toutes identiques : libérer le royaume de France de l’envahisseur et conduire le Dauphin sur le trône.

À 16 ans, Jeanne d'Arc se met en route. Elle demande à s’enrôler dans l'armée médiévale du Dauphin. Après deux rejets successifs, Robert de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs, finit par accepter de lui confier une escorte jusqu'à Chinon.

Imaginons cette jeune fille de 16 ans, dans une des plus sombres périodes de la France au MOyen-âge, traversant incognito les terres bourguignones. Arrivée à Chinon, elle est finalement autorisée à voir le Dauphin Charles après reception d’une lettre de Baudricourt. L’anecdote raconte que Jeanne d'Arc put reconnaître Charles, vêtu simplement au milieu de ses courtisans.

Jeanne d'Arc prohpétise quatre événements : la libération d'Orléans, le sacre du roi à Reims, la libération de Paris et la libération du duc d'Orléans. Après enquête poussée, Charles donne son accord sur le plan de libération d’Orléans assiégée par les Anglais.

Jeanne d'Arc l'héroïne

On adoube Jeanne d'Arc d’une armure et d’une bannière blanche frappée de la fleur de lys. Il était alors impensable, en cette fin du Moyen-âge, de voir une femme, roturière de surcroit, diriger au nom du Roi une armée médiévale !

Jeanne d'Arc Arrive à Orléans le 29 avril 1429 en apportant le ravitaillement. Elle fait alors la connaissance de Jean d'Orléans, dit le Bâtard d'Orléans, futur comte de Dunois. Sa foi, sa confiance et son enthousiasme parviennent à insuffler aux soldats français désespérés une énergie nouvelle qui contraignent les Anglais à lever le siège de la ville dans la nuit du 7 au 8 mai 1429 : le verrou d'Orléans est sauvé !

La victoire de Patay (où Jeanne d'Arc ne prit pas part aux combats), nettoie la vallée de la Loire le 18 juin 1429. Jeanne d'Arc persuade le Dauphin d'aller à Reims pour se faire sacrer roi de France. Contre toute attente, le 17 juillet 1429, dans la cathédrale de Reims, en la présence de Jeanne d’Arc, Charles VII est sacré par Regnault de Chartres. Le duc de Bourgogne, en tant que pair du royaume, est absent, Jeanne lui envoie une lettre le jour même du sacre pour lui demander la paix.

Cette partie de la vie de Jeanne d'Arc constitue son épopée. De nombreuses anecdotes, comme la découverte miraculeuse de l’épée dite de Charles Martel sous l’autel de Sainte-Catherine-de-Fierbois, la transformeront en mythe.

Jeanne d'Arc, chef de guerre désaouvé

Dans la foulée du sacre de Reims, Jeanne d’Arc tente de convaincre le roi de reprendre Paris aux Bourguignons. Une attaque est menée par Jeanne d'Arc sur Paris, mais se conclue par un échec. Le Roi finit par interdire tout nouvel assaut : l’argent et les vivres manquaient et la discorde régnait au sein de son conseil. C’est une retraite forcée vers la Loire, l’armée est dissoute.

Jeanne d'Arc repart néanmoins en campagne mais elle ne représente plus le roi. Elle n'est plus qu'un de ces chefs de troupe comme le moyen-âge de la Guerre de Cent ans en compte tant. L'aventure militaire de Jeanne d'Arc finit piteusement sous le remparts de Compiègne. Capturée, Jeanne d'Arc est vendue aux Anglais.


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Le procès de Jeanne d'Arc au Moyen-âge

Accusée d’hérésie et interrogée sans ménagement à Rouen, Jeanne d'Arc est emprisonnée dans le donjon du château. Le procès débute le 21 février 1431. Jugée soi-disant par l’Eglise, le procès sous influence anglaise est une parodie. Si ses conditions d’emprisonnements était particulièrement difficile, Jeanne n’a néanmoins pas été soumise à la question pour avouer, c'est-à-dire à la torture.

Le 30 mai 1431, Jeanne d'Arc est brûlée vive place du Vieux-Marché à Rouen.


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Jeanne d'Arc réhabilitée

Lorsque Charles reprend Rouen, un second procès, à la demande de la mère de Jeanne d'Arc et sur décret du pape Calixte III, annule le premier jugement en 1446 Après avoir enregistré les dépositions de nombreux contemporains de Jeanne, dont les notaires du premier procès et certains juges. Il déclare le premier procès et ses conclusions « nuls, non avenus, sans valeur ni effet » et réhabilite entièrement Jeanne et sa famille.

c'est bien après le Moyen-âge Jeanne d'Arc que Jeanne d'Arc accède au statut de Sainte. Béatifiée en 1909, Jeanne d'Arc est finalement canonisée en 1920.



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Jehanne - dans Personnages Historiques
11 novembre 2007 7 11 /11 /novembre /2007 15:25
La bataille de Crécy.



Le 26 août 1346, l'armée française est taillée en pièces à Crécy-en-Ponthieu, entre Amiens et l'embouchure de la Somme.



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Sus aux Anglais.

Le roi anglais Édouard III, prétendant à la couronne de France, a, six ans plus tôt, anéanti la flotte de son rival, Philippe VI de Valois, dans le port de l'Écluse, en Flandre.

Fort de ce premier succès, l'Anglais réunit un millier de navires dans la rade de Portsmouth et met à la voile pour Bordeaux le 7 juillet 1346. Mais la tempête rejette la flotte sur la côte de Cornouailles et c'est finalement dans le Cotentin, sur la plage de Saint-Vaas-la-Hougue, que débarquent ses 20.000 soldats. Cette armée bouscule sans mal les premières résistances et s'empare de Caen qu'elle met au pillage, capturant le connétable Robert de Brienne et le comte de Tancarville.

Mais le roi de France Philippe VI de Valois ne tarde pas à mobiliser ses troupes. À la tête de 50.000 hommes, il se dispose à aller à la rencontre de l'assaillant.

Édouard III ne se soucie pas de l'attendre. Il traverse la Seine à Poissy, contourne Paris et remonte en direction des Flandres où il bénéficie d'appuis nombreux parmi les habitants des villes.

Le 24 août, l'armée anglaise, sous le commandement du roi Édouard III et de son fils, le futur Prince noir, alors à peine âgé de 15 ans, dresse ses tentes sur la rive droite de la Somme, en bordure de la forêt de Crécy-en-Ponthieu.

Comme arrivent les Français en provenance d'Abbeville, les Anglais s'établissent sur une hauteur et creusent des fossés en prévision des assauts de la cavalerie ennemie.

Le choc survient au matin du samedi 26 août 1346.

Le capitaine Le Moine de Bâle, envoyé en reconnaissance, rapporte au roi de France que les Anglais sont affamés. Ils ne pourront longtemps tenir derrière leurs fossés. La piétaille française est elle-même épuisée par sa marche. La sagesse voudrait que l'on diffère l'attaque... mais la chevalerie française ne l'entend pas de cette oreille.



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Une bataille aux accents modernes.


Du fait de leur infériorité numérique, le roi Édouard III et son fils ne vont pas hésiter à bousculer les règles traditionnelles du combat.

Ce sont d'abord les arbalétriers génois du roi de France qui tirent leurs carreaux. Mais si l'on en croit la chronique, un orage survient, qui détend les cordes des arbalètes et celles-ci perdent une bonne partie de leur efficacité.

C'est au tour des archers anglais de tirer. Ceux-là ont pris soin de protéger leurs arcs dans des sacs pendant l'orage. De leur ligne située en hauteur, ils arrosent de traits les troupes françaises. Le roi anglais et ses chevaliers, en arrière, les laissent tirer sans discontinuer et ne se soucient pas de les déranger.

Les chevaliers français, quant à eux, constatant l'impuissance des arbalétriers génois, les bousculent sans ménagement pour monter eux-mêmes à l'assaut malgré le sol boueux. Ils se montrent sans égards pour leurs propres fantassins, la «ribaudaille», qu'ils n'hésitent pas au besoin à combattre et à tuer ! Mais ces chevaliers se montrent aussi inefficaces. Ils montent à l'assaut des lignes ennemies avec le soleil dans les yeux et sont incapables de répliquer aux flèches des archers.

La journée durant, les coutiliers gallois s'en donnent à coeur joie. Ils coupent les jarrets des chevaux, désarçonnant et égorgeant les orgueilleux chevaliers embarrassés par leurs armures et leurs caparaçons, négligeant de les capturer et d'en tirer rançon.

De nombreux piétons et pas moins de 1500 chevaliers restent sur le terrain. Parmi ces derniers figurent d'illustres noms. En premier lieu le roi de Bohême, Jean de Luxembourg. Le comte de Flandre, les ducs de Lorraine et de Savoie, le comte d'Alençon, frère du roi,... figurent également parmi les morts de Crécy.

Philippe VI lui-même se jette dans la mêlée avec une témérité inconséquente. Il est blessé d'une flèche au visage et voit deux chevaux mourir sous lui. Il ne doit qu'à l'insistance de ses proches de ne pas être pris ou tué. Finalement, il s'enfuit piteusement avec quelques chevaliers et une quarantaine de sergents d'armes.



Une bataille sans lendemain.


Malgré le désastre absolu éprouvé par l'armée française et le roi Philippe VI de Valois, les Anglais négligent de poursuivre leur avantage.

Jugeant ses hommes trop peu nombreux pour poursuivre l'offensive, le roi Édouard III se contente d'installer ses troupes devant Calais. Il s'en empare après un siège harassant de plusieurs mois suivi de l'humiliante reddition de six bourgeois, la corde au cou, devant le roi et la reine. La ville restera aux Angolais pendant deux siècles. Les Français, de leur côté, vont mettre un siècle à tirer les leçons de la défaite. À Poitiers comme à Azincourt, pour les mêmes raisons, ils se feront battre de façon aussi brutale qu'à Crécy.



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Source hérodote.net

 

 




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Jehanne - dans Les Batailles
6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 17:28
Scandale de la Tour de Nesle.





Deux chevaliers sont exécutés à Pontoise, dans d'atroces conditions, le 19 avril 1314 («le vendredi qui suivit le dimanche de Quasimodo», selon une chronique de l'époque). Leur crime est d'avoir aimé des princesses.

Les frères d'Aunay sont les principales victimes du scandale dit «de la tour de Nesle» qui assombrit la dernière année du règne de Philippe IV le Bel.



Pénible fin de règne pour Philippe le Bel.

Le scandale blesse cruellement l'amour-propre de ce roi profondément pieux qui, d'après le témoignage des contemporains, resta chaste après la mort de son épouse Jeanne de Navarre, survenue neuf ans plus tôt.

Le roi a eu quatre enfants qui devaient atteindre l'âge adulte : une fille, Isabelle, plus tard reine d'Angleterre, surnommée la «Louve de France» et trois fils qui allaient à tour de rôle monter sur le trône capétien : Louis, Philippe et Charles.

– L'aîné, Louis, a un caractère difficile qui lui valut le surnom de «Hutin» ou de «Noiseux». Il épouse Marguerite, fille de Robert de Bourgogne et d'Agnès, elle-même fille de Saint Louis. Altière et un rien frondeuse, cette jolie jeune femme aimait la vie.

– Philippe, prince intelligent, épouse Jeanne d'Artois, fille d'Othon IV de Bourgogne et de Mahaut d'Artois.

– Charles, à la personnalité plus effacée, épouse Blanche, la soeur de Jeanne, plus frivole que cette dernière et facilement influencée par sa belle-soeur Marguerite.


Princesses adultères.


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Les jeunes brus de Philippe le Bel donnent à la cour un air de gaieté très apprécié, qui contraste avec l'austérité du roi et de son entourage. Or, après trois ou quatre ans de mariage, voilà que Marguerite et Blanche prennent pour amants de «jeunes et biaux chevaliers», les frères Gautier et Philippe d'Aunay. On chuchote à la cour, mais personne n'ose en souffler mot à Philippe le Bel.

L'affaire s'évente pourtant en avril 1314, à l'abbaye de Maubuisson où le roi aime à se retirer avec sa cour. Il semble, suivant certains historiens, que c'est leur belle-soeur Isabelle qui les dénonce. Immédiatement, Philippe le Bel fait faire une enquête qui, malheureusement, ne laisse pas de place au doute. Elle démontre de surcroît que Jeanne est au courant de tout.

La justice royale s'abat implacablement sur les amants adultères. Marguerite et Blanche sont arrêtées, jugées et condamnées à être tondues, habillées de robes grossières et conduites dans un chariot recouvert de draps noirs aux Andelys, dans les geôles du château Gaillard.

Marguerite, éplorée et repentante, y occupe une cellule ouverte à tous vents au sommet du donjon.

Et de Navarre la reine
Prise comme garce et méchine
Et en prison emprisonnée
A Gaillard où elle fut menée
Dont le royaume était troublé.

(Geoffroi de Paris)

[Le mari de Marguerite, Louis le Hutin, fut roi de Navarre avant d'être roi de France]

Victime de mauvais traitements, la malheureuse meurt à la fin de l'hiver 1314.

Blanche est un peu mieux traitée dans un cachot «enfoncé dans la terre». Elle survit à l'épreuve. A l'avènement de Charles IV, son époux, elle est transférée à Gavray, en Normandie, et obtient l'autorisation de prendre l'habit de religieuse. Elle finit ses jours en 1326, à l'abbaye de Maubuisson. Jeanne est aussi arrêtée et placée sous surveillance au château de Dourdan. Traitée avec beaucoup plus d'égards, elle défend sa cause auprès du roi :

Por Dieu, oez moi, sire roi
Qui est qui parle contre moi ?
Je dis que je suis prude fame
Sans nul crisme et sans nul diffame.

(Jean de Troyes)

Mahaut d'Artois, qui siège au Conseil du roi, plaide pour sa fille Jeanne. Considérant qu'il eut été difficile à celle-ci de dénoncer sa soeur et sa belle-soeur, on lui pardonne et on lui rend rapidement sa liberté. Elle retrouve sa place auprès de son époux Philippe ainsi qu'à la cour, où on lui fait fête.


Les amants au supplice.

Les frères d'Aunay, coupables d'avoir batifolé avec les belles-filles du roi de France, sont arrêtés et subissent la question. Ils avouent sans tarder et après un rapide jugement à Pontoise pour crime de lèse majesté, ils sont exécutés sur le champ en place publique.

Leur supplice est épouvantable : dépecés vivants, leur sexe tranché et jeté aux chiens, ils sont finalement décapités, leurs corps traînés puis pendus par les aisselles aux gibets.

On reste confondu devant tant de cruauté et, si le peuple a l'habitude de ces pratiques, il trouve néanmoins le châtiment bien sévère pour une faute qui, d'ordinaire, n'entraîne pas tant de violence... C'est sans mesurer les conséquences d'un tel comportement adultère. Au-delà de l'affront fait à la famille royale, ce crime est en effet une atteinte aux institutions du royaume plus encore qu'à la morale : il met tout simplement en péril la dynastie capétienne.

En effet, quelles auraient été la légitimité et l'autorité d'un futur souverain dont on aurait pu mettre en doute la royale paternité ? Comment sacrer et donner l'onction divine à un roi qui n'aurait pas été, sans équivoque possible, le fils du roi précédent ? Les implications politiques sont si graves que le châtiment se doit d'être exemplaire.

Mais ce scandale pose à la maison du roi un autre problème. En effet, l'adultère n'est pas considéré par l'Église comme un motif suffisant pour annuler un mariage. Comment assurer la descendance dynastique et la venue d'un hoir (héritier) mâle ?



Quel avenir pour la dynastie ?

Au moment où éclate l'«affaire de la tour de Nesle», Louis (le futur roi) et Marguerite ont déjà une fille, Jeanne (future reine de Navarre et mère de Charles le Mauvais). La mort rapide de Marguerite, dans sa prison, permet à Louis de se remarier avec Clémence de Hongrie, mais il n'en a qu'un enfant posthume, Jean 1er, lequel ne vit que cinq jours.

Philippe V le Long succède à son frère Louis Le Hutin et à Jean 1er Le Posthume. Il n'a pas de mal à utiliser l'affaire d'adultère pour écarter sa nièce, la petite Jeanne, de la succession au trône (la prétendue loi salique sur l'exclusion des femmes de la succession au trône de France n'est pas invoquée à cette occasion ; elle ne sera mentionnée pour la première fois qu'en 1358, dans une chronique). Mais Jeanne d'Artois, son épouse réhabilitée, ne lui donne «que» trois filles et aucun garçon.

À sa mort, son frère cadet monte donc à son tour sur le trône sous le nom de Charles IV le Bel. Attaché à Blanche, malgré l'affront, il vit douloureusement sa disgrâce.

Les deux époux s'accordent sur l'obligation politique d'annuler le mariage. Reste à trouver une justification acceptable par le pape. Le couple royal ne peut invoquer l'argument classique d'une trop proche parenté comme ce fut autrefois le cas pour Louis VII et Aliénor d'Aquitaine.Mais quand on veut on peut... Charles se souvient que la mère de son épouse, Mahaut d'Artois, était sa marraine et, par là même,... sa «mère spirituelle». Son épouse Blanche est donc, en quelque sorte, «sa soeur» !

Cette clause de parenté spirituelle étant un motif de nullité prévu par le droit canonique, il peut se remarier avec Marie de Luxembourg. Las, cette deuxième épouse, enceinte, meurt prématurément et Charles n'hésite pas à épouser Jeanne d'Évreux, sa cousine (nécessité faisant loi, il fallut bien que le Ciel s'accommodât de cette autre parenté).

Le roi n'a pas plus de chance avec cette troisième épouse. Elle lui donne une première fille qui meurt prématurément puis une fille posthume.

Isabelle, la «Louve de France», seule fille de Philippe IV le Bel, n'a pas une vie conjugale plus enviable que ses belles-soeurs. Délaissée par son époux Édouard II, roi d'Angleterre, qui préfère les jeunes pages, elle vit au vu et au su de tous avec son amant, le baron Roger Mortimer. La mort «naturelle» en 1327 de son mari, emprisonné par elle-même à Berkeley, ainsi que le trop jeune âge de son fils Édouard III, lui permettent d'exercer avec son amant une régence de fait.

En 1330, Édouard III reprend le pouvoir, fait exécuter Mortimer et relègue sa mère au château de Norfolk où elle meurt en 1358. On n'a pas fini d'entendre parler de lui...

Ainsi troublées furent les destinées conjugales des derniers représentants des Capétiens directs. Si Marguerite de Bourgogne n'avait pas si gravement fauté, peut-être aurait-elle donné un fils à Louis X, assurant ainsi la continuité de la dynastie... mais on ne refait pas l'Histoire !

Faute d'héritier mâle en ligne directe, la noblesse du royaume donne le trône au représentant de la branche cadette des Valois. Celui-ci devient roi sous le nom de Philippe VI non sans exciter la rancoeur de ses rivaux, dont le roi d'Angleterre et celui de Navarre. Il en résultera la guerre de Cent Ans !



Les Rois maudits.

Cet enchaînement de drames à la cour royale a inspiré une pièce de théâtre au jeune Alexandre Dumas en 1832 : La Tour de Nesle. Il a aussi inspiré une grande fresque romanesque à Maurice Druon, sous le titre : Les rois maudits, magnifiquement adaptée à la télévision dans les années 1960. Frissons assurés.

Les siècles suivants nous ont habitués aux nombreuses maîtresses des rois, mais ce comportement n'a pas eu de conséquence politique sur la légitimité dynastique.

On trouve pourtant un autre cas semblable d'adultère dans l'Histoire de France. Le dauphin Charles, futur Charles VII, n'ignorait rien des frasques de sa mère Isabeau de Bavière. Il en garda un doute qui rongea sa fragile personnalité déjà minée par un contexte politique bien difficile. Il semble que c'est Jeanne d'Arc qui réconforta le roi de Bourges sur sa situation filiale lors de l'entrevue de Chinon, lui rendant ainsi un peu de son assurance.







Source Hérodote.net

 

 

 

 

 

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Jehanne - dans Divers
5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 18:19
Le livre de chasse de Gaston Phebus.







Découvrir le Livre de chasse.

Le Livre de chasse fut rédigé, ou plus exactement dicté à un copiste, de 1387 à 1389 par Gaston Phébus, comte de Foix. Cet homme à la personnalité complexe et à la vie mouvementée, que l’historien Jean Froissart évoque dans ses célèbres Chroniques était, comme tous les seigneurs du Moyen Âge, un grand chasseur et un grand amateur d’ouvrages de vénerie et de fauconnerie.
L’ouvrage qu’il composa avec beaucoup de soin à l’âge de cinquante-sept ans fut, jusqu’à la fin du XVIe siècle, le bréviaire de tous les adeptes de l’art de la chasse ou art cynégétique. En effet, rares sont les ouvrages destinés à l’enseignement qui bénéficient d’une richesse d’illustration comparable à celle des Bibles. Le succès de cet ouvrage fut amplifié par les débuts de l’imprimerie, et au XVIIIe siècle, le naturaliste Buffon l’utilisait encore.
Le texte est écrit dans un excellent français ponctué de quelques caractères normands-picards, alors que la langue maternelle du comte de Foix était la langue d’oc, parlée à la fin du XIVe siècle dans le comté de Foix.



Le contenu.

Il se compose d’un prologue et d’un épilogue encadrant sept chapitres dont les deux premiers, "De la nature des bêtes" et "De la nature des chiens", sont un embryon d’histoire naturelle descriptive.
Ce traité personnel et original se veut une entreprise de Salut qui trouve en elle-même sa propre justification. En effet, dans le monde médiéval, la religion est omniprésente et, avec elle, l’idée du péché et la menace de la damnation. Le Livre de chasse n’échappe pas à cette règle. Pour Gaston Phébus, la chasse est un exercice rédempteur fondé sur un double postulat : "l’imagination est seigneur et maître de toutes œuvres bonnes et mauvaises" et "l’oisiveté est le fondement de toutes mauvaises imaginations". Aussi le chasseur, s’il remplit parfaitement son office, toujours en action, s’en ira tout droit au Paradis. Mais auparavant, renforcé par l’exercice de la chasse, il aura mieux vécu et vécu plus longtemps.





Source BNF.
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Jehanne - dans Les livres au Moyen âge

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